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Sergueï Prokofiev

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Sergueï Prokofiev
Description de cette image, également commentée ci-après
Serge Prokofiev vers 1918.
Données clés
Nom de naissance(ru)Сергей Сергеевич Прокофьев (Sergueï Sergueïevitch Prokofiev)
(uk)Сергі́й Сергі́йович Проко́ф'єв (Serhi Serhiovytch Prokofiev)
Naissance
Sontsovka,gouvernement de Iekaterinoslav (Ukraine,Empire russe)
Décès (à 61 ans)
Moscou (URSS)
Activité principaleCompositeur,chef d'orchestre etpianiste
Style
Activités annexesCompositeur de musique de films
FormationConservatoire de Saint-Pétersbourg
MaîtresReinhold Glière,Nikolaï Rimski-Korsakov,Anatoli Liadov,Nicolas Tcherepnine,Jāzeps Vītols
ConjointCarolina Codina (1923-1941) Mira Mendelssohn (1940-)
Distinctions honorifiquesprix Lénine
Site internetsprkfv.net
Signature de

Œuvres principales

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Sergueï Sergueïevitch Prokofiev[1], généralement appeléSerge Prokofiev en France, est uncompositeur,pianiste etchef d'orchestre russe, né le11 avril 1891 (dans le calendrier grégorien) àSontsovka (Ukraine, alors dans l'Empire russe) et mort le àMoscou (URSS).

Il est l'auteur de nombreuses œuvres musicales allant de lasymphonie auconcerto, de lamusique de film à desopéras ou desballets et a été reconnu de son vivant comme un artiste d'avant-garde très créatif.

Élève auconservatoire de Saint-Pétersbourg, il remporte le prixAnton Rubinstein en tant que meilleur étudiant en piano.

Né en Russie tsariste, il émigre en Occident de1918 à1936, avant de se laisser convaincre de revenir en URSS où il est à la fois honoré et persécuté. Il meurt le même jour queJoseph Staline.

Biographie

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Enfance précoce et années de conservatoire (1891-1914)

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Sontsovka, la ville natale de Prokofiev, se trouve alors dans l'Empire russe, dans legouvernement de Iekaterinoslav. Son père estingénieur agronome et gérant d'un domaine agricole dans l'est de l'Ukraine. Sa mère, Maria Grigorievna, est une femme de bonne éducation, pianiste amatrice et premier maître de son fils. Fils unique, après le décès de ses deux sœurs aînées en bas âge, il bénéficie de toutes les attentions de ses parents, et passe une enfance heureuse[2] dans un grand manoir où sa mère lui joueBeethoven,Chopin,Tchaïkovski etRubinstein, et où il est instruit de manière rigoureuse dans tous les domaines[3]. Les dons musicaux de l’enfant apparaissent si évidents qu’elle décide très tôt de l’engager dans une carrière musicale. Sergueï compose ses premières pièces pour piano dès l'âge de cinq ans[3].

En 1900, âgé de huit ans, il accompagne sa mère àMoscou, où il assiste à des opéras. Prokofiev est très frappé par ces soirées, souvent qualifiées d'« initiatiques »[3]. De retour à Sontsovka, il compose un opéra destiné aux enfants,Le Géant. En 1902, sa mère vient avec lui vivre à Moscou afin qu'il commence à prendre des cours avec des professeurs de renom : il travaille principalement la composition avecReinhold Glière, qui lui enseigne la théorie et l'harmonie.

En 1904, sa mère décide de l'emmener à Saint-Pétersbourg[n 1] pour qu'il poursuive ses études. Il entre auconservatoire de Saint-Pétersbourg, à l'âge de treize ans. Il étudie l'orchestration avec le compositeurNikolaï Rimski-Korsakov, le piano avecAnna Esipova, la composition avecAnatoli Liadov et la direction d’orchestre avecNicolas Tcherepnine.

Prokofiev est, dès son entrée au conservatoire, unenfant terrible, résolument anticonformiste, convaincu de son talent et de sa supériorité sur ses camarades et même sur ses professeurs. Prokofiev revendiquera cette étiquette tout au long de sa carrière.

Durant ces années de formation, suivant son attrait pour le théâtre, il compose deux autres opéras :Sur une île déserte (1902) etOndine (1904-1907) qui s’inspirent de sujets repris de son enfance. En 1906, il rencontre celui qui restera son grand ami, confident et conseil jusqu'à sa mort,Nikolaï Miaskovski, de dix ans son aîné.

Il devient virtuose du piano, et ses premières apparitions aux « soirées de musique contemporaine » le révèlent comme un phénomène. En 1908, lors d'un concert à Saint-Pétersbourg, il joue l'une de ses compositions devantIgor Stravinsky. Le sa première œuvre est publiée par l'éditeurJurgenson[4]. L'année 1910 est marquée par la mort de son père, avec lequel il correspondait régulièrement. En 1912, il donne à Moscou sonPremier concerto pour piano[5] qui est un succès malgré un style très avant-gardiste.

En 1913, il termine ses dix ans de conservatoire en recevant la plus haute distinction donnée à un étudiant, le prix Anton-Rubinstein comme pianiste-compositeur pour leConcerto pour pianono 1 (opus 10). Cette année est cependant assombrie par le suicide de Maximilian Anatolievitch Schmidthoff, pianiste et ami intime que Prokofiev avait rencontré auConservatoire de Saint-Pétersbourg en 1908 et qui lui avait envoyé une lettre annonçant son geste[6].

La Grande Guerre et la révolution bolchévique (1914-1917)

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Prokofiev décide de partir en Europe, oùIgor Stravinsky etSerge de Diaghilev triomphent àParis avec lesBallets russes. Il fait la connaissance de ce dernier à Londres en 1914 et lui joue sonSecond concerto pour piano. Diaghilev est tellement impressionné qu'il lui commande sur-le-champ une composition pour ballet sur un thème de son choix. Prokofiev composeAla & Lolli, mais Diaghilev est déçu par le résultat et refuse de monter le ballet. Prenant cela comme un défi, Prokofiev transforme l'œuvre et décide de la monter lui-même, mais c'est finalement un échec. Diaghilev monte cependant un autre ballet du compositeur,Chout ouL'histoire d'un bouffon, qui est, lui, un succès.

Entre 1915 et 1917, Prokofiev aborde tous les genres et poursuit simultanément la réalisation de partitions radicalement différentes. La trilogie symphonique est complétée par laSymphonie classique tandis que le piano lui inspire lesTroisième etQuatrième Sonates. Enfin, la voix est utilisée dans l'opéraLe Joueur, dans plusieurs cycles de mélodies et dans la cantateSept, ils sont sept[7].

À la chute deNicolas II en, Prokofiev se réfugie dans leCaucase pour continuer à écrire. En 1918, il revient àPétrograd pour y présenter saSymphonie classique, sa première symphonie, mais le pays est au bord de la guerre civile et ne facilite pas ses représentations. Prokofiev, qui était plutôt sympathisant des idées libérales, décide de suivre Stravinsky dans l'exil, mais il conserve des relations avec le pays.

Les années d'exil (1918-1932)

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Au début de 1918, Prokofiev prend leTranssibérien pourVladivostok pour gagner leJapon et l'Amérique. En voyage, pour tuer le temps, il commence à écrire de courts récits, des contes fantastiques débordants d’imagination. Prokofiev dans son journal écrivit : « Si je n’avais pas été compositeur, j’aurais sans doute été écrivain ou poète». Au Japon, il donne quelques récitals, puis s'embarque pourSan Francisco. Une fois installé auxÉtats-Unis il abandonne ses essais littéraires et reprend sa carrière musicale[8].Les débuts sur lacôte ouest sont difficiles. La révolution russe n'a pas bonne presse et sa musique avant-gardiste est considérée comme « mécaniste ». Totalement ruiné, il doit emprunter 300 dollars pour se rendre àNew York, où il a déjà une certaine réputation. Il a un peu plus de succès àChicago où il compose l'une de ses principales œuvresL’Amour des trois oranges, créée en1920, qui aura également un grand succès en Europe dès l'année suivante.

En1921, il revient en Europe, d'abord à Londres, puis enFrance où il passe six mois, de la fin mars à la fin septembre, dans la station balnéaire deSaint-Brevin-les-Pins[9] (Loire-Inférieure), en compagnie de sa mère et de son amiConstantin Balmont, un poètesymboliste russe, lui aussi en exil. Là, il achève laSuite scythe, leTroisième concerto[10] et lesCinq poèmes sur des vers de Constantin Balmont. À la fin de l'année, il est de nouveau aux États-Unis : il dirige leTroisième concerto pour sa création, à Chicago.

En 1922-1923, il réside àEttal, dans lesAlpes bavaroises, où il termine son nouvel opéra,L'Ange de feu, puis travaille sur uneSeconde Symphonie qui sera un échec et unConcerto pour violon.

Il rencontre celle qui deviendra sa femme en 1923,Carolina Codina, unesoprano d'origine espagnole et franco-polonaise, plus connue sous son nom de scène deLina Llubera, avec qui il aura deux fils.

Plaque 5,rue Valentin-Haüy (Paris 15° arr.), où il vécut de 1929 à 1935.

Il revient ensuite à Paris[11] où il demande à sa mère de le rejoindre et où il poursuit sa coopération avec Diaghilev. En1928, il monteLe Pas d’acier et, un an plus tard,Le Fils prodigue. Il rencontre les artistes de son temps commePablo Picasso etHenri Matisse qui fait de lui un portrait au fusain. C’est lors de ce séjour en France qu'il se querelle avecIgor Stravinsky. On opposait souvent la « perfection » de Stravinsky à l’art plus « rocailleux » de Prokofiev.

À partir de1927, Prokofiev supporte de plus en plus mal l'exil et correspond de plus en plus avec ses amis restés en URSS. Il décide d'y faire une tournée dont le succès est tel qu'il fait salle comble pendant plus de deux mois ; il est fêté comme un héros national ayant conquis l'Occident.

Il envisage alors sérieusement un retour au pays, ce qui lui permettrait de sortir enfin de l'ombre de Stravinsky, d'autant que Diaghilev disparaît de manière totalement inattendue àVenise en 1929. Mais de 1930 à 1932, il trouve un véritable soutien dans le chef d'orchestreSerge Koussevitzky, basé aux États-Unis, qui lui permet de connaître de nombreux succèsoutre-Atlantique.

Il écrit à la demande du pianiste autrichienPaul Wittgenstein son4e Concerto (pour la main gauche), mais la collaboration se révèle infructueuse : Wittgenstein refuse de jouer l'œuvre.

Le retour en URSS (1933-1941)

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En URSS, le début desannées 1930 est marqué par de nombreuses polémiques à propos de Prokofiev, qui est accusé d'avoir un style « bourgeois ». Le compositeur est très attentif à ces critiques. Lors d'une troisième tournée à succès en 1932, le gouvernement soviétique lui promet un appartement à Moscou, une voiture et unedatcha. Il décide alors de rentrer au pays, mais ce n'est qu'en1936 qu'il devient résident permanent à Moscou.

Une période prolifique s'ouvre de nouveau à lui. Il devient chef d’école, se voyant confier des fonctions officielles, même s'il doit s’adapter aux inévitables rigueurs des nouvelles disciplines. Il commence à écrire de la musique pour le cinéma ainsi que son second concerto pour violon. La première de ses commandes d'état est le thème musical pour le film d'Aleksandr FaintsimmerLe lieutenant Kijé, il consiste en seize morceaux, que Prokofiev arrangera en une suite pour concert en1934[12]. C'est entre Paris et Moscou qu'il compose pour leKirov, puis leBolchoï leballetRoméo et Juliette (1935). Sur une commande duThéâtre central des Enfants, il écrit aussi un conte musical qui a vocation à éveiller les enfants à la musique,Pierre et le Loup (1936).

En 1936, Lina et ses deux enfants, Oleg et Sviatoslav, arrivent eux aussi en URSS. Vingt ans après la révolution bolchevique, le pays est en souffrance. Depuis 1932, Staline met en œuvre sa politique culturelle deréalisme socialiste qui consiste essentiellement à laisser à desbureaucrates le soin de trier ce qui est compatible avec le régime. Le pouvoir soviétique tourne alors brutalement le dos à Prokofiev, qui tombe dans une profonde misère. Pourtant, il essaye de suivre autant que possible la ligne du parti, mais il manque de chance.

En1939, il produit avec son ami de longue dateVsevolod MeyerholdSemyon Kotko, un opéra dans lequel les Allemands sont représentés comme des barbares occupant l'Ukraine. Mais Staline signe lepacte de non-agression avec Hitler en août. Meyerhold est alors arrêté et exécuté plus tard (le, en secret). De plus, ce revirement d'alliance va avoir pour conséquence l'arrêt immédiat des autorisations pour Prokofiev de voyager à l'étranger puisque l'Ouest n'est plus allié de l'URSS.

Paradoxalement, il devient de plus en plus prolifique, cherchant à ne surtout pas se mêler de politique. En1940, il commence à travailler avec la poétesseMira Mendelssohn (1915-1968).

En1938,Sergueï Eisenstein l'invite à travailler sur la musique de son projet de filmAlexandre Nevski. Sacomposition sert debande originale au film, mais est également interprétée en tant que cantate du même nom. Prokofiev travaille ensuite à plusieurs reprises au cinéma, en faisant la musique des filmsLes Partisans dans les steppes d'Ukraine d'Igor Savchenko (1943),Ivan le Terrible deSergueï Eisenstein (1945), ou encoreLermontov (1943, d'Albert Gendelstein),Kotovski (1942) etTonia (1942).

En 1940, il se lie d'amitié avecSviatoslav Richter. Ce dernier joue ses6e,7e et8e sonates pour le cinquantième anniversaire du compositeur. Plus tard, Prokofiev lui dédiera sa9e sonate pour piano.

La Seconde Guerre mondiale (1941-1945)

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L'invasion allemande en surprend tout le monde et oblige les principaux artistes à fuir Moscou. Tandis que Lina et les enfants restent à Moscou, Prokofiev part pour leCaucase avec Mira, avec qui il y vit maritalement. En 1943, il reçoit leprix Staline.

Il travaille beaucoup et écrit entre autres un opéra d'aprèsGuerre et Paix deLéon Tolstoï, un ballet autour du thème deCendrillon, qui sera interprétée par la ballerineGalina Oulanova auBolchoï en1945, et deux marches militaires. Son plus grand succès durant cette période est laCinquième Symphonie. Pour cette œuvre qui marque la victoire sur l'Allemagne, il obtiendra un second Prix de l'ordre de Staline en 1945.

Mais c'est aussi une période difficile pour sa santé. Prokofiev a une première alerte cardiaque au début de l'année 1941. Il tombe gravement malade en 1942. Puis il subit plusieurs accidents cardiaques et manque de mourir en[réf. nécessaire].

Les dernières années et la postérité (1945-1953)

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En 1947, Prokofiev est proclaméartiste du peuple de larépublique socialiste fédérative soviétique de Russie.

Séparé depuis 1941 de Lina, qui a passé les années de guerre avec leurs enfants dans la plus cruelle pauvreté et la maladie, il décide en 1948 de se remarier avec Mira. Il n'a même pas à divorcer de Lina, car le mariage n'est pas reconnu par l'administration soviétique. Lina cherche alors à fuir l'URSS avec ses enfants, mais elle est arrêtée et envoyée dans un camp de la région desKomis, où elle restera pendant huit ans[13]. Elle reviendra ensuite vivre à Moscou et s'exilera à l'ouest en 1972.

On ne connaît pas le rôle exact de Prokofiev dans cette histoire car cette même année,Andreï Jdanov lance une campagne contre les artistes considérés comme trop « cosmopolites ». Prokofiev essaie alors de calmer l'hostilité du parti à son égard en produisant à la gloire du régime des œuvres sans intérêt. Mais une deuxième purge stalinienne le condamne publiquement et le conduit à la misère. Par chance, son amiMstislav Rostropovitch forceTikhon Khrennikov, secrétaire général de l'Union des compositeurs, à lui fournir 5 000 roubles.

En 1950, son grand amiMiaskovski, rencontré en 1906 au conservatoire de Saint-Pétersbourg, décède.

Tombe de Prokofiev et de sa seconde épouse Mira aucimetière de Novodievitchi.

Le, Serge Prokofiev, alors âgé de 61 ans, meurt à son tour d'unehémorragie cérébrale, une heure environ avantJoseph Staline. LaPravda, portant toute l'attention sur le« père des peuples », mettra six jours avant d'annoncer la mort du compositeur[14], les autorités faisant même pression sur sa famille pour qu'elle n'ébruite pas la nouvelle pendant cette période. Une quarantaine de personnes assistent, dans une totale discrétion, à ses funérailles, aucimetière de Novodievitchi près de Moscou.

L'histoire ne s'est pas montrée tendre avec Serge Prokofiev.De nombreuses biographies font référence à lui comme compositeur officiel. L'écriture deZdravitsa, ode aux 60 ans deStaline, et d'autres œuvres « officielles » furent d'abord motivées par la prise en otage de Lina et les enfants de cette dernière, déportés enSibérie[réf. nécessaire]. D'autres compositeurs ont pu bénéficier de la détente imposée parNikita Khrouchtchev pour racheter leur musique de propagande par de puissantes représentations musicales de la terreur, mais Prokofiev est mort trop tôt pour pouvoir le faire.

En 1957, leprix Lénine lui a été décerné à titre posthume. Deux musées lui sont consacrés, undans sa ville natale et un à Moscou.

Son œuvre

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Article détaillé :Liste des œuvres de Sergueï Prokofiev.
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Prokofiev travailla avec Eisenstein : il composa les musiques d’Alexandre Nevski et d’Ivan le Terrible tout en regardant les films. On raconte qu’Eisenstein se laissa convaincre de refaire quelques scènes à partir de suggestions que soulevait en lui sa musique. « Prokofiev possédait un sens inné pour les rythmes. Son écriture était aussi à l’aise dans le lyrisme simple que dans le style moderne. Maître de l’instrumentation, il conçut une méthode personnelle pour traiter les sonorités orchestrales. »[réf. souhaitée]

En 1948, le Comité central du Parti communiste formule des critiques acerbes contre le « formalisme » de sa musique (des compositeurs telsAram Khatchatourian etDmitri Chostakovitch ont subi les mêmes critiques).« Ces compositeurs cédaient trop aux impulsions “dégénérées” de l’Ouest », disaient leurs auteurs. Pourtant, une partie de ses œuvres — Pierre et le Loup pour un théâtre d’enfants moscovite,Roméo et Juliette,Alexandre Nevski, l’opéraGuerre et Paix (adaptation musicale du roman de Léon Tolstoï), les symphonies 5-6-7, plusieurs sonates pour piano — datent de cette période durant laquelle il ne s’opposa pas, malgré lui, aux contraintes communistes.

La vie de Prokofiev ressemble beaucoup à son art. Il hait certaines règles de la musique. On le compare souvent àRichard Strauss qui lui aussi s’opposait aux disciplines de son époque. Cette « liberté » fait alors de lui un solitaire. Cela se répercute sur les jugements actuels que l’on porte sur son œuvre.

« Bien qu’il se soit opposé aux divers mouvements russes de son époque, Prokofiev est surtout “le fils de ses pères”. Il les aime, les connaît par cœur et en prolonge le dessein. Mais il est, de tous, peut-être avecMoussorgski, le plus grand parce que l’occasion d’approfondir les caractéristiques de l’âme russe lui fut donnée. »[réf. souhaitée]

Compositions remarquables

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Période Russie tsariste
Période d'exil
Retour en URSS

Journal et correspondance

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À partir de 1907 et pratiquement jusqu'à sa mort, Prokofiev écrit un journal personnel dans lequel il relate des détails de sa vie quotidienne, ses réflexions, des comptes rendus de concert et critiques musicales, représentant 2658 pages de notes manuscrites[3].

Sa correspondance est également très abondante et dense; on retrouve plus de douze mille lettres avec de nombreux correspondants, notamment des chefs d'orchestre dontErnest Ansermet,Albert Coates,Serge Koussevitzky,Hermann Scherchen.. et des compositeurs dontStravinsky et son ami fidèleNikolaï Miaskovski[3].

Famille

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Serge Prokofiev a eu deux fils, Sviatoslav, architecte (1924-2010) et Oleg, peintre, sculpteur et poète (1928-1998). Son petit-filsGabriel Prokofiev né en 1975, fils d'Oleg, est lui-même compositeur de musique électro-pop et disc-jockey. Il a composé unConcerto pour platines et orchestre.

Citations

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« Le mérite principal de ma vie (ou, si vous préférez, son principal inconvénient) a toujours été la recherche de l'originalité de ma propre langue musicale. J'ai horreur de l'imitation et j'ai horreur des choses déjà connues[7]. »

Notes et références

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Notes

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  1. À partir de 1907, ils habitent au 90rue Sadovaïa.

Références

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  1. On peut également rencontrer la graphie ancienneProkofieff. Cf.Explication au sujet des noms russes
  2. (en) Serge Prokofiev,Prokofiev by Prokofiev: A Composer's Memoir, Doubleday & Company (Garden City, New York), 1979
  3. abcd eteLe pianiste aux doigts d'acier,Classica février 2023 p. 52
  4. https://www.cambridge.org/core/journals/proceedings-of-the-royal-musical-association/article/abs/prokofievs-early-opera-maddalena/74268F243DD2BE579F32CAD22DAC22D8
  5. (en) Sergei Prokofiev,Serge Prokofiev Diary (1907-1933), Fondation Serge Prokofiev, Paris, 8 octobre 2002.
  6. Prokofiev lui a dédié sesDeuxième etQuatrième sonates ainsi que sonDeuxième concerto. La première femme de Prokofiev, Lina Llubera, suggère une romance entre les deux hommes. Cf.(en) David Nice,Prokofiev: From Russia to the West (1891-1935), Yale University Press, 2003, 390 pages, p. 59-60 et 136-137.
  7. a etbClaude Samuel,Prokofiev, 1960, Seuil, Collection Solfèges, 189 pages.
  8. Serge Prokofiev dans une traduction de Gérard Abensour,La tour vagabonde, Paris, Fondation Serge Prokofiev pour les textes et Éditions Alternatives.,, 80 p.(ISBN 978-2862274461), Avant-propos
  9. « Un après-midi chez Prokofiev... à La Caravelle - Saint-Brévin-les-Pins »,Ouest-France,20 septembre 2010.
  10. « 2009-2010 : Prokofiev :Concerto pour pianono 3 »,Fantastiqueno 331,Radio France,11 mai 2009.
  11. « Serge Prokofiev à Paris (son passage dans leXVe arrondissement) ». Résumé d'un article de Gilberte Paupe publié dansBull. Soc. hist. et arch. du 15e arr. de Paris,no 12.
  12. (en)Laurence E. MacDonald,The Invisible Art of Film Music: A Comprehensive History, Scarecrow Press,(ISBN 9781461673040,lire en ligne),p. 50
  13. Claude Samuel,Prokofiev, Editions du Seuil,, p. 155
  14. NormanLebrecht, « Prokofiev, la dernière victime de Staline »,La Scena Musicale, Montréal, La Scène musicale,vol. 8,no 9,‎,p. 48-49(ISSN 1486-0317 et1206-9973,lire en ligne)

Bibliographie

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