La « Porte élevée » dupalais de Topkapı, actuellement connue comme la « Porte impériale » (Bâb-ı Hümâyûn), fut désignée sous le nom de « Sublime Porte » jusqu'auXVIIIe siècle.La seconde « Sublime Porte », de nos jours.
À l'origine, une ancienne coutumebyzantine, adoptée par lessultans ottomans à partir du règne d'Orhan, voulait que les décisions officielles et jugements impériaux soient annoncés aux portes du palais. Le palais du sultan àBursa, ou sa porte principale, furent ainsi connues commeباب عالیBāb-ı āli enturc ottoman (de l’arabeبابbāb « porte », etعاليʿālī « haut »), soit « la Porte élevée » ou « la Porte noble ».
Après laprise de Constantinople, la porte aujourd'hui désignée sous le nom de « Porte impériale » (Bâb-ı Hümâyûn), conduisant dans la cour intérieure dupalais de Topkapı, devint à son tour « la Porte élevée »
AuXVIIIe siècle, un nouvel édifice est bâti à l'ouest du palais, dans un styleitalianisant. Ce bâtiment étant destiné à devenir le siège duGrand vizir et des principaux ministres du gouvernement ottoman, son portique monumental fut d'abord désigné sous le nom de « Porte duPacha » (paşa kapusu), avant de peu à peu se substituer à la Porte impériale et de devenir à son tour « la Sublime Porte » (Bāb-ı āli).
En 1843, le sultanAbdülmecid I, fit construire une seconde « Porte élevée » enstyle rococo. De nos jours, les deux fontaines encadrant le portail ont été conservées mais ne sont plus alimentées en eau, et les chandeliers monumentaux ont été électrifiés[2].
En 1536, le roi deFranceFrançoisIer envoie àConstantinople uneambassade, qui passe sous « la Porte élevée » (actuelle Porte impériale) pour accéder au palais du sultanSoliman. Ce nom, par le truchement desdrogmans[3], deviendra en français « la Sublime Porte ».
Lefrançais devenant au fil des siècles suivants lalangue diplomatique en Europe, le terme de « Sublime Porte » est peu à peu repris dans sa forme originale par toutes les chancelleries occidentales.
Il sera souvent utilisé en langagediplomatique et dans les traités pour désigner le gouvernement ottoman, mais aussi, parmétonymie, la ville deConstantinople, gardienne desdétroits, et l'Empire ottoman lui-même en tant qu'État[4].
Depuis que la ville a officiellement pris le nom d'Istanbul dans les autres langues, et après 1936 et le transfert du siège du gouvernement turc àAnkara, la désignation de « Sublime Porte » est tombée en désuétude.
↑Le mot françaistruchement vient, comme le mot turcdrogman, de l'arabeترجمان (turǧumān, « traducteur »), qui a aussi donné chez lessépharades le patronymeTordjman.