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| Date de création | décembre 1956 |
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| Date de fin | octobre 1959 |
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Super-Science Fiction est unmagazine de science-fictionaméricain, publié de à sous la direction deWilliam W. Scott chezFeature Publications.
Deux jeunes auteurs,Robert Silverberg etHarlan Ellison, ont déjà vendu à Scott des récits policiers pour ses autres magazines,Trapped etGuilty. Rapidement, ils élargissent leur collaboration en proposant également desnouvelles de science-fiction. Tout au long de la courte existence deSuper-Science Fiction, Scott publie de nombreux récits signés par ce duo ; Silverberg, en particulier, figure dans chaque numéro, souvent avec deux ou trois histoires, parfois même jusqu'à quatre. Le reste du contenu provient essentiellement d'agents littéraires et comprend majoritairement des manuscrits refusés par d'autres revues. Toutefois, Scott parvient à obtenir deux nouvelles importantes d'Isaac Asimov, un pilier incontournable de la science-fiction.
Après quelques années, Feature Publications modifie la ligne éditoriale du magazine en misant sur les récits de monstres, cherchant ainsi à profiter de la popularité grandissante deFamous Monsters of Filmland. Quatre numéros supplémentaires paraissent alors, chacun centré sur une créature monstrueuse. Cependant, en, Feature décide d'arrêter la publication deSuper-Science Fiction, après dix-huit numéros. Malgré une réception critique mitigée, le magazine joue un rôle clé dans la formation de plusieurs auteurs majeurs, notamment Robert Silverberg, qui reconnaît que ses contributions àSuper-Science Fiction et à d'autres revues d'aventure lui ont offert une véritable« école d'écriture », lui permettant de perfectionner son art littéraire.
En, Feature Publications lancePrize Comics, marquant le début d'une série de magazines de super-héros qui rencontrent rapidement un grand succès, avec notammentFrankenstein Comics etHeadline Comics. Cependant, l'adoption duComics Code en obligeFeature à arrêter la publication de ces trois titres à la fin de l'année. En remplacement, la maison d'édition mise sur deux magazines policiers :Trapped, publié sous le label Headline, etGuilty. Ces deux revues sont confiées àWilliam W. Scott, qui rejoint Feature après la fermeture deFiction House en[N 1]. À la fin de, Feature enrichit sa collection Headline avec le lancement deSuper-Science Fiction, dont la direction éditoriale revient à Scott, bien qu'il ne soit pas spécialiste du genre[2]. D'après les souvenirs deRobert Silverberg, cette initiative vient directement de Scott, qui convainc Feature d'investir dans ce nouveau projet éditorial[3]. Scott instaure une rémunération compétitive de deux cents le mot pour les textes de fiction et les articles, ce qui permet àSuper-Science Fiction de se positionner parmi les revues majeures de science-fiction de l'époque. Cette stratégie reflète la volonté de Feature Publications de s'adapter aux évolutions du marché tout en maintenant une qualité éditoriale capable d'attirer auteurs et lecteurs[4],[5].

Dans les années 1950, les magazines de science-fiction connaissent une expansion rapide, avec le lancement de dizaines de nouveaux titres tout au long de la décennie[6],[7]. Cependant, à l'aube des années 1960, le marché évolue progressivement, favorisant leslivres de poche au détriment des revues de fiction[8]. Par ailleurs, la popularité croissante de la télévision et desbandes dessinées freine la réussite commerciale des magazines de science-fiction. Ladistribution, élément clé pour assurer une présence régulière en kiosque, devient particulièrement fragile après la liquidation en d'un acteur majeur du secteur, l'American News Company[8].Super-Science Fiction bénéficie cependant d'un réseau de distribution indépendant[9], ce qui lui permet d'éviter les effets les plus dévastateurs de cette crise. Malgré cela, la perturbation généralisée de la chaîne de distribution complique la disponibilité en kiosque des magazines plus modestes, dont la présence devient souvent aléatoire[8].

Vers la fin des années 1950, l'intérêt du public se porte sur lesfilms de science-fiction centrés sur desmonstres, commeGodzilla ouL'Attaque de la femme de 50 pieds. Dans ce contexte, le magazineFamous Monsters of Filmland rencontre un succès fulgurant, incitant l'apparition de titres concurrents tels queMonster Parade etMonsters and Things, désireux de profiter de cette tendance[8],[9]. Pour s'adapter, William W. Scott transforme le numéro d' deSuper-Science Fiction en un « numéro spécial monstres » et ajoute un bandeau « Monster » sur toutes les couvertures suivantes. Cette stratégie ne rencontre pas le succès escompté. Après seulement trois numéros supplémentaires, Feature Publications décide d'arrêter définitivement la parution du magazine[8],[N 2]. Aucune anthologie intégrale des récits publiés dansSuper-Science Fiction n'est jamais éditée[11], mais, en, une sélection denouvelles deRobert Silverberg issues du magazine paraît sous le titreTales from Super-Science Fiction. L'ouvrage s'ouvre sur une préface dans laquelle l'auteur revient sur son expérience et sa collaboration avec la revue[12].
En,Harlan Ellison habite dans le quartier nord deManhattan, à la même adresse queRobert Silverberg etRandall Garrett[13]. Au début de l'année, il soumet àWilliam W. Scott plusieurs récits refusés parManhunt, un magazine policier majeur. Scott accepte ces textes pour ses revuesTrapped etGuilty. Dès lors, Ellison et Silverberg deviennent des contributeurs réguliers pour Scott. Durant l'été, Scott leur révèle qu’il a convaincuFeature Publications de lancer un magazine de science-fiction qui offre une rémunération aussi élevée que celle des magazines policiers[14]. Fin juin, Silverberg vend à Scott la nouvelleCatch 'Em All Alive, publiée dans le premier numéro deSuper-Science Fiction, ainsi que plusieurs courts textesnon fictionnels que Scott utilise pour remplir les espaces en bas de page[15]. Ellison figure aussi dans ce numéro inaugural avecPsycho at Mid-Point, aux côtés d'Henry Slesar, qu'il a lui-même recommandé à Scott[16]. Dans son éditorial d'ouverture, Scott annonce une ligne éditoriale centrée sur des personnages humains et combatifs. Il affirme :« L'Homme du futur conquerra l'univers à la force de ses poings et de sa fureur ! »[11]. Toutefois, les historiens de la science-fiction Mike Ashley etMilton Subotsky soulignent un décalage entre cette ambition proclamée et la réalité des premiers récits publiés, où les héros échouent, meurent ou sombrent dans la folie[2],[11].
Au milieu et à la fin des années 1950, Robert Silverberg et Harlan Ellison contribuent massivement aux magazines de science-fiction en activité. Ensemble, ils fournissent à William W. Scott près de 40 % des récits publiés dansSuper-Science Fiction[2],[17],[18],[19]. Parallèlement, Silverberg enrichit également la revue avec des textesnon fictionnels[5], utilisés pour combler les espaces éditoriaux. Plusieursagents littéraires, dont Harry Altshuler et Scott Meredith, envoient à William W. Scott des manuscrits précédemment rejetés par d'autres publications[2],[20]. Silverberg se rappelle avoir surpris Scott, hilare dans son bureau, face à un manuscrit dont l'historique d'envois joint par erreur révélait dix-huit refus depuis, avant d'être finalement rejeté à nouveau par Scott[21]. En, Ellison estappelé sous les drapeaux, tandis que Silverberg bénéficie d'une exemption universitaire qui lui permet de poursuivre sa production littéraire. Il vend alors trente-six nouvelles à Scott, sans qu'aucune soit refusée[5],[22]. En même temps,Isaac Asimov, en pleine transition vers une carrière d'écrivain professionnel, cherche de nouveaux débouchés pour ses œuvres. Scott lui propose un tarif attractif de quatre cents le mot et achète deux nouvelles :The Gentle Vultures etAll the Troubles of the World, cette dernière mettant en scèneMultivac, le superordinateur de l'univers d'Asimov[2],[23],[24],[N 3]. Avec l'apparition du bandeau « Monster » en couverture, à partir d', chaque histoire devait désormais inclure une créature monstrueuse. Silverberg continue alors d'écrire pour Scott jusqu'à la fin du magazine et signe douze récits pour les quatre derniers numéros à thème monstrueux, la plupart sous pseudonyme[10].
Pendant que Robert Silverberg écrit des récits d'action et d'aventure pour William W. Scott et d'autres éditeurs, il développe parallèlement des histoires plus sophistiquées destinées à des revues majeures de science-fiction commeGalaxy etAstounding. Il considère néanmoins que ses récits d'aventure spatiale ont été un véritable terrain d'entraînement pour affiner son art d'écrivain, tout en lui procurant un plaisir certain. Silverberg confesse avoir toujours nourri une attirance secrète pour la science-fiction populaire. Dès lors, quand il obtient la chance de composer une série d'histoires courtes et dynamiques pourSuper-Science Fiction, il saisit cette opportunité avec un enthousiasme marqué[26]. Parmi ses œuvres pour cette publication figurentCreatures of Green Slime etBeasts of Nightmare Horror. Ironiquement, le critique Mike Ashley souligne que le talent de Silverberg l'empêchait d'écrire des récits aussi médiocres que leurs titres sensationnalistes pourraient le laisser penser[2].
Mike Ashley qualifie la sélection de Scott de« mélange déconcertant »[2], tout en mettant en lumière quelques exceptions remarquables, notamment deux nouvelles d'Harlan Ellison publiées dans le deuxième numéro :Mission: Hypnosis etThe Untouchable Adolescents. Il vante également deux autres textes du même numéro,Death of a Mutant de Charles de Vet etEvery Day is Christmas deJames E. Gunn. Cependant, dès ce numéro, la qualité des récits chute rapidement, selon Ashley[2]. Malgré cela, il reconnaît queSuper-Science Fiction est parvenu à conserver un certain intérêt grâce à quelques bonnes histoires, dont les dénouements déçoivent toutefois les lecteurs[2]. Il cite notammentWorlds of Origin deJack Vance, issu de la sérieMagnus Ridolph, ainsi queAll the Troubles of the World d'Isaac Asimov, parmi les textes les plus marquants[2]. Pour sa part, Subotsky critique l'incapacité de Scott à discerner la bonne fiction de la mauvaise[11], un défaut qui conduit à la publication d'une revue que le critique Brian Stableford qualifie de« médiocre »[27]. Ashley suggère que l'orientation tardive du magazine vers les récits de monstres pourrait avoir séduit les amateurs de films du même genre, mais que, dans l'ensemble,Super-Science Fiction est apparu comme un périodique superflu. Il arrive en effet à la fin d'une vague d'intérêt pour les magazines de science-fiction, à la fin des années 1950, période où les lecteurs se tournent de plus en plus vers les livres de poche[19].
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| Durant l'existence deSuper-Science Fiction, William W. Scott assure la fonction de rédacteur en chef. | ||||||||||||
La revue, publiée parFeature Publications via sa filiale Headline est éditée parWilliam W. Scott pendant toute sa durée, soit dix-huit numéros. Le premier numéro paraît en et la publication suit un rythmebimestriel jusqu'à sa fin en. La numérotation des volumes est strictement régulière, répartie en trois volumes composés chacun de six numéros[2],[27].
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