Au, Schirrhoffen est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[11].Elle appartient à l'unité urbaine de Schirrhein[Note 3], une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est une commune de labanlieue[Note 4],[12],[13]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Haguenau, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[13]. Cette aire, qui regroupe 34 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[14],[15].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (50,8 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (45,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (50,8 %), zones agricoles hétérogènes (34,4 %), forêts (13 %),terres arables (1,9 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Schirrhoffen est mentionnée pour la première fois de manière claire en 1347 sous le nom de Schürhof. C'était une propriété féodale qui faisait partie des biens dont jouissaient les Dotzler, c'est-à-dire les bouffons du palais impérial de Haguenau. Cette propriété comprenait un château, une ferme, un étang, des jardins, des prés et une petite chapelle dont le patron était saint Jacques. L'orthographe actuelle de Schirrhoffen daterait du temps de la Révolution française. Le nom « Schirrhoffen » a une double racine : 1) Schüre ou Schir et Hof. Schüre ou Schir, en allemand moderneschier,skiari en vieux haut allemand, "schier" en moyen haut allemand signifie presque, près de;2) Hof , en allemand moderneAue, "ouwia, ouwa" en vieux haut allemand, "ouwe" en moyen haut allemand désigne une zone inondable, une île, un îlot, un banc de sable ou encore un pré, une prairie fertile située près d'un cours d'eau. Schirrhoffen signifie donc « près des zones inondables, des îles, îlots, bancs de sable... ou encore des prés, des prairies fertiles situées près d'un cours d'eau ».Schirrhein signifie donc « près du Rhin, à proximité du Rhin ». Ried, en allemand moderne, "(h)riot" en vieux haut allemand, "riet" en moyen haut allemand désigne une zone défrichée ou une zone marécageuse, un pré inondable, une zone humide très boisée."Schürrieth ou Schirrieth" signifie donc à proximité ou près d'une zone défrichée ou d'une zone marécageuse, d'un pré inondable, d'une zone humide très boisée.Oberhoffen (Oberhoffen-sur-Moder) signifie donc « partie haute d'une zone inondable, d'une île, d'un îlot, d'un banc de sable... ou encore des prés, des prairies fertiles situées près d'un cours d'eau (la Moder) ».
Le domaine du Schürhof, appelé aujourd'hui Schirrhoffen, relevait en 1347 directement de la cour impériale de Haguenau et faisait partie des biens des Dotzler. Ces Dotzler occupaient une partie de l'aile Ouest du château impérial de Haguenau. Les Hohenstaufen leur avaient attribué une partie du Schürrieth où, sur la terrasse qui borde ce dernier, ils avaient construit un château de chasse. C'est à cette époque que le Schürhof fut détaché du Schürrieth (qui deviendra Schirrhein).
En 1391, le domaine du Schürhof, ses terres et 500 fauchées de prés, fut attribué à Claus Rosenbaum. La famille Rosenbaum était une famille patricienne de Haguenau. Claus Rosenbaum mourut sans laisser d'enfants. Le fief passa alors à sa sœur Catherine, épouse de Billung zu der Mägde, et ensuite à ses descendants, les Eschenau. En 1429, Wendling von Eschenau fut investi du domaine par une patente impériale. Après la mort du dernier des Eschenau, en 1561, le domaine du Schürhof fut attribué aux deux secrétaires de la chancellerie, Wolgang Haller et Georges Knod, chacun pour moitié. À partir de 1593, les Niedheimer prirent possession du Schürhof. Ils allaient jouer un rôle important dans l'histoire de Schirrhoffen et de Schirrhein. Grâce à leurs relations et interventions, les deux communes échappèrent à une destruction quasi certaine pendant la guerre de Trente Ans. Les maîtres successifs du Schürhof furent Jean-Jacques Niedheimer de 1593 à 1609, Jean-Philippe Niedheimer de 1609 à 1659, Jean-Nicolas Niedheimer de 1659 à 1687, Jean-Christophe Niedheimer de 1687 à 1693, et Jean-Frédéric Niedheimer de 1693 à 1750. Avec lui s'éteignit la lignée des Niedheimer.
C'est François-Antoine-Ferdinand Warstatt qui fut investi de la seigneurie du Schürhof. Il s'occupa de son domaine jusqu'à la Révolution française. Au début de la Révolution, il était le commandant de la garde nationale de Schirrhoffen. En 1793, lorsque les Autrichiens battirent en retraite, il quitta le pays et se retira à Bühl dans le Pays de Bade. Ses biens furent confisqués et vendus aux enchères.
En 1817, la communauté juive de Schirrhoffen obtint l'autorisation de construire une synagogue. Cette synagogue fut inaugurée le samedi précédant le nouvel an juif en 1818, sous la protection de l'armée dépêchée pour éviter les troubles antijuifs. La synagogue fut bombardée et incendiée lors des combats de la libération en 1945. Il ne restait plus que des murs calcinés et il n'était plus question de la reconstruire.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[19].
En 2022, la commune comptait 800 habitants[Note 6], en évolution de +14,29 % par rapport à 2016 (Bas-Rhin : +3,17 %,France horsMayotte : +2,11 %).
La commune a la particularité de ne pas avoir d'église.
Cimetière juif (1881) : le cimetière israélite reste un témoin de l'histoire de l'une des plus importantes communautés juives rurales du Nord de l'Alsace.
Raphaël Levy (Maire de Schirrhoffen de 1844 à 1864) eut 4 enfants dont Achille, arrière-grand-père deBrice Lalonde ancien ministre de l'Environnement, ainsi que Léopold, arrière-grand-père d'André Maurois écrivain, académicien.
Jean-Frédéric Neurohr né à Schirrhoffen le : capitaine, faisait partie de la délégation française du généralErnest Petit qui réceptionna les 1 500 Alsaciens-Mosellans ducamp de Tambov, échangés le contre 1 500 prisonniers russes. Décédé à Paris (13e) le et inhumé au cimetière de Drusenheim.
Jacques-Henri Dreyfuss, né en 1844 et décédé à Paris en 1933. Sorti du séminaire israélite de Paris en 1868, il devient rabbin à Sedan. Il succède à Zadoc Kahn en 1891 au grand rabbinat de Paris, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort survenue en 1933. Il a publié plusieurs séries de sermons (réf. Consistoire Central, Union des communautés juives de France).
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Dans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Schirrhein comprend une ville-centre et une commune de banlieue.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2025, millésimée 2022, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2024, date de référence statistique : 1er janvier 2022.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155,lire en ligne, consulté le)