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Sceptre de Charles V

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Sceptre de Charles V
Statuette deCharlemagne au sommet du sceptre.
Artiste
Date
1364-1380
Lieu de création
Matériau
Dimensions (H × L)
60 × 7 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire
No d’inventaire
MS 83
Localisation

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Lesceptre de Charles V est un objet symbolique, insigne du pouvoir royal en France, utilisé lors de la cérémonie dusacre à partir duXIVe siècle. Autrefois conservé dans letrésor royal de la basilique de Saint-Denis, il est aujourd'hui exposé aumusée du Louvre ; c'est l'un des rares objets du sacre qui soient parvenus jusqu'à nous.

Apparition du sceptre

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Il apparaît pour la première fois le jour du sacre deCharlesV (), dans la main droite du nouveau souverain. Ce sceptre d'or, spécialement conçu pour la circonstance, est surmonté d'une statuette, aussi en or, représentantCharlemagne assis sur un trône et coiffé d'une couronne impériale, le tout disposé sur une fleur de lys en trois dimensions.

Le sceptre dit de « Charlemagne » a pour but politique de renforcer l'ascendance carolingienne desValois. En effet, siAdèle de Champagne, troisième épouse deLouisVII, et mère dePhilippe Auguste, ainsi qu'Isabelle de Hainaut, épouse du fils de cette dernière, sont des descendantes deCharles le Chauve, lui-même petit-fils de Charlemagne, les Valois ne sont qu'une branche cadette desCapétiens.

À une vénération liturgique déjà vivace s'ajoute le culte politique de saint Charlemagne (présent dans le thème desNeuf Preux), auprès de qui les premiers Valois cherchent une légitimité, dontCharlesV sera l'initiateur, face aux prétentions desPlantagenêts.CharlesV et son fils portent le prénom de leur ancêtre mythique, Carolus, qui a donné son nom à la dynastie des Carolingiens à laquelle ces rois veulent rattacher leur lignée. L'accession récente des Valois à la couronne (PhilippeVI en1328) a inauguré une ère nouvelle de l'art au service du pouvoir. Autre aspect de la légitimation de la dynastie des Valois, est l'épée que fera forger Charles,Joyeuse, l'épée mythique de Charlemagne.

Description

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La Madone de Vic, tableau deFrans Pourbus le Jeune (vers 1600),église Saint-Nicolas-des-Champs à Paris. Le roi à droite porte le sceptre, la corole de lys est encore dans son état émaillé blanc.

Le sceptre est constitué de quatre parties superposées assemblées par une tringle, la hampe, le nœud historié, la fleur de lys et la statuette sommitale. Il fait en tout 60 cm. La hampe est décorée, dans sa partie supérieure, de fleurs de lys et de nœuds en rosace gravés.

La boule (nœud) est décorée de trois scènes en repoussé figurant la légende de Charlemagne d'après leCodex Calixtinus. Première scène :saint Jacques apparaissant à Charlemagne, lui présentant l'orbe et l'épée et lui ordonnant d'aller délivrer l'Espagne. Seconde scène : saint Jacques apparaît aux chevaliers en prière, leurs lances ont, pendant la nuit, pris racine et se sont transformées en branchage. Troisième scène : saint Jacques arrache l'âme de Charlemagne à un démon. Ces trois médaillons sont entourés de perles et de pierres serties, autrefois précieuses, remplacées plus tard par des verreries.

Une corole à six pétales, autrefois émaillée de blanc, symbolise unlys qui supporte la statuette. Charlemagne figure assis sur un trône, couronné et tenant à gauche un orbe et à droite un long sceptre, son extrémité brisée et disparue est remplacée par une boule. Sur la base du socle une inscription ajourée enlatin court sur les quatre faces :

SANTUS[sic]KAROLUS MAGNUS ITALIA ROMA GALIA ET (?) ALIA[1]

La statuette sommitale représente Charlemagne sur un trône, portant d'une main unglobe crucifère, de l'autre un sceptre. Deux aigles et deux lions ornaient à l'origine les accoudoirs du trône, un seul reste d'origine. Une perle surmontait précédemment la couronne impériale de Charlemagne, elle a été remplacée par une croix.

Ce sceptre a subi de nombreuses restaurations et modifications de détails, en 1722, 1775, 1804 et 1825. Les divers recoupements des sources d'époque laissent penser à une fabrication entre 1370 et 1380. On voit un sceptre, dans une forme très approchante, pour la première fois sur une enluminure du livre du sacre deCharlesV en 1364. On peut se demander s'il s'agit du sceptre actuel non terminé ou d'un sceptre disparu qui aurait servi de modèle àCharlesV pour confectionner celui que nous connaissons, destiné à son filsCharlesVI.

Le sceptre à travers le temps

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Le sceptre tenu parCharlesX, vers 1829, version de Napoléon.
Une des armoires du trésor de Saint-Denis avec le sceptre deCharlesV au centre, derrière le reliquaire anthropomorphique (gravure de Dom Félibien, 1706).

Dans l'inventaire de 1380, le sceptre est mentionné parmi les objets préparés parCharlesV et confiés à l'abbé de Saint-Denis le en vue du sacre de son fils, le futurCharlesVI. Peu de temps avant sa mort,CharlesV fera par ailleurs modifier le sceptre, en faisant remplacer le bouquet de feuillage qui surmontait le sceptre à l'origine par un lys d'émail blanc surgissant d'une sphère où figurent des scènes de la vie de Charlemagne. Le sceptre servira ensuite à tous les sacres des rois de France, à l'exception de ceux deCharlesVII etHenriIV.

Quand il n'était pas utilisé pour un sacre ou une cérémonie, le sceptre était rangé dans une des armoires du trésor de Saint-Denys.Le Trésor de l'abbaye royale de S. Denis en France[2] (imprimerie J.Chardon) nous indique, dans l'inventaire qu'il dresse du trésor, que le sceptre était rangé dans la quatrième des sept armoires du trésor.

Napoléon l'utilisera lors de son propre sacre en le faisant figurer dans « les honneurs de Charlemagne ». Il le fait alors remonter en version longue avec des parties dubâton du chantre Guillaume de Roquémont. Il figure dans les armoiries desPremier etSecond Empire, passé en sautoir avec lamain de justice derrière l'écu.

CharlesX sera le dernier roi de France à le brandir lors de son sacre en 1825.

Le sceptre se trouve aujourd'hui aumusée du Louvre, à Paris.

Annexes

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Notes et références

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  1. « La lecture… galia et germania proposée dès 1534 est impossible, soit qu'elle ait été erronée, soit que cette partie de l'inscription ait été habilement modifiée. » Cité du catalogue de l'exposition au Louvre en 1991. Collectif,Le Trésor de Saint-Denis, catalogue de l'exposition au musée du Louvre du 12 mars au 17 juin 1991, Réunion des musées nationaux,380 p.(ISBN 2711823504),p. 264.
  2. Le Trésor de l'abbaye royale de S. Denis en France,books.google.fr.

Articles connexes

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Liens externes

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