Sumène est une commune rurale qui compte 1 222 habitants en 2023, après avoir connu un pic de population de 3 135 habitants en 1872. Ses habitantssont appelés les Suménois et Suménoises.
La superficie de la commune est de3 659 hectares[M 1] ; son altitude varie entre 175 et933 mètres[6].
Le territoire de la commune de Sumène est situé dans une zone de basse montagne du sud-ouest du massif desCévennes, à l'extrémité sud duMassif central. Le sommet nommé le plus haut de la commune est laMontagne de la Fage, à l'est, qui culmine à 922 m[M 1]. Les autres sommets principaux situés sur le territoire la commune sont leRanc de Banes, situé au sud-est de la commune, à une altitude de 713 m[M 1], le Pain de sucre, à 792 m[M 1], les Jumeaux, à l'ouest, à 515 m et 525 m[M 1] et, au nord, le Castanet Pinoch et Piecam, en limite communale avecSaint-Roman-de-Codières[M 1], respectivement à 594 m et à 797 m.
Le sol de la commune est constitué, au centre et à l'ouest deschiste, au sud-est decalcaire, où l'on trouve de nombreuses grottes[7] et, au nord degranit[M 1].
La commune est située dans la vallée duRieutord, unaffluent gauche dufleuve côtier de l'Hérault. Le Rieutord, qui traverse le territoire de la commune du nord au sud, est, en aval du village, très souvent à sec, avec des écoulements souterrains jusqu'à sa confluence àGanges[M 1]. Cependant, les crues du Rieutord peuvent être torrentielles, en particulier lors desépisodes cévenols[M 1], comme le montre une de ses crues mémorables, qui s'est produite le, juste après un épisode cévenol[8]. Sonaffluent, leRecodier, traverse le village du nord-est au sud-ouest[M 1]. Lepoint de confluence des deux rivières se situant auchef-lieu de la commune.
L'Hérault longe le territoire de la commune au nord-ouest et marque les limites avec les communes deRoquedur et deSaint-André-de-Majencoules.
On trouve également quelques ruisseaux, au nord et à l'est du territoire, tels que le ruisseau des Ayres[9], le ruisseau du Cayla[10], le valat de Coste Male[11], le valat des Gours[12], le ravin du Bois[13], une partie du ravin du Soulié, qui traverse aussi la commune deMoulès-et-Baucels[14], une toute petite partie du ruisseau de la Garenne, sonaffluent, qui traverse égalementMoulès-et-Baucels[15], ainsi qu'une petite partie de l'Argentesse[16], formé par de nombreux ruisseaux en provenance de la montagne de la Fage[17], marquant la limite du territoire à l'est, avecLa Cadière-et-Cambo.
Enfin, on trouve également, sur le territoire de la commune, deux stations de mesures des eaux souterraines à partir de sources naturelles : la source de Theron[18], à Cézas, et la source des Poujades[19] ; ainsi qu'une autre station, à partir d'un forage artificiel, auRanc de Banes[20].
Enfin, laD 11A permet d'accéder aux hameaux de Pinoch et du Castanet[M 2].
La ligne d’autocars 102[33] duréseau de transport liO (liaison Ganges - Sumène - Saint-Roman-de-Codières) permet d'assurer le vendredi des correspondances à Ganges pour rejoindre Nîmes ou Le Vigan, ou Montpellier (ligne 608[34] du réseauHérault Transport).
Au, Sumène est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[41].Elle est située hors unité urbaine[42] et hors attraction des villes[43],[44].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (94,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (94,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :forêts (74 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (20,3 %), zones agricoles hétérogènes (4,1 %), zones urbanisées (1,6 %)[45]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Il y a, sur le territoire de la commune, de nombreuxhameaux etmas[M 2], les principaux étant Le Pouget,Pont d'Hérault, en bordure de l'Hérault, à l'ouest du village,Le Castanet,Sanissac,Le Vialaret,Metgès,Sounalou, où, d'après certains écrits, se trouvaient auparavant un château, le château d'Ayres, ainsi qu'une petite église, les deux ayant aujourd'hui disparu[17],Pinoch[M 1] etCézas, à l'est, où se trouve leprieuré Saint-Martin de Cézas et qui était, jusqu'en1959, un village indépendant[46].
En2018, le nombre total de logements dans la commune était de 1 291, alors qu'il n'était que de 840 en1968[I 1].
Parmi ces logements, 60,3 % étaient des résidences principales, 36,9 % des résidences secondaires et 2,7 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 78 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 21 % des appartements[I 2].
La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants, était de 73,7 %, quasi stable par rapport à 1999[I 3].
Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par lerisque d’inondation par débordement de cours d'eau et par une crue torrentielle ou à montée rapide de cours d'eau, notamment l'Hérault, leRieutord, le Merdanson et l'Argentesse. La commune a été reconnue enétat de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations etcoulées de boue survenues en 1982, 1994, 1995, 2002, 2011, 2014, 2015 et 2020[49],[47].
Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Sumène.
La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains constitué principalement du retrait-gonflement des sols argileux[50]. Cet aléa est susceptible d'engendrer desdommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes desécheresse et de pluie. 29,2 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (67,5 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les 790 bâtiments dénombrés dans la commune en 2019, 563 sont en aléa moyen ou fort, soit 71 %, à comparer aux 90 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national auretrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site duBRGM[51],[Carte 2].
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national descavités souterraines permet de localiser celles situées dans la commune[52].
Dans plusieurs parties du territoire national, leradon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population auxrayonnements ionisants. Certaines communes du département sont concernées par le risque radon à un niveau plus ou moins élevé. Selon la classification de 2018, la commune de Sumène est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif[54].
Le nom de la localité est attesté sous les formesSumena en1150[55],[56];Sumena en 1174;[Beata-Maria de] Sumenis en 1297;[Locus de] Sumena en 1314;Sumena en 1384;Sumene en 1435[57].
C'est à l'origine unhydronyme qui s'est fixé par la suite commetoponyme selon un processus fréquent en toponymie.
La racine est identique à celle de laSomme,Sumina latinisé enSumara, mais avec glissement de l'accent[58]. Le typeSumena remonte au gaulois*Su-mēnā « la bien douce »[59].
Les traces les plus anciennes d'habitat humain, sur le territoire de la commune, remontent à la Préhistoire, où des vestiges d'habitations, des tessons de poteries[M 3],[60], ainsi que des outils en silex taillé et des dents d'ours[40], ont été retrouvés dans lesgrottes et les falaises duRanc de Banes[7]. On a également trouvé, sur le territoire de la commune, de nombreuxmégalithes[7]. La région était déjà habitée4000av. J.-C.[M 3],[60]
Dès l'an 100av. J.-C.[M 3] lesRomains occupent la région et construisent de nombreuses voies de communications, Sumène étant située sur la route des Ruthènes, une voie de communication reliantNîmes àMillau[7]. Ils exploitent également la mine defer des Jumeaux[7] et érigent untemple, aujourd'hui totalement disparu, dédié àMercure[40]. Le village est conquis par lesWisigoths en450[M 3], ce qui explique la présence d'un cimetière wisigoth dans le village. Il ne reste de cette époque presque plus de vestiges. Les monuments les plus anciens encore visibles aujourd'hui datent du début duMoyen Âge.
AuIXe siècle, desmoines bénédictins s’installent sur la rive gauche duRieutord et construisent une église fortifiée, qui sera détruite lors de laRéforme[M 3],[7]. Ils fondent le quartier de « La Coural », mettent en place les premièrescultures en terrasses, où ils cultivent de la vigne, des céréales et des oliviers. Ils établissent aussi les premiers systèmes d'irrigations[40] et bâtissent de nombreux moulins[40]. La culture des châtaigniers se met également en place et ils commencent à exploiter les mines du Sounalou, des mines decharbon[7].
En1307, Bertrand de Pierrefort, seigneur de la terre voisine d'Hierle, demande l'établissement de marchés et de foires dans le village[61].
En1384, le village compte17 feux, ce qui correspond à environ 80 personnes[60],[61].
AuMoyen Âge, le village est une importante cité commerciale, où transitent, en direction du nord, dusel, duvin et de l'huile et en direction du sud, de la viande, dufromage, dulait et ducuir[40].
Des faubourgs, probablement ceux du Pied-de-Ville, sont cités dès1515[61].
Le 8 mai 1517, la seigneurie de Sumène passe aux mains de la famille Geoffroy, seigneurs deBouzigues[63].
En1530, le village, qui est divisé en sept parties, est protégé par une enceinte percée de huit portes. Cette dernière, présente dès1412 ou1414, comme le prouve à cette époque la présence d'un capitaine des fortifications[61], mesure entre huit et dix mètres de haut, fait environ deux mètres d'épaisseur, est probablement bordée d'un fossé et est jalonnées de six tours[61]. L'entrée principale du village, versGanges, est défendue par une tour de trois étages[M 3].
Il n'en reste presque plus rien aujourd'hui, le seul vestige encore visible étant le portail de la Font de Ville, qui fut le seul morceau de rempart à ne pas avoir été détruit.
Les lieux principaux du village, à l'époque, sont le château féodal, le four banal, la maison Consulaire, la chapelle Saint Jaume et le Clos Soubeyran[M 3].
Entre les années1490 et1560, Sumène doit son essor économique à latonnellerie, qui s'est maintenue jusqu'auXIXe siècle et que le village exportait dans tout leLanguedoc et lesud de la France, jusqu'enAlgérie, par le biais des ports deMarseille et deSète[40]. La corporation des tonneliers est si puissante qu'elle possède une chapelle dans l'église[40]. Le village doit aussi son essor à l'industrie lainière et à celle du cuir[7],[40]. C'est également à cette époque que la population suménoise s'est massivement tournée vers leprotestantisme. En1568, Balthazar de Saint Étienne, baron deGanges et seigneur deSaint-Martial, tente, en réponse à laMichelade, de reconquérir le village, pris par lesHuguenots. Il y arrive temporairement avant de d'être tué lors de la reprise du village[60]. La ville est d'ailleurs restée80 ans sans prêtre et a été la seconde ville duGard à avoir été pourvue d'un pasteur, aprèsNîmes[7]. Cependant, après laRévocation de l'édit de Nantes[7] une majorité de suménois seront contraints de se convertir au catholicisme.
En1640, la commune compte 16 moulins sur son territoire[64].
C'est à cette époque que la région deGanges devient la capitale de labonneterie.
En1860, la moyenne de production decocons est de 1 200 quintaux par saison[M 3]. Sumène abrite, à son apogée, douzefilatures, le long duRieutord et trentemagnaneries[M 3],[7].Au milieu duXIXe siècle le village compte 800 000 mûriers[40]. La première récolte des feuilles de ces derniers servait à l’engraissement des vers à soie et la seconde à celle des agneaux[40]. Les bas de soie produits à Sumène et dans sa région, deviennent célèbres et sont exportés partout dans le monde, jusqu'enRussie, enArgentine et auVatican[40]. Aujourd'hui, l'ancienne filature du Diguedan est le parfait exemple de l'architecture typique de ce genre de bâtiment (vastes pièces, bon éclairage…).
Entre-temps, une nouvelle maladie, causée par l'ingestion de feuilles de mûriers infectées, apparaît : laflacherie[60]. Après trois séjours dans les Cévennes, en1869, Louis Pasteur parvient enfin à trouver un remède aux deux maladies dévastatrices[60]. Cependant, alors que lapébrine est quasiment éradiquée, laflacherie continue malgré tout à causer des ravages.
Malgré le sauvetage des récoltes, la concurrence asiatique à raison de la sériciculture, qui décline progressivement dans les Cévennes et dans toute l'Europe[60]. Les dernières grandesmagnaneries de la région ferment dans lesannées 1930[60].
La production de châtaignes disparaît et les châtaigneraies deviennent peu à peu des terrains en friche, principalement en raison de la pauvreté des sols exploités et de l'apparition de lamaladie de l'encre dans lesannées 1870[60]. Plus tard, dans lesannées 1950, lechancre de l'écorce décime les dernières exploitations encore en activités[60].
Le village possède également, en1850,25 hectares d'oliviers, qui produisent80 000 litres d'huile, que le village vend ensuite[M 3].
En1903, Sumène abrite 2 756 habitants[67]. Le, la population du village, très catholique, s'oppose massivement auxinventaires[68],[69] et s’enferme alors dans l'église. La porte doit être enfoncée à la hache par des soldats venus en train deNîmes : elle en garde encore aujourd'hui les traces.
En1909, une épidémie defièvre de Malte frappe la commune et les villages voisins, principalementSaint-Martial etSaint-Roman-de-Codières[70]. L'épidémie est finalement stoppée dans le courant de l'année1910, en particulier grâce au docteur Paul Cantaloube, alors médecin dans le village, qui découvre que la maladie est propagée par la consommation de lait et de fromage de chèvres contaminées, ces dernières étant très présentes dans la région à l'époque[70].
Le, ou[71],1929 un train partant duVigan, en direction deNîmes, déraille sur la voie ferrée entre Sumène etGanges[72]. En raison d'un éboulement de rochers sur la voie ferrée, les deux fourgons de tête ainsi que deuxvoitures sortent des rails et barrent la voie. La locomotive est rejetée contre la montagne. Malgré la violence de l'accident on ne compte aucun mort et que quatre blessés légers, le train ne transportant que quelques passagers.
Le, une terribleinondation, provoquée par leRieutord après un nouvelépisode cévenol, ravage le village et toute la région[8],[40]. Une plaque située près de l'ancienne mairie indique le niveau de l'eau lors de l'inondation.
Entre1959 et1965, une route est construite entre Sumène et le hameau de Cézas, rattaché à la commune six ans auparavant, pour désenclaver ce dernier[17].
Cependant, depuis le début desannées 2000, on assiste, dans le village et dans toute la région, à une légère hausse de la population, due à l'arrivée de nouveaux habitants, en particulier des citadins, qui tentent d'échapper aux contraintes des grandes villes. Entre2006 et2011, la population de la commune a ainsi augmenté de 1,00 %[73].
Au 22 janvier 2015, la dernière catastrophe naturelle officiellement déclarée ayant eu lieu sur le territoire de la commune date de la période du 17 au, où, en raison de très fortes pluies, la commune a subi descoulées de boue et de légères inondations à certains endroits de la commune[75].
Aujourd'hui, après la quasi-disparition de l'industrie textile, le village développe le tourisme vert et une agriculture de qualité :
depuis une vingtaine d'années, la commune produit, tout comme les communes voisines, desoignons doux, aussi appelésraïolette. Elle fait en effet partie de la zone délimitée à l'AOC et à l'AOP Oignon doux des Cévennes[76]. Les recherches effectuées dans le but de cette obtention ont permis de découvrir que cet oignon est en fait cultivé depuis leMoyen Âge. LaNotice historique sur les paroisses de Sumène, écrite en1873 par l'Abbé Goiffon, rapporte même l'existence d'unedîme sur l'oignon doux en1409, ce qui révèle sa production et son existence à l'époque, ainsi que sa grande valeur économique pour les habitants[60],[77] ;
le village et la région alentour sont également labelliséssite remarquable du goût : oignon doux des Cévennes[78] ;
la commune fait également partie de la zone délimitée à l'AOC et à l'AOP dupélardon, un petit fromage de chèvre[M 3],[79] ;
une production de jus de kiwis est également présente sur le territoire de la commune[7] et
quelques agriculteurs du village et deSaint-Martial, commune voisine, tentent de réhabiliter d'anciennes plantations de châtaignes[60],[7].
Depuis1996, une entreprise locale, « l'Arsoie », s'est lancée dans la fabrication debas de soie de luxe et decollants, en remettant en fonctionnement de vieux métiers à tisser, laissés à l'abandon[80],[81].
Élections départementales de 2021[106] : 78,75 % pour Martin Delord - Hélène Meunier (PS), 21,25 % pour Bernard Monrreal - Chantal Ostanel (RN), 40,03 % de participation.
En2008, le conseil municipal est constitué de15 membres. Treize (formant la majorité) sont élus dès le premier tour et deux (d’opposition) à l'issue du second tour[110]. Ghislain Pallier devient maire.
Au premier tour desélections municipales de 2014, la liste « divers gauche » conduite par Jérôme Morali (jusqu'alors élu d’opposition) obtient 51,57 % des suffrages exprimés et l'autre liste « divers gauche » conduite par le maire sortant, Ghislain Pallier, en obtient 48,42 % ; le taux d'abstention est de 22,94 %. Le conseil municipal est donc constitué de15 membres issus de la liste arrivée en tête et de4 membres issus de la seconde liste[111]. Jérôme Morali devient maire.
Au premier tour desélections municipales de 2020, la liste conduite par Ghislain Pallier (jusqu'alors élu d’opposition) obtient 55,01 % des suffrages exprimés et l'autre liste conduite par Pascale Castanier, première adjointe sortante, en obtient 44,98 % ; le taux d'abstention est de 29,76 %. Le conseil municipal est donc constitué de15 membres issus de la liste arrivée en tête et de4 membres issus de la seconde liste[112]. Ghislain Pallier redevient maire.
Le 24 avril 2013, une première charte de jumelage est signée avec le village deQuistinic[119] enBretagne.Le 27 janvier 2014, un contrat de partenariat est conclu. Mais le nouveau conseil municipal de Sumène décide le 24 novembre suivant de mettre fin au jumelage[120]. Le partenariat entre les habitants des deux communes se poursuit donc par le biais de l'association "Echanges Sumène-Quistinic". Reprise en 2020, la procédure de jumelage s'achève par la signature de la charte à Sumène le 18 septembre 2021[121].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[122]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[123].
En 2023, la commune comptait 1 222 habitants[Note 2], en évolution de −21,11 % par rapport à 2017 (Gard : +3,6 %,France horsMayotte : +2,36 %).
Les deux collèges les plus proches, un public et un privé sont situés àGanges[M 5], quant aux lycées, un public est situé auVigan et un lycée agricole privé se trouve àGanges[M 5].
Chaque année les « Elvis Platinés » organisent lesTranses cévenoles, un festival qui regroupe le dernier week-end de juillet des groupes musicaux et des artistes de rue[127].
Le comité des fêtes de Sumène organise la fête votive du village aux alentours du, avec unfeu d'artifice[M 6].
Une autre fête, la fête de la Soupe était également organisée dans le village, par l'associationTeuf-Teuf, mais celle-ci ne fut plus organisée pour des raisons financières à partir de2012[128].
Tous les ans, au mois dejuin, les associationsLa Pena Toro Castano etles amis de Gédéon organisent chacune un feu de joie sur le territoire de la commune[M 6].
Une course de côtes est également organisée sur les hauteurs du village, par l'associationSport automobile, tous les ans, débutjuillet, depuis1995[M 6]. Elle compte pour le classement de la coupe de France et fait environ 1,2 km[M 6].
La commune possède un stade municipal, dans lequel sont organisées les rencontres sportives et les matchs, ainsi qu'un terrain de tennis et une salle des sports, appeléeLe Passit[130].
La presse régionale est présente avec les quotidiensMidi libre etLa Marseillaise. La mairie édite également un bulletin d'informations municipales, « Vivre à Sumène », distribué gratuitement à la population[133].
En2018, la population âgée de 15 à64 ans s'élève à 8 813 personnes, parmi lesquelles on compte 73 % d'actifs dont 59,9 % ayant un emploi et 13,1 % de chômeurs[I 4].
On compte240 emplois dans la commune, contre 324 en1999. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la commune est de 496. L'indicateur de concentration d'emploi[Note 3] est de 48,5 %, ce qui signifie que la commune offre un peu moins d'un emploi pour deux habitants actifs[I 5].
Au 31 décembre 2015, Sumène comptait 198 établissements : 21 dans l’agriculture-sylviculture-pêche, 19 dans l'industrie, 27 dans la construction, 112 dans le commerce-transports-services divers et 19 étaient relatifs au secteur administratif[I 6].
En 2017, 21 entreprises ont été créées à Sumène[I 7], dont 12 individuelles[I 8].
Dix-huit monuments de la commune figurent à l'inventaire général du patrimoine culturel de la France : usine de préparation de produit minéral (usine d'agglomération de houille) des mines de Sumène[139], filature (filature de soie) dite filature Veuve Mollis[140], usine de bonneterie de soie et de nylon dite Bonneterie Suménoise[141], usine de bonneterie de soie Cannat[142], mine de fer, zinc, et plomb des Deux Jumeaux[143], usine de bonneterie de nylon SITEC[144], usine de bonneterie de soie et de nylon La Séda[145], usine de bonneterie de soie et de nylon Monna, actuellement La Coste[146], filature (filature de soie) dite Filature Mauries[147], filature de soie de Tarteron[148], filature de soie, usine de bonneterie, puis ganterie Dussol[149], filature de soie Bonneru[150], filature de soie Baumes ; puis cartonnerie Massal[151], mine de houille de Soulanou[152], filature de bourre de soie Martin[153], filature, moulinerie (filature de Soie, moulinerie de soie) dite filature Journet[154], filature, moulinerie (filature de soie, moulinerie de soie) dite Filature Ducros[155] et moulin à blé, filature et moulinerie de soie de Calvières, puis Ducros[156].
Sumène est riche d'une vingtaine de bâtiments d'intérêt historique ou architectural, datant en partie duMoyen Âge[7] :
L'église Sainte-Marie Notre-Dame commence à être construite en 1689 à la place de 6 maisons achetées et détruites. Le clocher est bâti en 1750. L'église a été agrandie vers le chevet en 1846, le clocher ayant été déplacé et rehaussé. Les peintures datent de 1891[157].
L'ancienne caserne et prison est devenue la mairie en1787[159]. Sa façade a été remaniée en 1924. La mairie a été transférée dans un nouveau bâtiment en juillet 2013[M 9],[160]. Depuis février 2019, le bâtiment abrite une médiathèque appelée L'Escale.
L'ancienne gare est située sur laligne du Vigan à Quissac. Elle a nécessité l'existence de nombreux viaducs et tunnels longeant la vallée duRieutord puis, après Sumène, d'un tunnel long de 1,346 m[161] pour rejoindre la vallée de l'Hérault. Construite dans les années 1870, elle a été inaugurée le 20 juillet 1874[162]. Elle permettait d'exporter toutes les marchandises du secteur, comme la bonneterie, la ganterie et les produits de l'agriculture. La ligne a été fermée pour les passagers le 9 mars 1969[40] et pour les marchandises le[162].
Porte Pied-de-Ville.
Ancien moulin.
Façade Renaissance.
Ancien cimetière.
L'ancienne voie ferrée.
La tour ditela Font de Ville qui a été la demeure de l'un des premiers pasteurs du bourg : Abraham de Saint Loup, et qui est la seule tour des remparts à ne pas avoir été détruite. Son portail date duXIIe siècle. La porte de la tour se nommeporte de la Fontaine Vieille[M 4]. Un ancienbec de gaz est présent dans un mur juste à côté de la tour.
LesErbuns, des passages souterrains qui donnaient accès aux anciens remparts. Ce lieu, qui dessert aujourd'hui les caves de certaines habitations du vieux village, est également appeléchemin de ronde. Ils furent construits pendant laGuerre de Cent Ans pour se protéger des Anglais, présents auVigan[40].
L'ancien fourbanal qui appartenait depuis environ 1520 à la famille Étienne,seigneur deSaint-Martial. La population avait l’obligation de l'utiliser. Son local servit également de salle de réunion aux Jacobins pendant laRévolution française.
Le Plan qui est la place centrale du village. Elle fait la liaison entre le vieux village médiéval et les habitations modernes. Autrefois, elle abritait de nombreux mûriers, aujourd'hui remplacés par des platanes[40].
Une façade Renaissance dans la Grande-Rue, avec une très ancienne plaque sur laquelle est gravéeEn l'an 1572 le quintal de froment valait dixlivres R.A..
La rue Cap-de-Ville où se situe, sur la maison de l'ancien maire du village, Pierre-Henry de Massanne, une plaque indiquant le prix des denrées en 1858.
Une plaque, située près de l'ancienne mairie, indique le niveau de l'eau lors des trois plus grandesinondations ayant ravagé le village[163] : le 5 octobre 1812, qui fut la plus haute, le et enfin le[40], qui ravagea toute la région et qui fit, dans toutes lesCévennes, 35 morts[164].
Le Pont-Grand. Il est aussi pendant longtemps appelé Pont-Vieux. Ses origines remontent auXIIe siècle. Mais dans son état actuel, il date duXVe siècle[159]. C’est en effet par une délibération de la commune de Sumène du 9 avril 1426 qu’il fut décidé de le construire. Il précède une des portes des anciens remparts, qui était surmontée d'une tour servant debeffroi urbain. En 1902, il a été remplacé par deux tourelles crénelées, sur lequel on peut apercevoir deux canonnières.
Un pont construit à proximité en 1898 pour faciliter la liaison entre la place du Plan et le nouveau cimetière.
Le Pont-Petit est construit vers 1785 pour remplacer une passerelle et laisser passer des charrettes[159].
Les deux autres ponts doivent leur existence à la mise en place, à la fin des années 1970, à la route permettant d'éviter de traverser Sumène par l'étroite Grand Rue. L'un d'eux est appelé « pont du 19 mars 62 » (l'autre n'a pas de nom).
Enfin, en dehors du village, sur le territoire de la commune, l'on peut voir[7] :
en direction du hameau du Pouget, lachapelle Saint-Cyprien, construite à l'emplacement d'une ancienne abbaye détruite en1568. Elle est mentionnée pour la première fois sur un plan dressé le, par un certain A. Sercamanen, puis sa mention apparaît à nouveau dans lecompoids de Sumène de 1639-1640[166]. Sur une autre colline, en face de la chapelle, se trouvent les ruines du Château d'Adhémar[167] ;
Les ruines de l'ancienne église de Cézas, près du hameau de La Croix[17].
La commune dispose aussi de deux cimetières, un catholique et un protestant[M 4].
Une des anciennes filatures, nommée Salle Polyvalente du Diguedan, a également été rénovée et est régulièrement utilisée pour diverses occasions par la mairie[M 4].
Lafamille de Ginestous, citée pour la première fois en1181 comme établie au mas du même nom à quelques centaines de mètres des remparts de Sumène. Elle s'établit par la suite deux kilomètres plus loin, aucastrum de Galon puis entre en possession duchâteau de Montdardier (sur leCausse de Blandas) qui devient dès lors sa résidence principale.
Paul Cantaloube[187] (1880-1929), médecin à Sumène entre 1904 et 1914 et auteur d'une étude clinique reconnue sur lafièvre de Malte[70].
Paul Cabanis (1892-1944), médecin, homme politique et résistant, né à Sumène.
Lucie Aubrac (1912-2007) etRaymond Aubrac (1914-2012), résistants, y possédaient une résidence secondaire. En leur honneur, le parc situé près de la mairie porte le nom d’ « Espace Lucie et Raymond Aubrac ». Une plaque commémorative y a été inaugurée le 14 juillet 2012 en présence du députéWilliam Dumas[188].
Maurice-Yves Castanier (1922-2014), industriel, homme politique, écrivain, poète, ancien résistant et maire du village de1983 à1995, né à Sumène.
La devise de la communeAyant Dieu pour défense, nous ferons résistance[7], datant desguerres de Religion, est gravée sur la porte du Pied de Ville, à l'entrée du vieux village.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑L'indicateur de concentration d'emploi est égal au nombre d'emplois dans la zone pour 100 actifs ayant un emploi résidant dans la zone, selon la définition de l'Insee.
↑abcdefghijklmnopq etrSi Sumène m'était contée, dépliant patrimoine (non daté), office de tourisme Cévennes-Méditerranée,[lire en ligne].
↑a etb« Inondation dans les Cévennes le 30 septembre 1958 », surle site de la confédération des riverains du Rhône et de ses affluents, de l'association Prévirisques et de l'association Carnon Environnement(consulté le).
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑abcdefghijklmno etpAssociation Val de l'Elbès,Saint-Martial: des lieux et des hommes en terre cévenole : guide pour découvrir les patrimoines de la commune de Saint-Martial (Gard), mai 2013, 125 p.
↑Le Suménoisno 9, Journal local trimestriel du foyer rural
↑LVIXe (sic. LIXe ?) congrès de la Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon,Libertés locales et vie municipale en Rouergue, Languedoc et Roussillon, Montpellier, Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon,(lire en ligne),p. 63.
↑ab etcIsidoreBoiffils de Massanne,Histoire de Sumène : des origines à la fin du18e siècle, Sumène, Éditions du Vieux Pont,, 464 p.(ISBN2-912151-02-3),p. 35.
↑IsidoreBoiffils de Massanne,Histoire de Sumène : des origines à la fin du18e siècle, Sumène, Éditions du Vieux Pont,, 464 p.(ISBN2-912151-02-3),p. 60.
↑Chroniques de Sumèneno 5, Bulletin bimestriel d'histoire local.