Plusieurs hypothèses se proposent d'expliquer l'origine dunom scientifique de la plante.Taraxacum provient peut-être dugrec ancienτάραξις /táraxis, qui désignait une inflammation de l'œil etakeomai, « guérir », le latex du pissenlit passant en effet pour calmer les irritations oculaires. En raison de sa consommation dans des salades, certains auteurs considèrent que ce nom est une corruption arabe du mot grectrogemon signifiant comestible. À moins qu'il ne provienne plus directement de l'arabetharakhchakon, qui désignait une plante semblable au pissenlit commun[1]. Le nom génériqueTaraxacum trouve en effet son origine dans les écrits médiévaux perses en pharmacie. Vers 900, le savant perseAl-Razi écrit « le tarashaquq est comme lachicorée ». Vers l’an 1000, le savant persanAvicenne écrit tout un chapitre de livre sur leTaraxacum. L'écrivainGérard de Crémone vers 1170 fait une traduction de l'arabe au latin : le terme tarashaquq est alors orthographié en « tarasacon »[2].
Le genreLeontodon (du grecleontodon, en latindens Leonis, littéralement « dent de lion », allusion aux dents aiguës de ses feuilles) tel que défini initialement parLinné comprenait lebasionymeLeontodon taraxacum. Mais c'est lelectotypeTaraxacum officinale (Wigg) qui a servi à désigner le genre[3].
Les espèces deTaraxacum peuvent prendre d'autresnoms vernaculaires[4] : dent de lion ou dent-de-lion (à cause de la forme des feuilles dont les découpures sont longues ou aiguës comme des dents, d'où le nom vernaculaire anglais dedandelion et allemand deLöwenzahn), pissenlit (en raison des vertus diurétiques de cette plante), florin d'or, laitue de chien, coq, cochet, groin de porc (cette plante étant recherchée des herbivores et même du cochon), salade de taupe[5], fausse chicorée (succédané), couronne de moine (allusion auréceptacle floral nu après la dispersion desakènes), baraban (notamment enparler lyonnais etparler stéphanois), cramia ou cramiat (dans leJura suisse) ou cramaillot (enFranche-Comté).
Le pissenlit est une plante de cinq à trente cm environ de hauteur. Néanmoins, desTaraxacum sp de 75 cm ont pu être observés àTokyo[6].
C'est uneplante herbacée,vivace avec unesouche épaisse charnue se terminant insensiblement enracine pivotante qui peut atteindre trente cm de long et vingt mm de diamètre. La surface externe racinaire est gris brunâtre, avec une section transversale, blanchâtre, qui laisse s'écouler unlatex abondant[7].
Les feuilles toutes radicales sont disposées enrosette. Caractérisées par un fortpolymorphisme foliaire, elles sont oblongues ou oblongues-ovales, plus ou moins dressées, glabres ouglabrescentes, atténuées à la base et dépourvues depétiole. Leurlimbe étroit, à la pubescence inégale, est plus ou moins profondémentpennatifide oupennatipartite, divisé en segments triangulaires ou lancéolés inégaux et dentelés, avec un lobe terminal, plus grand, qui possède une pointe obtuse. Elles sont dotées d'unenervure centrale proéminente et souvent de couleur rouge. Les feuilles sontroncinées, avec des dents souvent recourbées vers le bas, en crochets et sont parfois tachées de rouge[8].
On les classe dans la tribu desLiguliflores en raison de leur capitule composé uniquement de fleurs zygomorphes, ligulées (dont les extrémités forment des languettes qui simulent lepétale d'une fleur simple)[10].
Les fruits sont desakènes grisâtres, petits (environ 1 500 au gramme), oblongs, cylindracés[11], munis de côtesmuriquées etépineuses[12]. Ils sont surmontés d'unpappus à soies simples disposées sur deux rangs, organe d'anémochorie qui permet une dispersion transocéanique des graines par le vent, ce qui favorise laspéciation allopatrique[13].
Le classement de toutes les espèces deTaraxacum est très complexe : plus de 1 200 espèces et sous-espèces pour la seule Europe. Des regroupements en sections ont été envisagés de différentes manières. Le nombre de section est de huit ou de dix-sept, selon les divisions faites par les auteurs. La capacité à l'apomixie et le pouvoir d'accomodat de certaines espèces comme celles de la sectionRuderalia rendent les classifications presque impossibles.
Plusieurs espèces de pissenlits dits communs ou officinaux ont longtemps été classées dans un agrégat d'espèces nomméTaraxacum officinale Weber ex F.H.Wigg agg.. Ces espèces sont maintenant placées dans lasectionRuderalia du genreTaraxacum.
Cela illustre bien la complexité de la taxonomie de ce genre
Lasalade de pissenlit est très recherchée malgré une certaine amertume[réf. nécessaire]. Elle est consommée depuis l'Antiquité mais n'est cultivée comme salade que depuis le siècle dernier (variétés améliorées)[réf. nécessaire]. Elle peut être ramassée toute l'année à l'état sauvage ou cultivée[réf. nécessaire]. Elle peut être cultivée comme annuelle, mais une plantation peut durer plusieurs années, de nouvelles rosettes de feuilles se formant à partir de laracine[réf. nécessaire]. Le pissenlit vendu sur les marchés en France est souvent blanchi parbuttage[réf. nécessaire]. On trouve parmi les variétés l'« Amélioré à cœur plein », le « Vert de Montmagny amélioré », et l'« Amélioré très hâtif »[réf. nécessaire]. On peut manger les fleurs sous forme decrameillotte[réf. nécessaire].
Autrefois[Quand ?], elle était consommée coupée en petits morceaux, pour en augmenter la digestibilité et pour éviter la sensation grattante due à l'éventuel duvet sur les feuilles[réf. nécessaire].
Les feuilles, riches envitamine C, sont consommées crues (salade) ou cuites (légume, soupe) ou bouillies[16]. Il est recommandé de les récolter avant la floraison[réf. nécessaire].
Lesboutons floraux sont consommés crus dans des salades ou conservés dans le vinaigre comme lescâpres[16].
Lescapitules, avec leurspédoncules, décorent joliment les salades et d'autres plats. Dans certaines campagnes, on en prépare, par cuisson avec du sucre un sirop (recette du « vin » ou du « miel de pissenlits », de la « gelée de pissenlits » telle la cramaillotte enBourgogne etFranche-Comté)[17].
On fait un thé avec les capitules de pissenlit[réf. nécessaire], ainsi qu'un alcool, leDandelion Wine anglais : une sorte debière composée d'eau, demiel, delevure et de capitules, qu'on laisse fermenter pendant plusieurs jours[réf. nécessaire].
La racine est comestible crue malgré son amertume. Au Japon, on la coupe en morceaux, on la fait sauter dans une poêle avec un peu d'huile, puis on la recouvre d'eau ou desauce de soja et on la laisse cuire quelques minutes[16].
Les feuilles vertes sont très riches envitamine A : 700 fois plus que lapoire, 70 fois plus que les oranges et deux fois plus que lesépinards[réf. souhaitée]. Elles contiennent aussi des vitamines B1, B2, C et E, et la plupart des sels minéraux: Ca, Mg, P, K, Na, CI, S, Fe, Mn, Si, en proportions importantes[réf. souhaitée], ainsi que d'autres substances.
Du fait de sa composition chimique - émulsion d'isoprène dans l'eau - le latex de pissenlit russe (Taraxacum kok-saghyz) très similaire à celui de l'Hévéa, a été identifié comme source alternative decaoutchouc naturel[21]. Entre autres références récentes sur le sujet, leCirad a annoncé en 2012 la fabrication des premiers pneus en caoutchouc naturel européen, dans le cadre d'un partenariat avec le fabricant indo-néerlandais Apollo Vredestein[22],[23]. En 2013, le projet de recherche-développement DRIVE4EU été lancé par le septième programme-cadre de l'Union européenne pour la recherche et le développement technologique, en vue d'une valorisation industrielle du latex de pissenlit[24].
Le pissenlit est uneplante mellifère. C'est une importante source de nourriture pour lesabeilles car il produit dupollen tôt au printemps mais aussi jusqu’à l’automne, puisque la floraison se poursuit et assure une source nutritive continue. De fait, pas moins de 93 espèces d’insectes se nourrissant de pollen de pissenlit ont été recensées[30].
↑Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion, G. Dumé,Flore forestière française, Forêt privée française,,p. 2093
↑Allusion sans doute à la rosette recouverte par la terre rejetée par la taupe qui creuse sa galerie, cette rosette étant « blanchie » comme les endives que butte le jardinier.
↑Hippolyte Coste,Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes, Librairie Scientifique et Technique Albert Blanchard,,p. 428.
↑Marie-Pierre Arvy et François Gallouin,Légumes d'hier et d'aujourd'hui,Belin,(lire en ligne),p. 377.
↑Pierre Crété,Précis de botanique. Systématique des angiospermes, Masson,,p. 397
↑Caractéristique utile à ladiagnose : lesakènes centraux non comprimés.
↑Michèle Bilimoff, Bourdichon,Promenade dans des jardins disparus. Les plantes au Moyen Age d'après les Grandes Heures d'Anne de Bretagne, Éd. Ouest-France,,p. 47
↑SandraGómez-Arroyo, ArisbelBarba-García, FranciscoArenas-Huertero et JosefinaCortés-Eslava, « Indicators of environmental contamination by heavy metals in leaves of Taraxacum officinale in two zones of the metropolitan area of Mexico City »,Environmental Science and Pollution Research,vol. 25,no 5,,p. 4739–4749(ISSN0944-1344 et1614-7499,DOI10.1007/s11356-017-0809-1,lire en ligne, consulté le)
↑La musique verte est une pratique populaire qui consiste à fabriquer des instruments de musique en éléments naturels.
↑La tige en début de saison est trop rigide. Il est recommandé de prélever une tige après la floraison. L'extrémité du côté du capitule est aplatie entre le pouce et l’index sur 2 ou 3 cm, ou fendue avec l'ongle sur 1 cm, simulant ainsi uninstrument à anche double. Il est possible de percer au canif ou avec le bout des ongles de petits trous le long de la tige pour obtenir différentes notes.
↑Arnaud Pellerin,Le guide magique des instruments de la nature, Prikosnovenie,,p. 2