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| Surnom | Sonny Rollins |
|---|---|
| Nom de naissance | Theodore Walter Rollins |
| Naissance | (95 ans) New York, |
| Activité principale | Saxophoniste,auteur-compositeur |
| Genre musical | Jazz,bebop,hard bop |
| Instruments | Saxophone ténor etsoprano |
| Années actives | 1947-2014 |
| Labels | Prestige,Blue Note,Contemporary,RCA,Impulse!,Milestone |
| Influences | Charlie Parker Coleman Hawkins Dexter Gordon Louis Jordan |
| Site officiel | www.sonnyrollins.com |
Sonny Rollins, néTheodore Walter Rollins le àNew York, est unsaxophoniste ténor etcompositeur dejazz. Il est largement reconnu comme l'un des musiciens de jazz les plus importants et influents de l'ère post-bebop.
La longue et prolifique carrière de Sonny Rollins au saxophone ténor commence vers l'âge de 16 ans. Certaines de ses compositions commeSt. Thomas,Oleo,Doxy etAiregin sont devenues desstandards de jazz[1]. Ses soixante-cinq ans de carrière lui donnent aujourd'hui le statut de dernier géant en activité des années 2020. Improvisateur, croisant les genres, poussant à leurs limites le son et le phrasé, Sonny Rollins incarne l'esprit de quête inlassable du jazz. Sonny Rollins est toujours en tournée en 2013 après avoir survécu à la plupart de ses contemporains en compagnie desquels il enregistra, telsJohn Coltrane,Miles Davis,Max Roach etArt Blakey.
Bien que Sonny Rollins soit né à New York, pas très loin des temples de la musique noire new-yorkaise comme Le Savoy ou l'Apollo, ses parents sont originaires desÎles Vierges américaines[2]. Sonny Rollins commence par jouer du piano puis passe ausaxophone alto qu'il reçoit à l'âge de 8 ans, s'y exerce à la façon deLouis Jordan et choisit par la suite le saxophone ténor en 1946[3]. Impressionné parCharlie Parker et pris sous l'aile deThelonious Monk, le jeune Sonny Rollins fait ses classes professionnelles à l'école dubebop, dès la fin des années 1940. Pendant ses années d'études au lycée, il joue dans un groupe avec d'autres futures légendes du jazz,Jackie McLean etKenny Drew. Ses premiers enregistrements pour le labelFantasy révèlent une sonorité originale et instantanément identifiable, pour partie héritée deColeman Hawkins, une maîtrise rythmique et harmonique hors du commun et déjà un certain penchant pour la déconstruction/reconstruction du thème.
Il enregistre en 1949 avecBabs Gonzales puis la même année avecJ.J Johnson etBud Powell. Dans ses enregistrements jusqu'en 1954, il a l'occasion de jouer avec des artistes tels que Miles Davis, Charlie Parker et Thelonious Monk. En 1950, Sonny Rollins est arrêté pour vol à main armée et condamné à une peine de prison de trois ans. Il passe 10 mois à la prison deRikers Island et est remis en liberté sur parole. En 1952, il est arrêté de nouveau pour avoir violé sa libération sur parole pour usage d'héroïne. Sonny Rollins est affecté à la prisonFederal Medical Center, Lexington, à cette époque c'est la seule aide aux États-Unis pour les toxicomanes. Là, il est bénévole pour un traitement expérimental à la méthadone et il est finalement capable de rompre son accoutumance à l'héroïne. Sonny Rollins craint à cette époque que la sobriété porte atteinte à sa musicalité, mais ira par la suite vers une plus grande réussite.
En tant que saxophoniste, il est dans un premier temps attiré par les sonsJump etR&B des artistes comme Louis Jordan, puis est entraîné dans la traditionmainstream du saxophone ténor. Le journaliste musical Joachim Berendt décrit cette tradition comme assise entre les deux pôles de la forte sonorité deColeman Hawkins et le phrasé souple et léger deLester Young, qui a tant fait pour inspirer la vague d'improvisation du bebop dans les années 1950[4]. Sonny Rollins les a fait se rencontrer tel un improvisateur fluide du post-bop, avec un son fort et sonore comme personne depuis Coleman Hawkins[1]. Il reste que l'univers musical de Charlie Parker est omniprésent dans la construction de sa musique et ne le quittera jamais complètement.
Rollins commence à se faire un nom lorsqu'en 1951 il enregistre notamment sa compositionOleo avec leModern Jazz Quartet et Miles Davis. En 1953 et 1954 il travaille avec Thelonious Monk, enregistrant l'albumThelonious Monk and Sonny Rollins, qui comprend les morceauxI Wanna Be Happy atFriday the 13th. Sonny Rollins rejoint ensuite le quintetClifford Brown-Max Roach en 1955 (les enregistrements effectués avec ce groupe sont présents sur les albumsSonny Rollins Plus 4 etClifford Brown and Max Roach at Basin Street; Sonny joue également sur la moitié de l'albumMore Study in Brown), et à la suite de la mort de Clifford Brown en 1956 il a principalement travaillé sur ses propres albums. À cette époque, il commence sa carrière avec le labelPrestige, qui a enregistré quelques-uns de ses albums les plus connus, il enregistre également dans les années 1950 pour d'autres labels dontBlue Note,Riverside et le label de Los AngelesContemporary.
En, Sonny Rollins enregistre l'albumTenor Madness. Le pianisteRed Garland, le contrebassistePaul Chambers et le batteurPhilly Joe Jones du groupe de Miles Davis, qui enregistrait également dans ce studio, participent à cet album. Le morceau qui donne le titre à l'album est le seul enregistrement de Sonny Rollins avecJohn Coltrane, qui lui aussi jouait dans le groupe de Miles Davis[1].
C'est surtout l'albumSaxophone Colossus enregistré un mois plus tard, le qui est très largement acclamé. Les enregistrements se déroulent au studio deRudy Van Gelder dans leNew Jersey, avecTommy Flanagan au piano,Doug Watkins un ancien contrebassiste du groupeJazz Messengers et son batteur favoriMax Roach. C'est le sixième album de Sonny Rollins en tant que meneur et il inclut l'une de ses plus célèbres compositions,St. Thomas, qui est uncalypso caribéen basé sur une mélodie chantée par sa mère dans son enfance. L'album comprend également le titreStrode Rode, un morceau remarquable dehard bop au rythme rapide etMoritat une composition deKurt Weill également connue sous le nomMack the Knife[1].
À la fin de l'année Sonny Rollins enregistre une suite pourBlue Note avecDonald Byrd à la trompette,Wynton Kelly au piano,Gene Ramey à la contrebasse et Max Roach à la batterie un collaborateur de longue date de Sonny. Ces enregistrements sont publiés l'année suivante sur l'albumSonny Rollins Volume One[5].
En 1957, il est l'un des premiers à utiliser la contrebasse et la batterie, sans piano. L'artiste raconte que cette formule n'était au départ qu'un essai dû aux absences répétées de son ou ses pianistes. Cette particularité vient à être connue sous le nom de « strolling ». Cette année-là, il a recours au trio ténor-contrebasse-batterie sur les albumsWay Out West etA Night at the Village Vanguard. Sonny Rollins se sert de ce trio par intermittence tout au long de sa carrière, en faisant parfois le choix inhabituel d'utiliser son saxophone comme un instrument ensection rythmique sur des solos de contrebasse et de batterie.Way Out West est ainsi nommé car il a été enregistré pour un label basé enCalifornie (avec le fidèle batteurShelly Manne) et parce que l'album contient des morceaux demusique country tels queWagon Wheels etI'm an Old Cowhand. L'enregistrement de l'albumA Night at the Village Vanguard s'effectue en deux parties, une matinée avec le contrebassisteDonald Bailey et le batteurPete La Roca puis dans la soirée avec le contrebassisteWilbur Ware et le batteurElvin Jones.
Dans cette période, Sonny Rollins devient célèbre pour choisir des morceaux relativement banals ou non conventionnels et de les transformer en un vecteur pour l'improvisation commeThere's No Business Like Show Business sur l'albumWork Time (1955),I'm an Old Cowhand et plus tardSweet Leilani sur l'album This Is What I Do (2000) récompensé par un Grammy. L'albumNewk's Time en 1957 le fait travailler à nouveau avec un piano, cette fois-ci avecWynton Kelly, mais l'un des titres les plus remarqués est le duo saxophone - batterie sur le standardThe Surrey with the Fringe on Top avec Philly Joe Jones. Cette même année, il enregistre également pour Blue Note avec de prestigieux musiciens, J.J. Johnson au trombone,Horace Silver, Thelonious Monk au piano et le batteur Art Blakey qui est publié sur l'albumSonny Rollins Volume 2.
En 1958, Sonny Rollins enregistre avec le trio saxophone, contrebasse et batterie un autre album qui fait date :Freedom Suite. Un morceau de musique qui révèle aussi une forme de protestation comme l'indiquent les notes de Sonny Rollins sur la pochette originale : « L'Amérique est profondément enracinée dans la culture Negro : ses expressions, son humour, sa musique. Comme ironique est le Negro, qui plus que quelqu'un d'autre peut revendiquer la culture de l'Amérique comme la sienne, est en train d'être persécuté et réprimé; le Negro qui a exemplifié les sciences humaines dans leur existence même, est récompensé par un manque d'humanité. »[6],[7]. Le morceau éponyme est une improvisation quasi-collective de 19 minutes, faite en grande partie d'échanges libres entre les trois musiciens. L'album n'est pas entièrement politique - la seconde face étant essentiellement constituée de standards de jazz. La version 33 tours fut peu de temps disponible dans sa forme originale puisque Riverside Records fit une nouvelle édition de cet album sous un autre nom,Shadow Waltz.
Sonny Rollins réalise fin 1958 un autre album studio nomméSonny Rollins and the Contemporary Leaders avant de faire une pause de trois ans. C'est une session d'enregistrements pour le label Contemporary où Sonny Rollins enregistre un mélange ésotérique de musiques dontRock-A-Bye Your Baby With A Dixie Melody avec le groupeWest Coast composé du pianisteHampton Hawes, le guitaristeBarney Kessel, le contrebassisteLeroy Vinnegar et le batteur Shelly Manne.

En 1959, Rollins se sent frustré par ce qu'il perçoit comme ses propres limites musicales et prend la première - et sa plus célèbre - pause sabbatique musicale. Deux ans de doute, pris par la tempête du free-jazz, en manque de nouveaux terrains à défricher. Un voyage en Inde et des heures à jouer, seul, sous lepont Williamsburg à New York. À son retour sur la scène jazz en 1962, il signe un contrat avecRCA Records et nomme son nouvel albumThe Bridge qui constitue un tournant. Tempos flottants, sonorité moins classique, Rollins brise enfin les chaînes du hard bop et accommode à sa convenance les audaces du free-jazz. L'album est enregistré en quartet, sans piano, avec le guitaristeJim Hall et pour la section rythmiqueBen Riley à la batterie etBob Cranshaw à la contrebasse. C'est devenu l'un des albums les plus vendus de Sonny Rollins. Chaque album qu'il enregistre diffère radicalement du précédent. Sonny Rollins explore les rythmes latins surWhat's new en 1962, aborde l'avant-garde surOur Man in Jazz (1962), suivent une rencontre musicale avec Coleman Hawkins (Sonny meets Hawk en 1963), ré-interprète des standards surNow's the Time (1964) et une collaboration avecElvin Jones (East Broadway rundown en 1966), alors fraîchement débarqué du groupe de John Coltrane. Sonny Rollins signe en 1966 la bande son originale du filmAlfie avecMichael Caine dans le rôle principal.
Durant sa période sabbatique Sonny Rollins étudie le yoga, la méditation et la philosophie orientale. Lorsqu'il revient en 1972, il est imprégné de rythmes R&B,pop,funk. Ses groupes dans les années 1970 et 1980 intègrent la guitare électrique, la basse électrique et généralement des batteurs davantage orienté pop ou funk. Au cours de cette période, il enregistre principalement pourMilestone Records et la compilationSilver City: A Celebration of 25 Years on Milestone contient une sélection de ces années. C'est pourtant dans ces années marquées par le disco que Sonny Rollins s'intéresse aux solos de saxophone sans accompagnement. En 1981, il joue sur trois chansons de l'albumTattoo You desRolling Stones (Slave,Neighbours et sans aucun doute la plus connueWaiting on a Friend)[8]. En 1985, il sortThe Solo Album.
En 1986, le documentaristeRobert Mugge sort un film intituléSaxophone Colossus. Il comporte deux spectacles de Sonny Rollins: un quintette au nord de l'État de New York et son Concerto pour saxophone et Symphonie au Japon.


Sonny Rollins remporte en 2001 un Grammy Award du meilleur album instrumental de jazz pourThis Is What I Do (2000)[9]. Le, Sonny Rollins à 71 ans vit à quelques quartiers d'immeubles duWorld Trade Center qu'il entend s'effondrer et est contraint d'évacuer son appartement, avec seulement son saxophone à la main. Bien que secoué, il se rend àBoston cinq jours plus tard pour donner un concert à laBerklee College of Music. L'enregistrement en direct de cette représentation est ensuite publié sur CD en 2005,Without a Song: The 9 / 11 Concert, et remporte le Grammy 2006 dans la catégorie Solo instrumental de Jazz pour l'interprétation de SonnyWhy Was I Born?[9]
Après une tournée au Japon, Sonny Rollins retourne en studio d'enregistrement pour la première fois depuis cinq ans pour enregistrer son albumSonny, Please (2006). L'album sort pour la première fois sur son propre label,Doxy Records, à la suite de son départ deMilestone Records avec qui il a collaboré de nombreuses années. L'album est produit par son neveu Clifton Anderson, dans le band de Rollins à ce moment-là.
Sonny Rollins donne une représentation auCarnegie Hall le, pour célébrer le50e anniversaire de sa première interprétation en ce lieu. Il est accompagné par Clifton Anderson au trombone,Bobby Broom à la guitare, Bob Cranshaw à la basse, Kimati Dinizulu aux percussions, Roy Haynes à la batterie et Christian McBride à la basse[10].
Sonny Rollins est reconnu pour la longévité et la qualité de sa carrière, rarement égalées dans le monde du jazz ou dans d'autres genres. Ses sensibilités mélodiques, son style de jeu et les solos ont aussi influencé plusieurs générations de musiciens[1].
Sonny Rollins est récompensé auDown Beat Jazz Hall of Fame en 1973.
En 2007, il a reçu le prestigieuxprix Polar Music àStockholm, enSuède, avecSteve Reich, tandis que Colby College attribue à Sonny Rollins le titre deDoctor of Music honoris causa, pour ses contributions à la musique jazz.
En 1983, leNational Endowment for the Arts - NEA Jazz Master récompense Sonny Rollins d'unJazz Master[11].
Le générique de l'émissionBouillon de culture deBernard Pivot est le morceauThe Night has a Thousand Eyes, sur l'albumWhat's New? (1962) de Sonny Rollins.St. Thomas fait partie de la bande son du filmWorking Girl réalisé parMike Nichols et sorti en 1988[12]. Le morceauTenor Madness est présent sur la bande son du filmLe Talentueux Mr Ripley d'Anthony Minghella sorti en 1999[13].Alfie a été la musique du générique del'émission deFrance Inter consacrée au Jazz dans les années 1970[Laquelle ?].