Commencé le, le siège fut levé le par lesSoviétiques, qui repoussèrent lesAllemands malgré des pertes humaines colossales (1 800 000 victimes, dont près d'un million de civils).
Avec 872 jours, ce siège est le plus long de l'histoire moderne jusqu'àcelui de Sarajevo au début desannées 1990 (1 425 jours).
Le, afin de rendre hommage à ceux qui par leur action militaire ou civile ont contribué à repousser les troupes allemandes, le gouvernement soviétique a instauré lamédaille pour la Défense de Leningrad.
L'opérationBarbarossa, le nom de code du plan d'invasion de l'Union soviétique par leIIIe Reich, commence le, à3 h 15 du matin. Les forces allemandes sont organisées en trois groupes d'armées principaux, attaquant frontalement :
enfin legroupe d'armées Sud deGerd von Rundstedt doit s'emparer de l'Ukraine puis pousser son avancée jusqu'auCaucase et notamment les villes riches en pétrole commeMaikop,Grozny ouBakou, et àAstrakhan pour former la ligne Astrakhan-Arkhangelsk (parfois appelée Volga-Arkhangelsk, car suivant le tracé de laVolga), qui est le véritable objectif stratégique des Allemands.
Plus au nord, des troupes germano-finlandaises lancent des offensives en direction deMourmansk, important port soviétique en Arctique par où transitent des marchandises anglo-américaines fournies grâce auprêt-bail initié parRoosevelt le 11 mars 1941, permettant de soutenir les pays alliés en leur fournissant des armes, de la nourriture, des véhicules, etc. Un autre objectif des Germano-finnois dans la région est la prise de la ligne de voie ferrée deKirov, reliantMourmansk au reste du pays. Les Finnois hésitent cependant à pousser la collaboration avecl'Allemagne au delà des territoires perdus pendant laguerre d'Hiver enCarélie méridionale etorientale, de peur de rompre les liens diplomatiques avec les Anglo-américains, qui ont clairement fait comprendre qu'ils ne tolèreraient pas des attaques contre des convois transportant du matériel occidental à destination de l'Union soviétique, au risque pour la Finlande de ne plus pouvoir importer des produits vitaux comme le blé ou les locomotives nécessaires à son réseau ferroviaire hors d'âge. Ainsi, laFinlande sera toujours réticente à s'engager dans des actions conjointes avec leTroisième Reich pour prendre Léningrad[3],[4].
L'offensive allemande est un succès pendant les premières semaines[3]. Les troupes allemandes dugroupe d'armées Nord, sous la direction du maréchalWilhelm von Leeb, avancent rapidement et percent à travers lespays baltes, alorsoccupés par les troupes soviétiques. Les Soviétiques commencent la construction d'une ligne de défense entre les pays baltes et Leningrad, laligne de la Louga(ru). Le,Riga tombe ainsi aux mains des troupes allemandes.
Celles-ci franchissent un peu plus difficilement laligne Staline encore en cours d'édification, à Ostrov au sud-est dulac Peïpous[5],[6].
Le, les troupes allemandes atteignent le fleuveLouga au sud deLeningrad et menacent la ville. Le, lemaréchal Vorochilov, nommé depuis le commandant en chef dufront du Nord-Ouest, déclenche une contre-offensive devant Leningrad entre lelac Ilmen etSoltsy pour gagner du temps et permettre la fortification de Leningrad, pour laquelle la totalité de la population est mobilisée.
Le, les troupes finlandaises (opposées à l'Union soviétique)occupent Sortavala, à l'extrême nord dulac Ladoga. Elles se préparent ainsi à faire leur jonction avec les forces du groupe d'armées Nord de von Leeb pour participer à l'encerclement de la ville de Leningrad.
Les pays baltes sont désormais entièrement sous le joug nazi à l'exception deTallinn (dans le nord de l'Estonie), devenue la base principale de la flotte soviétique sur la Baltique, que les Allemands ont isolée des restes des troupes soviétiques. Toutefois, ces forces allemandes doivent réduire cette poche avant de continuer à marcher sur Léningrad. Des civils exécutent des travaux de fortification, de terrassement et de minage dans le secteur de Tallinn. Les Soviétiques disposent du12e corps d'armée, des16e(en) et22e divisions de fusiliers, de la10e division motorisée(en)[réf. nécessaire], de 14 bataillons de fusiliers marins et de la milice des chantiers navals pour défendre la ville. Le, les61e,217e et254e. Infanterie-Divisionen arrivent devant Tallinn. Du au, les combats font rage. Malgré la défense acharnée des Soviétiques, l'avance ennemie est régulière. Le, lesfaubourgs de lacapitale estonienne sont atteints.
Le dans la soirée, les Soviétiques commencent l'évacuation par mer des défenseurs de la ville, en direction de Léningrad, avec deux grands convois maritimes. Le premier comprend le croiseurKirov, 18destroyers, 6torpilleurs, 28dragueurs de mines, 6sous-marins, 1pétrolier et 25cargos et le second comprend 6 dragueurs de mines, 12escorteurs et 60 autres navires. Le, l'armada qui fait mouvement à travers legolfe de Finlande est attaquée sans relâche par les chasseurs-bombardiersJu-88 allemands qui coulent 5 navires, avant de passer le cap Juminda (à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Tallinn). Les eaux de ce cap ayant été minées, plusieurs navires sautent et le convoi est ensuite attaqué par l'artillerie côtière finlandaise, des flottilles de torpilleurs allemands et finlandais et des Ju-88. Dans cette tentative pour forcer le passage, lamarine soviétique perd 33 navires et 5 autres navires sont endommagés.
Dans la soirée,Tallinn, vidée de ses défenseurs, tombe aux mains du généralWalter Kuntze qui capture seulement 11 432 Soviétiques. Le, les convois, de nouveau attaqués, atteignentKronstadt. L'évacuation soviétique de Tallinn réussit à sauver 165 navires, 28 000 passagers et 66 000 tonnes de matériel qui seront utilisées lors du siège de Léningrad.
Après avoir brièvement existé comme État entre 1918 et 1939, l'Estonie a été une des victimes du pacte de non-agression signé entre l'Union soviétique et l'Allemagne nazie, passant successivement en entre les mains des Soviétiques et à l'été 1941 entre celles de l'Allemagne nazie[7].
Le, contournant vers l'est les défenses soviétiques, la8e Panzerdivision s'empare deTchoudovo, coupant ainsi laprincipale route et voie ferrée reliant Léningrad àMoscou. Le, le 50. Armee Korps, composé de la21e division d'infanterie et de laSS Polizei Division, se lance de nouveau à l'attaque de la ligne fortifiée avec comme objectif la prise ou la destruction de 115 bunkers puis la prise deLouga. Chaque bunker doit être pris ; les Soviétiques se font tuer sur place et lancent une contre-attaque de chars. De part et d'autre, les pertes sont énormes. Il faudra trois jours de réorganisation à la SS Polizei Division avant qu'elle reprenne le combat. Le, Louga est prise par la division SS et les Soviétiques se replient vers le nord.
Pendant trois semaines, les troupes soviétiques ont réussi à arrêter la progression allemande sur Léningrad en s'appuyant sur la ligne de la Louga, permettant à l'Armée rouge de créer une défense plus solide à l'approche de la ville. Sous une pluie battante, le maréchalvon Leeb lance alors la96e division d'infanterie pour leur couper la retraite. Le, au sud dulac Ilmen, les11e et34e armées soviétiques sont repoussées sur la rivièreLovat. Le, la96e division d'infanterie termine son mouvement enveloppant et piège trois divisions soviétiques dans lapoche de Louga. Cette poche tiendra jusqu'au et 20 000 Soviétiques y sont faits prisonniers. À partir du, les troupes allemandes se mettent en ordre de marche pour investir Léningrad. Quelques divisions ont déjà tenté de percer, sans succès, les premières ceintures défensives de la ville. L'encerclement est donc fait à distance, de 50 à 100 km de la ville dans un mouvement enveloppant en direction dulac Ladoga[5].
Le, les forces germano-finlandaises lancent des attaques dans l'isthme de Carélie et plus au nord versPetsamo.
Le, l'armée finlandaise passe à l'offensive dans l'isthme de Carélie entre leslacs Ladoga etOnega afin d'isoler Léningrad au nord et au nord-est et se heurte à la23e armée du généralMikhaïl Nikanorovitch Guerassimov. Les combats sont violents et les Soviétiques défendent pied à pied leurs positions. L'avance des troupes finlandaises est lente, mais elles parviennent à isoler plusieurs divisions soviétiques dans les secteurs deSortavala etPriozersk. Acculées aulac Ladoga, celles-ci continuent tout de même de se battre. Pendant cette résistance, les Soviétiques en profitent pour consolider le secteur de Carélie sur l'ancienne frontière séparant l'URSS et la Finlande avant laguerre d'hiver.
Le, la ville deMga est prise, isolant ainsi totalement Léningrad du reste du pays par voie routière et ferroviaire. Il ne reste qu'une étroite bande terrestre du Nord de Mga àSchlüsselburg et aux rives du lac Ladoga aux mains des Soviétiques.
Au début de septembre, les troupes de l'Armée rouge sont déployées en deux ceintures défensives. Cette force de défense est complétée par des divisions de défense populaire, formées de volontaires civils de la ville même de Léningrad ou de larégion de Léningrad et qui n'ont qu'une valeur de combat très limitée.
Le, les bombes commencent à tomber sur Léningrad.
Le, les Allemands lancent les premières attaques en direction dulac Ladoga avec deuxKampfgruppen dans une zone couverte de forêts et de landes, terrains défavorables aux chars et à l'artillerie. À la fin de la journée, les assaillants ne progressent que de 500 mètres.
Le, lesKampfgruppen continuent l'action et, en fin de journée, une compagnie parvient à ouvrir une brèche dans le dispositif de défense.
Le, au petit matin, la brèche s'élargit et la20. Infanterie-Division (mot.) perce les lignes de défense soviétiques et atteintSchlüsselburg et laNeva, large de 1 000 mètres, à l'exutoire du lacLadoga, face àCheremetevka(ru). Léningrad est dès lors coupée du reste de l'Union soviétique par voie terrestre. Cette petite bande de terre sera désormais l'enjeu de combats et de batailles. LesAllemands disposent d'une mince portion du lac Ladoga, sur lequel les Soviétiques entretiennent une flottille navale importante. Le ravitaillement parviendra désormais aux assiégés par bateaux pendant une partie de l'année et chaque hiver, ils seront ravitaillés par lelac Ladoga gelé, par la « route de la vie », ce qui leur permettra de tenir. Mais près d'un million de civils mourront de faim pendant le siège.
Le, les nazis lancent une attaque plus à l'ouest en direction de Léningrad même afin de s'approcher le plus près possible de la ville. La prise de la ville, dont la défense est organisée parJoukov, se révèle vite impossible. Les Allemands renoncent à un assaut direct et décident de l'investir progressivement.
Le 41. Armee Korps (mot.) se heurte à la première ligne de défense de Léningrad, notamment sur leshauteurs fortifiées de Duderhof(en). La36. ID (mot) et la1re Panzerdivision passent à l'attaque des hauteurs dont les points culminants sont la cote 143 et la cote 167[13] qui sont truffées de tranchées, de bunkers et de nids de mitrailleuses, le tout protégé par un fossé antichar. Les combats sont rudes et sanglants, les Soviétiques ripostent avec leur artillerie et par des contre-attaques dechars KV1 qui sortent tout neufs desusines Kirov de Léningrad. Toutefois, malgré une défense opiniâtre, dans la soirée, la cote 143 tombe aux mains des Allemands. La18e armée attaque dans le secteur deKrasnoe Selo.
Mitrailleurs soviétiques en position défensive à la gare de Detskoe Selo àPouchkine, située à 25 km de Léningrad.
Le, la 18. Armée prendKrasnoe Selo et avance vers la côte. Le209e régiment d'infanterie entre dansUrizk, un faubourg de Léningrad où se trouve le terminus d'untramway et un panneau indiquant :« Léningrad, 10 kilomètres ». Toutefois, les Allemands ne poussent pas en direction de cette ville mais en direction de la mer Baltique, afin d'isoler les défenseurs d'Oranienbaum[14],[15].
Le,Krasnogvardeisk est prise après un mois de combat par la SS Polizei Division et la269e DI.
Le, la1. Infanterie Division, parvient à atteindre la mer Baltique isolantOranienbaum de Léningrad Cettepoche[14],[15] ne sera jamais réduite, les Soviétiques la ravitailleront par mer jusqu'à la fin du siège de Léningrad.
Dans la ville, encerclée depuis, des groupements armés formant les divisions d'infanterie de la milice de Léningrad sont créés, et les habitants aident à mettre en place les défenses.
Mais a posteriori', il semble que l'évacuation des civils a été insuffisante et a laissé de très nombreuses« bouches inutiles »[non neutre] à nourrir sur les 3 000 000 habitants qui se trouvent encore dans la ville. Les vivres en stock dans la ville représentent 35 jours de consommation pour le blé et la farine, 30 jours pour la viande, et 45 jours pour les matières grasses[19]. Un rationnement est mis en place immédiatement et des cartes d'alimentation sont distribuées[19]. Les habitants sont confrontés à une multitude de problèmes : non seulement la nourriture est rationnée, mais l'électricité est coupée, les tramways cessent de fonctionner en, il n'y a plus de lumière ni de chauffage, alors que les températures descendent à−40 °C pendant l'hiver 1941/1942[19],[18],[20]. À la radio, la poétesseOlga Bergholtz, native de Léningrad, est la voix des assiégés et les aide à tenir moralement[18].
Lelac Ladoga sert de voie de ravitaillement[20], mais le, avec l'arrivée de l'hiver et de l'embâcle, les navires ne peuvent plus passer et les camions pas encore, la glace n'étant pas assez solide pour supporter leur poids. À partir du, le ravitaillement parvient aux assiégés par convois de traîneaux tirés par des chevaux jusque mi- à travers le lac gelé. On commence la construction d'une voie ferrée sur la glace en. Pendant l'hiver de 1942-1943, la « route de la vie » recommence à fonctionner, d'abord avec un trafic de chevaux, puis avec des véhicules à moteur à partir du. Les attaques allemandes se multiplient sur ce passage mais ne parviennent pas à couper ce lien[18].
Le, 11 000 civils sont déjà morts de faim. En, 52 000 civils meurent de faim. En, 3 500 à 4 000 civils meurent de faim quotidiennement.
D'après les chiffres officiels fournis par les Soviétiques lors duprocès de Nuremberg, la famine causera la mort de 632 000 habitants de Léningrad. Les soldats sont nourris correctement le plus longtemps possible, mais durant les dernières semaines de l'année 1941, les rations sont à peine suffisantes.
Les Allemands sont eux-mêmes dans une situation précaire, en particulier en raison du froid et du manque de vêtements chauds.
La faim est particulièrement éprouvante pour les habitants assiégés, provoquant une déshumanisation et des actes peu communs. Lorsqu'il n'y a plus de viande, les chiens et les chats sont mangés dans un premier temps, ce qui a d’ailleurs causé un grave problème de prolifération derongeurs, à la suite de la disparition des chats. Après la percée du blocus en,l'un des tout premiers trains transportait plusieurs wagons de chats pour alimenter la population[réf. nécessaire].
Fin 1942 la situation est tellement difficile que la population a recours au vol de chair humaine sur les cadavres gelés, déposés à même le sol dans les cimetières et qui sont conservés par le froid extrême. On dénombrera 2 015 arrestations pour des faits de cannibalisme.
La température moyenne mensuelle en octobre 1941 était de +1,4 °C (la moyenne pour la période 1901-1930 est de +4,5 °C), soit 3,1 °C en dessous de la normale. Au milieu du mois, les gelées atteignent -6 ° C. À la fin du mois, le manteau neigeux s'installe.
La température moyenne en novembre 1941 était de -4,2 °C (la moyenne à long terme pour 1901-1930 est de -0,6 °C), l'amplitude de la température était de +1,6 à -13,8 °C.
En décembre 1941, la température moyenne mensuelle est tombée à −12,5 °C (avec une moyenne à long terme de −5,4 °C). La température variait de +1,6 à -25,3 °C.
Le mois de janvier 1942 est le plus froid de l'hiver et l'un des plus froids de toute la période d'observation. La température moyenne du mois était de -18,7 °C (la température moyenne pour la période 1901-1930 était de -7,4 °C). Le gel a atteint -32,1 °C, la température maximale a atteint +0,7 °C. L'épaisseur moyenne de la neige était de 41 cm (l'épaisseur moyenne pour 1890-1941 était de 23 cm).
La température mensuelle moyenne de février 1942 était de −12,4 °C (avec une moyenne à long terme de −7,6 °C) et variait de −0,6 à −25,2 °C.
Le mois de mars 1942 a été légèrement plus chaud que le mois de février, avec une température moyenne de −11,6 °C (avec une température moyenne de −3,6 °C entre 1901 et 1930). La température a varié de +3,6 à -29,1 °C au milieu du mois. Le mois de mars 1942 a été le plus froid de l'histoire des observations météorologiques jusqu'en 2023 en termes de température moyenne du mois.
La température moyenne mensuelle en avril 1942 était légèrement inférieure à la moyenne (+3,1 °C) à +1,8 °C, tandis que la température minimale était de -14,4 °C.
Trois hommes transportent des cadavres jusqu'au cimetière deVolkovo, en octobre 1942.Infirmières aidant des blessés lors du premier bombardement de Léningrad : des soldats soviétiques improvisésambulanciers transportent un blessé dans unecivière. PhotoTarasevich. : une unité militaire marche vers la ligne de front le long de l'avenue de Moscou à Léningrad. Photo deBoris Kudoyarov. : marins montant aufront dans les rues deLéningrad.Soldats soviétiques sur lefront deLéningrad, le.
Avant l'invasion allemande de l'URSS, il n'y a pas de plan prévu pour l'évacuation de la population de Léningrad, car la possibilité que les Allemands atteignent la ville est considérée comme minime. Toutefois, les premières personnes évacuent Léningrad par train à partir du, soit une semaine après le début de la guerre.
Du au, environ 490 000 personnes sont évacuées principalement par train.
À partir du, l'encerclement de la ville par les troupes allemandes ne permet plus l'évacuation par voie terrestre. On considère toutefois que le début du blocus a eu lieu le 8 septembre 1941, lorsque la liaison terrestre de Leningrad avec l’ensemble du pays a été interrompue. L'évacuation de 35 000 personnes se poursuit alors par voie aérienne et navale à travers lelac Ladoga.
Entre et le, l'évacuation de 36 000 personnes, continue à marche forcée et par camion, à travers le lac Ladoga gelé, dans une totale désorganisation.
Du au, une organisation d'évacuation est mise en place, permettant l'évacuation de 554 000 personnes principalement par laroute de la vie dont les travaux sont terminés.
De mai à, 403 000 personnes supplémentaires sont évacuées, ce qui porte le nombre total à 1,5 million d'évacués depuis le début dublocus.
Le, laLuftwaffe déclenche des raids contre la flotte soviétique de la Baltique mouillée dans le port deKronstadt. En effet, les cuirassés soviétiquesMarat etRévolution d'Octobre, et plusieurscroiseurs, bien que vieillissants, disposent d'une artillerie lourde appréciable, qui aide les défenseurs de Léningrad
Le, les troupes finlandaises s'emparent dePetrozavodsk, situé sur les bords dulac Onega. Le commandement du siège de Léningrad est confié au généralvon Küchler. Le, le généralJoukov quitteLéningrad pour prendre la direction du front de défense deMoscou.
Le, les Allemands coupent la voie ferréeLéningrad-Vologda à 160 kilomètres à l'est de Léningrad et avancent surTikhvine, mais échouent à conquérir le nœud ferroviaire deVolkhov. Les combats sont féroces, les contre-attaques soviétiques infructueuses.
Le, les18eInfanterie Division et12ePanzerdivision s'emparent deTikhvine après des combats longs et sanglants. En se portant à l'est de Léningrad, les Allemands ont non seulement pour objectif de l'encercler, mais également d'opérer leur jonction avec les Finlandais ; toutefois, ce dernier objectif ne sera jamais atteint. LeGrand quartier général du Führer demande au corps blindé s'il ne peut pas pousser jusqu'àVologda située à 400 km de là.
Le, Staline ordonne l'envoi de nouvelles troupes sibériennes pour contrecarrer le projet d'encerclement nazi. Legénéral Meretskov commandant de la4e armée, prépare une contre-attaque en tenaille afin d'encercler les troupes allemandes qui se trouvent dansTikhvine.
Le, le généralSiegfried Haenicke commandant la61eInfanterie Division dans la ville de Tikhvine décide d'abandonner la ville, devenue une position intenable. L'arrière-garde, composée de l'Infanterie-Regiment 151 et duPionier-Bataillon 161, fait sauter les ponts, la voie ferrée et le matériel militaire qui ne peut pas être transporté (42 canons, 46 mortiers, 190 mitrailleuses et 102 camions).
Surtout durant l'hiver de 1941-1942, les civils restés dans la ville ont terriblement souffert de lafamine. Ainsi, de à, la seule nourriture disponible pour le citoyen est de 125 grammes de pain par jour, dont 50-60 % se composait de sciure et autres adjuvants non comestibles, distribués par des cartes de rationnement. En janvier, la famine sévit : 3 500 à 4 000 civils meurent de faim quotidiennement.
Le commandement soviétique prend alors la décision d'évacuer une grande partie de la population civile, tout d'abord parcamions à travers lelac Ladoga gelé, puis par bateaux. Durant l'année 1942, 951 000 personnes seront ainsi évacuées.
La flottille soviétique du lac Ladoga, qui rassemble environ 200 bateaux, permet, outre l'évacuation de la population, l'acheminement du ravitaillement et des renforts. Ils s'élèveront respectivement à un million de tonnes de ravitaillement et 250 000 soldats.
Offensive d'hiver 1942, entre lelac Ilmen et lelac Seliger.Carte de labataille de Liouban également appelée bataille du Volkhov. Les flèches blanches indiquent les attaques soviétiques, qui utilisent des unités blindées comme une réserve mobile. Les flèches bleues indiquent les contre-attaques des troupes allemandes.1942 : une colonne duKampfgruppeJeckeln pès deKrasnogvardeisk.Mitrailleuse anti-aérienne soviétique, Léningrad,.Carte du siège de Léningrad de à.Assaut de l'Armée rouge le 21décembre 1943.Assaut de l'Armée rouge le.
Le, la290e ID est totalement débordée. Une partie du502e DI se réfugie dansVzvad(ru)[25], et une partie des501 et 503. IR, positionnée plus au sud, occupe et fortifieTulitovo etBeglovo alors qu'une autre partie parvient le à se replier vers l'ouest afin d'éviter l'encerclement total. Un peu partout sur l'immense front attaqué, les premières lignes allemandes se désagrègent, mais conformément aux ordres deHitler, elles ne reculent pas et luttent jusqu'au bout. Il s'ensuit alors la « création » de multiples points d'appui. Des villages et d'autres positions défensives se trouvent alors isolés, encerclés, mais leurs défenseurs continuent la lutte sur place jusqu'à l'extrême limite. L'offensive soviétique y perd son effet de surprise, son poids et sa vigueur, et l'Armée rouge est contrainte de diluer son effort pour réduire une à une les poches de résistance.
Le, les troupes encerclées dansDemiansk lancent une offensive, conjointement aux troupes de secours de l'opérationBrückenschlag afin de percer lapoche.
Le, les Soviétiques lancent une nouvelle attaque pour prendreKholm, mais ils sont obligés de se replier. La218. Infanterie Division attaquant depuis le sud-ouest. Ce même jour, lapoche de Demiansk est définitivement sauvée. Toutefois elle n’est pas évacuée et restera telle quelle jusqu'à l’hiver suivant, formant un incroyable saillant, relié au front allemand par le mince couloir de Ramouchevo, large de 4 km et long de 12 km.
Le, les Allemands lancent une offensive contre lefront du Volkhov visant à réduire le saillant, afin d'empêcher la retraite des troupes et de l'artillerie soviétiques.
De juin à septembre, l'artillerie de siège allemande bombarde sans relâche la ville avec des obus de 800 kilos.
Les Soviétiques manquent de tout : munitions, armes, vivres et matériel en tout genre. La famine fait son apparition chez les civils comme chez les soldats, forçant les autorités à produire desersatz.
Le, l'OKW publie un communiqué dans lequel il indique que les Soviétiques ont perdu 33 000 prisonniers, 650 canons, 170 chars et 2 900 mitrailleuses. Il ne donne pas le nombre de morts mais estime que 120 000 soldats auraient réussi à s'échapper. Legénéral Vlassov est activement recherché par les troupes allemandes.
Le, legénéral von Küchler reçoit l'ordre de Hitler de renforcer les positions à Demiansk et de durcir l'encerclement de Léningrad, afin d'établir un contact avec les Finlandais en contournant lelac Ladoga pour isoler totalement la ville. Hitler fait transporter la11e armée devon Manstein qui s'est distinguée lors dusiège de Sébastopol et lui confie l'opérationNordlicht, qui doit commencer le, dont l'objectif principal est la prise de Léningrad. Le, legénéral Vlassov commandant en chef de la2e armée de choc est capturé par leHauptmann von Schwerdter à la suite de la dénonciation du maire d'un petit village.
Durant l'été, au sein du front du Volkhov, la bataille est continuelle mais sans l'intensité des combats de l'hiver et du printemps.
Le laSymphonieno 7 « Léningrad » deDmitri Chostakovitch est jouée par l'orchestre de la radio de Léningrad sous ladirection deCarl Eliasberg[27]. Le pouvoir soviétique avait fait pression sur le compositeurDmitri Chostakovitch, né à Léningrad et habitant à Léningrad, pour qu'il termine au plus vite l'écriture de cette symphonie qu’il était en train d’écrire, et que cette œuvre symbolise ainsi la résistance de la population locale face à l’envahisseur. Mais finalement Chostakovitch avait été évacué, sur ordre du Parti communiste[28]. La partition de l'œuvre a donc dû franchir les lignes allemandes par avion, une nuit de. Le concert est retransmis sur des haut-parleurs disposés dans toute la ville et également tournés vers les lignes ennemies. Cette date, initialement choisie par Hitler pour célébrer la prise de Léningrad, peut symboliser le renversement de la dynamique en faveur des Soviétiques[29].
Le, début des opérations dudétachement naval K(en)[30] pour empêcher l'approvisionnement de Léningrad par le lac Ladoga.
Le, l'Armée rouge lance une attaque afin de réduire lecol de bouteille qui offre aux Allemands une tête de pont sur le lac Ladoga. C'est le début de lapremière bataille du lac Ladoga, connue également sous le nom d'offensive de Siniavino. Les Soviétiques ont devancé les Allemands.
La2e armée de choc reconstituée est lancée en pointe de l'attaque en direction de Léningrad avec la mission de couper ce fameuxcol de bouteille, suppléée par la8e armée. C'est la223e division d'infanterie qui reçoit le premier coup de boutoir soviétique, reculant de 3 km.
Le, malgré une forte résistance allemande, le front s'effondre maisvon Manstein, qui a pris le commandement de toutes les unités se trouvant entre lamer Baltique etKirichi, lance les12e Panzerdivision et223e division d'infanterie dans plusieurs contre-attaques permettant de stopper l'avance soviétique. La96e ID contre-attaque permettant de stabiliser le front.
Le la poche qui contenait cinq divisions d'infanterie, deux divisions de la garde et six brigades d'infanterie indépendantes est détruite. Au total les Allemands font 12 400 prisonniers et capturent 193 canons et 244 chars. Si l'offensive de Siniavino est un échec soviétique et une incontestable victoire allemande, l'opération a obligé les Allemands à reporter l'opérationNordlicht. Celle-ci sera de nouveau reportée à la suite de la défection des troupes finlandaises et du siège de Stalingrad. En novembre, Hitler fait ainsi transporter la11e armée devon Manstein surStalingrad afin debriser l'encerclement.
Le front de Leningrad devient alors un secteur secondaire jusqu'à.
En 1938, environ 171 000 bébés étaient nés à Léningrad et sa banlieue, et en 1939 on dénombrait plus de 175 000 naissances. Durant l'année 1943, seulement 700 enfants environ sont nés vivants à Léningrad. La plupart sont morts soit pendant le siège, soit sur la route lors de l'évacuation.
En janvier, la population de Léningrad, y compris la banlieue, est passée d'environ 4 millions à moins de 800 000, civils et militaires. La plupart des civilsinutiles sont évacués vers laSibérie, où beaucoup mourront. En, lechemin de fer est temporairement rétabli, mais bientôt il est à nouveau détruit par l'aviation allemande.
En mars et avril uneépidémie detyphus et defièvre paratyphoïde touche un grand nombre de survivants mais elle est contenue par les efforts mutuels des médecins et des citoyens.
Le siège s'éternise et Léningrad devient uneville fantôme.
Au même moment, mais du côté de Léningrad, la67e armée, lance les136e et268e divisions d'infanterie à travers laNéva gelée. De ce côté également les combats sont violents, les Soviétiques perdent 3 000 hommes sur la Néva. En fin de journée le front allemand est très affaibli mais il tient toujours. Afin de consolider le front legénéral Lindemann fait transporter un régiment de la61. ID à Mga et ordonne à la96. ID d'envoyer des éléments àSchlüsselburg etLipski tandis que le reste de la division prépare une contre-attaque.
Du côté du front de Léningrad, les 4 chars restants de la 1.Kompanie de laSchwere Panzer Abteilung 502 repoussent l'assaut, à travers laNéva gelée, d'une trentaine de charsT-34.
Du au, les Soviétiques ayant obtenu, en partie, ce qu'ils souhaitaient, un« contact terrestre avec Léningrad », un léger répit intervient permettant aux troupes soviétiques d'établir des défenses telles que les Allemands ne puissent plus les leur disputer.
L'opérationIskra est une victoire stratégique pour les forces soviétiques. Du point de vue militaire, l'opération a éliminé la possibilité de la capture de la ville. D'autre part, lefront de Léningrad sera désormais très bien ravitaillé, renforcé et capable de coopérer plus étroitement avec lefront du Volkhov.
Pour la population civile, l'opérationIskra permit le ravitaillement en nourriture, ainsi que la possibilité d'évacuer plus de civils de la ville. La fin du blocus a également eu un effet stratégique, bien qu'il ait été éclipsé par la reddition de la6e armée allemande àStalingrad quelques jours plus tard.
Toutefois lehaut commandement soviétique souhaitant consolider le passage le long dulac Ladoga décide de relancer une attaque avec comme objectif la ville de Mga, nœud routier et ferroviaire très important. La prise de la ville par les Soviétiques permettant le rétablissement duchemin de fer de Kirov entre Léningrad etMourmansk.
Durant cette période le front allemand, désormais entre laNéva et leVolkhov se restructure.
OpérationPoliarnaïa Zvezda.1944 : les survivants de Léningrad exultent alors que le siège est levé. Sur le mur on peut lire : « Citoyens ! Cette partie de la rue est la plus dangereuse pendant les tirs de barrage ».
L'offensive soviétique marque le pas dès le1er jour. LaStavka lance alors ses chars lourds qui pénètrent les premières lignes allemandes, sans pouvoir avancer plus. Dans le secteur de la55e armée les Espagnols de la División Azul résistent superbement et l'attaque soviétique est également stoppée. Finalement, l'opérationPoliarnaïa Zvezda, qui est un nouvel échec pour les Soviétiques, aura coûté pour le seul secteur deKrasny Bor de 11 000 à 14 000 hommes et un nombre identique de blessés. Malgré de très lourdes pertes, les Espagnols ont pu tenir bon face à une force soviétique sept fois plus importante et soutenue par des chars. L'assaut est contenu et le siège de Léningrad est maintenu pendant une année supplémentaire jusqu'au. Côté allemand, dans ce même secteur, la División Azul perd 3 645 tués ou blessés et 300 disparus ou faits prisonniers, soit un taux de pertes de 75 %.
Sachant désormais que Mga ne serait pas prise, les autorités de Léningrad, ordonnent la construction d'une voie ferrée sur le terrain conquis au sud deSchlüsselburg.
Le, au sud dulac Ilmen, les Allemands réussissent le retrait du couloir de Ramouchevo[33], large de 4 km, seulement et long de 12 km, et de lapoche de Demiansk, de l'ensemble de leurs dix divisions, afin de raccourcir le front de plusieurs centaines de kilomètres. La ville sera libérée par l'Armée rouge le1er mars.
Le, dans le secteur ducol de la Bouteille les Soviétiques tentent un nouvel assaut qui se solde par un échec.
Début avril, après plusieurs autres tentatives de petite envergure, l'opérationPolyarnaya Zvezda prend fin, Mga reste aux mains des Allemands qui estiment les pertes soviétiques à 270 000 hommes, lesquelles sont bien inférieures aux leurs. Toutefois la destruction de 4 divisions leur fait défaut car ils manquent désormais cruellement de soldats sur le front de l'Est. Si cette opération est un succès — tactique — allemand, c'est également un succès — stratégique — pour les Soviétiques, qui ouvrent une liaison terrestre avecLéningrad.
À la fin de 1943, les Soviétiques reçoivent d'importantes quantités d'armes en provenance des nouvelles usines de l'Ouest de l'Oural ainsi que desT-34 qui leur permettent de lutter contre lesPanzer III etIV allemands. Ils reçoivent également des camions surmontés delance-roquettes, appelés « orgues de Staline » par les Allemands etkatiouchas par les Soviétiques. Ce nouveau matériel leur donne la possibilité d'une offensive.
1 470 000 soldats et civils soviétiques se virent décerner cette médaille (Pour la Défense de Léningrad), établie le par décret duPræsidium du Soviet suprême.
De nombreux autres monuments historiques et des maisons situées dans la banlieue de Saint-Pétersbourg ont été pillés et détruits, et de nombreuses collections d'art volées par l'Allemagne nazie.
Ce blocus, le plus long de la guerre avec ses 28 mois (872 jours), a entraîné la mort de 1 800 000 Soviétiques (dont environ un million de civils). Quant aux forces de l'Axe, elles ont enregistré la perte de 200 000 de leurs soldats.
L'opérationNovgorod-Luga du au.
L'opérationTonnerre de Janvier également appelée opérationKrasnoselsk-Ropshinsk du14 au.
Nikita Lomaguine :The Leningrad Blockade, 1941—1944: A new documentary History from the Soviet Archives. New Haven & London:Yale University Press, 2012 - co-authored with Bidlack Richard,(ISBN978-0-300-11029-6)[1].
Sarah Gruszka, « Le siège de Leningrad en quête de commémoration, 77 ans après », Mémoires en jeu.Revue critique interdisciplinaire et multiculturelle sur les enjeux de mémoire,no 8, hiver-printemps 2018-2019, pp. 152-156.
Sarah Gruszka, « Une écriture de la catastrophe dans Leningrad assiégé (1941-1944) », inSous la glace et les débris du temps. Front de l’Est et bombardements en Europe, sous la direction de Caroline Bérenger et Viviana Agostini-Ouafi, Paris, Indigo, collection « Archives plurilingues et témoignages », 2017, pp. 91-106.
Sarah Gruszka,Le siège de Leningrad. Septembre 1941-Janvier 1944, Tallandier,, 348 p.(lire en ligne)