Son règne a connu bien des vicissitudes. En 1762, son ancienne maîtresse, la princesse russe d'origine allemandeCatherine, née Sophie Frédérique Augusta d'Anhalt-Zerbst, devient impératrice de Russie sous le nom deCatherineII. En 1764, après la mort d'AugusteIII, Poniatowski est élu roi de Pologne en tant que candidat de la Russie et de lafamille Czartoryski, qui est favorable à l'alliance étroite de la Pologne avec la Russie. Celle-ci, secondée par la Prusse, joue un rôle important au début du règne deStanislasII, par le biais de son ambassadeur à VarsovieNicolas Repnine.
La révolte d'une partie de la noblesse hostile à la Russie, liguée dans laconfédération de Bar (1768-1772), aboutit aupremier partage de la Pologne (1772).StanislasII, maintenu sur le trône du fait de la défaite des confédérés, s'efforce alors de promouvoir un certain nombre de réformes, dont on peut citer la création de laCommission de l'Éducation nationale (1773), dans la limite de ce que son protecteur russe peut accepter.
Mais à la fin desannées 1780, le mouvement de réforme prend une telle ampleur, à l'époque de laGrande Diète (1788-1792), qu'elle suscite l'hostilité de la Russie, dirigée parCatherineII jusqu'en 1796 : la promulgation de laConstitution du, la première en Europe, est l'origine directe de laguerre russo-polonaise de 1792, dont la suite est ledeuxième partage de la Pologne (1793) et la soumission de Stanislas au parti pro-russe de laconfédération de Targowica. En 1794, Stanislas apporte toutefois un certain soutien à l'insurrection dirigée parTadeusz Kościuszko contre la Russie. Sa défaite aboutit autroisième partage de la Pologne en 1795 : privée de la totalité de son territoire, la république des Deux Nations cesse d'exister et Stanislas est contraint d'abdiquer, pour aller finir sa vie à Saint-Pétersbourg, au début du règne dePaulIer.
Il naît dans le domaine deWołczyn (aujourd'hui enBiélorussie), dans le grand-duché de Lituanie.
La famille s'installe àGdańsk en 1733, puis à Varsovie en 1739. Il est d'abord éduqué par sa mère, puis par des précepteurs, grâce auxquels il maîtrise le français, le latin et l'allemand, et connaît l'anglais et l'italien. À Varsovie, il fréquente le collège des Théatins, mais a toujours des précepteurs. En 1744, il reçoit des cours de logique et de mathématiques de l'ambassadeur de Russie(en),Herman Karl von Keyserling, ancien professeur à l'université de Königsberg.
Adolescent, il n'a pas beaucoup d'amis, selon sesMémoires. Il développe une passion pour les livres, qu'il gardera tout au long de sa vie.
En 1748, son père l'envoie compléter son éducation par une expérience militaire : il doit accompagner une unité russe intervenant en Allemagne au moment de laguerre de Succession d'Autriche. Mais le départ, qui a lieu en, intervient alors que le conflit est sur le point de se terminer. Ce voyage lui donne l'occasion de rencontrer des personnalités (le futur chancelier autrichien Kaunitz, le maréchalMaurice de Saxe). Il visite des camps militaires et des forteresses et parcourt lesPays-Bas autrichiens (actuelle Belgique) et lesProvinces-Unies (actuels Pays-Bas). En Allemagne, il visiteAix-la-Chapelle et sur le chemin du retour, s'arrête un moment àDresde, capitale de l'électorat de Saxe, à la tête duquel se trouveAugusteIII, qui est aussi roi de Pologne.
À son retour, il reçoit des cours d'ingénierie militaire d'un ex-officier autrichien d'origine française, Toux de Salverte.
La grande duchesse Catherine Alexeïevna (vers 1761) parPietro Rotari.Portrait deStanislasII Auguste en uniforme militaire (1785), parMarcello Bacciarelli.
Au cours de l'année 1752, son père lui acquiert le titre destaroste dePrzemyśl et il fait son entrée à la Diète.
En, il entreprend un nouveau voyage à l'étranger, d'abord dans lespossessions des Habsbourg d'Autriche[4]. ÀVienne, il rencontre de nouveau son ami Williams. Il passe ensuite quelque temps aux Pays-Bas, où il rencontre des membres éminents de la sphère politique et économique du pays. À la fin du mois d'août, il arrive à Paris, où il fréquente les salons et rencontre l'élite intellectuelle. Il devient l'ami deMme Geoffrin, qu'il appelle maman[5]. Il quitte Paris en, et se rend en Angleterre, où il passe quelques mois. Là, il se lie d'amitié avecCharles Yorke, futurLord Chancelier de Grande-Bretagne. Il rentre ensuite en Pologne.
L'année suivante, il reçoit le titre de « stolnik (panetier) de Lituanie ».
C'est à ce moment qu'il rencontre la princesseCatherine Alexeievna, épouse du petit-fils dePierre le Grand, Pierre de Holstein-Gottorp, le futur tsarPierreIII. La princesse, âgée de25 ans et mariée (pas très heureuse) depuis10 ans, s'entiche de ce beau jeune homme de22 ans. En raison d'une intrigue de cour, Poniatowski doit quitter Saint-Pétersbourg en[6]. Mais grâce à l'influence combinée de Catherine, de l'impératriceÉlisabethIre et du chancelierAlexis Bestoujev-Rioumine, il est nommé ambassadeur de Saxe et revient à la cour de Russie un an plus tard, où il reprend ses relations avec Catherine.
Cette nomination fait alors l'objet d'intrigues entre différents gouvernements européens,certains soutenant sa nomination, d'autres exigeant son retrait[réf. nécessaire].
Le, le princePierre surprend son épouse et son amant en flagrant délit d'adultère[7]. Poniatowski doit à nouveau quitter Saint-Pétersbourg ().
L'implication dans la vie politique polonaise (1758-1762)
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De retour en Pologne, il participe aux diètes de 1758, 1760 et 1762, défendant les positions favorables à la Russie et hostiles à la Prusse de la Familia. Son père meurt en 1762, lui laissant un héritage convenable.
L'avènement deCatherineII et ses conséquences pour Stanislas (1762-1763)
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Après la mort dePierreIII (), après quelques mois de règne, Catherine prend sa place sur le trône de Russie. Elle enverra à Stanislas plusieurs lettres le soutenant pour accéder au trône de Pologne, mais lui demandant aussi de rester loin de Saint-Pétersbourg[8]. Un mariage entre Stanislas etCatherineII est pourtant considéré comme plausible par les observateurs internationaux[9],[10], en particulier par le gouvernement ottoman qui redoute l'alliance entre la Russie et la Pologne[11].
L'élection et les premières année du règne (1764-1772)
L'Élection de Stanisław August Poniatowski (détail, 1778), parBernardo Bellotto. 'Portrait deStanislasII en costume de couronnement (1764), parMarcello Bacciarelli.
Après la mort d'AugusteIII, le, des négociations commencent concernant l'élection du nouveau roi.CatherineII fait connaître son soutien à Stanislas Antoine Poniatowski en envoyant environ2,5 millions deroubles pour soutenir son élection. Elle exprime aussi ce soutien dans une lettre àFrédéricII du.
Les partisans et les opposants de Poniatowski s'opposent militairement dans des affrontements mineurs.
La diète de convocation, préalable obligé à la diète chargée d'élire le roi, est appelée le par le primat de Pologne, roi par intérim (interrex).
C'est vers cette époque qu'arrive à Varsovie le diplomate russeNicolas Repnine, afin d'assister l'ambassadeurHerman Karl von Keyserling, tombé malade. Repnine et le représentant prussien, Johann zu Carolath-Beuthen[12], manifestent leur soutien à Poniatowski auprès du primat. Le représentant autrichien,Mercy-Argenteau, essaie de s'opposer à la manœuvre russo-prussienne en recherchant l'appui du pape[13].
Les élections à la Chambre des députés (Izba poselska[14]) ont lieu en. Stanislas Antoine Poniatowski est élu député de la région de Varsovie.
Le, un accord est signé entre la Russie et la Prusse sur une candidature commune au trône de Pologne, qui doit être portée par Poniatowski. Un appel aux troupes russes est lancé parAuguste Alexandre Czartoryski etAndré Zamoyski.
La diète, dont la session commence le, se réunit sous le régime de la« confédération » et en présence de troupes russes et d'unités privées de la famille Czartoryski. La présidence revient àAdam Kazimierz Czartoryski, chef du parti de laFamilia. Dès le,22 sénateurs et46 députés publient un manifeste dénonçant cette situation anormale. La session se poursuit néanmoins jusqu'au, en l'absence de nombre de ses membres. Elle va être à l'origine de mesures très importantes pour les institutions du pays[15].
Elle ratifie letraité de 1686 avec la Russie et reconnaît le titre impérial du tsar (revendiqué depuis 1721) et le titre royal du roi de Prusse (depuis 1701).
Elle supprime les droits de douane entre le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie et établit un droit de douane général aux frontières de la République de 3,3 %, supprimant les autres droits existants ; unifie les poids et mesures.
Elle supprime leliberum veto en matière fiscale ; le système de lajurydika (« juridiction (noble) »[16]) ; établit une taxation sur les nobles propriétaires de biens dans les villes ; limite les troupes privées à300 hommes.
Elle limite les pouvoirs du Sénat et interdit d'imposer un mandat obligatoire aux députés.
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Lorsque la diète électorale se réunit àWola[17], l'armée russe est déployée aux alentours. Faute surtout de candidat sérieux — la famille Czartoryski aurait bien vu dans ce rôle le princeAdam Kazimierz Czartoryski,considéré par ses contemporains comme« débauché, sinon dépravé »[réf. nécessaire], mais celui-ci a finalement refusé de se présenter — Stanislas, âgé de32 ans, est élu roi de Pologne et grand-duc de Lituanie, le.
La diète de couronnement, convoquée dès le, est élue le et siège du 3 au[18]. Elle approuve les décisions de la diète de convocation et de la diète électorale, notamment lespacta conventa deStanislasII.
Le début du règne deStanislasII est marqué par le soutien qu'il reçoit de la nation et de la petite noblesse. Dans les premières années, il tente d'introduire un certain nombre de réformes[19]. Il fonde l'Académie du Corps des Cadets de la Noblesse et forme un service diplomatique avec des représentants dans toutes les cours d'Europe, la Russie et l'Empire ottoman. Le, est créé l'ordre de Saint-Stanislas, comme deuxièmeordre de chevalerie de la Pologne, pour récompenser un service remarquable rendu au roi. Avec la Familia, il essaie de réformer le gouvernement, en réduisant les pouvoirs deshetmans (hauts commandants militaires) et des trésoriers, au profit des commissions élues par la Diète. Dans ses mémoires, Poniatowski appelle cette période« les années d'espoir ». Mais la Familia, surtout intéressée à renforcer ses propres pouvoirs, est vite mécontente de cette politique trop conciliante. Très vite elle se rapproche de ses anciens adversaires politiques. Le roi et la Familia s'opposent sur les droits des minorités religieuses, le premier soutenant une politique de tolérance religieuse, la seconde s'y opposant[20]. Cette difficile alliance entre le roi et la Familia se poursuit tant bien que mal, pendant la première décennie du règne.
CatherineII qui a pourtant soutenu l'accession au trône de son ancien amant pour s'assurer que la Pologne-Lituanie resterait un État faible sous tutelle de la Russie, n'a aucun désir de voir le pouvoir royal polonais se renforcer et la Pologne redevenir un État fort. Profitant du fossé qui grandit entre Poniatowski et la Familia, elle utilise cette question comme prétexte pour intervenir dans la politique intérieure de la République et déstabiliser le pays[21].
Lors de la diète réunie en, Poniatowski tente de promouvoir une réforme radicale, visant à restreindre la pratique duLiberum veto.
Des conservateurs, tels queMichał Wielhorski, soutenus par les ambassadeurs de Prusse et de Russie (Nicolas Repnine), y sont fermement opposés. Les opposants forment avec l'appui russe une ligue, laconfédération de Radom.
Lors de la diète de 1767, les réformes proposées par le roi, non soutenues par la Familia, échouent. Cette diète est dite « diète de Repnine » en raison du rôle qu'y a joué l'ambassadeur russe ; Repnine garantit le soutien de la puissante Russie à laLiberté dorée de la noblesse polonaise, enchâssée dans leslois cardinales(en) (Prawa kardynalne), ensemble de dispositions définissant le fonctionnement institutionnel de la République, que la diète a été contrainte d'adopter (notamment, le maintien duliberum veto).
La confédération de Bar et le premier partage de la Pologne (1772)
Gravure d'époque figurant l'enlèvement de Stanislas II dans la nuit du 2 au 3 novembre 1771.
Bien qu'elle ait abandonné la cause deStanislasII, la Familia ne reçoit pas en échange ce qu'elle attendait des Russes, qui continuent de faire pression pour les droits des non-catholiques, orthodoxes ou protestants.
Les opposants se rallient alors sous la bannière de laConfédération de Bar, dirigée contre les dissidents, le roi et les Russes, et la situation dégénère en guerre civile et étrangère.
Après une tentative infructueuse de trouver des alliés en Europe occidentale (France, Angleterre et Autriche), le roi et la Familia (maintenant réconciliés) n'ont d'autre choix que de s'appuyer sur la Russie. La France apportera d'ailleurs son aide directe à la confédération (Dumouriez) et l'Autriche lui sera plutôt favorable.
Le roi soutenant l'engagement de l'armée russe contre la confédération, son conseil dirigeant proclame sa déchéance en 1770 et, durant la nuit du 2 au[22], le roi est enlevé puis fait prisonnier par les confédérés pour être ensuite brièvement retenu à l'extérieur de Varsovie, avant qu'il ne parvienne à s'échapper[23]. Cette opération manquée a des répercussions en Europe, où l'opinion éclairée se montre de plus en plus hostile à « l'anarchie nobiliaire en Pologne » (Voltaire par exemple).
Dans cette situation de chaos continu, l'Autriche de Marie-Thérèse et la Prusse deFrédéricII décident d'intervenir aux côtés de la Russie pour rétablir l'ordre, avec en contrepartie l'annexion d'une partie de territoires de la République. La confédération est contrainte à la capitulation au début de 1772 et nombre de ses dirigeants à l'exil, notamment en France. Lepremier partage de la Pologne est acté par le traité de Saint-Pétersbourg du.
La Protestation de Tadeusz Rejtan, lors de la diète de Partition (1866), vue parJan Matejko.
Malgré ses protestations,StanislasII s'est révélé impuissant pour s'y opposer. Pendant un certain temps, il envisage d'abdiquer. Pendant ladiète de Partition de 1773-1775, dans laquelle la Russie est représentée par l'ambassadeurOtto von Stackelberg, Varsovie est occupée pour convaincre la diète qu'aucune possibilité n'est envisageable autre que la soumission.
Poniatowski et la diète finissent par accepter le traité de partition. Dans le même temps, plusieurs autres réformes sont adoptées. Les lois cardinales sont confirmées et garanties par le partage du pouvoir. Le roi perd le droit de donner des titres, de nommer les officiers militaires, les ministres et les sénateurs. Lesterres de la Couronne sont attribuées par le biais d'unevente aux enchères.
Dans le but de rendre le gouvernement plus facile à contrôler que la diète indisciplinée, celle-ci est amenée à créer deux institutions notables : leConseil permanent, la plus haute autorité administrative de larépublique des Deux Nations, et laCommission de l'éducation nationale. Si le but des occupants est bien que le pays demeure sous influence russe, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit là d'une amélioration significative de la gouvernance. La nouvelle législation étant garantie par l'Empire russe, cela lui donne une excuse pour interférer dans la politique de la République.
Par suite de la diète de partition, la scène politique voit la montée d'une faction conservatrice qui s'oppose au Conseil permanent, qu'elle considère comme une menace pour laLiberté dorée. Cette faction est appuyée par lafamille Czartoryski, mais pas par le roi, qui se montre très habile à faire en sorte que le Conseil suive ses vœux. De nouvelles factions pro et anti-roi se créent. La faction royale est composée principalement de gens redevables au roi, qui prévoient de construire leur carrière à son service. Peu sont au courant de ses projets de réformes, cachés à l'opposition conservatrice et à la Russie. Poniatowski remporte une victoire politique lors de la diète de 1776 qui renforce le gouvernement. Le chancelierAndrzej Zamoyski est chargé de rédiger un code civil, connu sous le nom deCode Zamoyski(en). Si la Russie appuie certaines réformes de 1776, elle s'oppose tout de même à renforcer le pouvoir royal et soutient l'opposition pendant la diète de 1778. Cela a marqué la fin des réformes de Poniatowski qui n'a plus aucun soutien.
Au début desannées 1780,CatherineII favorise quelque peu Poniatowski contre son opposition, mais ne soutient aucune de ses réformes significatives. Bien qu'il possède une majorité à la Diète, Poniatowski est incapable de faire adopter la plus petite réforme. Le Code Zamoyski est rejeté lors de la diète de 1780 et les attaques d'opposition au roi dominent les diètes de 1782 et 1786.
À la fin desannées 1780, Dans le contexte desguerre austro-turque de 1788-1791 etguerre russo-turque de 1787-1792, Stanislas II tente de s’immiscer dans l'alliance austro-russe (1791), pressentant que la guerre avec les Ottomans est une opportunité pour renforcer la République. Considérant qu'une forme d'alliance militaire limitée avec la Pologne contre les Ottomans peut lui être utile,CatherineII permet à la prochaine diète d'être unie. Il devient possible de faire passer quelques réformes. L'alliance Pologne-Russie ne sera pas mise en œuvre, car le seul compromis acceptable s'est avéré peu attrayant pour les deux parties.
Dans sa politique étrangère, rejetée par la Russie, la Pologne se tourne vers un autre allié potentiel, laTriple-Alliance, représentée sur la scène diplomatique polonaise principalement par leroyaume de Prusse, qui mène autraité d'alliance et d'amitié entre la Pologne-Lituanie et la Prusse, finalement futile. Le virage pro-prussien n'est pas soutenu par Poniatowski, qui néanmoins adhère à la décision de la majorité des députés de la Diète.
La Constitution introduit des réformes radicales. Poniatowski la décrit lui-même comme« fondé principalement sur ceux d'Angleterre et des États-Unis d'Amérique ». Elle demeure cependant un travail inachevé. Un nouveaucode civil etpénal (provisoirement appelé Code Stanisław Auguste) est alors en cours d'élaboration. Poniatowski planifie également une réforme améliorant la situation desJuifs polonais.
L'adoption de la Constitution du, bien qu'applaudie officiellement parFrédéric-GuillaumeII de Prusse, qui adresse une note de félicitations à Varsovie, cause de nouvelles inquiétudes en Prusse. Les contacts des réformateurs polonais avec l'Assemblée nationale française sont perçus par les voisins de la Pologne comme une preuve d'une conspiration et d'une menace pour leurs monarchies absolues.
CatherineII est furieuse de l'adoption de la Constitution, qui menace l'influence russe en Pologne. Un des principaux auteurs de la politique étrangère de la Russie, Alexander Bezborodko, en apprenant la Constitution, a déclaré que« Les pires nouvelles possibles sont arrivées de Varsovie : le roi polonais est presque devenu souverain ».
Peu de temps après, la noblesse polonaise conservatrice forme laConfédération de Targowica pour renverser la Constitution, qu'elle considère comme une menace pour les libertés et les privilèges. Les confédérés demandent l'aide de la Russie. Alors que les guerres contre l'Empire ottoman et contre la Suède viennent de prendre fin,CatherineII peut désormais s'occuper de la Pologne. Les armées russes franchissent la frontière, marquant le début de laguerre russo-polonaise de 1792, également connue sous le nom deguerre de défense de la Constitution.
Peu après l'adoption de la Constitution, la Diète décide d'augmenter le contingent pour passer à 100 000 hommes, mais par manque de temps et de fonds suffisants ce nombre est loin d'être atteint. Poniatowski et les réformateurs ne disposent tout au plus que de 37 000 hommes, dont bon nombre sont de jeunes recrues sans expérience. Cette armée, sous le commandement deJózef Poniatowski, neveu du roi, et deTadeusz Kościuszko, qui s'est illustré lors de laguerre d'indépendance des États-Unis, parvint à retarder l'avance des Russes et même à les repousser à plusieurs reprises. Afin de récompenser les troupes polonaises, qui viennent de vaincre à labataille de Zieleńce, le roi crée l'ordre militaire de Virtuti Militari.
En dépit des demandes polonaises, la Prusse a refusé d'honorer ses obligations d'alliance. En fin de compte, la supériorité numérique russe est trop grande et la défaite paraît inévitable. Les tentatives de négociation avec la Russie se révèlent inutiles. En, lorsque Varsovie est encerclée par les troupes russes, le roi décide que la reddition est la seule alternative à la défaite totale. Après avoir reçu des assurances de l'ambassadeur de Russie,Yakov Bulgakov, qu'aucun changement territorial ne se produira, lecabinet des ministres, appeléGardiens des lois, créé par la Constitution du, se prononce pour la cessation des hostilités.
Le, Poniatowski rejoint laConfédération de Targowica. L'armée polonaise est dissoute. Beaucoup de partisans de la réforme, croyant leur cause perdue, s'exilent eux-mêmes. Poniatowski et les réformateurs perdent une grande partie de leur influence. Pour les Confédérés de Targowica la victoire est amère. À leur grande surprise, ledeuxième partage de la Pologne est enclenché. Avec les nouveaux députés subornés ou intimidés par les troupes russes, laDiète de Grodno réunie le annule tous les actes de laGrande Diète y compris la constitution. Face à son impuissance, Poniatowski songe à abdiquer.
La fin de la république des Deux Nations (1794-1795)
La Mort de Stanisław August Poniatowski (après 1798), vue parMarcello Bacciarelli.
Les plans de Poniatowski pour sauver ce qu'il est encore possible de sauver sont ruinés par l'insurrection de Kościuszko qui éclate le. Ne voyant aucune autre option honorable, le roi soutient rapidement l'insurrection. La défaite est un coup mortel pour larépublique des Deux Nations.
Poniatowski essaie dans la brève période qui suit de gouverner ce qui reste du pays, mais le,CatherineII exige qu'il quitte Varsovie. Vers cette époque, son portrait cesse d'être utilisé sur les pièces de monnaie émises en Pologne (pour peu de temps).
Le roi part le, escorté par des militaires russes, et est d'abord installé àGrodno.
CatherineII décède le, son filsPaul lui succède. Le, Poniatowski part pour Saint-Pétersbourg. Il espère être autorisé à voyager à l'étranger, mais n'en obtiendra jamais l'autorisation.
Résidant dans lepalais de marbre de Saint-Pétersbourg, ancienne demeure du favori de la Grande Catherine, le comteGrigori Orlov, il vit de la pension qui lui est accordée par le gouvernement russe. Malgré les difficultés, il ne cesse de soutenir ses anciens alliés et essaie de défendre les intérêts polonais devant la cour de Russie. Il travaille également à ses mémoires.
Stanislas Auguste Poniatowski meurt d'unaccident vasculaire cérébral le.PaulIer lui accorde les honneurs d'un enterrement royal.
En 1938, alors que lesautorités soviétiques projette de démolir l'église, ses restes sont transférés dans le plus grand secret en Pologne et déposés dans une église àWołczyn (Wowchyn, en Biélorussie,arrondissement deBrest,canton deKamieniets), son lieu de naissance.
En 1990, en raison du mauvais état de cette église, son corps est une nouvelle fois transféré, mais cette fois en Pologne, dans lacathédrale Saint-Jean de Varsovie, où avait été célébrée par unTe Deum l'adoption de laConstitution polonaise du dont il avait été l'un des rédacteurs et qu'il avait approuvée. Une dernière cérémonie funéraire a lieu le.
Caterina Gattai-Tomatis, danseuse et maîtresse du roi Stanislas.
Poniatowski ne s'est jamais marié. Si dans sa jeunesse il est épris sa cousineElżbieta Czartoryska, le père de la jeune fille,August Aleksander Czartoryski, ne le trouve pas suffisamment riche ou influent pour approuver une telle union. Quand la position du jeune homme s'est améliorée, la jeune fille était déjà mariée.
LesPacta conventa auxquels il jure fidélité lors de son couronnement précisent qu'il devra épouser une femme issue de la noblesse polonaise. Au moment de son accession au trône, Poniatowskiespère encore devenir l'époux deCatherineII[réf. nécessaire]. Le (AugusteIII est mort le), dans un moment de doute, il lui écrit :« Si je désire le trône, c'est parce que je vous ai vue dessus ». Quand elle déclare clairement par la voix de son ambassadeur qu'elle ne l'épousera pas, les espoirs de Poniatowski se tournent alors vers une archiduchesse autrichienne, ce qui va lui être interdit par son élection.
Quelques historiens pensent qu'il se serait marié secrètement avec sa compagneElżbieta Szydłowska. SelonWirydianna Fiszerowa(en) qui les fréquente tous les deux, cette rumeur a été propagée seulement après la mort de Poniatowski, notamment par la principale intéressée, qui par la suite, profitera de son statut (proclamé) de dernière reine de Pologne (notamment à l'époque duduché de Varsovie).
Elżbieta Szydłowska (1748-1810), épouse de Jan Grabowski (?-1789), puis favorite en titre de Stanislas, lui a donné6 enfants, qui portent le nom de Grabowski :
Stanislas Auguste Poniatowski,Mémoires du roi Stanislas-Auguste Poniatowski, Saint-Pétersbourg, Académie impériale des sciences,(lire en ligne)
Mémoires secrets et inédits de Stanislas Auguste comte Poniatowski, dernier roi de Pologne, relatifs à ses rapports intimes avec l'impératriceCatherineII et à son avènement au trône, Leipzig, W. Gerhard,(lire en ligne).
Journal privé du roi Stanislas Auguste pendant son voyage en Russie pour le couronnement de l'empereurPaulIer, suivi d'une relation de ses funérailles, depuis le jusqu'au, Leipzig, W. Gerhard,(lire en ligne).
Charles de Mouÿ, éditeur,Correspondance inédite du roi Stanislas-Auguste Poniatowski et de Madame Geoffrin (1764-1777), Paris, Plon,(lire en ligne).
The Cambridge History of Poland, 1697-1935, Cambridge University Press, 1940 (réédition 2016),chapitreVI : B. Dembinski, « The age of Stanislas Augustus and the national revival »,pages 112-136
Pierre Jean Baptiste Nougaret,Beautés de l'histoire de Pologne, Le Prieur,(lire en ligne).
Louis Mayeul Chaudon, Barthélemy Mercier, Gabriel Brotier,Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique…, Imprimerie de Mame,(lire en ligne).
La Pologne. Historique, littéraire, monumentale et illustrée…, Bureau Central,(lire en ligne).
↑Les Czartoryski pensaient que 1) la Pologne ne pouvait pas se passer d'un protecteur 2) que le moins dangereux (par rapport à la Prusse et à l'Autriche) était la Russie.
↑Auguste Bertholet, « Le “Mémoire sur la vie de MonsieurElie Bertrand” (1783), ou la construction de la postérité d’un “grand homme” des Lumières helvétiques »,Trouvailles Lumières.Lausanne,,p. 7-8(lire en ligne)