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Tambora

8° 14′ 47″ sud, 117° 57′ 31″ est
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Wikipédia:Bons articles

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Pour les articles homonymes, voirTambora (homonymie).

Tambora
Vue aérienne du Tambora et de sa caldeira formée durant son éruption de 1815.
Vue aérienne du Tambora et de sacaldeira formée durant sonéruption de 1815.
Géographie
Altitude2 850 m[1]
MassifSumbawa
Coordonnées8° 14′ 47″ sud, 117° 57′ 31″ est
Administration
PaysDrapeau de l'IndonésieIndonésie
ProvincePetites îles de la Sonde occidentales
KabupatenBima,Dompu
Ascension
Première1847 par l'expédition deHeinrich Zollinger
Géologie
Âge43 000-57 000 ans
RochesTrachyandésite,trachybasalte
TypeVolcan desubduction
MorphologieStratovolcan
ActivitéActif
DernièreéruptionVers 1967
CodeGVP264040
ObservatoireCentre de volcanologie et de réduction des catastrophes géologiques
Géolocalisation sur la carte :Indonésie
(Voir situation sur carte : Indonésie)
Tambora
Tambora
Géolocalisation sur la carte :petites îles de la Sonde
(Voir situation sur carte : petites îles de la Sonde)
Tambora
Tambora
Géolocalisation sur la carte :petites îles de la Sonde occidentales
(Voir situation sur carte : petites îles de la Sonde occidentales)
Tambora
Tambora
Géolocalisation sur la carte :Sumbawa
(Voir situation sur carte : Sumbawa)
Tambora
Tambora
modifier 

LeTambora, enindonésienGunung Tambora, est unstratovolcan actif qui forme lapéninsule de Sanggar de l'île de Sumbawa, dans l'archipel desPetites îles de la Sonde, enIndonésie. Il culmine à 2 850 m d'altitude mais avant l'éruption de1815, qui a formé unecaldeira de près de 6 km de diamètre et 1 110 m de profondeur, il s'élevait à une altitude d'environ 4 300 m. Le volcan se situe à340 kilomètres au nord de lafosse de la Sonde, une deszones sismiques les plus actives de la planète, et constitue un des éléments de lachaîne volcanique de la Sonde qui compte des dizaines devolcans actifs tels que leKrakatoa. Le Tambora est âgé d'environ 50 000 ans ; seslaves sont très diversifiées, ce qui est typique des zones desubduction, avec des compositions chimiques semblables à celles dumont Rinjani sur l'île voisine deLombok. Seséruptions peuvent ainsi être aussi bieneffusives qu'explosives.

L'éruption de 1815 est la plus violenteéruption volcanique connue dans les temps historiques, et surtout la plus meurtrière avec au moins 90 000 morts. Elle entraîna des perturbations climatiques telles que l'année 1816 est connue dans l'hémisphère nord comme l'année sans été. Les récoltes furent catastrophiques, et unefamine frappa certaines régions d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord. À l'échelle mondiale le nombre de victimes des conséquences de l'éruption est estimé à 200 000 personnes. Les fouillesarchéologiques montrent que l'éruption mit définitivement fin à la culture de Tambora, une culture autochtone florissante qui commerçait avec toute l'Asie du Sud-Est.

Aujourd'hui la péninsule de Sanggar reste peu peuplée et abrite une importantebiodiversité et desécosystèmes variés. En 2015 est créé leparc national du Mont Tambora pour protéger 716 km2 deforêt tropicale et deprairies d'altitude sur les flancs du volcan. L'activité du volcan est surveillée par des observatoiressismologiques afin de prévenir toute nouvelle catastrophe. En effet, le volcan montre quelques signes d'activité de temps à autre, marqués par de petites éruptions, notamment en 1967 et en 2011.

Géographie

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Situation

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Image en couleur du volcan entouré par la mer. Au centre de l'image la caldeira circulaire est nettement visible.
Image satellite du Tambora au centre de lapéninsule de Sanggar.

Le Tambora, également appelé Tomboro[2], est situé dans le nord de l'île deSumbawa, qui fait partie desPetites îles de la Sonde[1]. Ces dernières constituent la partie sud-est de l'arc volcaniqueindonésien. Le Tambora forme lapéninsule de Sanggar, longue de 60 km et large de 20 à 40 km. Elle est bordée au nord par lamer de Florès[3] et séparée du sud et de l'ouest de l'île par labaie de Saleh mesurant environ 80 km de long et 30 km de large[4].

Les environs immédiats du volcan sont entourés par quelques villages : Sanggar à l'est, Doro Peti et Pesanggrahan au nord-ouest, Calabai à l'ouest. Plus loin vers l'est, à une cinquantaine de kilomètres du cratère, se trouvent les villes deDompu et deBima[5].

Topographie

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Levolcan forme un cône dont la base fait 60 km de diamètre, ce qui est plus large que la péninsule de Sanggar, la base se trouvant sous leniveau de la mer. Le sommet ducône volcanique est tronqué et occupé par unecaldeira de 6 km de diamètre. Le point le plus haut du volcan se trouve sur le rebord occidental de la caldeira, à 2 850 m d'altitude[1].

Géologie

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Contexte et formation

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Carte couleur montrant les frontières de plaques tectoniques dont la zone de subduction de la Sonde, en forme d'arc.
Contexte tectonique de la région (l'île de Sumbawa est située sous la flèche du numéro 11).

L'île de Sumbawa fait partie de l'archipel volcanique de la Sonde constitué deséries calco-alcalines dont les plus anciennes datent duMiocène inférieur[6]. Cet arc volcanique est formé par lasubduction vers le nord de laplaque tectonique australienne sous laplaque de la Sonde, à une vitesse de 7,8 cm par an[7]. La partie orientale de Sumbawa, à laquelle se rattache la péninsule de Sanggar, est constituée de laves et de brèches volcaniques d'âge miocène :basaltes,andésites,dacites,diorites,trachytes,syénites. Au nord de l'île, ces unités sont recouvertes par les produits volcaniques récents du Tambora et duSangeang Api :lapilli,lahars,scories etbombes volcaniques. Les principales structures géologiques sont d'orientation NO-SE et NE-SO[6].

Le Tambora est situé sur la plaque de la Sonde, à 340 km au nord de lafosse de la Sonde, qui marque la limite entre les plaques australiennes et de la Sonde, et environ 180 km à l'aplomb de la plaque australienne subductée. Celle-ci étant constituée decroûte océanique, elle détermine la nature des laves arrivant dans la chambre magmatique etin fine le type d'éruption[8].

Les estimations de l'âge du début de l'activité volcanique du Tambora vont de 57 000[4] à 43 000 ans[9]. L'activité volcanique du Tambora alimente une grandechambre magmatique préexistante sous l'île de Sumbawa. L'île de Moyo s'est également formée dans le cadre de ce processus géologique au cours duquel la baie de Saleh est apparue pour la première fois il y a environ 25 000 ans[4].

Pétrologie et géochimie

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Photographie couleur montrant un mille-feuille de fines couches de roche brunâtre. Plus loin un sommet de montagne apparaît.
Couches detéphra près du sommet du Tambora visible en arrière-plan.

Le Tambora peut aussi bien connaître deséruptions effusives qu'explosives. Il produit destrachybasaltes et destrachyandésites riches enpotassium. Ces roches volcaniques contiennent desphénocristaux d'apatite, debiotite, declinopyroxène, deleucite, demagnétite, d'olivine et deplagioclase, la composition exacte des phénocristaux variant d'un type de roche à l'autre[1]. L'orthopyroxène est absent des trachyandésites du Tambora. L'olivine est surtout présente dans les roches contenant moins de 53 % desilice, tandis qu'elle est absente des roches volcaniques plus riches en celle-ci, caractérisées par la présence de phénocristaux de biotite[10]. Lesséries mafiques contiennent également de la magnétitetitanique et les trachybasaltes sont dominés par des plagioclases riches enanorthosite[10]. Lerubidium, lestrontium et lepentoxyde de phosphore sont particulièrement présents dans les laves du Tambora, bien plus que dans les laves comparables dumont Rinjani voisin. Les laves du Tambora sont légèrement enrichies enzircon par rapport à celles du Rinjani[10].

Lemagma impliqué dans l'éruption de 1815 provient dumanteau avec des contaminations lors de sa remontée par dessédiments et autres roches issues de la fusion de lacroûte subductée. La composition du magma porte l'empreinte de processus decristallisation fractionnée dans les chambres magmatiques[9]. Les rapports87Sr/86Sr mesurés au Tambora sont similaires à ceux du mont Rinjani plus à l'ouest, mais montrent des valeurs inférieures à celles mesurées auSangeang Api plus à l'est[8]. Les niveaux de potassium des roches issues du Tambora dépassent 3 %, ce qui les place dans la gamme desshoshonites pour lesséries alcalines[11].

Depuis l'éruption de 1815, les dépôts les plus bas sont constitués de séquences superposées de lave et de matériauxpyroclastiques. Environ 40 % des couches sont représentées par des coulées de lave d'un à quatre mètres d'épaisseur et le reste par d'épaisses couches descories et par les produits d'altération des coulées de lave[12]. Dans les dépôts supérieurs, la lave est intercalée avec des scories, destufs, descoulées pyroclastiques et des retombées pyroclastiques[12]. Le Tambora compte au moins vingt cônes volcaniques secondaires[7] ainsi que desdômes de lave, dont le Doro Afi Toi, le Kadiendi Nae, le Molo et le Tahe[2]. Ces évents secondaires produisent principalement des coulées de lavebasaltique[7].

Climat

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Photographie en couleur d'un rivage couvert de forêts avec derrière la mer. En arrière plan une grande montagne domine le paysage.
Vue du Tambora dominant labaie de Saleh.

Le climat des Petites îles de la Sonde est de typetropical, influencé par lesalizés et lamousson asiatique. L'année est rythmée par lasaison des pluies, de novembre à mars, et lasaison sèche, d'avril à octobre. De plus le relief montagneux influence fortement le climat à l'échelle locale. Les versantssous le vent etau vent de la mousson montrent des disparités depluviométrie, ce qui influe sur le couvert végétal[13]. La pluviométrie moyenne dans les plaines au pied du volcan est de 1 000 mm/an tandis que les reliefs reçoivent jusqu'à 3 500 mm/an[14].

L'importance du relief structure également le climat. De la base au sommet du volcan, il évolue d'un climat tropical humide vers unclimat montagnard[13].

Faune et flore

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Flore

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Photorgaphie montrant un homme marchant dans la montagne au milieu d'herbes hautes. Plus loin dans un vallon se trouve une forêt, puis une autre crête recouverte d'herbes.
Paysage de prairies et de forêts sur les flancs du Tambora.

Après la dévastatriceéruption de 1815, la vie sur les flancs du volcan est repartie de zéro. Les scientifiques estiment qu'il a fallu environ un siècle pour que lesécosystèmes se rétablissent[15].

Une équipe dirigée par lebotaniste suisseHeinrich Zollinger arrive à Sumbawa en 1847. Zollinger et ses équipiers sont les premiers à revenir dans la zone de la caldeira depuis la catastrophe32 ans plus tôt. Le paysage est encore dévasté. Au cours de son ascension vers le sommet, dont s'échappe encore de la fumée, ses pieds s'enfoncent à plusieurs reprises à travers une fine croûte superficielle, refroidie et solidifiée, recouvrant une couche plus chaude desoufre pulvérulent. La végétation commence à repousser par endroits, y compris des arbres sur les pentes inférieures. Lors de l'ascension, une forêt deCasuarina est observée entre 2 200 et 2 550 mètres d'altitude, ainsi que plusieurs prairies d'Imperata cylindrica[14].

La réinstallation des habitants commence en 1907, ce qui va modifier le paysage avec notamment desplantations de café près du village de Pekat sur le versant nord-ouest. Dans les années 1930 uneforêt tropicale dense deDuabanga moluccana s'est développée entre 1 000 et 2 800 mètres d'altitude et recouvre une superficie de80 000 hectares. Cette forêt tropicale est explorée par une équipe néerlandaise, dirigée par Koster et de Voogd en 1933. D'après leurs récits, ils entament leur voyage dans un « pays assez stérile, sec et chaud » avant d'entrer, sur les premières pentes, dans une « jungle imposante » avec d'« énormes et majestueux géants de la forêt ». À 1 100 mètres d'altitude, la végétation devient plus arbustive. Au-dessus de 1 800 mètres, ils trouvent des plantes à fleursDodonaea viscosa accompagnées par desCasuarina. Au sommet de la montagne poussent de façon clairsemée desLeontopodium (en) et desWahlenbergia[16].

Aujourd'hui, les pentes les plus basses du volcan sont occupées par uneforêt tropicale humide au nord-ouest (direction des vents de mousson) tandis que le flanc sud-est est occupé par unesavane arborée. Avec l'altitude la végétation évolue vers unebrousse plus ou moins dense. Lesprairies d'altitude se multiplient vers la zone sommitale[14].

Faune

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Une étude zoologique réalisée en 1896 recensait56 espèces d'oiseaux, principalement desZosteropidae. Depuis, de nombreuses autres études ont suivi et de nos jours plus de90 espèces d'oiseaux sont identifiées, parmi lesquelles lecacatoès soufré (Cacatua sulphurea), laperruche de Geoffroy (Geoffroyus geoffroyi), lemainate religieux (Gracula religiosa), lecoq de Java (Gallus varius), leloriquet arc-en-ciel (Trichoglossus moluccanus), lemilan sacré (Haliastur indus), lacrécerelle d'Australie (Falco cenchroides), ledrongo de la Sonde (Dicrurus densus), lezostérops à lunettes jaunes (Zosterops wallacei) et desgrives asiatiques (Zoothera sp.)[14].

Les savanes et forêts entourant le Tambora abritent également descervidés comme lecerf rusa (Cervus timorensis), desbuffles domestiques (Bubalus bubalis), descochons marrons (Sus domesticus), desmacaques crabiers (Macaca fascicularis), plusieurs espèces dechauves-souris[16], ainsi que diverses espèces dereptiles dont levaran malais (Varanus salvator) et lepython tapis (Morelia spilota)[17].

Certaines espèces d'oiseaux comme les loriquets ou les cacatoès sont chassées illégalement par la population locale pour letrafic d'animaux exotiques. D'autres espèces sont chassées traditionnellement pour la consommation de viande comme lemégapode de Reinwardt (Megapodius reinwardt). Ces activités entraînent un déclin des populations d'oiseaux. Ainsi, le petit cacatoès à huppe jaune est proche de l'extinction sur l'île de Sumbawa[14].

Histoire

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Histoire éruptive

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Avant 1815

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Carte physique de Java et îles de la Sonde.
Carte topographique de l'alignement de volcans de l'arc de la Sonde, duKrakatoa à l'ouest jusqu'au Tambora à l'est.

Ladatation au carbone 14 a permis d'identifier troiséruptions au Tambora au cours de l'Holocène (12 000 ans à aujourd'hui) avant celle catastrophique de 1815. Leurs dates estimées sont 3910av. J.-C. ±200 ans, 3050av. J.-C. et 740apr. J.-C. ±150 ans[2], mais leur ampleur n'est pas connue.

Les roches les plus anciennes connues correspondent à descoulées de lave ayant rempli unecaldeira antérieure à partir de 43 000 ans avant notre ère (ce qui indique donc une éruption majeure avant cette date). Les roches antérieures à 1815 les plus récentes visibles au niveau de la caldeira sont organisées en deux formations correspondant à des alternances de retombées de téphra et de nuées ardentes : Black Sands et Brown Tuff. Cette dernière s'est mise en place entre 3895av. J.-C. et 800apr. J.-C., ce qui souligne une période d'inactivité totale du volcan pendant 1 000 ans, avant l'éruption de 1815[9].

Éruption de 1815

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Article détaillé :Éruption du Tambora en 1815.
Carte de l'Indonésie montrant des cercles concentriques pour les différentes épaisseurs, de 1 cm à 1 m.
Carte des épaisseurs des retombées decendre en 1815.

À partir de 1812, le Tambora devient modérément actif pendant plusieurs années avant d'atteindre une intensité éruptive maximale en. La magnitude atteinte est de 7 sur l'échelle de l'indice d'explosivité volcanique (VEI), avec un volume total d'éjecta et detéphra estimé à 180 km3[18]. Cette phase paroxysmique comprend des éruptions explosives du cratère principal, descoulées pyroclastiques, l'émission d'unpanache volcanique jusqu'à 43 km d'altitude, et l'effondrement du sommet du volcan pour former la caldeira actuelle. L'altitude du volcan passe de4 300 à 2 850 m. L'activité volcanique cesse le[16].

L'éruption du Tambora en 1815 est considérée par certainsvolcanologues comme la plus violente des temps historiques, devant celle du volcan de l'ancienne île deSantorin, situé enGrèce, en1610av. J.-C., et celle du volcanTaupo, situé enNouvelle-Zélande, en 230[15]. Pour d'autres, d'après des études récentes,l'éruption en 1257 duSamalas, autre volcan indonésien, serait encore plus forte[19]. L'éruption du Tambora a une puissance surpassant de dix mille fois celles desbombes A d'Hiroshima et de Nagasaki réunies[20]. Les explosions du volcan sont entendues à plus de 1 400 km de distance. Destsunamis s'abattent sur les îles alentour jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres de distance. L'éruption même du volcan tue environ 92 000 personnes sur les îles de Sumbawa, Lombok et Bali[3]. Sur ces îles, une obscurité presque complète est engendrée pendant plusieurs jours par les poussières en suspension dans l'atmosphère ; l'eau est contaminée par les cendres et devient impropre à la consommation[21].

L'éruption a d'importantes conséquences climatiques sur le plan mondial. Elle est à l'origine de l'« année sans été » de 1816, due à unhiver volcanique qui ruine les récoltes dans leszones tempérées de l'hémisphère nord. Celui-ci engendre desfamines dans de nombreux pays dont laChine, laFrance, l'Italie, l'Allemagne, leRoyaume-Uni, ou encore lesÉtats-Unis et leCanada, qui font plus de 200 000 victimes. Des chutes deneige se produisent en plein été àPékin, sur la côte nord-est des États-Unis (Maine,Massachusetts), en Italie et enHongrie. EnEurope de l'Ouest des pluies torrentielles provoquent des inondations[22],[21],[3]. À l'échelle mondiale, la poussière et les aérosols du volcan restent présents dans l'atmosphère pendant trois ans[23].

Image montrant de la fumée s'échappant d'un volcan et en contre-bas plusieurs personnes qui fuient en courant. Au premier plan, un homme porte un mouton sur ses épaules et une fillette apeurée se trouve dans les bras de sa mère.
Timbre indonésien commémorant les200 ans de l'éruption de 1815.

Une étude scientifique de 2023 réévalue l'importance de l'éruption et confirme que les conséquences sur le climat sont en grande partie liées à l'émission de plus147 millions de tonnes dedioxyde de soufre dans lastratosphère. Cette nouvelle estimation fait de l'éruption de 1815 la plus importante depuis 2 000 ans quant à la quantité de dioxyde de soufre dégazée[24].

Après 1815

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L'activité reprend en, marquée par une petite éruption avec des gaz brûlants et quelques répliques explosives, considérée comme faisant partie de l'éruption majeure de 1815[3]. Cette petite éruption tardive est estimée à 2 sur l'échelle VEI[2].

Vers 1880, des éruptions sont observées à l'intérieur de la caldeira du Tambora[2], qui créent de petites coulées de lave et des extrusions de dômes de lave. Elles sont estimées à 2 sur l'échelle VEI. Cette série d'éruptions crée un nouveau cône nommé Doro Api Toi à l'intérieur de la caldeira[12].

Au cours desXIXe et XXe siècles, le Tambora reste actif, des coulées de lave de faible ampleur et des dômes étant observés dans le fond de la caldeira[2]. La dernière éruption officiellement enregistrée date de 1967. Cependant, il s'agit d'une éruption très modeste avec un indice de 0 sur l'échelle VEI, ce qui signifie qu'elle n'est pas explosive[25]. En avril 2011, sont signalées une activité sismique faible bien qu'en augmentation, consistant en de petites secousses, ainsi que quelques émissions de fumées dans la caldeira[22]. En août, le niveau d'alerte dans la zone autour du volcan est relevé deI àII[26]. Ceci entraîne un début d'exode de la population locale, qui revient sur place une fois le volcan calmé et l'alerte levée[27].

Culture de Tambora

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Cartes de relief en couleur.
Comparaison à la même échelle des cartes topographiques du Tambora (image principale) et duVésuve en Italie (encart en haut à droite).

La culture autochtone dite « de Tambora » est complètement anéantie par l'éruption de 1815. Son existence et sa spécificité sont découvertes seulement en 2004 lors defouilles archéologiques menées par une équipe mixte dirigée parHaraldur Sigurðsson et composée de scientifiques de l'université de Rhode Island, de l'université de Caroline du Nord à Wilmington et de la Direction indonésienne de la volcanologie. L'équipe met au jour des traces d'habitation à environ 25 km à l'ouest de la caldeira et à 5 km du rivage, en plein milieu de la jungle. Pour cela il faut creuser dans des dépôts deponce et decendre volcanique de trois mètres d'épaisseur, accumulés lors de l'éruption de 1815[28].

Les ruines d'une maison contenant lesossements de deux adultes, des bols enbronze, des pots encéramique, des outils enfer et d'autres artefacts sont localisées à l'aide d'ungéoradar avant d'être excavés[28]. Des tests en laboratoire révèlent que les objets ont été carbonisés par la chaleur intense, ce qui confirme la destruction du site par l'éruption. Sigurðsson qualifie cette découverte de « Pompéi de l'Orient »[29], les médias parlent du « royaume perdu de Tambora »[30].

L'origine de laculture de Tambora reste énigmatique. De nombreux villages de la région se sont convertis à l'islam auXVIIe siècle, mais les structures découvertes jusqu'à présent ne montrent pas d'influence islamique[30]. Sur la base des artefacts trouvés, tels que des objets en bronze et de laporcelaine finement décorée probablement d'origineviêt oukhmère, les chercheurs concluent que les habitants sont des commerçants aisés[30]. Avant l'éruption, les habitants de Sumbawa sont connus enAsie du Sud-Est pour leurs chevaux, leur miel, leurbois rouge (pour la teinture) et leurbois de santal (pour l'encens et la médecine). La région est alors très productive sur le planagricole[28]. D'autres investigations au géoradar mettent en évidence, sous l'épaisse couche de dépôts volcaniques, un paysage agricole largement modelé par les populations humaines et dominé par descultures en terrasses[31].

La langue parlée par le peuple de Tambora a également disparu avec l'éruption. Leslinguistes ayant examiné les données lexicales disponibles, répertoriées dans certains écrits ayant survécu à la catastrophe, établissent que letambora n'est pas unelangue austronésienne, comme on aurait pu s'y attendre dans cette région, mais soit unisolat linguistique, soit plus probablement unelangue papoue dont la famille linguistique d'origine se situe500 kilomètres plus à l'est. Ceci conforte la thèse d'une population de Tambora différente du reste de l'île de Sumbawa et constituée de marchands et navigateurs[32].

Activités

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Agriculture

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Photographie couleur d'une plaine herbeuse parsemée d'arbres, avec un troupeau de buffles. En arrière-plan s'élève la silhouette du Tambora.
Savane et bétail au pied du Tambora.

La région du Tambora étant peu peuplée et rurale, l'agriculture reste la première activité avec principalement lariziculture ainsi qu'occasionnellement l'élevage debétail dans les savanes. Il y a également des plantations d'anacardiers et decaféiers sur les basses pentes du volcan, principalement au nord-ouest[5].

Tourisme

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La région est peu touristique mais le gouvernement cherche à développer ce secteur en se concentrant sur larandonnée et lessports de pleine nature[16].

Protection environnementale

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Dessin couleur montrant un volcan bleu sombre avec un grand cratère blanc, un sapin sur son flanc, un cerf bondissant au premier plan dans des herbes vertes et jaunes.
Logo duparc national du Mont Tambora.

Une concession d'exploitation forestière située sur les pentes du Tambora est accordée par le gouvernement en 1972, ce qui constitue une menace pour la forêt tropicale à long terme. Cette concession pour la coupe de bois représente une superficie de20 000 hectares, soit 25 % de la superficie totale de la forêt du Tambora. Par ailleurs, une autre partie de la forêt tropicale est utilisée comme terrain de chasse. Entre les deux se trouve alors uneréserve naturelle abritant de nombreux animaux sauvages[16].

En 2015, soit exactement200 ans après l'éruption destructrice, la réserve naturelle et la réserve de chasse fusionnent pour former un nouveauparc national indonésien[33]. Leparc national du Mont Tambora couvre 716 km2. En 2017, la zone de conservation se voit également attribuer le statut degéoparc[34].

Recherche scientifique

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La région du Tambora attire des scientifiques du monde entier, spécialistes ensismologie,volcanologie,archéologie etbiologie[16]. Deux chemins d'accès à la caldeira sont possibles. Le premier depuis Doro Mboha au sud-est, d'abord en voiture puis par environ une heure de marche. C'est souvent le camp de base pour les activités scientifiques. Le second accès se fait depuis Pancasila au nord-ouest, entièrement à pied et nécessite14 heures de marche[5].

Évaluation et prévention des risques

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Photographie couleur d'une plaine caillouteuse entourée de falaises rocheuses. Des fumées blanches s'échappent du sol.
Vue du fond de la caldeira du Tambora avec desfumerolles.

Depuis 1815, la population indonésienne a augmenté significativement ; sans mesure de prévention une éruption similaire aujourd'hui ferait potentiellement beaucoup plus de victimes[35]. En 2020, le pays compte270 millions d'habitants, dont 56 % concentrés sur l'île deJava qui se trouve relativement proche[36]. Un événement aussi important que l'éruption de 1815 aurait un impact dévastateur sur environ8 millions de personnes[35].

L'activité sismique du Tambora est surveillée par la Direction de la volcanologie et de la prévention des risques géologiques qui maintient un réseau national en Indonésie. La station de surveillance du Tambora est située dans le village de Doro Peti au nord-ouest du volcan et se concentre sur l'activité sismique et tectonique du volcan à l'aide desismomètres[5]. Il n'y a pas eu d'augmentation significative de l'activité sismique depuis l'éruption de 1880. Une surveillance continue est également effectuée par des observations directes à l'intérieur de la caldeira, en particulier sur le cône secondaire Doro Api Toi affecté par desfumerolles etsolfatares[37].

La Direction a créé unplan de prévention des risques pour le Tambora, qui désigne deux zones en cas d'éruption : une zone de danger et une zone de prudence. La zone de danger identifie les périmètres qui seraient directement touchés par les nuées ardentes, les coulées de lave ou les chutes d'éjectas. Elle comprend des périmètres tels que la caldeira et ses environs, soit une étendue de 58,7 kilomètres carrés où il est interdit d'habiter. La zone de prudence est constituée de terres susceptibles d'être indirectement affectées par les lahars et autres chutes de pierres ponces. La zone de prudence s'étend sur 185 kilomètres carrés ; elle est habitée, comprenant les villages de Pasanggrahan, Doro Peti, Rao, Labuan Kenanga, Gubu Ponda, Kawindana Toi et Hoddo. La rivière Guwu, située dans les parties sud et nord-ouest de la montagne, est également incluse dans la zone de prudence[38].

Image panoramique
Vue panoramique de la caldeira du Tambora en 2017.
Voir le fichier

Honneur

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L'astéroïde(46824) Tamboraporte son nom[39].

Notes et références

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  1. abc etdFoden 1986.
  2. abcde etf(en) « Global Volcanism Program | Tambora », surSmithsonian Institution | Global Volcanism Program(consulté le).
  3. abc etdOppenheimer 2003.
  4. ab etcDegens et Buch 1989.
  5. abc etd(id) Pusat Vulkanologi dan Mitigasi Bencana Geologi (Direction de volcanologie et de prévention des risques géologiques), « TAMBORA, Nusatenggara Barat », surweb.archive.org,(consulté le)
  6. a etb2015.
  7. ab etcSigurðsson et Carey 1989.
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Voir aussi

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Articles connexes

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