En 1970, après une série dedictatures militaires instables,Hafez el-Assad, alorsministre de la Défense, prend le pouvoir par un nouveau coup d'État. Son régime fortement autoritaire, structuré autour d'unparti unique, leBaas, met en place un contrôle de l'ensemble de la vie politique syrienne. Il est notamment responsable dumassacre de Hama[4]. À sa mort en 2000, son fils,Bachar el-Assad, lui succède et maintient le régime instauré par son père, avec un certain relâchement des libertés en début de mandat[5]. Début 2011, laguerre civile syrienne se déclenche dans le cadre duPrintemps arabe[6]. De 2011 à septembre 2016, le conflit a fait près de 500 000 morts et deux millions de blessés[7]. Le8 décembre 2024, le régime des Assad prend fin avec la fuite de Bachar el-Assad et la reddition de son gouvernement aux forces rebelles.
L’origine du nom « Syrie » n'est pas certaine. Il pourrait venir dugrec ancien et désignerait à l’origine la terre d’Aram, maisHérodote y voyait plutôt une forme abrégée d’Assyrie, tandis que les historiens modernes le font remonter à diverstoponymes locaux.
Il apparaît pour la première fois en grec et n’a pas d’antécédents identifiables, ni dans la forme ni pour le contenu, dans les textes pré-hellénistiques.Bien établi dans l’usage officielromain etbyzantin, il disparaît auVIIe siècle avec laconquête musulmane, mais continue à être utilisé enEurope.
LePr Wallace B. Fleming affirme que le nomSyrie est dérivé deTyr, le nom de la plus importante cité Phénicienne[8] :« De toutes les cités Phéniciennes, Tyr était la plus importante; elle était si importante que les Grecs donnèrent son nom à toute la région, l'appelantΣυρία, deצור Tsour, Tyr, et ce nom grec s'est perpétué jusqu'à nos jours avec notre mot Syrie. Hérodote parle de la Syrie comme uneabréviation d'Assyrie, mais en cela, il a été trompé par la similitude entre les mots. Elle (la cité) prit son nom Tyr (grecΤύρος, phénicien𐤑𐤓, arabeصور, assyrien et babylonienSur-ru, hébreuצור ouצר, égyptienDara ouTar, ouTaru dans les lettres de Tell El Amarna, ancien latinSarra) de l'île, la Sour sémitique, qui signifie Roc ».
Mais cette affirmation peut être discréditée par le fait que le nom de « Tyr » en assyrien ou araméen « ܨܘܪ » (ṣur ou tsour) est grammaticalement différent de « sur » « ܣܘܪ » puisque le ܨ (ṣade) et le ܣ (semkat) de l’araméen sont deux lettres bien différenciées et que Syrie s’écrit Sūrīā (ܣܘܪܝܐ) en araméen (syriaque = ܣܘܪܝܝܐ sūryāyā).
En revanche, le phénomène de traduction imparfaite de l’araméen au grec ou de l’araméen à l’arabe donnent un même résultat intéressant. En effet, le grec ou le latin antique n’employant pas le son « sh » ou « ch », la lettre araméenne « ܫ » (shin) était ainsi interprétée comme un s en occident (sabbat pour shabat ܫܒܬ, Samuel pour shmouel ܫܡܘܐܝܠ, Simon ou Siméon pour shem`on ܫܡܥܘܢ etc.).
Quant à l’arabe, une différence habituelle entre ce dernier et l’araméen était que le « ܫ shin » araméen correspond au « ﺱ sin » arabe, de même que le « ﺵ shin » arabe correspond au « ܣ semkat » araméen. (Shlama-salam, Yesho`-Yasu` (Jesus), shlemon-sliman (Salomon) etc.).
Ainsi, l’empire assyrien du nom de sa ville Assur (ܐܫܘܪ Ashur puis ܐܬܘܪ Ator en araméen) deviendrait systématiquement Assuria (Assyria).Nom qui se rapproche bien plus de Suria (Syria) (le « y » étant la lettre grecque Upsilon prononcée u).
La théorie d’Hérodote, affirmant que « Syria » serait la désignation grecque de la partie occidentale de l’antique empire Assyrien devient alors davantage plausible.
Dans lemonde arabo-musulman, la région autrefois appelée « Syrie » portait le nom deCham (شام), qui était aussi celui de sa capitale,Damas.
En 1865, il devient le nom officiel d’une province, celle duvilayet de Damas. C’est après l’établissement dumandat français en 1920, qu’il désigne l’État syrien actuel[9].
Dans la ville excavée d’Ebla, dans le nord-ouest de la Syrie, les archéologues ont découvert en 1975 les vestiges d’un grand empiresémite, qui va du nord de lamer Rouge à laTurquie et jusqu'enMésopotamie dans sa partie orientale.
La Syrie géographique est le lieu où seraient apparues les premières formes d'urbanisation[Note 1].
La Syrie est un pays significatif dans l’histoire duchristianisme.Paul de Tarse, le futur saint Paul, a été converti au christianisme sur la route deDamas, et a établi une Église d’abord àAntioche en Syrie antique (aujourd’hui en Turquie). C’est de ce port qu’il est parti pour plusieurs de ses voyages de mission.
Damas a été fondée auIIIe millénaireav. J.-C.[11] ; c'est une des villes les plus anciennes du monde et elle a été habitée sans interruption (commeBénarès etJéricho). Après l’arrivée des conquérantsmusulmans, Damas est devenue la capitale de l’Empire omeyyade, et a atteint un prestige et une puissance encore inégalés dans l’histoire syrienne. Cet empire s’étendait de l’Espagne à l’Asie centrale (661 à750 ap. J.-C.). Après la chute des Omeyyades, un nouvel empire fut créé àBagdad, l’Empire abbasside.
En 1260, Damas est devenue la capitale provinciale de l’empire desMamelouks. En 1400, la ville fut détruite en grande partie parTamerlan : Damas a été presque entièrement incendiée, et les artisans damascènes furent enlevés pour travailler àSamarcande. Une fois reconstruite, la ville a servi de capitale jusqu’en 1516. En 1517, la ville et le pays tombent sous occupation ottomane. LesOttomans régnèrent sur le pays pendant plus de 400 ans jusqu'en 1918, excepté la brève période où l’ÉgyptienIbrahim Pacha occupa le pays de 1832 à 1840.
Après l’accord Sykes-Picot, les Français et les Britanniques se répartissent administrativement les territoires de l'Empire ottoman déchu, créant artificiellement des pays distincts. L’accord met fin à la Syrie historique,Bilad al-Cham, qui comprenait la Syrie actuelle, leLiban, laJordanie, laPalestine (actuels territoires palestinien etisraélien).La période du mandat voit la montée dunationalisme et de larévolte contre l’armée française.
Avec la mandature française en Syrie survient également la formation d'une nouvelle frontière entre le Sud de l'Anatolie et le nord de la Syrie. Cette frontière, qui sépare désormais la Turquie de la Syrie française, rompt, ou endommage fortement l'intégration économique et les liens commerciaux importants qu'entretenait Alep avec le Sud de l'Anatolie. La Turquie, sous pression de laGrande dépression, adopta des mesures protectionnistes dès 1929 afin de préserver ses industries locales de la compétitivité étrangère. Contrairement à la Turquie, la Syrie sous mandat français n'a pas pu adopter des mesures protectionnistes aussi rigoureuses en raison des contraintes imposées par laSociété des Nations. Cela a maintenu des tarifs bas en Syrie, facilitant ainsi la contrebande vers la Turquie. Pour lutter contre la contrebande, la Turquie a renforcé la surveillance à la frontière et introduit des lois anti-contrebande. Cela comprenait la création de gardes-frontières militarisés et l'utilisation de tribunaux spécialisés pour juger rapidement les contrebandiers. À la longue, ces mesures ont eu un effet dévastateur sur l'économie d'Alep[14]. En 1937, les journaux locaux rapportent que de nombreux commerçants d'Alep font faillite et que les dépôts situés près de la frontière syrienne ferment les uns après les autres[15]. Les Français n'ont réagi qu'à l'aube de la seconde guerre mondiale lorsqu'ils se sont aperçus des risques politiques qu'engendraient la hausse du trafic d'armes[Note 3].
En 1930 est constituée, pendant le mandat français laRépublique syrienne, régime qui perdure jusqu'en 1958, date de l'entrée en vigueur du traité d'union syro-égyptienne et de la disparition de la République par fusion avec l'Égypte enRépublique arabe unie (jusqu'en 1961).
Après la défaite de la France en Europe lors de lacampagne de France en, ce sont les Britanniques, et lesForces françaises libres, qui prennent le contrôle du pays (campagne de Syrie, juin-juillet 1941) redonnant le pouvoir à laFrance libre. Les Syriens continuent à réclamer le départ des Français, avec l’appui des Britanniques. De Gaulle engage un bras de fer avec Churchill et les Syriens qui se solde par le bombardement de la Syrie par la France gaullienne. Après plus de 2 000 morts, l'interposition de la Grande-Bretagne interrompt le conflit[16][source insuffisante]. L’indépendance de la Syrie s'ensuivra en 1946[12].
Les premiers pourparlers entre laFrance et la Syrie en vue de la rédaction d’un traité d’indépendance avaient débuté en.Mohammed Ali Bey el-Abed, premier président syrien du mandat français, incarne alors dans le pays l'empreinte de la France, mais celle-ci ne continue pas la négociation du traité et maintient sa présence dans le pays jusqu’en 1946[réf. nécessaire].
Quand une semi-indépendance est accordée aux Syriens et auxLibanais, en 1943 sous la conduite du généralCatroux, Haut-commissaire au Levant nommé par legénéral de Gaulle en 1941,Choukri al-Kouatli est élu président de la République.
La fin du mandat français est suivie d'une très grande instabilité en Syrie. Après laguerre israélo-arabe de 1948, le colonelHousni al-Zaïm procède à uncoup d'État en, mettant fin au système parlementaire syrien.Antoun Saadé, le président-fondateur duParti social nationaliste syrien (PSNS) doit fuir leLiban où il a été condamné à mort et se réfugie en Syrie où le colonel Zaïm lui promet protection. Toutefois, quelques mois plus tard Zaïm livre Saadé aux autorités libanaises et Saadé est fusillé.
Après sa trahison, Zaïm est lui-même victime d'un coup d'État en août 1949 lorsque le colonelSami al-Hinnaoui, membre du PSNS, le fait arrêter et exécuter. La femme de Saadé reçoit une lettre d'al-Hinnaoui lui indiquant que la mort de son mari a été vengée.
En décembre 1949, Al-Hinnaoui est renversé par un troisième coup d'État, mené parAdib Chichakli. Celui-ci se proclame président de la République en 1951 et dissout le Parlement la même année[réf. souhaitée]. LesÉtats-Unis et leRoyaume-Uni portent un intérêt considérable à Chichakli ; les Britanniques espèrent même l'amener à adhérer aupacte de Bagdad. Les Américains, dans l’espoir qu’il signe un traité de paix avecIsraël, lui offrent par ailleurs une aide étrangère considérable[réf. souhaitée].
Mais en contrepartie, les États-Unis voudraient que le gouvernement syrien fasse desréfugiés palestiniens des Syriens à part entière : durant les négociations entre les États-Unis et la Syrie en 1952, le gouvernement américain va jusqu'à proposer la somme de 400 millions dedollars américains pour intégrer dans le pays - dans les plaines fertiles de laDjézireh - 500 000 Palestiniens.[réf. souhaitée]
Or certains partis politiques syriens - le Parti socialiste arabe d’Akram Hourani, ou encore leparti Baas deMichel Aflak - s’en prennent violemment à cette proposition, qui représente à leurs yeux, la vente du droit au retour des Palestiniens.[réf. souhaitée]
Avec l’alliance entre le Parti socialiste d’Hourani et le parti Baas d’Aflak, le nouveau parti Baas arabe socialiste tente ainsi, en 1952, de renverser Chichakli. Devant l’agitation, Chichakli refuse l'accord avec les États-Unis[réf. souhaitée].
Les civils reprennent le pouvoir en 1954, après le renversement du président Chichakli.Mais une grande instabilité politique régnait alors dans le pays, le parallélisme des politiques syrienne et égyptienne et l’appel à l’union du président égyptienGamal Abdel Nasser à la suite de lacrise du canal de Suez en 1956 a créé des conditions favorables à l’union entre l’Égypte et la Syrie.
Le, l'Égypte et la Syrie s’unissent, créant laRépublique arabe unie, ce qui entraîne,de facto, l’interdiction des partis politiques syriens.
Mais l’union cesse rapidement d’exister. Le généralHaydar al-Kouzbari fait un coup d’État le, la Syrie faisant sécession, et rétablit la République arabe syrienne.
Les dix-huit mois suivants seront marqués par une grande instabilité politique, avec divers coups ou tentatives de coup d’État. Le, un nouveau coup d’État a lieu, installant le Conseil national de commande révolutionnaire au pouvoir, avec à sa têteAmine al-Hafez. Ce conseil est constitué d’un groupe de militaires et de civils, tous socialistes, qui ont assumé les fonctions exécutives et législatives. Le coup d’État est l’œuvre duparti Baas, et la majorité des membres de ce conseil étaient membres du Baas.
Carte du Moyen-Orient moderne.Salah Jedid, instigateur du coup d’État du 23 février 1966.
À quelques mois d’intervalle, le parti Baas procède également à un coup d’État enIrak. Le gouvernement syrien réfléchit, à nouveau, à l'éventualité d'une union entre l’Égypte, l’Irak et la Syrie.Un accord fut signé auCaire le, pour mettre en œuvre un référendum sur l’union qui devait se tenir en.
Mais des désaccords sérieux entre les trois partis apparurent rapidement, et finalement le projet d’union fut abandonné.
En, le présidentAmine al-Hafez promulgue une constitution temporaire prévoyant l’établissement d’un Conseil national de la révolution (CNR), des parlementaires désignés composés de travailleurs, de paysans et de syndicalistes.
Le, un groupe de militaires, toujours issus du parti Baas, avec à leur têteSalah Jedid, réussit à renverser le gouvernement d’Amine al-Hafez. Celui-ci est emprisonné. Le nouveau gouvernement dissout le CNR, abroge la Constitution, et chasse les fondateurs historiques du parti Baas de Syrie (Michel Aflak,Salah Eddine Bitar etAkram Hourani), ce qui leur permet d’avoir une politique régionaliste et non pluspanarabe comme le voulait le parti Baas.Les chefs du coup d'État parlent alors de « rectification » des principes du parti. Mais laguerre des Six Jours, perdue par les Égyptiens et les Syriens face à l’armée israélienne, affaiblit du même coup le gouvernement de Salah Jedid.
Le, profitant de l'impasse due à l'implication de l'armée syrienne dans la crise en Jordanie entre le roi Hussein et l'OLP (Septembre noir), le ministre de la DéfenseHafez el-Assad procède à un coup d’État. Déposant Salah Jedid, il devient grâce à sa « révolution corrective » le nouveau premier ministre, et l’homme fort de la Syrie.
Durant les années 1960, les domaines de l’agriculture, de l’industrie, de l’éducation et de la santé, ont connu un développement important[17]. LePIB agricole enregistre une forte croissance pendant les années 1960 et 1970, les travaux d'irrigation ayant été considérés comme une priorité de l'action publique[17]. L’État s'est vu accorder le rôle de moteur principal dans la secteur de l'agriculture, de même que les bourgeoisies urbaines, tandis que les paysans disposaient d'une marge d'initiative faible[17]. L'objectif de l’État était de permettre l’autosuffisance alimentaire[17].
Hafez el-Assad, chef de l’État de 1970 à sa mort en 2000, est confirmé dans ses fonctions de chef de l’État par cinqréférendums successifs où il est chaque fois l'unique candidat. Il est, après le roiHassan II du Maroc, le chef d’État arabe qui est resté le plus longtemps au pouvoir. Cette longévité provient essentiellement du fait du verrouillage complet de la vie politique. Il était soutenu par des minorités religieuses, dont la minorité religieusealaouite. Il est aussi soutenu par beaucoup de fermiers et par les Syriens vivant dans les milieux ruraux. L’expansion de la bureaucratie a créé une classe moyenne fidèle au gouvernement. Mais l’essentiel de sa puissance venait de l’armée syrienne et de sonappareil de sécurité omniprésent. Un autre facteur de son maintien au pouvoir est le nationalisme, dont entre autres les conflits qui l’opposaient et opposent la Syrie auxÉtats-Unis, àIsraël et à l’Irak deSaddam Hussein.
Bachar el-Assad succède à son père le, après une modification de la constitution qui abaisse l'âge minimum pour la candidature à la présidentielle de 40 à 34 (âge de Bachar)[Note 4],[18]. Seul candidat, il est élu par référendum[19]. Les Syriens évoquent alors une « république-monarchie » pour qualifier la république héréditaire[Note 5]. Certains, et en particulier les militants pour les droits de l’homme espèrent cependant alors une certaine libéralisation du pays, de même que l'espèrent de nombreux responsables politiques étrangers ; c’est ce que l’on appelle leprintemps de Damas.
Ce premier printemps ne dure pas longtemps : il se termine en, lorsque les services de sécurité gèlent l'activité des forums intellectuels, culturels et politiques, et avec la poursuite des militants pour les droits de l'homme et leur emprisonnement. Dans cette courte période de six mois, le printemps de Damas aura vu des débats politiques et sociaux intenses, d'une part, et d'autre part il a conservé un écho qui sonne dans les débats politiques, culturels et intellectuels jusqu'en 2011.
Hafez el-Assad met en œuvre une politique d'industrialisation dans les années 1970 ; toutefois cette politique échoue à porter ses fruits, et les années 1980 sont des années de stagnation économique[17]. Les causes de cette situation sont liées à des choix inadaptés concernant les usines et leur localisation, ainsi qu'à la corruption qui sévit dans les milieux dirigeants[17]. Malgré cela, les emplois industriels permettent à des catégories populaires de subsister économiquement[17].
Pendant la période 1977-1987 la Syrie bénéficie du soutien économique despays du Golfe, d'un montant de 2 milliards de dollars par an[17].
Le régime prend un tournant libéral (sur le plan économique) dès 1986-1987 dans l'espoir de redresser l'économie du pays[17]. Les difficultés sont accrues par le tarissement dès 1987 de l'aide des pays du Golfe eux-mêmes en proie à des difficultés financières[17].
Le secteur privé est longtemps négligé par les idéologues socialistes du régime (ceci alors même qu'il emploie 60 % de la main-d'œuvre industrielle dans les années 1970), mais il se maintient et connaît même un certain développement dans les années 1970 et 1990[17].
Un deuxième tournant libéral est pris en 2005 (Bachar el-Assad ayant alors succédé à son père) ; le régime parle alors d' "économie sociale de marché"[17].
Dans les années 1990, 30 % des Syriens travaillent dans l'agriculture, qui fournit 26 % du PIB[17]. 26 % des Syriens travaillent dans l'industrie, qui représente 27 % du PIB[17]. 43 % des Syriens travaillent dans le secteur des services, dont la moitié dans le secteur public (de l’État)[17].
Durant cette même période, près de 30 % des Syriens actifs travaillent dans le secteur public (soldats non compris)[17]. Dès le milieu des années 1990, la proportion de Syriens travaillant dans le secteur public diminue ; celle travaillant dans le secteur privé passe de 63 % en 1994 à 79 % en 2004[17].
La croissance démographique est de 2,6 % par an entre 1994 et 2004[17].
Selon la sociologue Élisabeth Longuenesse, «la Syrie se trouvait, en 2011, confrontée aux contradictions découlant de la mise en œuvre des politiques delibéralisation économique, dans un contexte autoritaire gangrené par la corruption. En optant pour le « modèle chinois » d’une croissance économique sans mise en place d’amortisseurs sociaux, le régime a laissé se creuser les écarts sociaux de façon dramatique»[17]. La hausse du chômage et l'augmentation de la pauvreté ont favorisé la contestation sociale[17].
Début 2011, leprintemps arabe atteint la Syrie. Des manifestations en faveur de ladémocratie et pacifiques ont lieu dans tout le pays contre le régimebaasiste du présidentBachar el-Assad[20]. Ces manifestations sont réprimées brutalement par le régime et peu à peu, le mouvement de contestation se transforme en une rébellion armée[20].
Venu d'Irak, l'État islamique (EI) apparaît en Syrie en 2013, initialement allié aux groupes rebelles syriens, il entre en conflit avec ces derniers à partir de. Dès septembre 2014, l'EI est la cible d'unecampagne de frappes aériennes effectuée par unecoalition menée par les États-Unis.
De à, le conflit a fait de 260 000 à 470 000 morts d'après les estimations de diverses ONG et de l'ONU. De nombreux massacres,crimes de guerre etcrimes contre l'humanité ont été commis, principalement par le régime syrien et l'État islamique. Le camp loyaliste est responsable de la majorité desvictimes civiles de la guerre, souvent par le fait de bombardements aériens. Entre 100 000 et 200 000 personnes ont disparu dans lesprisons du régime, au moins 12 000 à 60 000 y ont été torturées à mort. Des armes chimiques ont également été employées. La moitié de la population syrienne a été déplacée pendant le conflit et entre cinq et six millions de Syriens ont fui le pays, soit le quart de la population.
Au début desannées 2020, le régime contrôle les deux tiers du territoire syrien, y compris les huit villes principales du pays, ainsi que12 millions de personnes sur une population résidente totale de17 millions d’habitants (7 autres millions de Syriens vivant en dehors du pays en tant que réfugiés). De plus, l’armée syrienne ne contrôle que 15 % des frontières terrestres internationales du pays, le reste étant sous contrôle d’acteurs étrangers[22].
En, le président Assad démet de ses fonctions le Premier ministreImad Khamis pour le remplacer parHussein Arnous[23].
Les 7 et, les rebelles islamistes prennent le contrôle de la capitaleDamas, en particulier desmédias et de l’aéroport[25]. Le, le président Assad quitte Damas en avion alors que les conditions de sécurité s’y détériorent rapidement, selon deux hauts responsables de l'armée syrienne et il trouve asile en Russie selon certaines sources[26]. LaTurquie, voisine de la Syrie, a appelé le premier jour les acteurs internationaux et régionaux à assurer une « transition en douceur »[27]. Des Syriens lancent des appels sur les réseaux sociaux et des « cellules souterraines cachées » sont recherchées par les Casques blancs[28].
Le nouveaugouvernement syrien annonce le qu'il va« geler la Constitution et le Parlement » jusqu'au lancement d'un processus constituant en, la dissolution de tous les groupes armés et du parti Baas qui a gouverné la Syrie pendant plus de 60 ans[31]. Ces décisions sont confirmées le 29 janvier suivant, date à laquelle la Constitution est suspendue et le Parlement dissout, et Ahmed al-Charaa est nommé président « pour la phase de transition »[32].
En, laRussie ne peut plus exploiter le port commercial deTartous[33]. Si Moscou est toujours autorisée à utiliser ce port méditerranéen stratégique à des fins militaires, le média syrienShaam[34] révèle que le contrat qui lui permettait de faire accoster ses pétroliers et ses navires de fret pour une durée de quarante-neuf ans a été annulé[35]. Une décision qui illustre une position pragmatique et prudente de la part des nouvelles autorités syriennes, selon Thomas Pierret[36], chercheur à l'Irenam, spécialiste de la Syrie[37].
Ahmed al-Charaa se rend, le 2 février, enArabie saoudite, sa première visite à l'étranger depuis sa prise de pouvoir[Note 6],[38],[39].
Il déclare le qu’il faudrait « entre quatre et cinq ans » avant d’organiser des élections dans le pays dévasté par la guerre civile. « Il faudra une infrastructure » adéquate pour arriver à des élections[Note 7].
Le, le gouvernement syrien a annoncé une enquête à la suite du meurtre de civilsAlaouites, ce qui a provoqué un tollé international sur les pires violences depuis le renversement de Bashar al-Assad[41]. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a rapporté que 830 civils Alaouites avaient été tués dans des « exécutions » effectuées par des forces de sécurité ou des combattants progouvernementaux dans les provinces côtières deLattaquié etTartous[42].
Les fidèles du président conservent les postes clés dugouvernement formé le 29 mars, qui voit cependant la nomination de technocrates à certains postes. Au lendemain de l’annonce de son nouveau gouvernement, Ahmed al-Charaa, déclare qu’il« ne pourra pas satisfaire tout le monde », reconnaissant que« chaque mesure que nous prenons ne fera pas consensus »[46].
Le, la nouvelle ministre des Affaires sociales et du TravailHind Kabawat, opposante de longue date à Bachar el-Assad, fervente activiste des droits des femmes, prône une citoyenneté syrienne qui transcende les appartenances confessionnelles[47],[48].
Depuis la chute du régimeBaas, deux puissances régionales tentent d’étendre leur influence sur la Syrie désormais présidée par Ahmed al-Charaa. Chacune à leur manière :Israël, en bombardant et en multipliant les incursions de ses troupes dans le sud du territoire syrien ; la Turquie, déjà présente dans le nord du pays, en espérant signer un accord de défense et récupérer des bases militaires[49].
Dans les faits, la Syrie n'a plus connu d'élection démocratique depuis 1961 avec l'arrivée au pouvoir duparti Baas en 1963. Cependant, lesélections du 5 octobre 2025, bien qu'indirectes, en partie boycottées et intégrant partiellement la population syrienne (les régions kurdes et druzes n'étant pas impliquées dans le processus électoral) ont pu rétablir un système en partie démocratique en Syrie, instaurant subséquemment les premières élections libres depuis la période pré-baasiste.
Laconstitution confère par ailleurs de larges compétences au président.
Le, le pays se dote, pour une période transitoire de cinq ans, d’une déclaration constitutionnelle[52]. Elle met en place un régime présidentiel renforcé, caractérisé par une stricte séparation des pouvoirs[53].
Le président nomme et révoque les ministres, a le droit de proposer des lois, dispose d’un droit de veto sur les lois approuvées par l’assemblée populaire dont il nomme un tiers des membres, le reste étant nommé par une commission dont il choisit les membres. La jurisprudence islamique (fiqh) demeure la principale source de la législation[Note 8] - et non une source de la législation parmi d’autres, comme dans laconstitution de 2012 -. Le président nomme aussi les sept membres de la nouvellecour constitutionnelle suprême de Syrie.
La liberté de croyance des troismonothéismes et les droits culturels et linguistiques de tous les Syriens sont garantis, comme l’égalité des droits des citoyens, sans distinction de race, de religion, de sexe ou d'origine. La liberté d’opinion, d’expression et de la presse, les droits des femmes sont affirmés, comme le pluralisme politique et l’indépendance de la justice[54].
Mais l’exercice de ces droits peut être limité au nom de la sûreté nationale ou de la morale publique. Le président du comité de rédaction constitutionnelle, Abdel Hamid Al-Awak, professeur de droit constitutionnel à l’universitéUniversité Mardin Artuklu en Turquie, justifie ce choix par « la nécessité d’une gouvernance stable et efficace dans la période de transition »[55].
Le plateau du Golan (au sud) occupé par Israël depuis 1967 et le Hatay (au nord) cédé à la Turquie en 1939.
Le Nord de la Syrie est partiellement occupé par la Turquie depuis l’Opération Source de Paix lancé en 2019.
En plus des territoires contrôlés par la Syrie, le pays revendique deux territoires frontaliers contrôlés par des pays étrangers voisins :
leplateau du Golan, région du sud-ouest de la Syrie occupée parIsraël à la suite de laguerre des Six Jours de 1967 et annexée par l’État israélien le au travers de laloi du plateau du Golan. L'annexion de cette région, qui forme pour les Syriens l'essentiel dugouvernorat de Qouneïtra (capitale :Qouneïtra), a été condamnée par le Conseil de sécurité des Nations unies et n’a jamais été reconnue par la communauté internationale ;
leHatay, aujourd'hui province rattachée à la Turquie (depuis le à la suite d'un accord franco-turc) qui fut une république indépendante durant près d'un an de 1938 à 1939 sous le nom d'État du Hatay[Note 9].
La Syrie est divisée en quatorzegouvernorats, oumohafazate (singulier :mohafaza), portant chacun le nom de leur chef-lieu. Les gouverneurs sont proposés par le ministère de l’Intérieur au gouvernement, lequel annonce leur nomination par décret exécutif.Dans ses fonctions, le gouverneur est assisté par un conseil provincial élu. Une partie du gouvernorat de Qouneïtra est sous occupationisraélienne depuis 1967 (voirGolan). Le Golan est un des principaux sujets de discorde entre Israël et la Syrie. Ce dernier et l'ONU le considèrent comme territoire syrien occupé, alors qu'Israël le considère comme annexé. Les gouvernorats sont subdivisés endistricts puis ensous-districts.
L’essentiel du territoire syrien est constitué par un vaste plateau calcaire (hamada) surmonté de quelques anciens reliefs volcaniques (Djebel el-Druze), et traversé au nord-est par le fleuveEuphrate.
La Syrie est un pays situé à l'extrémité orientale de lamer Méditerranée. Outre son littoral, le pays possède une plaine côtière, des chaînes de montagnes à l'ouest, une steppe semi-aride au centre occupant la majeure partie du pays et une zone désertique à l'est. Chacune de ces zones a ses propres animaux et plantes caractéristiques.
Environ 3 100 espèces deplantes à fleurs ont été répertoriées en Syrie, ainsi que 112gymnospermes[59]. Le pays peut être considéré comme un carrefour entre différentes zones de végétation et la flore montre des influences de trois continents : l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
La Syrie possède une faune diverse avec 125 espèces de mammifères, 394 d'oiseaux, 127 de reptiles, 16 d'amphibiens et 157 espèces de poissons d'eau douce recensés dans le pays[59].
Les principales villes du pays incluentDamas dans le Sud-Ouest,Alep dans le Nord, etHoms. Les autres villes importantes sont situées pour la plupart sur la côte.
Entre 2010 et 2014, l'économie syrienne s'est rétractée de 62 %, phénomène dû à laGuerre syrienne, qui a détruit les infrastructures et des lieux de production et empêché les échanges[62]. Une contraction de 12 à 20 % de l'activité économique est attendue pour l'ensemble de 2011[63]. Le chômage a quintuplé et la devise syrienne a perdu les 5/6 de sa valeur[64],[65].
Avant le début de la guerre syrienne, l'Union européenne achetait 95 % du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représentait entre un quart et un tiers des recettes de ce pays. En septembre 2011, pour faire pression sur le régime, l'Union européenne décrète un embargo total sur le pétrole syrien[66]. En avril 2013, la guerre s'éternisant, l’Europe lève « partiellement » son embargo sur le pétrole syrien : « les ministres européens des Affaires étrangères souhaitant ainsi aider les rebelles syriens, qui contrôlent une partie des champs pétroliers »[67].
De 2011 à 2014, la guerre a coûté502 milliards de livres syriennes (3 milliards de dollars américains) aux secteurs du pétrole et des mines du pays. En mai 2014, alors que la Russie fournit surtout des armes, l'Iran livre plutôt du pétrole à Bachar el-Assad.
Le conflit a détruit fin 2014, environ 791 000 logements, destructions qui ont eu lieu à 58 % à Alep, à 20,5 % à Homs et à 12,92 % à Hama[68]. Au niveau agricole, la superficie cultivée est passée de 8 millions d'hectares à 3,6 millions entre 2010 et 2015[69]. Au total entre 2011 et 2016, la guerre civile aurait coûté près de 260 milliards de dollars au total[70].
L’horaire d’hiver prend effet du mois de novembre au mois de mars (UTC+02:00). L’horaire d’été est appliqué du mois d’avril au mois d’octobre (UTC+03:00)[71].
La plupart des Syriens (22,5 millions d'habitants en 2011) vivent non loin de l’Euphrate et le long de la côte, une bande de terre fertile entre les montagnes côtières et le désert, entre Alep au nord, et Damas au sud, en passant par Hama et Homs. Ces quatre villes regroupent environ 8,5 millions d'habitants sur les 22 millions de la Syrie, soit un peu moins de 40 % de la population du pays.
Il n'y a plus de recensement confessionnel en Syrie depuis 1958, et les estimations des répartitions des différents groupes religieux reprennent, ou s'inspirent des statistiques établies au temps du mandat français, en 1936. Les estimations de répartitions des différents groupes confessionnels sont difficiles, car depuis 1936, la population syrienne a plus que quadruplé, passant d'environ 5 millions d'habitants en 1936, à plus de 22,5 millions en 2011.
Environ 10 % de la population Syrienne estchrétienne[73],[74]. Les chrétiens sont répartis en plusieurs confessions : lessyriaques (appeléssyrian en arabe, ousuryoyo ousouraya en syriaque moderne) sont de loin les plus nombreux, suivis par lesgrecs-orthodoxes (environ 250 000, chrétiens de ritebyzantin), viennent ensuite lesgrecs-catholiques melkites (environ 200 000, chrétiens de ritebyzantin unis à Rome depuis 1724), lesmaronites, leschaldéens (aachouriyine etkaldane en arabe), les protestants et les catholiques-romains (rite latin).
Il existe aussi une importante communautéarménienne vivant principalement àAlep, issue de rescapés dugénocide de 1915 perpétré par les ottomans lors de la1re guerre mondiale. LesArméniens étaient environ 250 000 en Syrie au début des années 1960, ils sont maintenant (2010) 190 000.
LesKurdes, qui sont linguistiquement un peuple indo-iranien, représentent une minorité ethnique, avec environ 10 % de la population.La plupart des Kurdes vivent dans le nord-est de la Syrie, et beaucoup parlent lalangue kurde. Quelques Kurdes vivent aussi dans les grandes villes syriennes, commeHassaké,Qamichli ouBoukamal[77].
Plus de 12 000 Israëliens (sur 28 000 habitants) sont installés dans lePlateau du Golan, occupé par l’armée israélienne depuis laguerre des Six Jours (1967), puisannexé par l'État hébreu, annexion non internationalement reconnue.
Principalement établis dans le sud du Liban, dans la partie centrale duMont Liban, et dans le sud de la Syrie (où ils occupent notamment la zone montagneuse duHauran, connue sous le nom deDjebel el-Druze)[78].
Leur nombre est estimé à environ 1 million[Note 11]. Dispersés, les druzes vivent surtout auLiban (où ils seraient entre 280 000 et 350 000, soit 4 % de la population), en Syrie (de 500 000 à 750 000 personnes)[79], et enIsraël (environ 118 000 personnes).
Lalangue arabe est la langue officielle du pays, la grande majorité des Syriens parlent l'arabe syrien, variante dialectale de l'arabe, également utilisée au Liban, en Autorité palestinienne, et dans une moindre mesure en Irak et en Jordanie.De nombreux Syriens instruits parlent l’anglais, lerusse et lefrançais (surtout dans la bourgeoisie et la communauté chrétienne, il y a moins de 4 500 francophones de nos jours), mais l’anglais est plus largement compris (de 650 000 à un million de locuteurs, en seconde langue).
LeKurde a été reconnu comme langue nationale en 2026, le décret présidentiel précise que« son enseignement est autorisé dans les écoles publiques et privées des régions où les Kurdes représentent une proportion notable de la population, soit comme matière optionnelle, soit comme activité culturelle éducative », sans que ne soit précisé ce qui est entendu par« proportion notable ». La langue kurde est parlée par plus de trois millions de personnes[80]. De 1932 à 1945, il y avait trois revues kurdes publiées en langue kurde à Damas, par Jaladat Badir Khan,Haouar, en 1932,Ronahi, en 1941 et la revueStere, en 1943 (Damas)[81].
L’araméen (la langue biblique, celle deJésus-Christ) à travers lenéo-araméen occidental au nord deDamas et letouroyo en particulier dans laJaziré. Le turc est encore parlé en seconde langue, surtout pour des raisons historiques, au nord, vers la frontière turque, et à Alep : le nombre de locuteurs est inconnu, du fait de relations difficiles de la Syrie avec son voisin turc, pour des raisons politiques, et aussi en raison du passé de la Syrie au sein de l'Empire ottoman. Il y a des contentieux aussi en ce qui concerne la région du Sandjak d'Alexandrette (hui Iskandaroun), annexé par la Turquie en 1939, et qui comprend encore aujourd'hui une majorité d'arabes. La Syrie revendique toujours cette région. Autrefois parlé, et langue importante, le grec a disparu depuis les années 1950, mais reste une langue historique, la langue véhiculaire sous l'Empire byzantin, et son héritage se retrouve à travers les Chrétiens grecs orthodoxes.
Du fait de liens importants avec la Russie, le russe est parlé en seconde langue par 15 000 à 20 000 personnes. Il existe une diaspora de Syriens en Russie (plus de 10 000 Syriens). Le russe est enseigné à l'université et dans certains lycées, tout comme le chinois, parlé cependant dans une moindre mesure. Le russe est la seconde langue enseignée dans les collèges, après l'anglais. En 2018, environ 250 000 élèves Syriens étudieraient le russe, du lycée à l'université, des effectifs toutefois moins importants que l'anglais. Le chinois est une langue de plus en plus choisie à l'université, notamment du fait d'échanges importants avec la Chine. Lepersan et l'allemand sont également enseignés.
Les réalisations artistiques et culturelles de la Syrie antique sont nombreuses. Les archéologues ont découvert que la culture syrienne rivalisait avec celles de laMésopotamie et de l’Égypte, surtout autour d’Ebla. De plus, beaucoup d’artistes syriens ont contribué à la pensée et à la culture hellénistique romaine.Cicéron était un élève d’Antiochos d'Ascalon àAthènes. Et les livres dePosidonios ont beaucoup influencéTite-Live etPlutarque.
Les Syriens ont aussi contribué à la littérature et à lamusique arabe et ont une grande tradition de la poésie orale et écrite.Les intellectuels syriens émigrés en Égypte ont joué un rôle décisif dans lanahda, la renaissance culturelle et littéraire des Arabes auXIXe siècle.
Les chanteurs syriens célèbres sont entre autresGeorges Ouassouf, Ouadih Mrad, Majd el Kasem, Assala Nasri, Rabi Al Asmar, Elias Karam… à préciser aussi que les starsFarid El Atrache et sa sœurAsmahan ont fait leur carrière en Égypte sont d'ascendance syrienne (famille princière druze Al Atrach originaire deJebel ed druz).
La Syrie possède une petite industrie cinématographique, dont la production est entièrement contrôlée par l’Organisation nationale du cinéma d’État, qui emploie des réalisateurs de films sous le statut de fonctionnaires. Il n’y a qu’un seul film qui peut sortir par an, il est néanmoins souvent salué par les festivals internationaux.Le feuilleton télévisé syrien deBab El Hara, très connu dans le monde arabe, a eu un énorme succès.
Le niveau sportif syrien n'est pas très élevé mais on peut tout de même citer quelques sports pratiqués. Parmi les sportifs syriens les plus titrés on trouveGhada Chouaa championne olympique (Jeux olympiques d'été de 1996 àAtlanta) et championne du monde (1995 àGöteborg) enheptathlon.
C'est le deuxième sport national en Syrie (masculin et féminin)[84]. Le niveau s'est amélioré dans les années 2000 à son entrée dans leprofessionnalisme avec laLigue syrienne de basket-ball(en). La Syrie a de bonnes équipes comme :
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↑Salam Kawakibi,Préface de Jihad academy, livre de Nicolas Hénin, Paris, Le livre de poche,, 252 p.(ISBN978-2-253-18586-4),p. 11.
↑Après la chute de Bachar al-Assad, les autorités syriennes comptent notamment sur les riches pays du Golfe pour financer la reconstruction et aider au redressement de l'économie du pays.
↑« Syrie : « entre 4 et 5 ans » pour organiser des élections, selon le président intérimaire »,La Croix,(lire en ligne, consulté le).
↑Le fiqh (arabe : fiqh, فقه : dérive du verbe signifiant comprendre) est l'interprétation temporelle des règles de lacharia. Il est quelquefois traduit par droit musulman, jurisprudence islamique ou science du droit islamique, par référence aux avis juridiques pris par les juristes de l'islam.
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Depuis l'Institut français du Proche-Orient (IFPO), ce livre réunit les contributions de plus d'une vingtaine de spécialistes, fins connaisseurs de la Syrie et de la région.
Caroline Donati,L’exception syrienne. Entre modernisation et résistance, Paris, La Découverte, 2009.
Jean-Yves Gillon, Les anciennes fêtes de printemps à Ḥomṣ, en ligne IFPO, 1993 pour la première édition 2015.
Philippe Gouraud,Le général Henri Gouraud au Liban et en Syrie - 1919-1923, préface de Jean-Francois Deniau de l’Académie française, L’Harmattan, 1993.
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Akram Kachee« Les conseils locaux syriens face à la militarisation du conflit »,Confluences Méditerranée, vol. 99, no. 4, 2016, pp. 31-45.
Akram Kachee, « L’opposition syrienne - de l’incohérence au désastre »,Chaos International, 24 déc., en ligne, 2016.
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