LesSerments de Strasbourg (Sacramenta Argentariæ), datant du, signent l'alliance militaire entreCharles le Chauve etLouis le Germanique, contre leur frère aîné,LothaireIer. Ils sont tous trois les fils deLouis le Pieux, lui-même fils deCharlemagne. Ces serments précèdent d'un an letraité de Verdun, lequel sera d'une importance géopolitique considérable.
Louis le Germanique prononce son serment enlangue romane pour être compris des soldats de Charles le Chauve qui récite le sien en languetudesque pour qu'il soit entendu des soldats de son frère. Chacune des armées prononce aussi un serment, s'engageant à ne pas suivre son chef s'il venait à trahir le serment qu'il vient de prêter. L'ensemble de ces quatre serments est inclus dans un narratif enlatin.
Le texte en roman desSerments a une portéephilologique et symbolique essentielle, puisqu'il constitue, pour ainsi dire, « l'acte de naissance de lalangue française[1],[2],[3] » dans le cadre d'un accord politique d'envergure historique.
LothaireIer, l'aîné des trois frères, revendique le titre d'empereur d'Occident, hérité de leur pèreLouis le Pieux et restauré par leur grand-père,Charlemagne. Charles et Louis refusent de le reconnaître comme leursuzerain. Lothaire tente d'envahir les États de ses cadets. Ceux-ci se liguent alors contre lui et lebattent à Fontenoy-en-Puisaye en juin841. Pour renforcer leur alliance, Louis le Germanique et Charles le Chauve se rencontrent en février842 sur le lieu actuel de laplaine des Bouchers dans le quartier de laMeinau[4] àStrasbourg et y prêtent serment contre leur frère Lothaire[5]. En août843, letraité de Verdun met fin à l'hostilité qui régnait entre les trois frères et dessine la carte de l'Europe pour les siècles suivants.
LesSerments de Strasbourg n'ont pas été conservés dans leur version originale mais sont retranscrits dans l'œuvre deNithard,L'Histoire des fils de Louis le Pieux. Nithard était un petit-fils de Charlemagne, par sa mèreBerthe. Il se battait aux côtés de son cousin Charles le Chauve et écrivit ces quatre livres qui relatent la guerre civile à laquelle il a donc participé. Mort en juin 844 dans une embuscade tendue parPépin II d'Aquitaine, il est donc contemporain de son témoignage mais celui-ci est aussi partisan : il reflète bien le point de vue de Louis et de Charles, selon lequel tout le mal vient de Lothaire qui ne respecte ni la parenté, ni la religion, ni la justice.
Les serments sont prêtés non pas entre rois (terme qui n'apparaît pas) mais entre des seigneurs accompagnés de leurs fidèles qui se portent garants de leurs engagements. Il s'agit d'un contrôle effectif des actes du « chef » par ses hommes, promouvant l'idée d'un pacte établi entre le futur roi et ses fidèles[6].
« Ils constituent le plus ancien texte français conservé. Ce n'est évidemment pas de la littérature mais un document politique de premier ordre pour comprendre l'accession à l'écriture dela langue dite « vulgaire »[7]. »
Le plus ancien manuscrit a été copié vers l'an1000, sans doute pour l’abbaye de Saint-Médard deSoissons ou celle deSaint-Riquier, près d'Amiens. AuXVe siècle, il est en possession de l'abbaye Saint-Magloire de Paris. Vers 1650, il est acheté pour le compte de la reineChristine de Suède et transféré àRome ; il est acquis après la mort de la reine par labibliothèque du Vatican. À la suite de la prise de Rome par les Français en 1798, il est transporté à Paris avec tout un lot de manuscrits saisis. Napoléon restituera ensuite la plupart de ces manuscrits, mais pas celui-ci[5]. Déposé enfin à la Bibliothèque nationale de France, il y porte la cote Latin 9768. Le texte desSerments se trouve au folio 13[8].
L'autre manuscrit, également conservé à la Bibliothèque nationale de France (Latin 14663) est une copie du précédent, réalisée auXVe siècle.
Le serment de Louis et des troupes de Charles en langue romane
La langue romane ici retranscrite est encore à peine séparée dulatin vulgaire. C'est un des premiers passages écrits dans une langue romane à être attesté.
Le texte prononcé par Louis le Germanique est :
« Pro Deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d'ist di en avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dift, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit. »
Soit, en français contemporain :« Pour l'amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre salut commun, à partir d'aujourd'hui, autant que Dieu me donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère Charles par mon aide et en toute chose, comme on doit secourir son frère, selon l'équité, à condition qu'il fasse de même pour moi, et je ne tiendrai jamais avec Lothaire aucun plaid qui, de ma volonté, puisse être dommageable à mon frère Charles. »[9]
Les troupes de Charlesle Chauve promettent :
« Si Lodhuvigs sagrament, que son fradre Karlo iurat, conservat, et Karlus meos sendra de suo part non lostanit, si io returnar non l'int pois : ne io ne neuls, cui eo returnar int pois, in nulla aiudha contra Lodhuvig nun li iv er. »
Un extrait desSerments de Strasbourg.
Soit, en français :« Si Louis observe le serment qu'il jure à son frère Charles et que Charles, mon seigneur, de son côté, ne le maintient pas, si je ne puis l'en détourner, ni moi ni aucun de ceux que j'en pourrai détourner, nous ne lui serons d'aucune aide contre Louis. (litt. :ni je ni nul que je puis en détourner, en nulle aide contre Louis ne lui je serai) »[9]
Le serment de Charles et des troupes de Louis en langue germanique
« In Godes minna ind in thes christianes folches ind unser bedhero gealtnissi, fon thesemo dage frammordes, so fram so mir Got geuuizci indi mahd furgibit, so haldih tesan minan bruodher, soso man mit rehtu sinan bruodher scal, in thiu, thaz er mig sosoma duo ; indi mit Ludheren in nohheiniu thing ne gegango, the minan uuillon imo ce scadhen uuer[d]hen. »
(NB :nohheiniu thing + uuerdhen = pluriel)
Soit, en français :« Pour l'amour de Dieu et pour le salut du peuple chrétien et notre salut à tous deux, à partir de ce jour dorénavant, autant que Dieu m'en donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère, comme on doit selon l'équité secourir son frère, à condition qu'il en fasse autant pour moi, et je n'entrerai avec Lothaire en aucun arrangement qui, de ma volonté, puisse lui être dommageable. »
Les troupes de Louisle Germanique jurent :
« Oba Karl then eid, then er sinemo bruodher Ludhuuuige gesuor, geleistit, indi Ludhuuuig min herro, then er imo gesuor, forbrihchit, ob ih inan es iruuenden ne mag, noh ih noh thero nohhein, then ih es iruuenden mag, uuidhar Karle imo ce follusti ne uuirdit. »
Soit, en français :« Si Charles observe le serment qu'il a juré à son frère Louis et que Louis, mon seigneur, rompt celui qu'il lui a juré, si je ne puis l'en détourner, ni moi ni aucun de ceux que j'en pourrai détourner, nous ne lui prêterons aucune aide contre Charles. » (litt. :contre Charles lui à aide ne devient)
Pour de nombreux philologues qui se sont penchés sur le sujet, la base du document est le latin[10], alors que pour d'autres spécialistes, il s'agit d'un texte original rédigé en langue maternelle, autonome par rapport au latin[11].
À partir duVIIe siècle, les textes rédigés en langue latine présentent les premiers traits caractéristiques des futures langues française,italienne,espagnole, etc. Vers800 l'opposition entre latin écrit et langue parlée était reconnue par les contemporains eux-mêmes[12]. Dans ce contexte, la question de la compréhension du latin par les fidèles lors des prédications est posée par les cinqsynodes qui se tiennent en813 en différents lieux. Les évêques se réunissent àMayence et ils demandent aux prêtres de prêcher de façon que le peuple comprenne, c'est-à-dire en germanique, cependant qu'àArles et àChalon-sur-Saône où ils se réunissent également, leurs recommandations sont au contraire plus générales puisqu'elles encouragent l'utilisation du latin, d'un latin plus simple certes. Ce qui signifie globalement que la compréhension du latin ne posait guère de problèmes dans les futurs pays delangue d'oc. En revanche, àReims et àTours, les évêques recommandent respectivement que le prêche se fasse dans « la langue particulière » de la région et enrusticam Romanam linguam (« langue romane rustique »), ce qui indique que la population ne comprenait plus le latin dans ces régions du nord de la France, c'est-à-dire les futures régions de langue d'oïl.
Il y a une seule phrase de la version romane qui n’a pas d’équivalent dans la version germanique. C’est celle où Louis s’engage à soutenir Charles« et in aiudha et in cadhuna cosa ». Est-ce une négligence du copiste ? C’est l’explication la plus probable.
Que veut dire exactement cette formule ? On a remarqué son parallélisme avec le latin : « et consilio et auxilio », signifiant « en conseil et alliance (armée) ». Et même engrec homérique : « οὐδέ τί οἱ βουλὰς συμφράσσομαι, οὐδὲ μὲν ἔργον » /oudé tí hoi boulàs sumphrássomai, oudè mèn érgon[13], ni par mes conseils ni par mes forces » (L'Iliade, IX, 374).
Quel pouvait être l’équivalent en languetudesque ? Par un heureux hasard, il a peut-être été conservé dans un texte très différent, mais quasi contemporain desSerments : leChant de Hildebrand (Hildebrandslied). Ce fragment poétique raconte la discussion, puis le combat mortel entre un père et un fils rangés dans deux armées opposées. Le père, Hildebrand, dit au fils qu’il n’a jamais eu un parent aussi proche que lui pour « dinc ni geleitos », assemblée ou escorte (armée). La formule était sans doute traditionnelle pour évoquer une alliance complète, et elle recoupe tout à fait les formules latine et romane.
Un mot n'a pas non plus son équivalent dans le texte germanique, il s'agit denunquã dans « et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai » (ligne 7)[14], c'est-à-dire « je ne tiendrai jamais avec Lothaire aucun plaid » ou « je ne conclurai jamais un accord avec Lothaire ». Cenunquam représente une forme archaïque de l'ancien françaisnonque « jamais » (variantesnonc, nonques). Il est transcrit ici à la manière latine, puisque l'étymon latin est précisémentnunquam sans changement.
Ces deux éléments sont l'affirmation, certes discrète, d'une spécificité et du caractère autonome du texte de chacune de ses langues par rapport aux deux autres.
La langue romane desSerments appartient globalement augallo-roman[15].
Quelques tentatives, généralement anciennes, ont essayé de montrer que le texte roman constituait un témoignage précoce de lalangue d'oc, et ce, sur la base de quelques mots du texte qui semblent à première vue plus proches de formes d'oc que de formes d'oïl, par exemple :sagrament « serment » (occitan modernesagrament « sacrement ») ;poblo « peuple » (occitan modernepòble) ;sendra (du latinsenior) et l'utilisation de la prépositionab (dans « et ab Ludher », occitan moderneamb « avec » -ab enoccitan ancien), qui ne s'emploie pas en ancien français au sens comitatif d'« avec »[16].
En outre, une manière de lire certains éléments du texte, par exemplenul plaid nunquã prindrai (voirsupra) etnon lostanit, peut le laisser penser. Dans le premier exemple, considérernunquam comme un latinisme serait une erreur. Les auteurs du texte avaient le choix entre l’ancien françaisnonque (voir laSéquence de sainte Eulalie) et l’ancien occitannunqua. Le latinismenunquam n’a par conséquent pas de raison d'être. Letilde sur lea denunquam exprime unmeenclitique. Cette pratique des scribes médiévaux nous est expliquée par lapaléographie occitane. Il s’agit d’une construction pseudo-pronominale typique de l’occitan[17],[18]. Nous devrions lirenul plaid *nunqua·m prindrai, de mêmenon lostanit devrait être lunon *lo·s tanit. Il s’agit également d’une construction pseudo-pronominale. Ces constructions occitanes sont encore vivantes dans la langue d'aujourd'hui[Note 1]. Enfin des considérations historiques semblent aller dans ce sens : les troupes de Charlesle Chauve, comme nous le dit le chroniqueurNithard, venaient majoritairement non pas du nord de laGaule, mais d’Aquitaine[19], région située en grande partie dans le domaine de la langue d'oc. En revanche, dans l'exemplenul plaid nunquã prindrai, le motplaid « convention, accord, engagement » est ensuite attesté dans laChanson de Roland au sens de « assemblée réunie autour du roi des Francs, ici, dans des fonctions judiciaires » et « jugement, procès »[20] etprindrai « prendrai » ressemble davantage à une forme picarde (picardprindre « prendre »[21]).
Des recherches ultérieures montrent que les termes cités plus haut, peuvent être des archaïsmes de la langue d'oïl, par exemple :sagrament est très proche du motsacrament « sacrement », attesté par ailleurs en ancien français auXe siècle[22] et peut très bien représenter une forme antérieure, intermédiaire entre l'ancien françaissairement « serment » (attesté vers 1160) et l'ancien françaissacrament « sacrement » (lalénition de [c] latin devant [r] est observée régulièrement en français dans le groupe /acr/ latin et suppose un stade /agr/, puis /ai(g)r/ comme dans « maigre » issu du gallo-romanMACRU,accusatif latinmacrum, dont la forme plus régulièremaire est trouvée dans certains textes du nord-est de la France, cf. aussiflagrare devenu « flairer ») ;poblo serait une forme antérieure àpoble, attestée en très ancien français (Poble ben fist credrë in Deu dansLa Vie de saint Léger), ainsi qu'une forme plus évoluéepueble ;sendra est un masculin aucas sujet singulier, attesté aussi plus tardivement sous la formesendre, à laquelle va se substituersire ultérieurement. [ə] final atone est noté-a dans le plus ancien français, ainsi parallèlement àsendra, trouve-t-onpedra « père » dans laVie de saint Alexis[23].Ab dans « et ab Ludher » peut être expliqué par une mauvaise latinisation du vieux françaisa « à », préposition, comme dans l'expressionprendre plait a quelqu'un[24].
En revanche, des formes plus évoluées phonétiquement sont typiques de la seule et unique langue d'oïl. Ainsi le [p] latin intervocalique est passé à [v] danssavir « savoir » (≠ vieil occitansaber, occitan modernesaber, saupre). Le [a] final latin se réduit à [e] devant une palatalefazet (≠ ancien occitanfaza, latinfaciat), [au] latin est passé à [o] danscosa « chose » (≠ occitancausa « chose »), la3e personne dusubjonctif du verbe être (*siat en latin vulgaire) est notéesit (≠ ancien occitansia)[25]. En outre, la graphie-dh- rencontrée dansaiudha, cadhuna etLudher note uneconsonne fricativedentale, issue de la lénition d'un [d] intervocalique qui va aboutir à unamuïssement complet en ancien français, ainsiaiudha devientaiue, puisaïe « aide » (en occitan moderneajuda,aju[ð]a, vivaro-alpinajua , « aide »[26] qui est un latinisme < latin classiqueadjutat ≠ latin vulgaire*aiuta);cadhuna > ancien françaischaün, cheün « chaque » (en occitan modernecaduna,ca[ð]un[a] « chacun[e] »[26]), évolution semblable àcatena >*cadena >*cadhena >chaiene >chaine (en occitan modernecadena,ca[ð]ena, vivaro-alpinchadena, chaina, chaena, cheina[26]).
Certains mots de la langue d'oïl se retrouvent tels quels, commeplaid, encore vivant aujourd'hui quoique rare, et mieux connu par ses dérivés :plaider,plaidoyer. Il résulte de l'évolution phonétique du gallo-romanPLACITU (latinplacitum « agrément, ordonnance »). D'autres encore sont peu reconnaissables de par leur évolution phonétique, ainsidreit « droit » a subi au stade du moyen français l'évolution endroit propre aux dialectes centraux (francien), du nord-est et de Picardie, alors que les dialectes d'oïl du grand ouest ont conservédreit (normand,gallo,angevin,poitevin etsaintongeais) ou encoreiv > françaisy (« in nulla aiudha contra Lodhuvig nun li iv er. ») issu du latinibi « là, y ». D'autres termes ont disparu commesalvament (forme archaïque) que l'on retrouve de manière plus évoluée dans le français médiévalsalvement « salut, conservation, félicité »[27]. Il existe pourtant sous forme rélictuelle dans le terme de juridiction médiévalesauvement.
Sur le plan grammatical, l'ancien français est la seule langue au sein de laRomania à employer de manière systématique le pronom personnel sujet, par exemple :je dans lesSerments sous la formeeo, io (il est généralement rendu par la désinence verbale en occitan :-i, ainsi que les formes irrégulièresfau « je fais »,vau « je vais »). En outre, l'ordre déterminant-déterminé que l'on rencontre dans le groupepro christian poblo est un trait syntaxique plutôt caractéristique de la langue d'oïl et était davantage répandu en ancien français comme en témoigne par exemple un vers de laChanson de Roland :Si recevrai la chrestiene lei (VI, 85). L'adjectifchristian /chrestien se trouve devant le substantif, cette caractéristique permet d'opposer par exemple en toponymie lesNeufchâteau,Neufchâtel d'oïl auxCastelnau occitans.
La question du dialecte ou de la langue desSerments a continué d’alimenter de nombreuses publications[28] :
Gaston Paris, s'appuyant par exemple sur la graphieca-, ka- (ex :cadhuna,karle), et sur des formes commeprindrai « prendrai », toujours usuelles en picard, suppose que,le père de Nithard étantabbé de Saint-Riquier, donc originaire du Nord de la France, le fils en était l'auteur et écrivait naturellement enpicard[29] ;
Hermann Suchier démontre qu'il s'agit dulyonnais en se basant sur des formes commepoblo,ab et la conservation des-e et-a en finale, sauf après palatale (fazet)[30] ;
Abraham Tabachowitz envisage l'hypothèsebas-lorraine, plus particulièrementmessine, d'après les formesio, tanit, entre autres[25] ;
plusieurs études ont orienté la recherche vers lepoitevin en soulignant, comme en lyonnais, les formespoblo etab, puis des formes commesendra, le maintien des voyelles finales-o, -a, etc[31].
Cependant, de nombreux chercheurs s'interrogent sur le bien-fondé de ces conclusions contradictoires et sur la « sincérité » dialectale de la langue romane desSerments[32]. Il s'agirait plutôt de la mise par écrit d'une sorte dekoinè propre à la France du nord[33] ou plutôt une langue transdialectale[34] et cette forme écrite spécifique présenterait le caractère artificiel d'une langue de chancellerie. En tout cas, B. Cerquiglini constate qu'« aucune œuvre médiévale française (même archaïque) n'est rédigée selon l'usage linguistique d'une seule région dialectale »[35],[Note 2].
Le second texte complet dans l'histoire de la langue française est laSéquence de sainte Eulalie qui date vraisemblablement de880 ou881. C'est le premier texte littéraire en langue d'oïl et, à ce titre, l'ancêtre de lalittérature française.
↑Siméon et lʼenfant Jésus – […]lo seprenguèt dins sos braces e benesiguèt Dieu […]. Siméon le prit dans ses bras et remercia Dieu […]. (Luc 2, 28-29 ; trad. Cantalausa, 1982).
↑a etbAbrahamTabachowitz,Étude sur la langue de la version française des Serments de Strasbourg, Upsal, Almquist,, p.66.
↑ab etcDictionnaireLo Congrès : Le Congrès permanent de la langue occitane (lire en ligne)[4].
↑Jean Baptiste Bonaventure de Roquefort,Glossaire de la langue romane : rédigé d'après les manuscrits de la bibliothèque impériale et d'après ce qui a été imprimé de plus complet en ce genre : contenant l'étymologie et la signification des mots usités dans les XI. XII. XIII. XIV. XV. et XVI. siècles avec de nombreux exemples, volume 2, Paris, 1807,(lire en ligne).
↑Gaston Paris, « Les serments prêtés à Strasbourg en 842 »,Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,vol. :23e année,no 3,,p. 201(lire en ligne, consulté le).
Serments de Strasbourg, édité par Alexei Lavrentiev, Tom Rainsford et Céline Guillot-Barbance, Lyon, Équipe BFM, 2014. Publié en ligne par la Base de français médiéval, http://catalog.bfm-corpus.org/strasbBfm. Dernière révision le 31 juillet 2014.