En 1808, leRoyaume-Uni commence àcoloniser le territoire. Le pays accède à l'indépendance en tant queroyaume du Commonwealth en 1961 comme ledominion de Sierra Leone. En 1971, le premier ministreSiaka Stevens devient président en transformant le pays en république présidentielle avant de déclarer leCongrès de tout le peuple (APC) parti unique en 1978. En 1985,Joseph Saidu Momoh lui succède et introduit lemultipartisme en 1991. Uneguerre civile brutale éclate cette année-là, entre le gouvernement et les rebelles duFront révolutionnaire uni (RUF). Au cours de la guerre (1991-2002), le pays a connu trois coups d'État et deux périodes de régime militaire. La guerre se termine en 2002 après une intervention militaire britannique menant à la défaite définitive du RUF. Depuis, le pays demeure relativement stable, gouverné par un régime civil depuis 1998. Les deux partis politiques principaux sont l'APC et leParti du peuple de Sierra Leone (SLPP).
La Sierra Leone fait partie de laCEDEAO. Ce pays est l'un des plus pauvres de la planète. Avec unindice de développement humain (IDH) de 0,458 en 2022, il est le 184e pays sur 193 au niveau mondial.
L'anglais est la langue officielle et lekrio, un créole basé sur l'anglais, sert commelangue véhiculaire entre les différents groupes ethniques du pays. Les deux principales religions pratiquées sont l'islam (78 %) et le christianisme (21 %).
L'historien nommé Massing Andreas a apporté une nouvelle lecture des sources portugaises montrant une implantation provinciale de l'Empire du Mali dans l'actuelle Sierra Leone[9]. Les peuples de cette côte furent répartis en quatre royaumes, eux mêmes subdivisés en chefferies ou principautés : le royaume de Bulom (des îles de Los au cap Tagrin), le royaume de Loko (autour de Port-Loko), le royaume de Bouré (du chenal de Sierra Leone à l’île Sherbro) et le royaume de Sherbro.
Freetown, sanctuaire des Noirs affranchis d'Amérique
Plusieurs dizaines de milliers d'esclaves noirs ont été affranchis par les Anglais en Caroline du Sud, mais aussi en Géorgie ou encore dans le Maryland, pendant laguerre d'indépendance américaine, en échange de leur affranchissement collectif, notamment dans le sillage de laDunmore's Proclamation (1775) et laPhilipsburg Proclamation (1779), au tout début de ce conflit, à l'issue duquel cesloyalistes noirs seront évacués auCanada, resté une des possessions anglaises importantes puis participeront à la création de la Sierra Leone.
Les Britanniques qui fondentFreetown en 1787 y installent des esclaves affranchis.
En,Siaka Stevens, chef du partiCongrès de tout le peuple (APC), remporte les élections, mais son accession au pouvoir en tant que Premier ministre est retardée jusqu'en par une série de coups d'État militaires.
Le,Siaka Stevens instaure un régime présidentiel puis déclare l'APCparti unique en 1978. Il commence alors à tenter d'assainir la vie politique, en luttant contre la corruption par exemple. Mais il abandonne vite cette voie pour exploiter les mines dediamants au nord du pays.
Siaka Stevens laisse sa place au commandant en chef des armées,Joseph Saidu Momoh, en, et il est officiellement élu président en.
En novembre 1987, Joseph Saidu Momoh décrète « l'état d'urgence économique ». Des mesures draconiennes d'austérité sont prises. Mais l'exploitation des mines de diamants continue toujours de rapporter beaucoup d'argent aux principaux chefs du régime.
En dépit de la transition démocratique engagée en 1991 par Saidu Momoh, il est renversé par uncoup d'État du jeune capitaineValentine Strasser. Celui-ci doit faire face à une rébellion ; il est déposé à son tour par le brigadierJulius Maada Bio.
La guerre civile de Sierra Leone se déroula de au. Cette guerre avait pour principal but le contrôle des zonesdiamantifères.
Elle causa la mort de 100 000 à 200 000 personnes, et le déplacement de plus de deux millions (ce qui représente le tiers de la population de l'époque). En outre, de nombreuses mutilations eurent lieu, ainsi que l'emploi massif d'enfants soldats.
Leconglomérat sud-africainDe Beers y eut un rôle très controversé, puisqu'il fut le premier acheteur de ces diamants, vendus clandestinement auLiberia voisin. L'Afrique du Sud garde aussi une autre influence, celle du déploiement de ses forces armées privées sur le territoire sierraléonais, afin de sécuriser les régions diamantifères.
Le, le président sortantAhmad Tejan Kabbah est réélu avec 70,6 % des voix.
Depuis 2002, le pays est en paix. Les différentes mesures prises par l'ONU sont progressivement réduites, voire supprimées, comme la levée de l'embargo sur l'exportation desdiamants de conflits. Une diminution des effectifs des forces descasques bleus (Mission des Nations unies en Sierra Leone) est également engagée. Après un pic de 17 500 hommes en, les effectifs sont descendus à 13 000 en et à 5 000 en. La mission s'est achevée en 2005. Au total, selon un dossier de la Documentation française, près de 48 000 combattants de différentes factions ont été démobilisés[10].
Cependant, pour des raisons économiques, de nombreux enfants travaillent toujours dans les mines de diamants, qui sont très dangereuses. La propagation dusida est très importante ; 16 000 enfants de moins de15 ans sont séropositifs[Quand ?].
La Sierra Leone est unerépubliquemultipartite à régime présidentiel, où le président est à la fois chef de l’État et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et laChambre des représentants. Le pouvoir judiciaire est indépendant de l’exécutif et du législatif. Le président actuel estJulius Maada Bio qui succéda à Ernest Koroma en avec 51,81% des voix, contre 48,19% pourSamura Kamara, candidat du parti du Président sortant (Congrès de tout le peuple)[13]. Ernest Koroma s'est mis à l'écart de la course à la présidentielle conformément à la constitution de la Sierra Leone après avoir passé10 ans au pouvoir. Élu en, il a été réélu en 2012[14].
Une grande partie de la côte sont des marécages depalétuviers, à l'exception de lapéninsule où se trouve la capitaleFreetown. Le reste du pays est principalement un plateau couvert deforêts, se trouvant à environ300 mètres au-dessus du niveau de la mer. Des montagnes se situent à l'est,Loma Mansa, la plus élevée, culminant à 1 948 mètres.
Le climat est de typetropical, la saison des pluies s'étant de mai à décembre puis s'ensuit la saison sèche de décembre à avril.
La langue officielle est l'anglais mais il n'est parlé que par 15 % de la population. Lekrio, uncréole de base anglaise, parlé par 90 % de la population (mais seulement 11 % en tant que langue maternelle), sert delangue véhiculaire entre les différentes ethnies du pays. L'inter-compréhension est assez difficile entre un locuteur duKrio et de l'Anglais, et cette situation ressemble par exemple à l'inter-compréhension entre un locuteur ducréole haïtien et dufrançais, dont la situation est similaire.
Les principales religions en Sierra Leone sont l'islam (78 %) et lechristianisme (21 %). Autrefois très important, l'animisme, qui concernait encore 30 % de la population en 1980, est en diminution.[réf. nécessaire]
L'enseignement en Sierra Leone est légalement requis pour tous les enfants, durant six ans au niveau primaire (classes P1-P6) et trois ans dans l'enseignement secondaire inférieur, mais la pénurie d'écoles et d'enseignants a rendu l'application de cette règle impossible. Les deux tiers de la population adulte du pays sont analphabètes.
La guerre civile de Sierra Leone a entraîné la destruction de 1 270 écoles primaires et, en 2001, 67 % de tous les enfants d'âge scolaire n'étaient plus scolarisés. La situation s'est considérablement améliorée depuis, avec le doublement des inscriptions dans les écoles primaires entre 2001 et 2005, et la reconstruction de nombreuses écoles depuis la fin de la guerre. Les élèves des écoles primaires ont généralement entre 6 et 12 ans, et dans les écoles secondaires de 13 et 18 ans.
Siege de la Cour suprême à Freetown
Le pays compte trois universités : l'Université de Fourah Bay, fondée en 1827 (la plus ancienne université d'Afrique de l'Ouest), l'université de Makeni (ou UNIMAK, établie initialement en septembre 2005 sous le nom de Fatima Institute), et l'université de Njala[20], principalement situé dans le district de Bo. L'université de Njala a été établie en 1910 comme Station expérimentale agricole de Njala, elle est devenue une université en 2005. Les écoles de formation des enseignants et les séminaires religieux se trouvent dans de nombreuses régions du pays. Israël accorde des bourses d'études aux étudiants de Sierra Leone, dans le cadre de son programme de coopération internationale au développement.
L'espérance de vie globale est la plus basse au monde en 2015, celle des femmes étant estimée en 2015 à48 ans, et celle des hommes à47 ans[21] selon l'OMS. En 2024, l'espérance de vie à la naissance est estimée à 59,4 ans (57,8 ans pour les hommes et 61 ans pour les femmes)[22]. L'espérance de vie en bonne santé féminine était de30 ans en 2003, et celle masculine de27 ans[23]. Les dépenses publiques pour la santé étaient de 41 000 000 $ en 2006[23].
Dans les années 1990, l'activité économique déclinait et les infrastructures économiques s'étaient gravement détériorées. Au cours de la décennie suivante, une grande partie de l'économie formelle fut détruite par la guerre civile qui sévissait dans le pays. Depuis la fin des hostilités en janvier 2002, d'importantes aides extérieures ont permis à la Sierra Leone de commencer à se redresser. Une grande partie de cette reprise dépendra du succès des efforts du gouvernement pour limiter la corruption des fonctionnaires, considérée par beaucoup comme la principale cause de la guerre civile. Un indicateur clé de réussite sera l'efficacité de la gestion gouvernementale du secteur du diamant.
Le taux de chômage est élevé, en particulier parmi les jeunes et les anciens combattants. Les autorités tardent à mettre en œuvre les réformes de la fonction publique, et le programme de privatisation ralentit également, ce qui a conduit les bailleurs de fonds à en recommander l’accélération. Selon l'enquête la plus récente de 2019, 59,2 % de la population continue d'être affectée par la pauvreté multidimensionnelle et 21,3 % de la population y sont vulnérables.
La monnaie est le Leone. La banque centrale est la Banque de Sierra Leone. Le pays applique un système de taux de change flottant, et les devises étrangères peuvent être échangées dans les banques commerciales, les bureaux de change agréés et la plupart des hôtels. L'utilisation des cartes de crédit est limitée en Sierra Leone, bien qu'elles puissent être acceptées dans certains hôtels et restaurants. Il existe quelques distributeurs automatiques de billets reliés à l’international qui acceptent les cartes Visa à Freetown, exploités par ProCredit Bank.
La Sierra Leone possède un patrimoine culturel varié et diversifié. En 1963, la Troupe nationale de danse a été créée par John Akar pour mettre en valeur le patrimoine culturel national de la Sierra Leone[28].