« Tables d’Héraclée » ou « Tavole palatine » : tables de bronze découvertes en 1732 dans les vestiges de la cité d’Héraclée de Lucanie. Musée archéologique national de Naples.
La datation est assez controversée, le contenu peut rassembler des dispositions législatives venant de textes antérieurs. Selon la vision habituelle des historiens, elles contenaient le texte de lalex Iulia municipalis, promulguée après la dictature deSylla et probablement parJules César en45 av. J.-C.[4] et fixaient les principes à respecter par toute loimunicipale d'une cité romaine. Mais de nombreuses études récentes proposent une datation nettement antérieure à l'époque césarienne[5],[6],[7].
Elles constituent un documentépigraphique de premier ordre pour constater l'évolution des procédures de recensement romaines, jusque-là centralisées sur Rome, malgré l'extension de lacitoyenneté romaine à de nombreuses villes italiennes. Elles définissent notamment les modalités de recensement des citoyens romains, selon une procédure nouvelle, à la fois décentralisée, générale et unifiée pour tous les municipes : chaque fois que lescenseurs à Rome mèneront une opération decens, les magistrats de la municipalité doivent opérer les opérations de cens dans un délai de soixante jours, en conserver les résultats dans leurs registres publics et envoyer un exemplaire à Rome, à destination descenseurs[8].
Henri Legras,La table latine d'Héraclée (la prétendue lex Julia municipalis), Paris, Arthur Rousseau, 1907, 402 p. (texte latin, traduction en français et commentaire historique et juridique).En ligne sur archive.org.
Claude Nicolet,L'inventaire du monde : géographie et politique aux origines de l'Empire romain, Paris, Fayard, 1988,p. 139 et suiv.
ClaudeNicolet, « La Table d'Héraclée et les origines du cadastre romain. In: L'Urbs : espace urbain et histoire (Ier siècle av. J.-C. - IIIe siècle ap. J.-C. »,Actes du colloque international de Rome (8-12 mai 1985), École Française de Rome,,p. 1-25(lire en ligne)
L'abstract indique que les caractéristiques linguistiques, un dialecte contenant des archaïsmes, intriguent les hellénistes. Mais le croisement avec des sources historiques et archéologiques sur Héraclée de Lucanie indiquent une population composite, ce qui affaiblit la thèse du dialecte, mais plutôt des dirigeants souhaitant une continuité linguistique et identitaire. L'étude du contexte fait que la date de rédaction doit être estimée dans la première moitié duIIIe siècle av. J.-C.