Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Lecanton de Digne-les-Bains-Ouest auquel appartient Thoard est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur lesséismes historiques[3], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[4]. La commune de Thoard est également exposée à trois autres risques naturels[4] :
mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort[5].
La commune de Thoard est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de rupture de barrage. Si le barrage de Vaulouve, situé à cheval sur les communes deHautes-Duyes et duCastellard-Mélan rompait, une onde de submersion se formerait qui inonderait une partie de la commune de Thoard[6].
Leplan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2002 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme[7] et leDicrim n’existe pas[8].
La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : en1989 pour des mouvements de terrain dus à la sécheresse, en1994 pour des glissements de terrain et trois arrêtés distincts pour des inondations par ruissellement et coulées de boue en1994[4] et juin 2013[9]. Dans la liste qui suit, figurent les tremblements de terre fortement ressentis dans la commune. Ils dépassent une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets). Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité peut être plus forte à l’épicentre[10] :
le séisme du 19 mai 1866, d’une intensité ressentie à Thoard de VI et dont l’épicentre était situé àLa Motte-du-Caire[11] ;
le séisme du 23 février 1887, avec une intensité ressentie de VI et demi et unépicentre situé en Italie, àBussana Vecchia[12].
Au, Thoard est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à7 niveaux définie par l'Insee en 2022[23].Elle est située hors unité urbaine[24]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[24]. Cette aire, qui regroupe 34 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[25],[26].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (72,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (76,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (40,7 %), forêts (31,4 %),terres arables (16,7 %), zones agricoles hétérogènes (10,5 %), zones urbanisées (0,6 %)[27].
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en1035 (de Toard), fait l’objet de différentes interprétations :
selonCharles Rostaing et le couplé Fénié, il dérive de la racine*Tou-, désignant une pente, un ravin, un creux dans le paysage ; le suffixe germanique-art s’est ajouté plus récemment[28],[29] ;
selonErnest Nègre, le nom de la commune vient du nom propre germaniqueTeuthardus[30] ;
une étymologie désuète de l’abbé Féraud, (Histoire et géographie des Basses-Alpes) lui donne le sens deturris ardua, « tour haute »[2].
Le hameau de Vaunavès (cité en1070,rivi Valnaves) tire son nom d’un doublet tautologique, deux termes signifiant tous deux « vallée »[31]
En 2021, la population active compte 327 personnes (pour une population totale de 733 habitants). Le taux de chômage est de 12,1 %, supérieur à la moyenne nationale. Il monte à 31,2 % chez les 15-24 ans[33].
Le taux de salariés dans la population active en emploi est de 65,8 %. Le temps partiel représente 30,3 % de l'emploi salarié. 84,8 % des salariés sont titulaires de la fonction publique ou en CDI (Contrat à Durée Indéterminée).
Les non-salariés représentent 34,2 % de la population active en emploi. 63 % des non-salariés sont indépendants, 37 % sont des employeurs. Les femmes représentent 35 % des non-salariés.
ourPour se rendre au travail, la voiture (ou fourgon ou camionnette) est le moyen de transport le plus utilisé (86,5% des cas). Les transports en commun ne représentent que 2 % des cas.
En 2021, la commune compte 57 « unités légales économiquement actives » hors secteur agricole.
Avec 29,8 % des entreprises, le secteur de la construction est le premier représenté. La catégorie « commerce, transports, hébergement et restauration » suit avec 21,1 % des entreprises, puis viennent l'"Administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale" (15,8 %).
En 2024, outre de nombreux artisans, la commune compte un bar-tabac, deux bars-restaurants, une pizzéria, une épicerie, une boucherie-charcuterie, un bureau de poste, une boulangerie, un garage automobile, une forge, une médiathèque.
Depuis 2019, la commune n'a plus de médecin. La commune dispose d'un cabinet d'infirmières et d'un cabinet de masseurs-kinésithérapeutes.
Le sol de la commune a livré quelques objets et céramiquesromains, dont notamment uneinscription sur plaque de bronze découverte en 1956 au quartier de Franco, datant de 187. Elle atteste l’existence d’unmunicipe àDigne, l’un des seuls de toute laprovince romaine deNarbonnaise[36].
La localité est signalée pour la première fois dans les chartes au premier tiers duXIe siècle[37]. Au Moyen Âge, la ville est fortifiée d’un mur, qui subsiste en partie, avec undonjon. La seigneurie, initialement aux Barras, se partage entre 11coseigneurs (Barras et Baschide St-Estève) à partir duXVIIe siècle[38], d’où le surnom de Thoard-le-Noble et plusieurs châteaux. La communauté relevait de labaillie deDigne[37]. L’abbaye de Ganagobie possédait leprieuré Saint-Pierre-d’Albère, face au hameau des Bourres[37]. Lors de la crise ouverte par la mort de la reineJeanne Ire, Rainier Rainier et Ameil Ferraud, co-seigneurs de Thoard, soutiennentCharles de Duras contreLouisIer d'Anjou. Les ralliements successifs des villes autour de Thoard à la cause angevine, fin 1385 et début 1386, entraîne leur changement d’engagement, et ils prêtehommage au jeune duc d’Anjou,Louis II, en juillet 1386[39].
Les trois paroisses de la commune étaient à Thoard, Saint-Martin et Vaunavès (dont dépendait La Pérusse)[38]. L’église Saint-Martin dépendait de l’abbaye de Chardavon (actuellement dans la commune deSaint-Geniez), abbaye qui percevait les revenus attachés à cette église[40] et relevait du diocèse deGap, comme celle de Vaunavès[37]. Beaucouse formait un fief distinct au Moyen Âge, réuni par la suite à celui de Thoard[41]. Le fief de La Pène ne fusionna pas avec celui de Thoard[42].
Lecoup d'État du 2 décembre 1851 commis parLouis-Napoléon Bonaparte contre laDeuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 14 habitants de Thoard sont traduits devant la commission mixte, plus deux de La Pérusse, la majorité étant condamnés à ladéportation enAlgérie[46].
AuXIXe siècle, La Pérusse est l’une des dernières communes de la région à se doter d’une école : lors de l’enquête de 1863, elle est parmi les dix-sept communes du département (sur 245) à ne pas en posséder. Au même moment, Thoard en entretenait trois (destinées aux garçons), dont une au chef-lieu, et une à Vaunavès[47]. Thoard s’était aussi dotée d’une école de filles (obligatoire pour les communes de plus de 800 habitants depuis laloi Falloux de 1850)[48]. Cependant, la commune de La Pérusse construit son école dans les années qui suivent cette enquête, leslois Jules Ferry lui permettant ensuite de l’améliorer[49].
Lors de laSeconde Guerre mondiale, le sous-secteur de Thoard rassemble lesmaquis deSourribes,Saint-Symphorien,Le Castellard-Melan,Barras, et le maquis de la Bouse à Saint-Estève[50]. Des parachutages de matériel par laRAF ont lieu à Thoard. Le 14 mai 1944, après le parachutage du 12, laGestapo arrête plusieurs sympathisants et réussit à prendre le matériel parachuté, caché dans une grotte[51].
Jusqu’au milieu duXXe siècle, lavigne était cultivée à Thoard. Levin produit, de qualité médiocre, était destiné à l’autoconsommation. Cette culture est aujourd’hui abandonnée[53].
En1973, la commune de Thoard fusionne avec celle de La Pérusse[45], présente dans les chartes auXIIIe siècle (Perucia). La communauté de Pérusse comptait septfeux au dénombrement de1315, mais est dépeuplée par la crise duXIVe siècle (Peste noire etguerre de Cent Ans) et est complètement désertée en1471[42]. Comme à Thoard, l’église Saint-Martin dépendait de l’abbaye de Chardavon[40]. En1765, la communauté reconstituée comptait 58 habitants[42].
Le tableau et le graphique ci-dessous concernent la commune de Thoard seule jusqu’en 1968, puis la nouvelle commune de Thoard comprenant La Pérusse à partir de 1973.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1765. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[61]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[62].
L'histoire démographique de Thoard, après la saignée desXIVe et XVe siècles et le long mouvement de croissance jusqu'au début duXIXe siècle, est marquée par une période d'« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure de 1806 à 1866. L'exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique de longue durée. En 1926, la commune a perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1836[64]. Le mouvement de baisse ne s'interrompt définitivement que dans lesannées 1960. Depuis, la population de la commune est repassée au-dessus du seuil des 50 % de celle de 1836.
L'histoire démographique de La Pérusse est marquée par la saignée desXIVe et XVe siècles qui détruit totalement la communauté.
Les populations de Thoard et de La Pérusse évoluent de manière similaire auXIXe siècle : une période d'« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé dure de 1841 à 1861, suivie d'unexode rural démarrant à peu près au même moment. En 1921, la commune a définitivement perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1856[66]. Le mouvement de baisse ne s'interrompt plus, et la communauté devenue très fragile dans l'après-Seconde Guerre mondiale est rattachée à sa voisine Thoard.
Le recensement de 2021 marque un vieillissement assez net de la population depuis 2010. Entre 2010 et 2021, la part des moins de 45 ans est passée de 51.4% à 40.8%[67].
Le château, qui a servi de mairie quelque temps, au sommet du village, date duXVIIe siècle, sur bases plus anciennes[69]. Celui-ci a été la propriété des comtes de Baschi-Saint-Estève. Toujours au village, le château des Barras, possède une très belle cheminée degypserie, de1692, signée "Nicolas Lebreun" dont les sculptures relèvent de l’art baroque : le décor accumule scènes de la mythologie et personnages sacrés[70].
Le château de la Buissière, du milieu duXVIIe siècle, possède une façade sud-est placée entre deux avancées arrondies formant tours[69].
Musée des cuivres. Histoire des instruments de musique de la grande famille des cuivres, de l'antiquité à nos jours[74].
L’église Notre-Dame-de-Bethléem,monument classé, est construite auXIIIe siècle, l’abside, voûtée en berceau brisé, date de cette époque. Lanef plafonnée est de forme trapézoïdale (la façade occidentale est plus étroite que lechœur). Le clocher est construit sur un podium massif et ses murs épais laissent penser qu’il a pu être intégré au dispositif défensif du village, ou être un anciendonjon transformé enclocher lors de l'agrandissement de l'église[75],[76]. Parmi son mobilier, deux éléments sont classés monuments historiques au titre objet :
Chapelle de Saint-Martin, olivette et cimetière au premier plan.
églises de laTransfiguration à Vaunavès, et Saint-Martin, ancienne église paroissiale desservants les Férauds, reconstruite au début duXVIIe siècle[37]. Jusqu’en1729, Thoard dépendait de l’archiprêtré de Provence, autrefois appelé Oultre-Durance, dans lediocèse de Gap (les paroisses de Vaunavès et de Pérusse dépendaient elles aussi de l’évêque de Gap, seule celle de Thoard relevait de Digne[37]). À la suite de l'établissement des conférences ecclésiastiques en 1686, l'archiprêtré de Provence est divisé en trois archiprêtrés en 1729, puis en six en 1749. L’archiprêtré de Saint-Martin-de-Thoard est créé à ce moment-là[79].
L’église paroissiale de la Pérusse a disparu, mais la chapelle Saint-Joseph de Pérusse (avecex-voto), but d’un pèlerinage suivi par les paroisses de Volonne, Thoard, Champtercier, L’Escale, existe encore aujourd’hui. Elle est construite à la fin duXVIIe siècle avec un ermitage[37].
La commune possède une cloche (1664) du fondeur montpelliérainLéonard Bordes[80], qui provient peut-être de l'ancienne église paroissiale de La Pérusse.
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