La date du circule également dans certaines documentations[3].
Lepréfet du département de la Seine ordonne le, aux Juifs français de se présenter dans lescommissariats de leur domicile pour recevoir des cartes d'identité portant la mention « Juif » ou « Juive » apposée aucachet rouge. Ils ont 24 jours pour suivre cet ordre, soit jusqu'au.
Mais la carte d'identité n'est pas encore généralisée en France. Il existe bien une « carte d'identité d'étranger » depuis un décret d'[4] mais elle ne concerne pas les Juifs denationalité française. Pour faciliter le contrôle de la population et la mise en œuvre de ce type de mesures, lerégime de Vichy ordonne donc par la loi du[5] que tout Français âgé de plus de seize ans justifie de son identité par la production d'une carte d'identité appelée la « carte d'identité de Français »[6],[7].
L'exigence de voir figurer le tampon « Juif » sur les cartes d'identité est rappelée en. LaFeldkommandantur 748 deRennes adresse en effet un courrier enallemand daté du à lapréfecture desCôte-du-Nord ainsi traduit par les services de la préfecture :« Le Militärbefehlshaber en France avait ordonné que les cartes d'identité des juifs doivent porter un cachet rouge de 1cm5 x 3cm5 avec la mention "juif" ou "juive". Il est arrivé à plusieurs reprises que ce cachet n'a pas été apposé. Je vous prie de faire en sorte que l'apposition du cachet sur les cartes d'identité de tous les juifs ait lieu immédiatement et sans délai, si toutefois cela n'a pas déjà été fait »[2].
Fausse carte d'identité d'Esther Gorinsztejn sous le nom d'Esther Gorintin, 1944.
On trouve dans les commissariats, dans les gendarmeries, les préfectures et les mairies des fonctionnaires qui refusent d'accepter cette législation, et fournissent des papiers sans le tampon « Juif » ou des faux papiers[12].
↑La répression de la Résistance en France : Des résistants déportés juifs témoignent, Cercle d'étude de la déportation et de la Shoah-Amicale d'Auschwitz,(ISBN978-2-917828-10-6,lire en ligne),p. 14.
Pierre Piazza,« Rendre visible une sous-citoyenneté : L'apposition de la mention « Juif » », dansHistoire de la carte nationale d'identité, Paris, Odile Jacob,, 462 p.(ISBN2-7381-1406-7),p. 238–243[lire en ligne].