| Téléphérique de Brest Ligne C | |
Le téléphérique entre lesCapucins et larue de Siam. | |
| Géographie | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Bretagne |
| Département | Finistère |
| Commune | Brest |
| Franchit | Penfeld |
| Survole | Arsenal militaire |
| Réseau urbain | Bibus |
| Correspondances | Tram A Bus 2b |
| Site(s) | Ateliers des Capucins |
| Coordonnées du départ | 48° 23′ 10″ N, 4° 29′ 36″ O |
| Coordonnées de l'arrivée | 48° 23′ 19″ N, 4° 29′ 51″ O |
| Parcours | |
| Départ | Station Jean Moulin,Centre-Siam (26,5 m) |
| Arrivée | Station Ateliers,Les Capucins (34 m) |
| · Dénivelé | 7,5 m |
| · Longueur | 420 m |
| · Temps | 3 min |
| · Vitesse | 2,3 m/s |
| · Vitesse maximale | 27 km/h |
| · Hauteurmax. cabine | environ 70 m |
| Caractéristiques techniques | |
| Type | SDMC (Saut de mouton à câble) |
| Écartement | Voie large(3 300 mm) et voie large(6 300 mm) |
| Débit | 1 200 pers./h |
| Capacité des cabines | 40 à 60 personnes |
| Nombre de pylônes | 1 |
| Plus grande portée | 210 m |
| Période de fonctionnement | 358 jours/an, 7 jours sur 7 |
| Exploitant | RD Brest |
| Site web | www.bibus.fr |
| Histoire | |
| Construction | 2015-2016 |
| Constructeur(s) | Bouygues Construction-BMF-DCsa |
| Maître(s) d'ouvrage | SemTram |
| Inauguration | |
| modifier | |
Letéléphérique de Brest ouligne C du réseau Bibus est untéléphérique urbain établi entre les deux rives de laPenfeld, fleuve côtier qui coule àBrest et qui sépare les quartiers deSiam et desCapucins. Il est le premier ouvrage de ce type construit enFrance depuis letéléphérique de Grenoble Bastille, mais celui-ci a une fonction plus touristique que de transport en commun. Chacune des deux cabines peut transporter jusqu'à 60 personnes, soit une capacité de 1 200 passagers par heure, à une vitesse de3,9 m/s et maximale de7,5 m/s. Inauguré le, il a ensuite été sujet à divers problèmes techniques, qui ont imposé son arrêt à plusieurs reprises.

La ville deBrest est coupée en deux par laPenfeld, fleuve côtier passant au fond d'un vallon occupé par l'arsenal militaire dont l'accès est fermé au public. Cette configuration forme une coupure urbaine forte entre les deux rives car seuls deux ponts permettent le franchissement du fleuve : lepont de Recouvrance, conçu pour pouvoir laisser passer les navires, et lepont de l'Harteloire plus au nord.
La rive gauche a vu se développer le centre-ville et l'attractivité économique, tandis que sur la rive droite le quartier deRecouvrance, qui était autrefois le quartier des marins et des ouvriers de l'arsenal, a vu son développement freiné par la coupure urbaine que représente la Penfeld : il s'est paupérisé et fait depuis lesannées 2000 l'objet d'une opération de renouvellement urbain[1]. Afin de redynamiser la rive droite, il a été décidé de créer d'ici à2020 un nouvel éco-quartier, lequartier des Capucins, à la place des anciens ateliers militaires du même nom, cédés par l'arsenal àBrest métropole[1]. Ce site représente une surface de16 ha et doit accueillir 560 logements, des commerces, des bureaux, un cinéma multiplexe et unenouvelle médiathèque de 9 700 m2[2],[3],[4].
Ce projet a de nouveau mis en évidence la difficulté de relier les deux rives, le quartier se trouvant à mi-chemin entre les deux ponts de la ville. Lors de la construction dunouveau tramway, qui dessert l'entrée du quartier par la stationLes Capucins[1], il était initialement envisagé de créer une navette électrique entre la rue Saint-Exupéry, où passe la ligne, et le quartier[1].
La solution de transport par téléphérique fut apportée en 2004 par un membre du Conseil local de la jeunesse, dans l'intention d'inclure la communauté urbaine et les communes environnantes dans une même dynamique : Brest,gare ferroviaire terminus, était alors en travaux de l'aéroport, dutramway, deLa Carène, du cinéma Multiplex, du site de la futureArena et de l'implantation duréseau de chauffage urbain. La volonté était de rendre à laCUB son attractivité de pôle étudiant, touristique, scientifique et d'entreprises, par la création d'unnouveau centre culturel combinant un musée et une bibliothèque. En sus du traitement végétal des voies du tramway destiné à contribuer au caractère deVille Fleurie tournée vers la mer, le téléphérique constituerait selon les autorités la clef de voûte du séjour de tout visiteur par le survol des rives deRecouvrance et en offrant une vue exceptionnelle lors desfêtes maritimes.
La longueur de la liaison depuis la rive gauche (de 12 à 35 minutes selon le mode : en tramway, à pied, en voiture) et l'implantation récente du tramway conduisent dès 2004 l'agglomération à étudier un nouveau franchissement. Après avoir écarté les hypothèses jugées trop chères — de 23 à 60 millions d'euros — dupont transbordeur (un tel ouvrage a déjà existé àBrest entre 1909 et 1947[5]), d'un nouveaupont levant ou de passerelles levantes[6], leconseil communautaire vote à l'unanimité pour le choix du téléphérique le[7].
En 2011, trois hypothèses de tracé sont étudiées, du nord au sud[6] :
Le projet prévoit une mise en service en2015 et la mise en place de deux trains de trois cabines de 20 places chacune[6], solution ensuite abandonnée au profit de cabines simples. La capacité horaire annoncée est de 1 200 personnes par heure pour un trafic annuel de 675 000 personnes, avec une hauteur maximale de 60 mètres au-dessus de laPenfeld[8].
La concertation préalable a lieu du 10 septembre au 5 novembre 2012. En 2013 un jury de 150 habitants choisit le projet esthétique parmi quatre propositions d'Eric Rhinn et retient le projet nomméBelvédère. La conception du pylône, un temps voulu comme un « signal urbain », est finalement choisie pour être fonctionnelle tout en rappelant les grues duport[9],[10].
En2014, la mise en service est repoussée à2016[11], le projet ayant même été annoncé abandonné après l'arrêt de l'écotaxe ; il a été modifié car la station côté centre-ville, initialement prévue en souterrain, a dû être revue en raison de difficultés techniques, et le déclassement d'une voie ferrée dans l'enceinte de l'arsenal a permis d'étudier des possibilités d'implantation supplémentaires[12]. La station souterraine a finalement été abandonnée au profit d'une station-belvédère économisant un ascenseur et ne nécessitant pas la déviation de l'importante canalisation ovoïde située sous le boulevard Jean-Moulin[13].
La modification de la station du centre-ville nécessite en 2014 un second appel d'offres, dont les résultats sont rendus publics en novembre[12], avec l'attribution de la conception et de la réalisation au groupementBouygues Construction-Bartholet Maschinenbau Flums (BMF)[14]-DCsa, pour un projet finalement estimé, études incluses, à 19,1 millions d'euros hors taxes[15]. La maîtrise d'ouvrage est attribuée à la SemTram, comme pour letramway[9].
Quatre réunions de concertation ont lieu entre décembre 2014 et avril 2015, avec les commerçants, les conseils consultatifs de quartier, les associations de personnes handicapées et les habitants[9].
L'enquête publique a lieu du 16 avril au 18 mai 2015[16]. En2015 le coût est estimé à 19 millions d'euros et, comme pour le tram, l'opposition municipale de droite dénonce le projet en arguant que tout est décidé à l'avance sans concertation[17].
Le, le commissaire enquêteur rend un avis favorable, avec deux recommandations concernant la présence d'agents de sécurité sur les sites d'exploitation et l'aménagement des abords de la station du centre-ville. La ligne est déclarée d'intérêt général par le conseil communautaire deBrest métropole le 9 juillet, ce qui permet d’entamer sa construction fin juillet 2015 pour une mise en service initialement prévue à l'été 2016[18],[19],[9].

La construction de la gare en rive droite, au cœur desAteliers des Capucins, se déroule de juillet 2015 à mars 2016, tandis que le pylône est assemblé entre octobre 2015 et février 2016[20]. Le chantier le plus pénalisant pour la circulation automobile est la construction de la gare en rive gauche entre septembre 2015 et juillet 2016, car elle nécessite la fermeture à la circulation du boulevard Jean-Moulin aux abords du chantier et le réaménagement de rues pour faciliter l'accès à la station, comme la rue Ducouëdic rendue piétonne[20].
La première cabine est présentée au public en, durant trois jours, posée au sol au bas de larue de Siam, puis entreposée au centre d'exploitation et de maintenance du tramway jusqu'à son installation[21]. Elle est posée sur ses câbles le[22], et la seconde cabine est installée à son tour le 6 septembre[23].
Les essais commencent en pour une durée de deux mois[24].

La ligne, la première de France en milieu urbain[25],[26],[27], est inaugurée le en présence de laministre de l'EnvironnementSégolène Royal. Cette inauguration est entachée par une coupure de courant dans le quartier peu avant la mise en service commerciale, prévue vers10 h, alors que les sapeurs-pompiers manifestaient non loin de là[28]. Son exploitation a dû être arrêtée dès20 h au lieu de21 h le premier jour, en raison d'un coup de vent supérieur à100 km/h[29]. La ligne est gratuite durant le week-end inaugural[30].
La ligne est arrêtée le 30 novembre, après 11 jours d'exploitation et 40 000 personnes transportées, en raison de problèmes techniques[31],[32]. Initialement prévu pour une durée de cinq jours, l'arrêt d'exploitation est prolongé en raison d'incidents graves, tels qu'un départ imprévu alors qu'un ouvrier intervenait sur le toit d'une cabine, les câbles manquant de peu de le broyer, ou l'ouverture de portes d'une cabine arrêtée à 50 mètres au-dessus du sol avec un employé à bord, alors que le système redémarrait[31],[32]. Un autre défaut rencontré est qu'un des deux câbles tire plus fort que l'autre, pouvant mettre en crabe les cabines[32].
Ces problèmes ont été l'objet de moqueries, notamment des opposants au projet, une personne étant allée jusqu'à mettre la ligne en vente sur le site de ventes d'occasionsLe Bon Coin début décembre, où l'annonce a été rapidement retirée[33],[34].
Après la réalisation de travaux de mise en conformité, l'arrêté d'autorisation d'exploitation est délivré par la préfecture fin décembre[35], l'exploitation reprend donc le, soit deux jours avant l'inauguration du bâtiment des Capucins rénové[36],[33]. Cependant, la ligne est de nouveau interrompue le 8 janvier, en raison d'une panne informatique[37]. L'exploitation reprend le 10 janvier à12 h[38]. Le 14 janvier 2017 vers16 h, un problème d'alignement de la cabine basse par rapport au quai provoque un nouvel arrêt[39], le service reprend le lendemain.
Le, alors qu'elle avait été décrochée des câbles pour une opération de maintenance annuelle, une des deux cabines du téléphérique chute du pont roulant sur lequel elle reposait, ne faisant aucun blessé[40]. La cabine — qui est celle baptiséeCharlotte — n'est plus utilisable à la suite de sa chute ; l'exploitation reprend le avec la cabine restante, et ce jusqu'à la livraison d'une nouvelle cabine le 9 avril 2018, qui reprend le nom deCharlotte[41],[42],[43]. La mise en place de la nouvelle cabine s'accompagne d'une inspection générale qui dure deux semaines[42].
En mars 2019, la ligne est de nouveau victime de pannes, deux dans la même semaine[44] : d'abord un problème de câble de traction, puis un autre avec la centrale qui gère le système de frein. À chaque fois, les passagers ont été évacués avec le retour en station des cabines, ce qui nécessite qu'un technicien du poste de contrôle (installé au dépôt du tramway aux portes de Plouzané) se rende au poste de commande situé sur place, au plateau des Capucins[45]. En avril 2019, deux arrêts d'exploitation, dont un lié directement à la mise en sécurité du système de pilotage automatique, se produisent à nouveau[46].
Le câble principal est changé en mai 2019, durant l'inspection annuelle, après des plaintes de riverains de la ligne, car il crée un bruit dans les basses fréquences comparable à un ascenseur audible à l'intérieur des appartements même avec un double vitrage alors qu'il est imperceptible dans la rue. Ce bruit est dû au passage du câble sur les galets du pylône central qui cogne sur ses creux et aspérités[47]. Le nouveau câble intègre du nylon afin de supprimer les imperfections et réduire le phénomène ; le changement des deux kilomètres de câble coûte 270 000 €, soit le double du prix du câble existant, mais sa durée de vie prévue est deux fois plus longue[47]. L'inspection annuelle devant durer quinze jours est prolongée à trois semaines en raison de mauvaises conditions météorologiques et de soucis de sécurité sur le nouveau câble posé et la ligne rouvre le 19 juin[48]. Deux jours plus tard, le 21 juin, le téléphérique ferme pour une durée indéterminée en raison du mauvais fonctionnement de la poulie côté stationJean Moulin et qui doit être changée ; le mauvais fonctionnement de la poulie entraînerait selon l'exploitant« la mise en sécurité du système et un arrêt en ligne »[49],[50]. La ligne est finalement rouverte le 11 juillet[51].
Un dysfonctionnement du téléphérique lié à un problème du système de compensation entraîne une maintenance à partir du 19 février 2020[52] et qui se prolonge jusqu'au 6 mars 2020[53]. Le téléphérique est alors remis en service avec uniquement une seule cabine (Charlotte), la réparation du système de compensation étant prévue lors de la maintenance annuelle. La crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus provoque une interruption du service du 18 mars 2020 au 18 mai 2020[54]. Le 28 mai 2020, le téléphérique est à nouveau mis à l'arrêt pour trois dysfonctionnements liés à une usure de la visserie, au système de compensation et à celui de synchronisation[55].
Ces problèmes à répétitions suscitent la controverse, et le constructeur Bartholet est mis sous pression par la Métropole de Brest d'effectuer les réparations à leur charge sous peine de représailles. La Métropole décide de pas donner de délai de reprise de service avant d'avoir l'accord du service technique[56],[57]. La réouverture initialement prévue en septembre 2020[58] est repoussée au 17 décembre avant un nouvel incident entraînant un déraillement partiel de la cabineCharlotte dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 lors des tests préalables à la reprise[59]. La ligne est remplacée temporairement à partir du 8 juin 2020 par une navette gratuite effectuée avec unBolloré Bluebus de location, entre le quartier et la station de tramwayCapucins[60]. En parallèle, la société Bouygues qui a réalisé la station Jean-Moulin a identifié des défauts sur trois des huit tiges d’ancrage permettant de soutenir la station et effectue des travaux de réparation de la station à ses frais en janvier 2021[61]. Les défauts d'ancrage de la station étaient à l'origine des nombreux problèmes techniques qu'a connu le téléphérique.
Une reprise du service avec la seule cabineLewin a lieu le 3 février 2021[62]. Un arrêt de l'exploitation a lieu à partir du 22 mars 2021 pour un changement du vérin de compensation[63]. La reprise a lieu le 25 mars 2021[64].
Les contrôles réglementaires annuels, une maintenance, le remplacement du deuxième vérin de compensation et la remise en route de la cabineCharlotte entraînent une interruption de l'exploitation du 10 au 12 mai 2021 puis à partir du 17 mai[65]. La reprise de l'exploitation avec les deux cabines a lieu le 7 juin 2021[66].
Une mise à l'arrêt du téléphérique a lieu le 15 juin 2022 au soir pour des problèmes de désynchronisation de vitesse[67]. La reprise du service a lieu le 24 juin 2022[68]. Une panne mineure (galet défectueux) entraîne un arrêt d'exploitation dans la journée du 21 octobre 2022 ainsi que le lendemain[69].
En, laFédération des entreprises publiques locales remet à Brest Métropole Aménagement letrophée des Entreprises publiques locales 2016, dans la catégorie « Services au public » pour le téléphérique, présenté comme« un transport innovant qui agrandit le cœur de ville[70],[71] ».
Le 5 décembre 2017,Brest métropole a obtenu le grand prix et le prix de la catégorie mobilité de laRevue des collectivités locales / Villes de France pour le téléphérique[72].

En2011, l'investissement — alors estimé à 15 millions d'euros — était réparti en[6] :
Le coût du projet est de 19,1 millions d'euros (en)[9] :
Le financement du projet se répartit de la façon suivante, en valeur 2015[9] :
La ligne naît à la stationJean Moulin, construite en belvédère au bord du boulevard du même nom, à 90 mètres environ de la stationChâteau dutramway. La ligne s'élève immédiatement pour franchir laPenfeld et l'arsenal de Brest en montant à son point culminant, l'unique pylône de la ligne, avant de rejoindre lesAteliers des Capucins et sa station terminale,Ateliers, construite au sein de l'ancien bâtiment militaire, au1er étage. La ligne est approximativement parallèle aupont Tréhouart.
La ligne est untéléphérique de typesaut-de-mouton à câble (SDMC), créé spécialement pour cet ouvrage[73]. Sa particularité réside dans le fait que les cabines se croisent l'une au-dessus de l'autre et non côte à côte comme habituellement sur un tel ouvrage[73]. Cette technologie est à cheval entre leFunitel et le2S/3S, les cabines reposent chacune sur deux câbles porteurs de 50 mm de diamètre chacun et sont tirées par deux câbles tracteurs en boucle, d'un diamètre de 25 mm et adaptés à l'environnement corrosif du littoral atlantique[73]. Le système est actionné par deux moteurs, redondants, de 250 kW chacun, et est équipé d'un système de récupération d’énergie en phase descendante, permettant notamment le rapatriement des cabines en gare en cas d'anomalie, mais aussi des économies d'énergie[73]. Un gain de 15 à 65 % est attendu en fonction de la charge des cabines[74]. Les installations de traction se situent à la stationAteliers, qui est donc la station motrice[9].
La suspente est différente entre les deux cabines, l'écartement entre les câbles de la voie supérieure est de 3,30 mètres de large tandis que celle de la voie inférieure est de 6,30 mètres[9].
L'unique pylône culmine à 80 mètres de haut et pèse 220 tonnes, sa hauteur permet de dégager untirant d'air de 48 mètres indispensable au passage des bateaux entrant ou sortant de l'arsenal[75],[73],[9].

Chaque cabine est d'une capacité de 40 à 60 personnes, dont 11 places assises et 7 semi-assises, et dispose de grandes baies vitrées et d'un hublot au sol permettant de voir en dessous[76]. Construites parGangloff àBerne (Suisse)[77], les cabines intègrent la technologie « Smartglass »[9] : une feuille de cristaux liquides permet, par impulsion électrique, d'opacifier le vitrage afin d'éviter la vue de certains bâtiments militaires ou de jardins privés[76],[21]. Les cabines sont équipées de dispositifs de vidéosurveillance, d'écrans d'informations aux voyageurs (identiques à ceux des autres véhicules Bibus) et d'un interphone permettant de contacter un opérateur en cas de dysfonctionnement[9].
Chaque cabine mesure 5,60 mètres de long, 3 mètres de large et 3 mètres de haut pour une surface au sol de 13 m2 et pèse 2,1 tonnes à vide[21]. La structure est en aluminium et deux bandeaux dediodes électroluminescentes aux couleurs changeantes la nuit ceinturent le haut et le bas des cabines, et font écho à l'éclairage dupont de Recouvrance[21],[78].
Les cabines ont été dessinées par Éric Rhinn de l'agence Avant-Première, qui a aussi dessiné les rames dutramway de Brest dont elles partagent aussi la conception des barres de maintien, en inox, en forme demanille et les sièges rabattables verts, tandis que le plancher enteck rappelle l'univers maritime[76],[21],[78].
À la différence des autres véhicules du réseauBibus, les cabines ne possèdent pas de numéro de parc mais des noms de baptême,Charlotte etLewin, du nom de deux enfants ayant fait le pied de grue le jour de l'inauguration pour être les premiers à monter dedans, ce qui a touché le maireFrançois Cuillandre[79]. La cabineCharlotte a été gravement endommagée lors de sa chute en et n'est pas réparable[40]. Sa remplaçante, qui conserve le même nom, est mise en service en avril 2018[42].
En cas de vent supérieur à70 km/h, mesuré via unanémomètre implanté sur le pylône, la vitesse maximum est réduite à5 m/s (18 km/h) au lieu de7,5 m/s (27 km/h), la commande du système est reprise en mode manuel depuis le poste de commande du tramway àPlouzané ; au-delà de90 km/h elle est assurée sur place et au-delà de100 km/h, l'exploitation est arrêtée[80]. La redondance des moteurs permet de maintenir l'exploitation malgré une panne d'un des deux équipements, et les moteurs sont alimentés par des groupes électrogènes en cas de panne de courant[80]. Le système, conçu pour ramener les cabines en station en cas de panne, permet d'éviter toute évacuation en ligne[80]. Les pompiers se sont toutefois préparés à l'éventualité de cet événement[81].
Le téléphérique peut être interrompu en même temps que lepont de Recouvrance est levé, pour permettre le passage d'un navire dans l'arsenal, comme pour leBeautemps-Beaupré en[82].
La ligne C est exploitée par RD Brest (RATP Dev) via le réseauBibus depuis le 1 juillet 2019.
Depuis le 17 décembre 2018, les horaires ont été étendus en soirée : elle fonctionne de11 h à0 h 30 le lundi, de7 h 30 à0 h 30 du mardi au jeudi, de7 h 30 à1 h le vendredi et le samedi et de9 h à23 h le dimanche[83],[84]. Ces horaires ont été étendus afin de correspondre à l'ouverture des commerces.
Les cabines relient les stationsJean Moulin etAteliers en trois minutes, à raison d'une cabine toutes les dix minutes tout au long du service et même toutes les cinq minutes entre12 h et18 h le samedi, en semaine durant les vacances scolaires et en cas de levée dupont de Recouvrance[85],[84].

La tarification du téléphérique est identique à celle du reste du réseau Bibus et accessible avec les mêmes abonnements. Un ticket pour un voyage permet un trajet simple quelle que soit la distance avec une ou plusieurs correspondances possibles avec les lignes de bus, de téléphérique et de tramway pendant une durée maximale d'une heure entre la première et la dernière validation. Le financement du fonctionnement de la ligne (entretien, matériel et charges de personnel) est assuré par RD Brest. Cependant, les recettes des ventes des billets et abonnements, dont le tarif est limité par décision politique, ne couvrent pas les charges d'exploitation. Le manque à gagner est compensé par l'autorité organisatrice,Brest métropole, qui définit les conditions générales d'exploitation ainsi que la durée et la fréquence des services. L'équilibre financier du fonctionnement est assuré par une dotation globale annuelle au délégataire grâce auversement transport payé par les entreprises et aux contributions des collectivités publiques.
En 2014, les prévisions de trafic tablent sur une fréquentation annuelle de 675 000 voyageurs[86].
Au cours de son premier mois de service sans incident, en janvier 2017, 77 000 voyages ont été comptés soit une moyenne de 1 500 voyages par jour de semaine et de 4 700 voyages journaliers le week-end[87]. Le pic de fréquentation journalière a été atteint le 14 février 2017, avec 6 000 passagers ce jour-là sur une semaine de vacances scolaires où la fréquentation moyenne journalière était de 4 800 passagers ; la ligne est très fréquentée l'après-midi, la file d'attente peut avoisiner la demi-heure, et il arrive que les agents de régulation empêchent la foule de monter afin de ne pas dépasser la capacité maximale de 60 personnes par cabine[88]. Début août 2017, l'ancien délégataireKeolis Brest annonce avoir comptabilisé 600 000 voyages[89]. La barre des 720 000 voyages a été atteinte en un peu moins d'un an et le millionième voyage est atteint en 2018, événement fêté le[90]. En novembre 2018,Brest Métropole revendique, par la voix de son vice-président aux transports, 1,35 million de passagers transportés depuis l'ouverture[91].
En, les élus deBrest métropole réfléchissent à la création d'un second téléphérique entre le campus du Bouguen et les Capucins ou, sur un tout autre axe, entre le rond-point de Kervallan et letechnopôle en survolant la zone de Kerlinou[92].
De plus, un ou deux ascenseurs urbains ont été étudiées avec pour objectif, en 2018, de voir le jour d'ici auxfêtes maritimes de juillet 2020 pour un coût estimé de 3,5 à 5 millions d'euros avec l'objectif de relier lagare auport de commerce[91]. La concertation sur ces ascenseurs a eu lieu du 28 mai au 14 juillet 2019[93]. Deux sites ont été étudiés sur sept envisagés, l'un au « Parc à chaînes » et l'autre à « La Carène » et il en ressort en octobre 2019 que la population se montre réticente au contraire de la ligne B du tramway et du BHNS, en particulier sur le premier des deux sites étudiés[94]. Unautre ascenseur est en cours de construction pour relier la ligne B à l'entrée de l'hôpital Cavale Blanche.
Sur les autres projets Wikimedia :
Transports en commun en régionBretagne | |
|---|---|
| Métro | Rennes |
| Tramway | Brest |
| Téléphérique | Brest |
| Transports régionaux | |
| Gares principales | |
| Autobus | |
Transports en commun deBrest Métropole | |
|---|---|
| lignes principales | |
| Autres lignes | |
| Organisations | |
| |
Téléphériques en France | |
|---|---|
| Urbains | |
| Touristiques | |
| Industriels | |
| En construction ou projet | |
| Projets abandonnés | |
| Anciens | |