LaSomalie, en forme longue larépublique fédérale de Somalie[4],[5] (ensomaliSoomaaliya etJamhuuriyadda Federaalka Soomaaliya ; enarabeالصومال (aṣ-Ṣūmāl) etجمهورية الصومال الفدرالية (Jumhūriyyat aṣ-Ṣūmāl al-Fideraaliya)), est un pays situé à l'extrémité orientale de laCorne de l'Afrique, dans le golfe d'Aden. Le pays a des frontières directes avec trois pays voisins dontDjibouti au nord-ouest, l'Éthiopie à l'ouest et leKenya au sud-ouest.
Au cours des décennies suivantes, la Somalie est qualifiée d'État en déliquescence en raison du manque prolongé d'une autorité gouvernementale centrale permanente, de la continuation de laguerre civile et de la montée de plusieurs seigneurs de guerre et de groupes armés radicaux dontHarakat al-Chabab al-Moudjahidin. Une série de gouvernements de transition est suivie par l'établissement dugouvernement fédéral de Somalie en 2012 qui réforme le pays en tant que fédération, après que les insurgés ont perdu la plus grande partie du territoire qu'ils contrôlaient.
L'un des pays les plus ethniquement homogènes de l'Afrique[6], lesSomalis sont le groupe ethnique dominant, et l'islam sunnite est la religion dominante. Les langues officielles sont lesomali et l'arabe.
Pendant lesannées 1880 et1890, l'Italie acquiert divers territoires sur la côte duBenadir[8], qu'elle réunit en1905 en une colonie[9], officialisée par une loi du[10]. Dans les faits, les Italiens et Européens résidant en Somalie ne sont encore qu'une poignée au début du vingtième siècle[11].
Malgré unerésistance à l'occupation occidentale organisée par Mohamed Hassan, l'Italie deBenito Mussolini finit parcontrôler la Somalieainsi que l'Éthiopie et le nord duKenya, jusqu'à laSeconde Guerre mondiale. La conquête militaire, entreprise à partir de 1908, est sanglante, tout comme l'administration italienne par la suite. Le pouvoir colonial n'ouvre pas d'école et les colonisés ne peuvent espérer sortir de leur condition qu'en s'enrôlant dans les troupes auxiliaires, lesascaris[11].
Le (ou le 4 selon d'autres sources), environ 40 000 Italiensenvahissent laSomalie britannique sous le commandement du généralGuglielmo Nasi[12]. Ils s'emparent en quelques jours de plusieurs villes mal défendues[12]. Les forces britanniques au Somaliland reçoivent quelques renforts et un nouveau commandant, lemajor généralGodwin-Austen[12]. Jugeant les forces en présence trop inégales, ce dernier demande le le retrait des troupes britanniques[12]. Les derniers soldats britanniques sont évacués versAden le[12]. Les Italiens s'emparent deBerbera le et annexent la Somalie britannique à l'Afrique orientale italienne[12]. Lors de cette campagne, les pertes britanniques sont de 38 tués, 71 blessés et 49 disparus contre 465 tués, 1 530 blessés et 34 disparus pour les Italiens[13]. Ces territoires seront finalement perdus par l'Italie, à la suite de sa défaite, à la fin de laSeconde Guerre mondiale.
En 1949, l'Organisation des Nations unies (ONU) accorde à l'Italieun territoire sous tutelle de la Somalie tandis qu'un an plus tôt, la région de l'Ogaden avait été attribuée à l'Éthiopie. Les administrateurs sont souvent les mêmes que ceux déjà en fonction sous le régime fasciste[11]. Ledrapeau actuel a été adopté le. Son étoile à cinq branches symbolise les cinq régions historiques de la Somalie[11].
De 1960 à 1969, et sous la présidence d'Aden Abdullah Osman Daar, puis deAbdirashid Ali Shermarke, la Somalie tente d'instaurer un gouvernement démocratique, mais des luttes claniques entre le nord et le sud du pays, et les relations tendues avec les pays limitrophes, font de ces années une période instable.
En raison des relations amicales que la Somalie entretient avec l'URSS, Barre déclare que le pays va désormais être un État socialiste. Cette alliance entre les deux pays est éphémère : en 1977, la Somalie tente de prendre le contrôle de l'Ogaden, un territoire éthiopien peuplé très majoritairement deSomalis, au cours du conflit dit de laguerre de l'Ogaden. Au lieu de soutenir la Somalie dans ses démarches expansionnistes, l'Union soviétique tente de trouver une issue pacifique à la crise en tant qu'intermédiaire entre les deux pays. Finalement, la guerre enclenchée, elle soutient l'Éthiopie, ce qui met fin aux bonnes relations entre les deux alliés. Les États-Unis se rapprochent ensuite de la Somalie[16]. La guerre de l'Ogaden (1977-1978) a contribué à affaiblir le pouvoir de Barre et a favorisé l'installation d'unefamineendémique dont le paroxysme est atteint en 1984.
Le pays a été tourmenté dans les années 1990 par les factions politiques. Lenépotisme officiel ainsi que lacorruption ont ébranlé la confiance envers le gouvernement central. Un climat de mécontentement règne alors envers le régime de Siad Barre, ce qui mène à son effondrement en 1991. LeSAIMR, une organisation parapublique de mercenairesanti-communistes et desuprématistes blancs, développée enAfrique du Sud durant l'apartheid, a orchestré le renversement du PrésidentSiad Barre[17] pourtant censé être protégé par les mercenaires sud-africains[18]. Depuis, le SAIMR s'est taillé un fief en Somalie[17]. Le régime apartheid souhaitait utiliser la Somalie comme une plaque tournante pour letrafic d'armes auMoyen-Orient[19].
Le pays est dès lors plongé dans un état proche du chaos[20]. En effet, à la suite de cet incident, la Somalie est devenue unÉtat défaillant[21]. Le pays est tombé sous la gouverne deseigneurs de guerre sans idéologie ni agendas politiques[22]. Leurs seules motivations sont l'appât du gain illicite et lepillage[22]. Le trafic de drogues et d'armes fait partie de leurs activités. Ainsi, ces chefs de guerre s'opposent à la création de tout gouvernement central en raison de la menace que pose un tel gouvernement sur leurs activités illicites[22].
L'effondrement du régime de Siad Barre entraîne le pays dans une guerre civile entre la faction qui soutient le président intérimaireAli Mahdi Mohamed et la faction qui soutient le généralMohamed Farrah Aidid[23]. Ce conflit est en fait le reflet de la rivalité entre les deux clans les plus importants des familles Hawiye-Abgal et Haber Ghidir pour le contrôle de l'État somalien[23]. Ces factions s'adonnent au pillage des infrastructures et des points de distribution des vivres[24], ce qui laisse plus d'un million de réfugiés et cinq millions de personnes dans la famine et la maladie[25]. La guerre contribue à la déliquescence socio-économique et à la fragmentation de l'État[26]. Le conflit vise spécifiquement le contrôle de la nourriture et des armes.
À la suite de la guerre civile et face aux menaces de famine, l'ONU lance une opération dite « humanitaire » àMogadiscio à partir d' : l'Opération des Nations unies en Somalie (ONUSOM). Les « casques bleus »pakistanais subissant de lourdes pertes face aux factions somaliennes, les grandes puissances interviennent.
En, sous mandat de l'ONU, les États-Unis lancent l'opération « Restore Hope » (« Rendre l'espoir »). Il s'agit de la première intervention menée au nom du droit international d'ingérence humanitaire[27]. Celle-ci est finalement un fiasco, symbolisé par labataille de Mogadiscio en, au cours de laquelle 19 soldats américains meurent, ainsi qu'un casque bleu malaisien et près d'un millier de Somaliens. Le présidentBill Clinton décide alors de retirer ses troupes, et 8 000 casques bleus de l'ONU prennent le relais jusqu'en 1995. 151 casques bleus et 3 civils étrangers sont tués.
Le pays est alors divisé en plusieurs factions en guerre les unes contre les autres[28]. Le Centre et le Sud sont contrôlés par Hussein Mohamed Aïdid ; le Nord-Ouest parMohamed Ibrahim Egal, élu président de la République autoproclamée duSomaliland en 1997, qui meurt en 2002. En, un accord de gouvernement, patronné par l'Éthiopie et leKenya, échoue à régler le problème du désarmement et de la reconstruction de l'État[28]. Le Nord-Est se déclare autonome en 1998 sous le nom dePountland. Le, le Parlement de transition en exil élit un nouveau président en la personne deAbdiqasim Salad Hassan, dans un contexte particulièrement difficile. Le pays reste aux prises avec des rivalités claniques. Après diverses tentatives infructueuses de conciliation, une conférence de réconciliation aboutit en à un projet de charte nationale prévoyant lefédéralisme et mettant sur pied des institutions fédérales de transition[28].
Somaliland : République auto-proclamée depuis 1991.
Le, leParlement fédéral de transition de la République de Somalie, exilé auKenya en raison desaffrontements entreseigneurs de la guerre à Mogadiscio, et formé en nombres égaux de représentants de chacun des quatre grands clanssomalis, élit en tant que président intérimaireAbdullahi Yusuf Ahmed, président du Pays de Pount[29]. À la tête duGouvernement fédéral de transition, celui-ci nommeAli Mohamed Gedi, un vétérinaire de profession, en tant que Premier ministre, avec pour mission de former un gouvernement de coalition avec les différents chefs de guerre du pays. Les institutions somaliennes siègent au Kenya par mesure de sécurité à l'égard de la situation intérieure de la Somalie. Les institutions en exil n'ont aucun contrôle sur le pays en dehors de certains quartiers de la capitale Mogadiscio, leur autorité n'est pas reconnue à l'intérieur du pays, mais uniquement par les gouvernements étrangers[30].
Depuis le, le gouvernement de transition siège àBaidoa, en Somalie[30].
Certaines zones de Somalie, bien qu'éloignées de 4 500 km de l'épicentre, sont dévastées par letsunami du 26 décembre 2004. Quelques villages sur la côte de l'océan Indien sont détruits par le tsunami et environ 110 personnes (essentiellement des pêcheurs) sont tuées.
Prise de pouvoir par les islamistes et nouveaux conflits
Au début du mois de, les affrontements entre, d'une part, les membres de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), une alliance entre des chefs de guerre et le gouvernementde jure de la Somalie, soutenue parWashington, et, d'autre part, l'Union des tribunaux islamiques ont vu la victoire de ces derniers pour le contrôle de Mogadiscio. Le rétablissement de l'ordre se fait au nom de la seule structure législative stable et consensuelle du pays, la jurisprudencechaféite.
Le àNairobi, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qui regroupe leKenya, l'Ouganda, leSoudan,Djibouti, l'Éthiopie, l'Érythrée et le gouvernement de transition de Somalie, décide d'interdire l'accès au territoire de ses pays membres aux miliciens de l'ARPCT fuyant devant l'avancée des tribunaux islamiques dont le plus important, celui de Mogadiscio, est nommé Hifka-Halane. Il sert de pouvoir judiciaire (civil et pénal), en jugeant les affaires en appliquant lacharia.
Fin, l'armée éthiopienne intervient et les tribunaux islamiques fuient Mogadiscio. Elle prend ainsi le contrôle de la majeure partie du pays et le gouvernement de transition se déclare le gouvernementde facto du pays.
Le, le présidentAbdullahi Yusuf Ahmed annonce sa démission, en exprimant ses regrets de n'avoir pas pu mettre fin au conflit somalien[31]. Le Parlement, réuni à Djibouti en raison du désordre en Somalie, élit alorsSharif Sheikh Ahmed, ancien dirigeant de l'Union des tribunaux islamiques, à la présidence de la République[32].
Le pays subit unefamine en 2011 qui fait 260 000 victimes[33].
Enoctobre 2011, l'armée kényane intervient dans le conflit, lançant l'opération Linda Nchi (« protéger le pays » enswahili) contre les positions des insurgés.
LesNations unies estiment que 1,7 million de personnes manquent de nourriture à cause de la sécheresse en, et que leur nombre va augmenter d'un demi-million d'ici à juillet. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont contraintes d'abandonner leur foyer pour tenter de trouver de la nourriture, venant ainsi s'ajouter aux 2,6 millions de personnes déjà déplacées dans le pays du fait de la sécheresse et de la guerre[34]. Environ 3,2 millions de personnes supplémentaires risquent d'avoir des difficultés à s'approvisionner en nourriture sur la même période. Il s'agit de la pire sécheresse vécue par la Somalie depuis des décennies[35]. La Food Security and Nutrition Analysis Unit (FSNAU) estime que trois millions de dromadaires sont morts de soif entre l'été 2021 et l'été 2022[33]. Quelque 45 % des chèvres d'élevage ont également succombé[36].
Dans un contexte decrise politique, l'élection présidentielle de 2021 est finalement décalée en2022, et voit l'ancien président Hassan Sheikh Mohamoud retrouver le pouvoir après sa défaite en 2017.
Le pays est essentiellement composé de plaines arides, de moins de 100 mètres au-dessus de la mer, au centre et au sud. Le nord du pays est plus montagneux.
On trouve en Somalie cinq entitésde facto contrôlant le territoire. Parmi elles, leSomaliland (capitaleHargeisa) est une république sécessionniste auto-proclamée depuis 1991, contrôlant la majeure partie du territoire de l'ancienneSomalie britannique, dont elle se considère l'héritière : c'est pourquoi elle revendique son voisin direct leKhatumo qui, lui, est reconnu comme état fédéral par la constitution somalienne de 2023. Considéré par tous les membres de l'ONU comme un État fédéral de la Somalie, cela ne l'empêche pas d'entretenir des relations diplomatiques avec d'autres pays commeTaïwan qui reconnaît le Somaliland comme indépendant[38]. Cette dernière et le Somaliland ont des bureaux de représentation mutuelle dans leurs pays respectifs[39],[40]. En janvier 2024, un accord est signé avec l’Éthiopie qui pourrait aboutir sur une« reconnaissance formelle » du pays[41],[42]. Une autre entité, lesChebabs (arabe :حركة الشباب المجاهدين : « mouvement des jeunes combattants », d'idéologiesalafiste djihadiste) ne vise pas sa propre indépendance ni son autonomie territoriale, mais le contrôle de la Somalie entière et des pays voisins pour y imposer l'instauration de lacharia et des régimesislamistes.
Le climat de la Somalie est principalement tropical aride, malgré sa proximité avec l'équateur, en raison de facteurs spécifiques comme l'ombre pluviométrique des hauts plateaux éthiopiens qui bloquent les vents demousson, lescourants océaniques froids réduisant l'humidité, et les altitudes élevées inhibant la formation de précipitations. Le pays est globalement semi-aride, avec des pluies imprévisibles et variables, rendant la Somalie vulnérable auxsécheresses prolongées et aux inondations soudaines, exacerbées par les changements climatiques.
Depuis le début des années 1991, laguerre civile entrave le développement économique du pays.
L'économie de la Somalie est surtoutagricole, mais est aussi basée sur l'exploitation dusel. Plusieurs compagnies internationales, commeBP ouExxonMobil, montrent un intérêt croissant pour lepétrole somalien[44] : en effet, le nombre de barils en Somalie est estimé entre 8 et 15 milliards[45]. L'économie est assistée par l'aide internationale et les rentrées de devises de ladiaspora, évaluées à plus de 60 % du PIB en 2007[46].
Crise alimentaire de 2011 dans la Corne de l'Afrique.
La monnaie (devise) nationale, le shilling somalien, n'a plus de valeur depuis 1991. Le dollar américain est plus utilisé pour les transactions, surtout les plus importantes. Le riyal saoudien est aussi accepté, quand les cours sont connus. Le birr éthiopien est accepté dans les zones frontalières avec l'Éthiopie. Le shilling du Kenya est aussi une devise acceptée qui devient de plus en plus importante dans le commerce. Au Somaliland, il est courant de voir des transactions se faire enlivre sterling. Dans toute la Somalie, l'usage de l'euro est marginal.
Le réseau routier, très important pour le développement de l'économie, est dans un état catastrophique. Les routes, ou ce qu'il en reste, sont dangereuses et truffées de nids de poules ou de trous. Il est aussi dangereux de s'aventurer sur les routes de Somalie où sévissent des bandits encadrés par des chefs de guerre. Désormais, pour les déplacements de véhicules, les routes laissent place à de grandes pistes de terre. Au Somaliland, le réseau routier est mieux entretenu et plus dense, mais avec le manque de devises, il est difficilement entretenu. Les routes dans cette région sont également dangereuses, car certaines zones sont encore truffées de mines, vestiges de laguerre de sécession entre le Somaliland et la Somalie. Le déminage des zones concernées a été confié à uneONG anglaise. Il y a des échanges économiques entre le Somaliland et l'Éthiopie, et des camions partent en grands nombres d'Hargeisa vers l'Éthiopie, dont certains pour le commerce dukhat.
Les villes de Somalie, hormis quelques rues de Mogadiscio, n'ont pas d'électricité. La compagnie nationale d'électricité de Somalie a cessé en 1990, année où les employés de la compagnie se sont retrouvés au chômage, à la suite de la guerre civile. Les salaires n'étaient plus versés depuis plusieurs mois. Cependant, au Somaliland, un réseau restreint existe et alimente surtout Hargeisa et Berbera. L'essentiel du réseau internet de Somalie existe presque exclusivement au Somaliland. À Mogadiscio, l'électricité est disponible pour seulement quelques rares familles, souvent liées aux chefs de guerre, ou à celles du nouveau gouvernement somalien, aidé par l'ONU et la communauté internationale. Le soir, vue de laStation spatiale internationale, la Somalie apparaît quasiment complètement en noir, presque comme laCorée du Nord.
Les activités de pêches ont été en partie détruites par l'exploitation intensive des eaux territoriales, non contrôlées par le gouvernement, par les chalutiers du monde entier, français notamment, tandis que des réseaux de la'Ndrangheta calabraise y déversaient les déchets industriels européens[11].
Le pays compte environ 13 millions d'habitants en 2024 (données CIA)[2]. Les estimations sont difficiles en raison du nombre important de nomades et de réfugiés qui tentent de fuir lafamine et les guerres interclaniques. En 2023, la population estimée par laBanque mondiale est de18 millions[47]. Quasiment tous les Somaliens sontmusulmans.
En 1950, l'ONU confie l'ex-Somalie italienne à un mandat de l'Italie, jusqu'en 1960. Les Italiens ouvrent l'université de Mogadiscio avec l'objectif de former une élite pour gérer et administrer le pays. Après la création de la Somalie en 1960, des fonctionnaires originaires du Somaliland partent dans le sud. En 1971 et 1972, pour aider à l'unification du pays, lesomali devient la langue officielle, alors que l'anglais continue à être utilisé au nord et l'arabe, l'anglais et l'italien au sud. L'italien n'est plus enseigné depuis 1988. L'accent est mis sur l'anglais et l'arabe.
Letaux de scolarisation réel[48] pour la période 2008-2012 en primaire est de 65 %, mais en raison d'une déperdition importante, seuls 15 % des enfants suivent des études dans le cycle secondaire[49]. Le taux d'analphabétisme reste très élevé : il est de 61 % pour les adultes, de 47 % pour les jeunes hommes entre 15 et 24 ans et de 63 % pour les jeunes femmes de la même tranche d'âge[réf. nécessaire][49].
La Somalie est régulièrement exposée à des épisodes de sécheresse qui provoquent des famines : en 2011, 250 000 personnes y avaient laissé la vie. Ces épisodes sont de plus en plus fréquents, vraisemblablement à cause duchangement climatique. Deux millions de personnes, dont une forte proportion d'enfants, sont proches de la famine en 2019, et trois millions d'autres n'ont qu'un accès très aléatoire à la nourriture[50].
L'aide internationale est précaire et très insuffisante. Les donateurs étrangers n'honorent pas toujours leurs promesses : seulement 35 % de l'aide promise pour l'année 2019 a été versée. Ce ne sont pas tant les pays voisins qui font défaut mais surtout les pays occidentaux, principalement les États-Unis. L'ONU estime que lors du premier semestre 2019, le nombre de personnes secourues a diminué de moitié par rapport à l'année précédente. Et 80 % des enfants malnutris n'ont accès à aucun traitement médical[50].
Près de 60 % des habitants du pays souffrent de la faim en 2021 selon laFAO[51].
En novembre 2021, le gouvernement somalien a déclaré la sécheresse actuelle dans le pays comme une urgence humanitaire. Les pénuries d'eau sont en grande augmentation dans le pays ; le phénomène est directement en lien avec les changements climatiques[52].
Pour le personnel médical de Mogadiscio, la capitale de la Somalie, pays où la menace et l'intimidation font partie du quotidien, les médecins travaillent dans les conditions les plus difficiles. Les civils et les déplacés internes souffrent d'une diminution de l'accès aux soins médicaux en raison de l'escalade de la violence. Les travailleurs médicaux terrifiés doivent souvent fuir la ville pour leur propre sécurité. Au moins 37 hôpitaux et cliniques ont fermé entre 2007 et 2008 en raison des affrontements[53].
Dans les zones surtout rurales, les Somaliens consultent surtout des « guérisseurs », qui utilisent souvent de la médecine dite « traditionnelle », ce qui se voit aussi dans d'autres états Africains. Souvent, ce sont des charlatans, sans formation médicale. Ils sont très présents depuis la chute de l'État somalien, en 1991[réf. nécessaire].
Officiellement, il n'y a plus de service postal, c'est-à-dire plus de courrier international ni national, en Somalie depuis la fermeture des bureaux de poste en. Plusieurs provinces n'avaient plus de courrier depuis 1987. Les timbres de l'ONU du bureau de New York sont utilisés, sans surcharge, par les soldats de l'ONU, les militaires éthiopiens, les ONG, et quelques rares élus et officiels somaliens (dont les membres du gouvernement somalien), et ce courrier transite par le Kenya.
L'Union postale universelle (UPU) ne reconnaît pas les timbres somaliens émis après 1990. Cependant, le marché philatélique mondial connaît de nombreuses émissions de timbres de Somalie depuis 1991. Ces timbres n'ont pas cours en Somalie, sont introuvables sur place et les oblitérations sont fantaisistes. Les catalogues de cotations (Yvert et Tellier, Michel, Scott…) ne leur reconnaissent aucune valeur et on ignore à qui vont les recettes de la vente de ces timbres. En revanche, les timbres émis avant 1991 sont rares, difficiles à trouver et recherchés par les philatélistes, en particulier ceux avec une légende en arabe, somali et italien.
Le gouvernement somalien annoncera en temps venu quand reprendront les émissions de timbres en Somalie, et en même temps qu'il ne reconnaît pas les timbres émis depuis 1990, il ne reconnait pas non plus les oblitérations des timbres, qui sont illégales et où apparaît toujours le même lieu : Mogadiscio.
L'émission officielle de timbres pourrait peut-être reprendre, quand un gouvernement élu aura autorité sur tout le territoire somalien. Il faudra former de nouveaux postiers, rénover les bureaux de poste détruits, en construire d'autres et trouver des fonds pour payer leur personnel et, surtout, réintroduire une monnaie stable.
Officiellement, depuis début 2017, l'État somalien a porté plainte auprès de l'UPU (Union Postale Universelle) pour utilisations de tampons frauduleux, violant la souveraineté et les institutions de l'État somalien, et pour émissions de timbres frauduleux, alors que l'État somalien ne sort plus de timbres depuis 1990, dont il ignore où vont les recettes des ventes de tels timbres, alors que l'État somalien tente de remettre en place difficilement un système pour les PTT, avec ouvertures prochaines de bureaux de poste. L'État somalien craint que l'argent récolté de la vente des timbres frauduleux ne soit à destinations d'organisations terroristes, comme lesShebabs, ou autres mouvements islamistes radicaux.
Au Somaliland, la poste fonctionne et des timbres sont émis, avec le somali écrit en lettres latines, et parfois libellés en anglais, mais ils ne sont pas reconnus par l'UPU, car cet État n'est pas reconnu par l'ONU. Cela reste un service local limité à quelques bureaux, et il n'y a pas d'envoi à l'étranger.[réf. nécessaire]
↑Krishna Gagné,Une analyse de la sanction économique en droit international (mémoire de maîtrise en droit), Montréal, Université de Montréal,, 142 p.(lire en ligne).
↑Bibliorom Larousse 2.0, 1998, s.v. Somalie. Le Président Aden Osman avait été élu en 1960.
↑Les factions empêchaient notamment les bateaux contenant de l'aide humanitaire d'accoster, ont brûlé les aéroports et les ports de mer, ont extorqué les fonds prévus pour l'aide humanitaire, etc. Les entrepôts de nourriture étaient remplis, or, seulement une fraction de l'aide humanitaire arrivait aux personnes dans le besoin. Pendant ce temps, on estime que 3 000 personnes par jour mouraient de la famine.http://www.un.org/Depts/dpko/dpko/co_mission/unosom1backgr2.html.
↑Lettre datée du 3 juillet 2002, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 751 (1992) concernant la Somalie, S/2002/722 para. 20 [S/2002/722].