Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Tempête de feu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirTempête (homonymie).

Page d’aide sur l’homonymie

Ne doit pas être confondu avecMégafeu.

Une tempête de feu durant les incendies de 1988 àYellowstone.

Unetempête de feu ououragan de feu est unincendie atteignant une telle intensité qu'il engendre et maintient son propre système de vents. C'est le plus souvent un phénomène naturel, créé durant certains des plus grandsfeux de brousse etfeux de forêts ; on parle alors demégafeu. L'incendie de Peshtigo[1] et lesfeux du mercredi des Cendres en sont deux exemples. Des tempêtes de feu peuvent aussi être le résultat délibéré d'explosions ciblées, telles que celles ayant résulté des bombardements aériens incendiaires deDresde,Hambourg,Tokyo, et desbombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.

Détection et caractérisation

[modifier |modifier le code]

La détection aérienne (héliportée etaéroportée) est possible, de même que l'observation au sol. Plus récemment, l'observation par satellites permet l'étude de ces incendies dans des zones inaccessibles autrement (par exemple pour l'étude desfeux de brousse en Australie).

LeLIDAR permet de mesurer la vitesse et la direction des vents et vortex au cœur et au voisinage des incendies et des tempêtes de feu[2].

Mécanisme

[modifier |modifier le code]
Brasier (1), courant ascendant d'air chauffé (2), rafales violentes alimentant le feu (3) etpyrocumulus se formant en altitude (A).
Cette sectionne cite pas suffisamment ses sources (août 2017)
Pour l'améliorer, ajoutezdes références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle{{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Une tempête de feu est le résultat du phénomène de tirage (ou effetcheminée) dû à la chaleur de la combustion initiale aspirant de plus en plus d'air environnant, et entretenant la combustion. Ce tirage peut augmenter rapidement si uncourant-jet de basse altitude existe au-dessus ou à proximité du feu, ou s'il vient à percer unecouche d'inversion thermique. Le courant ascendant s'étale en champignon en altitude et de fortes bourrasques se développent autour du feu, dirigées vers son centre.

Recréation d'un tourbillon de feu pour un spectacle

Cela n'est pas la limite de l'extension de l'incendie. En effet, la formidable turbulence qui se crée amène les vents à changer erratiquement de direction. Cecisaillement du vent peut produire de petites formations tournoyantes, analogues à destornades ou à destourbillons de poussière, appeléestourbillons de feu, et qui peuvent jaillir de manière imprévisible, détruisant maisons et bâtiments, et propageant rapidement le feu au-delà de l'aire centrale de l'incendie.

De plus, le tirage accru apporte des quantités d'oxygène plus importantes, ce qui accroit la combustion, et donc la production de chaleur, de manière significative. Cette chaleur intense est essentiellement rayonnée (sous forme de radiationinfrarouge), ce qui enflamme les matériaux inflammables à distance du feu d'origine.

Outre l'énorme nuage de cendres produit par une tempête de feu, elle peut aussi, si les conditions s'y prêtent, favoriser la condensation d'unpyrocumulus (ounuage de feu). Un pyrocumulus assez vaste peut devenir unpyrocumulonimbus et donner naissance à des éclairs, susceptibles d'allumer de nouveaux feux. En dehors de ceux résultant des feux de forêt, les pyrocumulus peuvent également se former lors d'éruptions volcaniques.

Incendies naturels

[modifier |modifier le code]
Feux de brousse àCanberra en 2003 donnant une mauvaise visibilité et une qualité de l'air médiocre.
Untourbillon de flammes se formant à l'intérieur d'une zone de tempête de feu.

Les tempêtes de feu apparaissent souvent dans destalwegs, sur des crêtes ou dans desplateaux. Parmi les phénomènes les signalant, on rencontre :

  • une diminution de la visibilité ;
  • une mauvaise propagation du son ;
  • des difficultés à respirer (les pompiers ne sont généralement pas équipés d'ARI dans le cas des feux de broussaille) ;
  • le roussissement des feuilles (parpyrolyse) dû à la chaleur rayonnée.

En cas d'incendie, beaucoup de plantes et d'arbres sécrètent des résines volatiles et des huiles essentielles ayant de multiples fonctions, comme de protéger la plante du dessèchement[3]. Cependant, les températures élevées augmentent lapression de vapeur saturante de ces composés ; ainsi, à170 °C, leromarin émet 55 fois plus deterpène qu'à50 °C. Cette température de170 °C est considérée comme un seuil à partir duquel l'émission de composés volatils peut donner avec l'air un mélange explosif, et donc amener à unembrasement généralisé (EGE). En particulier, l'huile d'eucalyptus est extrêmement inflammable, et l'on a vu des arbres entiers exploser[4],[5]. En Australie, la prévalence des eucalyptus a pour conséquence des feux de forêts remarquables par leurs fronts de flammes extrêmement élevés et intenses.

En cas de sécheresse (taux d'humidité inférieur à 30 %), les risques de combustion spontanée sont plus grands encore. De plus, les flammes contiennent des gaz depyrolyse incomplètement brulés, qui peuvent se mélanger aux huiles des plantes, avec un résultat encore plus explosif.

La topographie a une influence complexe. Un relief fermé, tel qu'une vallée étroite ou un lit de rivière asséché, concentre la chaleur et l'émission de composés organiques volatils, particulièrement pour des espèces telles que le romarin, lepin d'Alep ou lescistes. En revanche, leschênes kermès émettent davantage de ces composés sur des reliefs ouverts comme les plaines et les plateaux.

D'autres facteurs influençant la création d'une tempête de feu sont la chaleur (en particulier quand elle dépasse35 °C à l'ombre), la sécheresse, et l'absence de vent fort ; ces conditions se rencontrent souvent enclimat méditerranéen.

On peut classer les tempêtes de feu en plusieurs types :

  • bulle thermique : au fond d'une petite vallée riche en matériaux combustibles, les gaz inflammables forment une bulle qui ne peut se mélanger à l'air car sa température est trop élevée ; cette bulle, poussée par le vent, se déplace au hasard ;
  • tapis de feu : dans une petite vallée étroite et profonde, toute la vallée s'enflamme ;
  • confinement par de l'air froid : un fort vent froid empêche les gaz produits par la pyrolyse de s'élever, créant une situation explosive ;
  • pyrolyse du versant opposé : le feu progresse en descendant une pente ; la chaleur rayonnée pyrolyse les plantes du versant opposé, qui semblent prendre feu spontanément ;
  • fond de vallée étroite : les gaz s'accumulent dans le lit d'une rivière asséchée ; l'arrivée de l'incendie complète le« triangle du feu », et le fond de la vallée s'enflamme.

Incendies en zones urbaines

[modifier |modifier le code]

La même physique des combustions s'applique à des incendies en zones urbaines ; on pense que des tempêtes de feu ont fait partie du mécanisme des grands incendies historiques, tels que legrand incendie de Rome et legrand incendie de Londres, ainsi que de ceux consécutifs à des tremblements de terre, commecelui de San Francisco en 1906. Des tempêtes de feu furent aussi créées par lesbombardements incendiaires de laSeconde Guerre mondiale, particulièrement à Dresde, Tokyo, Hambourg, et aussi lors desbombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki. Le tableau suivant recense les tempêtes de feu (en zone urbaine) pour lesquelles on possède des observations fiables.

Ville / ÉvénementDate de l'incendieNotes
Grand incendie de Rome -Plusieurs milliers de victimes ; les trois quarts de la ville rasés.
Grand incendie de Londres -La plus grande partie de laCity, connue comme le « Mile Carré » est ravagée, une surface néanmoins bien plus faible que celle occupée par le Londres moderne.
Grand incendie de Chicago
Incendie de Peshtigo
Incendie de Port Huron (en)
Des centaines de morts àChicago du 8 au ; 2 500 morts àPeshtigo ; d'autres victimes dans des feux semblables àHolland etManistee (Michigan).
Tremblement de terre de San FranciscoParmi les conséquences du tremblement de terre, la tempête de feu (due principalement aux ruptures de canalisations de gaz) causa la destruction de plus de 500 pâtés de maisons.
Grand incendie de 1910 (en) (Idaho etMontana)20-87 morts (y compris une équipe complète de pompiers composée de 28 hommes), trois villes au moins brulèrent en partie durant deux jours de tempêtes de feu. On peut toutefois considérer que celles-ci relèvent plutôt du cas des feux de forêt : on estime que 12 000 km2 de forêts brûlèrent, dans quatre des États de l'ouest des États-Unis. La fumée s'étendit jusqu'à l'est du continent, et on retrouva des cendres dans les neiges du Groenland[6].
Grand tremblement de terre de Kantō140 000 morts, la plupart dans des tempêtes de feu àTokyo et dans le port deYokohama. Les dommages s'élevèrent à 40 % du PNB de cette année.
Bombardement de Londresseptembre194030 à 40 000 morts[réf. nécessaire]
Bombardement de Stalingrad23 août 1942Première tempête de feu véritable réussie par un bombardement de l'aviation allemande. 600 appareils du VIII. Fliegerkorps, au soir de l'offensive sur le nord de Stalingrad, rasent d'un coup 80 % des habitations de la ville.
Bombardement de Hambourg (Allemagne)45 000 morts
Bombardement de Cassel (Allemagne)10 000 morts
Bombardement de Brunswick (en) (Allemagne)2 600 morts
Bombardement de Darmstadt (en) (Allemagne)12 300 morts
Bombardement de Heilbronn (Allemagne)6 500 morts
Bombardement de Dresde (Allemagne)25 000 morts au moins
Bombardement de Pforzheim (Allemagne)17 000 morts
Bombardement de Tokyo120 000 morts
Bombardement de Wurtzbourg (Allemagne)5 000 morts
Bombardement de Kobe (Japon)8 841 morts
Hiroshima90 000 morts ou plus, mais en partie dus à l'explosion atomique elle-même.
Tempête de feu d'Oakland (en)25 morts, 1,5 milliard de dollars de dégâts

Au début de laSeconde Guerre mondiale, plusieurs villes anglaises subirent des bombardements incendiaires ; l'un des plus remarquables futcelui de Coventry le. À l'occasion du bombardement de Coventry, les forces allemandes mirent en jeu plusieurs innovations qui devaient influencer tous lesbombardements stratégiques ultérieurs durant la guerre[7]. Ces innovations étaient :

  • l'utilisation d'avions de reconnaissance munis d'aides électroniques à la navigation, pour marquer les cibles avant l'attaque principale ;
  • l'utilisation de bombes lourdes et de mines aériennes (blockbusters) couplée avec celle de milliers de bombes incendiaires.

La première vague de bombardement utilisa des explosions de grande puissance pour détruire les réseaux de service (eau, gaz et électricité), et créer des cratères rendant les routes peu praticables pour les équipes de pompiers ; les bombes explosives n'étaient pas seulement destinées à gêner les secours, mais étaient également conçues pour éventrer les toits, facilitant le passage des bombes incendiaires. Les vagues de bombardements suivantes combinaient explosifs et bombes incendiaires, ces dernières étaient de deux types : à base demagnésium, et à base de pétrole.Arthur Travers Harris, commandant de laforces de bombardement de la RAF, écrivit après la guerre « Le bombardement de Coventry était assez ramassé dans l'espace [pour amorcer une tempête de feu], mais trop dispersé dans le temps »[8], aussi ne s'en créa-t-il pas. Ils n'avaient pas le nombre d'engins aériens nécessaire, et ceux-ci n'avaient pas une capacité suffisante (ils n'avaient que des bombardiers bimoteurs).

Ce n'est que vers la fin de la guerre queBomber Harris et la RAF parvinrent à une concentration quasi simultanée de bombardements suffisante pour qu'une tempête de feu se déclenche. Par exemple, durant lebombardement de Dresde le, la première attaque fut entièrement menée par legroupeno 5, utilisant leurs propres méthodes de marquage à basse altitude. Les avions-traceurs marquèrent le stade de Ostragehege comme point de chute initial, et les 244 bombardiers se déployèrent en éventail à partir de ce point, chacun lâchant ses bombes à un instant légèrement différent ; l'ensemble du bombardement dura moins de deux minutes. La zone de destruction ainsi créée était un triangle de deux kilomètres de long et trois kilomètres de large[9],[10]. Ce raid de la RAF (suivi par d'autres vagues de bombardement de la RAF et de l'USAAF) donna naissance à l'une des plus dévastatrices et tristement célèbres tempêtes de feu de l'histoire.

Vue aérienne deHambourg après l'opération Gomorrhe.

Une autre terrifiante tempête de feu résulta dubombardement de Hambourg le (appelé opération Gomorrhe). Plusieurs facteurs concoururent à l'énorme destruction qui s'ensuivit : le temps exceptionnellement sec et chaud, la concentration du bombardement et l'impossibilité pour les équipes de pompiers d'atteindre le centre de la ville (ils étaient encore en train de lutter en périphérie contre les conséquences du bombardement du). Cette tempête de feu (qui donna naissance à l'expression allemandeFeuersturm) se transforma en tornade, créant une sorte de haut-fourneau naturel, avec des vents allant jusqu'à240 km/h et des températures de800 °C, causant l'embrasement de l'asphalte des rues, carbonisant les gens dans les abris anti-aériens, soulevant les piétons dans les airs comme des feuilles mortes, et détruisant 21 km² de la ville. La plupart des 40 000 victimes de l'opération Gomorrhe furent tuées cette nuit-là.

En 1945,Tokyo avait une densité moyenne de 40 000 habitants au km2, avec des concentrations pouvant dépasser 50 000 hab/km2, la plus haute densité pour une ville industrielle où que ce soit dans le monde. Les équipes de pompiers s'avérèrent ridiculement sous-équipées pour la tâche, alors que furent détruits 15,8 km2 de la ville pendant la nuit du9 mars ; des vents violents attisèrent les flammes et des murs de feu bloquèrent des dizaines de milliers d'habitants fuyant pour sauver leurs vies. On estime qu'un million et demi de personnes habitaient la zone incendiée[11].

Lesarmes nucléaires peuvent également créer des tempêtes de feu en zone urbaine ; cela fut la cause d'une grande partie des destructions àHiroshima (mais, semble-t-il, pas àNagasaki).

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. Voircet article de Robert Chevrou sur les incendies des Grands Lacs en 1871(en)
  2. (en-GB) DavidHambling, « Wildfires' hidden energy revealed by lidar sensor »,The Guardian,‎(ISSN 0261-3077,lire en ligne, consulté le)
  3. The World Around Us: Chemical Plants(en)
  4. Robert L. SantosThe Eucalyptus of California(en)
  5. Robert SwardEucalytus Roulette (con't)(en)
  6. Pyne, Stephen J.Year of the Fires: The Story of the Great Fires of 1910; (Viking-Penguin Press 2001);(ISBN 0-670-89990-9)
  7. Taylor, Fredrick;Dresden Tuesday 13 February 1945p. 118, publié par Bloomsbury (2004).(ISBN 0-7475-7084-1).
  8. Harris, ArthurBomber Offensive; (First edition Collins 1947) Pen & Sword military classics 2005;(ISBN 1-84415-210-3). Page 83
  9. RAF:Bomber Command: Dresden, February 1945.
  10. Taylor, Fredrick;Dresden Tuesday 13 February 1945, Pub Bloomsbury (First Pub 2004, Paper Back 2005).(ISBN 0-7475-7084-1). pp. 277-288
  11. Mark Selden.A Forgotten Holocaust: US Bombing Strategy, the Destruction of Japanese Cities and the American Way of War from the Pacific War to Iraq. Japan Focus, 2 mai 2007(en)

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

[modifier |modifier le code]
v ·m
Précipitations
Phénomènesatmosphériques violents étendus
Autres phénomènes météorologiques
Prévision
Climats
Saisons
Types demétéorologies
Glossaire de la météorologie
v ·m
Aléa naturel
Aléa technologique
Risque etaccident
Prévention
Protection
Crise
Sciences reliées
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Tempête_de_feu&oldid=232102706 ».
Catégorie :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp