Limites communales entre Senones et ses communes adjacentes.
Le centre autour de l'abbaye, depuis la Roche Mère Henry[1] (666 m)
Senones est située dans la vallée duRabodeau, affluent en rive droite de laMeurthe, qui quitte son territoire pourMoyenmoutier à l'altitude de 328 mètres. La moitié nord du territoire communal est montagneuse et couverte de forêts ; elle est traversée par les ruisseaux de Ravine et de la Basse de Malfosse qui confluent en direction deMoyenmoutier. La commune y culmine à 722 mètres d'altitude, à laTête d'Anteux, sommet partagé avecLa Petite-Raon.
La commune est située dans lebassin versant du Rhin au sein dubassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le Rabodeau, le ruisseau des Ravines, le ruisseau de Lavaux, le ruisseau de la Forain, le ruisseau de la Route Forestiere, le ruisseau de Repafosse, le ruisseau du Vieux Moulin et le ruisseau le Courade[4],[Carte 1].
Au, Senones est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[14].Elle appartient à l'unité urbaine de Moyenmoutier[Note 2], une agglomération intra-départementale regroupant six communes, dont elle estville-centre[Note 3],[15],[16]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Dié-des-Vosges, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[16]. Cette aire, qui regroupe 47 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[17],[18].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (75,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (77,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (75,9 %), prairies (7,5 %), zones urbanisées (7 %), zones agricoles hétérogènes (7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,4 %), mines, décharges et chantiers (1,3 %)[19]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Les formes anciennes du nom sont[20]: Senonensis monasterii (938); Senoines (1238); Senone (1261); Senones (1268); Sennoines (1291); Senoyne, Senoie (1304); Zenoinnes (1302); Cenoinnes (1309); Senoinnes (1313); Scennoines (1351); Senonne (1402); Senone (1434); Prévosté et mairie du Val de Senonne (1566).
Anciennement dénomméeSenonia, la ville actuelle s'est bâtie autour de l'abbaye bénédictine Saint-Pierre fondée en640 parsaint Gondelbert. Gondelbert, patron d'unban mérovingien a peut-être favorisé l'installation d'un modeste moutier ou monastère après 640. Parce qu'il porte la crosse, on le croyait autrefoisarchevêque de Sens
À l'époque carolingienne, abbaye et ban de Senones sont attribués à l'évêqueAngelram de Metz et à ses successeurs. En 1111, l'évêque de Metz impose commevoué (protecteur) lecomte Hermann de Salm. L'abbaye Saint-Pierre est reconstruite en pierre par l'abbé architecteAntoine de Pavie entre1097 et1123. Cette construction initie le renouveau économique de la contrée auXIIe siècle. L'histoire du ban de Senones se confond ensuite avec la seigneurie-vouerie deSalm-en-Vosges et ses luttes entre1250 et le XVIe siècle pour prendre le pouvoir sur le domaine de l'abbaye. Le 29 septembre 1571, Jean IX de Salm, comte de Salm et Frédéric Rhingrave de Salm, "comte sauvage du Rhin", cousins éloignés et beaux frères, coindivisaire du comté de Salm depuis une indivision de 1429, réunissent les familles importantes de la vallée duRabodeau et se font reconnaître dans l'abbaye devant l'impuissant abbé Claude II, seuls maîtres des terres abbatiales dont ils avaient la protection. Senones et ses environs deviennent officiellement un comté laïc avec une puissante abbaye en son sein et non plus une seigneurie ecclésiastique sous la protection des De Salm. Philippe-Othon de Salm, le fils de Frédéric Rhingrave, deviendra Prince le 8 janvier 1623 en échange de quoi il abjure le protestantisme au profit du catholicisme, Jean IX n'ayant pas eu de fils, c'est son beau fils le Duc de Lorraine qui hérite de l'indivision, ainsi la situation juridique de la principauté est étrange entre 1623 et 1751: principauté indépendante ou partie du Duché de Lorraine ? Micro État indépendant ou propriété privée du Prince ? Et que dire de la situation avec l'abbaye ... a une époque où l'idée moderne d'Etat n'est pas encore bien définie.
AuXVIIIe siècle, l'abbéDom Calmet poursuit la reconstruction totale de l'abbaye commencée par ses prédécesseurs. On lui doit en particulier le grand escalier orné d'une grille enfer forgé deJean Lamour.Voltaire vient rendre visite à Dom Calmet en1754. Le 21 décembre 1751, Nicolas-Leopold, prince de Salm signe une convention avecStanislas de Lorraine etLouis XV de France pour déterminer la situation de ses terres: il perdBadonviller et ses alentours ainsi que la rive droite de la Plaine en échange de la fin de l'indivision et de la pleine souveraineté de la principauté. Senones devient donc la capitale de laprincipauté de Salm-Salm dépendante duSaint-Empire romain germanique, micro Etat européen totalement enclavée à partir de 1766 dans leRoyaume de France (annexion de la Lorraine). À la suite d'un blocus économique opéré par la république naissante, la principauté est annexée par laConvention le 2 mars1793[25] et intègre le jeunedépartement des Vosges. Face à l'abbaye, construite à l'ouest, le premier Prince de Salm-Salm, Nicolas Léopold, fait bâtir le premier château, achevé en 1754. Le deuxième Prince, Louis Charles Othon est le bâtisseur du deuxième château et des nombreuses dépendances. Tous ces bâtiments princiers, ainsi que des hôtels particuliers construits à la même époque, sont toujours présents dans le centre historique de la ville.
Dès la réunion de la Principauté de Salm-Salm à la France, les industries prirent possession des bâtiments libérés par les Princes et les abbés. C'est ainsi qu'en1806, fut installée dans l'abbaye de Senones, la première filature mécanique de coton du département des Vosges par l'AnglaisJohn Heywood en 1806, pionnier du coton dans les Vosges, dont les installations industrielles seront par la suite reprises par la société du baronAimé-Benoît Seillière (1776-1860) et son cousinBenoît-Aimé Seillière, puis le fils de ce dernier,Nicolas-Ernest Seillière (1805-1865). L'industrie textile connut un essor considérable durant tout leXIXe siècle. La dernière usine, le tissage de l'abbaye, a fermé ses portes en1992.
Senones a été sur la ligne du feu pendant quatre ans durant laPremière Guerre mondiale et la population a été victime d'atrocités, dont des prises d'otages, des exécutions, des incendies de maisons[26]. Elle fut également très éprouvée durant le second conflit : 354 hommes furent déportés[27] le et 245 d'entre eux périrent dans lescamps de concentration[28],[29]. Pour toutes ces épreuves, la ville fut décorée des Croix de Guerre14-18[30] et39-45[31].
L'imposant monument aux victimes de la déportation illustre l'intensité des épreuves subies par la population durant le second conflit mondial.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[37]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[38].
En 2023, la commune comptait 2 205 habitants[Note 5], en évolution de −10,51 % par rapport à 2017 (Vosges : −2,84 %,France horsMayotte : +2,36 %).
Senones a une riche histoire d'ancienne capitale de laPrincipauté de Salm-Salm mais aussi un cadre naturel préservé. Lemassif du Val de Senones qui conduit vers lecol de Prayé et leDonon est un des plus beaux domaines forestiers de France, avec ses futaies jardinées desapins dehêtres et d'épicéas avec de nombreusescascades qui dévalent les pentes. Toute la vallée se prête à une forme de tourisme de plus en plus orientée vers la détente, les activités sportives de pleine nature, la marche et les découvertes patrimoniales ou naturelles.
Culture de légumes, de melons, de racines et de tubercules.
Élevage de chevaux et d'autres équidés.
Ce serait à Senones en 1258 que lesvendanges tardives auraient été inventées, d'aprèsRicher. Après une année catastrophique, les vendanges ont dû être reportées jusqu'à fin octobre car le raisin n'était toujours pas mûr au cœur de l'automne. Les vignes furent prises en glace en novembre et on décida avec désespoir de le récolter quand même ce qui fut une excellente surprise lorsqu'on le goûta en vin l'année suivante (il n'y a plus de vigne aujourd'hui à Senones)[47].
De nombreuses structures d'accueil sont proposées au sein de l'office de tourisme du Pays des Abbayes. À peine 10 kilomètres séparent les abbayes d'Étival,Moyenmoutier et Senones. Elles sont ouvertes toute l'année et chacun peut les découvrir grâce à des fiches-visites disponibles sur place. Senones est labelliséePetites Cités de Caractère.
Hébergements et restauration à Senones, Celles-sur-Plaine, Étival-Clairefontaine, Pierre-Percée, Raon-l'Etape, Bioville, Bacarrat.
Letemple protestant de Senones[62],[63], quai Jules Ferry, porte la date de 1896. Fait exceptionnel, il s'agit d'une synagogue désaffectée cédée en 1949 par la communauté juive aux protestants qui cherchaient un lieu de culte après laSeconde Guerre mondiale, "eu égard au dévouement des protestants envers les juifs durant les années de persécution"[64],[65], comme le précise la plaque fixée sur le mur extérieur et dévoilée en 1997 à l’occasion du centenaire de l'inauguration de la synagogue. Le frontispice porte des inscriptions en hébreu, traduites en français sur la plaque du centenaire : "Car ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples" (verset tiré dulivre du prophète Ésaie, chapitre 56 verset 7)[66].
Cimetière militaire de La Poterosse[67],[68],[69].
L'ancienhôtel de Montfort puis du prince Charles, 6 place Clemenceau, construit en 1754, en partie classé et en partie inscrit au titre desmonuments historiques par arrêté du[80].
Fontaine place Clemenceau devant l'église St Gondelbert[89],[90].
Obélisque commémorant le centenaire de la réunion de la Principauté de Salm-Salm à la France en 1793[91].
Le rapide du Rabodeau et la future voie verte : Lechemin de fer à vapeur fut un témoin de l'épopée industrielle de la vallée du Rabodeau : il parcourait alors en dix-huit minutes les neuf kilomètres menant d'Étival-Clairefontaine à Senones en passant parMoyenmoutier. Construite par souscription privée après 1872, cette ligne utilisait la traction à la vapeur et assurait un service régulier jusqu'en1974. Elle a été la dernière exploitée en France de façon commerciale, avec des locomotives du type 030T Krupp (machine visible àVigy) et ex030 TU 13. La ligne reprise après 1974 par une association d'amateurs du rail permet alors de faire revivre à la belle saison l'aventure du chemin de fer. Elle assure une animation touristique et prépare à l'occasion des trains spéciaux de noces ou fêtant Senones, ancienne capitale de la principauté de Salm... L'arrêt de la modeste entreprise associative est provoqué à la fin desannées 1980 par le non-renouvellement de la concession par le département des Vosges. Senones oublie ainsi son passé industriel pour s'ouvrir à un avenir touristique. Cette ancienne voie de chemin de fer, désormais voie verte, va prochainement retrouver un public pour la parcourir à pied ou à vélo.
Antoine de Pavie, abbé de Senones au XIe siècle, restaurateur de l'ordre abbatial contre les vicissitudes des moines, il reconstruit et agrandit l'abbaye
Richer, moine et historien du XIIIe siècle, auteur de la chronique de Richer racontant la vie du pays de Salm de l'époque
Tous les comtes (de 1111 à 1623) et princes (de 1623 à 1793) deSalm
Dom Mathieu Petitdidier, abbé de Senones au début du XVIIIe, theologien et constructeur de la bibliothèque de l'abbaye
Christophe Dieudonné, né le à Senones et mort le àSaint-Saulve (Nord), avocat et homme politique, député des Vosges à l'Assemblée nationale législative, préfet du Nord.
Dom J-F Lombard, dernier abbé de Senones, prêtre réfractaire, meurt simple curé deSaint Jean du Mont en 1815
Voltaire, qui passa 3 semaines du 10 juin au 2 juillet 1754 à Senones, chassé par le Prince il lui retorquera qu'un escargot pourrait faire le tour de son État en une heure
Pierre Humbourg, journaliste et écrivain, né en 1901 à Senones.
Solange Vigneron, née le à Senones, dont une rue porte son nom. Lieutenant desFTPF, elle fut guillotinée à Cologne le[93],[94]. Sa dépouille est enterrée au cimetière de Senones. Par arrêté du secrétaire d'État à la défense chargé des anciens combattants en date du, la mention « Morte en déportation » est apposée sur les actes et jugements déclaratifs de son décès[95].
Constant Verlot député maire né le 21 février 1876 à Paris et mort le 15 avril 1933 à Senones
Eugène Curien, né à Senones en 1868, évêque deLa Rochelle de 1923 à 1937, se retire de sa charge et meurt à Senones en 1947
Franck Thilliez, dans son romanIl était deux fois (Fleuve Eds., 2020), insère la quatrième de couverture d'un roman policier imaginaire qui a pour cadre une ville du nom de Senones :« Automne 2008. Senones, une petite ville de quinze mille habitants, encastrée au fond d'une vallée, est sous le choc : le corps d'un enfant de neuf ans a été retrouvé dans l'une des turbines d'une usine hydroélectrique, dans une mise en scène qui rappelle un meurtre irrésolu vieux de vingt-cinq ans. » (chapitre 51) Il est vrai qu'il déclare que cette ville est imaginaire au chapitre 55. Le fait que le nom Senones soit unpalindrome joue un rôle dans l'intrigue.
De gueules, à deux saumons d'argent adossés et posés en pal, accompagnés de quatre croisettes du même, une en chef, une en pointe et une à chaque flanc.
Commentaires : Les deux saumons sont l'emblème de la famille de Salm, originaire de la vallée de laSalm, un sous-affluent de laMeuse desArdenne belges. Seules les armoiries des comtes de Salm en Vosges comprennent des croisettes.
J. Elardin,Senones et sa contrée sous l'occupation allemande : 1914-1918, C. Cablé, Senones, 1927, 23 p.
André Petitdemange (et al.),Senones, Moyenmoutier, Étival : pays d'abbayes en Lorraine, Office de tourisme du pays des abbayes, Senones, 2007, 125 p.(ISBN978-2-9529604-0-3)
À l'occasion du centenaire de la réunion de la Principauté de la Salm à la France, plusieurs notices furent publiées (bibliographie pages 62 et 63 du livre de Marcel Billand, paru en 1933, livres ci-dessous)
Auguste Pelingre,Notice historique et descriptive, 1893
Arthur Benoit,Notice sur la réunion de la Principauté de Salm à la France, 1893
Abbé Mathias,Annexion de la Principauté de Salm-Salm à la France, 1893
Baron Frédéric Seillière,Recueil de documents pour servir à l'histoire de la principauté de Salm en Vosges et de la ville de Senones, sa capitale
Baron Frédéric Seillière,Partage du Comté de Salm en 1598, 1893
A. Fournier,Le fondateur de l'Abbaye de Senones, 1894
Cavités souterraines : ** LORAW0013484 : Abri de la forêt de Val de Senones, ouv militaire; **LORAW0013485 : Abri sous roche des Quatre Bancs, ouv militaire; **LORAW0013487 : Abri sous roche du Mont Pelé, ouv militaire; **LORAW0013480 : Cave de la rue de la Glacière, cave; **LORAW0013486 : Abri sous roches de la Roche Mère Henry, ouv militaire.
Le patrimoine architectural et mobilier de la commune sur le site officiel duministère français de la Culture (Bases Mérimée, Palissy, Palissy, Mémoire, ArchiDoc), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (archives photographiques) diffusion RMN, et service régional de l'inventaire général de la direction de la Culture et du Patrimoine de la Région
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Dans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Moyenmoutier comprend trois villes-centres (Étival-Clairefontaine,Moyenmoutier et Senones) et trois communes de banlieue.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155,lire en ligne, consulté le)
↑Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM),Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise,, 677 p.(ISBN2-87692-093-X),p. 577 à 680
Présentation des orgues de l’église Saint-Gondelberg à Senones