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Shoah en Grèce

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Shoah en Grèce
Image illustrative de l’article Shoah en Grèce
Une jeune femme pleure pendant ladéportation desRomaniotes deIoannina le. Presque toutes les prisonnières sont assassinées àAuschwitz-Birkenau.

Date1941 -1944
LieuGrèce
VictimesJuifs grecs
TypeExtermination systématique des Juifs d'Europe par le Troisième Reich
Morts83 % à 87 % des populations juives de Grèce : 60 000 personnes[1]
Survivantsenviron 12 750
Ordonné parTroisième Reich
MotifShoah
ParticipantsÉtat greccollaborationniste ;Royaume de Bulgarie collaborationniste.
GuerreSeconde Guerre mondiale
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LaShoah en Grèce est lapersécution, la déportation et l'assassinat desJuifs grecs, principalement par leur envoi au camp d'Auschwitz, pendant laSeconde Guerre mondiale. En1945, entre 83 % et 87 % des Juifs de Grèce avaient disparu, soit l'un des taux les plus élevés en Europe.

Avant-guerre, la Grèce compte environ 72 000 à 77 000 Juifs répartis dans27 communautés. La majorité d'entre eux, près de 50 000, vit àSalonique (Thessaloniki), ville auparavantottomane,conquise et annexée par la Grèce en 1913. La plupart des Juifs grecs étaient desséfarades parlant leladino, ainsi que desRomanioteshellénophones. Après labataille de Grèce en, lepays est occupé par l'Allemagne, l'Italie et la Bulgarie. Pendant la première année d'occupation, les autorités n'appliquent pas de campagnes systématiques visant les Juifs en particulier.

En, un peu plus de 4 000 Juifssont déportés depuis la zone d'occupation bulgare vers lecentre d'extermination de Treblinka. Du jusqu'en août, pratiquement tous lesJuifs de Salonique, ainsi que ceux des communautés voisines, sont déportés vers Auschwitz. En, l'Allemagne prend le contrôle de la zone d'occupation italienne, dont les dirigeants s'opposaient à la déportation des Juifs. En,Athènes,Ioannina et d'autres localités de l'ancienne zone d'occupation italienne voient la rafle et la déportation frapper leurs communautés juives. À la mi-1944, les Juifs implantés dans lesîles grecques sont ciblés à leur tour. Environ 10 000 Juifs ontsurvécu à la Shoah, soit en se cachant, soit en rejoignant larésistance grecque, soit en survivant aux déportations.

Après la Seconde Guerre mondiale, lesJuifs survivants rencontrent des difficultés pour recouvrer leurs biens auprès des non-Juifs qui s'en sont emparés. Près de la moitié des survivants migre enIsraël ou vers d'autres pays dans la première décennie d'après-guerre. Pendant longtemps, la Shoah reste occultée par rapport à d'autres évènements sous l'occupation, mais le sujet gagne en visibilité auXXIe siècle.

Contexte

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Article détaillé :Histoire des Juifs en Grèce.
Expansion de la Grèce de 1832 à 1947.

LesRomanioteshellénophones forment la plus ancienne communauté juive d'Europe[2] : leur présence remonte peut-être jusqu'ausixième siècle avant notre ère[3]. De nombreuxséfarades de langueladino s'installent dans l'Empire ottoman, y compris dans des régions qui forment la Grèce moderne, après avoir étéexpulsés d'Espagne etdu Portugal à la fin duXVe siècle[4],[5]. Ceux-ci, sur le plan démographique comme sur le plan culturel, finissent par primer sur les Romaniotes[6]. Les différentes communautés juives grecques d'avant-guerre — au Sud, à l'Ouest et auNord-Est — possèdent chacune une histoire propre[3].

Avant lesguerres balkaniques, 10 000 Juifs (au maximum) vivent en Grèce ; cette population est multipliée par huit avec les acquisitions territoriales[26]. Les Juifs subissent occasionnellement une flambée de violenceantisémite, comme les émeutes de Corfou en 1891 et, en 1931, lepogrom de Campbell mené par l'Union nationale de Grèce (EEE) dans une banlieue de Salonique[27],[28]. La récession conduit de nombreux Juifs à émigrer après laPremière Guerre mondiale[29]. Au début, des marchands aisés quittent le pays vers l'Europe, l'Amérique latine et lesÉtats-Unis. Dans les années 1930, de nombreux Juifs plus démunis émigrent de Salonique vers laPalestine[30]. Sous une pression intense en faveur de l'hellénisation[31], les Juifs de Salonique sont progressivement intégrés dans la majorité grecque et des jeunes apprennent le grec comme langue maternelle[32]. L'historienSteven Bowman (en) déclare que si la destruction physique des Juifs grecs se produit entre 1943 et 1945,« une offensive économique, sociale et politique précède les tourments de la Seconde Guerre mondiale »[33]. La fragmentation politique des Juifs thessaloniciens en factions opposées — partisans de l'assimilation,sionistes etcommunistes — érode leurs capacités de résistance[34],[35]. En 1936, le dictateurIoánnis Metaxás renverse la vie politique parlementaire et instable[36],[37]. Au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale, la Grèce compte environ 72 000 à 77 000 Juifs répartis dans 27 communautés, principalement à Salonique[19].

Occupation par les forces de l'Axe

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Articles détaillés :Bataille de Grèce etOccupation de la Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale.
Occupation de la Grèce par trois États : l'Italie fasciste, l'Allemagne nazie et leroyaume de Bulgarie.

Tôt dans la matinée du, l'Italiepose un ultimatum au dictateur Ioánnis Metaxás : soit autoriser les troupes italiennes à occuper la Grèce, soit entrer en guerre. Metaxás refuse et l'Italieenvahit aussitôt la Grèce[38],[39]. La communauté juive a recensé 12 898 Juifs dans les rangs des combattants grecs ; 613 sont morts et 3 743 blessés, dont le plus célèbre est le colonelMardochaíos Frizís. Pendant l'hiver 1940-1941, Italiens et Grecs se battent enAlbanie[40] mais, en, l'Allemagne prend partà la guerre et, à la fin du mois, elle occupe toute la Grèce continentale[41]. Le, un groupe de généraux annonce la formation d'unnouveau gouvernement soutenu par le Troisième Reich. Pendant ce temps, la famille royale évacue vers la Crète puis auCaire, où est fondé legouvernement grec en exil[42][43].

À la mi-1941, la Grèce est partagée en plusieurs zones d'occupation. L'Allemagne domine des secteurs d'importance stratégique : laMacédoine, y compris Salonique, le port duPirée, la majeure partie de la Crète et certainesîles Égéennes ; les Italiens prennent la quasi-totalité de la Grèce continentale ainsi que de nombreuses îles[44],[45]. Leroyaume de Bulgarie occupe laMacédoine-Orientale-et-Thrace : elle y entreprend sans tarder une campagne féroce debulgarisation et déplace plus de 100 000 réfugiés grecs vers l'Ouest[44],[45],[46]. Le gouvernement greccollaborationniste commence à percevoir la Bulgarie comme la principale menace et fait des pieds et des mains pour cimenter l'alliance avec l'Allemagne afin de contrer les visées bulgares. En 1943, des secteurs de la Macédoine orientale passent du contrôle allemand à celui des Bulgares[47].

Persécutions antisémites

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Article connexe :Aryanisation.
Liste des objectifs de laconférence de Wannsee
« Juifs malvenus », pancarte à Salonique en 1941.
Rafle de 9 000 Juifs sur laplace Eleftherías, à Salonique le.

Aussitôt que commence l'occupation, la police allemande procède à des arrestations contre des personnes considérées comme subversives, y compris les intellectuels juifs grecs et la totalité du Conseil de la communauté juive de Salonique[48]. Le groupeReichsleiter Rosenberg recense les biens des Juifs une semaine après le début de l'occupation[49]. Pour entrer dans les bonnes grâces des Allemands, le Premier ministreGeórgios Tsolákoglou annonce l'existence d'un« problème juif » en Grèce — expression qui n'a jamais figuré dans les discours d'avant-guerre — et ajoute :« cette question trouvera sa solution définitive dans le cadre de l'Ordre nouveau en Europe »[50].

Les autorités mènent des confiscations, à une échelle massive, de divers biens appartenant à des Juifs et des non-Juifs. Les Juifs aisés sont arrêtés et sont expropriés de leurs entreprises[51]. Pendant la première année sous occupation, les Juifs partagent les mêmes difficultés que les autres Grecs, y compris lafamine de 1941 et l'hyperinflation. Les activités demarché noir sont très développées même si les participants courent le risque d'uneexécution sommaire[52]. La famine frappe très gravement les Juifs grecs, car nombre d'entre eux appartiennent auprolétariat urbain et manquent de relations dans les campagnes[53]. À Salonique, l'armée allemande tente de renforcer les dissensions entre juifs et chrétiens, en incitant les journauxNea Evropi etMakedonía à publier des pamphletsantisémites et en restaurant l'Union nationale de Grèce (EEE), que Metaxás avait bannie[54]. Dans la zone d'occupation bulgare, des centaines de Juifs thraces sont envoyés de force dans lesbataillons de travail, ce qui leur a permis d'échapper à la famine et à la déportation de 1943[44].

Les collaborateurs grecs remettent aux autorités allemandes des listes de prétenduscommunistes, qui sontpris en otage puis exécutés enreprésailles contre des actes de résistance. Les Juifs sont sur-représentés parmi ces victimes[47]. Dans la seconde moitié 1941, les biens immeubles des Juifs à Salonique sont confisqués à grande échelle pour y reloger des chrétiens dont les habitations ont été détruites dans les bombardements ou qui ont fui la zone d'occupation bulgare[55]. En, le gouvernement collaborationniste, cédant aux exigences allemandes, fusille l'officier supérieur Georgios Daskalakes à cause de ses prétendues origines juives[56]. Peu après, toujours à la demande du Troisième Reich, le gouvernement interdit à tous les Juifs de sortir du pays[57].

Le à Salonique, 9 000hommes juifs sont raflés pour être recensés sur la place Eleftherías dans une opération conjointe des Allemands et du gouvernement grec[58],[59]. Les victimes sont humiliées en public et obligées d'accomplir des exercices physiques[59],[60]. Après leur enregistrement, jusqu'à 3 500 hommes juifs sont recrutés par contrainte dans des bataillons de travail par l'Organisation Todt, un organisme nazi degénie militaire et civil. Lesgendarmes grecs gardent les prisonniers pendant leur transfert vers leurs affectations et d'anciens militaires grecs supervisent les chantiers[61],[62],[63]. Les conditions sont si épouvantables que des centaines de victimes y laissent la vie[64],[65]. Certains hommes se sont échappés mais les Allemands en fusillent d'autres en représailles[61],[62]. Les autorités grecques et l'Église orthodoxe n'émettent aucune protestation[65]. En guise de rançon pour libérer les travailleurs forcés, la communauté juive paie la somme de deux milliards de drachmes et renonce aucimetière juif de Salonique, que la municipalité cherche à lui retirer depuis des années[66],[67]. La municipalité détruit le cimetière à partir du. De nombreuses pierres tombales sont réutilisées, par la ville et par l'Église orthodoxe grecque, comme matériaux de construction[68]. À la fin de 1942, plus d'un millier de Juifs ont fui de Salonique vers Athènes (surtout les plus aisés, car le trajet représente 150 000 drachmes, soit 300 £ à l'époque : l'équivalent de 14 000 £ en 2019)[65].

Déportation

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Carte tirée du livre d'Anastasio Karababas,Sur les traces des Juifs de Grèce (préf. deSerge Klarsfeld), VA Éditions, Versailles, 2023.

Des Juifs grecs vivant à Paris, Lyon et Marseille sontdéportés versAuschwitz en 1942 pendant laShoah en France et aucune protestation des diplomates grecs n'a été recensée[69],[70]. Selon l'historienChristopher Browning, le dictateurAdolf Hitler ordonne la déportation des Juifs de Salonique le, d'après un passage du journal deGerhard Engel qui déclare que Hitler« exige que les éléments juifs soient éliminés de Salonique »[71]. Le grand rabbin de Salonique,Zvi Koretz, est interné àVienne de à - soit un an avant que ne commence la déportation des Thessaloniciens[72].

La construction de défenses contre une éventuelle attaque des Alliés dans le Nord de l'Égée coïncide avec les préparatifs de la déportation des Juifs de Salonique ainsi que l'arrivée du conseiller allemandTheodor Dannecker en Bulgarie : il doit s'assurer que la Thrace occidentale avance dans lenettoyage ethnique. Hitler croyait que les populations juives saboteraient les défenses de l'Axe en cas d'invasionalliée[73]. Pour l'historien Andrew Apostolou, la perspective d'une victoire alliée conduit les autorités grecques à protéger leurs arrières en maintenant leur coopération avec les Allemands pour contrer les ambitions bulgares (à savoir, annexer définitivement la Thrace occidentale et la Macédoine), tout en créant des preuves qui leur permettraient de dégager leurs responsabilités en cas de victoire alliée[74]. Tant l'administration collaborationniste que les gouvernements d'après-guerre se sont servis de la guerre comme d'un moyen d'helléniser le Nord de la Grèce : ce secteur, depuis Corfou jusqu'à la frontière turque, est le plus dangereux pour les Juifs pendant la Shoah. À la même période, lesAlbanais chams sont expulsés (en) et de nombreuxMacédoniens (en) sont déplacés[75].

Au total, plus de 60 000 Juifs sont déportés par les nazis depuis la Grèce vers Auschwitz. Environ 12 750 d'entre eux échappent à l'extermination immédiate enchambre à gaz et 2 000 (au maximum) sont revenus après la guerre[76]. Les Juifs ne sont pas forcément informés du sort qui les attend et certains pensent qu'ils seront envoyés aux travaux forcés en Pologne[77],[78],[79]. Lesconvois sontsi remplis qu'il est impossible de s'asseoir et le trajet prend parfois jusqu'à trois semaines. Environ 50 % des victimes périssent en voyage, certaines perdent l'esprit et la plupart sont incapables de se tenir debout en arrivant à Auschwitz[80]. Après la déportation, la quasi-totalité des biens des Juifs sont revendus, volés ou nationalisés par le gouvernement grec. Presque partout, les chrétiens se rendent dans les quartiers juifs immédiatement après le départ des habitants et s'adonnent aupillage[81],[82].

Thrace (mars 1943)

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Article détaillé :Shoah en Grèce sous occupation bulgare.
Vidéo externe
Film muet sur la déportation des Juifs deKavala,Serrès etDráma en Grèce sous occupation bulgare, en mars 1943.

Le avant l'aube, enMacédoine-Orientale-et-Thrace sous occupation bulgare, 4 058 Juifs sont arrêtés (la population totale en compte 4 273)[83]. Dans cetterafle, planifiée le[84], l'armée bulgare encercle les localités voisines pour que la police procède aux arrestations de personnes figurant sur des listes. Les Juifs sont conduits vers des camps àGorna Džumaja etDoupnitsa, où ils restent quelques semaines avant d'être déportés par leDanube vers lecentre d'extermination de Treblinka[85],[86]. En moins d'un mois, 97 % des Juifs dans la zone d'occupation bulgare sont assassinés[85] et aucun des déportés n'a survécu. Dannecker relève que cette déportation« a été menée sans réaction notable chez la population locale »[86]. Pour les autorités bulgares, l'éviction des groupes ethniques non-Bulgares, dont les Juifs et les Grecs, est une étape nécessaire pour libérer de l'espace au profit des colons bulgares[87].

Salonique (mars-août 1943)

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Prisonniers triant des biens confisqués à Auschwitz II-Birkenau, début 1944. Parmi eux figure Chaim Rephael, déporté de Salonique.

Les préparatifs pour déporter lesJuifs de Salonique commencent en[88]. Un haut fonctionnaire allemand,Günther Altenburg (en), communique le projet àKonstantínos Logothetópoulos, premier ministre du gouvernement collaborationniste, le ; il n'existe aucun indice de résistance de la part de Logothetópoulos, sauf deux lettres de protestation après le début de l'opération. Malgré ces lettres, le gouvernement poursuit sa coopération dans la déportation[89]. Les autorités d'occupation italiennes et le consulGuelfo Zamboni (en) émettent de vigoureuses protestations ; ils accordent la citoyenneté italienne à des Juifs et organisent le voyage vers Athènes de centaines de Juifs grecs de nationalité italienne ou étrangère[90].

Le, le groupeSS chargé de la déportation arrive dans la ville et établit son quartier général au 42 rue Velissariou, dans une villa confisquée à des Juifs. Les chefs,Alois Brunner etDieter Wisliceny, s'installent au premier étage tandis que, dans les caves, des Juifs fortunés sonttorturés[91]. Les nazis lancent une série de décrets antisémites afin d'appliquer leslois de Nuremberg. Leur premier décret, promulgué le jour de leur arrivée, impose aux Juifs étrangers le port de l'étoile jaune[92]. Les nazis tracent leghetto du Baron Hirsch près de la gare et, le, ils l'encerclent de barbelés. Les policiers réguliers grecs gardent le ghetto à l'extérieur ; à l'intérieur, l'ordre dépend de lapolice juive. Les premières victimes envoyées dans le ghetto sont15 familles deLangadás. Néanmoins, le ghetto a compté jusqu'à 2 500 personnes simultanément[93].

Certaines s'échappent dans les montagnes pour rejoindre la résistance ou fuient vers Athènes, cependant la majorité des victimes ne peut le faire[94]. Les premiers convois de Salonique partent le[93],[94]. À la mi-juin, la plupart des Juifs ont été déportés[94] mais les derniers trains partent le, emmenant 1 800 hommes thessaloniciens enrôlés dans des chantiers de travaux forcés[95]. Au total, environ 45 200 Juifs sont déportés depuis Salonique vers Auschwitz ; 1 700 autres issus de cinq communautés dans la zone allemande sont déportés via Salonique[96]. Environ600 Juifs, surtout des espagnols et des membres du Conseil juif, sont envoyés àBergen-Belsen[97]. Dans l'ensemble, 96 % des Juifs de Salonique sont assassinés[98].

Après la confiscation de tous les commerces juifs le, les autorités s'aperçoivent qu'entre 500 et 1 700 entreprises juives sont en affaires avec l'étranger ; leur fermeture entraînerait de graves pertes pour les sociétés allemandes. Par conséquent, ces entreprises doivent continuer de fonctionner mais elles sont réattribuées[95]. Fin mai, une agence du gouvernement grec (l'Office d'administration des biens juifs) est fondée pour superviser les biens des déportés. Les Grecs expulsés des zones sous contrôle bulgare sont autorisés à occuper certains logements qui appartenaient à des Juifs (la confiscation a saisi 11 000 appartements) ; en parallèle, de nombreux Allemands et Grecs s'enrichissent avec les biens volés[99],[100]. L'or confisqué aux Juifs sert à atténuer l'inflation et produit des effets importants sur l'économie grecque[101]. L'historienKostis Kornetis (en) déclare :« l'élimination des Juifs [de Salonique] dans la vie économique est finalement bien accueillie tant chez les élites que dans la population générale »[102].

Rafle de Pessa'h (mars 1944)

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Déportation des Juifs depuis Ioannina le. Photographies de laCompagnie de propagande de laWehrmacht.

En, après l'armistice de Cassibile, l'Allemagne prend le contrôle de la zone d'occupation italienne. Les quinze communautés juives qui y sont encore présentes comptent moins de 2 000 personnes et sont implantées près de ports ou de routes importantes[103],[104].Jürgen Stroop est nomméchef supérieur de la SS et de la Police dans la Grèce occupée, en partie pour faciliter la déportation des Juifs athéniens[105]. Stroop ordonne au grand rabbin d'Athènes, Elias Barzilai, de lui remettre une liste de personnes juives. Barzilai lui répond que les registres de la communauté ont été détruits l'année précédente lors d'une campagne par l'Organisation patriote socialiste hellénique (EPSO) collaborationniste. Stroop lui ordonne d'écrire une nouvelle liste. Au lieu d'obéir, Barzilai prévient les Juifs qu'ils doivent fuir[106],[107] avec l'aide duFront de libération nationale (EAM), groupe de résistance de gauche. Barzilai conclut un marché avec l'EAM : il lui verse la totalité des réserves d'argent liquide de la communauté en contrepartie de l'accueil des Juifs dans les secteurs contrôlés par les rebelles[108],[109].

Le, Stroop impose aux Juifs uncouvre-feu et leur ordonne de se signaler auprès de la synagogue. Malgré la menace de mort qui pèse sur les Juifs qui se dérobent à l'opération et sur les chrétiens qui les aident, seules 200 personnes s'enregistrent ; de nombreuses autres s'enfuient, suivant l'exemple de Barzilai. Les nazis ne disposent pas d'effectifs suffisants et rencontrent l'opposition du gouvernement grec dirigé parIoánnis Rállis : ils doivent remettre les opérations de déportation à l'année suivante[110]. Sous la pression des Allemands, Rállis promulgue des lois sur la confiscation des biens appartenant aux Juifs[111]. Si les Juifs fortunés des classes moyennes parviennent à se cacher, ceux qui s'enregistrent auprès des autorités appartiennent aux classes plus démunies de la société et n'ont pas les ressources nécessaires pour fuir. Au cours des six mois suivants, d'autres Juifs sont obligés de quitter leur abri car leurs ressources se tarissent[111]. Le retard pris dans le projet de déportation rend certains Juifs trop confiants[112]. Dans certains secteurs, ils ne saisissent pas l'occasion de s'enfuir pour diverses raisons : manque d'information sur la menace qui les guette, carences des intellectuels de la communauté, méfiance envers la résistance et réticence à abandonner des membres de leur famille[113].

En,Adolf Eichmann remplace Wisliceny parAnton Burger, qui est chargé de déporter les Juifs grecs dès que possible. En, la fête juive dePessa'h est utilisée comme couverture pour des rafles coordonnées menées en Grèce par laGeheime Feldpolizei (police militaire allemande) et la gendarmerie grecque[114]. Le, dupain azyme est distribué à une synagogue d'Athènes : les 300 Juifs qui ont tenté d'en obtenir sont arrêtés et d'autres sont traqués le même jour d'après des listes de noms[114]. En général, la police grecque refuse d'arrêter des Juifs dont le nom ne figure pas sur les listes, ce qui épargne la vie de nombreux jeunes enfants. À la fin de la journée, les 2 000 Juifs pris sont internés aucamp de concentration de Chaïdári, à l'extérieur de la ville[111]. Le, tous les Juifs des communautés restantes en Grèce continentale sont arrêtés, y compris àPatras,Chalcis,Ioannina,Arta,Préveza,Larissa,Vólos etKastoria. La majorité des Juifs de Ioannina et de Kastoria sont arrêtés[115]. Le, le convoi part d'Athènes et embarque davantage de victimes juives sur son chemin vers le Nord. Près de cinq milliers de Juifs sont déportés de Grèce et ils parviennent à Auschwitz9 jours plus tard[112].

Déportation depuis les îles grecques (juin-août 1944)

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Camp de concentration de Chaïdári,block 15, en 2009.

Après la rafle de Pessa'h, les nazis tournent leur attention vers les communautés juives des îles grecques[110]. La communauté entière des Juifs crétois,314 personnes deLa Canée et 26 d'Héraklion sont raflées le et quittent le port de labaie de Souda le. Toutes sont tuées car les Alliéscoulent leur bateau[116],[117]. Après l'armistice de 1943, la garnison italienne de Corfou refuse de se rendre et l'Allemagne s'installe de force dans les îles après des batailles qui laissent en ruines les quartiers juifs. Malgré les avertissements des soldats italiens, les Juifs ne vont pas se cacher dans les montagnes[118]. Le, les Juifs de Corfou sont raflés et déportés par bateau et par train vers Chaïdári. Le maire de Corfou déclare :« nos bons amis les Allemands ont nettoyé l'île de la racaille juive » ; il s'agit du seul cas d'un fonctionnaire grec approuvant la déportation des Juifs[119],[112]. Les Juifs de Corfou sont convoyés de Chaïdári vers la Pologne le[112].

Lesîles du Dodécanèse appartiennent à l'Italie avant-guerre[120]. Fin 1943, les Britanniques occupent brièvementKos et évacuent des milliers de chrétiens grecs, mais pas les Juifs de l'île[121]. Le, 1 661 Juifs deRhodes sont forcés de monter sur un bateau qui les emmène versLe Pirée[120],[122],[123]. Ce bateau s'arrête àLeros pour embarquer 94 autres Juifs de Kos. À ceux-ci s'ajoutent entre 700 et 900 autres prisonniers capturés dans le secteur d'Athènes. Tous sont déportés à Auschwitz le et y arrivent le 16. Seuls157 Juifs de Rhodes et Kos, soit 9 %, sont revenus après la guerre[120],[123]. Cette opération, la dernière déportation de la Shoah en Grèce, est menée deux mois avant la fin de l'occupation imposée par les forces de l'Axe[122]. Les rares Juifs qui se cachaient sur des îles plus petites ont réchappé[119].

Évasion et résistance

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Des combattants de l'ELAS en, dont le grec juif Salvatore Bacolas (deuxième en partant à droite).
Bâtiment de stockage appartenant à la famille Voliotis, dans le village de Lachonia près duMont Pélion ; des membres de la famille Hakim y ont vécu, cachés, pendant l'occupation nazie.

Lestaux de survie varient beaucoup selon les régions en fonction de divers facteurs : planification des déportations, attitudes des autorités et intégration des communautés juives[124]. D'aprèsMichael Matsas (en), rescapé de la Shoah en Grèce, les facteurs décisifs sur le taux de survie sont la force des réseaux de résistance et la réaction des intellectuels juifs[125]. Après la déportation des Juifs de Salonique et la fin de l'occupation italienne, des milliers de Juifs issus d'autres régions grecques rejoignent les rangs de la résistance ou vont se cacher[110]. Dans de nombreux secteurs de Thessalie, deGrèce-Centrale et duPéloponnèse (dont Athènes), le nombre de personnes mortes dans la Shoah est relativement faible[126]. Les activités de la résistance de gauche en Thessalie ont permis le taux de survie le plus élevé[127]. Certaines petites communautés juives, dont celles deKarditsa etAgrínio (80 personnes dans chacune), ont pu entièrement fuir vers les villages de montagne contrôlés par l'Armée populaire de libération nationale grecque (ELAS)[128].55 Juifs de Veria sont cachés dans le village voisin deSykéa pendant quinze à dix-sept mois[129]. Au moins les deux tiers des Juifs d'Athènes et de Larissa ont survécu à la guerre[126].

L'archevêque Damaskinos, chef de l'Église de Grèce, a écrit des protestations vigoureuses contre les mauvais traitements réservés aux Juifs grecs et a émis de nombreux faux certificats de baptême[130]. Il est le seul chef d'une église majeure en Europe qui ait condamné la Shoah[131]. Le chef de la police à Athènes,Ángelos Évert, a sauvé des centaines de Juifs en leur remettant desfaux papiers[114]. Les275 Juifs deZantesont épargnés parce que le commandant autrichien de la garnison (issue de la999e division légère Afrika) n'a pas exécuté l'ordre de déportation après les protestations du maire local et du prélat orthodoxe : sommés de fournir une liste des Juifs, ils ont préféré livrer leurs propres noms[112],[132],[133]. L'historien Giorgos Antoniou remarque que« la différence entre l'assistance désintéressée et l'assistance intéressée est souvent difficile à établir »[134] et il n'était« pas rare » que des Juifs cachés fussent victimes de vols[135]. Contrairement à la situation d'autres pays, les rabbins grecs ont encouragé les Juifs à accepter de faux certificats de baptême[136]. De nombreux Juifs cachés se sont convertis au christianisme et tous ne sont pas revenus au judaïsme après la guerre[137].

La résistance grecque accepte sans hésiter les volontaires dans ses rangs[138],[139]. Au moins650 combattants juifs de la résistance sont recensés et leur nombre a pu s'élever à 2 000[140]. Les Juifs rejoignent principalement l'ELAS mais d'autres participent aux réseaux concurrents, l'EDES (Ligue nationale démocratique grecque) etLibération nationale et sociale (EKKA)[141],[140]. Contrairement aux autres réseaux, l'EAM appelle publiquement les Grecs à secourir leurs compatriotes juifs[110] et l'organisation recrute activement de jeunes Juifs[138]. Des milliers de Juifs, peut-être jusqu'à 8 000, bénéficient du secours de l'EAM/ELAS[140],[141]. Dans certains cas, l'EAM refuse d'aider des Juifs sans versement d'une contrepartie monétaire[108]. Lespasseurs grecs réclament aux Juifs300livres de Palestine par bateau, chacun contenant deux douzaines de passagers, pour les emmener versTchesmé, en Turquie, viaEubée ; néanmoins, par la suite, l'ELAS et laHaganah négocient le prix d'une pièce d'or par passager juif. En,850 Juifsavaient fui vers Tchesmé malgré l'obstruction opposée par le renseignement britannique[142],[143].

Après-guerre

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Un soldat britannique regarde les pierres tombales du cimetière juif profané à Salonique, en 1944.

Au mois de, toute la Grèce continentale a été reprise aux forces de l'Axe[144]. Environ 10 000 Juifs grecs ontsurvécu à la Shoah, soit une perte de 83 % à 87 % comparé aux communautés d'avant-guerre. Le taux de décès est le plus élevé desBalkans et parmi les pires en Europe[19],[2]. Les Juifs grecs se séparent en deux groupes opposés : d'une part les survivants des camps et d'autre part les personnes, plus nombreuses, qui sont restées en Grèce ou qui reviennent de l'étranger[145],[146]. Près de la moitié des rescapés des camps ne reste que peu de temps en Grèce avant d'émigrer[147] et d'autres restent à l'étranger[148]. Le ministère grec des Affaires étrangères tente de retarder ou d'empêcher leur retour en Grèce[149]. Hal Lehrman, journaliste auNew York Times, signale que les chrétiens traitent souvent les survivants des camps de« savonnettes inutilisées »[150]. Presque tous les Juifs ont perdu des membres de leur famille[137]. La désintégration des familles ainsi que l'absence de professionnels croyants rendent presque impossible l'observance des traditions religieuses[151]. Trois Grecs sont condamnés à mort pour leur participation à la Shoah en Grèce, tous parcontumace[152]. Contrairement au gouvernement grec, la communauté juive insiste pour traduire en justice ses propres membres quand ils sont entachés de collaboration[153],[154].

En, le gouvernement grec annule toutes les lois d'aryanisation et promulgue la première mesure d'Europe pour la restitution des biens confisqués à leurs propriétaires juifs ou à leurs héritiers, et pour la transmission des biens des Juifs sans héritiers à des associations juives. Néanmoins, cette loi n'est pas appliquée[155],[156]. Les Juifs, dépourvus de tout bien immeuble ou de tout logis, doivent dormir dans des abris de fortune ou sur des sols en ciment, dans des conditions qui sont alors comparées aux camps de concentration nazis[157]. Pour la plupart des Juifs, recouvrer les biens volés par des non-Juifs pendant la guerre se révèle difficile, voire impossible. À Salonique, 15 % des biens[158] (voire moins[87]) appartenant aux Juifs sont restitués et seules30 personnes ont pu recouvrer la totalité de leurs biens immobiliers[158]. Toutefois, la restitution est plus facile dans l'ancienne zone d'occupation italienne[159]. Les tribunaux grecs prononcent des verdicts qui, en général, défavorisent les survivants ; ne pouvant recouvrer leurs biens, de nombreux Juifs émigrent[160]. Or, en migrant, ils perdent la nationalité grecque et, du même coup, toute possibilité de recours pour récupérer leurs anciens avoirs[102],[161]. Les conflits sur la restitution des biens alimentent également des incidents antisémites[162] .

Dans plusieurs pays européens, des associations juives américaines — notamment l'American Jewish Joint Distribution Committee (JDC) — coordonnent leurs efforts humanitaires pour secourir les survivants. Peu optimiste sur l'avenir des Juifs en Europe du Sud-Est, le JDC aide en priorité ceux qui veulent s'installer en Palestine[163]. Les séfarades des États-Unis recueillent des fonds pour offrir aux juives unedot leur permettant de se marier et pour envoyer des articles comme des vêtements, des chaussures, de la nourriture[164]. Les sionistes mettent sur pied des programmes d'hakhshara (en) pour préparer l'émigration vers laPalestine mandataire[165].

Avant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Juifs soutiennent les partis de gauche et l'aide reçue par l'EAM renforce leurs sympathies pour la gauche. Ces connexions les rendent suspects sur le plan politique[162], au point que certains Grecs reprennent la propagande nazie assimilant lesJuifs au communisme. Certains Juifs soupçonnés de sympathies à gauche sont arrêtés, torturés ou assassinés pendant larépression de 1945-1946[166]. À l'inverse, le contexte politique permet aux anciens collaborateurs des nazis de se présenter comme des citoyens loyaux et anti-communistes[149]. De 1946 à 1949 règne laguerre civile grecque entre le gouvernement monarchiste et lesinsurgés de gauche ayant succédé à l'EAM / ELAS[162]. Selon Bowman, la coalition anti-communiste charrie« un fort courant d'antisémitisme et de haine envers les Juifs »[167]. Certains Juifs sont recrutés dans l'armée et d'autres rejoignent les insurgés. Après la défaite de ces derniers, certains communistes juifs sont exécutés ou emprisonnés et d'autres subissent unemarginalisation systématique dans la société[81]. Pour certains Juifs, leservice militaire obligatoire (auquel on peut se soustraire en émigrant et en renonçant à la nationalité grecque) est le facteur final qui déclenche leur départ du pays[168].

Dans un État qui se définit de plus en plus par l'Église de Grèce[152],[169] et compte tenu de la sympathie de nombreux Juifs envers la gauche politique (purgée après la guerre civile grecque), la population juive est de plus en plus marginalisée dans la société[170]. Dans la décennie qui suit la guerre, les communautés juives de Grèce perdent la moitié de leurs membres avant de se stabiliser[171]. En 2017, la Grèce promulgue une loi qui autorise les survivants de la Shoah et leurs héritiers à reprendre la nationalité grecque s'ils en ont été déchus[172]. En 2021, environ 5 000 Juifs vivent en Grèce, principalement à Athènes (3 000 personnes) et à Salonique (1 000)[173].

Mémoire

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Stolpersteine à Salonique pour commémorer la déportation des enfants de l'école.

La Shoah en Grèce reste pendant longtemps occultée par d'autres évènements comme lafamine, larésistance et laguerre civile et, dans l'esprit des Grecs, elle est déformée par des représentations exagérées sur la solidarité manifestée par les chrétiens grecs[174]. En outre, ce manque d'attention envers la Shoah est aussi imputable au niveau élevé d'antisémitisme dans la population (en), qui est supérieur à celui de tout autre pays de l'Union européenne avant 2004[175]. Les sympathies propalestiniennes des Grecs conduisent à une confusion entre les Juifs et l'État d'Israël : l'antisémitisme peut passer sous couvert d'antisionisme[176],[177]. Lanégation de la Shoah, bien qu'illégale en Grèce, est favorisée par certaines personnalités, notamment au sein du parti extrémisteAube dorée[178].

Selon l'historienneKatherine Elizabeth Fleming (en), bien souvent,« les récits sur la destruction des Juifs de Grèce servent de prétexte pour célébrer l'altruisme et la valeur de l'Église orthodoxe grecque »[179]. Elle déclare que, si certains Grecs ont adopté une conduite héroïque pour sauver des Juifs,« il arrivait parfois que les chrétiens grecs soient complices de la destruction des vies juives ; de nombreux autres y restaient indifférents ; et une fraction non négligeable s'en est réjouie »[180],[181]. Le thème du collaborationnisme grec est resté tabou chez les spécialistes et ne commence d'être abordé qu'auXXIe siècle[152].

En2005, la Grèce rejoint l'International Holocaust Remembrance Alliance et lance ensuite des programmes d'éducation sur la Shoah dans l'enseignement national[182]. Athènes est remarquée comme la dernière capitale d'Europe dépourvue demémorial de la Shoah ; ce bâtiment n'est terminé qu'en 2010[183]. Il existe aussi des mémoriaux à Salonique (un sur laplace Eleftherías, un autre à l'emplacement de l'ancien cimetière juif), Rhodes, Ioannina, Kavala, Larissa et ailleurs[184],[185]. Ces mémoriaux subissent des vandalismes répétés[186],[187]. En 1977, lemusée juif de Grèce ouvre à Athènes[188] et en 2017 commence à Salonique l'édification d'unmusée de l'holocauste en Grèce[189]. En 2020, la Grèce compte 357 personnes reconnues parYad Vashem comme desJustes parmi les nations[190].

Notes et références

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Voir aussi

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Bibliographie

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The Holocaust in Greece

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Autres

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Articles connexes

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Liens externes

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