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Space-based Multi-band Variable astronomical Objects Monitor

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(Redirigé depuisSpace Variable Objects Monitor)

SVOM

Description de cette image, également commentée ci-après
Vue d'artiste
Données générales
OrganisationCNES,CNSA
DomaineObservation dessursauts gamma
Type demissionTélescope spatial visible, X et gamma
StatutEn exploitation
Autres nomsSpace Variable Objects Monitor
Lancement22 juin 2024
LanceurLongue Marche 2C
Durée3 ans (mission primaire)
SiteSite SVOM
Caractéristiques techniques
Masse au lancement930 kg
Orbite
OrbiteOrbite terrestre basse
Altitude625 km
Période de révolution90 min
Inclinaison30°
Télescope
TypeMasque codé (ECLAIRs)
Concentrateur à galette de micro-canaux (MXT)
Ritchey-Chrétien (VT)
Longueur d'ondeVisible, procheinfrarouge,rayons X,rayons gamma mous
Principaux instruments
ECLAIRsTélescope à rayons gamma
GRMDétecteur de rayons gamma
MXTTélescope à rayons X
VTTélescope lumière visible

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SVOM (acronyme deSpace-based multi-band astronomical Variable Objects Monitor) est unobservatoire spatialgamma etXfranco-chinois qui a pour objectif de détecter lessursauts gamma, d'en déterminer les caractéristiques et la localisation et de permettre leur suivi par lesobservatoires terrestres. Pour remplir cet objectif, il comporte plusieurs instruments. Letélescopegamma àmasque codé ECLAIRs est chargé de détecter le sursaut dont le pic d'énergie est mesuré par GRM. Le télescope àrayons XMXT et le télescope enlumière visible VT doivent affiner sa localisation. Enfin des instruments au sol (instruments déployés spécifiquement pour la mission et grands observatoires terrestres), poursuivent lesobservations (dans la mesure du possible identification de l'objet source, mesure de son éloignement, caractéristiques spectrales durant les différentes phases des émissions du sursaut) pendant plusieurs heures après le sursaut.

Les caractéristiques de SVOM sont proches de celles de l'observatoire spatialSwift développé par la NASA, qui a été placé en orbite en 2004 et est toujours opérationnel en 2024. Par rapport à celui-ci il est optimisé pour les sursauts de faible intensité et ceux ayant un décalage vers le rouge très important (étoiles apparues durant la phase deréionisation). Un des objectifs majeurs de la mission est de parvenir à démontrer que les sursauts gamma courts sont déclenchés par la fusion d'objets compacts (étoile à neutron ou trou noir) et à les associer à la détection d'ondes gravitationnelles.

SVOM résulte d'une collaboration, qui a débuté en 2014, entre lesagences spatiales française (CNES) et chinoise (CNSA) et l'Académie chinoise des sciences . Les principaux laboratoires impliqués sont côté français l'IRFU (instrument MXT) et l'IRAP (instrument ECLAIRs) et côté chinois lesObservatoires astronomiques nationaux de l'Académie des sciences de Chine (instrument VT et télescopes de suivi au sol GWAC et GFT), l'Institut des physiques de haute énergie (instrument GRM) et leCentre ingénierie de Shangaï pour les microsatellites (plateforme du satellite SVOM). L'observatoire spatial a été placé sur uneorbite terrestre basse le 22 juin2024 par unlanceurchinoisLongueMarche 2C. Les observations seront effectuées durant au minimum 3 ans (mission primaire).

Contexte

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Le projet SVOM (acronyme deSpace-based multi-band astronomical Variable Objects Monitor[1]) prend la suite du projet ECLAIRs abandonné par l'agence spatiale française, leCNES, dont il reprend l'instrument principal. L'agence spatiale chinoise, leCNSA, fournit laplate-forme et deux des instruments de SVOM. LeCNES fournit deux autres instruments dont l'instrument principal ECLAIRs.

Objectifs

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SVOM doit permettre la détection de 100 sursauts gamma par an tout enobservant l'émission rémanente associée enlumière visible etinfrarouge. Les informations recueillies, dont les localisations précises, doivent être rapidement transmises auxobservatoires au sol pour des observations complémentaires.

Caractéristiques techniques du satellite

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SVOM est un satellite d'environ 930 kg de formeparallélépipédique (1 × 1 × 2 m.).

Instrumentation scientifique

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Le satellite dispose d'une instrumentation couvrant à la foisle spectre gamma,X,visible etproche infrarouge[2].

Télescope àrayons X et gamma mou (ECLAIRs)

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Masque codé de l'instrument ECLAIR du télescope SVOM.

.

ECLAIRs est l'instrument principal de SVOM : il s'agit d'un télescope gamma àmasque codé grand champ (2 stéradian) observant le rayonnement X et gamma mou (énergie comprise entre4 et150 keV), qu'il utilise pour détecter et effectuer une première localisation des sursauts gamma. Le télescope est une contribution française développée par les laboratoires de recherche : l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP), l'Institut de recherche sur les lois fondamentales de l'univers (Irfu) et l'AstroParticule et Cosmologie (APC)[3].

Télescope àrayons X (MXT)

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MXT (Microchannel X-Ray Telescope) est untélescope à rayons X à champ étroit (1,1 × 1,1°) fourni par leCNES. Il est mis en œuvre après la détection du sursaut gamma par ECLAIRs pour déterminer de manière plus précise la position du sursaut gamma en observant le début de l'émission rémanente. Il permet d'observer les rayons X mous (0,3 keV à10 keV). Sur le plan technique, la partie optique utilise pour la première fois dans le monde la technique des micro-canaux pour faire converger le rayonnement X sur le détecteur. La résolution spatiale permise par lecapteur CCD est inférieure à laminute d'arc (jusqu'à 20 secondes d'arc pour les sursauts les plus brillants) et la résolution énergétique est de75 eV lorsque le rayonnement incident est de1,5 keV.MXT est développé par l'Irfu en collaboration avec l'université de Leicester enAngleterre et l'Institut Max-Planck de physique extraterrestre àGarching bei München, en Allemagne[4].

Détecteur de rayons gamma (GRM)

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GRM (Gamma Ray Burst Monitor) est un détecteur de rayons gamma fourni par la Chine pouvant mesurer lacourbe de lumière et le spectre desrayons X durs et des rayons gamma de basse énergie (30 keV à5 MeV). L'instrument comprend 3 détecteurs ayant chacun un champ de vue de 2,6 stéradian. Ils sont disposés de manière que leur champ d'observation se recoupent (inclinaison de 30° par rapport à l'axe du satellite et espacement entre eux de 120°) de manière à permettre par triangulation une localisation grossière de la source (15°× 15°). Chaque détecteur est constitué d'un cristal d'iodure de sodium fixé sur un tube photomultiplicateur[5].

Télescope optique (VT)

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VT (Visible Telescope) est un télescope optique de typeRitchey-Chrétien de 40 cm d'ouverture et à champ étroit (26 × 26 minutes d'arc) qui observe la source gamma dans le visible (400 à 650 nm) et en proche infrarouge (650-950 nm). Deuxcapteurs CCD de 2 048 × 2 048 pixels situés auplan focal fournissent l'un une image dans le bleu (450 à 650 nm), l'autre dans le proche infrarouge (650 à 1 000 nm). Le télescope permet d'observer des étoiles demagnitude apparente 22,5 avec untemps de pose de 300 secondes. À partir d'une position approchée fournie par l'instrumentMXT, il détermine la position de la source gamma avec une précision de quelques secondes d'arc. Le télescope est fourni par lesObservatoires astronomiques nationaux de l'Académie des sciences de Chine[6].

Principales caractéristiques des instruments[7]
InstrumentECLAIRsMXTVTGRM
TypeMasque codémicro-canauxRitchey-ChrétienDétecteur à scintillation
FournisseurFranceFrance /Royaume-UniChineChine
Spectre (énergie ou longueur d'onde)X et gamma mou (4 keV -150 keV)Rayons X (0,210 keV)Infrarouge proche/Visible
(400 nm - 1 000 nm)
Gamma (50 keV à5 MeV)
Champ optiquestéradians23,6 × 23,6 minutes d'arc3 × 2 stéradians
Précision localisation16 minutes d'arc
(4 pour les sources brillantes)
< 1 minute d'arc
(20 secondes d'arc pour les sources brillantes)
2 secondes d'arc15°
PSF???-
Type détecteurTellurure de cadmiumCapteur CCDDispositif à transfert de chargesNaI
Nombre d’éléments détecteurs6 400 éléments256 × 256 pixels2 × 2 048 × 2 048 pixels3
Sensibilité??magnitude 22,5 sans filtre
(temps d'exposition de 300 secondes)
?
Autres caractéristiquesSurface du détecteur : 1 024 cm2
Élément détecteur : 4 
mm × 4 mm × 1 mm
Prévision sursauts détectés : ~80 /an
Prévision sursauts détectés : ~70 /anOuverture : 40 cm
Prévision sursauts détectés : ~60 /an
Prévision sursauts détectés : ~110 /an
Masse87 kg35 kg

Déroulement d'une détection

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Segment spatial

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Lorsqu'il détecte un sursaut gamma, le satellite a la capacité de modifier en quelques minutes son orientation pour compléter l'étude de la source avec ses instruments fonctionnant dans le spectre des rayons X, infrarouge et visible. La durée de la mission est de 3 ans avec une extension possible de 2 ans[2],[8],[9].

Segment terrestre

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Pour effectuer une étude détaillée du sursaut gamma, son observation se poursuit au sol. La durée de la phase la plus lumineuse du sursaut est courte aussi lorsqu'elle est détectée ses coordonnées sont immédiatement transmises à des observatoires au sol pour permettre de compléter les informations recueillies avec celles d'observatoires terrestres plus puissants. La transmission s'effectue grâce à un réseau d'une quarantaine d'antennes réceptricesVHF implantées de manière à assurer une couverture complète de la zone intertropicale que le satellite survole. Les données sont transmises à une cellule créée pour la circonstance àSaclay, le FSC (French Science Center)[10].

Après un premier traitement par leFSC, ces données sont transmises à deux télescopes fonctionnant de manière automatique les GFT (Ground Follow-up Telescope). Pour répondre aux besoins de la mission deux télescopes de ce type, ayant une ouverture d'au moins 1 mètre et couvrant le spectre visible et l'infrarouge proche, sont implantés respectivement à San Pedro Martin (Mexique) au titre de la participation française et à l'observatoire de Xinglong (Chine) au titre de la participation chinoise. Ces télescopes doivent fournir la position du sursaut gamma avec une précision d'environ 1 seconde d'arc et l'évolution du spectre. Les données collectées sont transmises auGCN (plateforme gérée par la NASA qui centralise et redistribue les détections des phénomènes célestes transitoires) qui envoie alors un message d'alerte aux grands observatoires terrestres comme les télescopes optiquesNTT et leVLT et le radiotélescopeALMA[11].

Ce réseau est complété par un ensemble de caméras baptisé GWAC (Ground-based Wide Angle Camera) constitué par 9 montures (4 caméras par monture) assurant une couverture globale de 5 000 degrés2 (la moitié du champ de ECLAIRs). Chaque caméra a une optique de 180 mm de diamètre, observe les émissions lumineuses dans le visible (entre 500 et 850 nm) et capte les images à l'aide d'uncapteur CCD disposant de 4 096 × 4 096 pixels. L'objectif de ces caméras qui enregistrent en permanence est d'observer le ciel avant l'apparition du sursaut gamma pour identifier éventuellement des événements précurseurs. Ces caméras seront installées sur deux sites accompagnées d'un télescope de 60 cm et de plusieurs télescopes de 30 cm : un sous-ensemble de 18 caméras sera installé à l'observatoire interaméricain du Cerro Tololo (CTIO) auChili et le deuxième sous-ensemble à l'observatoire ALI à l'ouest duTibet[12].

Déroulement de la mission

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Vue d'artiste de l'observatoire spatial SVOM en orbite.

Lancement et orbite

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SVOM a été placé le 22 juin 2024 sur son orbite par unlanceur spatial chinoisLongueMarche 2C décollant de labase de lancement de Xichang (Chine)[13]. SVOM circule sur uneorbite terrestre basse à une altitude de 625 km avec une faibleinclinaison (30°) pour éviter les perturbations des régions polaires. Cette orbite est en partie imposée par la puissance du lanceur et la latitude de la base de lancement.

Contraintes d'orientation

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L'orientation du satellite répond à plusieurs contraintes[8],[9] :

  • pour maintenir le satellite et ses instruments dans la plage de température autorisée, une des faces de SVOM est constamment maintenue à plus de 90° du Soleil ce qui interdit l'observation de 50 % du ciel à un instant donné ;
  • pour que les observatoires terrestres puissent prendre immédiatement le relais en cas de détection d'un sursaut gamma, SVOM observe la région du ciel située à l'opposé du Soleil donc visible par les télescopes terrestres situés sur la face nocturne de la Terre. La contrepartie est que durant la moitié de l'orbite qui dure 95 minutes, les instruments ne peuvent pas fonctionner car la Terre s'interpose entre le ciel et l'engin spatial.

Régions du ciel observées

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Les régions du ciel observées répondent par ailleurs aux contraintes supplémentaires (non dépendantes de l'orientation) suivantes[8] :

  • pour permettre aux télescopes terrestres les plus puissants (VLT, Hawaï, La Palma) d'observer le sursaut gamma dans les meilleures conditions, les régions du ciel privilégiées sont celles situées près du zénith de ces observatoires ;
  • la région de laVoie Lactée est écartée car elle contient de nombreuses sources transitoires dans le domaine X et gamma qui peuvent être confondues à tort avec un sursaut gamma. Par ailleurs, la présence de poussière interstellaire gêne les observations de suivi ;
  • la région de la source XScorpius X-1 située hors du plan galactique et extrêmement brillante est écartée pour ne pas perturber les mesures.

Résultats

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Notes et références

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  1. Institut de recherche en astrophysique et planétologie, « ECLAIRs et MXT, les deux télescopes français de la mission SVOM, prêts à partir pour la Chine »,irap.omp.eu,‎(lire en ligne).
  2. a etb« Satellite SVOM »,CNES (missions scientifiques)(consulté le).
  3. « Télescope ECLAIRs », surSite officiel de la mission SVOM,CEA/Irfu(consulté le).
  4. « MXT (Microchannel X-ray Telescope) », surSite officiel de la mission SVOM,CEA/Irfu(consulté le).
  5. « GRM (Gamma Ray burst Monitor) », surSite officiel de la mission SVOM,CEA/Irfu(consulté le).
  6. « VT (Visible Telescope) », surSite officiel de la mission SVOM,CEA/Irfu(consulté le).
  7. (en) B. Cordier,« The SVOM mission »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)[PDF], surbrera.inaf.it,.
  8. ab etc« Le satellite et la stratégie Sol/Espace », surSite officiel de la mission SVOM,CEA/Irfu(consulté le).
  9. a etb« Site officiel de la mission SVOM »(consulté le).
  10. « Le réseau d’alerte », surSite officiel de la mission SVOM,CEA/Irfu(consulté le).
  11. « GFT (Ground Follow-up Telescope) », surSite officiel de la mission SVOM,CEA/Irfu(consulté le).
  12. « GWAC (Ground-based Wide Angle Camera) », surSite officiel de la mission SVOM,CEA/Irfu(consulté le).
  13. (en) Andrew Jones, « China launches Sino-French astrophysics satellite, debris falls over populated area », surSpaceNews,.

Bibliographie

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Voir aussi

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