Son nom signifie « citadelle de pierre » (taš : pierre etkand,kent : ville ou bourg, enouzbek). Elle a aussi porté, dans le passé, les noms deTchatch,Chach (Shash) etBinkent. Les deux premiers sont apparentés au mottaš qui signifie « pierre », le deuxième est aussi à l'origine des motschéchia etchèche.
Les sources ne concordent pas à propos de l'âge de la ville car les preuves historiques sont rares. Selon les autorités ouzbèkes, Tachkent aurait 2 200 ans d'histoire en 2009, tandis qu'en 1983, les autorités soviétiques avaient célébré les 2 000 ans de la ville.
Le temps local à Tachkent est +5 heures par rapport àUTC/GMT.
Le climat de Tachkent est continental, avec un hiver relativement doux (sauf quelques courtes périodes de froid au-dessous du zéro), habituellement peu neigeux et un été aride avec des pics de chaleur dépassant les40 °C (période dite dechilla entre fin juillet et début août).
Le berceau — et donc l'âge exact — de l'actuelle Tachkent suscite les controverses. En effet, Tachkent (dans sa limite actuelle) ne dispose pas d'un seul et unique noyau historique, mais de plusieurssites archéologiques disparates.
Tachkent et Khodjent.
Le plus ancien des sites antiques connus dans cette région estKanka qui se trouve à l'extérieur de la ville actuelle dans le district d'Akkourgan de laprovince de Tachkent. Kanka fut fondé vers leIIIe siècle av. J.-C.
Avant d'entreprendre sa campagne en Inde en326 av. J.-C.,Alexandre le Grand quitte son quartier général à Maracanda (Samarcande) pour conquérir la citadelle à la place de l'actuelle Tachkent, au sud de laquelle, sur Jaxartes (Syr-Daria), il ordonne la construction d'une ville-comptoir et forteresse qu'il nommeraAlexandrie Eskhatè (extrême), l'actuelleKhodjent auTadjikistan.
Les chroniques chinoises duIIe siècle av. J.-C. citent un autre site situé dans la limite de la ville actuelle,Yuni, faisant partie du pays deKangju.
Longtemps considérée comme le véritable berceau de Tachkent, la ville-État deTchatch (aussi appeléeChach-tépa), composée de plusieurs sites fut établie auIer siècle. Elle devient rapidement une grandeoasis prospère dont le roisassanideperseShapurIer fait mention dans ses écrits en262.
Pendant longtemps, cette ville, située sur les bords de la rivièreTchirtchik, affluent duSyr-Daria, près de la chaîne montagnarde deTian Shan, fut une étape importante sur laRoute de la soie[5], pour les voyageurs faisant du commerce entre laChine et l'Europe, le point de départ des caravanes allant vers la vallée deFerghana,Kachgar et ensuite vers l'Empire du Milieu avant d'être anéanti au début duVIIIe siècle par lesinvasions arabes. Les vestiges de Madina Tchatcha (capitale de Tchatch) subsistent encore sous la collineMing o'rik (Mingouriouk dans sa forme russifiée), dont le nom signifie « milleabricotiers »[6].
Les conquérants, les périodes de prospérité et de déclin se succédèrent ici : Tchatch joua le rôle d'une petite ville provinciale, comme celui d'une forte capitale. Plusieurs siècles durant, cette ville attise les convoitises et subit la dominance de divers conquérants : deschahs perses, en passant par les hordes desHuns et desYuezhi.
Point d'attache important du commerce et de l'artisanat sur les itinéraires decaravanes, l'actuelle Tachkent fut aussi le pôle principal duzoroastrisme jusqu'à ce que la conquête arabe, à la suite de labataille de Talas au début duVIIIe siècle, y importât l'islam.
À partir de cette époque, la destruction de Tchatch par les troupes du généralarabeQutayba ben Muslim vers715 force Tachkent à se rebâtir plus au nord, à l'actuel emplacement des quartiers Khadra, Eski-Djuva et Tchorsu, sous le nom deBinkent. Elle se retrouva à son tour dans les possessions de divers khalifats musulmans avant de tomber aux mains desMongols au début duXIIIe siècle qui l'ont complètement détruite en1219. Plus tard, elle renaît sous le règne desTimourides (XVe siècle) et desChaybanides qui leur ont succédé à partir de1507, pour mener ensuite assez longtemps une existence indépendante, entre autres sous le règne deBabur, avant d'être annexée, à son tour, par lekhanat de Kokand en1809.
En1867, après une conquête fulgurante des troupesrusses menées par le généralMikhaïl Tcherniaïev (1865), Tachkent devint le siège du gouvernement général de ce qui fut formé en tant queTurkestan russe et le chef-lieu administratif de l'oblast du Syr-Daria. La ville voit ensuite l'arrivée massive d'immigrants russes et d'autres nationalités de l'Empire[7], attirés par le climat clément de cette contrée orientale nouvellement conquise. Tachkent est alors divisée entre ville nouvelle (russe), verte et européenne, et vieille ville (autochtone), traditionnelle et poussiéreuse. À la limite de la nouvelle et de la vieille ville, de part et d'autre du vieuxcanal Ankhor, s'est constitué le centre moderne de Tachkent, bordé par des bâtiments administratifs et des édifices publics, notamment autour de laplace de la cathédrale (aujourd'hui place de l'Indépendance). En 1901, letramway de Tachkent effectue son premier parcours au centre-ville.
Avec la chute de l'Empire russe, le gouvernement provisoire lève toutes les restrictions qui étaient basées sur la religion et l'origine, une vague d'enthousiasme se leva. Un défilé d'ouvriers et de soldats a lieu le au son dela Marseillaise. En avril 1918, la ville devint la capitale de laRépublique soviétique autonome du Turkestan.
Tachkent, plan (1865).
Vue d'une rue de la vieille ville asiatique en 1898.
Pendant laSeconde Guerre mondiale, Tachkent accueille plusieurs centaines de milliers de familles soviétiques fuyant l'invasion hitlérienne à l'ouest, dont de multiples orphelins de guerre, ce qui accélère la russification de la ville. Une partie des industries lourdes de la partie européenne de l'URSS est également évacuée à Tachkent. Ces usines resteront en Ouzbékistan après la guerre, contribuant ainsi à l'industrialisation de la République. La célèbre poétesse russeAnna Akhmatova, fuyant tant les Allemands queStaline, se réfugie aussi dans la capitale ouzbèke de1941 à1945.
L'immigration de tous les coins de l'URSS crée un élan pour la science et la culture. En 1943, ouvre l'Académie des sciences de la RSS d'Ouzbékistan, puis suivent23 instituts de recherche. Plusieurs studios de cinéma soviétiques y sont également évacués pendant laguerre. Après la guerre, la ville connaît également un grand essor architectural (théâtre Navoï, théâtre Moukimi, etc.).
Le4 janvier1966 est organisée à Tachkent la Conférenceindo-pakistanaise, qui aboutit au rétablissement des relations diplomatiques entre ces deux pays.Le premier ministre indienLâl Bahâdur Shâstrî meurt à Tachkent d'une crise cardiaque le lendemain de la signature de l'accord historique avec le président pakistanaisMuhammad Ayub Khan le.
Tachkent et sa région sont sévèrement frappées par untremblement de terre le, après lequel un vaste programme de reconstruction est lancé, grâce à la participation de toutes les républiquessoviétiques. Reconstruite, la ville acquiert un aspect architectural moderne et original, avec des parcs, grandes places et larges avenues boisées. La ville ne connaissant presque pas de précipitations entre les mois de juin et septembre, un réseau de mini-fontaines et de mini-canaux d'irrigation (aryqs) est installé à travers tout Tachkent pour arroser les gazons et les arbres, massivement plantés dans les nouveaux quartiers commeTchilanzar. Après le tremblement de terre de 1966, Tachkent prend l'aspect d'une ville moderne à l'urbanisme typiquement soviétique (larges avenues boisées, quartiers constitués en blocs d'habitations, etc.). Laplace Lénine (ancienne place Rouge et ancienne place de la cathédrale) est agrandie plus de trois fois et demie avec une nouvelle statue deLénine.
Après 1966, la capitale ouzbèke connaît une expansion considérable. Sa superficie double par rapport à 1946. Tachkent devient ainsi la ville la plus peuplée d'Asie centrale, dépassant de loin sa rivale, la ville d'Almaty, ancienne capitale duKazakhstan. Tachkent est désormais une métropole industrielle moderne (machinerie agricole, aéronautique, textile, etc.) et culturelle ouzbèke. Elle abrite des universités, plusieurs dizaines de facultés et de nombreux théâtres et musées. Dans les années 1960-1980, Tachkent a accueilli le prestigieux Festival international de films d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine.
Tachkent (la plus grande ville d'Asie centrale), vue de l'espace (zone grise en haut à droite) dans la vallée de la rivière Chirchiq. Dans les zones non-désertiques, on voit les champs de coton qui dominent (devant le blé, le riz, le jute, les melons et divers légumes). Au centre, la masse d'eau vert foncé est le réservoir de Shardara (lac artificiel issu du barrage de Chardara, consacré à l'irrigation ; la couleur claire montre l'accumulation de sédiments apportés par le fleuve Syr Darya. On distingue aussi les 4 000 km2 du lac Aydar, également artificiel (le plus grand réservoir d'Ouzbékistan). Source : ASA, mission Copernicus Sentinel-2 (résolution de 10 m)
Le, Tachkent subitsix explosions, dont une devant le Parlement, peu avant l’arrivée du présidentIslom Karimov. Les bombes font seize morts et cent trente blessés, et ravagent certains immeubles gouvernementaux ainsi que le siège social de la Banque nationale. Les autorités croient à un attentat contre le président et accusent la mouvance islamique. En2004, deux autres attentats attribués au mouvement islamisteHizb ut-Tahrir ont lieu à Tachkent : fin mars une explosion visant les forces de l’ordre se produit sur lebazar de Tchorsu, et fin juillet, desattentats suicides sont perpétrés simultanément contre les ambassades desÉtats-Unis et d’Israël. Depuis, la police (militsia) est omniprésente : les contrôles ont été renforcés dans les endroits populaires et à la sortie de l'agglomération. Néanmoins, le climat politique est revenu à la normale et les élections législatives ( et) se sont déroulées dans le calme et sans incident.
Depuis 2000, un réseau de voies rapides et d'échangeurs routiers a été créé dans Tachkent pour désengorger le trafic automobile en constante augmentation, et accélérer l'accès aux quartiers périphériques. Plusieurs endroits de la ville ont connu d'importantes transformations (construction de routes, de parcs ou de nouveaux immeubles), souvent accompagnées par une destruction de quartiers entiers ou d'immeubles historiques.
En 2018, la décision des autorités de créer « Tachkent City », un grand centre d’affaires, conduit à l'expulsion des milliers d’habitants du centre historique de la ville et déclenche une vague de protestations[8].
La ville de Tachkent est très célèbre pour ses superbes marchés couverts, lesbazars (bozorlari en ouzbek) : ce sont les endroits les plus pittoresques et vivants de la ville, dont les plus connus sont Oloy (Alaïski),Chorsu, Farhod (Farkhadski), etc., avec des étalages abondants degrenades, deraisins, de fruits secs, d'épices parfumées, depommes et depoires, detomates géantes ou dekakis.
La capitale ouzbèke est une ville très verdoyante, une véritableoasis fortement aérée, et située entre les montagnes deTchimgan et les vallées irriguées duTchirtchik et duSyr-Daria. Tachkent est au cœur d'une vaste région agricole : la ville est entourée de plantations decoton, de jardins fruitiers et devignobles.
(Note : les noms des lieux historiques tachkentois ci-dessous mentionnés sont francisés phonétiquement et diffèrent de leur graphie ouzbèke latine)
De l'architecture tachkentoise d'avant leXVIe siècle, quand Tachkent est devenue la capitale desChaïbanides, ne subsistent, de nos jours, que de rarissimes vestiges, tels que ceux de la Tchilla-khaneh (refuge de la chaleur et salon du thé) auprès dumausolée de Zaïnoudine-Bobo.
Le quartier d'Oq-Tepa (Oktépa), dans l'arrondissement deTchilanzar (sud-ouest de Tachkent), recèle un site archéologique près de la rivière de Boz-sou. Le site est composé d'unkourgane de 15 mètres de hauteur, lié au culte despanthéistes, et les vestiges d'unchâteau fort carré avec quatre tourelles datant duIVe siècle. Le site possède également des ajouts à usage religieux datant duVe auVIIIe siècle. Tout porte à croire qu'Oq-Tepa fut un carrefour commercial majeur de la ville (madina) de Tchatch.
Vers la fin duXVIe siècle voient le jour lamadrasa (école coranique) Barak-Khan et lamosquée au sein du centre Khazrat Imam (Hast Imom) (connu aussi sous le nom de Teliachaïakh), dont la construction débuta auXe siècle. Cette dernière garde les fragments d'un Coran ancien, faussement attribué au troisièmecalifeUthman. En réalité, il date de la fin duVIIIe siècle ou du début duIXe siècle[16]. Ce vieux livre de353 pages a été conservé dans les trésors des califes d’Arabie (àMédine,Damas,Bagdad).Tamerlan (Amir Timour) le rapporta au retour de sa conquête de laMésopotamie. Sous laRussie impériale, le Coran a été envoyé àSaint-Pétersbourg et déposé à la bibliothèque publique impériale. Après larévolution de 1917, les musulmans deKazan l’emportent dans la ville d'Oufa, puis à Tachkent.
Cet édifice islamique célèbre, récemment restauré, recèle également lasépulture d'Abou Bakr Moukhammad Kaffal Chachi (Abu Shashi), docteur de l'islam, philosophe et poète qui vécut de904 à979. Lemausolée d'Abou Bakr Moukhammed Kaffal Chachi a été bâti en1541 au-dessus de la tombe d'Abou Chachi qui était l'un des premiers prophètes islamiques locaux, mort en 976. Le grand tombeau a souffert des tremblements de terre, mais des éléments de sa décoration demeurent toujours intacts. La madrasa a été partiellement reconstruite dans les années 1900 et totalement restaurée en 2008.
À la même époque est érigée lamadrasa Koukeldach, située à l'entrée de la vieille ville. Son architecture traditionnelle lui donne un aspect similaire aux autres madrasas du pays. La façade du bâtiment est décorée demajolique et les inscriptions islamiques ornent la voûte de l'une des entrées (pishtak) de la madrasa. Les fenêtres sont faites avec des treillis traditionnels (pandjara) protégeant les pièces du soleil ardent d'été. La cour intérieure boisée de la madrasa se termine par un bâtiment plus grand, surmonté d'un dôme - darskhaneh ou darskhona (salle de cours). Les pièces réparties autour de la cour, les houdjrs, servent d'habitation aux étudiants, et les leçons s'effectuent, en règle générale, en plein air dans une cour de la madrasa, ce que le climat local permet pendant une grande partie de l'année.
Seulement trois mois après la conquête russe, en octobre 1865, les troupes d'Alexandre II érigent dans la ville laforteresse de Tachkent, une fortification unique enAsie centrale. La construction, faite sous forme decitadelle dispose de sixbastions et de trois portes. Bien fortifiée, dominant stratégiquement la « vieille ville » et protégeant celle dite « nouvelle » (russe), la forteresse de Tachkent est une importante place forte de l'armée russe dans la région. Mais ce sont plutôt les attaques des soldats russes que les officiers de la forteresse doivent affronter, en 1905 et en 1917 (lors de larévolution russe), ainsi qu'en 1919, quand la forteresse est au centre d'une émeute anti-bolchévique, dirigée parConstantin Ossipov et réprimée dans le sang. De nos jours, il ne subsiste qu'une porte de cette forteresse. De radicales rénovations ont toutefois débuté en 2008.
La place centrale - ou place Amir Timour (Markaziy (ou Amir Timour) Hiyobon) -, déployée à partir de 1882 en tant que place Constantin (Konstantinovski) est rénovée à la fin des années 1990. Sesplatanes centenaires, jadis protégés par l'État, sont décortiqués par les « mises en perspective » à la fin de 2009. Certains bâtiments datant deXIXe siècle situés à la proximité de la place sont aussi démolis. La place donne accès à la rue piétonne Sayilgoh, officieusement appelée Broadway.
Le quartier de Cheikhantaour (Sheyhantaur), construit par le maître usto Abd ar-Rahim vers1892, est un autre secteur remarquable de la vieille ville de Tachkent. L'entrée de Cheikhantaour du côté de l'actuelle rue Navoï a été exécutée en forme carrée avec quatre grandes voûtes irrégulières. Le dôme qui semble taillé au bistouri et les tourelles ciselées - le gouldasta - décorent cette structure remarquable appelée« tchortak ».
Le grandopéra de Tachkent, dont le nom officiel est Théâtre d'opéra et de balletAlicher Navoï et qui porte le nom d'un célèbre poète du Moyen Âge, est une œuvre de l'architecte et académicien soviétique russeAlexeï Chtchoussev (qui a aussi conçu lemausolée de Lénine àMoscou). C'est un exemple typique de l'architecture ouzbèke soviétique du milieu duXXe siècle, alliant monumentalisme stalinien et motifs nationaux. Construit en1947 par des prisonniers japonais, il a supporté sans dommage le tremblement de terre de1966. Les salles du théâtre sont ornées d'ouvrages réalisés par les meilleurs maîtres artisans ouzbeks -östolari - qui ont transformé le foyer du théâtre en un musée original d'art décoratif national.
Dans la même époque, en 1947, la Tour de l'horloge (kouranty) est érigée au centre-ville, muni d'un mécanisme rapporté d'Allemagne. Resté longtemps symbole de la ville, cette tour a eu sa jumelle, construite en face en 2009.
Parmi les multiples musées de Tachkent, leMusée des arts appliqués abrite une collection étendue decéramiques, de bois découpé, de textiles, de tapis, de fonte, et d'autres artisanats. Lemusée des beaux-arts (regroupant quelques chefs-d'œuvre d'art antique, de peinture russe duXVIIIe siècle et duXIXe siècle et d'impressionnistes français), le musée d'histoire, le musée Amir Timour (Tamerlan) ou la toute nouvelle galerie NBU d'arts modernes (les deux derniers ont été construits après l'indépendance) sont également dignes d'intérêt.
La capitale ouzbèke est la seule ville d’Asie centrale dotée d’unmétro dont chaque station est largement décorée selon un thème particulier. La première ligne est inaugurée en1977, et on en compte aujourd’hui trois.
Parmi les constructions de l'époque soviétique, celle de laTour TV de Tachkent est remarquable : cette structure unique qui fait 375 mètres de haut marie les architectures traditionnelles ouzbèkes et contemporaine. La tour abrite les équipements de radiotélévision et d'autres types de communication, ainsi qu'un restaurant tournant.
Façade du Palais des forums en construction (été 2009).Le centre-ville de Tachkent.HôtelLe Méridien, Tachkent.
Depuis l'indépendance, conséquence de la dissolution de l'URSS à Noël1991, et surtout dans les années 2000, le président ouzbekIslam Karimov a commencé et supervisé un vaste programme de reconstruction urbaine, sans consultation publique, censé donner à la ville un aspect encore plus moderne et fonctionnel. Ce plan d'urbanisme allie les traditions d'architecture islamique (arches, coupolesturquoise, décors engypse sculpté, etc.), le classicisme monumental (grandes colonnes, clôtures en fonte, usage massif de marbre) et le modernisme fonctionnel (vitres teintées, chrome, etc.) dans le but d'illustrer le renouveau de la nation et l'avenir voulu radieux d'une puissance économique régionale. Il cherche également à effacer toute trace du passésoviétique, ce qui se traduit par une destruction de la totalité de symboles ou de monuments à connotation politique provenant de cette époque. Les autorités de la ville ont également procédé au renommage de toutes les toponymies ayant un rapport direct ou indirect avec l'époque socialiste (par exemple, le nom « amitié des peuples », le leitmotiv de la politique nationale soviétique, est désormais banni).
Beaucoup d'efforts de construction se concentrent sur les bâtiments des organes du pouvoir, des banques, ainsi que les salles de concert. Parmi eux, d'imposants bâtiments sont nouvellement construits, avec colonnades et coupoles de couleurs vives, tels que l'hôtel de ville (Toshkent Shahri Hokimiyati), l'Assemblée nationale (Oliy Majlis) ou encore le palais Blanc présidentiel (Oq Saroy), caché du regard de la population. Le bâtiment du cabinet des ministres (gouvernement), sérieusement endommagé après les attentats de1999, ainsi que celui du parlement, ont été entièrement refaits selon les goûts personnels du président Karimov, tandis que l'ancien symbole de la ville, la double tour qui se trouvait, comme les deux autres, sur la place de l'Indépendance (Moustaqillik Maïdoni), place de typeagora la plus vaste d'Asie centrale, a été complètement refaite.
Dans les années 2004-2008, le centre historique de Tachkent continue à se transformer, surtout après l'annonce des festivités pour célébrer les 2 200 ans de la ville en 2009. Le marché Tchorsou et la place Eski Djouva sont rénovés et un Centre de la mode est construit à leurs alentours avec respect du style ancien des constructions avoisinantes héritées de l'époque desTimourides. Plusieurs édifices religieux sont restaurés ou construits avec de grands moyens issus de fonds publics ou privés.
Pour marquer les 2 200 ans de la ville, un imposant palais des congrès « Ouzbékistan » est érigé sur la place Amir-Timur. Le bâtiment, muni d'une coupole de 48 mètres, a une superficie totale de 9 500 m2. Il dispose de deux salles de 2 200 et de300 places chacune.
Plusieurs lieux d'intérêt se trouvent en dehors de l'enceinte de la ville de Tachkent.
À 60 km au nord-est se trouve la région de Bostandyk, appelée la zone subtropicale duTian Shan en raison de la chaleur constante qui y règne toute l'année, les montagnes la protégeant des vents froids du nord ; l'humidité y est propice aux vergers, à la vigne et aux noyers. Le chef-lieu de cette région,Tchimgan, est l'endroit de villégiature le plus réputé d'Ouzbékistan et une station de sports d'hiver de montagne importante. Non loin de là, le lac artificiel deTcharvak offre des paysages majestueux et une aire de repos appréciée des citadins fuyant la chaleur estivale de la capitale.
Au niveau local, Tachkent est desservie par unmétro, construit en 1977 et comprenant 50 stations, ainsi qu'unréseau d'autobus(ru) comprenant 163 lignes. D'autres réseaux desservaient autrefois la ville, par exemple untrolleybus(en) jusqu'en 2010 et untramway jusqu'en 2016. Une réouverture de ce dernier est prévue en 2024. Uneligne de train à grande vitesse(en) relie Tachkent àBoukhara, une grande ville du centre-ouest du pays.
Entre 1941 et sa fermeture en 2014, l'association de construction aéronautique de Tachkent qui était l'une des cinq plus grandes usines aéronautiques au monde a produit environ 10 000 avions et employait jusqu'à 50 000 personnes dans les années 1980[18].
Cette section doit êtreactualisée.(septembre 2023) Il manque des informations récentespertinentes etvérifiables, et certains passages peuvent annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme actuels.Mettez à jour oudiscutez-en.
S. Daniyarov, B Daniyarova et T. Tochtemirova,Ouzbékistan, Paris, Guides peuples du monde,, 478 p.(ISBN9 782907629 867),p. 83-110.
D.A. Alimova etM.I. Filanovich,Toshkent Tarihi (қadim davlardan Bugungi Kungach) [« L'histoire de Tachkent (des temps anciens à nos jours) »], Tachkent, Art Fleks,, 192 p.(ISBN978-9943-301-08-5).