Il est député auLandtag deVienne entre 2010 et 2011, puis secrétaire d'État fédéral à l'Intégration jusqu'en. Il est alors nomméministre fédéral des Affaires étrangères, devenant à 27 ans le benjamin du gouvernement autrichien et des chefs de la diplomatie de l'Union européenne.
En, il est élu président du Parti populaire et rompt lagrande coalition au pouvoir, conduisant à desélections anticipées qu'il remporte. Il forme ensuite unecoalition avec leParti de la liberté (FPÖ) et est nommé chancelier fédéral. Il se sépare du FPÖ en en raison d'un scandale de corruption, convoquant denouvelles élections avant d'être renversé par une motion de censure, une première depuis 1945. À l'issue de ce scrutin, il établit unealliance avecLes Verts (Grünen). Il démissionne et se retire de la vie politique en en raison d'accusations de détournement de fonds publics.
Il poursuit ses études au lycée moderne (enallemand :Realgymnasium) GRg Erlgasse et obtient en 2004 sonbaccalauréat (maturité en Autriche). En 2011, il décide de suspendre ses études de droit à l'université de Vienne pour se consacrer à la politique[2],[3].
En 2009, il est élu président du JVP, le mouvement de jeunesse duParti populaire autrichien (ÖVP). Lors de la campagne pour les élections locales de 2010, il est remarqué pour son slogan « Le noir, ça déchire », en référence à la couleur officielle de son parti : monté à bord d'une « sexymobile » avec des jeunes filles en vêtements moulants qui distribuaient des préservatifs aux passants, il avait voulu« parler le langage de la jeunesse », même si son score final reste faible[4].
Il est membre du Landtag de Vienne entre 2010 et 2011.
Le, il est nommé secrétaire d'État à l'Intégration auprès de la nouvelleministre fédérale de l'IntérieurJohanna Mikl-Leitner, à seulement 24 ans. À ce poste, il fait passer une loi interdisant laburqa et une autre qui coupe largement les subventions sociales aux candidats à l'intégration, afin de les amener à trouver un travail[5].
Dans le contexte de lacrise migratoire, il appelle à la fermeture des frontières autrichiennes[7] et prône la fin desnégociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne[4]. Il est alors le seul ministre des Affaires étrangères de l'Union européenne à réclamer la fin de ces négociations[8]. En obtenant la fermeture de la route des Balkans, il gagne en popularité dans la population autrichienne[5].
Il indique le que s'il était porté à la présidence fédérale de l'ÖVP, il mettrait un terme à la grande coalition, provoquant de nouvelles élections anticipées. Désigné à la tête du Parti populaire le, il confirme ses intentions et présente une demande en ce sens dès le lendemain au chancelier fédéral social-démocrateChristian Kern et au président fédéralAlexander Van der Bellen. Le, il est élu à la tête du parti lors d'une convention.
Il ne se montre pas hostile à une alliance avec leParti de la liberté d'Autriche (FPÖ), nationaliste, à l'issue de nouvelles élections législatives[7].
Lors desélections législatives anticipées du, le Parti populaire — qui participe au scrutin sous le nom de Liste Sebastian Kurz - Nouveau Parti populaire[4] — remporte 31,5 % des suffrages exprimés et 62 députés sur 183 au Conseil national à l'issue d'une campagne axée sur les questions sécuritaires[9]. L'ÖVP étant redevenu le premier parti d'Autriche, il est pressenti pour prendre la succession de Kern comme chancelier.
Pour le politologue et chercheur auCNRS Patrick Moreau, le succès de Sebastian Kurz repose sur la transformation qu'il a su mener dans son parti :« en nommant une majorité de candidats sans expérience politique, en attirant des figures issues de tous les milieux sociaux, en féminisant les listes, il a fait de l'ÖVP un parti qui a tous les attributs de la nouveauté ». Il bénéficie également d'une campagne menée sur les thèmes de l'immigration, l'islam et la sécurité, alors que la situation économique du pays est florissante[10],[11].
Début, le gouvernement expulse une quarantaine d'imams turcs qui refusaient de se conformer à la législation sur leur rémunération. L'exécutif vise également à réduire l'islam politique et les mouvements radicalisés dans le pays. Le porte-parole du président turcRecep Tayyip Erdoğan réagit en déclarant qu'il s'agissait d'une« vague islamophobe, raciste et discriminatoire ». Cependant, Sebastian Kurz est soutenu par l'opposition sociale-démocrate, qui estime qu'il s'agit de la« première décision sensée du gouvernement »[14].
En, son gouvernement fait adopter une loi sur l’allongement et la flexibilisation du temps de travail. La journaliste Danièle Renon duCourrier international juge le texte « très favorable aux employeurs et aux attentes des milieux économiques »[15]. La nouvelle loi permet, sur la base du « volontariat », d'étendre la durée maximale du temps de travail de 10 à 12 heures quotidiennes et de 50 à 60 heures hebdomadaires. La durée normale du travail reste cependant fixée à huit heures par jour et à 40 heures par semaine[16].
Le vent se lève indique que son gouvernement mène une politique de réduction des dépenses publiques, particulièrement dans le domaine social. Une réforme des minima sociaux diminue le montant accordé aux familles de plus de deux enfants, tandis que les conditions d’attribution sont durcies pour les étrangers. Le budget de l'organisme autrichien chargé de l'emploi baisse de 30 % en 2018. Les allocations versées aux chômeurs atteints d’une maladie sont réduites et le programme d’aide au retour à l’emploi Aktion 20000 destiné aux chômeurs âgés de plus de cinquante ans est supprimé[9].
Le vice-chancelierHeinz-Christian Strache remet sa démission le, à huit jours desélections européennes et au lendemain de la publication d'une vidéo tournée en 2017 où on le voit demander à une femme se présentant comme la nièce d'unoligarque russe de racheter un journal et modifier sa ligne éditoriale en faveur du FPÖ, en échange de la concession de contrats publics[17].
Kurz réagit de manière critique, affirmant que« assez, c'est assez » et jugeant que le FPÖ« porte atteinte à la politique du changement et à l'image » du pays. Il avoue ne pas avoir le sentiment« que le FPÖ soit prêt à changer fondamentalement, ce qui serait pourtant plus que nécessaire ». Il annonce ensuite avoir demandé au président Van der Bellen de convoquer desélections législatives anticipées[18]. Le lendemain, celui-ci déclare souhaiter que le scrutin ait lieu en septembre[19]. Les sociaux-démocrates réclament le remplacement des ministres FPÖ par des indépendants[20]. Le, après le limogeage du ministre de l'IntérieurHerbert Kickl, les ministres FPÖ démissionnent collectivement du gouvernement[21].
Le, une motion de censure déposée par les écologistes deJETZT – Liste Pilz obtient le soutien du FPÖ et du SPÖ, ce qui permet son adoption[22],[23]. C'est la première fois qu'un chef de gouvernement autrichien est renversé[24]. Le vice-chancelierHartwig Löger succède à Kurz le[25]. Le, la présidente de la Cour constitutionnelle,Brigitte Bierlein, est chargée de former un gouvernement technique devant durer jusqu'aux prochaines législatives[26].
Vainqueur des législatives, l'ÖVP arrive largement en tête[27],[28]. Le parti obtient son meilleur résultat depuis 2002. LeFPÖ connait en effet un important recul, même s'il conserve sa troisième place. LeSPÖ réalise un résultat historiquement bas tandis que lesGrünen etNEOS réalisent le meilleur résultat de leur histoire[29],[27].
Les négociations s'annoncent cependant difficiles, l'ÖVP étant confronté à plusieurs choix de partenaires présentant chacun leurs défauts[28]. La reconduction de la coalition avec le FPÖ, partenaire considéré comme privilégié par Sebastian Kurz en raison notamment de leurs vues communes sur l'immigration, est rendue difficile par la contre-performance du FPÖ, qui pourrait pousser le parti à envisager une cure d'opposition pour se reconstruire[27]. Le soir du scrutin, son dirigeant, Norbert Hofer, annonce que le parti se prépare à l'opposition[30].Les sociaux-démocrates, qui subissent également une défaite avec la perte d'un quart de leurs sièges, annoncent exclure toute coalition avec l'ÖVP. Les électeurs du Parti populaire sont par ailleurs pour une grande partie opposé à la reconduction d'une grande coalition ÖVP-SPÖ, une formule usée et décriée en Autriche après quarante-quatre ans de gouvernement dans l'après-guerre[31]. Kurz pourrait par conséquent se tourner vers Grünen, voire une coalition élargie avec Grünen et NEOS, petit parti libéral ayant la faveur de la droite. Grünen occupe cependant une position opposée à celle de Kurz sur l'immigration, rendant difficile la mise en place d'une politique commune[32].
Sebastian Kurz s’entretenant avecBoris Johnson (2020).
Le, il est de nouveau chargé de former un gouvernement par le président Van der Bellen[33].
Le, il annonce un accord de coalition avecLes Verts - L'Alternative verte, qui obtient la création d'un ministère de l'Environnement et la fonction de vice-chancelier pour son dirigeantWerner Kogler[34]. Le nouveau gouvernement est assermenté le[35].
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Le chancelier atteint un pic d'avis favorable en, lorsque, salué pour sa gestion de la première vague depandémie de Covid-19, il réunit plus de 80 % d’opinions favorables, tandis que son parti monte à 45 % d'intentions de vote. L'Autriche ne connaît alors qu'un peu moins de600 décès dû au virus et une absence de surcharge de ses hôpitaux, ce qui lui permet d'être le premier en Europe à sortir du confinement, le[36].
En, il révèle être visé par une enquête judiciaire. La justice le soupçonne d'être intervenu pour favoriser la nomination d'un proche à la tête d'une entreprise publique et d'avoir menti à ce sujet devant les députés[37]. Il est inculpé pourfaux témoignage en aout 2023[38].
Dans le cadre d'une autre affaire, le parquet autrichien annonce en l'ouverture d'une enquête au sujet de Sebastian Kurz et de neuf autres personnes. Ils sont soupçonnés d'avoir détourné des fonds publics afin de « financer des sondages d'opinion partiellement manipulés qui servaient un intérêt politique exclusivement partisan » en faveur de l'ÖVP entre 2016 et 2018. Selon les procureurs, un groupe de médias aurait « reçu des paiements » en échange de la publication de ces sondages. Le groupe mis en cause est largement identifié dans les médias autrichiens comme étant le tabloïdÖsterreich[39]. Alors que les écologistes demandent à Kurz de démissionner, unemotion de censure doit être débattue à partir du 12 octobre[40],[41].
Le, il annonce son intention de démissionner de lachancellerie fédérale tout en souhaitant conserver la présidence du Parti populaire[42] et propose que le ministre fédéral des Affaires étrangèresAlexander Schallenberg lui succède[43].
De nouvelles révélations portent ensuite sur les quotidiensKronen Zeitung etHeute, qui auraient reçu de l'argent public en échange de la publication d'articles flatteurs pour Sebastian Kurz. Figure clé du scandale de corruption, l'ancienne ministre de la Famille,Sophie Karmasin, est placée en détention durant quelques semaines en 2022[44]. L’ancien secrétaire général du ministère des Finances Thomas Schmid, un proche allié de Sebastian Kurz, passe aux aveux en fin d'année[45].
Peu après son départ de la chancellerie, Kurz reprend son siège de député et devient président du groupe parlementaire de l'ÖVP tout en conservant la tête du parti. De ce fait, il est perçu par l'opposition et les observateurs politiques comme un« chancelier fantôme », alors que la chancellerie ne procure formellement que peu de prérogatives institutionnelles. Schallenberg, perçu comme sa marionnette, décide de conserver les conseillers gouvernementaux en place sous son prédécesseur[46],[47]. Le 18 novembre, le Conseil national lève l’immunité parlementaire de Kurz[48].
L’image de Kurz est encore entamée par la divulgation de sms de plusieurs de ses proches le montrant calculateur et cassant, y compris pour son propre camp. Les barons régionaux de l’ÖVP ont progressivement pris leur distance avec lui[49].
Il fait savoir le suivant qu'il souhaite se retirer de la vie politique, expliquant être« usé » par les accusations judiciaires dont il fait l'objet et vouloir consacrer du temps à sa famille à la suite de la récente naissance de son fils[50].
Le jour même, son successeur à la tête de la chancellerie, Alexander Schallenberg, annonce ne pas briguer la tête des conservateurs et prévoir de démissionner de la tête du gouvernement de façon à permettre au futur président du parti de briguer la chancellerie[51]. Le lendemain, l'ÖVP désigne le ministre fédéral de l'IntérieurKarl Nehammer comme président du parti et futur chancelier[52].
PourMediapart, il est« tenant de l'aile droite du camp conservateur et ardent défenseur d’une politique sécuritaire »[7].
Du fait de son action au ministère des Affaires étrangères, il est considéré comme un opposant résolu à l'immigration extra-européenne[7].
Le politologue Patrick Moreau note que« c'est un vrai conservateur au niveau des valeurs et un libéral sur le plan économique. Il est critique de la construction européenne actuelle, mais ce n’est pas un admirateur de Viktor Orbán »[11]. À l'inverse,Le Monde estime qu'« au sein de la famille duParti populaire européen, il est également, avec les représentants de laCSU bavaroise, l’un des plus fidèles soutiens du dirigeant populiste hongroisViktor Orbán »[8]. En, il recommande cependant le vote en faveur de l’article 7 du traité sur l'Union européenne à l'encontre de la Hongrie : cet article peut être activé en cas de « risque clair de violation grave » de l’État de droit dans un État membre[53].
Après son retrait de la vie politique, il multiplie les collaborations internationales dans le secteur privé, des cercles proches deDonald Trump auxÉtats-Unis et enIsraël[55].
Il travaille dans le monde de la finance, pour le milliardairePeter Thiel. Il est nommé responsable stratégique de la société d’investissement Thiel Capital àSan Francisco[56],[57].
En, Sebastian Kurz fonde une entreprise de cybersécurité baptisée Dream Security avec Shalev Hulio, l'ex-PDG deNSO Group[58].
Le, Sebastian Kurz est condamné à huit mois de prison avec sursis en première instance pour faux témoignage. Il a déclaré vouloir faire appel de cette décision[59].
Sebastian Kurz vit en concubinage avec Susanne Thier depuis qu'ils ont 18 ans. Elle occupe un emploi de fonctionnaire au ministère des Finances[60]. Proche de l'Église catholique, il n'envisage pas encore de se marier[11]. Le, ils deviennent parents d'un garçon[61].
↑« Préservatifs noirs, "Freundin" blonde et logo turquoise : la marche vers le pouvoir de Sebastian Kurz, vu comme le Macron autrichien »,Franceinfo,(lire en ligne, consulté le)