
Le syndicalisme aux États-Unis se manifeste par l'intermédiaire desyndicats qui représentent les travailleurs desÉtats-Unis dans de nombreux secteurs, conformément audroit du travail américain depuis l’adoption duNational Labor Relations Act en. Leur activité se concentre sur lanégociation collective concernant lessalaires, lesavantages sociaux ((en)Compensation and (fringe) Benefits, lesconditions de travail de leurs membres, ainsi que sur la représentation de ces derniers dans leslitiges avec leur direction; relatifs aux violations des dispositionscontractuelles. Les syndicats de plus grande taille s’engagent également généralement dans des activités delobbying et departicipation électorale aux niveauxétatique et fédéral.
La plupart des syndicats aux États-Unis sont affiliés à l’une des deux principales organisations faîtières : l’AFL-CIO, créée en, et laChange to Win Federation (également connue sous le nom de Strategic Organizing Center ou SOC), qui s’est séparée de l’AFL-CIO en. Les deux organisations défendent des politiques et des législations en faveur des travailleurs aux États-Unis et auCanada, et jouent un rôle actif en politique. L’AFL-CIO est particulièrement préoccupée par les questions liées au commerce mondial.
Le pourcentage de travailleurs syndiqués (ou la « densité syndicale » totale) varie selon les pays. En, il était de 10,1 % aux États-Unis, contre 20,1 % en[1],[2]. Il y avait 14,3 millions de membres aux États-Unis en, contre 17,7 millions en. L’adhésion syndicale dans le secteur privé est tombée à 6 %, soit un cinquième de celle des travailleurs du secteur public, qui s’établissait à 33,1 % en. Du point de vue mondial, en, les États-Unis avaient la cinquième plus faible densité syndicale parmi les36 pays membres de l’OCDE[3],[4].
AuXXIe siècle, les syndicats les plus en vue sont ceux desemployés du secteur public tels que les employés municipaux, les fonctionnaires, les enseignants et lespoliciers. Les membres des syndicats sont majoritairement âgés, de sexe masculin et résident dans leNord-Est des États-Unis, leMidwest des États-Unis et enCalifornie[5]. Il existe un écart salarial substantiel entre les travailleurs syndiqués et non syndiqués aux États-Unis ; les travailleurs syndiqués perçoivent en moyenne des salaires plus élevé; les recherches montrent que les écarts salariaux syndicaux sont plus élevés dans lesecteur privé que dans lesecteur public, et plus élevés pour les hommes que pour les femmes[6]. La force des syndicats du secteur privé a un effet positif sur les salaires des travailleurs non syndiqués du secteur privé (en contrôlant les conditions de fond, telles que l’industrie, le risque d’automatisation industrielle, ladélocalisation, la force des syndicats du secteur public, les niveaux d’emploi globaux ainsi que d’autres facteurs); c’est ce qu’on appelle l’effet dedébordement syndical[Quoi ?][7].
Bien que beaucoup plus petits par rapport à leur pic d’adhésion dans les années, les syndicats américains restent un facteur politique, tant par la mobilisation de leurs propres membres que par descoalition politiques avec des organisationsmilitantes partageant les mêmes idées sur des questions telles que lesdroits des immigrants, laprotection de l’environnement, la politique commerciale, les soins de santé et les campagnes pour un salaire décent[8]. Une préoccupation particulière concerne les efforts desvilles et desÉtats pour réduire les obligations de pension dues aux travailleurs syndiqués qui prendront leurretraite à l’avenir[9]. Une étude des élections américaines de à a révélé que les syndicats augmentent la participation électorale tant des membres que des non-membres[10]. Les syndicats ont une alliance de longue date avec leParti démocrate, et les membres des syndicats constituent une partie importante de la base électorale du parti[11]. En revanche, leParti républicain s’est opposé aux syndicats et a défendu diverses politiques antisyndicales, telles que l’adoption de lois sur ledroit au travail, des restrictions sur lanégociation collective des syndicats du secteur public, l’abrogation des lois sur lesalaire prévalent, et lapréemption[Quoi ?] des lois locales sur lesalaire minimum[12].

Les syndicats ont commencé à se former au milieu duXIXe siècle en réponse aux impacts sociaux et économiques de larévolution industrielle. Des syndicats nationaux ont vu le jour après laguerre de Sécession. LesKnights of Labor ont émergé comme une force majeure à la fin des années,mais se sont effondrés en raison d’une mauvaise organisation, d’un manque de leadership efficace, de désaccords sur les objectifs et d’une forte opposition des employeurs et des autorités gouvernementales.[réf. nécessaire]
L’American Federation of Labor (AFL), fondée en et dirigée parSamuel Gompers jusqu’à sa mort en, s’est révélée beaucoup plus durable. Elle a aidé à coordonner et à soutenir lesgrèves et est finalement devenue un acteur majeur de la politique nationale, généralement du côté desdémocrates.
Les syndicats américains ont grandement bénéficié des politiques duNew Deal deFranklin Delano Roosevelt dans les années. LeWagner Act, en particulier, a protégé légalement le droit des syndicats à s’organiser. À partir de ce moment, les syndicats ont développé des liens de plus en plus étroits avec le Parti démocrate et ont été considérés comme un élément central de la coalition du New Deal.[réf. nécessaire]

Les conservateurs favorables aux entreprises prirent le contrôle duCongrès des États-Unis en, et adoptèrent en laLoi Taft-Hartley, rédigée par le sénateurRobert A. Taft. Le présidentTruman opposa son veto à cette loi, mais lacoalition conservatrice passa outre. Cette décision bénéficia d’un soutien important chez les démocrates, dont106 sur177 à laChambre des représentants des États-Unis et20 sur42 auSénat des États-Unis[13]. Toujours en vigueur, cette loi interdit notamment les contributions syndicales aux campagnes politiques, restreint le droit de grève lorsque la « sécurité nationale » est en jeu, et impose l’exclusion des dirigeants syndicauxcommunistes (cette dernière disposition a été jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême et n’est plus en vigueur). Les syndicats menèrent pendant des années une campagne intense pour obtenir l’abrogation de cette loi, sans succès. À la fin des années, laloi Landrum-Griffin de 1959 fut adoptée, à la suite d’enquêtes parlementaires sur lacorruption et le déficit de démocratie interne au sein desTeamsters et d’autres syndicats[14],[15].
En, les deux principales organisations syndicales, l’AFL et le CIO, fusionnèrent, mettant fin à plus de vingt ans de division.George Meany, président de l’AFL, devint président de la nouvelle fédération AFL–CIO, et William Schnitzler, secrétaire-trésorier de l’AFL, en devint le secrétaire-trésorier. Le projet de constitution fut principalement rédigé par le vice-président de l’AFLMatthew Woll et le conseiller juridique du CIOArthur Goldberg, tandis que les déclarations politiques conjointes furent rédigées par Matthew Woll, le secrétaire-trésorier du CIO James Carey, les vice-présidents du CIO David McDonald etJoseph Curran, le président des Brotherhood of Railway Clerks George Harrison, et le président de l’AFL–CIO de l’IllinoisReuben Soderstrom[16].
La proportion de travailleurs syndiqués (« densité syndicale ») atteignit un pic en, avec près de 35 %, et le nombre total de syndiqués culmina en, avec environ 21 millions de membres[17],[18]. Depuis, ce chiffre est en baisse constante dans le secteur privé, tandis que le syndicalisme s’est développé dans le secteur public.

Après, lessyndicats du secteur public connurent une forte croissance, obtenant de bons salaires et despensions élevées pour leurs membres. Tandis que l’industrie et l’agriculture déclinaient, l’emploi dans les administrations locales et des États quadrupla, passant de 4 millions de salariés en à 12 millions en, puis à 16,6 millions en[19]. En ajoutant les 3,7 millionsde civils employés par l’État fédéral, 8,4 millions d’agents publics étaient couverts par desconventions collectivesen, soit 31 % des fonctionnaires fédéraux, 35 % des employés des États et 46 %des employés locaux[20].
Dans les années une augmentation rapide des importations (automobiles, acier et électronique duJapon et d'Allemagne, et des vêtements, chaussures d'Asie) affaiblissent les fabricants Américains[21]. Dans les années, on a observé un déplacement massif de l’emploi, avec moins de travailleurs dans les secteurs à hauts salaires et davantage dans les secteurs à bas salaires[22]. Plusieurs compagnies ont fermés ou se sont déplacés dans desÉtats plus au sud[23], ont contré la menace de grève en menaçant de fermer ou dedélocaliser une usine[24], ou ont délocalisé leursusines vers des pays à bas salaires[25]. Le nombre de grèves et delock-out majeurs a chuté de97 %, passant de381 en à187 en pour n’atteindre que11 en[24],[26]. Sur le plan politique, les syndicats en déclin ont perdu de l’influence au sein du Parti démocrate, et les Républicains libéraux pro-syndicats se sont effacés[27]. L’adhésion aux syndicats parmi les travailleurs du secteur privé a considérablement diminué, bien qu’après, il y ait eu une croissance des syndicats d’employés des gouvernements fédéral, d’État et locaux[28],[29]. L’atmosphère intellectuelle des années et favorisait la déréglementation et la concurrence libre[30]. De nombreuses industries ont été déréglementées, y compris lescompagnies aériennes, letransport routier, leschemins de fer et lestélécommunications, malgré l’opposition des syndicats concernés[31]. Le point culminant est survenu lorsque le présidentRonald Reagan (ancien président de syndicat) a brisé la grève illégale des[32]Professional Air Traffic Controllers Organization (PATCO) en, portant un coup majeur aux syndicats[26],[33].
LeParti Républicain a commencé à faire adopter desprojets de loi visant à réduire le pouvoir des syndicats de fonctionnaires ainsi qu’à éliminer les réglementations pesant sur les entreprises[25],[34],[35].

La plupart des syndicats de travailleurs desÉtats-Unis sont membres d'une des deux organisation de plus grande envergure : laFédération américaine du travail (AFL–CIO) ou la Strategic Organizing Center (SOC), qui se sont divisées de l'AFL-CIO en-[36]. Les deux organisations défendent les politiques et législations favorables aux travailleurs aux États-Unis et auCanada, et ont un rôle actif en politique favorisant le parti Démocrate mais pas uniquement. L'AFL–CIO est spécialement concernée par les problème d'échanges et d'économie mondiaux.
Les syndicats du secteur privé sont régulés par leNational Labor Relations Act (NLRA), passé en et amendé depuis. La loi est supervisée par leNational Labor Relations Board (NLRB), qui est uneindependent federal agency. Les syndicats du secteur public sont régulés en partie par les lois de l'état ainsi que par des fédéraux. En général ils montrent des taux d'accroissement solides, car les salaires et les conditions de travail sont discutées lors de négociations avec les officiel de l'état élus localement.
Afin de rejoindre un syndicat de travailleurs traditionnel, il faut soit avoir une reconnaissance volontaire de leur employeur soit avoir la majorité des travailleurs dans une unité de négociation qui vote en faveur de la représentation syndicale. Dans les deux cas, legouvernement doit certifier le nouveau syndicat. D'autres formes de syndicats existent comme lesminority unionism,solidarity unionism, et des pratiques d'organisations tel que lesIndustrial Workers of the World, qui ne suivent pas toujours le modèle des organisations traditionnelles.
Lessyndicats du secteur public sont dirigés par les lois du travail et les conseils du travail dans chacun des50 états. Les états du nord utilisent leNLRA et le NLRB pour encadrer leur lois. Dans les autres états, les travailleurs du service public n'ont pas le droit de créer une entité syndicale. (Environ 40 % des employés du public n'ont pas le droit de structurer un syndicat.)[37],[38].
Un examen conduit par le gouvernement fédéral sur les échelles salariales a montré que les employés d'un syndicat gagnent 33 % de plus que leurs homologues non syndicalisés, ainsi que plus desécurité d'emploi, de plus de sureté et de meilleursconditions de travail[39]. Lesalaire médian par semaine pour les travailleurs syndiqués est de 973 $ en contre 763 $ pour leurs homologues[40].
De nouveaux médias et, plus tard, desjournaux traditionnels ont mené une vague de syndicalisation depuis, stimulée par les pertes subies pendant laGrande Récession et leslicenciements dans les start-up. Le "NewsGuild" et la "Writers Guild of America" ont remporté nombre de ces combats, représentant notamment5 000 journalistes répartis dans90 organisations[41].
Lorsque les syndicats gagne le soutien d'une majorité d'unité denégociation et acquiert un lieu de travail, il a la responsabilité de négocier les conditions d'emploi. Sous leNLRA, les employés peuvent aussi, s'il n'y a pas de majorité de soutien, créer un syndicat deminorité qui représente uniquement les droits de ceux qui ont choisi de la rejoindre[42].Cependant, les entreprises ne sont pas tenues de reconnaître un syndicat minoritaire comme agent de négociation pour ses membres, ce qui limite donc le pouvoir de ce syndicat[43].Ce modèle de minorité a été largement utilisé, mais a été écarté lorsque les syndicats ont commencé à remporter systématiquement le soutien d'une majorité. Les syndicats commencent à revoient leur "member-only" modèle, depuis les nouveaux changements dudroit du travail, qui sont vus par ceux-ci comme des freins à l'organisation des travailleurs[44].
Lesemployeurs et lessyndicats écrivent les modalités et conditions de travail dans des contrats juridiquement contraignants. Lorsqu’un différend survient au sujet du contrat, la plupart des conventions prévoient que les parties tentent de résoudre leur désaccord par une procédure de grief, afin de voir si le conflit peut être résolu à l’amiable. Si le syndicat et l’employeur ne parviennent toujours pas à trouver un accord, l’une ou l’autre des parties peut choisir de soumettre le différend à unarbitrage, où l’affaire est plaidée devant un tiers neutre.

Les statuts du droit au travail interdisent aux syndicats de négocier desmagasins syndicaux et des agences mercantiles[Quoi ?]. Ainsi, bien que les syndicats existent dans les États dits « right-to-work », ils y sont généralement plus faibles.
Les membres de syndicats bénéficient des « droits Weingarten ». Si la direction interroge un syndiqué sur une question pouvant entraîner une sanction disciplinaire ou d’autres modifications de ses conditions de travail, le salarié peut demander à être assisté par unreprésentant syndical. Les droits Weingarten tirent leur nom de la première décision de laCour suprême qui a reconnu ces droits[45].
LeNLRA (National Labor Relations Act) va plus loin en protégeant le droit des travailleurs à organiser des syndicats. Elle protège le droit des travailleurs à mener toute "action concertée" en vue d’une aide ou protection mutuelle. Ainsi, aucun lien formel avec un syndicat n’est nécessaire. Une action concertée, "dès son origine, implique seulement un orateur et un auditeur, car une telle action est une étape préliminaire indispensable à l’auto-organisation des salariés"[46].
Les syndicats militent pour une nouvelle législation fédérale, leEmployee Free Choice Act (EFCA), qui permettrait aux travailleurs de choisir une représentation syndicale simplement en signant une carte de soutien (appelé « card check »). Le processus actuel, établi par la loi fédérale, exige qu’au moins 30 % des employés signent ces cartes, puis attendent45 à90 jours pour qu’un responsable fédéral organise unvote à bulletin secret où une majorité simple des employés doit voter en faveur du syndicat afin d’obliger l’employeur à négocier.
Les syndicats affirment que, sous le système actuel, de nombreux employeurs profitent de la période de45 à90 jours pour mener des campagnes antisyndicales. Certains opposants à cette législation craignent que supprimer le vote à bulletin secret du processus expose les travailleurs à l’intimidation et aux pressions de la part des syndicats. Lors des élections de, l’EFCA bénéficiait d’un large soutien de nombreux législateurs à laChambre et auSénat, ainsi que duprésident. Depuis, le soutien aux dispositions de « card check » de l’EFCA a considérablement diminué.

L’adhésion syndicale est en déclin aux États-Unis depuis, et depuis, à mesure que les taux de syndicalisation diminuaient, la part du revenu global détenue par la classe moyenne américaine diminuait elle aussi de façon correspondante[47]. En, ledépartement du Travail a signalé la première augmentation du nombre de syndiqués en25 ans et la plus forte progression depuis. La plupart des gains récents en termes d’adhésion syndicale ont eu lieu dans le secteur des services, tandis que le nombre de salariés syndiqués dans le secteurmanufacturier a diminué. La majorité des avancées dans le secteur des services proviennent des États de la côte Ouest, comme laCalifornie, où le taux de syndicalisation atteint désormais16,7 %, contre une moyenne nationale d’environ12,1 %[48],[49],[50]. Historiquement, la croissance rapide des syndicats de fonctionnaires depuis les années a servi à masquer un déclin encore plus marqué de l’adhésion syndicale dans le secteur privé.
Au sommet de la densité syndicale dans les années, seulement environ 9,8 % des employés publics étaient représentés par des syndicats, tandis que 33,9 % des travailleurs privés non agricoles bénéficiaient d’une telle représentation. Dans cettedécennie, ces proportions se sont essentiellement inversées, avec 36 % des travailleurs du secteur public représentés par des syndicats, tandis que la densité syndicale dans le secteur privé a chuté à environ 7 %. La dernière enquête duBureau of Labor Statistics desÉtats-Unis indique que l’adhésion syndicale dans le pays est montée à 12,4 % de l’ensemble des travailleurs, contre 12,1 % en. Pendant une courte période, l’adhésion syndicale dans le secteur privé a connu un léger rebond, passant de 7,5 % en à 7,6 % en[40]. Cependant, cette tendance s’est depuis inversée. En, il y avait 14,5 millions de membres aux États-Unis, contre 17,7 millions en. En, le pourcentage de travailleurs syndiqués était de 11,3 %, contre 20,1 % en. Le taux dans le secteur privé était de 6,4 %, et dans le secteur public de 35,3 %[51].
En, le Bureau of Labor Statistics a rapporté que l’adhésion aux syndicats avait atteint un niveau historiquement bas aux États-Unis, passant de 10,3 % à 10,1 %[52],[53],[54].
Entre et, leNational Labor Relations Board a enregistré18 577 élections de représentation syndicale ; dans11 086 de ces scrutins (soit 60 %), la majorité des travailleurs a voté en faveur d’une représentation syndicale. La plupart des élections (15 517) ont été déclenchées par despétitions déposées par les employés eux-mêmes, dont les syndicats en ont remporté9 933. Plus rares étaient les élections provoquées par des pétitions d’employés visant à décertifier un syndicat (2 792, dont les syndicats ont remporté1 070) ou par des pétitions déposées par les employeurs, qu’il s’agisse de représentation ou de décertification (268, dont les syndicats en ont remporté85)[55],[56].

AuxÉtats-Unis, des programmes de formation syndicale comme leHarvard Trade Union Program fournissent aux responsables syndicaux une éducation spécialisée sur les questions de travail, lesnégociations et les politiques syndicales[57]. Créé en par le professeurJohn Thomas Dunlop de l’Université Harvard, le Harvard Trade Union Program visait à former les membres des syndicats en les préparant à traiter les grandes questions contemporaines liées au lieu de travail et au droit du travail. Aujourd’hui, ce programme fait partie d’une initiative plus large à laHarvard Law School appelée le Labor and Worklife Program[58]. Ce programme traite d’une large variété de questions liées au travail et à l’emploi, allant des fonds de pension syndicaux aux effets desnanotechnologies sur les marchés du travail et les conditions en entreprise.
L’Université Cornell est reconnue comme l’un des principaux centres mondiaux d’enseignement syndical, ayant fondé en la School of Industrial and Labor Relations. Sa mission est de former des dirigeants, d’éclairer les politiques nationales et internationales en matière d’emploi et de travail, et d’améliorer les conditions de travail grâce à ses programmes delicence et demaster. L’école publie l’Industrial and Labor Relations Review et a comptéFrances Perkins parmi ses professeurs. Elle comprend six départements : économie, gestion des ressources humaines, travail international et comparé, relations de travail, comportement organisationnel et statistiques sociales. Parmi les cours proposés figurent « Politique du Nord global » et « Analyse économique de l’université »[59],[60].
Les syndicats utilisent le terme « juridiction » pour désigner leur revendication à représenter les travailleurs qui effectuent un certain type de travail et le droit de leurs membres à réaliser ce travail. Par exemple, le déchargement des cargaisons conteneurisées dans les ports américains est revendiqué par l’International Longshoremen’s Association, l’International Longshore and Warehouse Union et l’International Brotherhood of Teamsters, qui estiment que ce travail doit revenir aux salariés qu’ils représentent. Une grève de juridiction est un refus concerté de travailler entrepris par un syndicat pour affirmer le droit de ses membres à accomplir certaines tâches et pour protester contre l’attribution de ce travail contesté à des membres d’un autre syndicat ou à des travailleurs non syndiqués. Les grèves de juridiction se produisent le plus souvent auxÉtats-Unis dans le secteur de la construction[61].
Les syndicats utilisent aussi le terme « juridiction » pour désigner les limites géographiques de leurs activités, notamment lorsqu’un syndicat national ou international répartit le droit de représenter les travailleurs entre différentes sections locales selon le lieu d’emploi des salariés, soit en suivant des lignes géographiques, soit en adoptant les frontières des juridictions politiques[61].
Pour aider à contrer leur déclin constant, les syndicats ont commencé dans les années à former des coalitions, aux niveaux local, national et mondial, avec des groupes religieux, des mouvements sociaux, des responsables politiques et parfois desemployeurs[62]. Il y a eu un passage général d’unplaidoyer centré sur des groupes d’intérêts spécifiques vers des mouvements prodémocratie à grande échelle[62].
Les coalitions entre syndicats et groupes environnementaux sont particulièrement présentes dans les domaines du commerce mondial et de la santé[62]. Cette unification était unique compte tenu des relations houleuses et des différences notables entre les deux camps. Les syndicats, trèshiérarchisés, donnent la priorité à l’emploi, avec des membres généralement issus desclasses populaires, tandis que les groupes environnementaux sont souvent composés de membres desclasses moyennes et decols blancs, et se concentrent principalement sur les questions liées auclimat et à l’environnement[63]. Des tensions sont apparues par le passé lorsque les groupes environnementaux ont défendu des réglementations de protection de l’environnement sans prendre en compte les effets sur l’emploi ou les répercussions sur la sécurité des travailleurs, ce qui a involontairement provoqué l’hostilité des syndicats[63].
Les syndicats se rangeaient parfois du côté des employeurs, même si ces derniers sont souvent perçus comme opposés à la syndicalisation, car sans employeurs, il n’y a pas d’emplois[64]. Les syndicats ont parfois agi contre les groupes environnementaux lorsque l’activisme écologique était perçu comme un frein à la croissance économique[63]. Cette antagonisation a été encore renforcée par les employeurs dans le cadre d’une stratégie politique appelée « chantage à l’emploi », qui s’est révélée efficace pour opposer les deux mouvements[63].
Les syndicats et les groupes environnementaux ont commencé à collaborer au niveau international lorsque l’administration Reagan, dans les années, a lancé des attaques contre les réglementations environnementales au même moment où elle licenciait des milliers decontrôleurs aériens en grève[62].
Bien qu’il ne soit plus aussi massif qu’entre les années et le début des années, le soutien de la majorité du public américain aux syndicats reste clair. L’institutGallup suit l’opinion publique sur les syndicats depuis, année où il a constaté que 72 % des personnes interrogées approuvaient les syndicats. Ce soutien écrasant a diminué à la fin des années, mais à l’exception d’un sondage en où les syndicats n’ont recueilli qu’un avis favorable de 48 % les majorités ont toujours soutenu les syndicats. Un sondage Gallup publié en a montré que 62 % des répondants approuvaient les syndicats, le niveau le plus élevé depuis plus de dix ans. La désapprobation des syndicats a été exprimée par 32 %[65]. Ils ont de nouveau sondé l’opinion en et ont constaté que l’approbation était montée à 71 %, soit la perception positive la plus élevée depuis, et que cette approbation augmentait régulièrement depuis, année où elle s’élevait à 56 %[66].
À la question de savoir si les syndicats devraient avoir plus ou moins d’influence, Gallup a constaté que l’opinion publique est restée constamment partagée depuis que l’institut a posé la question pour la première fois en, sans majorité en faveur d’une augmentation ou d’une diminution de leur influence. En, 39 % souhaitaient que les syndicats aient plus d’influence, 29 % moins d’influence, et 26 % voulaient que leur influence reste à peu près la même[67].
Un sondage duPew Research Center réalisé entre et a constaté une baisse du soutien aux syndicats au plus fort de lagrande récession[68] atteignant 41 % d’opinions favorables et 40 % défavorables. En 2018, le soutien aux syndicats est monté à 55 % d’opinions favorables, avec seulement 33 % d’opinions défavorables[69]. Malgré cela, l’adhésion syndicale a continué de diminuer[70].
Les syndicats du secteur privé sont régis par leNational Labor Relations Act (NLRA), adopté en 1935 et modifié depuis. La loi est supervisée par leNational Labor Relations Board (NLRB), une agence fédérale indépendante. Les syndicats du secteur public sont régis en partie par des lois fédérales et en partie par des lois étatiques. En général, ils ont montré des taux de croissance robustes, car les salaires et les conditions de travail sont fixés par des négociations avec des responsables locaux et étatiques élus.
Malgré le soutien vocal et actif du présidentJoe Biden aux syndicats, le nombre de membres syndiqués aux États-Unis est resté stagnant et les syndicats continuent de décliner. Les obstacles modernes incluent la résistance des entreprises commeAmazon etApple. Bien que le plein emploi renforce le pouvoir de négociation des travailleurs, l’adhésion syndicale reste faible, en particulier dans les nouvelles industries technologiques.
Les syndicats ont joué un rôle crucial dans l’obtention de la journée de travail de huit heures et de la semaine de travail de cinq jours, grâce à une défense persistante et à des grèves qui ont finalement conduit à laFair Labor Standards Act de 1938. Ils ont également été une force pour promouvoir l’égalité sur le lieu de travail, en incluant activement divers groupes ethniques et en soutenant les mouvements des droits civiques. Enfin, les syndicats ont lutté pour des conditions de travail plus sûres, conduisant à des législations critiques telles que l’Occupational Safety and Health Act et leMining Enforcement and Safety Act, réduisant considérablement les dangers sur le lieu de travail.