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Section française de l'Internationale ouvrière

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Section française de l'Internationale ouvrière
Image illustrative de l’article Section française de l'Internationale ouvrière
Logotype officiel.
Présentation
Anciens dirigeantsJean Jaurès,Paul Lafargue,Jules Guesde,Édouard Vaillant,Louis Dubreuilh,Léon Blum,Daniel Mayer,Guy Mollet
Fondation1905 (congrès du Globe)
Fusion deParti socialiste français
Parti socialiste de France
Parti ouvrier socialiste révolutionnaire
Fédérations autonomes
Parti d'unité prolétarienne(1937)
Disparition1969
Scission dansPSF(1907)
PO(1914)
PSF(1920)
SFIC(1920)
PSAS(1930)
PSdF(1933)
POI(1936)
PSOP(1938)
PSD(1945)
BDS(1948)
PSG(1956)
UGS(1957)
PSA(1958)
Fusionné dansParti socialiste
JournalL'Humanité(1905-1920)
Le Populaire(1918-1969)
PositionnementGauche[1]
Factions :
Centre gauche àextrême gauche
IdéologieSocialisme[1]
Marxisme[1]
Factions :
Néo-socialisme
Socialisme démocratique
Social-démocratie
Réformisme
Communisme
Anticapitalisme
Affiliation françaiseCartel des gauches(1924-1926)
Front populaire(1936-1938)
Troisième Force(1947-1951)
Front républicain(1956)
Fédération de la gauche démocrate et socialiste(1965-1968)
Affiliation internationaleDeuxième Internationale,Union des partis socialistes pour l'action internationale,Internationale ouvrière socialiste,Internationale socialiste
CouleursRouge
Parti socialisteSuivant

LeParti socialiste - Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) est unparti politiquesocialistefrançais, qui existe sous ce nom de 1905 à 1969. Lors ducongrès d'Issy-les-Moulineaux en 1969, il devient leParti socialiste, s'associant avec l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche.

Historique

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Partis socialistes avant la SFIO

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Réorganisation et unité initiale (1876-1890)

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Jules Guesde, fondateur duParti ouvrier français.

Après les événements de laCommune de Paris, uneterrible répression s'abat sur les mouvements socialistes. Il y a entre 20 000 et 30 000 morts et plus de 38 500 fugitifs ou exilés et autant d'arrestations. Parmi les personnes arrêtées, il y a 78 % d'ouvriers dont 84 % sont déportés dans les plus lointainescolonies de l'empire colonial français.

Dès 1872, lesclasses ouvrières se réorganisent en chambre syndicale. En 1876, un ouvrier bijoutier,Jean Barberet, organise le premier congrès ouvrier. DeLondres, les exilés s'organisent, notamment les amis d'Auguste Blanqui qui accusent ouvertement le gouvernement de favoriser laclasse bourgeoise.

D'un autre côté,Jules Guesde, journaliste condamné pour avoir défendu la Commune, développe une position de différenciation par rapport aux autres partis.

Division en cinq tendances (1882-1901)

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Schéma synthétique relatif à la genèse de la SFIO (1878-1905)

Une structure socialiste unitaire est créée en1879 : laFédération du parti des travailleurs socialistes de France (FPTSF). Mais les congrès de1880 et1881 voient s'affirmer la désunion des socialistes. À partir de1882, ils créent plusieurs partis représentant cinq grandes tendances dusocialisme[2] :

  • Lespossibilistes : lors de la séparation au congrèsSaint-Étienne en 1882, Jules Guesde propose le vote du programme « minimal » (partiellement rédigé parMarx). La vision dePaul Brousse est différente : il s’agit de fractionner le but en plusieurs étapes pour le rendre possible. Le municipalisme est la base du mouvement possibiliste, c'est ce qui correspond à la vision communiste deMarx. Jusqu'en 1890, la Fédération des travailleurs socialistes étend son influence vers lespays de la Loire, mais elle subit une scission avec les allemanistes. Cette érosion est due à l'évolution politique : les possibilistes sont désormais devenus républicains. La FTSF regroupe les artisans et les professions libérales.
  • Lesallemanistes : au sein de la FTSF, une aile ouvrière s'élève, emmenée parJean Allemane qui crée une scission en 1890, à la suite du congrès deChâtellerault, formant leParti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Il prône les réformes immédiates et le réformisme municipal. Ils sont proches de certains aspects de l'anarchisme et veulent une décentralisation du pays. Leurs moyens d'action sont plus concentrés sur l'action syndicale que politique. Ils sont pour la gestion des industries par les travailleurs.
  • Lessocialistes indépendants : au départ c'est un regroupement de plusieurs personnalités radicales et républicaines. Ce sont des hommes commeJean Jaurès ouMillerand, qui deviennent très rapidement députés. Ils dominent par leur qualité oratoire et leur nombre les divers groupes ouvriers ou socialistes qui sont élus auParlement. Ce groupe hétérogène au départ, devient très vite homogène. Ils se regroupent autour des idées de solidarité républicaine et ne s'occupent pas de la rupture entre les socialistes et la république bourgeoise. Ce courant parait très attaché à l'unité d'esprit dusocialisme. C'est sur cet esprit d'unité que ce groupe se lie à plusieurs militants socialistes commeLéon Blum. Ce groupe d'indépendants s'agrandit jusqu'à créer en1898 la confédération des socialistes indépendants, puis en1902 c'est la fusion avec la FTSF de Brousse pour créer leParti socialiste français.
  • Lesguesdistes : leParti ouvrier français, créé en1880 en tant que Parti ouvrier, parJules Guesde etPaul Lafargue. C'est une organisation qui se bat non seulement pour des réformes mais aussi pour la conquête du pouvoir politique par lesprolétaires. C'est une organisationmarxiste, qui est en lien avec Karl Marx etFriedrich Engels. C’est numériquement le parti socialiste le plus important enFrance.
  • Lesblanquistes duParti socialiste révolutionnaire (PSR), nouveau nom donné en 1898 auComité révolutionnaire central (CRC) créé en 1881. Après avoir perdu de nombreux militants lors de la criseboulangiste (dissidence duComité central socialiste révolutionnaire en 1889), le CRC a été renforcé en1896 par la scission d'élus et responsables régionaux exclus du POSR regroupés en1897 sous le nomAlliance communiste révolutionnaire (ACR). Le PSR est dirigé parÉdouard Vaillant, qui fait partie de l'union des indépendants et des marxistes.

Marche vers l'unité : les deux partis socialistes (1901-1905)

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Brillant match d'éloquence entre MM.Jean Jaurès etJules Guesde, caricature des deux dirigeants socialistes lors d'un débat à Lille en, dessin d'Henry Somm,musée Jean-Jaurès.
Invectives et pugilat lors du second congrès unitaire socialiste français tenusalle Wagram (28-). Vue d'artiste deSabattier,L'Illustration,.

En 1901, deux mouvements socialistes s'opposent : une « gauche », clairement révolutionnaire, avecÉdouard Vaillant etJules Guesde ; une « droite », plutôt réformiste, avecJaurès etPaul Brousse. Ces courants s'opposent régulièrement, par exemple lorsqueMillerand accepte d'entrer au gouvernement (dit « bourgeois »), Guesde et Vaillant dénoncent cette prise de position en déclarant que cela discrédite le socialisme. Malgré ces rivalités, Vaillant prône l'unification. Aux élections de 1893, une cinquantaine de députés sont élus. Parmi les raisons de leur élection, on trouve la diminution par le pouvoir du droit de presse, et surtout le mécontentement des ouvriers, qui se manifeste par de nombreusesgrèves.

Deux rassemblements se développent : leParti socialiste français regroupe les socialistes indépendants, ce qui reste de la FTSF de Brousse et la plus grande partie des Fédérations indépendantes. Ce parti est dirigé en 1902 par Jaurès.
LeParti socialiste de France naît en 1901 sous le nom d’Unité socialiste révolutionnaire, réunissant le parti socialiste révolutionnaire (PSR), le Parti ouvrier français (POF) et quelques fédérations autonomes. Les guesdistes forment ici la quasi-totalité des effectifs.

Création de la SFIO

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Jean Jaurès,socialiste indépendant, joue un rôle décisif dans la création de la SFIO.

L'unification du socialisme français a lieu en 1905, aucongrès du Globe à Paris, qui fait suite du congrès socialiste international d'Amsterdam de1904. Le Parti socialiste, section de l'Internationale ouvrière, plus connu sous le sigle SFIO, parti dumouvement ouvrier, est né. Les anarchistes ne s'associent pas à cette unification.

Albert Willm aurait joué un rôle notable en1905 dans le choix du sigle du Parti SFIO :

« L’avocat Albert Willm, duParti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR), aurait alors voulu marquer la préoccupation ouvriériste du courantallemaniste et obtenu l’adjonction d’ouvrière. Là se trouve l’explication de la présence incongrue de l’expressionInternationale ouvrière alors qu'à l’époque tous les textes officiels traduits en français se réfèrent aux décisions de l’Internationale socialiste[3]. »

Carte d'adhérent deJean Jaurès.

Ce rassemblement est à la fois une victoire des révolutionnaires et une victoire des jauressiens. En effet, ils représentent le tiers de la direction, même siJaurès lui-même n'y siège pas, car les élus ne peuvent en être membre. À l'inverse des autres partis socialistes européens, la SFIO est un parti peu centralisé, laissant une grande autonomie à ses élus et aux échelons locaux. Sa direction ne dispose que de maigres moyens humains et financiers d'autant que, contrairement à ses homologues britannique et allemand, elle ne peut s'appuyer sur les organisations syndicales, lesquelles défendent leur indépendance (laCharte d'Amiens est adoptée par laCGT en1906). Dans ces conditions, le secrétaire généralLouis Dubreuilh n'exerce qu'une fonction administrative et c'est le chef du groupe parlementaire et directeur du quotidienL'Humanité,Jean Jaurès, qui apparait comme le véritable chef du parti.

La SFIO (Section française de l'internationale ouvrière) prend position contre la politique coloniale et le nationalisme belliciste. Cependant, il y a encore des divergences sur les questions d'actualité. La rupture entre Vaillant et Guesde intervient dès 1906, quand la majorité accepte larésolution du congrès d'Amiens sur l'indépendance syndicale. Mais c'est sur la question de la guerre que la rupture intervient nettement. Jaurès, suivant la doctrine de l'Internationale, en appelle à lagrève générale, voire à l'insurrection, afin de prévenir ou d'arrêter le conflit. Jules Guesde pense lui que la guerre peut détruire lecapitalisme, et redoute que la grève ne devienne effective et affaiblisse les pays les plus industrialisés, ceux où l'organisation ouvrière serait plus forte. C'est une des raisons pour lesquelles les idées de Jules Guesde sont de moins en moins approuvées par les adhérents SFIO qui se rangent du côté de Jaurès.

À la veille de la guerre de 1914, le Parti déclare 93 218 adhérents, à comparer au chiffre officiel des effectifs du congrès de l’unité qui est de 34 688[4].

Première Guerre mondiale

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Article connexe :Union sacrée et socialistes.

Le, la SFIO publie un manifeste disant« À bas la guerre ! Vive la république sociale ! Vive le socialisme international ! ». Ce manifeste montre que les socialistes à ce moment étaient fermement contre la guerre. Trois jours plus tard,Jaurès, fervent pacifiste, est assassiné parRaoul Villain, nationaliste et aliéné notoire.

Dès le 2 août, il y a un basculement total avec le discours de Vaillant qui déclare « en présence de l'agression, les socialistes accompliront tous leur devoir pour la patrie ». Le 4 août, les socialistes votent les crédits de guerre, et le 26 août lors de la création du gouvernement les blanquistes et les guesdistes sont représentés dans le gouvernement de l'union sacrée.

Ainsi, en 1914, la grande majorité de la SFIO accepte de cautionner la guerre, contrairement à tous ses engagements antérieurs. Peu de socialistes maintiennent l’opposition à la guerre : le Comité pour la reprise des relations internationales (CRRI) deFernand Loriot ou, de façon moins radicale, la minorité dirigée parJean Longuet, qui crée le journalLe Populaire.

Années 1920

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Les années1919 et1920 marquent un développement important du mouvement ouvrier, laCGT multiplie par deux ses effectifs en 1919. La SFIO aborde lesélections législatives de novembre 1919 assez sereinement, elle présente un nouveau programme rédigé parLéon Blum qui renvoie la perspective révolutionnaire en disant « elle viendra à son heure historique ». Dès mars 1919, des grèves démarrent dans les mines, le textile et dans les banques. Ces grèves provoquent de fortes pressions sur la SFIO, où deux franges s'affrontent : les « zimmerwaldiens » et la SFIO réformiste. Cependant, la SFIO refuse de déclarer lagrève générale. En février 1920, au congrès deStrasbourg, les adhérents acceptent à 92 % le retrait de la SFIO de laDeuxième Internationale, discréditée par son attitude favorable à la guerre.

Scission entre communistes et socialistes

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Article connexe :Congrès de Tours.
Aucongrès de Tours,Léon Blum s'oppose à l'adhésion de la SFIO à l’Internationale communiste.

En décembre 1920, aucongrès de Tours, la question de l'adhésion à l’Internationale communiste divise la SFIO :

Malgré ces oppositions, l'adhésion à laIIIe Internationale ouvrière est obtenue par 3 028 voix contre 1 022, et 327 abstentions. La SFIO se divise en deux, les majoritaires créent un nouveau parti : la SFIC (Section française de l’Internationale communiste) que l'on appellera plus tard le Parti communiste, puisPCF.

Difficultés après le congrès de Tours

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La SFIC regroupe en1921 la majorité des adhérents de l’ex-SFIO unifiée, et conserve aussi le principal organe de presse socialiste :L'Humanité. Mais des luttes internes entraînent des départs, puis lastalinisation du parti s’accompagne de vagues d’exclusions, et de la formation de mouvements communistes dissidents[5]. Ceci entraîne une chute très importante du nombre des adhérents (109 000 en1921 ; 28 000 en1933).

De son côté, la nouvelle SFIO n'est pas un parti important du point de vue du nombre d'adhérents (55 000 en1923), mais a un réel poids électoral avec 101 députés auxélections de mai 1924. La SFIO adhère à la nouvelleInternationale ouvrière socialiste.

Une scission syndicale, entreCGT etCGTU, suit la scission politique.

Cartel des gauches

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Article connexe :Cartel des gauches.

En 1924, une union se forme entreradicaux, SFIO et républicains-socialistes. Ils passent un accord électoral, leCartel des gauches. Ils veulent le retour de la défense de lalaïcité, une défense des lois sociales, une politique financière plus juste avec des aides où l'on privilégie leprolétariat, et aussi une politique d'alliance avec laSociété des Nations (SDN). Ce cartel est dénoncé, à l'intérieur de la SFIO, par une partie de l'aile gauche, menée parJean Zyromski[6] etBracke qui considèrent le parti radical comme un parti de la bourgeoise (au niveau classe sociale) et qui luttent pour une « indépendance de classe » de la SFIO. En mai 1924, le Cartel des gauches remporte la victoire aux élections avec328 sièges sur 582.

Le premier gouvernement est celui deÉdouard Herriot (Herriot I, au). Il n'y a aucun ministre socialiste. La SFIO voulait diriger le gouvernement car elle estime que les radicaux sont encore trop ancrés au sein de la classe bourgeoise. Herriot met en place une politique de gauche pour satisfaire son électorat. Il crée un conseil national économique et social.Aristide Briand va se charger de la politique étrangère. Il essuie malgré tout un échec important sur sa politique laïque, à cause de l'opposition de l’Église ; Édouard Herriot voulait à nouveau supprimer l'ambassade duVatican, et leconcordat de l'Alsace.

Dès1925, une division apparaît entre les radicaux et les socialistes, qui porte sur le remboursement de la dette nationale. C'est une crise d'endettement qui est due à la reconstruction après la guerre, mais aussi aux bons du trésor. De plus la monnaie est instable. Socialistes et radicaux sont en opposition sur la conception financière du remboursement de la dette. Les radicaux veulent appliquer la méthode libérale (laisser le commerce libre), tandis que les socialistes sont pour l'instauration d'un impôt sur lecapital. Une autre solution donnée par la SFIO serait de transformer les bons du trésor en un emprunt plus long. Le gouvernement n'arrive pas à trouver de solution, au moment où le directeur général de la banque déclare qu'il n'y a plus de réserve d'or. Herriot est accusé d'avoir fait exploser la dette nationale, il est donc démis de ses fonctions. Six autres gouvernements du cartel des gauches vont se succéder en15 mois.

Années 1930

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En1933, la SFIO est devenue plus importante que le Parti communiste. Mais la SFIO est divisée entre plusieurs courants, avec dans sa frange la plus à gauche :

Et dans sa frange davantage centriste ou à droite :

  • Lesnéo-socialistes sont plutôt centristes refusant à la fois la révolution marxiste et le réformisme au coup par coup mais favorables à une politique étatique de planification de l’économie. À la suite des conflits constants avecLéon Blum, ils seront exclus du mouvement en 1933 pour former l’éphémèreParti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF) et se disperseront durant le régime de Vichy entre la collaboration totale et la résistance de la première heure (aux côtés des socialistes de la SFIO et des communistes du PCF).
  • Autre tendance, « Révolution constructive » est apparue dès 1930. On trouve des intellectuels commeRobert Marjolin ouGeorges Albertini, ils sont avec les néo-socialistes (mais resteront fidèles à la SFIO). Ils partagent un bon nombre de préoccupations comme l'impatience devant la « tergiversation » de Blum, l'attention aux classes moyennes, la nécessité de l'intervention de l'État pour aider le secteur privé.

En 1934, leJournal des Femmes socialistes est créé tandis queLe Populaire crée une page hebdomadaire consacrée aux militantes[7].

Front populaire

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Article connexe :Front populaire (France).
Vincent Auriol,Léon Blum,Paul Faure etJean-Baptiste Séverac en 1936.

Le paysage desannées 1930 est marqué par la montée dufascisme. Des intellectuels de gauche se réunissent en comités pour combattre lefascisme, comme leComité de vigilance des intellectuels antifascistes, ou leMouvement Amsterdam-Pleyel dans lequel on retrouve les écrivainsRomain Rolland etHenri Barbusse qui sont proches des communistes. Ce qui précipite le déclenchement en France d’une lutte intense contre le fascisme, c'est l'évènement du6 février 1934 où plusieurs ligues d’extrême-droite essaient de rentrer dans lepalais Bourbon. La gauche voit en cette journée une tentative de renversement de la république. C’est pour cela que dans un premier temps, la gauche organise une contre-manifestation le. C’est à partir de ce moment-là que les divers courants de gauche vont s’unir.

Manifestation de la SFIO à Paris en 1934 pour la libération du dirigeant communiste allemandErnst Thälmann.

Après le rapprochement dans la rue, il y a une alliance entre les partis : dès juillet 1934, la SFIO et le parti communiste mettent de côté leurs querelles pour gagner les élections de1936. Le, les socialistes et les communistes font un pacte d’unité et d’action. Cependant, les radicaux n’acceptent de s’allier avec les communistes qu’en mai 1935, la France signant un accord avec l’URSS. Le, les radicaux signent le « ralliement populaire », celui-ci est célébré comme un événement national.

En janvier 1936, les différents partis se mettent d’accord sur le fameux programme « pain, paix, liberté ». Ce programme deFront populaire permet de gagner les élections de 1936, remportées parLéon Blum. Cette victoire électorale est accueillie durant les mois de mai et juin par de grandes grèves spontanées, avec plus de2 millions de grévistes. C’est une grève de pression politique, avec des occupations d’usines.

Manifestation du Rassemblement populaire,. Dans la tribune, de gauche à droite :Thérèse Blum,Léon Blum,Maurice Thorez,Roger Salengro,Maurice Viollette,Pierre Cot.

Sous la pression des grèves, le Front populaire procède à plusieurs réformes en faveur des travailleurs comme la semaine de40 heures, l’instauration de deux semaines decongés payés et une augmentation des salaires de 7 à 15 %. Ces réformes sont relativement populaires mais la situation économique reste mauvaise, la production baisse. Dès septembre, la hausse des prix est supérieure à la hausse des salaires, Blum est obligé de dévaluer lefranc et en même temps décide de faire une pause dans les réformes.

Le Front populaire refuse d’intervenir pour aider militairement laRépublique espagnole, qui est confrontée aucoup d’État franquiste de juillet 1936. Léon Blum, cédant aux centristes radicaux, mais surtout à d’autres pressions, notamment celles du Royaume-Uni, décide de ne pas s’engager dans cette guerre.

Les années du Front populaire sont marquées par un regain de l'antisémitisme. L'extrême droite souligne que Léon Blum estjuif.

Pour l'historienSerge Berstein, les choix intellectuels de Léon Blum sont pour beaucoup dans l'échec politique de l'expérience du Front populaire. En particulier, Blum estime que seul leprolétariat constitue l’instrument de la transformation sociale et refuse de prendre en compte les classes moyennes, qu'il tient pour un groupe résiduel condamné par l’évolution économique.

Blum est emporté en juin 1937 par le vote négatif des sénateurs radicaux, qui lui refusent les pleins pouvoirs ; selon Bernstein, ce vote traduit « la révolte des classes moyennes, clientèle du radicalisme contre ce qui leur apparaît comme une politique de classe »[8]. C’est la fin du Front populaire, même si l’assemblée élue reste en place pour voter la confiance au gouvernement Daladier et ne sera pas renouvelée au déclenchement de laSeconde Guerre mondiale lors de ladéfaite de 1940.

La question de la guerre face aux dictatures fascistes

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La question de la guerre s'impose de plus en plus, alors que le Parti communiste se veut le fer de lance d'un antifascisme conséquent, du moins jusqu'aupacte germano-soviétique d'août 1939. Les pacifistes les plus convaincus jugent belliciste cet antifascisme. Cette question va jusqu'à constituer le principal clivage lors du36e congrès national de la SFIO de mai 1939 à Nantes. Le parti se divise en deux tendances : les partisans deBlum s'opposent à ceux dePaul Faure. Ce dernier est le chef de file du principal courant hostile à la guerre, illustré également parCharles Spinasse,Julien Peschadour,Jean-Baptiste Séverac,Louis L'Hévéder,Fernand Roucayrol,Georges Dumoulin,Georges Albertini ou encoreGeorges Soulès. Les fauristes demandent une conférence de paix qui réparerait les injustices de 1919 et obtiennent 2 200 mandats.Maurice Deixonne etLudovic Zoretti sont les principales figures de la tendance encore plus radicale apparue en 1938 et intitulée Redressement socialiste, qui voit dans l'Allemagne et l'Italie des « nations prolétaires » opprimées par la France et la Grande-Bretagne (276 mandats). La tendance Blum reste néanmoins majoritaire avec ses 2 800 mandats.

De la Résistance à la Libération

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Article connexe :Comité d'action socialiste.
Arrêté par lerégime de Vichy en1940,Léon Blum fait connaître son soutien au généralde Gaulle.
Paul Faure est nommé auConseil national deVichy.

Juillet 1940 et levote des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain laissent la SFIO divisée[9] : parmi les669 députés et sénateurs présents,36 SFIO votent « contre », dont Léon Blum, et90 parlementaires SFIO ont voté « pour » ; les autres s'abstiennent ou ne peuvent être présents[10]. Néanmoins, certains de ces 90 rejoignent ensuite la Résistance[11]. Les socialistes ne représentent que le cinquième des parlementaires présents lors du vote du 10 juillet 1940, mais ils sont à eux seuls la moitié des votes contre Pétain.

LaSeconde Guerre mondiale renforce cette coupure dans la SFIO entre ceux qui rejoignent les rangs de laRésistance (Pierre Brossolette,Amédée Dunois,Félix Gouin,Jean-Baptiste Lebas,Daniel Mayer,Suzanne Buisson,Guy Mollet,André Philip,Jean Pierre-Bloch,Christian Pineau,Pierre Viénot,Vincent Auriol,François Camel,Augustin Laurent,Eugène Thomas,Émilienne Moreau-Évrard,Augustin Malroux,Alexandre Fourny…), et ceux qui sont favorables augouvernement de Vichy (Paul Faure,Charles Spinasse), voire à laCollaboration (Louis Sellier,Paul Rives,Camille Planche,Jean-Marie Balestre, etc.).

Des militants socialistes commeLéon Blum sont arrêtés par le régime de Vichy, puis déportés ;Marx Dormoy est assassiné en 1941 par des militants d'extrême droite. Une partie des « paul-fauristes » (partisans dePaul Faure) choisit le silence ;Paul Faure se tient à la retraite même s'il parraine avec une vingtaine de députés socialistes le journalL'Effort. Mais une partie des fauristes participe activement à la pressecollaborationniste et écrit dans les journaux ouvriéristes collaborationniste commeGerminal,Le Rouge et le Bleu,L'Atelier,La France socialiste,L'Effort. Certains socialistes pacifistes s’engagent dans des organisations collaborationnistes dont leRassemblement national populaire deMarcel Déat, commeLudovic Zoretti ouGeorges Dumoulin, et y rejoignent desnéo-socialistes qui avaient quitté la SFIO dans les années 1930.

Cependant, il y a peu de militants qui adhèrent à ce mouvement. Pendant tout le début de la période de l’occupation, la plupart des militants ne font rien. Le réseau est affaibli depuis août1940, les conseils généraux sont suspendus et les conseils municipaux sont nommés par Vichy. Les anciens lieux de réunions du Front populaire, comme « la Ruche de Montchat » àLyon, sont fermés et les réunions interdites[réf. nécessaire].

À partir d’août 1940, les premières tentatives de construire un parti clandestin prêt à l'action contre l'occupant sont l'œuvre de deux blumistes,Daniel Mayer etHenri Ribière. Une organisation est créée par Mayer en mars1941 : leComité d'action socialiste (CAS), qui compte 2 000 adhérents. Le CAS se renforce au cours de l'année1942, et devient la SFIO reconstituée en mars1943.Le Populaire reparaît clandestinement à partir de 1942.

Certains, commeAndré Philip,Édouard Froment etPierre Viénot, rejoignent laFrance libre à Londres.Adrien Tixier représente la France libre aux États-Unis.

Le Parti socialiste appelle les socialistes à rejoindre les mouvements de résistance existants, au nom de l'union nationale « tous les Français peuvent et devraient se rassembler sur un travail commun ». Les militants SFIO sont majoritaires àLibération-Nord, et créent leRéseau Brutus. Lorsque leConseil national de la Résistance (CNR) est créé en 1943, la SFIO y est représentée en tant que telle, aux côtés de militants du PCF et de la droite gaulliste (autour desdémocrates populaires centristes du PDP, parmi les nombreux démocrates chrétiens opposés à Vichy et depuis longtemps à la montée des fascismes enEurope).

Plaque en mémoire deSuzanne Buisson, résistante socialiste morte en déportation, érigée dans le square qui porte son nom (18e arrondissement de Paris).

La SFIO se reconstitue à la Libération en tant que troisième grand mouvement de l’après-guerre, après les républicains populaires duMRP issu de l’ex-PDP, et les communistes. La dérive de certains collaborateurs au sein de l’ancienne SFIO (ou de certaines de ses anciennes tendances) a été pour certains jusqu'aufascisme. Ceux qui avaient été exclus de la SFIO avant-guerre, sans être allés jusqu’à la collaboration vichyste, créent unParti socialiste démocratique (PSD) autour de Paul Faure, qui a peu d'audience. En novembre1944, 83 députés de l’ancienne SFIO sont exclus pour ne pas avoir résisté (sans avoir forcément collaboré), dont 12 seront ensuite réintégrés.

En1945, la SFIO compte 336 000 adhérents, ce qui est inférieur au PCF qui a reconstruit son influence majoritaire sur la gauche et compte dans ses rangs officiellement 791 373 adhérents ; la SFIO ne joue encore que le rôle d’arbitre modérateur à gauche, sans réel pouvoir d’opposition face au MRP reconstitué autour des centristes, démocrates chrétiens et des autres mouvements gaullistes de droite ayant participé au CNR ; mais elle inspirera tout de même fortement la politique de planification et de reconstruction que la SFIO attentiste de Léon Blum n’avait pas voulu mener avant-guerre.

Après-guerre : 1945-1946

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Affiche des candidats SFIO du5e secteur dudépartement de la Seine, 1946.

La SFIO partage le gain desélections législatives de 1945 avec le PCF et leMRP, chacun recueillant environ 25 % des suffrages. Dans cette situation particulière, aucun des trois partis n’a la majorité à l'assemblée. Ils doivent donc composer un gouvernement commun, pour avoir une forte majorité au parlement. Cette période gouvernementale 1945-1947 est appelée « le tripartisme ».

Le, Charles de Gaulle démissionne de son poste deprésident du Conseil. C'est à partir du que le tripartisme prend véritablement son ampleur. Dès le début de ce gouvernement, il y a déjà des tensions, qui portent sur la nouvelle constitution. Au sein du tripartisme deux tendances s'opposent :

  • à gauche, PC et SFIO sont d'accord pour une seule assemblée forte et toute puissante.
  • dans la nouvelle droite populaire et gaulliste de l’après-guerre, le MRP veut une deuxième chambre et un président avec plus de pouvoir.

La majorité de gauche impose son projet à l'assemblée, mais la constitution est refusée par référendum. Il y aura finalement deux chambres avec un vrai pouvoir. Le nouveau projet étant adopté, de nouvellesélections législatives en juin 1946 ont lieu : le MRP arrive en tête (passant de 23,45 % en 1945 à 28,2 %), suivi du PCF (25,98 % contre 26,23 % en 1945) et de la SFIO (21,14 % contre 23,45 % en 1945) qui perdent du terrain. Un évènement va surgir qui va mettre fin à la politique tripartite : c'est lediscours de Bayeux du où le MRP interprète le discours comme une mise en garde de De Gaulle contre les partis de gauche. Le MRP fidèle à De Gaulle, décide de se séparer du tripartisme, ce qui en annonce la fin.

Entre ces deux tendances, les radicaux centristes restent partagés entre d’un côté certains favorables à la SFIO, et d’autres favorables aux centristes démocrates chrétiens de l’ancienPDP, intégrés au MRP. L’extrême-droite discréditée est balayée et ne compte à ses côtés que certains collaborationnistes, tandis que les divers mouvements d’extrême-gauche ne parviennent pas à rassembler autant que le puissant PCF à la libération.

En1947, c’est le socialisteVincent Auriol, président de l'Assemblée constituante, qui est élu comme premier président de laQuatrième République. La SFIO doit alors se reconstituer sur des bases plus stables et regagner le terrain qu’elle a laissé à la fois à gauche (au PCF) et au centre (au MRP). Ce terrain, la SFIO va le reconquérir progressivement chez les radicaux centristes, et seulement par la suite contre le PCF qui soutient le stalinisme et le modèle collectivistesoviétique de l’après-guerre.

En 1950, deux journalistes,Georges Lustac etHenri Noguères, tous deux socialistes, amis et collaborateurs deGaston Defferre[12],[13],[14],[15], s'appuient sur le journalNord Matin et surLe Provençal pour fonder en 1950 un concurrent de l'AFP, l'Agence centrale de presse, à laquelle sont abonnés quelques années plus tard une vingtaine de journaux régionaux.

Divisions de la SFIO sous Guy Mollet

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Congrès national extraordinaire de la SFIO tenu à Montrouge, les 29-31 mars 1946.
Guy Mollet, secrétaire général de 1946 à 1969.

Le38e congrès, en 1946, marque une nouvelle étape dans l'histoire de la SFIO. La direction sortante, menée par Daniel Mayer et soutenue par Léon Blum, est désavouée par le congrès. C'est la première fois qu'un tel changement de majorité arrive depuis 1919-1920. Il est reproché à l'équipe sortante de vouloir refonder idéologiquement le parti en le coupant de ses bases marxistes au profit d'un socialisme « humaniste »[8]. Le chef de file de la contestation,Guy Mollet, devient secrétaire général de la SFIO en 1946. Il le reste jusqu’en1969.

Jusqu'à la mort de Léon Blum, en 1950, son autorité est cependant relative. Ainsi, lorsquePaul Ramadier, président du Conseil, renvoie le 4 mai 1947 les ministres communistes du gouvernement, l'épreuve de force entre la direction de la SFIO — défavorable à cette décision — et le groupe parlementaire — dominé par les blumistes, qui la soutient — tourne en faveur de ce dernier[réf. nécessaire].

Porté à la direction par l'aile gauche du parti, Guy Mollet la déçoit cependant assez rapidement. Les éléments les plus radicaux de la SFIO la quittent ou en sont exclus, commeYves Dechezelles, « numéro 2 » du parti, qui crée l'action révolutionnaire socialiste, ou le petit courant « bataille socialiste » qui va créer leparti socialiste unitaire.

Entrés dans l’opposition en1951, les socialistes soutiennent legouvernement Mendès-France en1954, sans y participer, mais sont partie prenante du front républicain mené par ce dernier lors desélections législatives de 1956. La SFIO étant le parti de cette coalition ayant le plus d'élus, le présidentRené Coty appelle Guy Mollet à laprésidence du Conseil. Lacrise du canal de Suez, la politique algérienne de Guy Mollet (poursuite de la guerre), le soutien àCharles de Gaulle en 1958, firent apparaître de nouvelles divisions et scissions : leParti socialiste autonome (PSA) en 1958, qui va être à la base de la création duParti socialiste unifié (PSU) en1960.

En1962, la SFIO a perdu 80 % de ses adhérents par rapport à la Libération, et la moitié de son électorat. La SFIO n'arrive plus à recruter dans les métiers techniques. Sa politique sur l'Algérie est largement désavouée par le reste de la Gauche, et par de larges couches de la jeunesse. L'essentiel de la réflexion politique dans la gauche non-communiste se retrouve en dehors du Parti socialiste, au sein du PSU, mais aussi des nombreux clubs et groupes qui se multiplient dans lesannées 1960. À tous points de vue, la SFIO de Guy Mollet n'est plus qu'un squelette de la SFIO d'antan. Auxélections législatives de 1962 la SFIO poursuit son lent déclin avec seulement 12,7 % des voix.

En1964, il y a deux tendances, ceux qui veulent battre De Gaulle par le cadre institutionnel, et ceux qui veulent transformer la gauche non communiste en force d'appoint de « nouveaux managers ». C'est à nouveau un projet de rassemblement dans la SFIO d'un courant novateur où Mollet ne peut prendre le risque de désavouer frontalementGaston Defferre. Le congrès de 1964 accorde l'investiture de ce projet. Pourtant les syndicats refusent de participer au soutien « horizon 80 », et lePSU fait de même. Le projet de Defferre n'aboutit pas et il retire sa candidature.

Déclin et refondation

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François Mitterrand, homme politique de centre-gauche qui n’appartient pas à la SFIO, a une conception différente. Il voit la nouvelle politique française en un affrontement bipolaire : une union de toute la gauche contre la droitegaulliste. C'est pour cela qu'il se présente pour l'élection présidentielle de 1965 comme candidat unique de la gauche. La campagne est un franc succès : face à de Gaulle, il obtient au premier tour 32,2 % des voix, et au second tour 45 %. Mitterrand fonde dans la foulée laFédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui regroupe la SFIO, le parti radical, laConvention des institutions républicaines et divers clubs.

Après l'échec desélections législatives de 1968 (16,5 % des voix), la FGDS disparaît. Lors de l'élection présidentielle de 1969, tous les alliés envisagés se dérobent et la gauche se présente divisée. Le candidat de la SFIO,Gaston Defferre, ne recueille que 5 % des voix. Cette élection est la dernière à laquelle se présente un parti sous l'appellation SFIO.

En juillet de la même année, sous l’impulsion d’Alain Savary, la SFIO fusionne avec l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche pour créer leParti socialiste, lors ducongrès d'Issy-les-Moulineaux.

Résultats électoraux

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Élections législatives

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Année[16]CandidatPremier tourSecond tourSiègesGouvernement
Voix%RangVoix%Rang
1906Jean Jaurès877 22110 %4e
54  / 585
Opposition
19101 091 93412,9 %4e
75  / 590
19141 413 04416,8 %3e
102  / 601
1919Paul Faure1 728 66321,2 %2e
68  / 613
1924Léon Blum1 814 00020,1 %2e
104  / 581
Cartel des gauches
19281 708 97218 %3e
100  / 604
Opposition
19321 964 38420,5 %2e
132  / 607
19361 878 51319,2 %1er
149  / 610
Front populaire
19454 491 15223,4 %3e
134  / 522
Tripartisme
06/1946Guy Mollet4 187 74721,1 %3e
128  / 586
11/19463 433 90117,9 %3e
102  / 627
1951Henri Queuille2 744 84214,5 %3e
107  / 625
Troisième Force
1956Pierre Mendès France3 247 43114,9 %3e
95  / 595
Front républicain
1958Guy Mollet3 514 65217,2 %4e2 484 41713,84e
47  / 579
Opposition
19622 279 20912,4 %3e2 236 74214,63e
66  / 482
19674 207 16618,8 %3e4 505 32924,13e
76  / 487
19683 654 00316,5 %3e3 097 33821,23e
40  / 487

Élections présidentielles

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AnnéeCandidatPremier tourSecond tourIssue
Voix%RangVoix%Rang
1906Liberté de vote
1913Édouard Vaillant637,263e697,993eBattu
01/1920Soutien àPaul Deschanel (ARD)Élu
09/1920Gustave Delory698,782eBattu
1924Soutien àPaul Painlevé (PRS)Battu
1931Soutien àAristide Briand, puisPierre Marraud (PRS)Battus
1932Paul Faure11414,672eBattu
1939Albert Bedouce15116,702eBattu
1947Vincent Auriol45251,191erÉlu
1953Marcel-Edmond Naegelen32937,772e
(au
13e tour)
Battu
1958Soutien àCharles de Gaulle (UNR)Élu
1965Soutien àFrançois Mitterrand (CIR)Battu
1969Gaston Defferre1 133 2225,014eÉliminé

Élections cantonales

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AnnéePremier tourSecond tourConseillersPrésidents
Voix%RangVoix%Rang
19611 090 64816,82eNC
271  / 1504
NC
19641 124 43916,62e
286  / 1562

Personnalités de la SFIO

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Secrétaires généraux

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PortraitNomMandat
DébutFinDurée
1Louis Dubreuilh13 ans
2Ludovic-Oscar Frossard2 ans, 5 mois et 1 jour
3Paul Faure19 ans, 6 mois et 10 jours
4Daniel Mayer3 ans
5Guy Mollet22 ans, 10 mois et 16 jours

Autres personnalités marquantes

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Congrès

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Article connexe :Congrès socialiste (France).
AnnéeLieuNotes
1er1905Le Globe« Congrès de l'unité » : fondation de la SFIO par la fusion duParti socialiste français deJean Jaurès et duParti socialiste de France deJules Guesde
2e1905Chalon-sur-Saône
3e1906Limoges
4e1907Nancy
5e1908Toulouse
6e1909Saint-Étienne
7e1910Nîmes
ParisSeconde session du7e congrès
8e1911Saint-Quentin-en-Yvelines
ParisSeconde session du8e congrès
9e1912Lyon
ParisSeconde session du9e congrès
10e1913Brest
11e1914Amiens
ParisSeconde session du11e congrès
12e1915
13e1916
14e1917Bordeaux
15e1918Paris
Seconde session du15e congrès
16e1919
17e1920StrasbourgLa SFIO se retire de laDeuxième Internationale, sans toutefois adhérer à laTroisième Internationale.
18e1920ToursLa majorité rejoint l'Internationale communiste et crée laSection française de l'Internationale communiste (SFIC) alors que les minoritaires maintiennent la « Vieille maison » SFIO autour deLéon Blum.
19e1921Paris
20e1923Lille
21e1924Marseille
22e1925Grenoble
23e1926Clermont-Ferrand
24e1927Lyon
25e1928Toulouse
26e1929Nancy
1930ParisSeconde session du26e congrès
27e1930Bordeaux
1931ParisSeconde session du28e congrès
29e1932
AvignonSeconde session du29e congrès
30e1933Paris
31e1934Toulouse
32e1935Mulhouse
LimogesSeconde session du32e congrès
1936Boulogne-BillancourtTroisième session du32e congrès
33e1936Paris
34e1937Marseille
35e1938Royan
MontrougeSeconde session du35e congrès
36e1939Nantes
*1944ParisCongrès national extraordinaire des cadres des fédérations socialistes reconstituées dans la Résistance
37e1945
38e1946
39e1947Lyon
40e1948Paris
41e1949
Seconde session du41e congrès
42e1950
43e1951
Seconde session du43e congrès
44e1952Montrouge
45e1953Asnières
PuteauxSeconde session du45e congrès
46e1954Asnières
SuresnesSeconde session du46e congrès
1955PuteauxTroisième session du46e congrès
47e1955Asnières
48e1956Lille
49e1957Toulouse
50e1958Issy-les-Moulineaux
51e1959Puteaux
52e1960Issy-les-Moulineaux
ParisSeconde session du52e congrès
53e1961Issy-les-Moulineaux
1962ParisSeconde session du53e congrès
54e1963Issy-les-Moulineaux
1964ParisSeconde session du54e congrès
55e1965Clichy
ParisSeconde session du55e congrès
1966Troisième session du55e congrès
56e1967Suresnes
1968ParisSeconde session du56e congrès
PuteauxTroisième session du56e congrès

Logo

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L'insigne auxtrois flèches est créé par l'idéologue russe exilé en AllemagneSerge Tchakhotine, symbole duFront de fer (Eiserne Front), organisation de défenseantifasciste allemande créée en 1931. Sa fonction première est de barrer lacroix gammée sur les murs et les affiches[17]. Il est adopté par leParti social-démocrate d'Allemagne à l'été 1932[17] et apparaît en France en 1934, en provenance d'Autriche. Selon l'office universitaire de recherche socialiste, certaines organisations fédérales, notamment la fédération de la Seine et lesJeunesses socialistes, utilisent ce symbole sur« les affiches, les tracts et l'essentiel du matériel de propagande diffusé par la SFIO »[18], mais le parti ne l'adopte pas, et garde pour le moment comme symbole le drapeau rouge aux lettres P et S.

En novembre 1944, le congrès national extraordinaire décide de l'adoption d'un nouveau logo, représentant un bonnet phrygien, une cocarde tricolore et les lettres P et S enlacées. Mais les militants de la base, notamment ceux de la fédération de la Seine, rejettent le nouvel insigne, adopté sans les avoir consultés, et ressemblant trop à l'ancien logo du parti radical. La polémique, relevée notamment par la revueEsprit en avril 1945, et qui est abordée dans plusieurs réunions des organes directeurs du parti, oblige à un nouveau changement de logo - évitant le retour au drapeau rouge. C'est donc l'insigne aux trois flèches, comprenant parfois une Marianne ou le sigle SFIO, qui est adopté et bien accueilli après guerre[18]. Hormis l'inclinaison des flèches à 45° et l'orientation des pointes à gauche vers le bas, le logo n'est jamais standardisé[19].

Après avoir abandonné ce logo, tombé en désuétude, à sa création en1969, leParti socialiste le remplace par larose au poing après lecongrès d'Épinay de1971[19].

Siège

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Lors de sa fondation en 1905, la SFIO a son siège au 16 rue de la Corderie (3e arrondissement de Paris)[20]. Entre1936 et1971 (repris ensuite un temps par le PS), le siège du parti se situecité Malesherbes (9e arrondissement de Paris)[21].

Notes et références

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  1. ab etcLaurent de Boissieu, « Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) », surFrance Politique,(consulté le).
  2. Roucaute Yves,Histoire Socialistes, de la commune de Paris à nos jours, Paris, Le Drappier,, 453 p.(ISBN 978-2-87640-013-9).
  3. L'Ours (L'Office Universitaire de Recherche Socialiste), consultable surhttp://www.lours.org/default.asp?pid=404« Copie archivée »(version du surInternet Archive).
  4. Frédéric Cépède, « La SFIO des années 1905-1914 : construire le parti », in:Cahiers Jaurès, 2008/1-2 (N° 187-188),pp. 29-45sur Cairn Info.
  5. Parmi ces organisations communistes anti-staliniennes : leCercle communiste démocratique, laLigue communiste, l'Union communiste.
  6. Film Vidéo « Zyromski, Parcours dans l'histoire de la SFIO ».
  7. Dominique Missika,Thérèse, le grand amour caché de Léon Blum, Alma Éditeur,, 262 p.(ISBN 978-2-36279-181-9),p. 155.Voir et modifier les données sur Wikidata
  8. a etbSerge Berstein,Léon Blum, un intellectuel en politique, Histoire@Politique, 2008/2 (no 5), p. 8.
  9. Il y a70 ans, le,80 parlementaires (57 députés et23 sénateurs) refusèrent de voter la loi constitutionnelle donnant tout pouvoir au Maréchal Pétain.
  10. Christian Bougeard,Tanguy Prigent, paysan ministre, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2002.
  11. Olivier Wieviorka,Les orphelins de la République, Destinées des députés et sénateurs français (1940-1945), Le Seuil, 2001.
  12. "Les agences de presse: institutions du passé ou médias d'avenir" par l'ex directeur de l'AFPHenri Pigeat en 1997
  13. "Gaston Defferre", par Gérard Unger, en 2011
  14. BiographieLe Maitron deHenri Nogueres[1]
  15. BiographieLe Maitron deGeorges Lustac[2]
  16. Résultats de 1967 et 1968 obtenus avec leParti radical au sein de la FGDS.
  17. a etbPhilippe Burrin, « Poings levés et bras tendus. la contagion des symboles au temps du front populaire »,Vingtième Siècle : Revue d'histoire,vol. 11,no 1,‎,p. 5-20(lire en ligne, consulté le).
  18. a etb« Les trois flèches », surOffice universitaire de recherche socialiste (OURS)(consulté le).
  19. a etbFrédéric Cépède, « Le poing et la rose, la saga d’un logo »,Vingtième Siècle : Revue d'histoire,no 49,‎,p. 18-30(lire en ligne).
  20. Julien Chuzeville,Brève histoire des socialismes en France, Paris, Libertalia,(ISBN 978-2-37729-368-1),p. 82
  21. Thierry Cazeaux,« La cité Malesherbes », mairie9.paris.fr, consulté le 25 novembre 2015.

Voir aussi

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Bibliographie

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Études par périodes

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Longue durée
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Débuts en 1905
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Première Guerre mondiale
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Entre-deux-guerres
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Seconde Guerre mondiale
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Quatrième République
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Cinquième République
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Études régionales

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Biographies

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Articles connexes

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Liens externes

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