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Siège de Léningrad

59° 55′ 49″ nord, 30° 19′ 09″ est
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Siège de Léningrad
Description de cette image, également commentée ci-après
Batteries de défense aérienne tirant à proximité de lacathédrale Saint-Isaac, siège de Léningrad, 1941.
Informations générales
Date
(2 ans, 4 mois et 19 jours)
LieuLéningrad,URSS
IssueVictoire soviétique
Belligérants
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Drapeau de la FinlandeFinlande[1]
Division Bleue[2]
Drapeau de l'URSSUnion soviétique
Commandants
Drapeau de l'AllemagneWilhelm Ritter von Leeb
Drapeau de l'AllemagneGeorg-Hans Reinhardt
Drapeau de l'AllemagneGeorg von Küchler
Drapeau de l'AllemagneErnst Busch
Drapeau de la FinlandeCarl Gustaf Emil Mannerheim
Agustín Muñoz Grandes
Drapeau de l'URSSKliment Vorochilov
Drapeau de l'URSSGueorgui Joukov
Drapeau de l'URSSIvan Fediouninski
Drapeau de l'URSSMikhaïl Khozine
Drapeau de l'URSSVladimir Tribouts
Drapeau de l'URSSLeonid Govorov
Forces en présence
750 000930 000
Pertes
200 000Militaires :
350 000 morts,
111 000 disparus
Civiles :
16 470 civils tués par les bombardements
env. 1 000 000 morts de faim

Seconde Guerre mondiale

Batailles

OpérationBarbarossa

Phase 1

Phase 2

Phase 3

Phase 4


Front de l’Est
Prémices :

Guerre germano-soviétique :

  • 1941 : l'invasion de l'URSS

Front nord :

Front central :

Front sud :

  • 1941-1942 : la contre-offensive soviétique

Front nord :

Front central :

Front sud :

Front nord :

Front central :

Front sud :

  • 1943-1944 : libération de l'Ukraine et de la Biélorussie

Front central :

Front sud :

  • 1944-1945 : campagnes d'Europe centrale et d'Allemagne

Allemagne :

Front nord et Finlande :

Europe orientale :


Front d’Europe de l’Ouest


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Bataille de l’Atlantique


Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise


Théâtre américain

Données clés
Coordonnées59° 55′ 49″ nord, 30° 19′ 09″ est
Géolocalisation sur la carte :Russie européenne
(Voir situation sur carte : Russie européenne)
Siège de Léningrad
Siège de Léningrad
Géolocalisation sur la carte :oblast de Léningrad
(Voir situation sur carte : oblast de Léningrad)
Siège de Léningrad
Siège de Léningrad

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Lesiège de Leningrad est lesiège de près de 900 jours imposé à la ville deLeningrad par laWehrmacht au cours de laSeconde Guerre mondiale.

Commencé le, le siège fut levé le par lesSoviétiques, qui repoussèrent lesAllemands malgré des pertes humaines colossales (1 800 000 victimes, dont près d'un million de civils).

Avec 872 jours, ce siège est le plus long de l'histoire moderne jusqu'àcelui de Sarajevo au début desannées 1990 (1 425 jours).

Le, afin de rendre hommage à ceux qui par leur action militaire ou civile ont contribué à repousser les troupes allemandes, le gouvernement soviétique a instauré lamédaille pour la Défense de Leningrad.

Pour un article plus général, voirOpérationBarbarossa, offensive allemande vers l'Union soviétique.

Barbarossa et l'invasion des pays baltes

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L'opérationBarbarossa, le nom de code du plan d'invasion de l'Union soviétique par leIIIe Reich, commence le, àh 15 du matin. Les forces allemandes sont organisées en trois groupes d'armées principaux, attaquant frontalement :

Plus au nord, des troupes germano-finlandaises lancent des offensives en direction deMourmansk, important port soviétique en Arctique par où transitent des marchandises anglo-américaines fournies grâce auprêt-bail initié parRoosevelt le 11 mars 1941, permettant de soutenir les pays alliés en leur fournissant des armes, de la nourriture, des véhicules, etc. Un autre objectif des Germano-finnois dans la région est la prise de la ligne de voie ferrée deKirov, reliantMourmansk au reste du pays. Les Finnois hésitent cependant à pousser la collaboration avecl'Allemagne au delà des territoires perdus pendant laguerre d'Hiver enCarélie méridionale etorientale, de peur de rompre les liens diplomatiques avec les Anglo-américains, qui ont clairement fait comprendre qu'ils ne tolèreraient pas des attaques contre des convois transportant du matériel occidental à destination de l'Union soviétique, au risque pour la Finlande de ne plus pouvoir importer des produits vitaux comme le blé ou les locomotives nécessaires à son réseau ferroviaire hors d'âge. Ainsi, laFinlande sera toujours réticente à s'engager dans des actions conjointes avec leTroisième Reich pour prendre Léningrad[3],[4].

L'offensive allemande est un succès pendant les premières semaines[3]. Les troupes allemandes dugroupe d'armées Nord, sous la direction du maréchalWilhelm von Leeb, avancent rapidement et percent à travers lespays baltes, alorsoccupés par les troupes soviétiques. Les Soviétiques commencent la construction d'une ligne de défense entre les pays baltes et Leningrad, laligne de la Louga (ru). Le,Riga tombe ainsi aux mains des troupes allemandes.

Celles-ci franchissent un peu plus difficilement laligne Staline encore en cours d'édification, à Ostrov au sud-est dulac Peïpous[5],[6].

Le, les troupes allemandes atteignent le fleuveLouga au sud deLeningrad et menacent la ville. Le, lemaréchal Vorochilov, nommé depuis le commandant en chef dufront du Nord-Ouest, déclenche une contre-offensive devant Leningrad entre lelac Ilmen etSoltsy pour gagner du temps et permettre la fortification de Leningrad, pour laquelle la totalité de la population est mobilisée.

Le, les troupes finlandaises (opposées à l'Union soviétique)occupent Sortavala, à l'extrême nord dulac Ladoga. Elles se préparent ainsi à faire leur jonction avec les forces du groupe d'armées Nord de von Leeb pour participer à l'encerclement de la ville de Leningrad.

Article détaillé :Ordre de bataille du Heeresgruppe Nord au 27 juillet 1941.

Le, la16e armée allemande atteint lelac Ilmen.

Article détaillé :Bataille de Tallinn.

Les pays baltes sont désormais entièrement sous le joug nazi à l'exception deTallinn (dans le nord de l'Estonie), devenue la base principale de la flotte soviétique sur la Baltique, que les Allemands ont isolée des restes des troupes soviétiques. Toutefois, ces forces allemandes doivent réduire cette poche avant de continuer à marcher sur Léningrad. Des civils exécutent des travaux de fortification, de terrassement et de minage dans le secteur de Tallinn. Les Soviétiques disposent du12e corps d'armée, des16e (en) et22e divisions de fusiliers, de la10e division motorisée (en)[réf. nécessaire], de 14 bataillons de fusiliers marins et de la milice des chantiers navals pour défendre la ville. Le, les61e,217e et254e. Infanterie-Divisionen arrivent devant Tallinn. Du au, les combats font rage. Malgré la défense acharnée des Soviétiques, l'avance ennemie est régulière. Le, lesfaubourgs de lacapitale estonienne sont atteints.

Article détaillé :Évacuation soviétique de Tallinn.

Le dans la soirée, les Soviétiques commencent l'évacuation par mer des défenseurs de la ville, en direction de Léningrad, avec deux grands convois maritimes. Le premier comprend le croiseurKirov, 18destroyers, 6torpilleurs, 28dragueurs de mines, 6sous-marins, 1pétrolier et 25cargos et le second comprend 6 dragueurs de mines, 12escorteurs et 60 autres navires. Le, l'armada qui fait mouvement à travers legolfe de Finlande est attaquée sans relâche par les chasseurs-bombardiersJu-88 allemands qui coulent 5 navires, avant de passer le cap Juminda (à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Tallinn). Les eaux de ce cap ayant été minées, plusieurs navires sautent et le convoi est ensuite attaqué par l'artillerie côtière finlandaise, des flottilles de torpilleurs allemands et finlandais et des Ju-88. Dans cette tentative pour forcer le passage, lamarine soviétique perd 33 navires et 5 autres navires sont endommagés.

Dans la soirée,Tallinn, vidée de ses défenseurs, tombe aux mains du généralWalter Kuntze qui capture seulement 11 432 Soviétiques. Le, les convois, de nouveau attaqués, atteignentKronstadt. L'évacuation soviétique de Tallinn réussit à sauver 165 navires, 28 000 passagers et 66 000 tonnes de matériel qui seront utilisées lors du siège de Léningrad.

Après avoir brièvement existé comme État entre 1918 et 1939, l'Estonie a été une des victimes du pacte de non-agression signé entre l'Union soviétique et l'Allemagne nazie, passant successivement en entre les mains des Soviétiques et à l'été 1941 entre celles de l'Allemagne nazie[7].

Marche sur Léningrad

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L'avance des troupes allemandes duHeeresgruppe Nord.
En corail l'avance au.
En rose l'avance au.
En vert l'avance au.

Le, sous une pluie battante, les troupes allemandes se lancent à l'attaque de laligne de la Louga (ru). Si la1re Panzerdivision parvient à percer les défenses soviétiques, ses voisines, les6e Panzerdivision et36e Infanterie-Division (mot.), ne progressent que de 3 à 5 km avec de grandes difficultés avant d'être obligées de s'immobiliser, tandis que la1. ID reste littéralement clouée sur place par la défense soviétique. Les pertes allemandes sont considérables[8]. Le la1re Panzerdivision poursuit son avance et oblique pour prendre de flanc les troupes soviétiques qui bloquent la6e Panzerdivision. Sous les coups de boutoir des Panzerdivisionen, les troupes du généralMarkian Popov commencent à lâcher prise et le, après deux jours de lutte acharnée, les chars allemands réussissent à percer la défense de la ligne de la Louga à certains endroits, puis se dirigent surKingisepp.

Le, après avoir contourné lelac Ilmen, les Soviétiques lancent une attaque dans la région deStaraïa Roussa, une région sauvage totalement dépourvue de routes ou de villages. La34e armée[9], composée des257e (ru),259e (ru) et262e divisions de fusiliers (en), attaque sur le flanc droit de la16e armée allemande ; c'est labataille de Staraïa Roussa (1941) (ru). Les forces soviétiques enfoncent les défenses des30e,126e, et290e divisions d'infanterie allemandes et pénètrent de 40 km dans la défense allemande. Le maréchal von Leeb, inquiet de la tournure que prend cette attaque soviétique, ordonne le au56e corps d'armée d'abandonner son offensive et de se diriger contre les troupes soviétiques. Le, la3. ID et laSS Totenkopf font alors mouvement versStaraïa Roussa.

Le, la21e division d'infanterie allemande, renforcée du424e régiment d'infanterie, arrive en vue deNovgorod et prend la ville dans la soirée. Les Soviétiques, afin d'éviter la destruction de la ville, ont établi leurs défenses au nord de celle-ci, sur les rives de laVolkhov. Le, les Allemands établissent une tête de pont sur la Volkhov, puis poussent vers Léningrad. Le, après avoir parcouru 250 km depuis leur point de départ, les troupes du56e corps d'armée arrivent dans la zone des combats deStaraïa Roussa et contre-attaquent. Dans la zone deNovgorod, la11e division d'infanterie allemande conforte la tête de pont. Le, les chars d'avant-garde de la8e Panzerdivision sont àKrasnogvardeisk, située à 45 km au sud de Léningrad, où ils se heurtent à la1re division blindée soviétique (en)[réf. nécessaire]. Le combat est rude et l'avance allemande est stoppée. Le, laligne de la Louga (ru) résiste toujours malgré les coups de boutoir de la1re Panzerdivision.

Le, contournant vers l'est les défenses soviétiques, la8e Panzerdivision s'empare deTchoudovo, coupant ainsi laprincipale route et voie ferrée reliant Léningrad àMoscou. Le, le 50. Armee Korps, composé de la21e division d'infanterie et de laSS Polizei Division, se lance de nouveau à l'attaque de la ligne fortifiée avec comme objectif la prise ou la destruction de 115 bunkers puis la prise deLouga. Chaque bunker doit être pris ; les Soviétiques se font tuer sur place et lancent une contre-attaque de chars. De part et d'autre, les pertes sont énormes. Il faudra trois jours de réorganisation à la SS Polizei Division avant qu'elle reprenne le combat. Le, Louga est prise par la division SS et les Soviétiques se replient vers le nord.

Pendant trois semaines, les troupes soviétiques ont réussi à arrêter la progression allemande sur Léningrad en s'appuyant sur la ligne de la Louga, permettant à l'Armée rouge de créer une défense plus solide à l'approche de la ville. Sous une pluie battante, le maréchalvon Leeb lance alors la96e division d'infanterie pour leur couper la retraite. Le, au sud dulac Ilmen, les11e et34e armées soviétiques sont repoussées sur la rivièreLovat. Le, la96e division d'infanterie termine son mouvement enveloppant et piège trois divisions soviétiques dans lapoche de Louga. Cette poche tiendra jusqu'au et 20 000 Soviétiques y sont faits prisonniers. À partir du, les troupes allemandes se mettent en ordre de marche pour investir Léningrad. Quelques divisions ont déjà tenté de percer, sans succès, les premières ceintures défensives de la ville. L'encerclement est donc fait à distance, de 50 à 100 km de la ville dans un mouvement enveloppant en direction dulac Ladoga[5].

Front finlandais

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La limite maximale de l'avance de l'armée finlandaise enCarélie lors de laguerre de Continuation. La ligne grise marque la frontière avant laguerre d'Hiver.

Le, les forces germano-finlandaises lancent des attaques dans l'isthme de Carélie et plus au nord versPetsamo.

Le, l'armée finlandaise passe à l'offensive dans l'isthme de Carélie entre leslacs Ladoga etOnega afin d'isoler Léningrad au nord et au nord-est et se heurte à la23e armée du généralMikhaïl Nikanorovitch Guerassimov. Les combats sont violents et les Soviétiques défendent pied à pied leurs positions. L'avance des troupes finlandaises est lente, mais elles parviennent à isoler plusieurs divisions soviétiques dans les secteurs deSortavala etPriozersk. Acculées aulac Ladoga, celles-ci continuent tout de même de se battre. Pendant cette résistance, les Soviétiques en profitent pour consolider le secteur de Carélie sur l'ancienne frontière séparant l'URSS et la Finlande avant laguerre d'hiver.

Le, lorsque cette ligne défensive est terminée, les débris des troupes soviétiques de la23e armée se replient, évacués par la flottille du lac Ladoga ou par voie terrestre en engageant des combats retardateurs. Début septembre, les troupes finlandaises arrivent sur la ligne fortifiée de Carélie sur laquelle le front se stabilise jusqu'à l'été 1944. Du point de vue soviétique, la progression finlandaise a été arrêtée grâce à la résistance de l'Armée rouge dans larégion fortifiée de Carélie[10]. Mais il semble que les troupes finlandaises ont reçu l'ordre, en août 1941, de s'arrêter après avoir atteint leurs objectifs, et la frontière d'avant-guerre. Les Finlandais commencèrent à déplacer les troupes vers la Carélie orientale[11].

L'encerclement de Léningrad

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Le, les chars d'avant-garde de la8e Panzerdivision sont àKrasnogvardeisk, située à 45 km au sud de Léningrad, où ils se heurtent à la1re division blindée soviétique. Le combat est rude et l'avance allemande est stoppée[12]. Le, contournant vers l'est les défenses soviétiques, la8e Panzerdivision s'empare deTchoudovo, coupant ainsi laprincipale route et voie ferrée reliant Léningrad à Moscou.

Le, la ville deMga est prise, isolant ainsi totalement Léningrad du reste du pays par voie routière et ferroviaire. Il ne reste qu'une étroite bande terrestre du Nord de Mga àSchlüsselburg et aux rives du lac Ladoga aux mains des Soviétiques.

Au début de septembre, les troupes de l'Armée rouge sont déployées en deux ceintures défensives. Cette force de défense est complétée par des divisions de défense populaire, formées de volontaires civils de la ville même de Léningrad ou de larégion de Léningrad et qui n'ont qu'une valeur de combat très limitée.

Le, les bombes commencent à tomber sur Léningrad.

Le, les Allemands lancent les premières attaques en direction dulac Ladoga avec deuxKampfgruppen dans une zone couverte de forêts et de landes, terrains défavorables aux chars et à l'artillerie. À la fin de la journée, les assaillants ne progressent que de 500 mètres.

Le, lesKampfgruppen continuent l'action et, en fin de journée, une compagnie parvient à ouvrir une brèche dans le dispositif de défense.

Le, au petit matin, la brèche s'élargit et la20. Infanterie-Division (mot.) perce les lignes de défense soviétiques et atteintSchlüsselburg et laNeva, large de 1 000 mètres, à l'exutoire du lacLadoga, face àCheremetevka (ru). Léningrad est dès lors coupée du reste de l'Union soviétique par voie terrestre. Cette petite bande de terre sera désormais l'enjeu de combats et de batailles. LesAllemands disposent d'une mince portion du lac Ladoga, sur lequel les Soviétiques entretiennent une flottille navale importante. Le ravitaillement parviendra désormais aux assiégés par bateaux pendant une partie de l'année et chaque hiver, ils seront ravitaillés par lelac Ladoga gelé, par la « route de la vie », ce qui leur permettra de tenir. Mais près d'un million de civils mourront de faim pendant le siège.

Le, les nazis lancent une attaque plus à l'ouest en direction de Léningrad même afin de s'approcher le plus près possible de la ville. La prise de la ville, dont la défense est organisée parJoukov, se révèle vite impossible. Les Allemands renoncent à un assaut direct et décident de l'investir progressivement.

Article détaillé :Ordre de bataille du Heeresgruppe Nord au 9 septembre 1941.

L'offensive allemande débute àh 30 le  :

La6e Panzerdivision doit détruire 32 bunkers et plusieurs positions antichars avant de pouvoir espérer avancer. LesSS de la Polizei sont stoppés devantKrasnogvardeisk.

Le 41. Armee Korps (mot.) se heurte à la première ligne de défense de Léningrad, notamment sur leshauteurs fortifiées de Duderhof (en). La36. ID (mot) et la1re Panzerdivision passent à l'attaque des hauteurs dont les points culminants sont la cote 143 et la cote 167[13] qui sont truffées de tranchées, de bunkers et de nids de mitrailleuses, le tout protégé par un fossé antichar. Les combats sont rudes et sanglants, les Soviétiques ripostent avec leur artillerie et par des contre-attaques dechars KV1 qui sortent tout neufs desusines Kirov de Léningrad. Toutefois, malgré une défense opiniâtre, dans la soirée, la cote 143 tombe aux mains des Allemands.
La18e armée attaque dans le secteur deKrasnoe Selo.

Le,Duderhof (en) puis la cote 167 tombent, ce qui fait dire par radio au lieutenant Darius, commandant de la6e compagnie du1er Panzerregiment« Je vois Pétersbourg et la mer ! »

Mitrailleurs soviétiques en position défensive à la gare de Detskoe Selo àPouchkine, située à 25 km de Léningrad.

Le, la 18. Armée prendKrasnoe Selo et avance vers la côte. Le209e régiment d'infanterie entre dansUrizk, un faubourg de Léningrad où se trouve le terminus d'untramway et un panneau indiquant :« Léningrad, 10 kilomètres ». Toutefois, les Allemands ne poussent pas en direction de cette ville mais en direction de la mer Baltique, afin d'isoler les défenseurs d'Oranienbaum[14],[15].

Le,Krasnogvardeisk est prise après un mois de combat par la SS Polizei Division et la269e DI.

Le, la1. Infanterie Division, parvient à atteindre la mer Baltique isolantOranienbaum de Léningrad Cettepoche[14],[15] ne sera jamais réduite, les Soviétiques la ravitailleront par mer jusqu'à la fin du siège de Léningrad.

Le,Pouchkine et lepalais des tsars sont pris. Ce même jour des troupes quittent le Heeresgruppe Nord et partent versMoscou, où labataille décisive doit se jouer.

En, les secteurs défensifs de Léningrad sont tenus par quatre armées :

D'autre part, la8e armée dufront Volkhov a la responsabilité de maintenir la voie de ravitaillement en coordination avec la flottille du lac Ladoga.

Le front se stabilise. La chute de Léningrad et de lapoche d'Oranienbaum[14],[15] permettrait aux Allemands de mettre hors de combat une quarantaine de divisions, et de s'emparer d'un centre de fabrication très important d'armement. D'autre part, la prise de Léningrad aurait libéré un grand nombre de troupes allemandes, alors que la18e armée sera contrainte de monter la garde devant la ville jusqu'en 1944. Mais Hitler est peu confiant dans des combats de rue contre les Soviétiques, et décide de ne pas s'obstiner davantage dans une conquête maison par maison[16]. Il pense qu'un blocus alimentaire peut faire tomber la ville. Son objectif est surtout symbolique : raser le «berceau du bolchevisme». Le siège de Léningrad commence[17],[18].

Le siège

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La vie durant le siège

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Au1er janvier 1941, un peu moins de trois millions de personnes vivaient à Leningrad. La ville se caractérisait parun pourcentage plus élevé[pourquoi ?] qued'habitude[Quand ?] de la population handicapée, y compris les enfants et les personnes âgées. La ville se distinguait également pour sa position militaro-stratégique défavorable associée à sa proximité de lafrontière et à son isolement par rapport aux centres d'approvisionnement enmatières premières et encarburant. Dans le même temps, le service médical et sanitaire de la ville de Leningrad était l'un des meilleurs du pays.

Le 17 juillet 1941, lescartes de rationnement alimentaire sont introduites à Leningrad, c’est-à-dire avant le blocus.

Dans la ville, encerclée depuis, des groupements armés formant les divisions d'infanterie de la milice de Léningrad sont créés, et les habitants aident à mettre en place les défenses.

Mais a posteriori', il semble que l'évacuation des civils a été insuffisante et a laissé de très nombreuses« bouches inutiles »[non neutre] à nourrir sur les 3 000 000 habitants qui se trouvent encore dans la ville. Les vivres en stock dans la ville représentent 35 jours de consommation pour le blé et la farine, 30 jours pour la viande, et 45 jours pour les matières grasses[19]. Un rationnement est mis en place immédiatement et des cartes d'alimentation sont distribuées[19]. Les habitants sont confrontés à une multitude de problèmes : non seulement la nourriture est rationnée, mais l'électricité est coupée, les tramways cessent de fonctionner en, il n'y a plus de lumière ni de chauffage, alors que les températures descendent à−40 °C pendant l'hiver 1941/1942[19],[18],[20]. À la radio, la poétesseOlga Bergholtz, native de Léningrad, est la voix des assiégés et les aide à tenir moralement[18].

Lelac Ladoga sert de voie de ravitaillement[20], mais le, avec l'arrivée de l'hiver et de l'embâcle, les navires ne peuvent plus passer et les camions pas encore, la glace n'étant pas assez solide pour supporter leur poids. À partir du, le ravitaillement parvient aux assiégés par convois de traîneaux tirés par des chevaux jusque mi- à travers le lac gelé. On commence la construction d'une voie ferrée sur la glace en. Pendant l'hiver de 1942-1943, la « route de la vie » recommence à fonctionner, d'abord avec un trafic de chevaux, puis avec des véhicules à moteur à partir du. Les attaques allemandes se multiplient sur ce passage mais ne parviennent pas à couper ce lien[18].

Mi-, le froid et la faim font des ravages dans la population. Les rations alimentaires sont encore réduites, pour la cinquième fois depuis le début du siège. Les ouvriers et le personnel spécialisé ne perçoivent plus que 225 g de pain et1 067 calories par jour. Les enfants 150 g de pain et644 calories. La terre est tellement gelée par le froid et la neige que les morts ne sont plus inhumés mais abandonnés près des cimetières, enveloppés dans des draps et généralement enterrés dans des fosses communes creusées à la dynamite. Au printemps 1942, après le dégel, on découvre des milliers de cadavres demeurés tout l'hiver conservés sous la neige[21].

Le, 11 000 civils sont déjà morts de faim. En, 52 000 civils meurent de faim. En, 3 500 à 4 000 civils meurent de faim quotidiennement.

D'après les chiffres officiels fournis par les Soviétiques lors duprocès de Nuremberg, la famine causera la mort de 632 000 habitants de Léningrad. Les soldats sont nourris correctement le plus longtemps possible, mais durant les dernières semaines de l'année 1941, les rations sont à peine suffisantes.

Les Allemands sont eux-mêmes dans une situation précaire, en particulier en raison du froid et du manque de vêtements chauds.

La faim est particulièrement éprouvante pour les habitants assiégés, provoquant une déshumanisation et des actes peu communs. Lorsqu'il n'y a plus de viande, les chiens et les chats sont mangés dans un premier temps, ce qui a d’ailleurs causé un grave problème de prolifération derongeurs, à la suite de la disparition des chats. Après la percée du blocus en,l'un des tout premiers trains transportait plusieurs wagons de chats pour alimenter la population[réf. nécessaire].

Fin 1942 la situation est tellement difficile que la population a recours au vol de chair humaine sur les cadavres gelés, déposés à même le sol dans les cimetières et qui sont conservés par le froid extrême. On dénombrera 2 015 arrestations pour des faits de cannibalisme.

Météo et température

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La température moyenne mensuelle en octobre 1941 était de +1,4 °C (la moyenne pour la période 1901-1930 est de +4,5 °C), soit 3,1 °C en dessous de la normale. Au milieu du mois, les gelées atteignent -6 ° C. À la fin du mois, le manteau neigeux s'installe.

La température moyenne en novembre 1941 était de -4,2 °C (la moyenne à long terme pour 1901-1930 est de -0,6 °C), l'amplitude de la température était de +1,6 à -13,8 °C.

En décembre 1941, la température moyenne mensuelle est tombée à −12,5 °C (avec une moyenne à long terme de −5,4 °C). La température variait de +1,6 à -25,3 °C.

Le mois de janvier 1942 est le plus froid de l'hiver et l'un des plus froids de toute la période d'observation. La température moyenne du mois était de -18,7 °C (la température moyenne pour la période 1901-1930 était de -7,4 °C). Le gel a atteint -32,1 °C, la température maximale a atteint +0,7 °C. L'épaisseur moyenne de la neige était de 41 cm (l'épaisseur moyenne pour 1890-1941 était de 23 cm).

La température mensuelle moyenne de février 1942 était de −12,4 °C (avec une moyenne à long terme de −7,6 °C) et variait de −0,6 à −25,2 °C.

Le mois de mars 1942 a été légèrement plus chaud que le mois de février, avec une température moyenne de −11,6 °C (avec une température moyenne de −3,6 °C entre 1901 et 1930). La température a varié de +3,6 à -29,1 °C au milieu du mois. Le mois de mars 1942 a été le plus froid de l'histoire des observations météorologiques jusqu'en 2023 en termes de température moyenne du mois.

La température moyenne mensuelle en avril 1942 était légèrement inférieure à la moyenne (+3,1 °C) à +1,8 °C, tandis que la température minimale était de -14,4 °C.

1941

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Trois hommes transportent des cadavres jusqu'au cimetière deVolkovo, en octobre 1942.
Infirmières aidant des blessés lors du premier bombardement de Léningrad
 : des soldats soviétiques improvisésambulanciers transportent un blessé dans unecivière. PhotoTarasevich.
 : une unité militaire marche vers la ligne de front le long de l'avenue de Moscou à Léningrad.
Photo deBoris Kudoyarov.
 : marins montant aufront dans les rues deLéningrad.
Soldats soviétiques sur lefront deLéningrad, le.

Siège

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Évacuation
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Avant l'invasion allemande de l'URSS, il n'y a pas de plan prévu pour l'évacuation de la population de Léningrad, car la possibilité que les Allemands atteignent la ville est considérée comme minime. Toutefois, les premières personnes évacuent Léningrad par train à partir du, soit une semaine après le début de la guerre.

Du au, environ 490 000 personnes sont évacuées principalement par train.

À partir du, l'encerclement de la ville par les troupes allemandes ne permet plus l'évacuation par voie terrestre. On considère toutefois que le début du blocus a eu lieu le 8 septembre 1941, lorsque la liaison terrestre de Leningrad avec l’ensemble du pays a été interrompue. L'évacuation de 35 000 personnes se poursuit alors par voie aérienne et navale à travers lelac Ladoga.

Entre et le, l'évacuation de 36 000 personnes, continue à marche forcée et par camion, à travers le lac Ladoga gelé, dans une totale désorganisation.

Du au, une organisation d'évacuation est mise en place, permettant l'évacuation de 554 000 personnes principalement par laroute de la vie dont les travaux sont terminés.

De mai à, 403 000 personnes supplémentaires sont évacuées, ce qui porte le nombre total à 1,5 million d'évacués depuis le début dublocus.

Opérations

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Le, laLuftwaffe déclenche des raids contre la flotte soviétique de la Baltique mouillée dans le port deKronstadt. En effet, les cuirassés soviétiquesMarat etRévolution d'Octobre, et plusieurscroiseurs, bien que vieillissants, disposent d'une artillerie lourde appréciable, qui aide les défenseurs de Léningrad

Le,4e jour de raid contreKronstadt, laLuftwaffe coule lecuirasséMarat et endommage le cuirasséRévolution d'Octobre, ainsi que deux croiseurs. Un pilote allemand deStuka,Hans-Ulrich Rudel, se distingue particulièrement dans ces raids[22].

Le, les troupes finlandaises s'emparent dePetrozavodsk, situé sur les bords dulac Onega. Le commandement du siège de Léningrad est confié au généralvon Küchler. Le, le généralJoukov quitteLéningrad pour prendre la direction du front de défense deMoscou.

Le,afin de colmater la brèche du lac Ladoga permettant le ravitaillement de Léningrad, le39e corps blindé allemand, composé des21e et126e divisions d'infanterie et de quatre divisions rapides, les18e (motorisée) et20e (motorisée) ainsi que des8e et12ePanzerdivision commandées par le généralRudolf Schmidt passe laVolkhov en direction deTikhvine, dans une région à peu près inexplorée, dépourvue de route et couverte par lataïga. L'objectif de cette attaque est de couper la dernière liaison ferroviaire de Léningrad avecVologda, puis de poursuivre l'avance jusqu'auSvir pour établir un front commun avec les Finlandais et encercler totalement Léningrad.

Le, les Allemands coupent la voie ferréeLéningrad-Vologda à 160 kilomètres à l'est de Léningrad et avancent surTikhvine, mais échouent à conquérir le nœud ferroviaire deVolkhov. Les combats sont féroces, les contre-attaques soviétiques infructueuses.

Le, les18eInfanterie Division et12ePanzerdivision s'emparent deTikhvine après des combats longs et sanglants. En se portant à l'est de Léningrad, les Allemands ont non seulement pour objectif de l'encercler, mais également d'opérer leur jonction avec les Finlandais ; toutefois, ce dernier objectif ne sera jamais atteint. LeGrand quartier général du Führer demande au corps blindé s'il ne peut pas pousser jusqu'àVologda située à 400 km de là.

La « chaussée » Moscou-Léningrad, nom donné au pont aérien qui relie les deux cités, est alors coupée par les Allemands àTikhvine. Il est vital pour les Soviétiques de trouver un moyen de ravitailler Léningrad. Le, les Soviétiques abandonnentVolkhov. Plus à l'est, une division sibérienne toute fraîche, renforcée par une brigade blindée deT-34 sortant des usines, contre-attaque. Un déluge de feu déchaîné par lesorgues de Staline s'abat sur les défenseurs qui répliquent avec l'artillerie de la18e ID qui détruit une cinquantaine de chars. Les bataillons de tirailleurs sibériens attaquent sans relâche tout au long de la journée. Toutefois, la ville, qui n'est plus qu'un tas de décombres fumants, reste aux mains des Allemands.

Le, Staline ordonne l'envoi de nouvelles troupes sibériennes pour contrecarrer le projet d'encerclement nazi. Legénéral Meretskov commandant de la4e armée, prépare une contre-attaque en tenaille afin d'encercler les troupes allemandes qui se trouvent dansTikhvine.

Articles détaillés :Ordre de bataille du siège de Léningrad etOffensive de Tikhvine.

Le, par- 40 °C, l'offensive soviétique pour reprendre Tikhvine commence. Rapidement, la61e ID, qui a été envoyée en renfort et occupe la ville, est coupée de ses arrières. L'Infanterie-Regiment (mot.) 30 est envoyé à son secours.Le, de nouvelles routes de ravitaillement passant par Zaborie,Novaïa Ladoga et par le lac Ladoga (alors gelé) entrent en service pour ravitailler Léningrad.

Le, le généralSiegfried Haenicke commandant la61eInfanterie Division dans la ville de Tikhvine décide d'abandonner la ville, devenue une position intenable. L'arrière-garde, composée de l'Infanterie-Regiment 151 et duPionier-Bataillon 161, fait sauter les ponts, la voie ferrée et le matériel militaire qui ne peut pas être transporté (42 canons, 46 mortiers, 190 mitrailleuses et 102 camions).

Le, malgré un ordre contraire deHitler, lemaréchal von Leeb ordonne l'abandon complet de lapoche de Tikhvine et le retour sur la ligne de la Volkhov[23]. C'est le premier repli important duGroupe d'armées Nord.

Le, par une température de- 52 °C, les restes du39e corps arrivent dans leurs lignes, derrière la Volkhov, poursuivis, harcelés durant les 15 jours de repli par les troupes sibériennes et l'aviation soviétique. Il ne reste plus que 741 combattants à la18e ID, qui a perdu 9 000 hommes. Après le repli, le calme revient sur le front du Groupe d'armées Nord.

En décembre, 52 000 civils meurent de faim.

1942

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Siège

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Surtout durant l'hiver de 1941-1942, les civils restés dans la ville ont terriblement souffert de lafamine. Ainsi, de à, la seule nourriture disponible pour le citoyen est de 125 grammes de pain par jour, dont 50-60 % se composait de sciure et autres adjuvants non comestibles, distribués par des cartes de rationnement. En janvier, la famine sévit : 3 500 à 4 000 civils meurent de faim quotidiennement.

Le commandement soviétique prend alors la décision d'évacuer une grande partie de la population civile, tout d'abord parcamions à travers lelac Ladoga gelé, puis par bateaux. Durant l'année 1942, 951 000 personnes seront ainsi évacuées.

La flottille soviétique du lac Ladoga, qui rassemble environ 200 bateaux, permet, outre l'évacuation de la population, l'acheminement du ravitaillement et des renforts. Ils s'élèveront respectivement à un million de tonnes de ravitaillement et 250 000 soldats.

Défense de laroute de la vie sur lelac Ladoga glacé, année 1942.

Côté allemand, leGeneralfeldmarschallGeorg von Küchler, déjà chargé du commandement du siège, remplace leGeneralfeldmarschallWilhelm von Leeb, limogé, à la tête dugroupe d'armées Nord en[24]

Opérations

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Offensive d'hiver 1942, entre lelac Ilmen et lelac Seliger.
Carte de labataille de Liouban également appelée bataille du Volkhov.
Les flèches blanches indiquent les attaques soviétiques, qui utilisent des unités blindées comme une réserve mobile.
Les flèches bleues indiquent les contre-attaques des troupes allemandes.
1942 : une colonne duKampfgruppeJeckeln pès deKrasnogvardeisk.
Mitrailleuse anti-aérienne soviétique, Léningrad,.
Carte du siège de Léningrad de à.
Assaut de l'Armée rouge le 21décembre 1943.
Assaut de l'Armée rouge le.

Le, les Allemands tirent sur la ville quelques obus de 520 mm, avec le canon sur rail, capturé en France en 1940, et rebaptisé52 cm H (E) 871 (F).

Le,par une température de- 45 °C, l'Armée rouge attaque, avec 19 divisions d'infanterie, neuf brigades et plusieurs bataillons indépendants de chars et de skieurs, dans le secteur occupé par les2e et10e Armeekorps de la16e armée allemande. Dès ledébut de l'offensive la290. ID, qui encaisse àVzvad (ru) (Vzvad , également écrit Vsvad, est située au bord dulac Ilmen, à environ 20 km au nord-nord-est deStaraïa Roussa) le choc principal, chancelle.
Legénéral Eremenko lance sa4e armée de choc à la jonction duHeeresgruppe Nord et duHeeresgruppe Mitte ouvrant une profonde brèche entre les deux groupes d'armées allemands.

Articles détaillés :Poche de Kholm etOffensive Toropets–Kholm.

Le, la290e ID est totalement débordée. Une partie du502e DI se réfugie dansVzvad (ru)[25], et une partie des501 et 503. IR, positionnée plus au sud, occupe et fortifieTulitovo etBeglovo alors qu'une autre partie parvient le à se replier vers l'ouest afin d'éviter l'encerclement total. Un peu partout sur l'immense front attaqué, les premières lignes allemandes se désagrègent, mais conformément aux ordres deHitler, elles ne reculent pas et luttent jusqu'au bout. Il s'ensuit alors la « création » de multiples points d'appui. Des villages et d'autres positions défensives se trouvent alors isolés, encerclés, mais leurs défenseurs continuent la lutte sur place jusqu'à l'extrême limite. L'offensive soviétique y perd son effet de surprise, son poids et sa vigueur, et l'Armée rouge est contrainte de diluer son effort pour réduire une à une les poches de résistance.

Le l'artillerie et le140e régiment d'infanterie soviétiques pilonnent et attaquent sans relâche, mais sans succès, Vzvad qui n'est plus qu'un tas de ruines et de cendres.

Articles détaillés :Bataille de Liouban etBataille de Vzvad.

Le, au nord dulac Ilmen, les Soviétiques lancent l'opération de Liouban, qui consiste à effectuer en un double mouvement une percée deNovgorod sur Léningrad, et une attaque au sud du lac Ladoga surLiouban, afin d'isoler les troupes allemandes situées à l'est cette ville. Les4e,8e,52e,54e,59e armées et la2e armée de choc, qui pénètrent de plusieurs dizaines de kilomètres dans les lignes allemandes, attaquent au nord deNovgorod. Les armées dufront du Volkhov, composées des4e,52e et59e armées, attaquent à partir du Sud dulac Ladoga.

Le, les défenseurs deVzvad (ru) reçoivent le message de l'OKH :« Évacuez si vous le pouvez ».

Le, après avoir parcouru 25 kilomètres en 14 heures, ils rejoignent leurs lignes et sont accueillis par les skieurs espagnols de laDivisión Azul.

Le, la3e armée de choc encercle laville de Kholm qui résistera jusqu'au 5 mai.

Article détaillé :Poche de Kholm.

Le, le501. Infanterie-Regiment, encerclé à Tulitovo est ravitaillé par air.

Le, àDemiansk, l'Armée rouge referme son encerclement sur les troupes allemandes. Lapoche ainsi constituée mesure 3 000 km2, ce qui représente un périmètre de 300 km contenant 96 000 combattants allemands, environ 10 000 paramilitaires et 20 000 chevaux qui se retrouvent piégés jusqu'au1er mai.

Article détaillé :Poche de Demiansk.

Le, après avoir subi 146 assauts en 5 semaines, le501. Infanterie-Regiment assiégé à Tulitovo, tente une sortie qui échoue.

Le le501e RI renouvelle son attaque et parvient à s'extirper de la poche. Le503. Infanterie-Regiment abandonne la ville dePola et son importante voie ferrée.

Le, la2e armée de choc, qui est en pointe de l'opération de Liouban qui a progressé de 100 km depuis son point de départ, est à mi-chemin deLéningrad, mais l'avance soviétique s’essouffle.

Le, sur le front du Volkhov laSS Polizei Division, à partir du nord, et la58. Infanterie Division, à partir du sud, lancent une contre-offensive afin de couper de leurs bases les troupes de la2e armée de choc soviétique[26].

Le, sur lefront du Volkhov laSS Polizei Division et la58. Infanterie Division, font leur jonction refermant lapoche du Volkhov sur 180 000 soldats soviétiques.

Le, leKampfgruppe Seydlitz lance une reconnaissance au sud deStaraïa Roussa. Le, après avoir, les jours précédents, lancé 6 000 parachutistes, dont certains ont sauté au cœur même de lapoche de Demiansk vers Lytschkovo, tandis que d'autres s'infiltraient dans les lignes allemandes versVereteïka, sur lemarais de Niévy gelé et entrePoustynia etNory, les Soviétiques lancent à l'attaque de lapoche de Demiansk le54e bataillon de skieurs surDobrossli et les1re et204e brigades de parachutistes sur l'aérodrome et les alentours deDemiansk. Le même jour, les Allemands lancent l'opérationBrückenschlag afin de délivrer les six divisions encerclées dans la poche de Demiansk.

Article détaillé :Opération Brückenschlag.

Le, n'ayant aucune envie d'abandonner le terrain conquis, les Soviétiques lancent une contre-offensive afin de secourir la2e armée de choc.

Le, la contre-attaque permet d'ouvrir un corridor de 3 km de large, qui est consolidé par la construction de deux voies ferrées.

Le, la Luftwaffe débute l'opérationEis Stoß consistant à couler les navires soviétiques deflotte de la Baltique pris dans les glaces. Le, les derniers soldats du54e bataillon de skieurs et des1re et204e brigades de parachutistes sont éliminés par les défenseurs de lapoche de Demiansk.

Le, les troupes encerclées dansDemiansk lancent une offensive, conjointement aux troupes de secours de l'opérationBrückenschlag afin de percer lapoche.

Le, les soldats de laWaffen SS duKampfgruppe Seydlitz établissent le contact avec la5e Leichte Division sur la rivièreLovat.

Le, sur lefront du Volkhov, les Soviétiques tentent d'élargir le corridor, large de 3 km, mais les Allemands les attendent. Malgré de nombreuses attaques et contre-attaques, les positions ne bougeront pas jusqu'au.

, fin de l'opérationEis Stoß, qui se solde par un échec et laisse la ville sous les décombres.

Fin avril les 5 000 Allemandsassiégés dans Kholm sont encerclés par la33e division d'infanterie soviétique et trois brigades d'infanterie indépendantes.

Le1er mai, les Soviétiques lancent une nouvelle attaque pour prendreKholm, mais ils sont obligés de se replier. La218. Infanterie Division attaquant depuis le sud-ouest. Ce même jour, lapoche de Demiansk est définitivement sauvée. Toutefois elle n’est pas évacuée et restera telle quelle jusqu'à l’hiver suivant, formant un incroyable saillant, relié au front allemand par le mince couloir de Ramouchevo, large de 4 km et long de 12 km.

Le, l'attaque allemande parvient à briser l'encerclement et àlibérer les troupes allemandes de Kholm, malgré les contre-attaques deT-34 arrêtés par lesSturmgeschütze du StuG Abteilung 184 (bataillon de canons d'assaut 184).

Le, les Allemands lancent une offensive contre lefront du Volkhov visant à réduire le saillant, afin d'empêcher la retraite des troupes et de l'artillerie soviétiques.

Le, la poche du front du Volkhov se referme une seconde fois sur les troupes de la2e armée de choc soviétique. Les combats font rage, la poche résistera jusqu'au.

De juin à septembre, l'artillerie de siège allemande bombarde sans relâche la ville avec des obus de 800 kilos.

Les Soviétiques manquent de tout : munitions, armes, vivres et matériel en tout genre. La famine fait son apparition chez les civils comme chez les soldats, forçant les autorités à produire desersatz.

Le, les troupes de la2e armée de choc soviétique tentent avec l'énergie du désespoir de sortir de la nasse dans laquelle elles sont enfermées depuis la mi-février. La sortie, effectuée en masse, réussit malgré de lourdes pertes, mais les troupes allemandes parviennent à refermerla porte dès le lendemain.

Le, l'OKW publie un communiqué dans lequel il indique que les Soviétiques ont perdu 33 000 prisonniers, 650 canons, 170 chars et 2 900 mitrailleuses. Il ne donne pas le nombre de morts mais estime que 120 000 soldats auraient réussi à s'échapper. Legénéral Vlassov est activement recherché par les troupes allemandes.

Le, legénéral von Küchler reçoit l'ordre de Hitler de renforcer les positions à Demiansk et de durcir l'encerclement de Léningrad, afin d'établir un contact avec les Finlandais en contournant lelac Ladoga pour isoler totalement la ville. Hitler fait transporter la11e armée devon Manstein qui s'est distinguée lors dusiège de Sébastopol et lui confie l'opérationNordlicht, qui doit commencer le, dont l'objectif principal est la prise de Léningrad. Le, legénéral Vlassov commandant en chef de la2e armée de choc est capturé par leHauptmann von Schwerdter à la suite de la dénonciation du maire d'un petit village.

Durant l'été, au sein du front du Volkhov, la bataille est continuelle mais sans l'intensité des combats de l'hiver et du printemps.

Le laSymphonieno 7 « Léningrad » deDmitri Chostakovitch est jouée par l'orchestre de la radio de Léningrad sous ladirection deCarl Eliasberg[27]. Le pouvoir soviétique avait fait pression sur le compositeurDmitri Chostakovitch, né à Léningrad et habitant à Léningrad, pour qu'il termine au plus vite l'écriture de cette symphonie qu’il était en train d’écrire, et que cette œuvre symbolise ainsi la résistance de la population locale face à l’envahisseur. Mais finalement Chostakovitch avait été évacué, sur ordre du Parti communiste[28]. La partition de l'œuvre a donc dû franchir les lignes allemandes par avion, une nuit de. Le concert est retransmis sur des haut-parleurs disposés dans toute la ville et également tournés vers les lignes ennemies. Cette date, initialement choisie par Hitler pour célébrer la prise de Léningrad, peut symboliser le renversement de la dynamique en faveur des Soviétiques[29].

Gens affamés, 7 février 1942.
PhotoIsrael Ozersky

Le, début des opérations dudétachement naval K (en)[30] pour empêcher l'approvisionnement de Léningrad par le lac Ladoga.

Le, l'Armée rouge lance une attaque afin de réduire lecol de bouteille qui offre aux Allemands une tête de pont sur le lac Ladoga. C'est le début de lapremière bataille du lac Ladoga, connue également sous le nom d'offensive de Siniavino. Les Soviétiques ont devancé les Allemands.

La2e armée de choc reconstituée est lancée en pointe de l'attaque en direction de Léningrad avec la mission de couper ce fameuxcol de bouteille, suppléée par la8e armée. C'est la223e division d'infanterie qui reçoit le premier coup de boutoir soviétique, reculant de 3 km.

Le, malgré une forte résistance allemande, le front s'effondre maisvon Manstein, qui a pris le commandement de toutes les unités se trouvant entre lamer Baltique etKirichi, lance les12e Panzerdivision et223e division d'infanterie dans plusieurs contre-attaques permettant de stopper l'avance soviétique. La96e ID contre-attaque permettant de stabiliser le front.

Du au, la percée soviétique la plus avancée atteint 9 km. Toutefois l'attaque s'essouffle et les succès de laLuftwaffe permettent de diminuer la pression sur les forces terrestres allemandes.

Du10 au, c'est l'impasse. Chacun des camps campe sur ses positions, attendant des renforts.

Carte de l'avancée maximale du front soviétique.
L'avancée maximale du front soviétique lors de l'offensive de Siniavino.

Le, les Allemands lancent une contre-attaque décisive, avec en pointe la132e division d'infanterie, qui bouscule les premières lignes soviétiques, qui se défendent avec acharnement. Au soir, la132e DI a perdu seize officiers et 494 soldats.

Le, l'avance allemande ne progresse que d'une centaine de mètres.

Le, la347e division d'infanterie parvient à briser la ligne de défense soviétique permettant d'encercler de nouveau la2e armée de choc.

Article détaillé :Offensive de Siniavino.

Le la poche qui contenait cinq divisions d'infanterie, deux divisions de la garde et six brigades d'infanterie indépendantes est détruite. Au total les Allemands font 12 400 prisonniers et capturent 193 canons et 244 chars. Si l'offensive de Siniavino est un échec soviétique et une incontestable victoire allemande, l'opération a obligé les Allemands à reporter l'opérationNordlicht. Celle-ci sera de nouveau reportée à la suite de la défection des troupes finlandaises et du siège de Stalingrad. En novembre, Hitler fait ainsi transporter la11e armée devon Manstein surStalingrad afin debriser l'encerclement.

Le front de Leningrad devient alors un secteur secondaire jusqu'à.

Le, legénéral soviétique Vlassov, prisonnier des Allemands, forme le comité de Smolensk pour organiser l'opposition àStaline, sous le contrôle allemand. Plus tard, son groupe prendra le nom d'Armée de libération de la Russie.

1943

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Siège

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En 1938, environ 171 000 bébés étaient nés à Léningrad et sa banlieue, et en 1939 on dénombrait plus de 175 000 naissances. Durant l'année 1943, seulement 700 enfants environ sont nés vivants à Léningrad. La plupart sont morts soit pendant le siège, soit sur la route lors de l'évacuation.

En janvier, la population de Léningrad, y compris la banlieue, est passée d'environ 4 millions à moins de 800 000, civils et militaires. La plupart des civilsinutiles sont évacués vers laSibérie, où beaucoup mourront. En, lechemin de fer est temporairement rétabli, mais bientôt il est à nouveau détruit par l'aviation allemande.

En mars et avril uneépidémie detyphus et defièvre paratyphoïde touche un grand nombre de survivants mais elle est contenue par les efforts mutuels des médecins et des citoyens.

Le siège s'éternise et Léningrad devient uneville fantôme.

Opérations

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Carte de l'opérationIskra.
Char Tigre allemand de laSchwere Panzer Abteilung 502 à proximité de Léningrad, 1942 ou 1943.

Le, après un calme relatif d'environ deux mois, l'Armée rouge lance l'opérationIskra, également connue sous le nom de2e bataille du lac Ladoga.

Articles détaillés :Opération Iskra etOrdre de bataille lors de l’opération Iskra.

À l'aube, l'aviation soviétique attaque les aérodromes, les gares et les centres de communication. Àh 30, 4 500 pièces d'artillerie ouvrent le feu sur les tranchées de1re ligne allemandes. Après cette préparation d'artillerie, partant dufront du Volkhov, la2e armée de choc se rue à l'assaut et se heurte aux Prussiens de la1re division d'infanterie. Les combats font rage toute la journée et la327e division de fusiliers s'épuise en des attaques incessantes contre leKampfgruppe Wengler réfugié dans une forêt. L'arrivée de la64e division de la Garde (en) contraint Wengler à reculer. Pour cette première journée l'avance soviétique du côté dufront du Volkhov atteint une profondeur de 12 km mais sur une largeur de 2 km seulement.

Au même moment, mais du côté de Léningrad, la67e armée, lance les136e et268e divisions d'infanterie à travers laNéva gelée. De ce côté également les combats sont violents, les Soviétiques perdent 3 000 hommes sur la Néva. En fin de journée le front allemand est très affaibli mais il tient toujours. Afin de consolider le front legénéral Lindemann fait transporter un régiment de la61. ID à Mga et ordonne à la96. ID d'envoyer des éléments àSchlüsselburg etLipski tandis que le reste de la division prépare une contre-attaque.

Le la45e division de la Garde et la268e division de fusiliers s'élancent sur laNéva gelée. La défense allemande brise leurs assauts, mais un peu plus loin, la61e brigade de chars et la136e division de fusiliers (ru)[31] réussissent à installer une tête de pont sur la rive est dufleuve, malgré la défense de fer de la227 ID.

Le les Soviétiques concentrent leurs attaques à partir dufront du Volkhov. Trois divisions d'infanterie et la98e brigade de chars de la2e armée de choc attaquent en direction dupoint d'appuino 5[32] où s'accrochent les Allemands du284e régiment d'infanterie de la96. ID venus renforcer les défenseurs.

Du côté du front de Léningrad, les 4 chars restants de la 1.Kompanie de laSchwere Panzer Abteilung 502 repoussent l'assaut, à travers laNéva gelée, d'une trentaine de charsT-34.

Le les assauts répétés des forces soviétiques font craquer les défenses allemandes. La136e division de fusiliers et la61e brigade de chars de la55e armée venant de l'Ouest et la18e division de fusiliers (ru) et la16e brigade de chars de la2e armée de choc venant de l'Est font leur jonction au nord du point d'appuino 5[32], encerclant ainsi la227. ID et 2bataillons de la 96. ID dansSchlüsselburg.

Les Soviétiques concentrent alors tous leurs efforts pour réduire la poche. Toutefois, une contre-attaque de la61. ID parvient à rompre l'encerclement et deux régiments rejoignent les troupes assiégées ; mais les Soviétiques contre-attaquent également et referment l'ouverture. Le généralWerner Hühner, commandant la61e division prenant le commandement des forces de la pocheSchlüsselburg, organise la défense avec desKampfgruppen. Les combats autour dePoselokno 5[32] font rage entre les défenseurs et la136e division d'infanterie soviétique.

Le, la18e division de fusiliers soviétique lance trois assauts sur Poselokno 5[32], qui sont tous repoussés.

Le, la18e division de fusiliers soviétique, appuyée par la61e brigade blindée, encercle le point d'appui après des combats d'une violence inouïe ; mais les défenseurs tiennent toujours bon.

Le, les combats reprennent avec la même intensité. La136e division de fusiliers soviétique appuyée par la61e brigade de chars entrent enfin dans la cité mais en sont délogés par un barrage d'artillerie allemand qui permet auKampfgruppeHühner d'abandonner la poche deSchlüsselburg après de terribles combats au corps à corps et de rejoindre les lignes allemandes plus au sud.

Du au, les Soviétiques ayant obtenu, en partie, ce qu'ils souhaitaient, un« contact terrestre avec Léningrad », un léger répit intervient permettant aux troupes soviétiques d'établir des défenses telles que les Allemands ne puissent plus les leur disputer.

L'opérationIskra est une victoire stratégique pour les forces soviétiques. Du point de vue militaire, l'opération a éliminé la possibilité de la capture de la ville. D'autre part, lefront de Léningrad sera désormais très bien ravitaillé, renforcé et capable de coopérer plus étroitement avec lefront du Volkhov.

Pour la population civile, l'opérationIskra permit le ravitaillement en nourriture, ainsi que la possibilité d'évacuer plus de civils de la ville. La fin du blocus a également eu un effet stratégique, bien qu'il ait été éclipsé par la reddition de la6e armée allemande àStalingrad quelques jours plus tard.

Toutefois lehaut commandement soviétique souhaitant consolider le passage le long dulac Ladoga décide de relancer une attaque avec comme objectif la ville de Mga, nœud routier et ferroviaire très important. La prise de la ville par les Soviétiques permettant le rétablissement duchemin de fer de Kirov entre Léningrad etMourmansk.

Durant cette période le front allemand, désormais entre laNéva et leVolkhov se restructure.

Article détaillé :Ordre de bataille lors de l’opération Iskra.

Le l'Armée rouge repart à l'attaque avec 35 bataillons d'infanterie et de chars de la2e armée de choc depuis le Nord sur un front de 2,5 km.

Les30 et les Allemands contiennent les vagues d’assauts répétées des troupes soviétiques.

Le1er février, les combats font rage, la défense craque et les Soviétiques pénètrent dansSinyavo. La11e DI contre-attaque et repousse l'eenemi : la ville est de nouveau allemande. La2e armée de choc ayant subi des pertes terribles, n'est plus en état de poursuivre l'offensive et un calme, très relatif, règne jusqu'au où les deux armées renforcent leurs positions.

OpérationPoliarnaïa Zvezda.
1944 : les survivants de Léningrad exultent alors que le siège est levé. Sur le mur on peut lire : « Citoyens ! Cette partie de la rue est la plus dangereuse pendant les tirs de barrage ».
Articles détaillés :Opération Poliarnaïa Zvezda etBataille de Krasny Bor.

Le, les Soviétiques attaquent à nouveau, mais cette fois au lieu d'attaquer de front, ils attaquent en tenaille, cherchant à isoler la ville deSinyavino C'est l'opérationPoliarnaïa Zvezda également appelée3e bataille du lac Ladoga. La55e armée partant deLéningrad et les4e et54e armées partant duVolkhov débutent l'offensive, mais l'attaque bloque sur une défense de fer. La55e armée forte de 44 000 soldats se lance à l'assaut despositions de Krasny Bor défendues par la250e division d'infanterie diteDivision Bleue espagnole ou « División Azul » forte de 5 600 soldats des troupes espagnoles et 1 400 soldats allemands.

L'offensive soviétique marque le pas dès le1er jour. LaStavka lance alors ses chars lourds qui pénètrent les premières lignes allemandes, sans pouvoir avancer plus. Dans le secteur de la55e armée les Espagnols de la División Azul résistent superbement et l'attaque soviétique est également stoppée. Finalement, l'opérationPoliarnaïa Zvezda, qui est un nouvel échec pour les Soviétiques, aura coûté pour le seul secteur deKrasny Bor de 11 000 à 14 000 hommes et un nombre identique de blessés. Malgré de très lourdes pertes, les Espagnols ont pu tenir bon face à une force soviétique sept fois plus importante et soutenue par des chars. L'assaut est contenu et le siège de Léningrad est maintenu pendant une année supplémentaire jusqu'au. Côté allemand, dans ce même secteur, la División Azul perd 3 645 tués ou blessés et 300 disparus ou faits prisonniers, soit un taux de pertes de 75 %.

Sachant désormais que Mga ne serait pas prise, les autorités de Léningrad, ordonnent la construction d'une voie ferrée sur le terrain conquis au sud deSchlüsselburg.

La nouvelle voie de chemin de fer de 36 km, construite par des milliers de civils et de prisonniers de guerre, est mise en service 14 jours après le premier coup de pioche. En février la ligne sera empruntée par 69 trains, 157 en et 369 en. Léningrad n'est désormais plus isolée.

Le, au sud dulac Ilmen, les Allemands réussissent le retrait du couloir de Ramouchevo[33], large de 4 km, seulement et long de 12 km, et de lapoche de Demiansk, de l'ensemble de leurs dix divisions, afin de raccourcir le front de plusieurs centaines de kilomètres. La ville sera libérée par l'Armée rouge le1er mars.

Le, dans le secteur ducol de la Bouteille les Soviétiques tentent un nouvel assaut qui se solde par un échec.

Début avril, après plusieurs autres tentatives de petite envergure, l'opérationPolyarnaya Zvezda prend fin, Mga reste aux mains des Allemands qui estiment les pertes soviétiques à 270 000 hommes, lesquelles sont bien inférieures aux leurs. Toutefois la destruction de 4 divisions leur fait défaut car ils manquent désormais cruellement de soldats sur le front de l'Est. Si cette opération est un succès — tactique — allemand, c'est également un succès — stratégique — pour les Soviétiques, qui ouvrent une liaison terrestre avecLéningrad.

À la fin de 1943, les Soviétiques reçoivent d'importantes quantités d'armes en provenance des nouvelles usines de l'Ouest de l'Oural ainsi que desT-34 qui leur permettent de lutter contre lesPanzer III etIV allemands. Ils reçoivent également des camions surmontés delance-roquettes, appelés « orgues de Staline » par les Allemands etkatiouchas par les Soviétiques. Ce nouveau matériel leur donne la possibilité d'une offensive.

1944

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1 470 000 soldats et civils soviétiques se virent décerner cette médaille (Pour la Défense de Léningrad), établie le par décret duPræsidium du Soviet suprême.

Siège

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En, avant d'entamer leur retraite, les Allemands s'emparèrent d'un énorme butin. Ils détruisirent ensuite les palais impériaux les plus importants, tels que lepalais Catherine àPouchkine, lepalais de Pierre le Grand àPeterhof, lepalais de Gatchina àGatchina, lepalais Constantin àStrelna.

De nombreux autres monuments historiques et des maisons situées dans la banlieue de Saint-Pétersbourg ont été pillés et détruits, et de nombreuses collections d'art volées par l'Allemagne nazie.

Le siège prend fin le[18].

Opérations

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Une ultime réunion de préparation de l'offensive d'envergure principale Léningrad–Novgorod se tient à Smolny le[34]. Le début des opérations est fixé pour le 14 à partir du secteur d'Oranienbaum, l'attaque à partir deshauteurs de Poulkovo devant être lancée le 15 c'est l'opérationTonnerre de Janvier. Le même jour,, quatre armées soviétiques réparties entre lelac Ilmen et lelac Ladoga (soit un front de 18 km) attaquent les positions allemandes, c'est l'offensive de Novgorod-Louga (ru). La résistance est vive mais les forces allemandes cèdent et les générauxKirill Meretskov, commandant dufront de Volkhov, etLeonid Govorov, commandant dufront de Léningrad, effectuent leur jonction le. Le siège de Léningrad peut prendre fin[35].

Enmars, les troupes allemandes sont repoussées à 250 km de Léningrad.

Ce blocus, le plus long de la guerre avec ses 28 mois (872 jours), a entraîné la mort de 1 800 000 Soviétiques (dont environ un million de civils). Quant aux forces de l'Axe, elles ont enregistré la perte de 200 000 de leurs soldats.

Dans les arts et la culture populaire

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Filmographie

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Cinéma

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Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais« Siege of Leningrad »(voir la liste des auteurs) et« Effect of the Siege of Leningrad on the city »(voir la liste des auteurs).
(ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé« Блокада Ленинграда »(voir la liste des auteurs).
  1. (en) Alan Wykes,The Siege of Leningrad, Ballantines Illustrated History of WWII,p. 9-11
  2. (en) Carlos Caballero Jurado et Ramiro Bujeiro,Blue Division Soldier 1941–45 : Spanish Volunteer on the Eastern Front, Osprey Publishing,(ISBN 978-1-84603-412-1),p. 34.
  3. a etbBernard Iselin,La Guerre 1939-1945, Cercle européen du livre,,p. 85-87.
  4. Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri,Barbarossa - 1941, la guerre absolue., Passés composés.,, 956 p.(ISBN 978-2-3793-3186-2), p.417-423
  5. a etbBernard Iselin,La Guerre 1939-1945, Cercle européen du livre,,p. 88.
  6. Le tracé de laligne Staline part dePskov, suit le cours de la rivièreVelikaïa, passe parOstrov,Opotchka et rejoint la Dvina dans les environs dePolotsk.
  7. Piotr Smolar, « Mémoires à vif du communisme : La guerre des mémoires en Estonie »,Le Monde,‎(lire en ligne).
  8. Selon l'historien allemand Werner Haupt.
  9. L'armée avait 54 912 hommes et disposait de 83 chars et 748 canons et mortiers.
  10. (ru)Карта обстановки на фронте 23 Армии к исходу 11 September 1941, Архив Министерства обороны РФ. фонд 217 опись 1221 дело 33,‎(lire en ligne)
  11. (fi) Ari Raunio et Juri Kilin,Jatkosodan hyökkäystaisteluja 1941, Keuruu, Otavan kirjapaino Oy,, 153–159 p.(ISBN 978-951-593-069-9)
  12. La position fortifiée de Krasnogvardeisk.
  13. La cote 167 est également appelée « le mont chauve ».
  14. ab etc(en)The Oranienbaum Pocket 1944.
  15. ab etcCarte de la poche d'Oranienbaum en 1941.
  16. Bernard Iselin,La Guerre 1939-1945, Cercle européen du livre,,p. 92
  17. (de) « Bundesregierung kündigt Hilfen für sowjetische Kriegsopfer an Während der Blockade des heutigen St. Petersburg durch die Wehrmacht vor 75 Jahren starben eine Million Menschen. Nun will die Bundesregierung Überlebende entschädigen »,Die Zeit,‎(lire en ligne)
  18. abcd ete(de) Ekaterina Makhotina et Joachim Heinz, « Der Anblick erfrorener Toter war tägliche Erfahrung »,Die Welt,‎(lire en ligne)
  19. ab etcAlexander Werth,Leningrad 1943, Tallandier,, « Introduction »
  20. a etbBernard Iselin,La Guerre 1939-1945, Cercle européen du livre,,p. 118-120
  21. Pierre Vallaud,L'Étau : Le siège de Leningrad, Fayard,, « Potagers et dégel macabre »
  22. Pierre Clostermann,L'histoire vécue: un demi-siècle de secrets d'Etat, Flammarion,,p. 67
  23. « La guerre : devant Léningrad »[vidéo], surle site du Journal Les Actualités Mondiales.
  24. Bernard Iselin,La Guerre 1939-1945, Cercle européen du livre,,p. 123.
  25. Emplacement de Vsvad.
  26. La guerre près du lac Ilmen (6 mars 1942) - Journal Les Actualités Mondiales
  27. (en) Ed Vulliamy, « Orchestral manœuvres (part two) »,The Observer,‎(lire en ligne)
  28. Alain Constant, « La Symphonie de Leningrad, la lutte d’une ville assiégée »,Le Monde,‎
  29. (en) Ed Vulliamy, « Orchestral manœuvres (part one) »,The Observer,‎(lire en ligne)
  30. Détachement naval K.
  31. La sera rebaptisée63e division de fusiliers de la Garde après ses exploits lors de l'opérationIskra.
  32. abc etdSous le nom de WSno 5 ou celui de Poselok 5. Il est indiqué que Poselok 5 est unecité ouvrière de Léningrad.
  33. Écrit Ramushevo ou Ramouchevo.
  34. L'offensive d'envergure principale appeléeoffensive Léningrad–Novgorod se décompose en plusieurs attaques ou opérations secondaires :
    1 -Opération Tonnerre de Janvier
    2 -Offensive Novgorod-Loujskaya (ru)
    3 -Débarquement de Meriküla (ru)
    4 -Opération Kingisepp-Gdov
    5 -Opération Staraïa Roussa-Novorjevski (ru).
  35. Bernard Iselin,La Guerre 1939-1945, Cercle européen du livre,,p. 206-207
  36. (en) Mark H. Teeter, « Moscow TV Round-Up : Russians in London, Russians and Poles, Russians at War and Much More »,The Moscow Times,‎(lire en ligne)
  37. (en) « Leningrad (Attack on Leningrad) (2009) », surRotten Tomatoes

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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