Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Symmaque (pape)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirSymmaque.

Symmaque
Saint catholique
Image illustrative de l’article Symmaque (pape)
Détail de lamosaïque dans labasilique Sant'Agnese fuori le Mura, 625–638, Rome.
Biographie
Nom de naissanceSymmachus
NaissanceVers 450
Corse-Sardaigne
Décès
Rome
Pape de l'Église catholique
Élection au pontificat
Fin du pontificat
PrécédentAnastase IIHormisdasSuivant
Autre(s) antipape(s)Laurent

(en) Notice surcatholic-hierarchy.org
modifier 

Symmaque, né enSardaigne vers, estévêque de Rome du au. Durant son pontificat, il s'oppose àLaurent, élu au même moment que lui par une partie dissidente du clergé qui souhaite un rapprochement avec lepatriarcat de Constantinople[1]. Son mandat est ainsi marqué par un graveschisme sur la question de savoir qui serait élu pape par la majorité duclergé romain[2].

Il est fêté le.

Biographie

[modifier |modifier le code]

Origines

[modifier |modifier le code]

Fils d'un certain Fortunatus, Symmaque est né enSardaigne[3], alors sous la domination desVandales.Jeffrey Richards note qu'il est népaïen et « peut-être le plus étranger » de tous lespapes ostrogoths, dont la plupart étaient issus de familles aristocratiques[4]. Il est baptisé àRome[5], où il devientarchidiacre de l'Église romaine sous le papeAnastase II (496–498).

Schisme

[modifier |modifier le code]

Symmaque est élu pape le 22 novembre 498[6] dans labasilique constantinienne, bénéficiant du soutien populaire grâce à ses actions charitables, opposé à l'archiprêtre de labasilique Sainte-Praxède de Rome Laurent,ascète lié aux cercles d'aristocrates pieux[7]. Laurent est élu pape le même jour dans la basilique Sainte-Marie (vraisemblablement labasilique Sainte-Marie-Majeure) par une faction dissidente aux sympathiesbyzantines, soutenue par l'empereur romain d'OrientAnastase Ier et guidée par le chef dusénat romain Festus. Les deux factions conviennent de permettre àThéodoric le Grand, roi desOstrogoths et duroyaume ostrogoth d'Italie, d'arbitrer. Celui-ci établit une nouvelle réglementation : le droit d'élire est réservé au clergé, même si l'on consent aux papes de désigner leur successeur[8]. Il décide que celui qui serait élu le premier[9] et dont les partisans seraient les plus nombreux devra être reconnu comme pape. Il s'agit d'une décision purement politique. Une enquête favorise Symmaque et son élection est reconnue comme juste[10],[11]. Cependant, un document ancien connu sous le nom deFragment Laurentien affirme qu'il a obtenu la décision en payant despots-de-vin[12] ; le diacreEnnode de Pavie a écrit plus tard que 400solidi ont été distribués à des personnages influents qu'il serait indiscret de nommer[13].

Premier synode romain

[modifier |modifier le code]

Symmaque convoque un synode qui se tient à Rome le 1er mars 499 et auquel assistent 72évêques et tout le clergé romain. Laurent assiste à ce synode. Par la suite, il est nommé audiocèse de Nuceria enCampanie. Selon le récit duLiber pontificalis, Symmaque accorde le siège à Laurent « guidé par la sympathie », mais leFragment Laurentien déclare que Laurent « a été gravement menacé et amadoué, et envoyé de force » à Nuceria, dans laProvince de Salerne[14],[15],[16]. Le synode ordonne également que toutclerc qui cherche à obtenir des voix pour un successeur à la papauté du vivant du pape, ou qui convoque des réunions et tient des consultations à cette fin, soit destitué etexcommunié[17].

Deuxième synode romain

[modifier |modifier le code]

En 501, le sénateur Festus[18], partisan de Laurent, accuse Symmaque de divers crimes. L'accusation initiale est que Symmaque célèbre Pâques le 25 mars, selon l'ancienne coutume romaine, tandis que les Byzantins observent la fête le 22 avril, selon lenouveau décompte. Le roiThéodoric le convoque àAriminum pour répondre à l'accusation. Le pape arrive seulement pour découvrir qu'un certain nombre d'autres accusations, notamment d'avoir manqué à lachasteté et d'avoir abusé des biens de l'Église[8], sont également portées contre lui[19],[20],[21].

Symmaque, pris de panique, fuit Ariminum au milieu de la nuit avec un seul compagnon. Sa fuite se révèle un mauvais calcul, car elle est considérée comme un aveu de culpabilité. Laurent est ramené à Rome par ses partisans, mais un groupe important du clergé, dont la plupart des clercs supérieurs,se retire de la communion avec lui. Un évêque en visite, Pierre d'Altinum, est nommé par Théodoric commevisiteur apostolique, à la demande des sénateurs Festus et Probinus, opposants à Symmaque, pour célébrer lesPâques de l'an 502 et assumer l'administration du siège romain, en attendant la décision d'un synode qui serait convoqué après Pâques[22].

Présidé par les autresmétropolites italiens,Pierre II de Ravenne, Laurent deMilan et Marcellien d'Aquilée, le synode s'ouvre dans labasilique Sainte-Marie-Majeure. L'ambiance est tumultueuse et l'on se retrouve bientôt dans une impasse en raison de la présence de l'évêque en visite, Pierre d'Altinum[9]. Ce dernier fait valoir que la présence d'un évêque en visite implique que le siège de Rome est vacant, et que le siège ne peut être vacant que si Symmaque est coupable, ce qui signifie que l'affaire a déjà été tranchée avant que les preuves soient entendues. Bien que la majorité des évêques assemblés partage ce point de vue, le visiteur apostolique ne peut pas être obligé de se retirer sans la permission de Théodoric, laquelle n'est pas donnée. En réponse à cetteaporie, des émeutes éclatent dans Rome, poussant un certain nombre d'évêques à fuir la ville et les autres à demander à Théodoric de déplacer le synode à Ravenne[réf. nécessaire].

Troisième synode romain

[modifier |modifier le code]

Le roi Théodoric refuse de déplacer le synode et ordonne aux évêques de se réunir à nouveau le. Le 27 août, le roi écrit aux évêques qu'il envoie deux desMaiores Domus nostrae (Anciens de la maison), Gudila et Bedeulphus, pour veiller à ce que le synode se réunisse en toute sécurité et sans crainte[23]. À la reprise, les relations ne sont pas moins acrimonieuses. Tout d'abord, les accusateurs présentent un document qui comprend une clause stipulant que le roi sait déjà que Symmaque est coupable et que le synode doit donc assumer sa culpabilité, entendre les preuves, puis prononcer la sentence. L'attaque de la foule contre le parti du pape alors qu'il s'apprête à comparaître au synode est particulièrement violente : beaucoup des partisans de Symmaque sont blessés et plusieurs, dont les prêtres Gordianus et Dignissimus, sont tués. Symmaque se retire àSaint-Pierre et refuse de sortir, malgré les pressions des députations du synode[24]. LaVie de Symmaque présente cependant ces meurtres comme faisant partie des combats de rue entre les partisans des sénateurs Festus et Probinus d'un côté, et le sénateur Faustus de l'autre. Les attaques sont particulièrement dirigées contre des religieux, dont Dignissimus, prêtre de labasilique Saint-Pierre-aux-Liens, et Gordianus, prêtre de labasilique Santi Giovanni e Paolo, bien que la rhétorique du passage étende la violence à quiconque est partisan de Symmaque, homme ou femme, clerc ou laïc. Il est alors dangereux pour un religieux de se promener la nuit dans Rome[25].

Quatrième synode romain

[modifier |modifier le code]

À ce stade, le synode adresse une nouvelle fois une pétition au roi Théodoric, demandant la permission de dissoudre la réunion et de rentrer chez lui. Théodoric répond, dans une lettre datée du, qu'il faut mener l'affaire à son terme. Ainsi, les évêques se réunissent à nouveau le au lieu connu sous le nom de Palma[26] et, après avoir passé en revue les événements des deux sessions précédentes, décident que puisque le pape est le successeur de l'apôtre Pierre, ils ne peuvent pas porter de jugement sur lui et laissent Dieu décider de la question. Tous ceux qui ont abandonné la communion avec lui sont invités à se réconcilier avec lui et tout membre du clergé qui à l'avenir célèbrera la messe à Rome sans son consentement sera puni comme schismatique. Les résolutions sont signées par76 évêques, dirigées par Laurent de Milan etPierre de Ravenne[27],[28].

L'édit publié par lepréfet de Rome Basile en 483, réglementant la gestion des biens de l'Église, est déclaré invalide et Symmaque publie un nouvel édit sur la gestion de ces biens et surtout sur leur vente.

Fin du conflit

[modifier |modifier le code]

Malgré le résultat du synode, Laurent retourne à Rome et, pendant les quatre années suivantes, selon leFragment Laurentien, il tient ses églises et règne comme pape avec le soutien du sénateur Festus[19]. Durant cette période, Symmaque, obligé de fuir la résidence pontificale qui est alors aupalais du Latran, fait bâtir la première demeure située dans l'enceinte du Vatican, autour de l'antique basilique vaticane. La lutte entre les deux factions se déroule de deux façons : par la violence collective commise par les partisans de chaque camp religieux, décrite d'une manière vivante dans leLiber pontificalis[29] et par la diplomatie, qui produit des documents, lesfaux symmachiens, des jugements dedroit canonique pour soutenir l'affirmation selon laquelle en tant que pape, Symmaque ne peut pas être tenu responsable[30]. On suppose que lesfaux symmachiens sont apparus au cours du troisième synode romain et ont servi à fournir la conclusion de Palmaris[31]. Une action, plus productive sur le front diplomatique, est de convaincre le roi Théodoric d'intervenir, menée principalement par deux partisans non romains, le diacre milanais Ennodius et le diacre exiléDioscore. Finalement, Théodoric retire son soutien à Laurent après sa brouille avecByzance en 506, et se rapproche de nouveau de Symmaque, ordonnant à Festus de lui remettre les églises romaines[32]. Théodoric reconnaît l'acquittement de Symmaque et lui restitue la légitimité du pouvoir. Symmaque va enfin pouvoir gouverner avec énergie[8].

Écrits

[modifier |modifier le code]

Un certain nombre d'écrits polémiques paraissent durant le schisme comme le traitéContra Synodum absolutionis incongruae (Contre le synode d'absolution incongrue) de la faction de Laurent, auquel le diacreEnnode de Pavie répond par leLibellus adversus eos qui contra Synodum scribere praseumpserunt (Pamphlet contre ceux qui ont écrit avec présomption contre le Synode)[33]. Alors que l'auteur de labiographie de Symmaque rapportée dans leLiber pontificalis est très favorable au pape, l'auteur d'une autre biographie papale[Laquelle ?] soutient la cause de Laurent[34]. Au cours de la dispute, les partisans de Symmaque élaborent quatre écritsapocryphes, lesfaux symmachiens, dont les titres sont :Gesta synodi Sinuessanae de Marcellino (Actes du synode de Sinuessana concernant Marcellinus) ;Constitutum Silvestri (Constitution de Sylvestre) ;Gesta Liberii (Les actes de Libère) ;Gesta de purgatione Xysti et Polychronii accusation (Le récit de la purge de Xystus et de l'accusation de Polychronius)[35]. Le but de ces contrefaçons est de produire des précédents qui soutiennent Symmaque et de donner un fondement à l'idée que l'évêque romain ne peut être jugé par un tribunal composé d'autres évêques.

Relations avec l'orthodoxie

[modifier |modifier le code]

Symmaque défend avec zèle les partisans de l'orthodoxie lors du schisme d'Acace de Constantinople et défend, quoique sans succès, les opposants à l'Hénotique (Henotikon) avec une lettre envoyée à l'empereur d'Orient Anastase Ier. Par la suite, de nombreux évêques orientaux persécutés se tournent vers le pape à qui ils envoient une confession de foi. Immédiatement après 506, l'empereur d'Orient lui adresse une lettre pleine d'invectives, à laquelle le pape répond avec fermeté, affirmant avec force les droits et libertés de l'Église[36]. Dans une lettre datée du 8 octobre 512, adressée aux évêquesillyriens, le pape les avertit de ne pas rester en communion avec leshérétiques. Il excommunie l'empereur d'Orient Anastase Ier, suspecté demonothélisme.

Selon leLiber pontificalis, le pape prend des mesures sévères contre lesmanichéens, ordonnant que leurs livres soient brûlés et qu'ils soient expulsés de Rome.

La question de la Gaule

[modifier |modifier le code]

Immédiatement après le début de son pontificat, Symmaque intervint comme médiateur dans le différend entre lesarchevêques d'Arles et deVienne (France) sur les limites de leurs territoires respectifs. Il annule l'édit publié par le papeAnastase Ier en faveur de l'archevêque de Vienne et le, il confirme les privilèges demétropolite à l'archevêqueCésaire d'Arles, comme l'avait décidé le papeLéon Ier. En 513, Césaire d'Arles rend visite à Symmaque alors qu'il est détenu en Italie. Le pape lui accorde le privilège de l'usage dupallium, premier cas connu d'une telle concession de la part de l'Église de Rome à un évêque hors d'Italie. Dans une lettre du, il nomme Césaire représentant des intérêts de l'Église enGaule et enTarraconaise, lui permet de convoquer des synodes d'évêques dans certains cas, et de fournir des lettres de recommandation au clergé se rendant à Rome. Mais les questions les plus importantes doivent être discutées à Rome. Césaire écrit plus tard à Symmaque pour l'aider à établir son autorité, ce que celui-ci accepte avec empressement, selon William Klingshirn, « pour rassembler un soutien extérieur pour sa primauté »[37].

Symmaque et la ville de Rome

[modifier |modifier le code]

Symmaque érige, restaure et décore diverses églises. Il construit une église dédiée à saintAndré à proximité de celle de saintPierre, une basilique dédiée à sainteAgnès de Rome sur lavia Nomentana et l'église Saint-Pancrace de Gênes sur leJanicule, orne l'antique basilique vaticane, reconstruit entièrement labasilique Saint-Martin de Rome (rione Monti) et apporte des améliorations auxcatacombes de laVia Salaria.

Il fait construire des asiles pour les pauvres à proximité des trois basiliques Saint-Pierre, Saint-Paul etSaint-Laurent-hors-les-murs, et fait construire à proximité de la basilique Saint-Pierre des bâtiments résidentiels qui constituent le noyau du futurpalais du Vatican.

Mort et culte

[modifier |modifier le code]

Symmaque fournit de l'argent et des vêtements aux évêques catholiques d'Afrique et deSardaigne exilés par les dirigeants desvandalesariens. Il rançonne également les prisonniers des provinces du nord de l'Italie et aide les habitants qui ont beaucoup souffert desinvasions barbares[38].

Il introduit leGloria in excelsis in Deo dans lamesse célébrée par les évêques[8].

Symmaque meurt le 19 juillet 514[6] après avoir régné quinze ans, sept mois et vingt-sept jours ; il est enterré dans levestibule de l'ancienne basilique Saint-Pierre[8]. Son tombeau a été perdu.

Lamémoire liturgique de saint Symmaque a lieu le 19 juillet[8].

Bien que Laurent soit classé comme antipape, c'est son portrait qui continue d'être accroché dans la galerie papale de labasilique Saint-Paul-hors-les-Murs, et non celui de Symmaque[39].

Notes et références

[modifier |modifier le code]

Notes

[modifier |modifier le code]

Références

[modifier |modifier le code]
  1. Pietri 1997,p. 787.
  2. Kirsch 1913.
  3. « Liber pontificalis », surthelatinlibrary.com(consulté le).
  4. Richards 1979,p. 243.
  5. Thiel,Epist. pont. rom., I, 702.
  6. a etbHughes 1947,p. 319.
  7. Pietri 1997,p. 776.
  8. abcde etfAdministration Pontificale de la Basilique Patriarcale Saint-Paul 2002,p. 25.
  9. a etbMansi, Labbe et Martin 1762,p. 201.
  10. Davis 2000,p. 43f.
  11. Mansi, Labbe et Martin 1762,p. 301.
  12. Davis 2000,p. 97.
  13. Richards 1979,p. 70f.
  14. Davis 2000,p. 44, 97.
  15. Mansi, Labbe et Martin 1762,p. 204.
  16. Hefele 1895,p. 59.
  17. Mansi, Labbe et Martin 1762,p. 231.
  18. Jones et Martindale 1980,p. 467-469.
  19. a etbDavis 2000,p. 98.
  20. Mansi, Labbe et Martin 1762,p. 284.
  21. Hefele 1895,p. 60.
  22. Richards 1979,p. 71.
  23. Mansi, Labbe et Martin 1762,p. 254-256.
  24. Richards 1979,p. 72.
  25. Mansi, Labbe et Martin 1762,p. 202.
  26. Hefele 1895,p. 67.
  27. Richards 1979,p. 73.
  28. Mansi, Labbe et Martin 1762,p. 261-269.
  29. Richards 1979,p. 75.
  30. Richards 1979,p. 81f.
  31. Townsend 1933,p. 172-174.
  32. Richards 1979,p. 76.
  33. Mon. Germ. Hist.: Auct. ant., VII, 48 sq.
  34. "Frammento Laurentino", dansLiber pontificalis, ed. Louis Duchesne, I, 44-46
  35. Pierre Coustant,Epist. Rom. pontif., Paris, 1721.
  36. Thiel,Epist. rom. pont., I, 700 sq.
  37. Klingshirn 1994,p. 30, 86f.
  38. Davis 2000,p. 46.
  39. Demacopoulos 2013,p. 115.

Bibliographie

[modifier |modifier le code]

Articles liés

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]

Précédé parSuivi par
Anastase II
Symmaque
Hormisdas
v ·m
IerIVe siècles
VeVIIIe siècles
IXeXIIe siècles
XIIIeXVIe siècles
XVIIeXXe siècles
Depuis leXXIe siècle
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Symmaque_(pape)&oldid=233176300 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp