LeSoukhoï Su-35 (enrusse :Сухой Су-35,code OTANFlanker-E) est unchasseur multirôlerusse. Il a été créé dans le but d'accroître les capacités offensives duSu-27 et de lui donner la possibilité de détruire tant les cibles aériennes que les cibles de surface.
L'appellationSu-35 fut initialement utilisée pour désigner la version d'export du Su-27 (créée sous les ordres desforces aériennes russes) à partir de 1992. Il participa à plusieurs démonstrations dans différents meetings aériens et répondit à des appels d'offres émanant de laCorée du Sud et duBrésil. Le concept d'un Su-27 profondément modifié vit le jour. Il prit la désignation de Su-35BM[2].
Le premier prototype du Su-35 fut achevé en été 2007 à l'usineKomsomolsk-na-AmureAviation Production Association (KnAAPO), àKomsomolsk-sur-l'Amour. La première présentation de l'avion eut lieu la même année ausalon aéronautique de Moscou (MAKS)[2]. Le, un prototype Su-35BM s'écrasa lors d'un essai au sol à haute vitesse.
En 2010, le fabricant annonce que les lignes de production sont en place et que l'usine est capable de délivrer quatorze Su-35S par année[3].
Un premier contrat fut signé par le ministère russe de la Défense le, durant le salon aéronautique MAKS, portant sur 48 appareils livrables jusqu'en 2015. Une seconde commande fut signée le pour 40 appareils supplémentaires à livrer après 2015[4]. Les deux premiers Su-35S entrèrent en service en 2011, 8 de plus furent livrés en 2012 et 12 en 2013[5]. Les deux derniers de cette première commande furent livrés le.
Du 17 au, à l'occasion dusalon du Bourget, un Su-35S piloté par le chef pilote d'essai Soukhoï effectua des vols de démonstration de15 minutes.
Le, on annonce que la Chine achètera 24 Su-35S pour une valeur de2 milliards de dollars[6].
Photomontage présentant différentes phases d'une figure de voltige libre effectuée par un Soukhoï Su-35 lors duSalon du Bourget 2013.
Les trois premiers prototypes de Su-35 (701 à 703) se présentaient comme des chasseurs à trois plans, cinq fois plus instables que leSu-27 et équipés de nouvellescommandes de vol électriques quadruplexées. Pour augmenter leur agilité et améliorer leurs performances au décollage et à l'atterrissage, on leur ajouta desplans canards. Les plans canards servaient également à souffler lacouche limite par la génération devortex, afin d'empêcher le décrochement brutal aux grands angles d'incidence, et jouaient le rôle de fentes aux grandes incidences. Ils sont présents sur leSu-33 (version navalisée), leSu-30MKI (version biplace utilisée par l'Inde) ainsi que sur leSu-37 (démonstrateur dit « hypermanœuvrant », deux exemplaires construits), mais cette option a finalement été abandonnée[pourquoi ?], comme le montre le Su-35S[7].
Le Su-35S est inspiré de la cellule duSu-27, mais ne conserve de ce dernier que l'aspect global, la quasi-intégralité des systèmes de l'avion ayant en effet été modernisée. La principale caractéristique du Su-35S est la « super-manœuvrabilité » que lui confèrent ses moteurs 117S (AL-31F améliorés) àpoussée vectorielle.
La cellule du Su-35s a largement profité de l'utilisation dematériaux composites, ce qui permet entre autres à l'avion d'obtenir une durée de vie annoncée à 6 000 heures de vol par le constructeur[2]. Une perche deravitaillement en vol se situe sur le côté gauche du cockpit. L'aérofrein dorsal, présent sur les versions antérieures du Su-27, a été supprimé, les volets des empennages verticaux assurant désormais cette fonction en se braquant tous les deux vers l'intérieur[8]. Lescommandes de vol de l'appareil sont totalement électriques. Les capacités d'emport encarburant et en charge offensive sont améliorées, comparativement à ses prédécesseurs, grâce au renfort de la cellule, destrains d'atterrissage et de deux points d'emport supplémentaires. Lafurtivité de l'appareil est aussi légèrement améliorée pour certains angles d'évolution[2].
Outre l'architecture, les systèmes embarqués ont profondément été modernisés.
Le pilote, assis sur unsiège éjectable KD-36M incliné à30° de type « zéro-zéro », peut visualiser les informations nécessaires sur trois écrans multifonctions en couleur et un quatrième monochrome. Le Su-35 est équipé du systèmemains sur manche et manette, mais conserve un manche central (entre les jambes du pilote)[9].
Le Su-35S dispose de deux radars. Il est équipé à l'avant d'unradar passif à balayage électronique de génération précédente (les avions concurrents sont équipés desradars actifs), l'Irbis-E, capables de détecter et traquer jusqu'à 30 cibles jusqu'à 350 km de distance. Celui-ci est complété par unradar de queue moins puissant (N-012). Il possède aussi un système de recherche passif, sous la forme d'un capteuroptronique (OLS-35) situé sur le nez de l'appareil (en forme de boule), qui permet également de repérer des ciblesdifficilement détectables aux radars.
L'appareil est également équipé de systèmes d'autodéfense actifs de dernière génération, tels que : système d'alerte radar,nacelle de brouillage,leurresthermiques et radar.
LeSu-27M est une version monoplace modernisée du Su-27, étudiée à partir des années 1980, volant à partir de 1988. Douze appareils d'évaluation ont été construits (numéro 701 à 712), suivis de trois appareils de production en 1995 (numéro 86, 87 et 88)[11]. Ces appareils étaient proposés à l'exportation sous la dénomination officieuse de Su-35.
LeSu-35UB n'est pas un Su-35 ; il se présente comme unSu-30MKK sur lequel ont été greffés des « canards ». À ce jour, on ne connaît qu'un seul prototype codé « 801 » sur le fuselage, ce qui démontre qu'il ne s'agit pas de la même « lignée » que les Su-35 (ceux-ci étant codés dans les 900). D'après les photos, il ne possède pas de tuyères à poussée vectorielle. Il serait propulsé par des AL-31FP de 12 500 kg de poussée[12].
LeSu-37 "Terminator" est une désignation donnée par Soukhoï à deux démonstrateurs technologiques inspirés de la cellule du Su-27 avec une motorisation à poussée vectorielle, qui ont servi de base au développement du Su-35[12].
LeSu-35S est une désignation du Su-35 en service dans les forces aérospatiales russes. Le premier lot de six avions leur a été livré en[12].
LeSu-35BM est la dénomination initiale du futur Su-35S. « BM » correspond à « Bolshaya Modernistsiya » (« grande modernisation »). Il permettait de différencier les SU-35BM issus du développement lancés au début des années 2000 de l’appellation des Su-27M destinés à l'exportation et développés dans les années 1980 et 1990. Le suffixe « BM » fut par la suite abandonné.
Russie : 48 Su-35S en service en, 50 autres commandés en, 70 en parc début 2018[13]. Plus de 100 appareils opérationnels en avec l'objectif d'atteindre les 128[14],[15].
Chine : 24 Su-35BM commandés en 2015, les 4 premiers ont été livrés le[16], les derniers mi-, opérationnels depuis[17].
Iran : Il était possible en 2022 que les 24 avions de combat Su-35 commandés en 2018 par l'Égypte pourraient être repris par l’Iran[18]. En une agence de presse iranienne confirme que la Russie allait bien livrer des Su-35 à l'Iran au mois de mars 2023. Le nombre d'avions qui seraient livrés n'est pas dévoilé mais cet achat fait partie d'un ensemble de contrats d'armement passés entre les deux pays[19].
Algérie : Les deux premiers Su-35 réceptionnés en mars 2025, des livraisons pour une dizaine de chasseur (24 Su-35)[20].
Égypte : 24 commandés pour laforce aérienne égyptienne en 2018[21], 5 Su-35SE devaient avoir été livrés en date de début[22], mais en, rien n'atteste cette allégation et de nombreux Su-35 à la livrée égyptienne sont en revanche toujours stationnés chez le constructeur[23]. Afin de ne pas s’exposer à des sanctions américaines, l’Égypte aurait donc renoncé à prendre possession des 24 Su-35.
Indonésie : Après avoir été choisi en 2014, un contrat est finalisé en pour 11 Su-35BM d'un coût de1,14 milliard de dollars. La première livraison était espérée en[24],[25], mais le, elle est annulée par l'acheteur en raison de contraintes budgétaires et de la pression exercée par les États-Unis[26]. Finalement, le,Djakarta signe un contrat qui porte sur l'acquisition de 42Rafale français[27].
Le, Soukhoï a livré un lot de six modèles de série de Su-35 au VVS. Les officiels du ministère de la Défense ont accepté le lot à l'usine de KnAAPO àKomsomolsk-sur-l'Amour, en Russie. Cinq des six Su-35 livrés en décembre sont allés à l'Institut de recherches en Vol Gromov, où en un programme de dix-huit mois a commencé à tester la capacité du Su-35 à mener le combat à courte portée. Le programme consiste en trois composantes ; l'utilisation d'armes, la capacité d'évitement du feu ennemi et la capacité à détruire des hélicoptères et des drones. Les tests d'acceptation de l'État se terminant en 2015, les forces aérospatiales ont passé une nouvelle commande pour un lot de 48 autres Su-35S, 12 autres ont alors été livrés courant 2013.
Début, une commande portant sur l'acquisition de 50 autres Su-35S a été signée pour un montant de 100 milliards de roubles (1,38 G€)[28].
Le même mois, la Russie a pour la première fois déployé en conditions de combat quatre chasseurs Su-35 sur labase aérienne de Hmeimim en Syrie. Le, le ministère de Défense russe a dit que l'avion avait commencé à participer aux opérations aériennes russes en Syrie.
OAK assemble 7 chasseurs Soukhoï Su-35 en 2022[29]. 12 sont livrés en 2025[30].
En, plus de 100 Su-35S sont en service dans le VVS et répartis comme suit :
Les chasseurs russes Su-35S ont été utilisés pour des missions de supériorité aérienne pendant la guerre. Au moins 10 victoires air-air, dont une partie au bénéfice de SU-35, ont été signalées sur des avions à réaction ukrainiens et une sur unMil Mi-14 de l'aviation navale ukrainienne en date du 6 septembre 2022[34].
Le 3 avril 2022, un Su-35S s/n RF-81752, code 61 rouge du 159e régiment d'aviation de chasse russe a été abattu par les forces ukrainiennes, le pilote s'éjectant et étant capturé à plus de 10 km du lieu du crash; le pilote a déclaré que son Su-35S avait été abattu près d'Izioum par un système portatif de défense antiaérienne (acronyme manpads en anglais) alors qu'il combattait les défenses aériennes ukrainiennes. Il a été libéré lors d'un échange de prisonniers de guerre le 6 mai 2023[35],[36],[37]
Le 9 mai 2022, le ministère ukrainien de la Défense a confirmé que le colonel Ihor Bedzay, chef adjoint du bureau de l'aviation de la marine ukrainienne, avait été tué au combat. Son hélicoptère Mil-Mi-14PS a été abattu par un Su-35 russe[38].
Le 19 juillet 2022, un avion non identifié a été abattu près de Kakhovka. Le commandement de l'armée de l'air ukrainienne a affirmé que l'avion était apparemment un Su-35 russe abattu par les défenses aériennes ukrainiennes, mais n'a fourni aucune preuve. Le Su-35S immatriculé 07614 a été abattu (probablement par un tir ami) près deKakhovka, dans leraïon de Beryslav, dans l'oblast de Kherson. Le pilote, le major Alan Datiev, s'est éjecté et a réussi à s'échapper[39].
Le 29 septembre 2023, un Sukhoi Su-35S de l'armée de l'air russe a été abattu, probablement lors d'un tir ami, et s'est écrasé près deNovomykolaïvka (oblast de Zaporijjia), dans leRaïon de Polohy. Le pilote, le major Alexeï Belichenko du 929e Centre d'essais en vol d'État, n'a pas survécu[40].
Le 6 octobre 2023, un Su-35S aurait été abattu par des tirs amis près deMariupol. Le pilote s'est éjecté sans encombre[41].
Le 17 février 2024, un Su-35S est abattu aux alentours d'Avdiïvka par un missile sol-air ukrainien lors d'une action ayant entrainé, selon les autorités ukrainiennes, la perte de deux autres Su-34[42], le pilote étant récupéré par les forces russes lors d'une mission derecherche et sauvetage au combat[43],[44].
Le 18 Février 2024, et 19 février 2024, ainsi que le 1er mars 2024, l'aviation russe a perdu trois autres Su-35, ce qui porte le nombre total de 4 pertes de Su-35 lors de cette guerre[45].[réf. à confirmer]Le 19 février 2024, un Su-35S de l'armée de l'air russe a été abattu et s'est écrasé dans la mer d'Azov au large de Rybatske, dans l'oblast de Donetsk. Le pilote, le capitaine Fedor Grabovetsky, n'a pas survécu. Des sources ukrainiennes affirment que l'appareil a été abattu par un système de défense aérienne MIM-104 Patriot[46]
Le 28 mars 2024, un Su-35 s'écrase en mer près deSevastopol. Le pilote s'est éjecté et a survécu[47].
Le 7 juin 2025, un Su-35S de l'armée de l'air russe a été abattu dans l'Oblast deKoursk. Le pilote a pu s'éjecter en toute sécurité et a été récupéré par une équipe de recherche et de sauvetage au combat (CSAR). Des sources russes indiquent que l'appareil a été abattu lors d'une embuscade menée par un missile sol-air (SAM) utilisant un système de défense aérienneMIM-104 Patriot stationné dans la ville deSoumy[48].
Le 10 juin 2025, un F-16AM Block 20 ukrainien abat un SU-35 russe à l'aide d'un missile AMRAAM à longue portée près de la ville deKorenevo dans l’Oblast deKoursk. Le Su-35 a été détecté près de 200 kilomètres à l’avance par le radar d’un avion de reconnaissance Saab 340AEW Erieye, déployé sur le territoire par Kiev. Cela a permis au F-16AM de le toucher avec un missileAIM-120 AMRAAM, d’une portée d’environ 50 kilomètres. Selon les autorités russes, le pilote a pu s’éjecter[49],[50].
Dans les albums de bande-dessinéeLes Aventures de Tanguy et Laverdure :Diamants de sable etSabre du désert, le Su-35 est utilisé par Ayman Bin al-Haroun, prince héritier du Royaume deDahman.