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| Date | septembre - |
|---|---|
| Lieu | Fougères |
| Issue | Victoire bretonne |
| 8 000 hommes | 600 hommes |
| inconnues | inconnues |
Batailles
| Coordonnées | 48° 21′ 09″ nord, 1° 11′ 55″ ouest | |
|---|---|---|
Lesiège de Fougères se déroula lors de laguerre de Cent Ans. La ville, prise par surprise par les Anglais, fut ensuite assiégée par les troupes du duc de Bretagne en1449. Cette bataille mit fin à la trêve entre la France et l'Angleterre qui durait depuis quatre ans.
En1449, les royaumes de France et d'Angleterre sont en paix depuis1445. Leduc de Bretagne,FrançoisIer de Bretagne est alors vassal du roi de France comme du roi d'Angleterre. Mais son frère,Gilles de Bretagne, chef du parti pro-anglais s'oppose à lui et tente de gagner à lui le Roi d'Angleterre. Le duc le fait alors arrêter le. Cet emprisonnement provoque l'indignation du RoiHenri VI d'Angleterre qui exige la libération du prisonnier. Finalement après trois ans de négociations vaines, le roi Henri décide de tenter un coup de force en prenant une place forte bretonne, afin d'exiger du duc la libération de Gilles en échange de la restitution de cette place.

François de Surienne, ditl'Aragonais est choisi pour cette mission ; c'était un capitaine mercenaire spécialisé dans l'attaque surprise des villes à l'échelle, il en avait déjà prises 32. Surienne convainc le Roi Henri d'attaquerFougères, place frontalière à laNormandie, alors anglaise, et en outre la plus riche ville desmarches de Bretagne. Le roi approuve le plan de Surienne et le nomme capitaine deCondé-sur-Noireau, conseiller de son grand conseil, et le faitchevalier de la Jarretière.
De retour enNormandie, Surienne rassemble 600 mercenaires àCondé-sur-Noireau. Le, il quitte la place et prend la direction deFougères. Dans la nuit du au, les Anglais arrivent en vue de la ville. Surienne connaît la place et ses forces, tenu informé par un espion depuis plusieurs mois. Les Anglais s'approchent alors de murailles avec leurs échelles et sans être aperçus, escaladent les murs sur deux points. Le premier groupe s'empare de la ville, le deuxième prend le château. La garnison qui, en période de paix, ne compte qu'une poignée d'hommes, est capturée.
À l'aube du 24, à 7 heures du matin, les Anglais ouvrent les portes au gros de l'armée, restée à l'extérieur. Les mercenaires se répandirent alors dans la ville et commettent toutes sortes d'exactions contre la population : massacres, incendies, pillages, tortures et viols. Le butin prélevé par les Anglais fut extrêmement lourd, près de deux millions d'écus.
Mais la réaction du duc de Bretagne ne fut pas celle souhaitée par le Roi d'Angleterre. Le duc François tente bien d'abord d'ouvrir des négociations, il envoie àFougères le maréchal de Bretagne Michel de Parthenay pour traiter avec Surienne. Mais celui-ci refuse de rendre la place, même lorsqu'on lui propose la libération de Gilles. Le duc envoie alors un ambassadeur au duc de Somerset, commandant de laNormandie mais sans succès. Sommerset désapprouvait l'action de Surienne, mais comme celui-ci avait des ordres du Roi, il avait laissé faire.
Les négociations ayant échoué, le duc François s'adresse alors au roi de FranceCharles VII. Ce dernier envoie à son tour des ambassadeurs en Angleterre, mais le roi Henri refuse de céder la place, avançant qu'il s'agissait d'une juste punition contre son vassal, en représailles de l'emprisonnement de Gilles. Une conférence se tint auPort-Saint-Ouen, près deRouen, mais n'eut aucun résultat. Il n'y avait désormais plus d'autre issue que la voie des armes.
La trêve entre la France et l'Angleterre est brisée. Le, le duc de Bretagne fit alliance avec le roi de France. Peu de temps après, l'armée française entrait enNormandie. Pendant ce temps, FrançoisIer réunit son armée àSaint-Aubin-du-Cormier. Vers fin juillet-début septembre, l'armée ducale, sous le commandement du deuxième frère du duc, lecomte de Guingamp mettait le siège devant Fougères. Rapidement, FrançoisIer, à la tête de son armée se rendit maître duCotentin ; il regagna alorsFougères, où il prit lui-même la direction du siège contre les Anglais, désormais isolés.
Les Bretons construisirent deux forts, l'un devant la porte Saint-Léonard, l'autre face à la porte de Rillé. Les deux autres portes de la ville étaient surveillées par les troupes du duc et celles de son cousin, leconnétable de Richemont. L'artillerie bretonne tenta d'abord de fracasser les portes mais sans résultat, elle finit par renoncer. Les Bretons repérèrent alors les points où la muraille paraissait la plus vulnérable et entreprirent de creuser des tranchées pour pouvoir y aménager l'artillerie. Les travaux, exécutés sous les tirs des archers anglais furent cependant longs et pénibles. À plusieurs reprises, les Anglais tentèrent des sorties où ils parvenaient à endommager les ouvrages. Les combats causèrent cependant de lourdes pertes de part et d'autre.

Les tranchées construites, l'artillerie entama une longue canonnade qui finit par ouvrir des brèches sur plusieurs points. Les Anglais rebouchèrent en formant des barricades faites de tonneaux et de sacs de terre. Les soldats bretons durent alors se porter aux pieds des murailles afin de démolir ces ouvrages avec des crochets de fer.Fougères était sur le point de tomber lorsque les épidémies frappèrent l'armée ducale et firent de nombreuses victimes parmi les soldats et les officiers. Malgré les conseils de ses vassaux, le duc refusait toutefois d'accepter les offres de reddition anglaises, bien décidé à reprendre la ville d'assaut. Mais un par un, les vassaux commencèrent à quitter l'armée et à regagner leurs terres. Voyant ses effectifs diminuer, le duc François dut accepter d'ouvrir des pourparlers avec Surienne. Ceux-ci aboutirent rapidement, les Anglais se rendirent et restituèrent la ville au duc. En échange, ils furent autorisés à repartir libres avec armes et bagages. Le, après plus de deux mois de siège, le duc pouvait faire son entrée dansFougères.
Cependant les pillages des Anglais avaient ruiné la ville jusque-là prospère. Le duc exempta les Fougerais d'impôts pour une durée de 20 ans.