Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Suzanne Citron

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirCitron.

Suzanne Citron
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière de Montjustin(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Suzanne Antoinette GrumbachVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Marc Grumbach(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Marie Françoise Dreyfus(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour
Partis politiques
Membre de
Directeur de thèse
Site web
Distinction
Œuvres principales
Le Mythe national,Le Mythe national. L’histoire de France en question(d)Voir et modifier les données sur Wikidata

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Suzanne Citron, née Grumbach le àArs-sur-Moselle et morte le àParis 4e[1], est unehistorienne etessayistefrançaise degauche[2].

Elle est connue pour ses travaux sur lemythe national et l'enseignement de l'histoire en France.

Biographie

[modifier |modifier le code]

Suzanne Antoinette Grumbach est issue d’une famillebourgeoisejuive ayant des racinesalsaciennes,parisiennes etportugaises. Ses deux grands-pères ont reçu laLégion d'honneur : du côté paternel, Paul Grumbach (1861-1931), qui futgénéral de brigade[3], et, du côté maternel, Eugène Dreyfus (1864-1936), magistrat qui fut président de laCour d'appel de Paris[4]. Elle parlera d'une« famille qui se considérait comme franco-israélite, l'ordre étant important »[5]. Elle est élevée dans une culture laïque et patriote, son père évoquant par ailleurs souvent l'affaire Dreyfus[6].

Elle étudie aulycée Molière (Paris)[7]. Au début de laSeconde Guerre mondiale, son père est fait prisonnier en Allemagne[8]. Pendant l'Occupation, après l'arrestation de deux de ses cousins au cours d'une rafle[8] , elle franchit clandestinement laligne de démarcation le pour passer enzone libre[8]. Elle poursuit alors des études d'histoire et mène des activités de résistance.

Elle est arrêtée àLyon le par laGestapo et a vécu les dernières semaines ducamp de Drancy[9], le camp étant libéré par l'avancée des Alliés avant sa déportation en Allemagne.

Elle estagrégée d'histoire (1947) et enseignera pendant une vingtaine d'années au lycée d'Enghien-les-Bains[8].

Pendant laguerre d'Algérie, qu'elle définit comme« un second choc intérieur »[8], elle est révoltée par les pouvoirs spéciaux votés à l'initiative dugouvernement socialiste de Guy Mollet en 1956[8]. Elle devient alors une militante anti-colonialiste[5].

Elle va alors se pencher sur l'histoire du colonialisme français : le récit de laconquête de l'Algérie, lesrépressions en Indochine dans les années 1930 et lesmassacres à Madagascar en 1947[8]. À la suite de sa découverte sur l'occultation de ces faits dans le récit national, elle deviendra très critique sur l'enseignement de l'histoire de France[8]. Peu aprèsMai 68, elle publie une tribune dansLe Monde intitulée « Ce que nous attendons du ministère de l’éducation » où elle esquisse une réorganisation et un décloisonnement de la scolarité. Elle approfondira sa pensée dans son ouvrageL'École bloquée, paru en 1971[8].

Elle devient docteur de3e cycle enhistoire contemporaine de l'université Paris Nanterre (1974)[10]. Sa thèse de doctorat, soutenue en 1974 mais non publiée, a pour titreAux origines de la Société des professeurs d'histoire : la réforme de 1902 et le développement du corporatisme dans l'enseignement secondaire (1902-1914). Elle enseigne alors à l'université Paris XIII-Villetaneuse[8].

Elle a milité dans les mouvements pédagogiques des années 1960-1970 pour la rénovation des contenus de l’enseignement et publié de nombreux articles dans diverses revues d’enseignants sur les problèmes de l’enseignement secondaire. Elle publie des « points de vue » pendant plus de trente ans dansLe Monde et dix ans dansLibération.

Elle a appartenu auParti socialiste unifié (PSU)[11]. De 1977 à 1983, elle est adjointe au mairePS deDomont (Val-d'Oise). Elle quitte le Parti socialiste en 1985[8] et reproche alors au ministre de l'Éducation nationale,Jean-Pierre Chevènement, d'avoir rétabli une histoire nationale qui place la France au centre du monde[8].

En 1987, elle publie l'ouvrage qui restera associé à son nom,Le Mythe national, ouvrage de déconstruction de l'histoire telle qu'elle est enseignée à l'époque[12]. Cet ouvrage connaîtra plusieurs éditions. Dans la dernière, qui remonte à 2017[13], elle reconnaissait des avancées dans l'enseignement de l'histoire en France ces trente dernières années avec l'apparition d'une histoire critique durégime de Vichy[8], l'enseignement de laguerre d'Algérie[8], de la colonisation[8] et que l'on parle désormais dans l'espace public de l'histoire de l'immigration en France[8]. Mais elle continuait d'en dénoncer la matrice, à savoir lePetit Lavisse, manuel d'histoire des écoles de laIIIe République.

Cette dernière édition connaît une forte exposition médiatique pendant la campagne pour l’élection présidentielle française de 2017. Sur le plateau deL'Émission politique, le, l'historienne degaucheLaurence De Cock en offre un exemplaire àFrançois Fillon, qui préconisait un retour au récit national dans son programme[8]. Le titre se trouve alors en rupture de stock sur la plateforme de vente à distanceAmazon[14].

Suzanne Citron a par ailleurs été membre duComité de vigilance face aux usages publics de l'histoire[15].

Elle meurt à Paris le à l’âge de 95 ans et est inhumée aux côtés de son mari àMontjustin (Alpes-de-Haute-Provence).

Prise de position

[modifier |modifier le code]

En, dans une tribune parue sur le site Internet du quotidienLe Monde et intitulée « En invitantNetanyahou, Emmanuel Macron instrumentalise l’histoire de France », Suzanne Citron critique ce qu'elle juge comme une instrumentalisation de l'histoire de France parEmmanuel Macron, coupable, à ses yeux, d'alimenter une confusion sur l’histoire de France en invitant le premier ministre israélien à la commémoration de larafle du Vél’ d’Hiv[16].

Sa position, étayée sous la forme de trois paragraphes, est la suivante :« Internée à Drancy le 4 juillet 1944 et libérée par les événements du 17 août 1944, je dénie formellement toute justification à la présence d’un homme cautionnant les exactions et les méfaits de la colonisation israélienne en Palestine et je récuse la sempiternelle et démagogique confusion entre antisémitisme et critique de l’État d’Israël[2]. »

Vie privée

[modifier |modifier le code]

Elle était l'épouse de l'historien de la littérature française etmusicologuePierre Citron (1919-2010). Le couple a eu quatre enfants.

Publications

[modifier |modifier le code]
  • L'École bloquée, Bordas, 1971.
  • Enseigner l’histoire aujourd'hui : la mémoire perdue et retrouvée,Les Éditions ouvrières, 1984.
  • Le Mythe national : l'Histoire de France en question, Les Éditions ouvrières, 1987.
  • Le Bicentenaire et ces îles que l'on dit françaises,Syllepse, 1989.
  • L'Histoire de France autrement,Les Éditions de l'Atelier, 1992 ; 2e éd. 1995.
  • L'Histoire des hommes, Syros jeunesse, 1996 ; nouvelle édition mise à jour 1999, version numérisée 2015 (« L'histoire des hommes, racontée par Suzanne Citron », surwww.chalifour.fr (pdf de 340 Mo)).
  • Mes lignes de démarcation : croyances, utopies, engagements, Syllepse, 2003.
  • Le Mythe national : l'Histoire de France revisitée, Les Éditions de l'Atelier/Les Éditions ouvrières (poche), 2008 (édition de 1987 actualisée) ; nouvelle édition en 2017.
  • Légataires sans héritage. Pensées pour un autre monde, préface deLaurence De Cock, Les Éditions de l'Atelier, 2024.Légataires sans héritage est publié à titre posthume, notamment grâce au travail d’édition de Letizia Goretti, chercheuse associée à la BnF.

Distinctions

[modifier |modifier le code]

Hommage

[modifier |modifier le code]

Le, le Département donne son nom au bâtiment desArchives départementales de la Seine-Saint-Denis[17].

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. a etbAntoine Flandrin, « L’historienne Suzanne Citron est morte »,Le Monde,‎(lire en ligneAccès payant)
  3. Ministère de la culture
  4. Ministère de la culture
  5. a etb"Décès de Suzanne Citron : l’historienne qui a déconstruit le mythe national", francetvinfo, 25 janvier 2018.
  6. Suzanne Citron,Le mythe national : l'histoire de France revisitée, Éd. l'Atelier, L'Atelier de poche, rééd. 2017, p. 17.
  7. Bulletin 2019 de l’Association amicale des anciennes et anciens élèves du lycée Molière, 2019, p. 23.
  8. abcdefghijklmnop etqAntoine Flandrin, « L’historienne Suzanne Citron est morte »,Le Monde,‎(lire en ligne, consulté le).
  9. Sur sa jeunesse et les circonstances qui se trouvent à l'origine de ses prises de position comme historienne et comme citoyenne, voir l'entretien qu'elle a accordé àL'Humanité en 2014 :« Suzanne Citron : “Une France des diversités et des multiples racines reste à inventer” »,L'Humanité, 26 mars 2014.
  10. SUDOC096750898
  11. « Citron Suzanne [née Grumbach Suzanne »], surmaitron.fr
  12. Laurent Joffrin, « Une histoire de France dénationalisée »,Libération,‎(lire en ligne)
  13. André Loez, « L’histoire, passion française, suite »,Le Monde,‎(ISSN 1950-6244,lire en ligne, consulté le)
  14. Emma Defaud, « Sur Amazon, les ventes du livre offert à Fillon sur France 2 s'envolent »,LExpress.fr,‎(lire en ligne, consulté le)
  15. « Adhérents du CVUH », surblogspot.fr(consulté le).
  16. Suzanne Citron, « Suzanne Citron en invitant Netanyahou Emmanuel Macron instrumentalise l'histoire de france », surlemonde.fr,(consulté le).
  17. « La Seine-Saint-Denis, toujours plus engagée en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes », surseinesaintdenis.fr(consulté le).

Liens externes

[modifier |modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

v ·m
Cadre juridique
Rafles
Camps
Assassinats et déportation
Responsables allemands de la mise en œuvre
Responsables français de la mise en œuvre
Spoliation
 v ·m Victimes notables
Victimes notables
A – B
C – F
G – J
K – L
M – R
S – Z
 v ·m Survivants notables
Survivants notables
A – B
C – E
F – H
I – K
L
M – O
P – R
S
T – Z
Documentation
Lieux de mémoire
Justes parmi les nations
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Suzanne_Citron&oldid=230528887 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp