Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Talmud

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Talmud
Talmud Babylonien complet.
Format
Partie de
Comprend
Auteur
InconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Basé sur
Œuvre dérivée
Chofetz Chaim(en)
Mishné Torah
Sefer Hamitzvot leRambam
Halachot Gedolot(en)
Hilkhot HaRif(en)
Sefer Mitzvot Gadol(en)
Arbaa Tourim
Choulhan Aroukh
Beit Yossef
Darkhei Moshe(en)
Kesef Mishneh
Michna BerouraVoir et modifier les données sur Wikidata

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Lecteurs du Talmud, tableau à l'huile parAdolf Behrman, début duXXe siècle.
Juifs étudiant le Talmud. Inscription : « Paris ». FinXIXe- débutXXe.
Étude du Talmud àSamarcande, photo du début duXXe siècle.

LeTalmud (hébreu :תַּלְמוּדtalmoud : « étude ») est l'un des textes fondamentaux dujudaïsme rabbinique, dont il constitue aujourd’hui le complément indissociable de laTorah.

Dans le judaïsme rabbinique, on enseigne queMoïse reçut auSinaï laTorah écrite (Torah she‑be‑Khetav) et laTorah orale (Torah she‑be‑al Peh). Longtemps transmise exclusivement de manière orale[1], cette dernière assurait une interprétation vivante et continue de laTorah écrite, indispensable à sa complète compréhension. Après ladestruction du Second Temple, sa mise par écrit devint nécessaire pour en préserver la transmission et structurer l’autorité du courant rabbinique, encore minoritaire.

Rédigé enhébreu mishnaïque et enjudéo-araméen[2], leTalmud désigne l'ensemble formé par laMishna et laGuemara. LaMishna, compilation de laTorah orale, est organisée en six ordres (shisha sedarim, abrégésha’s), eux‑mêmes divisés en 63 traités. LaGuemara est la compilation des discussions desSages, principalement celles desAmoraïm, analysant laMishna en dialogue constant avec laTorah et, plus largement, avec l'ensemble des livres de la Bible hébraïque, leTanakh.

Historiquement, leTalmud est le fruit d’un long processus de rédaction et d’interprétation mené principalement par lesAmoraïm, puis par les couchessavoraïques qui ont fixé le texte. Ce développement s’inscrit dans un paysage juif alors pluriel, où le courant rabbinique coexiste avec d’autres formes dejudaïsme, plus diverses dans leurs pratiques, leurs autorités et leurs expressions culturelles.

Il existe deux Talmuds distincts, leTalmud de Jérusalem et leTalmud de Babylone : tous deux commentent laMishna, mais chacun a développé sa propreGuemara, dans des langues, des méthodes d’étude et des contextes historiques différents. Ensemble, ces corpus constituent la source principale de la « voie à suivre » dite « loi juive » (hébreu : הֲלָכָה,Halakha), devenue le pilier central de l’étude juive. Les deux Talmuds abordent un large éventail de domaines —droit civil etmatrimonial,règles religieuses,éthique,récits et traditions,médecine,sciences,techniques, réflexions philosophiques[3], et même parfois demystique — au moyen de débats et d'analyses menés par lesAmoraïm. Ces discussions, souvent présentées sous forme dialectique, constituent la base de l’interprétation rabbinique et ont façonné la pensée juive pendant des siècles.

LeTalmud de Jérusalem (en hébreuTalmudYerushalmi) est une compilation rédigée dans lesacadémies de Galilée — notamment àTibériade[4],Césarée etSepphoris — entre la fin du IIIᵉ siècle et le début du Vᵉ siècle. SaGuemara restée inachevée et fragmentaire nous est parvenue dans un style concis, parfois abrupt, et sous une forme incomplète. Bien que plusieurs sections aient été perdues, ce corpus couvre l'ensemble des traités de la Mishna. LeYerushalmi est composé dans un contexte depersécutions romaines, puis byzantines, et d'instabilité politique liée au déclin de l'assemblée duSanhédrin et de son patriarche, leNassi. Doté d'une fonction de représentation des Juifs auprès de l'Empire romain depuis laGrande Révolte, le rôle duNassi décline au IIIᵉ siècle[5]. Après la mort deJuda ha-Nassi en 219, compilateur de la Mishna, l’autorité spirituelle se déplace progressivement vers les académies de Babylonie.

LeTalmud de Babylone (en hébreuTalmud Bavli), dont la forme finale est située entre le milieu[6],[7] du VIᵉ siècle et le début[8] du VIIᵉ siècle, est élaboré dans les centres d’étude de ladiaspora mésopotamienne, principalement dans les académies deSoura,Poumbedita etNéhardéa. Les fondations de son analyse furent posées parAbba Arika (Rav), disciple de Juda ha‑Nassi et fondateur de l’académie de Soura. Sa mise en forme est traditionnellement attribuée àRav Ashi, puis àRavina II, dont la mort marque la clôture de l’époque talmudique. LeBavli présente uneGuemara particulièrement développée, caractérisée par des discussions dialectiques, des analyses juridiques approfondies et un recours fréquent aux raisonnements hypothétiques. Grâce à la stabilité relative de laBabylonie sassanide et au prestige croissant de ses académies, il s’est progressivement imposé comme la référence principale du judaïsme rabbinique, tant pour l’étude que pour la détermination de la loi religieuse.

Depuis la clôture de sa compilation, le Talmud a fait l'objet de nombreux commentaires etexégèses. Certains visent à en dégager la matière légale et à en systématiser les décisions, tandis que d’autres prolongent ses discussions en développant sa dimensiondialectique etcasuistique. À partir du Moyen Âge, des commentateurs majeurs commeRachi et lesTossafistes ont façonné la manière dont le texte est étudié, en proposant des lectures qui sont devenues indissociables du Talmud lui‑même. Les siècles suivants ont vu se multiplier les œuvres de codification, de réflexion philosophique ou de commentaire analytique, faisant du Talmud un texte en perpétuelle interprétation. Cette tradition continue d’alimenter l’étude juive jusqu’à aujourd’hui, donnant lieu à de nouvelles éditions critiques, à des approches académiques et à des lectures renouvelées.

Étapes de la formation du Talmud

[modifier |modifier le code]
Cette sectionne cite pas suffisamment ses sources (février 2023)
Pour l'améliorer, ajoutezdes références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle{{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Introduction

[modifier |modifier le code]

Lespharisiens puis lesrabbins, contrairement auxsadducéens puis auxkaraïtes du Moyen Âge, ont toujours affirmé l'existence d'uneTorah orale transmise de génération en génération, de maître à élèves. Pour le judaïsme, il n'est pas possible d'appliquer les préceptes bibliques sans passer par cette tradition orale et l'interprétation que les Sages en ont faite. D'ailleurs, la Torah écrite ordonne d'« écouter les sages de sa génération » (Parachat Choftim,Dévarim chap. 17, versets 8 à 11).

Selon la tradition, cette Torah orale prend son origine avecMoïse lui-même qui, après avoir reçu lesTables de la Loi sur lemont Sinaï et en avoir réalisé plusieurs copies pour les dignitaires, la « transmet » àJosué, qui la transmet à son tour à ses successeurs spirituels et ainsi de suite jusqu’à laGrande Assemblée, ancêtre duSanhédrin[9].

Du point de vue historique et littéraire, elle se développe concurremment à lalittérature apocalyptique,apocryphe oupseudépigraphique du début de l'ère chrétienne qui tente de prolonger le message biblique par l'écrit, tandis que la Torah orale le fait par l’esprit, au moyen d’un enseignement exclusivement oral[10].

Après la deuxièmedestruction du Temple, les successeurs des pharisiens, les docteurs de la Loi, portent désormais le titre derabbi (littéralement « mon maître » en hébreu) et prennent en main le destin de la nation juive. Ils créent un judaïsme (à nouveau) sans Temple et ouvrent des académies àYavné, puis enGalilée, afin de se livrer à un travail d'interprétation de l’Écriture suivant des canons d'herméneutique qui s'affinent progressivement et mettent en ordre les traditions transmises.

Lorsque les circonstances politiques agitant laJudée auIIe siècle menacent la pérennité de cet enseignement, il est décidé de procéder à la mise par écrit de celui-ci. Ces travaux sont consignés dans les recueils ditsMidrachei Halakha, qui offrent des commentaires des textes législatifs de laTorah écrite, la première partie de la Bible hébraïque, soit ce que les chrétiens d'alors appellent lePentateuque, verset par verset.

On considère généralement qu'aux alentours duIer siècle, la rédaction de laMishna est entamée, les lois et leurs interprétations étant organisées non pas dans l'ordre des versets bibliques mais par thème. Elle est clôturée par Rabbi Yehouda Ha-Nassi, aux environs de 200 ap. J.-C. La rédaction du Talmud s'achève elle, aux environs de l'an 500 ap. J.-C[11].

DuIIIe auVe siècle, les rabbins (désormais appelésAmoraïm et non plusTannaïm) se donnent pour tâche d'élucider les textes de la Mishna, de les commenter, d'en rechercher les sources bibliques et d'en concilier les contradictions apparentes, et cela tant en Palestine qu'en Babylonie.

Dans ce corpus, le termetalmud désigne originellement l’un des quatre domaines de lascience juive traditionnelle, à côté de lahalakha (connaissance des lois du judaïsme), de laaggada (exposition d’un ou plusieurs versets bibliques) et dumidrash qui représentent comme lui une forme d’exégèse[12]. Alors que lemidrash prend le texte biblique pour point de départ afin d’en tirer des lois qui, pour en être inspirées, n’y sont pas écrites, letalmud vise à retrouver les versets bibliques dans les lois orales.

Le termetalmud, qui désormais est interchangeable avecguemara (son équivalent araméen) ethalakha, acquiert alors un sens plus large, désignant désormais toute élucidation d’un passage dehalakha par quelque procédé qui soit[13] (comparaison de la clause de la Mishna avec une ou des traditions orales extracanoniques, appelées collectivementBaraïta, élaboration herméneutique…).

Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.
Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.

Cet article concernant lesJuifs et lejudaïsme doit êtrerecyclé().

Une réorganisation et une clarification du contenu paraissent nécessaires.Améliorez-le,discutez des points à améliorer ou précisez les sections à recycler en utilisant{{section à recycler}}.

La Torah orale

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Torah orale.

À l'origine[14], l'étude de laTorah se transmettait oralement. DesSages et des érudits, dont les plus éminents étaient appelésTalmidei Hakhamim avant d'être nommésRabbanim (voirSemikha), élaboraient et débattaient de questions de loi juive, discutant de laTorah et des autres livres de laBible hébraïque (dont ils auraient fixé le canon vers -450) sans bénéficier d'autres sources écrites que les livres bibliques eux-mêmes, la consignation par écrit de la loi orale faisant l'objet d'un interdit[15]. La plus ancienne méthode d'étude et d'enseignement rabbiniques semble avoir été fondée sur lesmidrashim, dans lesquels des discussionshalakhiques étaient structurées sous forme decommentaire exégétique de laTorah écrite ouPentateuque.

Cette situation changea drastiquement du fait de la destruction duSecond Temple de Jérusalem, centre de la vie juive, en 70, et du bouleversement des normes juives sociales et légales. LesRabbanim devant faire face à une nouvelle réalité — un judaïsme ayant perdu son Temple, une Judée ayant perdu sa capitale et son autonomie, mais un enseignement continuant, grâce à sa nature orale, à s'amplifier malgré un nombre de disciples décroissant —, ils durent adapter leur enseignement. C'est au cours de cette période qu'une forme alternative, organisée par thème plutôt que par verset, devint dominante, aux alentours de l'an 200, époque à laquelleRabbi Yehouda HaNassi (Juda le Prince) compila laMishna (משנה).

La Mishna

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Mishna.
Daté duXIIe siècle, le « manuscrit de Kaufmann » est la plus ancienne copie de la Mishna ; il a servi de référence pour les éditions ultérieures

LaMishna (משנה) est une compilation d'opinions et de débats sur la loi. Son nom signifie « répétition » ou « enseignement » ; il est dérivé de la racine hébraïqueshanah (שנה), qui possède ces deux significations. Ce nom pourrait faire référence à la méthode de mémorisation orale des discours rabbiniques.

La Mishna est écrite dans un style direct, souvent laconique, rapportant brièvement les opinions des Sages, le plus souvent desRabbanim, débattant d'un sujet ; elle présente parfois un simple décret anonyme, représentant apparemment unconsensus. Il arrive qu'elle rapporte un incident ou une anecdote dont les conclusions ont également force de loi, ou sont le départ d'une nouvelle discussion. Les docteurs de la Mishna sont appelésTannaim (pluriel deTanna תנא, le ת se substituant au ש enjudéo-araméen).

Comme elle présente ses lois par ordre thématique plutôt que selon celui des versets de la Bible, la Mishna s'étend sur des sujets individuels plus longuement que ne le fait leMidrash, et inclut une plus grande sélection de sujets halakhiques que lui. Son organisation topique est donc devenue le cadre de travail du Talmud.

La Mishna consiste en six ordres (héb. סדריםsedarim, pluriel deseder). Chacun de ces six ordres contient entre sept et douze traités, appelésmassekhtot (pluriel demassekhet מסכת ;litt. « toile »). Chaquemassekhet est divisée en chapitres (peraqim) composés d'un nombre variable d'articles, appelésmishnayot (pluriel demishna, avec une minuscule en français pour la distinguer du grand-œuvre). Tous les traités mishnaïques ne possèdent pas forcément uneGuemara correspondante. De plus, l'ordre des traités dans le Talmud peut différer de celui qui avait été établi dans la Mishna, lorsqu'un traité a été jugé plus important qu'un autre.

Les sixsedarim de la Mishna sont, par ordre :Zeraïm (« Graines »), onze traités, qui traitent des prières etbénédictions, de la dîme, et des lois concernant l'agriculture ;Moëd (« Festivals »), douze traités, qui exposent les lois duchabat et desfêtes ;Nashim (« Femmes »), sept traités, qui concernent le mariage, y compris le mariagelévirat, le divorce, certaines formes de vœux et les lois dunazirite ;Nezikin (« Dommages »), dix traités, qui traitent des lois civiles et criminelles, du fonctionnement des tribunaux et des serments,Kodashim (« Choses saintes »), onze traités qui se rapportent auxrites sacrificiels, auTemple, et aux lois alimentaires ;Taharot ou Tohorot (« Pureté »), douze traités qui se penchent sur les lois de pureté rituelle.

La Baraïta

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Baraïta.

Outre la Mishna, les Tannaim ont produit d'autres travaux concomitamment, ou peu après. La Guemara se réfère fréquemment à ces ouvrages ou à des citations de ceux-ci afin de les comparer avec ceux que la Mishna a retenus, et afin d'appuyer ou d'infirmer les positions de tel ou teldocteur de la Guemara. De telles sources tannaïtiques non mishnaïques sont appeléesbaraïtot (lit. « matériel extérieur », « œuvres externes à la Mishna » ; pluriel debaraïta ברייתא).

La Baraïta inclut laTosefta, uncompendium tannaïtique dehalakhot parallèles à la Mishna; lesmidrashim halakhiques, en particulier laMekhilta, lesSifra etSifre ; des œuvres comme laMeguilat Taanit ; et d'autres qui sont seulement connues que par des citations dans le Talmud.

La Guemara

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Guemara.

Au cours des trois siècles suivant la rédaction de la Mishna, les sages desécoles talmudiques en terre d'Israël et en Babylonie analysèrent, débattirent et discutèrent de ce travail. Ces discussions forment la Guemara (judéo-araméen : גמרא, « complétion », de l'hébreu גמרgamar, « compléter » - ou « étude », et en ce cas, équivalent araméen deTalmud). La Guemara se concentre principalement sur l'élucidation et l'élaboration des opinions des Tannaim. Les rédacteurs de la Guémara sont appelésAmoraïm (singulierAmora אמורא).

Une bonne partie de la Guemara consiste en une analyse légale. Le point de départ de l'analyse est habituellement une Mishna, dont chaque membre de phrase est décortiqué, analysé et comparé à d'autres déclarations dans unéchange dialectique entre deux « disputateurs » (souvent anonymes et parfois métaphoriques), lemakchan (questionneur) et letartsan (celui qui répond).

Une autre fonction importante de la Guemara est l'identification du verset biblique ayant servi de base à la loi présentée dans la Mishna, et du processus logique reliant les deux : cette activité était connue commeTalmud longtemps avant l'existence du corpus du « Talmud ».

Ces échanges forment les « blocs de construction » de la Guemara ; on les appellesouguiyot (סוגיות ; pluriel de סוגיאsouguia). Unesouguia comprend typiquement une élaboration basée sur des preuves d'une mishna.

Dans unesouguiya donnée, des versets et des enseignements rapportés au nom de Tannaïm ou d'Amoraïm sont confrontés afin de soutenir les diverses opinions. Ce faisant, la Guemara rapporte desdésaccords sémantiques entre Tannaïm et Amoraïm (qui rapportent souvent à une autorité antérieure une opinion pour la façon dont elle a résolu la question), et compare les passages de la Mishna avec ceux de laBaraïta. Les débats sont rarement formellement clos ; en de nombreux cas, le dernier mot détermine la pratique de la loi, mais il y a de nombreuses exceptions à ce principe.

La Halakha et la Aggada

[modifier |modifier le code]
Articles détaillés :Halakha etAggada.

Le Talmud est une somme, contenant un vaste matériel et abordant une importante quantité de sujets.

Le matériel talmudique est traditionnellement classé en deux grandes catégories,halakha etaggada.

Lahalakha (hébreu : הלכה « cheminement », dans les voies de Dieu) comprend les parties normatives du Talmud, qui se rapportent de façon directe aux questions de loi et de pratique juives, tandis que les parties non normatives, mais narratives, édifiantes ou explicatives, dont lesparaboles, lesaphorismes et les considérations éthiques ou historiques, constituent laAggada (judéo-araméen: אגדה, « narration », « récit » ; hébreuhaggada, הגדה). La Aggada comprend également les exégèses bibliques des Sages, souvent « libres », tant par rapport à l'esprit du verset qu'à sa forme[16], estimant que le sens de la Bible se situe précisément à l'intersection du texte et de sa perception par ses lecteurs.

La frontière entre Aggada et Halakha n'est cependant pas étanche, une Aggada pouvant servir à situer le contexte, fournir un exemple, préciser le champ d'application, etc., de la Halakha. Elle peut également avoir un rôle pédagogique, le maître commençant par une bonne histoire, voire une histoire drôle, afin de stimuler l'attention de son auditoire.

Talmud de Jérusalem et de Babylone

[modifier |modifier le code]

La Guémara se fit dans les deux grands centres de l'érudition juive de l'époque, laterre d'Israël (plus précisément, laGalilée) et le reste duMoyen-Orient, appelé dans la tradition juiveBabylonie. Dans chacun de ces deux centres, un corpus d'analyse distinct se développa et il en résulta deux Talmuds.

La première compilation réalisée fut celle des académiesgaliléennes auIVe siècle, et porte le nom deTalmud Yérouchalmi (« Talmud de Jérusalem »). LeTalmud Bavli (« Talmud de Babylone ») fut achevé auVIe siècle, bien qu'il ait continué à être édité ensuite.

Lorsqu'on parle du « Talmud » sans autre spécification, on fait habituellement référence à celui de Babylone, une habitude attribuable, selonHeinrich Graetz, au commentaire qu'en fitRachi.

Le Talmud de Jérusalem

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Talmud de Jérusalem.
Un feuillet d'un manuscrit médiéval du Talmud de Jérusalem, conservé dans laGuéniza du Caire.

Le Talmud de Jérusalem fut compilé dans l'académietibérienne deYohanan ben Nappaha. Le nom de « Jérusalem » a été attribué par desdirecteurs d'académie babylonienne ultérieurs, mais auIIe siècle la ville même de Jérusalem avait été fermée aux Juifs par lesRomains, de sorte qu'on l'a appelé de façon plus correcteTalmud Eretz Israël (« Talmud de la terre d'Israël » ouTalmud de Palestine jusqu'à l'apparition auXXe siècle de l'antagonisme entre juifs et musulmans). Il rassemble les enseignements des écoles de Tibériade,Sepphoris etCésarée. Le dialecte araméen occidental qu'il emploie diffère sensiblement de celui du Talmud dit « babylonien ».

Ce Talmud est un synopsis de l'analyse de la Mishna développé pendant deux siècles dans les académies galiléennes. Vivant en terre d'Israël, les Sages de ces académies s'intéressent fortement aux lois de l'agriculture du pays. Ce Talmud a surtout été étudié et suivi en milieujudéo-grec, aujourd'hui quasi-disparu.

Article détaillé :Judaïsme hellénistique.

La tradition attribue la rédaction de ce Talmud à Rav Mouna et Rav Yossi en 350. Il fut probablement achevé vers la fin duIVe siècle, mais les rédacteurs qui le menèrent à sa forme actuelle ne peuvent être connus avec certitude. Au temps de sa clôture, lechristianisme était devenu la religion d'État de l'empire romain etJérusalem la cité sainte de la chrétienté. En 325,Constantin, le premier empereur chrétien déclara ne vouloir avoir « aucun commerce avec ce peuple odieux »[17]. Il intensifia donc les actions visant à ostraciser et paupériser les Juifs. L'état d'incomplétion du Talmud de Jérusalem est ainsi tributaire de ces circonstances historiques, ses artisans manquant de temps pour lui donner de la cohérence ou un cachet de qualité. De plus, tout effort ultérieur devait être annihilé lorsqueThéodose II supprima l'institution duPatriarcat, destitua leSanhédrin et interdit l'ordination formelle desRabbanim. Le Judaïsme demeura pourtant la seule religion autorisée dans l'Empire romain avec le Christianisme, les cultes païens étant interdits à partir de391.

Le caractère concis du texte ainsi que son mauvais état de conservation le rendirent de lecture difficile et il fut rapidement négligé. Quantité de ses feuillets furent irrémédiablement perdus. Cependant, le Talmud de Jérusalem reste une source indispensable pour la connaissance du développement de la Loi juive en terre d'Israël. En outre, il fut abondamment utilisé pour étudier le Talmud de Babylone dans l'école deKairouan dirigée parHananel ben Houshiel etNissim Gaon, de sorte que les opinions qui y sont exprimées finirent par se retrouver tant dans le commentaire deRachi et desTossafot que dans leMishneh Torah deMoïse Maïmonide. Il sert également auxTalmudistes scientifiques pour trouver des lectures alternatives des passages difficiles.

Selon certaines traditions, le Talmud de Jérusalem reprendra priorité sur celui de Babylone auxtemps messianiques. Certains interprètent ce passage en disant que, à la suite de la restauration duSanhédrin et de l'ordination des Sages, le travail reprendra, et que « de Sion viendra la Torah, et la parole de Dieu de Jérusalem ».

Le Talmud de Babylone

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Talmud de Babylone.
Une édition (presque) intégrale du Talmud de Babylone.

Le Talmud de Babylone (Talmud Bavli) comprend la Mishna et la Guémara babylonienne, cette dernière représentant la culmination de plus de 300 ans d'analyse de la Mishna dans lesacadémies talmudiques de Babylonie. Les fondations de ce processus d'analyse furent établies parRabbi Abba Arika, ditRav, un disciple deRabbi Juda Hanassi.

Les communautés juives en diaspora se référaient toujours à l'exil à Babylone de -586, et selon la tradition religieuse, de nombreux exilés deBabylone n'auraient pas répondu à l'appel d'Ezra etNéhémie et seraient restés dans cette ville ; parmi leurs descendants, il y aurait eu les deuxdocteurs de la Loi,Rav Achi etRavina (en réalité, Babylone était déjà en ruines auVIe siècle comme en témoignePline l'Ancien, mais auCaire, auquartier appelé « Babylone », lasynagogue Ben Ezra fut un important centre de savoir juif, tout comme celles deCtesiphon,Nehardea,Nisibis,Mahoza,Poumbedita,Séleucie,Soura et plus tardDamas etBagdad).

Rav Achi, qui présida l'académie de Soura de 375 à 427, aurait commencé le travail que Ravina poursuivit. C'est pourquoi, selon les traditionalistes, la mort de Ravina en 499 est la dernière date possible pour la complétion de la rédaction du Talmud. Cependant, il continua à être édité par un groupe de rabbins succédant aux Amoraïm, connus sous le nom deSaboraim (Rabbanan Savora'e - les « raisonneurs »).

La question du moment auquel le Talmud de Babylone parvint à sa forme actuelle n'est pas résolue à ce jour. Certains, commeLouis Jacobs, estiment que le corps de la Guemara n'est pas une simple compilation de conversations comme elle veut le faire croire, mais une structure hautement élaborée, réalisée par lesSaboraïm qui devraient donc être considérés comme les véritables auteurs. Le Talmud n'aurait donc été véritablement finalisé qu'aux alentours de l'an 700 EC. SelonDavid Weiss Halivni, un groupe de rabbins postérieurs aux Amoraïm, lesStammaïm (stam pouvant signifier en hébreu « clos », « simple » ou, dans la terminologie talmudique, « non attribué »), seraient les auteurs des déclarations non attribuées dans la Guemara. L'historienThierry Murcia, qui a travaillé sur les passages de la littérature rabbinique se rapportant à Jésus, suggère une date d'édition définitive très tardive : la deuxième moitié duVIIIe siècle voire le début duIXe siècle de notre ère. Le cas échéant, précise-t-il, « ce travail éditorial aurait même pu avoir été achevé dans la ville même de Bagdad »[18].

Comparaison de style et de sujet

[modifier |modifier le code]

En bien des points, les deux Talmuds ne se ressemblent pas : outre la différence de dialecte précédemment évoquée, leTalmud Yerushalmi est souvent fragmentaire et de lecture aride, même pour le talmudiste chevronné, alors que la rédaction duTalmud Bavli est plus précise et travaillée. La loi exposée dans les deux compilations est globalement la même, mais diffère par des détails mineurs et l'emphase sur certains points (les rares commentaires traditionnels sur le Talmud de Jérusalem visent à prouver que ses enseignements sont identiques, ou peu s'en faut, auBavli). Le Talmud de Jérusalem est globalement plus complet (plus de traités étudiés) mais moins profond que le Bavli. Celui-ci ne s'intéresse pas aux lois agricoles limitées à la terre d'Israël, ni aux objets du Temple ou aux lois de pureté rituelle, celle-ci étant de peu d'intérêt pratique en Babylonie.

LesRabbanim galiléens ayant préséance sur leurs homologues babyloniens, leur avis est souvent exposé dans le Talmud babylonien mais la réciproque n'est pas vraie. De plus, s'étant développé sur un laps de temps plus long, le Talmud de Babylone comprend les opinions de plus de générations que son pendant galiléen. Il est donc plus fréquemment consulté, d'autant que le prestige de la communauté babylonienne fut à son zénith jusqu'à l'ère desGueonim alors que le rayonnement des centres galiléens ne cessait de faiblir.

Les langues du Talmud

[modifier |modifier le code]
Cette sectionne cite pas suffisamment ses sources (février 2023)
Pour l'améliorer, ajoutezdes références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle{{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

LaMishna, ainsi que lesbaraïtot citées et mêlées à la Guemara sont enhébreu mishnaïque. Certaines citations d'ouvrages plus anciens, commeMeguilat Taanit, sont écrites dans des dialectes araméens plus anciens. Néanmoins, l'ensemble des discussions entre Amoraïm et la structure de l'ouvrage sont rédigées dans un dialecte caractéristique dejudéo-araméen babylonien pour leBavli, dans un dialecte araméen occidental, proche de l'araméen employé dans leTargoum Onkelos, pour leYeroushalmi.

Le rôle du Talmud dans la vie juive

[modifier |modifier le code]
Une maison d'étude àHar Meron en1912

Le Talmud devint rapidement partie intégrante de l'étude et de la vie juive, à travers les générations et dans la grande majorité des communautés juives. « Pilier du judaïsme[19] », il fut dès leXIIIe siècle la cible d'attaques de la part des chrétiens lorsque ceux-ci s'aperçurent que la foi des Juifs reposait autant sur le Talmud que sur la Bible. Ainsi vingt-quatre charretées remplies d'ouvrages talmudiques furent brûlées à Paris en1242. Soumis à la censure chrétienne, mis à l'Index des livres interdits en1565 par l'Église catholique romaine, le Talmud n'en continuait pas moins à être étudié, au point que même les Juifs les plus pauvres d'Europe orientale possédaient une étagère de « livres » talmudiques. Il devint la seule matière enseignée dans lesyeshivot après laHaskala (équivalent juif duMouvement des Lumières). LesKaraïtes sont les seuls juifs à ne pas reconnaître d'autorité religieuse au Talmud.

Les éditions du Talmud

[modifier |modifier le code]
Cette sectionne cite pas suffisamment ses sources (février 2023)
Pour l'améliorer, ajoutezdes références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle{{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
Talmud de Vilna, Traité Berakhot 2a. Texte au centre, commentaire de Rachi à droite, les Tossefot à gauche ; en marges, notes et renvois[20].

La première édition complète du Talmud de Babylone futimprimée à Venise parDaniel Bomberg auXVIe siècle. Elle fut déterminante pour les éditions ultérieures, notamment pour sa pagination. Outre laMishna et laGuemara, l'édition Bomberg contenait les commentaires deRachi et desTossafistes.

L’edition Bomberg fut suivie par la collaboration d’Ambrosius Froben avec le savant Israel Ben Daniel Sifroni d'Italie. Leur travail est une édition du Talmud, publiée avec beaucoup de difficultés en 1578-81[21].

En1795, les frères Szapira publièrent àSlavuta une édition du Talmud très prisée desrebbeshassidiques.

En1835, à la suite d'une acrimonieuse dispute avec la famille Szapira, une nouvelle édition (censurée) du Talmud fut imprimée par Menachem Romm deVilna (Vilnius). Connue comme leShas de Vilna, cette édition (et les suivantes, imprimées par sa veuve et ses fils) fut utilisée pour la production des éditions plus récentes du Bavli, y compris l'édition Schottenstein d'Artscroll. Dans la plupart des cas, la dernière impression de1886 sert de base aux Talmuds récents[22].

Le numéro d'une page du Talmud, appeléedaf, folio en français, réfère à ses deux faces ; chaque face est appeléeamoud(page) et titrée א ou ב, soit [face] « a » ou « b ». Cet usage est relativement récent, ne remontant qu'aux éditions duXVIIe siècle : les auteurs delittérature rabbinique antérieurs ne se référaient qu'au traité ou au chapitre. Le format de référence actuel est donc « Nom du traité,numéro de la daf,amoud a ou b » (par exempleTaanit 23b). L'édition Vilna comprend un total de 5 894 pages.

Le texte des éditions Vilna porte la trace de la censure chrétienne, et n'est donc pas considéré absolument fiable par les érudits. À la fin duXIXe siècle, Nathan Rabinowitz publia une série appeléeDikdouke Soferim qui montre les variantes textuelles entre éditions manuscrites et imprimées. Dans les dernières décennies, lInstitute for the Complete Israeli Talmud démarra une série similaire sous le nom deGuemara Shelema. Certains érudits ont publié des éditions critiques de traités particuliers (par exemple l'édition du traité Taanit deHenry Malter), mais il n'existe pas d'édition critique du Talmud dans son intégralité. Des notes de bas de page, présentes dans l'édition Schottenstein et celle de l'institut Oz veHadar, indiquent toutefois les variantes textuelles.

Le Talmud exposé aumusée juif de Suisse réunit des parties des deux premières impressions du Talmud deDaniel Bomberg et Ambrosius Froben[23].

Daniel Bomberg réalisa également une édition du Talmud de Jérusalem qui rencontra moins de succès, mais sert de base aux éditions actuelles. Le système de référence est différent, n'indiquant que le chapitre et le paragraphe[réf. nécessaire] (par exemple, Yeroushalmi Berakhot 2:1).

Les dispositions du texte

[modifier |modifier le code]

Généralement, dans une page de Talmud, le texte se trouve au centre, laMishna au début suivi par laGemara après l'abréviation 'גמ en corps plus large ; de part et d'autre, ensemi-cursive de Rachi, se trouvent le commentaire deRachi et lesTossafot, celui de Rachi étant du côté de la reliure ; dans les marges, autres notes, références et renvois[20].

L'étude et le commentaire du Talmud

[modifier |modifier le code]
Cette sectionne cite pas suffisamment ses sources (février 2023)
Pour l'améliorer, ajoutezdes références de qualité et vérifiables (comment faire ?) ou le modèle{{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Dès sa complétion, le Talmud devint partie intégrante de l'étude juive. Cette section passe en revue quelques grands domaines de l'étude du Talmud.

Les Gueonim

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Gueonim.

Les premiers commentateurs du Talmud furent les Gueonim (hébreu : גאונים, pluriel de גאון Gaon - directeurs des académies talmudiques de Babylonie) dont la période s'étend approximativement de 600 à 1000 EC. Bien que des commentaires directs de certains traités nous soient parvenus, la majeure partie des connaissances de l'étude du Talmud durant l'ère gaonique provient d'assertions retrouvées dans leursresponsa éclairant tel ou tel passage talmudique.

À la mort deHai Gaon, le centre du savoir et de la recherche talmudique se déplaça vers l'Afrique du Nord et l'Europe méridionale.

Extraction de la Halakha et de la Aggada

[modifier |modifier le code]

L'un des domaines d'étude du Talmud se développa dans le but de préciser la halakha qui s'y trouvait.

Le RavIsaac Alfasi (Fès, Afrique du Nord, 1013 -Espagne, 1103), figure de transition entre les Gueonim et lesRishonim, autorités rabbiniques médiévales, tenta d'extraire du corpus talmudique son essence halakhique, afin de déterminer quelles opinions avaient force de loi. SonSefer Hahalakhot eut une influence déterminante, etMoïse Maïmonide s'en inspira pour sonMishneh Torah. Une autre autorité médiévale fameuse en la matière fut le RavAsher ben Yehiel (1250,Allemagne -1327,Tolède, Espagne).

Par ailleurs, la compilation des Aggadot du Talmud de Babylone fut réalisée auXVe siècle parJacob ibn Habib, aboutissant auEin Yaakov. Il le réalisa dans le but de familiariser le public aux aspects éthiques du Talmud et de disputer beaucoup des accusations envers l'œuvre et son contenu.

Commentaires

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Littérature rabbinique.

Le Talmud est souvent cryptique et obscur. La langue du Talmud est un mélange d'araméen et d'hébreu. De plus, le Talmud recourt souvent à des termes grecs oupersans, dont la signification se perd, d'autant que leur orthographe s'altère au fil des copies. C'est pourquoi, il se développa une littérature au moins aussi abondante que le Talmud lui-même, visant à l'expliquer. Les premiers commentateurs célèbres furentRabbenou Gershom de Mayence (Xe siècle),Rabbenou Hananel de Kairouan (début duXIe siècle) etNissim Gaon, dont leSefer HaMaftea'h (Livre de la Clé) contient, outre le commentaire, une préface expliquant les différentes formes d'argumentation talmudique, et explique les passages abrégés du Talmud en les recoupant avec des passages où les pensées sont exprimées sans abréviation. Le Rabbi Nathan ben Yechiel crée également, mais dans un autre style, un lexique appelé l'Aroukh afin de traduire les mots difficiles.

Cependant, tous ces commentaires sont éclipsés par celui deRachi (Rabbenou Shlomo Yitzhaqi, « notre maître Salomon ben Isaac » - 1040-1105). Il s'agit d'un commentaire complet, couvrant l'ensemble du Talmud, écrit dans un style clair, expliquant les mots et la structure logique de chaque passage talmudique. Accessible à l'érudit comme au débutant, il est considéré comme si indispensable au Talmud que son commentaire apparaît parfois dans le corps du texte du Talmud même, entre parenthèses. Son œuvre est poursuivie par ses disciples, lesTossafistes, car le commentaire de Rachi est si parfait à leurs yeux qu'ils ne font qu'y ajouter, d'où le nom deTossafot (« additions », « suppléments »). LesTossafot constituent en une sélection parmi la collection de commentaires de nombreuxRishonim. L'un de leurs buts principaux est d'expliquer et interpréter les déclarations contradictoires du Talmud. Cependant, à la différence de Rachi, leur commentaire n'est pas continu, mais plutôt focalisé sur des sujets choisis. Les explications desTossafot diffèrent souvent de ceux deRachi.

Parmi les Tossafistes les plus éminents figurent les petits-fils de Rachi, et en particulier Jacob ben Meïr, ditRabbenou Tam, ainsi que le neveu de Rabbenou Tam, RabbenouIsaac ben Samuel, leR"i. Les Tossafot furent assemblées en diverses éditions des différentes écoles. La collection la plus importante dans les écoles du nord de la France était celle d'Eliezer de Touques, tandis que celle d'Espagne avait été compilée par RabbenouAsher ben Yehiel (« Tossafot HaRosh »). Les Tossafot imprimées dans l'édition de Vilna sont la version éditée de l'une de ces deux collections[24].

L'influence des Tossafistes s'étendit à d'autres communautés, particulièrementcelles de la péninsule ibérique. Il se développa donc des commentaires basés sur le même modèle, soit ceux duRamban, duRashba, duRitva et duRan.Betzalel Ashkenazi (en) en a constitué une anthologie détaillée, réunissant les extraits de toutes celles-ci, appeléeShita Mekoubetzet.

En revanche, d'autres commentaires d'Espagne et deProvence conservèrent leur indépendance vis-à-vis de ce modèle. Parmi ceux-ci, leYad Ramah deMeïr Aboulafia etBeit HaBe'hira deMenahem Hameïri. Cependant, si leBeit Habe'hira a été conservé pour l'ensemble du Talmud, seuls les commentaires deSanhédrin,Baba Batra etGuittin sont parvenus à nous pour leYad Ramah.

Dans les siècles qui suivirent, l'attention se tourna moins vers l'interprétation talmudique directe que vers l'analyse des commentaires précédemment établis. Ces « supercommentaires » incluent celui duMaharshal (Salomon Louria), duMaharam (Meir Lublin (en)) et duMaharsha (Samuel Eidels).

Le pilpoul

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Pilpoul.
Le pilpoul, approche hautement pointue du Talmud (héb. פלפול, depilpel, piment).

Durant leXVe siècle et leXVIe siècle, une nouvelle méthode d'étude intensive du Talmud se développa. Des arguments logiques compliqués furent utilisés pour expliquer des points de contradiction mineurs dans le Talmud. Le termepilpoul (פלפול, depilpel, « poivre » ou « piment ») désigna ce type d'étude et fait référence à l'acuité intellectuelle que cette méthode demande.

Die Talmud-Stunde, Signiert J. Scheich, v. 1900

Selon les praticiens du pilpoul, le Talmud ne peut se répéter ni se contredire. De nouvelles catégories et distinctions (hilouqim) furent donc créées, afin de résoudre les contradictions apparentes dans le Talmud à l'aide de nouveaux moyens logiques. Ce style pilpoulistique fut consigné la première fois dans leDarkhei haTalmud (« les Voies du Talmud ») d'Isaac Canpanton (en) (mort en Espagne en 1463).

L'étude par pilpoul atteint son sommet auXVIe siècle, lorsque l'expertise en la matière fut considérée comme une forme d'art et un but en soi dans lesyeshivot de Pologne et de Lituanie. Non que cette méthode ne fût pas critiquée : auXVe siècle déjà, le traité d'éthiqueOrhot Tzaddikim (« Les voies des Justes ») critiquait le pilpoul pour l'importance exagérée qu'il accordait à l'acuité intellectuelle. D'éminents rabbins desXVIe et XVIIe siècles ne l'appréciaient pas davantage, parmi lesquels Juda Löw ben Betzalel, plus connu sous le nom deMaharal de Prague,Isaiah Horowitz etYair Bacharach (en).

AuXVIIIe siècle, le pilpoul céda du terrain devant d'autres méthodes d'apprentissage, dont celle d'Elijayou ben Salomon, leGaon de Vilna. Le termepilpoul en vint à désigner des études dont les conclusions semblaient par tropcasuistiques ou coupant les cheveux en quatre. Les auteurs eux-mêmes qualifiaient leurs commentaires sous des termes du typeal derekh ha-peshat (par la méthode simple) afin de les différencier du pilpoul[25].

La méthode de Brisk

[modifier |modifier le code]
Hayim Brisker

Vers la fin duXIXe siècle, une autre tendance se fit jour dans l'étude du Talmud : le RavHaïm Soloveitchik (1853-1918) de Brisk (Brest-Litovsk), ditHayim Brisker, développa et affina ce procédé qu'on appela laméthode de Brisk. Elle implique l'analyse des arguments rabbiniques dans le Talmud et parmi lesRishonim, expliquant les options divergentes en les plaçant dans une structure en catégorie. Hautement analytique, cette méthode est souvent décriée comme une forme moderne depilpoul. Néanmoins, son influence est grande et elle est au programme d'études de la plupart des yeshivot.

C'est également par cette méthode que leMishneh Torah deMoïse Maïmonide commença à être lu non seulement comme un ouvragehalakhique mais aussi comme un travail d'interprétation talmudique.

Les yeshivot deMir et deTeltz ont développé leurs propres méthodes concurrentes.

Méthodes critiques

[modifier |modifier le code]

La critique du Talmud mettait en doute la forme du texte, et l'émendait au besoin, le fondement du Talmud (c'est-à-dire sa prétention à représenter une tradition transmise de bouche à oreille sur des générations et sans laquelle le judaïsme ne pouvait exister) ne fut pas remis en question avant l'émancipation dughetto, en1789. Des méthodes modernes d'analyse non plus seulement textuelle mais également historique furent désormais appliquées au Talmud.

Émendation des textes

[modifier |modifier le code]

Le Talmud fit, dès l'époque de Rabbenou Guershom, l'objet d'une surveillance vigilante et d'uneémendation des textes[26].

Les émendations deSalomon Louria etYoël Sirkis sont incluses dans les éditions standard du Talmud. LeGaon de Vilna réalisa des émendations sur base de sa seule intuition, lesquelles furent confirmées lors de l'étude des manuscrits de laGueniza du Caire[27].

Au début duXXe siècle, Nathan Rabinowitz publia une étude en plusieurs volumes, leDikdoukei Soferim, montrant les diverses variantes textuelles entre le manuscrit de Munich et d'autres anciennes copies du Talmud. D'autres variantes sont rapportées dans laGuemara Shelemah et l'éditionOz ve-Hadar.

Analyse critique-historique

[modifier |modifier le code]
Zacharias Frankel, fondateur de la méthode critique-historique (portrait).

Une conception innovante de la Torah orale fut développée au début duXIXe siècle parNachman Krochmal etZacharias Frankel. Celle-ci était selon eux le produit d'un procédé exégétique se construisant avec le temps, par application des techniquesherméneutiques autorisées par les Sages. Cette position, connue comme l'école critique-historique, fut élaborée plus avant parIsaac Hirsch Weiss dans sonDor Dor ve-Dorshav[28].

Cette méthode fut aussi utilisée parHeinrich Graetz dans sonHistoire des Juifs, lorsqu'il tente de déduire la personnalité desPharisiens sur la base des lois ou desaggadot qu'ils enseignent.

Cependant, cette interprétation n'est valable que si l'on conçoit les Pharisiens en tant qu'exégètes indépendants plutôt qu'en maillons de lachaîne de transmission de la Torah orale, et un tel point de vue est en rupture avec la vision traditionnelle de laTorah orale. Selon celui-ci, lorsque Dieu donna à Moïse la Torah écrite (lePentateuque), Il lui communiqua en outre des amplifications et des explications du Texte, qui furent transmises oralement avant d'être couchées sur papier dans le Talmud. Il n'y a donc, selon cette vision, aucune « évolution historique de laHalakha » (si l'on excepte la réadaptation permanente à l'évolution de l'Histoire), puisqu'elle fut donnée tout entière sur le Sinaï[29].

La méthode critique-historique fut favorablement accueillie par les dirigeants de laRéforme du judaïsme commeAbraham Geiger etSamuel Holdheim, qui poussèrent plus loin le raisonnement et soumirent le Talmud à une critique intense afin de se détacher du judaïsme rabbinique traditionnel. Ils insistaient sur le caractère historique et évolutif du Talmud, pour conclure que l'œuvre avait, bien qu'historiquement importante, fait son temps.

En réaction, certains rabbinsorthodoxes influents commeMoïshe Sofer ouSamson Raphaël Hirsch devinrent extrêmement sensibles à tout changement, rejetant les méthodes de critique moderne du Talmud.

Samson Raphaël Hirsch, tout en prônant lui-même l'acceptation de la modernité (à condition de ne pas contredire la Halakha), rédigea une série d'articles dans son journalJeschurun[30] où il réitéra les vues traditionnelles et souligna les erreurs des travaux de Graetz, Frankel et Geiger.

La méthode critique-historique, bien que controversée dans le monde orthodoxe car ancrée dans un mouvement de réforme religieuse, n'en trouva pas moins des adhérents, y compris parmi les plus farouches adversaires de la Réforme comme le rabbinZvi Hirsch Chajes (en). Le séminaire rabbinique orthodoxe d'Azriel Hildesheimer fut fondé sur le principe de créer une « harmonie entre le judaïsme et la science » auquel adhéra particulièrementDavid Zvi Hoffmann.

Méthodes d'étude et d'analyse contemporaines

[modifier |modifier le code]

L'étude actuelle du Talmud dans les différentscourants du judaïsme contemporain dépend en grande partie de leur attitude vis-à-vis du Talmud et de la Halakha : lejudaïsme orthodoxe maintient la vision traditionnelle du Talmud comme exacte expression de la loi orale transmise àMoïse en même temps que la Torah. Il demeure un élément central dans le curriculum desyeshivot. La connaissance du Talmud continue d'être mise en haute valeur dans l'éducation rabbinique traditionnelle, bien que laHalakha soit généralement étudiée à partir des codes médiévaux et non du Talmud lui-même[31]. La Halakha est appliquée en stricte conformité avec le Talmud, y compris lorsqu'une situation nouvelle se présente, de façon à continuer d'être appliquée selon les sentences des Sages ; les mouvements non-orthodoxes (conservative,reconstructionniste,libéral etréformé) ont du Talmud une vision dynamique et en admettent la lecture critique.

Le judaïsmeconservative continue à accorder une place importante au Talmud et à son étude mais le considère, dans son élaboration de la Halakha, comme une œuvre tributaire des circonstances, historiques et autres, pour de sa formation. En conséquence, la législation est souvent plus flexible que celle des orthodoxes.

Le judaïsme réformébritannique se rapproche assez fortement de ces pratiques, tandis que le judaïsme réforméaméricain et le judaïsme libéral réservent leur enseignement aux écoles de formation des rabbins, mais non aux écoles fondamentales. Le Talmud ne joue aucun rôle dans la Halakha, celle-ci étant laissée au libre choix de chacun, tout en conservant une valeur morale et un caractère inspiré.

Le judaïsme reconstructionniste ne diffère de ce schéma que par le rôle de la congrégation des fidèles : c'est en effet elle et non l'individu qui décide de la pratique. Selon la phrase deMordecai Kaplan, « la tradition a un droit de vote, mais pas de veto ».

En conséquence, le Talmud est étudié par la majorité desorthodoxes comme une source totalement fiable. Les chercheurs orthodoxes n'appliquent, dans leur majorité, pas de méthode historique au Talmud ni n'imputent de motifs à ses auteurs. Le Talmud continue à être étudié avec ses commentaires et supercommentaires. Néanmoins, une minorité d'« orthodoxes modernes » préconisent une lecture critique du Talmud.

L'étude régulière du Talmud, y compris chez le simple fidèle, a été popularisée par leDaf Yomi (« page quotidienne »), une pratique lancée en1923 àVienne par le rabbinMeir Shapiro au premier congrès international de l'association orthodoxeAgoudat Israel. Unedaf est étudiée par jour recto-verso par tous les participants du monde, selon un cycle d'un peu plus de sept ans. La complétion du cycle donne lieu à une célébration générale. Le treizième cycle duDaf Yomi a débuté le et devrait se conclure le.

Certains talmudistes non orthodoxes, commeLouis Jacobs[32] etShaye J. D. Cohen (en), considèrent que le texte du Talmud a fait l'objet de remaniements extensifs, tant des histoires que des sentences. Ils affirment qu'en l'absence de textes correctifs (le Talmud étant longtemps resté oral), on ne peut confirmer ni l'origine ni la date de la plupart des sentences et des lois, et qu'on ne peut avoir beaucoup de certitudes sur leurs auteurs. Les questions posées demeurent donc sans réponse.

D'autres talmudistes, commeLee I. Levine (en) etDavid C. Kraemer (en), partagent en partie cette opinion, mais estiment que le Talmud contient des sources que l'on peut identifier et décrire avec une certaine fiabilité. Ces sources peuvent être identifiées en retraçant l'histoire et en analysant les régions géographiques d'origine.

Enfin, des figures généralement plus proches des interprétations orthodoxes, commeSaul Lieberman[33],David Weiss Halivni[34] etAvraham Goldberg (en), estiment que la plupart des sentences et évènements décrits dans le Talmud se sont produits plus ou moins de la façon décrite, et peuvent être utilisés comme sources sérieuses d'étude historique. Les tenants de cette vision tentent donc d'écrémer les additions éditoriales ultérieures (ce qui est en soi une tâche malaisée) et considèrent avec scepticisme les récits miraculeux, afin d'obtenir un compte-rendu fiable de la vie juive ancienne.

Polémiques sur la Loi orale et le Talmud

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Critique du Talmud.

Au sein du judaïsme

[modifier |modifier le code]

Les Sadducéens

[modifier |modifier le code]

LesSadducéens formaient unesecte juive du second Temple proche de l'aristocratie sacerdotale et politique. Ils sont présentés parFlavius Josèphe[35] comme les adversaires desPharisiens et par le Talmud comme ceux du pharisaïsme, c'est-à-dire des doctrines pharisiennes, notamment celles de la création du monde et de l'immortalité de l'âme[36]. SiAbraham Geiger les présente comme fidèles à une tradition orale antérieure, dont on trouverait des traces dans l'école du SageShammaï,Bernard Revel démontre qu'il n'en est rien, ainsi qu'il apparaît dans les textes du Talmud ainsi que ceux de Josèphe[37].

Les Sadducéens étant fortement liés auTemple de Jérusalem, sur lequel reposait l'autorité des Grands-Prêtres, disparurent après sa destruction, mais le Talmud fait quelques allusions à leur doctrine.

Les Karaïtes

[modifier |modifier le code]

Lekaraïsme se développa, ou s'affirma, auVIIIe siècle, en réaction à l'inertie du judaïsme talmudique[38].

La doctrine centrale du karaïsme est la révération de la seule Torah écrite (Miqra) et le rejet deTorah orale comme révélation divine. Il n'est ni défendu, ni déconseillé de s'en inspirer, mais le libre examen du Texte doit l’emporter sur l'interprétation des maîtres, y compris desmaîtres karaïtes (en pratique, les karaïtes suivent l'opinion qui convainc la majorité). Le karaïsme s'oppose également aux méthodes d'interprétation du Talmud, leur préférant l'analyse dusens simple des versets d'après leur contexte.

Le karaïsme connut un âge d'or duIXe siècle auXIe siècle, étant adopté selon certaines sources par 40 % de la population juive mondiale, aussi bien en Europe que dans lemonde arabe[39]. Son influence déclina ensuite progressivement, et il n'y aurait actuellement plus que 30 000 karaïtes dans le monde, dont 20 à 25 000 enIsraël[40].

La Réforme du judaïsme

[modifier |modifier le code]

La Réforme du judaïsme naquit auXIXe siècle à la suite de laHaskala, qui vit les Juifs s'ouvrir à d'autres cultures que la leur propre et aux sciences humaines.

Il en résulta chez certains une vision quelque peuhégelienne de l'histoire, qui fit du judaïsme une révélation en marche, et non une révélation déjà accomplie. Les Juifs partisans de la réforme du judaïsme ne considéraient donc plus la Torah et le Talmud comme les manifestations d'une parole divine intouchable, mais comme des œuvres historiques nécessaires en leur temps, devant céder la place au besoin de l'époque. De nombreuses observanceshalakhiques furent jugées inutilement contraignantes, sans fondement et obsolètes.

Le mouvement réformé fut particulièrement florissant dans les pays où les Juifs étaient émancipés de fait, sinon de droit, c'est-à-dire les pays d'Europe occidentale, en particulier l'Allemagne et laFrance. Il eut en revanche moins d'impact enEurope de l'Est et fut pratiquement ignoré des Juifs d'Afrique du Nord et d'Orient. LaShoah détruisit la communauté allemande, mais de nombreux juifs réformés ayant émigré aux États-Unis avant la guerre l'y implantèrent.

Le judaïsme réformé est actuellement le courant juif majoritaire aux États-Unis[41],[42], et possède, sous le nom de judaïsme libéral, une forte présence en Angleterre.

Critiques externes

[modifier |modifier le code]
Unedisputation judéo-chrétienne. Les protagonistesjuifs (à droite) sont reconnaissables à leurscouvre-chefs. Gravure sur bois de Johannes von Armssheim -1483

Le Talmud et les chrétiens

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Disputations judéo-chrétiennes.

Le Talmud fut élaboré, selonJosy Eisenberg, afin de prémunir les Juifs des influences extérieures, dont celle des premiers chrétiens. Il garde la trace de la séparation progressive dujudaïsme et duchristianisme, séparation qui se fait en plusieurs siècles, et dont les affrontements de Jésus avec lesPharisiens ne constituent qu'un épisode.[réf. nécessaire] À peu près au moment où lesSavoraïm babyloniens portaient la touche finale à la rédaction du Talmud, l'empereurJustinienIer, motivé par le zèle chrétien, proclamait son édit contre l'abolition de l'usage de la traduction grecque de la Bible dans les offices synagogaux. Il avait en effet été remarqué lors des premières disputations judéo-chrétiennes d'Alexandrie que les Juifs locaux se montraient plus démunis que leurs coreligionnaires de Palestine qui employaient plus volontiers le texte en hébreu.

Les critiques contre le Talmud proprement dit débutent auXIIIe siècle enFrance, où les études talmudiques sont florissantes : leprocès du Talmud, premièredisputation judéo-chrétienne publique, oppose en 1240Yehiel de Paris et trois autres rabbins àNicolas Donin. Ancien élève à layeshiva de Yehiel, expulsé quelques années plus tôt pour avoir tenu des propos qualifiés d’hérétiques, il avait vécu quelque temps en marge de la société, juive comme chrétienne, avant de faire le choix de laconversion. Il instigue devant le roi que le Talmud est anti-chrétien, appelle au meurtre desnon-Juifs, à lapédophilie, etc. Bien que Yehiel ait réfuté les allégations de son adversaire, plusieurs dizaines de manuscrits talmudiques sont brûléesplace de Grève en1242[43].

Vingt et un ans plus tard, ladisputation de Barcelone oppose le rabbinMoïse Nahmanide àPablo Christiani, lui aussi Juif converti et frèredominicain prêchant dans les synagogues que le Talmud reconnaît la vérité chrétienne. Au terme de celle-ci, les dominicains répandent la nouvelle qu’ils ont remporté la disputation, et Nahmanide est contraint d’en publier un compte-rendu qui entraînera son exil bien qu’il eût reçu auparavant la garantie de pouvoir s’exprimer librement. Pablo Christiani fait quant à lui un autre procès au Talmud, en1264, et obtient au terme de celui-ci l’émission d'unebulle papale mandant la première censure textuelle du Talmud, confiée à une commission dominicaine de Barcelone[44].

En1413, une nouvelle disputation majeure se tient àTortosa. Lancée parGerónimo de Santa Fe (en), également Juif instruit devenu chrétien et médecin dupapeMartin V, elle se tient en présence de celui-ci. La disputation est conçue pour se terminer à son avantage et, contrairement à Nahmanide, la libre parole n'est pas accordée aux défenseurs juifs. Santa Fé lance l'accusation fatidique selon laquelle les condamnations envers lespaïens et lesapostats concernent en réalité les chrétiens. Deux ans plus tard, le pape émet une bulle (qui ne devint jamais opérationnelle) interdisant aux Juifs de lire le Talmud et ordonnant d'en saisir et détruire toutes les copies.

AuXVIe siècle,Johannes Pfefferkorn, lui aussi Juif converti et dominicain, critique avec violence au Talmud, le rendant responsable de la réticence des Juifs à la conversion. Son adversaire est un chrétien hébraïsant,Johann Reuchlin, qui a contre lui les obscurantistes et pour lui leshumanistes ; selon Erika Rummel, cette controverse annonçait laRéforme protestante[45]. Une conséquence inattendue de cette affaire est l'impression complète par l'éditeur chrétienDaniel Bomberg duTalmud de Babylone en1520 àVenise, suivi duTalmud de Jérusalem sous la protection du privilège papal. Cependant, le Vatican entreprend 30 ans plus tard une campagne de destruction de ce qu’il avait antérieurement autorisé : le, date dunouvel an juif, des copies sont saisies et brûlées àRome ainsi que dans d'autres villes italiennes, commeCrémone en1559. Lacensure du Talmud et d'autres textes hébreux est introduite par lalettre apostoliqueContra Hebraeos retinentes libros Thalmudi deJules III en1554, et en1559, le Talmud est mis au premierIndex Expurgatorius. En1565, le papePie IV ordonne même que le Talmud soit privé de son propre nom — les Juifs tenteront de contourner la censure en l’appelantSha"s ou en étudiant l’Ein Yaakov, recueil desaggadot du Talmud de Babylone.

La première édition du Talmud expurgé, sur laquelle se basent la plupart des éditions ultérieures, paraît àBâle (1578-1581). L'entièreté du traitéAvoda Zara (Idolâtrie) ainsi que les passages jugés anti-chrétiens en sont absents ; par ailleurs, l’akoum (hébreu : עכו"ם pour עובד כוכבים ומזלות, « adorateur des étoiles et astres ») et lemin (hébreu : מין, « hérétique » - désignant notamment mais non uniquement lesjudéo-chrétiens) ont disparu au profit du « Sadducéen », aussi antipathique aux chrétiens qu’aux juifs. D’autres censures dénatureront encore le texte, remplaçant selon les besoins du moment l’idolâtre par l’ismaélite ou lenokhri (hébreu : נוכרי, « étranger ») par l’idolâtre ; la perruque,pea nokhritnokhrit désignait la provenance « étrangère » des cheveux, devient ainsi dans certains textes lapeat akoum.

Cependant, en dépit d’ordonnances papales périodiquement réitérées (le §9 dumotu proprioAntiqua Judaeorum improbitas de 1581 ou la bulleCum hebraeorum malitia de 1593), une impression de l'édition complète avec tentative de restaurer le texte original est réalisée àCracovie (1602-1605) du fait de l'étude grandissante du Talmud en Pologne ; une édition ne contenant que deux traités avait été réalisée auparavant àLublin (1559-76). En1707, des copies du Talmud furent confisquées dans la province deBrandebourg, mais restituées sur ordre deFrédéric, le premier roi de Prusse.

Une nouvelle critique du Talmud eut lieu en Pologne, en1757, lorsque l'évêque Dembowski organisa un débat, à l'instigation dufaux messieJacob Frank, qui affirmait que leZohar reconnaissait, contrairement au Talmud ladoctrine de la Trinité. La disputation se tint à Kamenets-Podolsk, et toutes les copies du Talmud retrouvées dans son évêché furent brûlées.

Cependant, le Talmud, pour ne pas être attaqué « physiquement » demeura la cible des théologiens chrétiens après la Réforme protestante, bien que les théologiens duXVIIe siècle et duXVIIIe siècle en fissent un sujet d'étude.

En France en 1830, au cours d'un débat dans laChambre des pairs concernant la reconnaissance par l'État de la confession judaïque, l'Amiral Verhuell se déclara incapable de pardonner aux Juifs de n'avoir pas reconnu Jésus comme Messie, et de lire le Talmud. La même année, l'abbé Chiarini publiait à Paris une volumineuseThéorie du Judaïsme, dans laquelle il faisait figurer une traduction du Talmud, « simple et accessible », c'est-à-dire pouvant servir aux attaques contre le judaïsme. C'est dans un même esprit que les agitateurs antisémites duXIXe siècle demandèrent qu'une traduction soit réalisée ; à Vienne, cette demande fut même portée devant des corps législatifs. Le Talmud et leJuif talmudiste devinrent donc l'objet des attaques antisémites, notamment dansDer Talmudjude d'August Rohling. Cependant, ils étaient défendus par de nombreux étudiants chrétiens du Talmud.

En dépit des nombreuses mentions d'Édom pouvant être interprétées comme faisant référence à la chrétienté, le Talmud mentionne rarement Jésus de façon directe. Il est bien question d'un ou plusieursYeshou, d'un Yeshou ben Pandera dont la mère aurait été violée par un général grec, et de ben Stada au nom duquel sont rapportées deshalakhot hérétiques, mais Yeshou pourrait être un terme générique pour désigner les "séducteurs" qui attirent les Juifs hors du judaïsme, et les récits qu'on retrouve sur Yeshou n'ont aucun rapport avec ceux duNouveau Testament. Il est toutefois probable que les rabbins médiévaux considérèrent ces personnages comme Jésus, raison pour laquelle ils furent censurés. Toutefois, les éditions modernes ont été restaurées grâce aux rares listes d’errata, connues commeHesronot HaSha"s (« Omissions du Sha"s »).

Articles détaillés :Le Talmud démasqué etAffaire Beilis.

Justin Bonaventure Pranaitis ou Pronaïtis ( -), religieux catholique lituanien, professeur d'hébreu à l'Université ecclésiastique impériale de Saint-Petersbourg et promoteur de l'antisémitisme à la fin duXIXe siècle est connu pour son livre sur le Talmud,Le Talmud démasqué publié enlatin (1892) avec l'imprimatur de l'archevêquemétropolite deMoguilev. Cet ouvrage se présente comme une enquête sur les enseignements juifs sur le christianisme. Le texte, intituléChristianus in Talmude Iudaeorum, s'appuie notamment selon son auteur sur la version du Talmud de Benveniste éditée à Amsterdam en 1645[46], version basée sur le Talmud de Bâle/Lublin, reconstituant des passages expurgés de cette version, et présentant la totalité du traitéAvodah Zarah[47]. La plus grande partie du Talmud (la Guemara) est écrite en araméen. Seules la Mishna (niveau initial et très laconique du commentaire de la Torah) et naturellement les citations de versets de laBible hébraïque sont en hébreu. Or, dans l'introduction de l'ouvrage de Pranaïtis, il est écrit que le texte original duTalmud démasqué, les traductions en latin sont placées en regard des textes en hébreu[48]. En présentant des citations en hébreu et en latin, il prétendait démontrer que le « Talmud contraignait les Juifs à insulter les Chrétiens et à œuvrer pour leur élimination ». Ces citations étaient puisées des travaux de deux détracteurs allemands du Talmud duXIXe siècle : Jakob Ecker etAugust Rohling[49]. Il s'agit d'un ouvrage depropagande antisémite, un faux comparable auxProtocoles des sages de Sion et antérieur de quelques années, contenant de fausses citations du Talmud avec une pagination imaginaire et d'autres textes hors de tout contexte. Ce texte est régulièrement traduit et réédité dans les milieux antisémites[46].

Lorsque Pranaïtis intervint durant leprocès de Beilis en tant qu'expert en 1912[50], réitérant l'accusation de crime rituel contre les Juifs[51], il perdit toute crédibilité lorsque la défense démontra sa totale ignorance des concepts et des définitions les plus simples du Talmud[52],[51], au point que le public se mettait à rire chaque fois qu'il se retrouvait incapable de donner une réponse à l'avocat de la défense[50]. Un agent de lapolice secrète du tsar remarqua que le contre-interrogatoire de Pranaitis démontrait son manque de connaissance des textes et de la littérature juive. Selon cet agent, un tel amateurisme et une telle ignorance disqualifiaient son « opinion d'expert »[53]. Beilis fut finalement innocenté.

Critiques contemporaines

[modifier |modifier le code]

Quelques groupes et individus[Lesquels ?] accusent certains des passages du Talmud d’unracisme envers lesgoyim inhérent aujudaïsme, ainsi que de son hostilité envers lechristianisme, saphallocratie, samisogynie, son acceptation de lapédophilie, ses prétentions à la suprématie théologique et son accentuation de la nécessité de non-divulgation d'une partie de la connaissance judaïque auxgoyim sous peine de mort[54].Selon certains Juifs[Lesquels ?], ces critiques sont fausses, les passages en question n'indiquant qu'une traduction erronée, voire des choix sélectifs de propos pris hors de leurs contextes ou des falsifications, sur un texte dont leMaharal de Prague indiquait déjà qu'il ne peut être compris sans comprendre les règles du Talmud lui-même[réf. nécessaire]. Le rapport de l'Anti-Defamation League[55] sur le sujet explique :

« En citant de façon sélective divers passages du Talmud et du Midrash, des faiseurs de polémiques ont cherché à démontrer que le judaïsme prône la haine des non-Juifs (et des chrétiens en particulier), et promeut l'obscénité, la perversion sexuelle, et d'autres conduites immorales. Afin de rendre ces passages conformes à leurs buts, ces personnes les traduisent souvent de façon erronée ou les citent hors de leur contexte (la fabrication de passages entiers n'est pas inconnue) […]

En déformant les significations normatives des textes rabbiniques, les écrivains anti-Talmud extraient fréquemment les passages de leur contexte textuel et historique. Même lorsqu'ils présentent leurs citations correctement, ils jugent les passages d'après les critères moraux actuels, 'ignorant' le fait que ces passages furent en majorité composés il y a près de deux mille ans par des gens vivant dans des cultures radicalement différentes de la nôtre. Ils sont donc capables d'ignorer la longue histoire du judaïsme en matière de progrès social, et la dépeindre comme une religion primitive et paroissiale.

Ceux qui attaquent le Talmud citent fréquemment d'anciennes sources rabbiniques sans tenir compte des développements subséquents de lapensée juive, et sans faire un effort de bonne foi de consulter des autorités juives contemporaines qui pourraient expliquer le rôle de ces sources dans la pensée et la pratique juives normatives. »

Gil Student (en), rabbin et auteur prolifique sur internet, réfute ces accusations anti-talmudiques et écrit[56] :

« Les accusations envers le Talmud ont une longue histoire, datant duXIIIe siècle, lorsque les associés de l'Inquisition tentèrent de diffamer les Juifs et leur religion[57]. Les premiers ouvrages, compilés par des prédicateurs haineux commeRaymond Martini etNicholas Donin demeurent la base de toutes les accusations subséquentes envers le Talmud. Certaines sont vraies, la plupart sont fausses et basées sur des citations tirées de leur contexte, et certaines sont des fabrications totales[58]. Sur Internet de nos jours, on peut trouver beaucoup de ces vieilles accusations ressassées… »

On peut faire remonter le problème « contemporain » au tournant desXIXe et XXe siècles, lorsque quelques ouvrages, notoirementantisémites, sont parus pour exposer de prétendus passages du Talmud qui contiendraient des doctrines « anti-chrétiennes » : par exemple, en recommandant le meurtre d'enfants goyim pour en utiliser lesang dans des pratiques rituelles. Ces ouvrages ont trouvé un grand écho, au point qu'il se trouve encore des gens qui les citent, faute de connaissance de ce qu'est exactement le Talmud. Or, l'une des façons de reconnaître ces fausses citations tient au fait qu'elles présentent un numéro de page assorti de la lettre « c ». Cette falsification est facilement démontable puisque le Talmud numérote l'avers d'une page avec la lettre « a » et le revers avec la lettre « b » (voir la section « Éditions » ci-dessus) ; il ne saurait donc y avoir de face « c ». Une autre caractéristique aisément reconnaissable des faux extraits du Talmud est un numéro suivi de « a » ou « b », lui-même suivi d'un numéro de page (par exemple : « 23b,p. 45 »), ce qui n'existe pas dans une citation correcte du Talmud puisque le premier nombre (23 dans l'exemple) est déjà un numéro de page[59]

Traductions modernes du Talmud

[modifier |modifier le code]

Traductions du Talmud Bavli

[modifier |modifier le code]
  • La première traduction en anglais du Talmud de Babylone fut l'œuvre deMichael Levi Rodkinson, et fut publiée après la mort de ce dernier, en 1918. Elle était incomplète, seuls les traités des ordresMoëd etNezikin étant traduits. Elle est actuellementdisponible sur internet.
  • La traduction intégrale officielle et annotée du Talmud en langue anglaise parut pour la première fois en langueprofane en1935 chez Soncino Press. « L’Édition Soncino du Talmud » est publiée avec et sans le texte original. Elle existe aussi sur CD-ROM.
  • Adin Steinsaltz réalisa une traduction du Talmud enhébreu moderne qu'il agrémenta de ses propres notes. Elle parut en anglais aux éditionsRandom House (mais n'a pas été complétée à ce jour), en édition bilingue hébreu-français auxéditions Ramsay (12 volumes, 1999) avec le soutien duFonds Social Juif Unifié (FSJU) et dans de nombreuses autres langues. Elle comprend une « traduction littérale » ainsi qu'une « traduction assistée » et le commentaire de Rachi. L'édition Steinsaltz a été applaudie pour sa simplicité. Elle a permis la diffusion du Talmud dans des publics habituellement éloignés de l'étude du Talmud. Elle a cependant été critiquée, entre autres parJacob Neusner, pour sa trop grande simplicité.
  • L'éditionSafra, traduction française de l'édition Schottenstein de la maisonArtscroll, a débuté en 2003. La traduction, abondamment expliquée et annotée, privilégie l'exposition des différentes opinions plutôt que le sens évident comme l'édition Steinsaltz. Il s'agit de l'une des éditions du Talmud les plus prisées par les débutants.

Traductions du Talmud Yerushalmi

[modifier |modifier le code]
  • C'est àMoïse Schwab que l'on doit la première traduction en français du Talmud de Jérusalem (G.P. Maisonneuve, 1932-1933), avec une introduction deMaurice Liber. Cette traduction a étérécemment[C'est-à-dire ?] rééditée par la même maison et est disponible en CD.

Les deux traductions anglaises sont :

  • celle deJacob Neusner[60] qui, usant d'une présentation analysant la forme, rend l'identification des unités de pensée du texte plus aisée, et facilite donc la lecture. Cependant, bien que généralement jugée positivement, la méthodologie de Jacob Neusner a été qualifiée par certains d'« idiosyncrasique » etSaul Lieberman en a émis une critique très réservée.
  • celle de l'édition Schottenstein, visant à égaler la qualité de l'édition du Talmud de Babylone, en cours.

Voir aussi

[modifier |modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Unecatégorie est consacrée à ce sujet :Talmud.

Bibliographie

[modifier |modifier le code]

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]

Généraux

[modifier |modifier le code]

Textes du Talmud en ligne

[modifier |modifier le code]

Manuscrits

[modifier |modifier le code]

Réfutation des allégations concernant le Talmud

[modifier |modifier le code]

Cours audio et vidéo

[modifier |modifier le code]

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. Une modalité visant à garantir l'exclusivité de son interprétation face aux autres courants religieux.
  2. Une légère distinction existe : lorsque le Talmud de Jérusalem utilise unaraméen occidental, le Talmud de Babylone utilise lejudéo-araméen babylonien.
  3. Charles Touati,Prophètes, talmudistes et philosophes, Paris 1990,p. 34
  4. C'est dans cette académie que siégeait leSanhedrin tardif et où s’est développée lavocalisation massorétique.
  5. La fonction de Nassi est finalement abolie en 426 à la suite duCode de Théodose.
  6. (en) Ronald L. EisenbergM.D,What the Rabbis Said: 250 Topics from the Talmud, Bloomsbury Publishing USA,(ISBN 979-8-216-16425-8,lire en ligne)
  7. dev, « La diaspora babylonienne dans l'histoire juive », surMorashá,(consulté le)
  8. (en) RivkaUlmer, « Rabbinic Judaism »,CrossRef, Oxford University Press,‎(DOI 10.1093/obo/9780195393361-0103,lire en ligne, consulté le)
  9. Pirke Avot 1:1
  10. "Voici comment se déroulait l'étude : Moïse recevait l'enseignement du Tout-Puissant, Aaron entrait, Moïse lui enseignait son chapitre, Aaron se déplaçait et s'asseyait à la gauche de Moïse. Entraient ses fils, Moïse leur enseignait leur chapitre, les enfants d'Aaron se déplaçaient; […] entrait tout le peuple et Moïse lui enseignait son chapitre." (Talmud de Babylone, Traité Eruvin 54b)
  11. Jacob Neusner (dir.), The formation of the Babylonian Talmud, Leyde, 1970
  12. Talmud de Babylone (T.B.) Berakhot 22a, Soukka 28a, etc.
  13. Cf. T.B. Baba Metzia 33a, Baba Batra 8a
  14. Selon les tenants de cette tradition orale, elle remonte au don de laTorah écrite àMoïse sur leSinaï --Pirke Avot1:1
  15. T.B.Guittin 60b
  16. Emmanuel Levinas,Difficile liberté.
  17. « Concile de Nicée »
  18. Thierry Murcia,Jésus dans le Talmud et la littérature rabbinique ancienne,Turnhout,Brepols, 2014, p. 678, note 33
  19. Adin Steinsaltz,Introduction au Talmud.
  20. a etbEliezer Segal,Anatomie d'une page de Talmud, University de Calgary, 2009.
  21. (de + en) Caspar Battegay, Naomi Lubrich,Jewish Switzerland: 50 Objects Tell Their Stories, Christoph Merian,(ISBN 978-3-85616-847-6),p. 54-57
  22. Quentin Ludwig,Comprendre le judaïsme : Mots clés,Eyrolles, Collection Pratique, page 172
  23. « Catrina Langenegger sur le Talmud de Bale »
  24. Pour une liste plus complète, voir Ephraim Urbach, s.v. "Tosafot", inEncyclopedia of Religion.
  25. Voir aussi les articles de Mordechai Breuer dans lEncyclopedia Judaica etHaim Hillel Ben-Sasson,A History of the Jewish People,p. 627 et 717.
  26. Selon Jonas Fraenkel dans sonDarko Shel Rashi be-Ferusho la-Talmud ha-Bavli, l'une des plus grandes contributions deRachi au Talmud fut précidément cette émendation textuelle. Son petit-fils Rabbenou Tam s'opposait à cette critique textuelle dans sonSefer ha-Yashar. Cependant, les Tossafistes eux-mêmes émendaient le texte du Talmud (voir par exempleBaba Kamma 83bs.v. af haka'ah ha'amourah ouGuittin 32as.v. mevoutelet) et de nombreuxRishonim (voir par exemple Rav Shlomo ben Aderet,Hiddoushei haRashb"a al ha-Sha"s surBaba Kamma 83b, ou Rabbenou Nissim commentant leRi"f surGuittin 32a).
  27. Solomon Schechter,Studies in Judaism.
  28. (en) Jay Harris,Guiding the Perplexed in the Modern Age, « Ch. 5 ».
  29. Voir, par exemple, le commentaire deRachi surBehar, Vayiqra 25:1 (d'après leSifra) :

    « Ceci nous apprend cependant que, de même que l'année sabbatique, ses principes généraux et ses détails spécifiques, furent donnés au Sinaï, de même, toutes les lois ont été données, dans leurs principes généraux et leurs applications pointues. »

  30. Réimprimés dansS.R. Hirsch,Collected Writings, Vol. 5
  31. La relation entre les deux a été comparée à la recherche fondamentale (pour le Talmud) et aux sciences appliquées (pour la Halakha) -voir sur le site cheela.org, responsum _ _ _.
  32. Louis Jacobs, "How Much of the Babylonian Talmud is Pseudepigraphic?"Journal of Jewish Studies 28, No. 1 (1977),p. 46-59
  33. Saul Lieberman,Hellenism in Jewish Palestine, New York: Jewish Theological Seminary, 1950
  34. David Weiss Halivni,Mekorot u-Mesorot : Eruvin-Pesahim, Jerusalem, Jewish Theological Seminary, 1982
  35. Les Guerres des Juifs 1 chap. 8.2 et suivants.
  36. Voir notammentAvot de Rabbi Nathan, ch. 5
  37. Bernard Revel,The karaite halakah and its relation to sadducean, samaritan and philonian Halakah,1911.
  38. Kaufmann Kohler, Abraham de Harkavy,Karaites and Karaism,Jewish Encyclopedia
  39. Salo Baron wittmayer…
  40. JOSHUA FREEMAN,Laying down the (Oral) law,The Jerusalem Post.
  41. Bob Abernathy,Reform Judaism,Public Broadcasting Service, May 1999.
  42. Matthew Wagner and Greer Fay-Cashman,Reform rabbis offended by Katsav,Jerusalem Post, juin 2006.
  43. GilbertDahan (dir.),Le Brûlement du Talmud à Paris (1242-1244), Paris,Cerf,coll. « Nouvelle Gallia Judaïca »,(ISBN 978-2-204-06334-0)
  44. Nahmanide,La dispute de Barcelone,Éditions Verdier,coll. « Les Dix paroles »,, 96 p.(ISBN 2-86432-037-1)
  45. Rummel, Erika,The Case Against Johann Reuchlin: Social and Religious Controversy in Sixteenth-Century Germany, University of Toronto Press (November 23, 2002),(ISBN 0-8020-3651-1)
  46. a etbhttp://www.talmudunmasked.com
  47. (en) Marvin J. Heller,The Seventeenth Century Hebrew Book : an abridged thesaurus,vol. 1, Leiden/Boston, BRILL,, 1524 p.(ISBN 978-90-04-18638-5,lire en ligne),p. 593
  48. (en) « I have placed the Hebrew text opposite the Latin. » VoirPrologue
  49. (en) Richard Levy, Antisemitism: a historical encyclopedia of prejudice and persecution, Volume 1, ABC-CLIO, 2005,p. 564.
  50. a etbScapegoat on Trial: The Story of Mendel Beilis - The Autobiography of Mendel Beilis the Defendant in the Notorious 1912 Blood Libel in Kiev, Beilis, Mendel, Introd. & Ed. By Shari Schwartz, CIS, New York, 1992
  51. a etbBlood Accusation: The Strange History of the Beiliss Case, Samuel, Maurice, Alfred A. Knopf, 1966
  52. Question : Que signifie le motHullin ?Pranaitis : Je ne sais pas.Question : Que signifie le mot Erubin ?Pranaitis : Je ne sais pas.Question : Que signifie le mot Yebamot ?Pranaitis : Je ne sais pas.Question : Quand vivait Baba Batra et qu'a-t-elle fait ?Pranaitis : Je ne sais pasTranscription sténographique du procès, citée d'après Costin, Rebekah Marks,Mendel Beilis and the blood libel. In Bruce Afranet al. (ed.): Jews on Trial. Princeton 2004,p. 69-93, icip. 87.
  53. Царская Россия и дело Бейлиса, Tager, A., Moscow, 1934,
  54. Voir par exemplece site dont toutes les références proviennent d’un ouvrageantisémite desannées 1950, dû àLyrl Van Hyning,Key to the Mystery. Il s’inspirait d’un ouvrage antisémite de1892, dû au RevérendJustin Bonaventure Pranaitis (mort vers 1917),Christianus in Talmude Iudaeorum : sive, Rabbinicae doctrinae de Christianis secreta (Petropoli: Officina typographica Academiae Caesareae Scientiarum,1892). Cet ouvrage fut traduit en anglais parWesley Swift en 1939 sous le tireThe Talmud Unmasked. Le livre du révérend est disponible dans sa version en anglais. La version française est parue en 1990 sous le titreLe plus grand secret, Le livre qui transformera le monde, David Icke, 1990. L'ensemble de ces références est analysé dansFalsifiers of the Talmud qui montre combien ces recueils ne présentent que des citations qui n'existent pas dans le Talmud, des paginations qui n'existent pas et des traités qui ne sont pas des traités du Talmud mais des ouvrages polémiques publiés dans les périodes de grandepersécution.
  55. The Talmud in Anti-Semitic Polemics
  56. The Real Truth about the Talmud
  57. voir Yitzchak Baer,A History of Jews in Christian Spain, vol. I, p. 150-185
  58. Baer, ch. 4 f. 54, 82 indique qu'il a étéprouvé que Raymond Martini avait fabriqué des citations, bien queLeopold Zunz l'ait défendu contre cette accusation (Gottesdienstliche Vorträge der Juden p. 300).
  59. Falsifiers of the Talmud, quelques exemples de falsification décryptés.
  60. Talmud of the Land of Israel: A Preliminary Translation and ExplanationJacob Neusner, Tzvee Zahavy, others.University of Chicago Press.
v ·m
Général
Vie juive
Principes de foi
Textes
Dirigeants
Culte
Figures du culte
Courants
Culture
Histoire du
peuple juif
Afrique
Amérique
Asie
Europe
Océanie
Articles liés
v ·m
Littérature des SagesUne édition du Talmud
Littérature médiévale et ultérieure
Torah
Nevi'imTargoum des Prophètes
Ketouvim
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Talmud&oldid=233149113 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp