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TERF ([tɛʁf], également écritterf), est unacronyme detrans-exclusionary radical feminist (« féministe radicale excluant les personnes trans » en anglais) qui désigne une personneféministe excluant lesfemmes trans des luttes féministes, car, en se basant exclusivement sur les aspects biologiques, elle considère que les personnestransféminines ne sont pas desfemmes et ne partagent pas les problèmes auxquels répond le féminisme.
Le terme désigne aussi un mouvement. Ce dernier est souvent décrit, en particulier par ses critiques, comme relevant de positionnementsessentialistes ettransphobes. Né auRoyaume-Uni, il s'est développé conjointement auxÉtats-Unis et enEurope dans les années 2010. Des liens existent entre les TERF et des mouvementsconservateurs, notamment la droite chrétienne américaine, autour de l'opposition aux droits des personnes trans.
Créé en 2008 avec la volonté d'être un terme neutre, le terme TERF a acquis une connotation péjorative, voire d'insulte. Initialement employée pour désigner les féministes radicales trans-exclusives, l'appellation TERF a été étendue à d'autres personnes qui ne sont pas féministes radicales, ni même féministes, mais dont les positions sont jugées transphobes par les féministes trans-inclusifs. Dans les années 2020, certaines personnes qualifiées de TERF préfèrent se nommerféministe critique du genre (gender-critical feminist).
Lablogueuse féministe australienne Viv Smythe est considérée comme la créatrice du terme TERF en 2008[1] dans un post de blog en réaction à la décision duMichigan Womyn's Music Festival de refuser l'entrée auxfemmes trans[2] : elle cherchait à distinguer les féministes TERF du reste du mouvementféministe radical. À sa création, l'acronyme se veut uniquement descriptif : en 2014, Smythe a déclaré qu'elle cherchait alors à« proposer un terme technique et neutre pour décrire un certain groupe d'activistes, en les différenciant des féministes radicales qui se positionnaient de façon neutre ou positive vis-à-vis des personnes trans »[3]. Dans son message initial, elle propose également l'acronyme TES (trans-exclusionary separatists, séparatistes excluant les personnes trans)[2].
Si Viv Smythe a contribué à populariser le terme (notamment sur internet), elle reconnaît que la question de l'inclusion des personnes trans était déjà un sujet de débat parmi les féministes radicales, et que le label TERF aurait même pu être employé auparavant[2].
SelonCristan Williams, historienne trans, le terme fait référence à une modalité du féminisme radical« tellement enracinée dans l'essentialisme sexuel et lebiologisme qui en résulte, qu'il milite activement contre l'existence, l'égalité et/ou l'inclusion des personnes trans[4]. » DansThe New York Times en 2019, lathéoricienne féministeSophie Lewis (en) utilise le néologisme« TERFism » pour décrire le féminisme anti-trans au Royaume-Uni[5]. Sophie Lewis ajoute que le TERFism fait partie intégrante de l'histoire du féminisme car sondéterminisme biologique provient directement du féminisme fasciste du début duXXe siècle, du système colonial britannique et de sa classificationracialiste et stricto-biologique des humains[6].
Le mot TERF est depuis utilisé pour décrire lesféministes qui soutiennent des positions considérées commetransphobes[7],[5],[8],[9], telles que l'opposition auxdroits des personnes trans et à l'inclusion des femmes trans dans les espaces ennon-mixité[10],[11],[12], les listes politiques réservées aux femmes[13], opinions généralement fondées sur le refus de considérer que les femmes trans sont des femmes[11].
En 2021, le sociologue britannique transFinn Mackay (en) note que l'appellation TERF s'est répandue dans les espaces militants (notamment en ligne) et dans la presse, et que le terme est désormais utilisé pour qualifier toute personne ayant des positions transphobes ou excluant les personnes trans, sans lien avec leféminisme radical :« il est appliqué aux personnes qui ne sont pas militantes féministes et ne se définiront jamais comme féministes ; il est utilisé pour qualifier des gens qui peuvent être féministes, mais ne seront jamais féministes radicales ; c'est devenu un raccourci pour transphobe[2]. » Mackay regrette également que le féminisme radical soit presque systématiquement associé à la transphobie dans le débatmainstream, effaçant ainsi les nuances entre les différents courants (lesbianismes politiques, féminismes culturels, séparatismes, abolitionnismes du genre…)[14].
Les féministes qui sont qualifiées de TERF considèrent ce terme comme uneinsulte[15],[16],[17]. Certaines se voient comme« critique[s] du genre »[18],[15],[19],[20],[21].
La chroniqueuse britanniqueSarah Ditum (en) estime en 2017 que« la barre pour être qualifiée de TERF est remarquablement basse[22]. » La blogueuse britannique Claire Heuchan, critiquant la décision de l'université de Cambridge de désinviter laféministe lesbienneLinda Bellos à la suite de son propos selon lequel l'agenda trans est d'affirmer la suprématie masculine, a écrit que ce mot était souvent utilisé en même temps qu'une« rhétorique violente (…) pour déshumaniser les femmes qui critiquent le concept de genre. » Elle déclare également que la rhétorique violente est omniprésente et que le terme TERF contribue à minimiser le rôle des hommes comme véritables auteurs des violences à l'égard des femmes et des personnes trans[23]. Cet avis est partagé au sein du mouvement trans lui-même, et la journaliste Beth Desmond considère que les personnes trans n'ont rien à gagner d'un vocable trop violent, à propos d'un extrait deMortal Kombat posté sur YouTube, et dans lequel son personnage poignarde la catcheuseRonda Rousey, avec la légende« ce que je fais aux terfs »[24],[25].
Dans la présentation d'une série d'essais sur« les identités transgenres », le magazine britanniqueThe Economist demande en aux auteurs« d'éviter toute insulte, y compris l'utilisation du terme TERF », affirmant que ce mot est utilisé pour tenter de faire taire les opinions et parfois pour inciter à la violence[26].Le Monde qualifie aussi le terme de péjoratif[12].
En, sept philosophes britanniques écrivent sur le siteDaily Nous que deux articles deRachel McKinnon[27] et deJason Stanley (en)[28] publiés dans la revuePhilosophy and Phenomenological Research ont normalisé le terme. Ils estiment que celui-ci est« au pire insultant et au mieux péjoratif »[29],[19].
Certaines féministes radicales utilisent la dénominationgender critical (critique du genre).Finn Mackay (en) la définit ainsi :« "critique du genre" est un terme utilisé par celles et ceux qui critiquent ce qu'ils appellent l'idéologie du genre ou l'idéologie trans et qui sont, de manière générale, opposés à la libéralisation des lois concernant la reconnaissance sexuelle et du genre, et opposés à l'inclusion des femmes trans dans de nombreux espaces de femmes[30]. » Selon Claire Thurlow, bien que ce changement de terminologie soit présenté comme une manière de rejeter la transphobie ouverte des débuts du mouvement TERF, les idées restent les mêmes[31].
Pour marquer leur différence avec les mouvements féministes, certaines commeMarguerite Stern préfèrent se qualifier de « femelliste »[32].
Certaines féministes qui se décrivent comme critiques du genre affirment qu'elles ne peuvent pas être décrites comme trans-exclusives, puisqu'elles déclarent inclure leshommes transgenres, qu'elles considèrent comme étant des femmes[33],[34],[35]. Cependant, il semble constant que les TERF, tout en cristallisant plus de tensions autour des femmes trans (qu'elles excluent totalement de leurs combats), ne défendent pas les hommes trans en tant que personnes trans, mais en les percevant comme des femmes. Elles les incluent dans les personnes à défendre au nom du féminisme sans considérer leur identité de genre, considérant que, si les femmes trans seraient particulièrement à blâmer parce qu'elles insulteraient les femmes biologiques et utiliseraient des marqueurs caricaturaux du féminin, les hommes trans seraient également en tort en reproduisant une forme de rejet du féminin, de domination masculine et, selon certaines, de validation de stéréotypes de genre[36].
La question de l'inclusion des femmes trans est débattue au sein des mouvements féministes depuis les années 1960, durant ladeuxième vague du féminisme[14]. Cette controverse s'inscrit dans des débats plus larges sur les rapports de pouvoir entre les femmes et les différences en matière de race ou de classe sociale[30].
Dans lesannées 2010, la visibilité médiatique des personnes trans s'accroît auRoyaume-Uni et auxÉtats-Unis, avec certaines personnalités commeLaverne Cox ouCaitlyn Jenner, tandis que parmi lagénération Z (née à la fin desannées 1990 et début 2000), la diversité et la fluidité des identités de genre est de plus en plus importante[37]. En réponse, l’Église catholique et les groupes partisans duconservatisme sociétal dénoncent ce qu'ils appellent la« théorie du genre » ou« l'idéologie du genre »[38]. Ce faisant, ils reprennent des termes déjà utilisés par les féministes radicales, mais employés dans un sens profondément différent : l'Église et la droite défendent une vision traditionnelle de la famille nucléaire hétérosexuelle au sein de laquelle les différences de genre seraient naturelles et complémentaires, et l'idée que le genre découlerait naturellement des caractéristiques sexuelles, tandis que les féministes radicalesgender critical s'opposent aux approches assimilant le sexe au genre (sansdistinction entre sexe et genre) et invisibilisant les oppressions basées sur le sexe[38].
Dans lesannées 2010-2020, les débats autour des personnes trans deviennent de plus en plus âpres et trouvent un écho dans la presse et les médias, en particulier au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans le reste de l'Europe[39]. Il est notamment question detoilettes non genrées (en), de vestiaires ou encore des aspects médicaux destransitions de genre, particulièrement pour lesenfants et adolescents trans.« Dans les médias, cela est souvent réduit à un combat entre les féministes et les personnes transgenres, particulièrement entre les femmes trans et […] le féminisme radical »[40].
Des groupes TERF se sont rapprochés de mouvements conservateurs (aux États-Unis et au Royaume-Uni) dans un contexte général de lois anti-trans[41],[42],[43] ou ont vu leur discours repris par ces mouvements conservateurs et l'extrême droite[24]. Des liens existent entre des organisations féministes excluant les femmes trans et des organisations de la droite conservatrice chrétienne américaine (comme l'ONGFamily Research Council ou laHeritage Foundation). Dans certains cas, ce rapprochement est une stratégie assumée de la part des conservateurs afin de fragiliser le mouvement LGBT+ en le divisant, certaines sensibilités défendant par exemple les droits de la communautéhomosexuelle, la diversité et la fluidité desorientations sexuelles, sans soutenir les revendications trans et sur l'identité de genre[44]. De façon générale, diviser leprogressisme et le féminisme peut profiter aux conservateurs etantiféministes. Selon le sociologueEmmanuel Beaubatie, qui considère les femmes trans comme des femmes, les TERF n'en sont pas consciemment complices mais stigmatisent la transidentité par laquelle des sujets qu'elles jugent masculins corrompraient leurs combats et ne s'attaquent ainsi pas à ceux qui les oppriment en réalité, éludant le caractère intersectionnel du féminisme par un conflit entre populations dominées qui ne profite pas aux femmes[45].

Le mouvement TERF naît auRoyaume-Uni[46] et y est relativement puissant[13],[47], en particulier dans la presse[21],[5],[48]. Il s'est allié à des groupes conservateurs auxÉtats-Unis pour bloquer l'évolution de la législation en faveur des personnes trans[49],[50],[51],[52],[53]. À la fin desannées 2010, alors que le gouvernement britannique révise leGender Recognition Act de 2004 (qui autorise la transition de genre), les groupesLGBT+ et des groupes féministes anti-trans s'opposent lors de conférences et de manifestations. Des meetings sont bloqués et des cas d'altercations physiques entre militants des deux bords sont rapportés[54]. Certaines militantes souhaitaient que toute la législation reconnaissant les personnes trans soit abolie. Finn Mackay décrit la situation comme un conflit qui escalade, et parle même de guerre idéologique ou« gender wars » :« nous sommes arrivés à l'étape du "soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous" »[54].
Le, surTwitter,J. K. Rowling provoque la colère des militants trans en insistant pour identifier les termes« femme » à« personne qui a des règles »[55],[56] dans une réaction à un article[57]. Elle critique l'emploi dans un tweet de l'expression« personne qui a des règles »[58] à la place du mot « femme », expression motivée par la personne qui l'employait par le fait que les femmes trans n'ont pas de règles, ou que certaines personnes, qui ont des règles, ne s'identifient pas en tant que femmes (non-binaires ou hommes trans)[59],[60]. Elle a été ensuite menacée de viol et de mort[61],[62]. Elle a par ailleurs apporté son soutien[63],[64] à la chercheuseMaya Forstater, dont les opinions sur les personnes trans, exprimées à l'occasion de la discussion duGender Recognition Act[Note 1], ont été, dans un premier temps, jugées« indignes » par un tribunal londonien[65],[66],[Note 2], avant renversement lors d'un appel, les jugeant finalement« idées philosophiques protégées par la loi »[67]. J.K. Rowling se dit engagée en faveur des femmes et est considérée comme une icône mondiale de premier plan du mouvement TERF[68],[69], bien qu'elle rejette elle-même cette caractérisation[70].
L'association britanniqueLGB Alliance, qui adapte le terme LGBT à l'exclusion de la mention de l'identité de genre, nie être transphobe, mais s'oppose aux droits des personnes trans, qu'elle qualifie« d’extrémistes du genre »[71].
En, la militanteKellie-Jay Keen-Minshull dite Posie Parker doit annuler une tournée de conférencesLet Women Speak enNouvelle-Zélande après avoir fondé le le mouvement du même nom[72], ses positions étant jugées transphobes[73]. L'entreprise qui imprimait ses stickers, T-Shirts et affiches arrête de collaborer avec elle en raison de la teneur jugée transphobe de ses slogans en[74].
Le 16 avril 2025, laCour suprême britannique juge, dans l'arrêt For Women Scotland Ltd v The Scottish Ministers « que les termes "femme" et "sexe" dans la loi sur l'Égalité de 2010 se réfèrent à une femme biologique et à un sexe biologique » au Royaume-Uni. Cependant, la Cour ajoute :« son interprétation [de l'arrêt] ne devait pas priver les personnes transgenres de leur protection » s'agissant de la discrimination fondée sur le changement de genre[75].

Si l'inclusion des femmes trans est débattue entre féministes depuis la décennie précédente, l'ouvrage deJanice G. RaymondThe Transsexual Empire positionne pour la première fois en 1979 les femmes trans comme des sujets masculins violents infiltrant les espaces féminins et s'appropriant le corps des femmes[53].
Des liens importants existent entre les militantes TERF britanniques et américaines[39].
La journaliste et militante canadienne TERFMeghan Murphy est bloquée parTwitter pour avoir qualifié la femme transJessica Yaniv (en) d’homme, et avoir utilisé sonmorinom. Son recours auprès de la cour de Californie échoue[76].
Dans un spectacle en 2021, l'humoristeDave Chappelle s'autoproclame TERF et prend la défense deJ. K. Rowling. Les médias commeTélérama notent qu'il s'agit d'une blague fondée sur le fait qu'en réalité, Dave Chappelle est transphobe ethomophobe mais n'est pas féministe[77],[78], cette confusion qui s'affirme dans le langage courant en assimilant tout discours transphobe à l'idéologie TERF.
Le magazine allemandDie Tageszeitung réagit aux commentaires transphobes du magazine féministeEmma, notamment l'évocation dumorinom de la députée transTessa Ganserer, et l'affirmation qu’elle« prend la place d’une vraie femme » dans le cadre des quotas imposés aux partis allemands[79][source secondaire nécessaire]. La journaliste féministeAlice Schwarzer, rédactrice en chef du magazineEmma et autrice d'un livre sur la transidentité, a été qualifiée de TERF[80],[81].

En France,Marguerite Stern (ancienneFemen et fondatrice du mouvement Collages féminicides), puis d'autrescolleuses se réclamant non de l'essentialisme mais duféminisme matérialiste etuniversaliste[82], déclenchent en 2020 une polémique[83]. Marguerite Stern considère que les stéréotypes de genre sont renforcés par ce qu'elle qualifie de transactivisme et qu'il y aurait un continuum avec l'idée patriarcale que, d'une part, un homme de genre jugé féminin n'a pas le droit d'avoir cela pour identité mais est une femme, et d'autre part, que les femmes n'ont pas le droit de se définir sur une base excluant les marqueurs stéréotypés[84].
Elle dit lors d'un débat animé sur les réseaux sociaux qu'elle n'est pas une personne à vulve mais une femme, c'est-à-dire qu'elle est définie par son anatomie féminine, et que les femmes biologiques subissent dès avant leur naissance des discriminations que les personnes transféminines ne peuvent absolument pas partager et comprendre[85]. Elle est qualifiée par des féministes intersectionnelles de TERF après qu'elle a déclaré :
« Je suis pour qu’on déconstruise les stéréotypes de genre, et je considère que le transactivisme ne fait que les renforcer. J’observe que les hommes qui veulent être des femmes se mettent soudainement à se maquiller, à porter des robes et des talons. Et je considère que c’est une insulte faite aux femmes que de considérer que ce sont les outils inventés par le patriarcat qui font de nous des femmes. Nous sommes des femmes parce que nous avons des vulves. C’est un fait biologique[82],[86]. »
Stern est soutenue par la sénatrice socialisteLaurence Rossignol qui affirme que« le changement de logiciel pour réexaminer le féminisme à travers la transsexualité n’aboutit qu’à invisibiliser les femmes[82]. » Marguerite Stern regrette également une focalisation sur la transidentité aux dépens de la visibilité des enjeux féministes qu'elle y oppose et déplore que les femmes biologiques en lutte pour leurs droits soient réduites au silence[68].
Marguerite Stern cosigne ensuite avec la sociologueChristine Delphy (uneféministe matérialiste notoirement opposée aux personnes trans[87]), l'essayisteFatiha Boudjahlat et d'autres, une tribune hostile au féminisme trans. Cette tribune est initialement publiée sur leHuffington Post, puis dé-publiée par la rédaction qui la qualifie de transphobe[88],[89].
Le sociologueEmmanuel Beaubatie analyse cet affrontement en décalage avec les approchesintersectionnelles qui mettent l'accent sur l'hétérogénéité des groupes de femmes. Pour lui, le discours TERF montre que lesexisme (oucissexisme) anime la transphobie[45] ; le discours des féministes TERF n'est pourtant pas représentatif d'une société dans laquelle se« développe une norme d'acceptation des trans et […] de la non-conformité de genre » ; il« témoigne d'une irrépressible crainte de l'anéantissement des mouvements féministes », mais« se trompe d'ennemi. L'ennemi, c'est lepatriarcat »[45]. Beaubatie estime également que le militantisme des TERFs contre les droits des personnes trans relève d'un« conflit entre populations dominées : parce qu'elles sont opprimées, certaines féministes se sentent aisément menacées et s'en prennent à d'autres femmes - ici, les femmes trans - plutôt qu'aux réels oppresseurs »[90].
La philosophe féministePauline Clochec dit que le mouvement TERF est absurde car son affirmation d'une féminité fondée sur la définition biologique, même si elle souhaite en détacher les rôles genrés imposés par le patriarcat, reprend la nature reproductrice qui serait la première façon dont le patriarcat essentialise et opprime les femmes[85]. Les TERF, qui soutiennent la définition de la femme fondée sur le sexe, quand bien même elles soutiennent une liberté de genre, sont présentées par les critiques comme en rupture avec des décennies de sociologie féministe, notamment avec le concept defemellisme revendiqué parDora Moutot qui se rapproche de milieux d'extrême droite[91]. Ce terme, fondé sur l'idée que les femmes sont des femelles adultes humaines et vice-versa, désigne l'essentialisme dans la définition du féminin en sa forme spécifiquement construite contre la transidentité et ce que les TERF nomment le transgenrisme. Des critiques pensent qu'il ne s'agit pas de féminisme, et Dora Moutot elle-même ne privilégie pas ce dernier terme. Si les TERF semblaient exclure toutes les personnes qu'elles ne perçoivent pas comme des femmes du combat féministe, Constance Lefebvre, du collectif Toutes des Femmes, évoque même une proximité de cet essentialisme qui promeut une vision rigide des rôles de sexes moins avec lamisandrie qu'avec lemasculinisme, considérant que les TERF sont les« cautions progressistes des réacs » et que leur vision de la défense des femmes affaiblit celle-ci. Le positionnement de Dora Moutot, contrairement à celui de Marguerite Stern, n'intègre pas le souci de combattre les stéréotypes de genre mais se fonde sur l'idée de rôles sexuels complémentaires qui s'oppose à la vision égalitaire et à laliberté sexuelle. Conservatrice et essentialiste sur les questions desanté reproductive, comme le naturopathe anti-médecineThierry Casasnovas dont elle est personnellement proche, Dora Moutot est aussi en lien avec l'essayiste et militant masculiniste d'extrême droiteJulien Rochedy[92]. Déçue par le féminisme actuel et en désaccord avec la vision de l'identité de genre qui y est majoritaire, Marguerite Stern en exprime son rejet et affirme aussi partager des idées de Julien Rochedy[93].

En, une affiche duPlanning familial présentant un homme trans enceint déclenche de vives critiques de la part de l'extrême droite[94]. Plusieurs militantes TERF, comme Marguerite Stern et Dora Moutot, s'y opposent également. Les deux militantes signent dansMarianne une tribune adressée à la Première ministreÉlisabeth Borne pour« alerter [sur] la dérive idéologique » du Planning familial[92]. Elles sont ensuite reçues à l'Assemblée nationale par la présidente de la majorité LREM,Aurore Bergé[92],[69]. Celle-ci va alors ajouter le terme "femme" dans le projet de loi sur la constitutionnalisation de l'avortement, empêchant ainsi aux hommes trans d'y avoir accès[69]. Peu après le Conseil d'Etat rend une décision et décrète que toutes les personnes qui peuvent être enceinte peuvent avoir accès à l'avortement en France[95].
Les milieux transphobes et TERF refusent les formules homme trans et femme trans, qui désignent les personnes sur la base de leur genre autodéterminé, ce qu'ils jugent confus. Ils désignent les personnes transmasculines comme desfemmes transmasculines, les personnes transféminines comme deshommes transféminins. En,Dora Moutot s'oppose àMarie Cau lors d'une émission sur France 2[96], la décrivant comme« un homme transféminin » et suscitant des critiques de la part des autres intervenants. Marie Cau dépose plainte pour« injures publiques envers une personne à raison de son identité de genre ». Cette plainte est soutenue par les associationsSTOP Homophobie et Mousse[96]. En réponse, une trentaine de personnalités signent une tribune dansMarianne en soutien à Dora Moutot[96].
Plusieurs médias de gauche, commeLes Jours[97],Arrêt sur images[92],Mediapart[98] ouLibération[94], mettent en avant la proximité idéologique, et parfois personnelle, de militantes TERF avec des mouvements conservateurs ou d'extrême droite, qui partagent un combat commun contre les droits des personnes trans. C'est le cas notamment de l'Observatoire de la petite sirène ou de l'associationYpomoni[98]. L'extrême droite et divers collectifs féministesidentitaires et se réclamant de la biologie, comme leCollectif Némésis, qui relèvent également du catholicismeethnocentrique et duféminationalisme, opposent le féminisme, qu'ils sont accusés d'instrumentaliser de façon transphobe etraciste, aux personnes trans comme aulibéralismemigratoire, et sont par exemple critiqués parSandrine Rousseau, pour qui cela élude et perpétue la réalité du patriarcat[99]. Réciproquement, l'extrême droite utilise donc un argumentaire centré sur le féminisme pour combattre l'immigration et la libéralisation des droits relatifs au genre, en particulier contre les femmes trans. La députée duRassemblement nationalLaurence Robert-Dehault souhaite interroger la législation sur l'autodétermination de genre en la présentant comme incompatible avec laparité pour les mandats et fonctions électives[100].
En, une conférence de Marguerite Stern prévue auChâteau des ducs de Bretagne àNantes est annulée sous la pression d'élus et des menaces de militants de venir perturber la conférence[101].
« It was meant to be a deliberately technically neutral description of an activist grouping. We wanted a way to distinguish TERFs from other RadFems with whom we engaged who were trans*-positive/neutral, because we had several years of history of engaging productively/substantively with non-TERF RadFems. »
« Terf stands for trans-exclusionary radical feminist. Online, it often it appears alongside violent rhetoric: punch a Terf, stab a Terf, kill a Terf. This language is used to dehumanise women who are critical of gender as part of a political system. »
« The language of ‘gender ideology’ originates in anti-feminist and anti-trans discourses among right-wing Christians, with the Catholic Church acting as a major nucleating agent. In the last decade the concept has been increasingly adopted by far-right organisations and politicians in numerous American, European and African states. »
« In the interests of fostering open debate we have set ground rules, both for essays and reader comments: use the pronouns people want you to use, and avoid all slurs, including TERF (trans-exclusionary radical feminist), which may have started as a descriptive term but is now used to try to silence a vast swathe of opinions on trans issues, and sometimes to incite violence against women. »
« Some feminists have perceived transmasculine people as traitors—that is, as women who identify politically with men. When inclusive of trans men, these feminists have often gendered them as women. Conversely, these feminists have tended to perceive transfeminine people as infiltrators of womanhood and of women's space. Many commentators refer to feminists who think in these ways as 'trans-exclusionary radical feminsts' (TERFs). …'The fetishistic (often infantalizing) embrace of trans men by lesbian communities is ungendering, othering, and transphobic. »
« Despite strong historic and contemporary links between many sections of feminist and trans communities, the anti-transgender sentiments expressed by some leading journalists and amplified through the use of social media are extremely problematic. While anti-transgender feminists are a minority, they have a high level of social, cultural and economic capital. Within these narratives, trans and feminist rights are being falsely cast in opposition. »
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