Il est également connu pour sa longue collaboration avec le compositeurJohn Williams avec qui il a travaillé sur presque tous seslongs métrages. Un grand nombre d'entre eux ont été des succès critiques et sept ont été sélectionnés par leNational Film Registry de laBibliothèque du Congrès desÉtats-Unis pour être conservés, en raison de leur « importance culturelle, historique ou esthétique ».
Il a trois sœurs :Anne, Sue et Nancy. Son prénom hébraïque est Samuel, en hommage à son grand-père paternel Samuel (Shmuel) Spielberg, immigrant ukrainien deKamenets-Podolski mort une année avant sa naissance. Sa grand-mère paternelle Rebecca (Chechick) Spielberg, également native d'Ukraine, était originaire deSudilkov, tandis que son grand-père maternel, Philip (Fievel) Posner, était originaire de la ville portuaire d'Odessa. Sa grand-mère maternelle, Jennie (Fridman) Posner, est née àCincinnati de parentsjuifs polonais. C’est dans cette même ville que ses parents sont nés et où il a vécu ses premières années.
Il vit ensuite àHaddon Township dans leNew Jersey, puis àScottsdale enArizona[11]. Il affirme avoir été durant son enfance et sa jeunesse l'objet, dans son quartier[12] ou à l'école — particulièrement à la Saratoga High School en Californie[13] — d'unantisémitisme qui le pousse à renier ses origines juives durant plusieurs années[14].
Ses parents divorcent en 1964, ce qui le marquera profondément. Il part vivre àLos Angeles avec son père[26], alors que ses trois sœurs restent avec leur mère àSaratoga. Pas intéressé par les études universitaires, il n'aspire qu'à devenir cinéaste[27]. Il a postulé à l'école de cinéma de l'université de Californie du Sud mais est refusé en raison de ses notes médiocres[28]. Il s'inscrit finalement à l'université d'État de Californie à Long Beach[29]. Il avait également suivi les cours d'art dramatique de l'école d'Arcadia, àPhoenix en 1961[30],
ChezUniversal, Steven Spielberg se fait remarquer pour ses compétences techniques et se forge une certaine réputation. Il dirigeJoan Crawford dansThe Eyes, l'un des trois épisodespilotes de la série fantastiqueNight Gallery, créée parRod Serling. Il enchaîne avec notamment le troisième épisode de la première saison deColumbo,Le Livre témoin (Murder by the book)[38],[39].
Âgé de 25 ans, il réalise ce qui deviendra son premier succès notable, le téléfilmDuel. Adapté d'unenouvelle deRichard Matheson, le téléfilm raconte l'histoire, enCalifornie, d'un camion dont le chauffeur — qui demeure invisible aux spectateurs — poursuit un voyageur de commerce sans relâche et sans motif apparent. En dépit de son budget minimal et de son tournage très court (douze jours seulement), l'œuvre fait immédiatement sensation pour l'efficacité de sa mise en scène qui rend au mieux la sensation de peur primaire propre aux situations extrêmes, lorsque la vie est subitement menacée. Le film remporte notamment le Grand Prix du premierfestival international du film fantastique d'Avoriaz. Son succès à la télévision est tel que le film sort, en version longue, dans les salles de cinéma en 1973[40],[41].
En1974, Steven Spielberg se voit confier la réalisation de son premier long métrage pour le cinéma,Sugarland Express. Inspiré d'une histoire vraie, il raconte l'aventure de deux marginaux (interprétés parGoldie Hawn[42] etWilliam Atherton) et de leur otage, poursuivis par un déploiement carnavalesque de policiers et de journalistes. Malgré unprix du scénario aufestival de Cannes 1974, c'est un cuisant échec au box-office avec seulement 12 millions de dollars récoltés dans le monde[43]. Universal avait refusé d'en assurer la promotion, jugeant le sujet trop difficile. Selon d'autres informations[réf. nécessaire], le studio aurait saboté sa sortie pour privilégier celle deL'Arnaque, avecPaul Newman,Robert Redford etRobert Shaw[44]. Ce film marque le début d'une collaboration unique dans les annales du cinéma :John Williams signe la première de ses vingt-neuf compositions pour un film de Steven Spielberg[45].
Certains[Qui ?] considéraient alors la carrière du réalisateur terminée, mais le hasard en décide autrement. Sur le bureau de ses producteurs deSugarland Express, il est intrigué par un manuscrit portant le titreJaws, adapté duroman du même titre dePeter Benchley dans lequel un requin géant terrorise une petite ville côtière des États-Unis. Une fois chez lui, le jeune réalisateur « dévore » le livre et décide d'en réaliser l'adaptation cinématographique. L'échec de son film précédent lui porte préjudice mais il parvient à réunir un budget de quatre millions de dollars[46] pour faire son œuvre.
Ayant réuni des acteurs moins connus (Robert Shaw,Richard Dreyfuss,Roy Scheider), la production peut enfin commencer. Un tournage laborieux de cent-cinquante-cinq jours qui conduira à un fort dépassement de budget (estimé finalement à 9 millions de dollars[46]). Un des trois requins mécaniques ne fonctionne pas toujours très bien (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle on ne l'aperçoit pas au début du film) et les caprices de la météo et de l'océan n'arrangent pas les choses. De plus, une partie des acteurs et des techniciens est découragée[47]. IntituléLes Dents de la mer en français, le film sort en 1975 et, contre toute attente, est un succès dépassant de loin les prévisions les plus optimistes des studios. En fait, pour la première fois, les recettes d'un film dépassent les cent millions de dollars pour atteindre finalement les 470 000 000 dollars dans le monde. Reconnu comme l'un des premiersblockbusters, il sera détrôné sur ces records parLa Guerre des étoiles (1977) de son ami George Lucas.
Grand admirateur d'Alfred Hitchcock — il s'incrusta sur le plateau deComplot de famille, en 1976, pour observer Hitchcock au travail mais fut remarqué et éconduit[48] — il a utilisé dansLes Dents de la mer une méthode de prise de vue utilisée par le réalisateur pourSueurs froides : letravelling contrarié (aussi appeléDolly Zoom), ayant pour principe de reculer la caméra sur un rail (le modèle du rail est uneDolly, d'où le deuxième prénomDolly Zoom) pendant un rapide zoom avant.
Fort de ce succès, Steven Spielberg se lance dans un autre grand projet, qu'il rêve de réaliser depuis longtemps : une histoire d'extra-terrestres pacifiques débarquant sur Terre pour y rencontrer l'espèce humaine. Scientifiquement, un tel contact est dénommé « rencontre du troisième type », expression qui donnera son nom aufilm sorti en1977, dans lequel joueFrançois Truffaut dont Steven Spielberg est un fervent admirateur. Surfant sur la vague deStar Wars, l'œuvre est une réussite commerciale, le public se presse pour voir ce nouveau film de science-fiction.
En1979, Steven Spielberg connaît son second revers aprèsSugarland Express : la comédie loufoque1941[49], dans laquelle jouent entre autres les deuxBlues Brothers :Dan Aykroyd etJohn Belushi, est considérée comme un échec tant sur le plan artistique que commercial. Se déroulant pendant laSeconde Guerre mondiale, le film traite de laparanoïa qu'a connue laCalifornie après l'attaque dePearl Harbor par lesJaponais ; la côte Ouest pensait être elle aussi la cible d'une nouvelle attaque de leur part. Malgré ses 90 millions de dollars récoltés dans le monde, pour un budget d'environ 35 millions, le film reste considéré comme un échec commercial en comparaison avec les deux précédents opus du réalisateur[50].
Au début des années 1980, Steven Spielberg désire ardemment réaliser un épisode de la sagaJames Bond[51].George Lucas, fort du succès deStar Wars, revoit de son côté les films d'aventures etserials desannées 1930, dont ceux deFritz Lang. C'est ainsi que les deux amis ont l'idée de créer leur propre personnage, héros d'une grande saga, mélangeant aventures rocambolesques et personnages hauts en couleur :Indiana Jones était né. La première mission de ce héros (interprété parHarrison Ford) est de retrouver l'Arche d'alliance convoitée par lesnazis.Les Aventuriers de l'arche perdue (1981) est un énorme succès. Le film contient de nombreuses références au cinéma en général mais surtout auxserials et n'hésite pas à reprendre des cascades fameuses d'Yakima Canutt dans des films à épisodes commeLe Retour de Zorro (gros clin d'œil dans la scène du camion)[réf. nécessaire].
Le film suivant de Steven Spielberg, qui bénéficie désormais d'une renommée mondiale, est présenté en clôture dufestival de Cannes 1982 :E.T., l'extra-terrestre, avecDee Wallace,Drew Barrymore (dont il est le parrain) etHenry Thomas. L'histoire de ce petit extra-terrestre, biologiste, venu d'une planète bienveillante, émeut des millions de spectateurs. Avec ce film, le cinéaste bat le record des meilleures recettes américaines (qu'il battra à nouveau en1993 avecJurassic Park). Ce succès lui permet également de créer, avecKathleen Kennedy etFrank Marshall, son propre studio :Amblin Entertainment, dont le nom rappelle le titre de soncourt métrage de 1966. Il produit en parallèlePoltergeist, film d'horreur fantastique réalisé parTobe Hooper qui connait une renommée internationale et qui est encore considéré comme l'un des classiques desfilms d'horreur et unfilm culte[52]. Il est souvent évoqué que pour ce film, Steven Spielberg aurait été bien plus qu'un producteur et aurait réalisé de nombreuses scènes du film[53].
En1983, Steven Spielberg participe au film collectifLa Quatrième Dimension, avec les réalisateursJohn Landis,Joe Dante etGeorge Miller. Il en réalise le deuxième segment,Kick the Can. Cette production est fortement marquée par l'accident d'hélicoptère lors du tournage du segment de John Landis, qui coûte la vie à l'acteurVic Morrow et à deux enfants mineurs. Le procès qui s'ensuivit et le manque de soutien de Spielberg envers Landis provoquera la fin de l'amitié entre les deux cinéastes[54].
Le deuxième film mettant en scèneIndiana Jones,Indiana Jones et le Temple maudit, sort en salles en1984. Le film est un nouveau triomphe pour le couple Spielberg-Lucas, même si les fans lui reprochent un côté trop violent et trop dur : les enfants fouettés, le cœur arraché du corps vivant d'un des personnages et les soldats dévorés par des crocodiles heurtent la sensibilité d'une partie du monde. Le réalisateur dira lui-même ne pas particulièrement apprécier ce film qu'il juge« trop sombre, trop souterrain et trop effrayant[55] ». Néanmoins, c'est sur ce tournage qu'il rencontre sa future femme,Kate Capshaw.
Commercialement, les années 1990, contrairement aux années 1980, ne commencent pas fort pour Spielberg. En1990 sort en sallesAlways, unremake du filmUn nommé Joe deVictor Fleming (1944). Malgré la présence deRichard Dreyfuss et la dernière apparition d'Audrey Hepburn, l'accueil est mitigé. Son film suivant, autre projet de longue date, est une adaptation dePeter Pan,Hook ou la Revanche du capitaine Crochet. Là encore, bénéficiant pourtant d'acteurs renommés (Robin Williams,Dustin Hoffman,Julia Roberts), le film est un succès commercial (300 millions de dollars au box-office[61]). La critique n'y retrouve pas le côté magique du célèbre conte. Quelques années plus tard, Steven Spielberg avouera lui-même qu'il n'apprécie pas trop ce long métrage :« Je n'avais pas confiance dans le script. Seul le premier acte et l'épilogue me satisfaisaient, le corps du film ne m'inspirait pas confiance. Je ne savais pas trop ce que je faisais et j'ai essayé de masquer mon insécurité. Plus je me sentais mal à l'aise, plus les décors étaient oppressants[62]. »
La même année en1993, il réalise un projet beaucoup plus personnel :La Liste de Schindler. Sur fond deShoah, le film raconte commentOskar Schindler, un industriel allemand, membre du partinazi, sauva un peu plus d'un millier d'êtres humains des camps de la mort. Une œuvre que l’American Film Institute classe comme le huitième plus grand film de l'histoire du cinéma dans sontop 100 de 2007. À l'opposé,Jean-Luc Godard dans sesHistoire(s) du cinéma écrit qu'avec ce film le « plus jamais ça radical de l'après-guerre » (avec notamment les films deRoberto Rossellini) s'est transformé en un « c'est toujours ça » très convenu. Jouant sur la sobriété du noir et blanc et des séquences d'émotion,La Liste de Schindler remporte une multitude de prix : septOscars entre autres, parmi lesquels ceux dumeilleur film et de la meilleure réalisation dont le cinéaste avait été jusque-là privé par l'Académie des arts et sciences du cinéma.
Steven Spielberg en 1993.
En1994, lui et ses deux associésJeffrey Katzenberg (l'ancien responsable du département animation deWalt Disney Pictures) etDavid Geffen (le fondateur deGeffen Records) fondentDreamWorks SKG (pour Spielberg-Katzenberg-Geffen), société de production et de distribution spécialisée dans le cinéma, la musique et les programmes télévisés. C'est aussi cette année qu'il crée laShoah Foundation Institute for Visual History and Education[64], qui recueille les témoignages de tous les survivants de laShoah, et les diffuse aux plus jeunes, dans le but d'éviter un nouveaugénocide. La fondation a déjà recueilli 8 700 témoignages enIsraël.
En2001, Steven Spielberg réaliseA.I. Intelligence artificielle avecHaley Joel Osment etJude Law, un projet repris de son ami réalisateurStanley Kubrick, décédé en 1999. Le film connaît une belle carrière commerciale, mais cePinocchio futuriste reçoit un accueil critique mitigé, certains le trouvant magnifique, d'autres trop long et ennuyeux[68],[69]. Plus généralement, ce film constitue un retour à lascience-fiction pour le cinéaste, genre qu'il avait délaissé depuisE.T., l'extra-terrestre (1982). La même année, il crée et produit avecTom Hanks la série téléviséeFrères d'armes (Band of Brothers), diffusée fin 2001 surHBO.
Steven Spielberg poursuit sa périodescience-fiction en2002, avec un film futuriste dont certains trouvent l'esthétique proche duBlade Runner deRidley Scott[réf. nécessaire] :Minority Report, d'après une nouvelle du même auteurPhilip K. Dick.Tom Cruise y joue un policier piégé dans la logique d'un système pénal (et politique) autorisant l'arrestation des meurtriers avant qu'ils n'aient commis leur crime. Un scénario complexe, fondé sur le recoupement des « témoignages » d'un trinôme dedevins, où les thèmes de la tragédie antique (dont l'idée dufatum) trouvent un écho particulier dans la mise en scène d'un monde ultramoderne, mais pas outrancièrement futuriste. Ce film marque la première collaboration entre le réalisateur etTom Cruise, avantLa Guerre des mondes en2005.
Il retrouve ensuiteTom Hanks pourArrête-moi si tu peux, dans lequel il dirige égalementLeonardo DiCaprio. Ce dernier incarne l'imposteurFrank Abagnale Jr. (qui participa à l'écriture de cette œuvre biographique). Sorti fin 2002, le film est un succès commercial qui reçoit aussi un bon accueil auprès des critiques[70]. Deux années plus tard, Spielberg réalise un autre film dont la jovialité et l'humour ne masquent pourtant pas le côté engagé :Le Terminal, l'histoire d'un immigrant coincé dans un aéroport, avecTom Hanks etCatherine Zeta-Jones. Ce film est inspiré de l'histoire vraie de l'IranienMehran Karimi Nasseri[71].
Le journalLe Monde décrit Spielberg comme « maniaco-dépressif »[72], capable de passer en une année d'un sujet comique à un sujet difficile. AprèsLe Terminal en 2004, il tourne en 2005 une adaptation attendue du roman d'Herbert George Wells,La Guerre des mondes dans lequel des « êtres venus d'ailleurs » tentent purement et simplement d'exterminer la race humaine. Le film est un immense succès commercial. Spielberg y traite par extraterrestres interposés du11 septembre, tandis qu'une mini-polémique nait à propos de la ressemblance troublante de l'affiche du film avec la couverture du livreThe Invaders Plan deL. Ron Hubbard,gourou fondateur de l'Église de scientologie dont est adepteTom Cruise, le principal acteur[réf. nécessaire].
Steven Spielberg se lance ensuite dans la réalisation deMunich, dont le sujet éminemment polémique donne une vue subjective des opérations d'un membre desservices secrets israéliens agissant de manière autonome pour assassiner les commanditaires de la tragiqueprise d'otages desJO de 1972. Ce film est un échec commercial avec 47 millions de dollars au box office américain pour un budget de 70 millions[73].
Steven Spielberg déclare vouloir prendre un peu de repos après avoir tourné coup sur coupLa Guerre des mondes etMunich[74]. Il profite cependant de ce répit pour développer un projet de biographie filmée d'Abraham Lincoln, projet qui lui tient à cœur depuis quelques années. Steven Spielberg développe le projet d'une grande aventure spatiale scénarisée parJonathan Nolan,Interstellar. Il abandonnera finalement le projet ensuite repris en main parChristopher Nolan et sorti fin2014[75].
En2007, il est producteur deTransformers deMichael Bay. Il produira également les autres films de lasérie à succès. En2008, il réaliseIndiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, quatrième volet de la sagaIndiana Jones en sommeil depuis 1989. L'histoire se déroule pendant laguerre froide et l'aventurier est cette-fois confronté à un mystèreextraterrestre. Le film est présenté aufestival de Cannes 2008 où le cinéaste n'était pas revenu depuisLa Couleur pourpre, présenté hors-compétition en1986. La critique n'est pas tendre avec ce quatrième opus : pour beaucoup, cet épisode est considéré comme celui de trop, beaucoup d'éléments ayant été jugés inadaptés à l'esprit de la série comme le recours aux effets spéciaux numériques et à des gags peu subtils[réf. nécessaire].
En2011, Steven Spielberg signe son premier film en 3D :Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne, d'après lecélèbre personnage debande dessinée créé parHergé. Il avait découvert l'univers de Tintin en 1981, après le succès desAventuriers de l'arche perdue, par l'intermédiaire de la scénaristeMelissa Mathison, compagne de l'acteurHarrison Ford, qui lui avait offert un exemplaire duCrabe aux pinces d'or[77],[78]. Dès 1982, il avait pris contact avec la sociétéCasterman pour un projet de film[77]. Hergé accueille favorablement cette demande, séduit par le visionnage deDuel[78]. Une rencontre entre Hergé et Spielberg était prévue àBruxelles à la fin du mois de mars suivant, mais le dessinateur est mort le. Le réalisateur américain rencontre néanmoins sa veuve,Fanny, et Alain Baran, pour entamer les discussions qui aboutissement à la signature d'un contrat d'option[77],[78]. À l'époque, Steven Spielberg envisage alors de réaliser une trilogie sur Tintin. Il envisageaitHenry Thomas dans le rôle-titre etJack Nicholson encapitaine Haddock[78]. Il prévoyait par ailleurs de réaliser le premier film et de confier les deux suivants àRoman Polanski etFrançois Truffaut[78]. Le décès d'Hergé ralentit cependant le processus d'adaptation, même si un premier script avait été écrit par Melissa Mathison[78],[77].
Ce projet mettra donc plus de vingt ans à se concrétiser. Initialement présenté le premier volet d'une trilogie qui serait coproduite et coréalisée avecPeter Jackson, il utilise les dernières technologies de lacapture de mouvement et desimages de synthèse deWeta Digital.Le Secret de La Licorne sort fin 2011 et reçoit des critiques très positives, tant de la part de la presse que des spectateurs et destintinophiles[réf. nécessaire]. Alors que le film récolte 260 millions dans le monde[79], il déçoit aux États-Unis et cela remet donc en cause les deux autres films initialement prévus[80].
Très rapidement aprèsLes Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne sortCheval de guerre (War Horse), adaptation duroman du même nom deMichael Morpurgo rendant hommage auxchevaux sacrifiés durant laPremière Guerre mondiale. Même s'il n'est pas l'un des plus gros succès commerciaux du réalisateur, le film récolte plus de 177 millions de dollars dans le monde pour un budget de 66 millions[81]. Il coproduit ensuiteSuper 8 avec son amiJ. J. Abrams, film rappelant l'ambiance des années 1980 et sonE.T., l'extra-terrestre. Le film est accueilli par des critiques positives de la presse[82] et réalise de bons résultats au box-office[83].
Le film suivant de Steven Spielberg devait être l'adaptation du roman de science-fictionRobopocalypse deDaniel H. Wilson. Initialement prévue pour une sortie américaine le, sa production est retardée car le scénario n'est pas prêt et les coûts de production sont jugés trop élevés par le studio[88]. Le réalisateur décide alors d'adapter un autre livre,American Sniper: The Autobiography of the Most Lethal Sniper in U.S. Military History deChris Kyle, ancientireur d'élite membre desSEAL.Bradley Cooper devait tenir le rôle principal de ce film, intituléAmerican Sniper[89]. Finalement, en, Steven Spielberg se retire du projet[90] dont la réalisation sera reprise parClint Eastwood.
Dans la conférence consacrée à laXbox One le, il a été annoncé que Steven Spielberg préparait une série basée sur la licenceHalo[94]. Annoncé surShowtime en2015,Halo ne sera finalement diffusée qu'en 2022[95].
Le cinéaste à la première mondiale deReady Player One, au Japon, en avril 2018.
Il enchaîne avec leblockbusterReady Player One, adaptation du romanPlayer One d'Ernest Cline. Ce film de science-fiction, rempli de clins d’œil à lapop culture, rassemble plus de 2 millions de spectateurs dans les salles françaises[106]. C'est aussi un gros succès à l'international, avec 583 millions de dollars récoltés dans le monde[107]
Steven Spielberg réalise un rêve d'enfant en mettant en scène une nouvelle adaptation de la comédie musicaleWest Side Story deLeonard Bernstein,Stephen Sondheim etArthur Laurents. Cettenouvelle version met en scène une distribution constituée d'actrices et acteurs quasi-inconnus, dont notammentRachel Zegler etAriana DeBose. Le rôle masculin est tenu parAnsel Elgort. Initialement prévue en 2020, la sortie est repoussée à la fin de 2021 en raison de lapandémie de Covid-19[108]. Le film est un échec cuisant au box-office avec seulement 76 millions de dollars récoltés dans le monde[109] pour un budget estimé à 100 000 000 $[110]. Il avait malgré tout reçu des critiques très positives dans la presse[111],[112].
Le, Steven Spielberg annonce qu'il renonce finalement à réaliser le5e filmIndiana Jones, bien qu'il en reste producteur.James Mangold est alors évoqué en remplacement[113]. La production du film est cependant retardée et il sortira finalement à l'été 2023.
Il travaille également sur une adaptation du romanMicro deMichael Crichton pourDreamWorks, après avoir acquis les droits en 2015[120]. En 2017, il est annoncé queJoachim Rønning pourrait le mettre en scène, avec Steven Spielberg à la production[121].
La réalisation de la sagaHarry Potter avait été tout d'abord proposée à Spielberg qui avait déclaré être intéressé. Il s'est finalement retiré du projet, parce que son point de vue sur certains points différait de celui de laWarner Bros et de la romancièreJ. K. Rowling[123].
En 2001, il se fait remarquer pour sa violente critique de l'homophobie. Il s'oppose également à la guerre enIrak. Cependant, en 2006, Spielberg apporte son soutien à la réélection dugouverneurrépublicain deCalifornieArnold Schwarzenegger, se déclarant l'ami de Schwarzenegger mais surtout sensible à sa politique non-partisane. À la veille desprimairesdémocrates de 2008, Spielberg organise avec d'autres démocrates, dont l'acteurTom Hanks, une fête célébrant la candidature deBarack Obama, premier candidat noir aux primaires démocrates. Spielberg préfère toutefois soutenirHillary Clinton à qui il donne 400 000 dollars mais apporte son soutien à Obama, une fois Clinton défaite. Il a donné 300 000 dollars pour la campagne d'Obama et était présent le jour de son investiture. Steven Spielberg a décidé de refuser de « participer comme consultant à l'organisation desJeux olympiques d'été de 2008 » au motif que« La Chine devrait faire davantage pour mettre fin aux souffrances duDarfour. »[124]
À l'instar notamment de l'acteurArnold Schwarzenegger, il s'est inquiété des complotistes et de la haine de tous, y compris des juifs dans nos sociétés contemporaines[125],[126],[127].
Lacrise économique de 2008 a fait éclater le scandale planétaire du détournement de capitaux par l'homme d'affairesBernard Madoff. Cette affaire a révélé le rôle desfeeder funds : des fonds accumulant de l'argent avant que celui-ci ne soit confié à un gestionnaire[128]. Comme bon nombre de personnalités à Hollywood, Spielberg a été la victime de ces déboires financiers et ce par le biais de sa fondation Wunderkinder, active dans l'art, l'éducation et la médecine[128],[129]. Celle-ci avait investi une part importante de ses avoirs chez Madoff, à savoir 70 %[129]. Spielberg a donc perdu de l'argent à titre privé. En plus de cette escroquerie, le cinéaste doit essuyer les revers de la chute du crédit. Afin de relancer la pleine activité des studiosDreamworks, il s'est allié aux investisseurs indiens du groupe Reliance qui lui ont apporté 500 millions de dollars[128].
La plupart des films réalisés par Steven Spielberg comportent un certain nombre de caractéristiques récurrentes. Ceux ayant un rapport avec lesextra-terrestres, autrement dit descience-fiction, ne se déroulent pas dans une autregalaxie comme chezGeorge Lucas, mais sur notre planète. Dans sa première œuvre de ce genre,Rencontres du troisième type (1977), les extra-terrestres s'invitent dans notre monde. En1982,E.T. se retrouve perdu surTerre et, plus récemment, dansLa Guerre des mondes, les extra-terrestres se cachent sous terre en attendant l'évolution de l'homme pour finalement s'en nourrir. Il revient à la science-fiction et aux extra-terrestres avecDisclosure Day, prévu pour2026.
Chez Spielberg, la relation entre le fils et le père, ou plus généralement entre l'enfant et l'adulte, est souvent un sujet important qui rime parfois avec confrontation. DansE.T., les enfants recueillent l'extra-terrestre et le cachent à leurs parents qu'ils jugent incapables d'aimer le célèbre petit être. DansJurassic Park,Alan Grant, lepaléontologue joué parSam Neill, déteste les enfants au début du film. Ou encore, dansLa Guerre des mondes, Ray, personnage principal, est mal à l'aise dans son rôle de père et entre souvent en conflit avec son fils aîné. Autrement, la relation père-fils est au contraire moins conflictuelle (certains[Qui ?] voient à l'origine de ces rapports ledivorce des parents de Spielberg, ayant eu comme conséquence l'absence de père pour le futur réalisateur).
Les mises en scène de Spielberg se déroulent principalement dans des familles américaines représentatives de laclasse moyenne, habitant enbanlieue et n'ayant pas de véritable histoire, sinon la banalité de la vie quotidienne. Puis, elles sont prises dans la tourmente des histoires et, comme souvent, l'enfance y tient une place importante.
La critique n'a pas toujours été tendre avec Spielberg, taxé d'utiliser la grosse machine hollywoodienne à des fins mercantiles, voire de ne pas être un bon cinéaste[131]. Sont parfois déplorés son manque de profondeur et son simplisme, mais aussi ses excès d'« entertainer » et de « money maker » (en d'autres termes, Spielberg serait un « homme de spectacle » et un « homme d'affaires » avant d'être un artiste). Des critiques similaires sont adressées enFrance àLuc Besson, le « Spielberg français »[132]. Spielberg est aussi considéré par certains critiques comme étant un réalisateur trop commercial, s'apparentant plus à un technicien virtuose qu'à un véritable créateur. L'opinion publique le blâme généralement de n'avoir guère changé que le côté rentable du cinéma, continuant à le considérer comme une industrie et non comme un art. Il a en effet réalisé pléthore deblockbusters et quelques-uns des plus gros succès de l’histoire du cinéma tels queLes Dents de la mer qui a donné lieu à de nombreuses suites (Les Dents de la mer2e partie, etc.). Ses films sont parfois considérés comme violents et le cinéma commercial est justement friand de violence pour attirer un très large public. Pour finir, il arrive que Spielberg réalise des suites de ses propres films (ce quecertains[Qui ?] ne considèrent pas comme une démarche très artistique), comme avecJurassic Park, ce qu'il avait pourtant refusé de faire après le succès mondial deE.T., l'extra-terrestre, estimant que ce film n'appelait pas de suite.
Des sujets sérieux se cachent entre les lignes de ses scénarios, tels que leterrorisme, leclonage, les dérives sécuritairesaméricaines, l’esclavage, leracisme, ou laguerre et le rôle de l'armée en général, avec une perception du monde souvent plus fine, et moins manichéenne, que l'on[Qui ?] n'en attend généralement de la part des réalisateurs commerciaux ; ceci à tel point que certaines de ses décisions artistiques en demi-teintes relèvent de la prise de risque, et sont parfois mal comprises par la critique[133]. Ainsi, le personnage de Schindler tient davantage de Chuck Tatum, archétype hollywoodien du personnage beau parleur qui s'adapte et profite d'un système (Le Gouffre aux chimères,Billy Wilder), que du nazi par conviction auquel nombre de critiques s'attendaient ; ce décalage a soulevé une polémique virulente, en France notamment, au moment de la sortie deLa Liste de Schindler. D'une façon différente, le filmA.I. Intelligence artificielle a également pu troubler le public par les questions éthiques qu'il soulève frontalement (scénario de Steven Spielberg, son deuxième scénario depuisRencontres du troisième type. En effet, Spielberg a repris le scénario commencé parStanley Kubrick et l'a entièrement réécrit pour le faire correspondre à sa vision du monde)[réf. nécessaire].
Dans sonDictionnaire du cinéma,Jacques Lourcelles juge que si Spielberg a été autrefois maître de la cruauté et du malaise dansDuel,E.T., l'extra-terrestre marque un passage vers un cinéma « de la mièvrerie, de l'angélisme et de la bonne conscience ». Il note, comme d'autres critiques, la richesse et perfection des effets spéciaux dans lesquels réside souvent l'intérêt principal de ses films, effet qu'il faut parfois attribuer à certains de ses collaborateurs telsDouglas Trumbull dansRencontres du troisième type. Lourcelles regrette que les films de Spielberg aient accompagné la puérilisation du cinéma américain et critique la complaisance du réalisateur vis-à-vis des goûts du public. L'une des plus grandes faiblesses du cinéma de Spielberg consisterait en l'absence de consistance des personnages, son « impuissance peu commune à faire vivre des personnages », leur seule raison d'être étant d'échapper à mille morts (Indiana Jones et le Temple maudit) en dépit de sa « perfection artisanale »[134].
John Williams, compositeur de la plupart des bandes originales de film de Spielberg.
Au total, ses films ont rapporté plus de 4 milliards de dollars de recettes aux États-Unis et plus de 12 milliards dans le monde entier. Ce qui fait de lui le cinéaste le plus rentable de l'histoire.
La société de production fondée par Steven Spielberg,David Geffen etJeffrey Katzenberg (DreamWorks SKG), aurait assuré le célèbre réalisateur, producteur et scénariste pour la somme record d'1,2 milliard de dollars (environ 850 millions d'euros) en. Cette somme devrait couvrir les pertes estimées par la société en cas de mort du cinéaste. Le plus grand succès commercial de la carrière de Spielberg estJurassic Park (1993). Bénéficiant à l'époque de la plus grande campagne de publicité de l'histoire du cinéma (la moitié du budget), l'œuvre rapporta 1,029 milliard dedollars dans le monde entier, alors que le film n'en a coûté « que » 63 millions. Le filmles Dents de la mer fut le premier film dont les recettes dépassèrent 100 millions de dollars, avant d'atteindre 260 millions de dollars aux États-Unis et 470 dans le monde. C'est donc le premier « blockbuster » de l'histoire du septième art. Le film réalisé par Steven Spielberg ayant eu le meilleur démarrage estIndiana Jones et le Royaume du crâne de cristal. Cette œuvre dépassa la barre des 145 millions de dollars de recettes en cinq jours.
Avec plus de 12,055 milliards de dollars de recettes dans le monde entier, 4,6 milliards auxÉtats-Unis et plus de 99 millions entrées enFrance, Steven Spielberg est le cinéaste le plus rentable de l'histoire du cinéma[137],[138].
Note : le chiffre le plus élevé de chaque catégorie est indiqué engras. Les recettes sont exprimées en dollars pour le box-office mondial et américain. En France, le succès des films est traditionnellement mesuré en nombred’entrées (nombre de billets vendus/spectateurs), et non en recettes monétaires. Les États-Unis comptabilisent également le nombre de billets vendus (admissions), mais le classement et l’appréciation du succès d’un film y reposent essentiellement sur lesrecettes générées. Or, le montant des recettes et le nombre de billets vendus ne sont pas directement comparables d’un pays à l’autre, ni même d’une année à l’autre, car ils dépendent fortement du prix moyen du billet, qui varie selon les marchés, les époques et les formats de projection.
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section« Liens externes ».
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section« Liens externes ».Steven Spielberg est concerné par l'Oscar du meilleur film en tant que producteur. Avec ses 14 nominations pour l'Oscar le plus prestigieux, dont 11 obtenues grâce à ses réalisations, il détient le record dans cette catégorie[143].
↑« Mehran Karimi Nasseri, le réfugié de Roissy qui a inspiré « Le Terminal » de Steven Spielberg, est mort dans l’aéroport »,Le Monde.fr,(lire en ligne, consulté le).
↑« Spielberg receives Royal honour »,BBC News,(lire en ligne)
↑« Le Président de la République remet les insignes de chevalier de la Légion d'Honneur à M. Steven Spielberg »,palais de l'Élysée,(lire en ligne[archive du], consulté le)