La « sauvegarde de la Création » désigne, dans le langagechrétien[N 1], la préservation de l'environnement humain, sur les plans tantenvironnemental, quesocial etéconomique. Elle fait référence à lafoi commune des chrétiens en unDieu créateur, telle qu'ils la confessent dans leSymbole des Apôtres ou leSymbole de Nicée-Constantinople. Elle vise à undéveloppement durable, tout en incluant unedimension spirituelle.
L'encycliqueLaudato si' dupapeFrançois, sous-titrée « sur la sauvegarde de la maison commune » (2015)[1], est le premier document magistériel entièrement consacré à la sauvegarde de laCréation. Elle prône une « écologie intégrale » — selon les termes employés par le pape — qui réconcilie l'écologie humaine et l'écologieholistique classique. L'encyclique est adressée « à toutes les personnes de bonne volonté », et « inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral ».
L'encyclique est suivie en 2023 par la publication d'une exhortation apostolique,Laudate Deum, qui la met à jour en fonction des problèmes actuels.

Les chrétiens prennent progressivement conscience des enjeux de la sauvegarde de laCréation depuis leconcile Vatican II[2]. Le papePaul VI a abordé le thème de l'écologie dès 1970 dans son discours à laFAO[3]. En 1979,Jean-Paul II a proclaméFrançois d'Assise patron céleste des écologistes ; il a écrit une vingtaine de textes sur l'écologie, publiés après sa mort en 2006 sous le titreLes gémissements de la création[4].
En 1983, lors du rassemblement de Vancouver, le programme « Justice, paix et sauvegarde de la Création » a été lancé par leConseil œcuménique des Églises, en référence à laBible commune à toutes les confessions chrétiennes[5]. C'est également la même année qu'est créée l'AssociationA Rocha, sous l'impulsion du pasteur Peter Harris.
Dans le cadre du programme « Justice, paix et sauvegarde de la Création », laConférence des Églises européennes et leConseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE) ont organisé le premier rassemblement œcuménique européen à Bâle qui s'est tenu du 15 au 21 mai1989 sur le thème « Paix et justice pour la création entière »[6]. C'est la première fois depuis la Réforme protestante que toutes les Églises coopérèrent officiellement[7].
En 1989, lepatriarcheDimitriosIer de Constantinople a proposé que le1er septembre soit une journée consacrée à lapréservation de l'environnement chez les orthodoxes[8].
Les 8 et 9 septembre 1990, un colloque pluridisciplinaire « Sauvegarde et gérance de la Création » a été organisé, à Paris, parPax Christi, au cours duquel sont intervenus des théologiens, des philosophes, des écologues, des médecins, des économistes, des enseignants, des élus, etc. L’essentiel des communications a été rassemblé dans l’ouvrage « Sauvegarde et gérance de la Création »[9].
Le, le Réseau chrétien européen pour l'environnement (ECEN) a adopté une résolution lors de sa réunion à l’Académie évangélique de Loccum, en Allemagne, pour que la période du1er septembre au deuxième dimanche d'octobre soit considérée dans les Églises chrétiennes comme un « Temps pour la Création »[10].
En 2000, la commission sociale des évêques de France a publiéLe Respect de la Création (éd. du Centurion), opuscule d'une cinquantaine de pages dans lequel ils appellent les chrétiens au civisme écologique. La même année, les statuts de la branche française de l'association chrétienne internationale de protection de la nature,A Rocha, sont déposés, et un centre d'étude de l'environnement est installé à côté d'Arles, dans la Vallée des Baux.
Le, le papeJean-Paul II et le patriarche œcuméniqueBartholomée de Constantinople ont signé la déclaration de Venise « pour le bien de tous les êtres humains et pour la protection de la création », une des premières déclarations communes entre catholiques et orthodoxes depuis le schisme de 1054[11]. Elle fixe six objectifs éthiques aux hommes et aux femmes de bonne volonté[12].
En 2007, le troisième rassemblement œcuménique deSibiu en Roumanie, reprenant les initiatives précédentes en faveur d'un « temps pour la Création », a proposé que la période du1er septembre au 4 octobre soit un temps consacré à la sauvegarde de la Création[13].
Le papeBenoît XVI, outre de nombreuses interventions sur l'écologie, a consacré son message pour la journée mondiale de la paix, le, au thème « Si tu veux construire la paix, protège la création »[14].
En juin 2015, cinq mois avant laConférence de Paris sur le climat, lepape François a publié l'encycliqueLaudato si' « sur la sauvegarde de la maison commune », première encyclique d'un pape entièrement consacrée à l'écologie. Elle prône une « écologie intégrale » qui englobe les aspectsenvironnementaux,économiques,sociaux,culturels et de lavie quotidienne, leprincipe du bien commun et lajustice entre générations[15]
En août 2015, lepape François a institué unejournée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création, reprenant pour cette journée la date du1er septembre déjà choisie par les orthodoxes[16].
Le1er septembre 2021, le pape François, le patriarche Bartholomée et l'archevêque de Canterbury Justin Welby ont rédigé une déclaration commune pour la sauvegarde de la création[17].
Lechristianisme a été accusé d'être responsable de lacrise écologique, notamment à la suite d'une conférence donnée parLynn White et d'un article sur les « racines historiques de notre crise écologique » en 1966[18]. SelonJean-Marie Pelt, il s'agit d'une interprétation erronée du Livre de la Genèse, qui aurait incité les humains à croître et prospérer, au détriment du milieu. Il n'en reste pas moins vrai que les chrétiens se sont éveillés relativement tard à l'écologie, et parmi eux, ce sont souvent des protestants qui ont été précurseurs. Jean-Marie Pelt rappelle que durant le premier millénaire – et encore aujourd'hui chez les orthodoxes – on dit qu’il y a deux voies pour rencontrer Dieu : l’Écriture Sainte et la beauté de la Création. La deuxième voie a été oubliée par le catholicisme depuis la Renaissance, surtout avecDescartes et les philosophes, pour qui les hommes sont devenus « commemaîtres et possesseurs de la nature ». Il faut donc un travail d'explication très important pour indiquer comment interpréter les premiers chapitres duLivre de la Genèse. Il ne faut pas en rester à la position des darwinistes qui tend à l'athéisme, mais dire clairement que la Bible n'a pas la prétention d'être un texte scientifique, et restituer la dimension spirituelle et morale des représentations qu'elle véhicule[19].
Le théologien catholiqueFabien Revol explique que Lynn White critique la façon dont le christianisme occidental a reçu uneinterprétation cartésienne du premier chapitre du livre de la Genèse, avec ce que cela implique en ce qui concerne la relation au monde naturel[20].
L'encycliqueLaudato si' « sur la sauvegarde de la maison commune » dupape François, publiée en, est la premièreencyclique d'un pape entièrement consacrée à la sauvegarde de la Création, aux questions d'« écologie intégrale » et dedéveloppement durable. Elle est adressée « à chaque personne qui habite cette planète ». Selon François, l'écologie intégrale revêt une triple dimension environnementale, économique et sociale[21]. On retrouve ainsi lestrois piliers du développement durable. Le titre de l'encyclique reprend les premiers mots duCantique des créatures deFrançois d'Assise (« Loué sois-tu » en français).
Il faut noter que la traduction française « sauvegarde » ne rend pas entièrement le sens du « soin » qu'il s'agit d'exercer à l'égard de notre maison commune. Les traductions employées en anglais sont :care ; en espagnol :cuidado ; en italien :cura[22].
Dans cette encyclique, lepape François stigmatise les attitudes qui obstruent les chemins de solutions, même parmi les croyants, qui « vont de la négation du problème jusqu'à l'indifférence, la résignation facile, ou laconfiance aveugle dans les solutions techniques » (LS 14) ; il constate les effets des activités humaines sur l'environnement (pollution etréchauffement climatique…) (LS 20-26) ; il est préoccupé par laquestion de l'eau (LS 27-31), par la perte debiodiversité (LS 32-42), par la détérioration de la qualité de lavie humaine et la dégradation sociale (43-47), par l'« inégalité planétaire » entre les pays du Nord et les pays du Sud et notamment despays les plus pauvres (LS 48-52) ; il s'étonne de la faiblesse des réactions (LS 53-59), et voit dans « la globalisation du paradigme technocratique (LS 106-114) » et l'anthropocentrisme moderne (LS 115-136) la cause de la crise écologique actuelle ; il annonce l'évangile de la création (lumière qu'apporte la foi, sagesse des récits bibliques, mystère de l'univers, LS 62-83). La solution est uneécologie intégrale associant préoccupations environnementales, économiques et sociales (LS 137-162). Il critique lecourt-termisme de notre civilisation (LS 178, 184) ; il se montre attentif aux besoins desgénérations futures (LS 22, 53, 67, 109, 159, 160, 162, 169, 195). Il prône « la sobriété et l'humilité » (LS 224)[23].
Cette encyclique constitue une étape nouvelle dans lapensée sociale de l'Église, en portant un regard critique sur l'évolution des sociétés globalisées, sur lenéolibéralisme triomphant et sur la croyance naïve dans les vertus du marché et duprogrès technique. Elle appelle à une révolution écologique, un changement deparadigme, c'est-à-dire un changement dans les manières de penser[24]. Selon leCERAS, il s'agit sans doute du « document magistériel le plus important de l'Église catholique depuis Vatican II »[25]. SelonMgr Dominique Rey, « Le pape projette l’écologie dans l'économie du salut »[26].
EnFrance, l'encycliqueLaudato si' a confirmé l'engagement de l'Église de France dans l'écologie intégrale et la sauvegarde de la Création. Plusieurs diocèses (Lyon,Nanterre,Chambéry, Lille, Vannes, Nantes, Orléans, Verdun, Beauvais, Sées, Le Puy, Chambéry, Annecy, Aurillac, Rennes, Angoulême, Valence, Gap, Besançon...) ont nommé un référent diocésain à l'écologie. Elena Lasida, chargée de mission « Écologie et société » de laConférence des évêques de France, a appelé en juin 2016 à généraliser ces initiatives, de façon que chaque diocèse ait un référent à l'écologie intégrale, qui soit accompagné par un chargé de mission à l'écologie intégrale enservice civique[27].
Le label « Église verte » a été lancé le. Il s'agit d'une initiative œcuménique visant à la conversion écologique des communautés chrétiennes locales[28].
Les deux premiers jours de l'assemblée d'automne des évêques de France à Lourdes les 5 et 6 novembre2019, la question de l'écologie intégrale, chère aupape François, est évoquée. Ce thème fédérateur est l'occasion de changer les méthodes de travail afin de faire émerger uneintelligence collective pour une Église plus synodale[29].
C'est la première fois que deslaïcs participent à laConférence des évêques de France : chaque évêque est venu accompagné de deux baptisés, femme, homme, laïc ou prêtre, diacre ou consacré, engagés dans une conversion écologique, avec 55 hommes laïcs, 49 femmes laïques et seulement neuf prêtres et quatre diacres permanents[30].
À l'occasion du cinquième anniversaire de la parution de l'encyclique, Le 24 mai 2020, lepape François lance une annéeLaudato si' du 24 mai 2020 au 24 mai 2021. Il propose une prière spéciale pour cette année[31].
Pour le huitième anniversaire de la publication deLaudato si', à l'occasion de la fête desaint François d'Assise (4 octobre), qui clôt leTemps de la Création, et à l'approche de laConférence de Dubaï de 2023 sur les changements climatiques (COP 28), le pape François publie uneexhortation apostolique qui fait suite à son encyclique sur la sauvegarde de la Maison commune, intituléeLaudate Deum (Louez Dieu), « à toutes les personnes de bonne volonté, sur la crise climatique ». Elle fustige leclimatoscepticisme qui remet en cause l'origine anthropique du changement climatique, ainsi que le paradigme technocratique qui se trouve derrière le processus actuel de dégradation de l’environnement. Dressant le constat d'une « vieille diplomatie en crise », il appelle à « reconfigurer le multilatéralisme »[32].
Vittorio Hösle estime que les Églises ont uneresponsabilité sur les questions d'écologie, qu'elles doivent sensibiliser leursfidèles, mais qu'elles ont tardé à se préoccuper de ces questions. Il pense qu'il existe des besoins de formation desthéologiens en ce qui concerne l'écologie[33].
SelonJean Bastaire, l'écologie est unsigne des temps pour l'Église. Dans un article paru en 2005 en réponse à l'accusation deLynn White Jr parue en 1967 dans la revueScience, il montre que l'écologie incite les chrétiens à un retour aux sources de lafoi et à un surgissement de l’Esprit pour de nouveaux développements du salut en Christ. Selon lui, les chrétiens de l'Antiquité, avecIrénée de Lyon (IIIe siècle), et ceux duMoyen Âge, avec notamment le théologien byzantinMaxime le Confesseur (VIIe siècle) relayé auIXe siècle par son disciple latinJean Scot Érigène, sont restés fidèles au véritable esprit de la Bible. Ce n'est qu'à l'époque moderne qu'est réapparu le vieuxdualisme gnostique qui oppose le corps à l'âme, la chair à l'esprit[34]. Sans qu'il y ait eu de condamnation explicite, on a laissé s'établir une complaisance plus que douteuse à l’égard d’un décri haineux ducosmos, aboutissantin fine à une déchristianisation du cosmos, prélude à ladéchristianisation de l'homme[35].
L'Eucharistie est le sacrement du salut de l'humanité, mais aussi du monde entier, comme le rappelle le papeBenoît XVI dans l'exhortation apostoliqueSacramentum caritatis[36] :
« Les légitimes préoccupations concernant les conditions écologiques de la création en de nombreuses parties du monde trouvent des points d'appui dans la perspective de l'espérance chrétienne, qui nous engage à œuvrer de manière responsable pour la sauvegarde de la création. Dans la relation entre l'Eucharistie et le cosmos, en effet, nous découvrons l'unité du dessein de Dieu et nous sommes portés à saisir la profonde relation entre la création et la « nouvelle création », inaugurée dans la résurrection du Christ, nouvel Adam. »
Le terme demétanoïa a été employé dans l'homélie dupatriarche œcuménique Bartholomée lue à Notre-Dame de Paris en 2015 au moment de la COP21, au sujet de la sauvegarde de la Création, dans le sens d'un « retournement tout entier de l'être »[37].
Les causes de la crise contemporaine sont très complexes.
Dans l'encycliqueLaudato si', le pape François voit dans la « globalisation du paradigme technocratique » et l'« anthropocentrisme moderne » les causes principales de cette crise[38], soulignant qu'« il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale »[39]. Il y a en effet, selon le pape, une « intime relation entre les pauvres et la fragilité de la planète » qui l'amène à « la conviction que tout est lié dans le monde »[40]. Selon Michel Mahé, ces causes résonnent avec l'attitude et le projet philosophique de Descartes[41].
Fabien Revol, dans son commentaire de l'encyclique, voit dans la philosophie deDescartes la racine historique de la crise écologique, plus particulièrement dans ledualisme cartésien entre le corps et l'esprit[42].
Le pape François analyse la sagesse des récits bibliques, et insiste particulièrement sur le second récit de la Création, dans les chapitres 2 et 3 duLivre de la Genèse, où l'homme est placé dans leJardin d'Éden « pour le cultiver et le garder » (Gn 2, 15)[43]. Par ailleurs, le pape enseigne qu'il est nécessaire d'adorer unDieu créateur[44] :
« Nous ne pouvons pas avoir une spiritualité qui oublie le Dieu tout-puissant et créateur. Autrement, nous finirions par adorer d’autres pouvoirs du monde, ou bien nous prendrions la place du Seigneur au point de prétendre piétiner la réalité créée par lui, sans connaître de limite. La meilleure manière de mettre l’être humain à sa place, et de mettre fin à ses prétentions d’être un dominateur absolu de la terre, c’est de proposer la figure d’un Père créateur et unique maître du monde, parce qu’autrement l’être humain aura toujours tendance à vouloir imposer à la réalité ses propres lois et intérêts. »
Le pape François considère que lacrise écologique est un « appel à une profonde conversion intérieure »[45].
Dans l'encycliqueLaudato si', le pape François parle de « maison commune » pour désigner laterre et ses habitants. Il compare la terre à « une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence », et à « une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts »[46]. Il rappelle le début duCantique des créatures desaint François d'Assise :
« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. »
Il rappelle plus loin que « Nous ne pouvons pas avoir une spiritualité qui oublie le Dieu tout-puissant et créateur. Autrement, nous finirions par adorer d’autres pouvoirs du monde »[47].
La terre n'est cependant pas une déesse : la protection de l'environnement ne doit pas devenir une nouvelle religion intégriste, inflexible dans sa dogmatique parfois aveugle, avec ses prêtres et ses prêtresses voués auculte de Gaïa et imposant leur diktat écologique sur cette terre et ses habitants. Cet « écologisme » tyrannique, enraciné dans l'« utopie verte » visant à « sauver la planète », comme on l'entend souvent, pourrait s'apparenter aux idéologies mortifères[48].
Selon lethéologienorthodoxeJean-Claude Larchet, qui s'appuie sur une analyse des écrits desPères de l'Église (notamment desaint Maxime le Confesseur), les fondements spirituels de lacrise écologique sont à chercher dans unchangement de paradigme qui s'est produit à la Renaissance, en particulier dans les éléments suivants : l'humanisme, lenaturalisme, lerationalisme, l'individualisme, la conquête duNouveau Monde, ledualisme âme-corps, lamécanisation des corps, le Dieu horloger lointain[49].

LepasteurFrédéric Baudin, qui s'appuie sur une lecture approfondie de laBible, encourage à « mieux saisir et interpréter le sens exact des verbes » des deux premiers chapitres de laGenèse[50] :

En 2007, la troisième assemblée œcuménique européenne àSibiu, enRoumanie, a proposé de célébrer un « Temps pour la Création » d’une durée de cinq semaines entre le1er septembre (mémoire orthodoxe de la divine création) et le 4 octobre (mémoire deFrançois d'Assise dans l’Église catholique et dans certaines autres traditions occidentales)[13].
Lors du pèlerinage pour la sauvegarde de la Création du1er au de cinquante délégués des Conférences épiscopales d’Europe provenant de plus de quinze pays, en Hongrie, Slovaquie et Autriche, un message a été délivré :
Pour aider les communautés chrétiennes à préparer le Temps pour la Création (1er septembre au 4 octobre), les évêques de France ont établi une fiche qui contient des propositions[55] :
Certaines paroisses organisent pendant le temps pour la Création des conférences sur l'écologie, ou des pèlerinages où sont abordés les questions de sauvegarde de la Création.
Un site internet œcuménique et mondial a ouvert sur le Temps pour la Création :Seasonofcreation.org. Le site est multilingue et comporte des versions en français, en anglais, en espagnol, en portugais, en italien et en polonais. Il est possible d'y enregistrer des événements locaux.

Depuis1989, sur l'initiative du patriarcheDimitri de Constantinople, l'Église orthodoxe a adopté une journée annuelle de prière pour la sauvegarde de la Création, le1er septembre, au début de l'année liturgique orthodoxe. Le, lepape François, sur la suggestion dumétropolite de Pergame (el)Jean (Zizioulas) (el), représentant le patriarche Bartholomée, a retenu cette même date pour instituer la journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création dans l'Église catholique, invitant les autres Églises chrétiennes à se joindre à ce mouvement[56].
En2016, lors de la deuxième journée mondiale de prière pour la Création, le pape François a ajouté aux quatorzeœuvres de miséricorde traditionnelles, deux œuvres de miséricorde, l'une corporelle, l'autre spirituelle, consacrées à la sauvegarde de la Création. Il a invité les chrétiens à se repentir pour les péchés contre la Création[57].
En2017, lors de la troisième journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création, le pape François et lepatriarche Bartholomée ont envoyé un message commun, et ont lancé « un appel urgent à ceux qui ont des responsabilités sociales et économiques, aussi bien que politiques et culturelles, pour qu’ils entendent le cri de la terre et subviennent aux besoins des marginalisés, mais surtout afin qu’ils répondent à la demande de millions de personnes et appuient le consensus du monde entier pour guérir notre création blessée »[58]. Ce message conjoint souligne ladimension œcuménique de la sauvegarde de la Création.
En2018, la quatrième journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création a été consacrée au thème de l'eau[59].
De nombreux sites internet proposent des prières avec la Création, comme l'AssociationA Rocha France qui propose de recevoir par courriel une prière quotidienne[60]. Lepape François a participé à la rédaction de prières en ce sens, parues en 2018[61].
Le mercredi 9 juillet 2025, à l'occasion du dixième anniversaire de l'encycliqueLaudato si' et du800e anniversaire duCantique des créatures desaint François d'Assise, le PapeLéon XIV a célébré àCastel Gandolfo la première Missa « pro custodia creationis » dans le Borgo Laudato si', en suivant le nouveau formulaire de prières « pour la sauvegarde de la Création », qu'il a approuvé le 8 juin et rendu public le 3 juillet à travers un décret duDicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements[62].

Dans un discours en1997, le patriarche Bartholomée de Constantinople déclarait qu'« un crime contre la nature est un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu »[63].
Dans son message pour la deuxième journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création le, lepape François reprend la citation du patriarche Bartholomée déjà mentionnée dans l'encycliqueLaudato si' :« Que les hommes détruisent la diversité biologique dans la création de Dieu ; que les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant ses zones humides ; que les hommes polluent les eaux, le sol, l’air : tout cela, ce sont des péchés ». Il invite à« chercher la miséricorde de Dieu pour les péchés contre la création que jusqu’à maintenant nous n'avons pas su reconnaître et confesser », en faisant unexamen de conscience, en se repentant, et en ayant recours ausacrement de pénitence et de réconciliation[13].
Mgr Paul Ruzoka,évêque de Cigoma enTanzanie, a utilisé de son côté l’expression « péché contre la terre », dans son intervention au synode africain de 1994. Pour cet évêque, la prédication doit restituer le sens dupéché, en particulier celui dupéché social ou structurel. Selon Jean-Marc Ela, dans l’Exhortation apostolique post-synodale deJean-Paul II sur l’Église en Afrique, le pape ne fait aucune allusion au « péché contre la Création » pourtant si visible dans les pays visités par le Pontife romain, bien que celui-ci ait constamment alerté sur la dégradation de l'environnement[64].
PourCécile Renouard, l'inertie écologique est unpéché social, pour trois raisons principales : la destruction du lien écologique et social par l’action prédatrice de l’être humain vis-à-vis de son environnement, mesurée par l'empreinte écologique ; les institutions, qui sont organisées selon des valeurs qui détruisent la relation dans la durée ; le mensonge organisé, notamment les actions de lobbying de certains industriels et scientifiques[65].
Le, devant des experts enthéologie morale, lepape François s'est étonné de pas entendre ce type depéché plus souvent enconfession : « Quand j’administre lesacrement de réconciliation (la confession) - et aussi quand je le faisais avant -, c’est rare que quelqu'un s’accuse d’avoir fait violence à la nature, à la Terre, à la Création (…) Nous n’avons pas encore conscience de ce type de péché »[66]. Il se pourrait que le « péché écologique » soit prochainement inscrit dans le droit canon[67],[68],[69].
Le péché écologique ou péché contre la Création est une notion émergente - mais débattue dans le document du Synode sur l'Amazonie (2019), les participants ont proposé une définition[63] :
« Une action ou une omission contre Dieu, contre le prochain, la communauté et l'environnement. C'est un péché contre lesgénérations futures, qui se manifeste par des actes et des habitudes depollution et de destruction de l'harmonie de l'environnement, par des transgressions contre les principes d'interdépendance et par la rupture des réseaux de solidarité entre les créatures. »
Les Églises chrétiennes ont développé deslabels écologiques pour les communautés chrétiennes. Ce sont des outils qui permettent d'engager ou d'approfondir laconversion écologique desparoisses et des églises locales.
Des initiatives de ce type ont été menées dans plusieurs pays : en Allemagne le label « Coq vert », au Royaume-Uni les « Eco-churches », au Canada les « Églises vertes », en Norvège les « Congrégations vertes »[70] ; en Suisse, « œco Églises pour l'environnement » met à disposition un guide « Paroisses vertes »[71]. Depuis 2021, les Églises et Communautés de Suisse romandes ont lancé le réseau « EcoEglise »[72].
En France, le label « Église verte » a été lancé le dans la Chapelle du Luxembourg, Église protestante unie Pentemont-Luxembourg à Paris[73]. Le réseau Église verte a un partenariat avecla Fresque du climat pour l'animation spirituelle des ateliers[74].
En France, le site œcuménique d'Église verte diffuse des ressources sur le Temps de la Création :Église verte - Temps pour la Création 2023.
Un sondage IFOP /A Rocha publié en septembre 2023[75] montre que :
Cette bibliographie ne mentionne que les ouvrages parus depuis 2015, l'année de la publication de l'encycliqueLaudato si'. Pour une bibliographie plus complète, consulter l'article détaillé.
Par ordre antichronologique :
Communications du pape :
Réseaux :
Autre :