Pour un article plus général, voirAbolition de l'esclavage au Royaume-Uni.

LeSlavery Abolition Act 1833(citation 3 & 4 Will. IV c. 73) est uneloi duParlement du Royaume-Uni quiabolit en1833 l'esclavage dans la plus grande partie de l'Empire britannique, à l'exception des « territoires appartenant à laCompagnie anglaise des Indes orientales » et des « îles deCeylon etSaint Helena »[1].
En 1833, le flot des pétitions déposées auParlement britannique réclamant l'abolition de l'esclavage devint particulièrement spectaculaire : le gouvernement en reçut cette année-là plus de 5 000 réunissant au total plus d'un million et demi de signatures[2]. Un consensus se dégagea dès lors pour proclamer l'abolition légale de l'esclavage dans les colonies britanniques. L'Abolition bill, voté par le Parlement britannique le[3] fut confirmé le par le roiGuillaume IV[4].
Afin de ne pas provoquer dans les colonies deplantation un choc économique trop brutal - et accessoirement atténuer la sensibilité desMembers of Parliament aux arguments antiabolitionnistes des planteurs -, le texte prévoyait une abolition graduelle. Certes, les esclaves disposaient désormais de laliberté juridique en vertu du nouveau texte. Néanmoins, celui-ci ne devait s'appliquer qu'au, soit près d'un an après son vote, « ce qui laissait le temps aux assemblées locales de planteurs d'envisager les modalités de son entrée en vigueur et allongeait d'autant le délai laissé aux planteurs pour se préparer à la rémunération du travail »[5] comme l'attente de la libération juridique effective des 770 400 esclaves recensés dans les colonies de la Couronne[6]. Surtout, une période dite d'apprentissage (apprenticeship) était imposée aux esclaves de plus de six ans et de moins de soixante ans[7]. Pendant cette période, d'une durée de quatre ans pour lesdomestiques et de six ans pour les esclaves agricoles, les anciens esclaves devaient fournir à leur ancien maître un travail non rémunéré de quarante heures et demie par semaine, à charge pour ce dernier de leur assurer logement, nourriture, habillement et soins médicaux[8]. Dans le cas de la vente d'une exploitation, les apprentis qui y travaillaient précédemment y restaient attachés[8].
La loi comportait aussi une clause d'indemnisation des propriétaires : ces derniers perçurent vingt millions delivres sterling, « somme énorme équivalant à peu près à la moitié dubudget annuel de la nation »[3], débloquée pour l'essentiel sous forme d'emprunt à laBanque Rothschild[8], et dont lecontribuable britannique finit de rembourser les mensualités en 2015[9].
La difficulté à s'affranchir des rapports sociaux anciens dans des sociétés coloniales où les anciens esclaves représentaient parfois 85 % de la population totale, tout comme la complexité de mise en œuvre de la législation sur l'apprentissage et les fortes tensions sociales (émeutes,marronnage) poussèrent lebureau des Colonies à avancer le terme de ce système transitoire[10]. Le, l’émancipation des deux catégories d'esclaves, urbains et agricoles, fut proclamée, deux ans avant l'échéance prévue par le texte de 1833 pour les esclaves des plantations.
On chercha cependant à orienter cettemain-d'œuvre désormaissalariée vers lesgrandes cultures commerciales d'exportation plutôt que versl'exploitation de leur propre lopin de terre, en limitant pour ces catégories de population la surface qu'il était possible de louer ou d'acheter[10]. À ces motivations économiques, cette législation ajoutait des préoccupations politiques : la qualité de propriétaire terrien impliquait en effet celle d'électeur et pouvait même, à partir d'un certain seuil, entraîner l'éligibilité aux assemblées locales. On chercha dans ce cadre à limiter au maximum l'accès éventuel d'anciens esclaves aux responsabilités politiques[10].