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Savoyard (langue)

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Savoyard
Savoyâ / Savoyârd
PaysDrapeau de la FranceFrance
RégionDrapeau de la Savoie (Région historique)Savoie
Nombre de locuteurs± 25 000 (2022)[1]
Typologiesyllabique
Classification par famille
Statut officiel
Régi parInstitut de la langue savoyarde[2],[3]
Codes de langue
IETFfrp[4]
Typevivante
Linguasphere51-AAA-jd
Glottologsavo1253
Échantillon
Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme (voir le texte en français)
Savoyard (dialecte dupays de l'Albanais), et dialectes (dialecte duVal d'Arly,beaufortin) :

Artiklyo prômi

  • Graphie de Conflans :Artiklyo prômi
  • Albanais : Tô lô étre umin naisson libro è égalo ê dinyitâ è ê drè. É san fé dè rèzon è dè konchèssa è dèvan aji loz on avoué loz âtro djê on èspri dè fratarnitâ.
    • Val d'Arly,Beaufortin : To louz omou néchan abada é égale in dinyitâ é in drè. I san fé de rézon é de konchansa é dèvan aji louz yon aoué louz âtre dyan/dyin on èsprè de fratérnitâ.
    • Haute tarentaise : Tu luz omo nèsson libro è égalo in dinyita è in drèy. I son' fèy dè rèyjoun è dè konchènsi è dèyvon ajèy luz oun avoèy luz atrè dè oun èspri dè fraternita.
    • Graphie ORB :Articllo premiér
Tôs los étres humens nèssont libros et égala en dignitât et en drêt. Els sant fét de rêson et de conscience et dêvant agir los on avouéc los ôtros diens un èsprit de fratèrnitât.
Carte
Image illustrative de l’article Savoyard (langue)
Répartition géographique du savoyard.
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Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirSavoyard.

Lesavoyard(savoyâ ousavoyârd[sa.vɔ.ˈjaː]) est le nom donné aux dialectes de la languefranco-provençale (ou arpitane) parlés enSavoie (Savouè). Il s'agissait de la variante franco-provençale la plus parlée enFrance, avec un nombre de locuteurs estimé à 35 000 en 1988. Selon plusieurs sondages, la proportion de la population savoyarde parlant cette langue était en 2001 de 7 %[5], dont seulement 2 % desSavoyards l'utilisaient quotidiennement, majoritairement dans les milieux ruraux[6].

Le savoyard est compris dans laCharte européenne des langues régionales ou minoritaires en tant que dialecte dufranco-provençal. Cependant, le savoyard est lui-même subdivisé en de nombreux sous-dialectes dans presque toutes les grandes vallées.

Ce dialecte du franco-provençal a vu son nombre de locuteurs fortement diminuer depuis l'annexion de la Savoie à la France en 1860, notamment à cause de l'interdiction de le parler à l'école, le service militaire, ainsi que lors desdeux conflits mondiaux[7]. LeXXe siècle a vu le nombre de locuteurs passer de la quasi-totalité de la population des campagnes savoyardes à quelques dizaines de milliers.

Cependant au cours desannées 1980, un regain d’intérêt a existé avec l'organisation de nombreuses fêtes internationales dufranco-provençal[8], la création de plusieurs associations ayant pour but de sauvegarder cette langue, notamment, le groupe de Conflans, etl'Institut de la langue savoyarde, la publication de nombreux ouvrages (monographies, livres, romans), ainsi que l'enseignement — quoique difficile, du fait de l'absence de reconnaissance commelangue régionale — présent dans quelques écoles. De nombreux échanges entre élèves ayant pris cette option sont organisés chaque année, surtout lors du concours Constantin-Désormeaux[9] visant à récompenser les meilleurs travaux des élèves dans cette langue. La signalisation bilingue commence elle aussi à être présente enSavoie à l'entrée des agglomérations.

La manière dont doit évoluer le savoyard, quant à une possiblepseudo-uniformisation, une orthographe commune à l'ensemble de l'aire franco-provençale, est cependant sujette à de nombreuses controverses entre plusieurs courants. Ces courants sont le plus souvent divisés en deux groupes. Lespatoisants, groupe majoritairement formé de retraités, qui, pour la plupart, sont des locuteurs natifs, ayant inconsciemment appris la langue dès leur plus jeune âge avec leurs parents, souvent en ce qui concerne la vie rurale, mais qui, pour une partie d'entre eux, ne se sont « réintéressés » au savoyard qu'à un âge assez tardif[10] : pour la majorité, ils sont pour une conservation de la langue telle qu'elle est, avec ses variantes, préférant utiliser lagraphie de Conflans (ou de type semi-phonétique). L'autre groupe, informel, est composé des néo-locuteurs, dont le groupe le plus représenté est celui ditdes arpitans. La plupart de ceux-ci exercent un métier intellectuel et n'ont appris la langue que tardivement, de manière volontaire[11]. À la différence despatoisants, ils n'utilisent le termepatois qu'avec les locuteurs natifs, car ils estiment que pour le grand public, le termepatois a une connotation péjorative (ce serait une sous-langue), et n'utilisent que modérément le motfranco-provençal qui est de nature confuse. Ils préfèrent le néologismearpitan et promeuvent la diffusion d'uneorthographe normalisée supradialectale (ORB), sans rejeter les graphies phonétiques, qui« seront toujours utiles pour l’apprentissage de la langue orale, car elles remplissent le rôle de l’alphabet phonétique international habituellement utilisé dans l’apprentissage des langues »[12].

Histoire

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Le savoyard est un dialecte dufranco-provençal, qui lui-même est une languegallo-romane issue de différentes langues, dont les plus importantes sont leLatin et lesdialectes gaulois, ainsi qu'un substrat burgonde — dont l'importance au sein de la langue est encore discutée. Né durant l'époque carolingienne[13] en même temps que le reste de l'aire linguistique franco-provençale, le savoyard va connaitre différentes évolutions et scissions qui forgeront la langue savoyarde actuelle et ses différentes variantes selon les vallées.

Origines de la langue savoyarde, et évolution durant le haut Moyen Âge

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Les premières traces du savoyard remontent à l'époque carolingienne, lors de la division qu'il y eut entre l'aire linguistique d’oïl et l'aire linguistique franco-provençale. L’événement à l'origine de cette séparation est le changement de capitale qui s'opéra sous le règne deClovis (règne : 481/482)[14]. La capitale de la Gaule passe alors de Lyon (Lugdunum) à Paris et c'est donc à la suite de cet événement, pouvant paraître insignifiant, que les deux aires linguistiques se séparèrent. Les évolutions de la langue en pays d'oïl ne sont donc plus forcément acceptées par l'aire franco-provençale. On peut noter trois refus majeurs datant de cette époque, qui accélèrent la naissance du franco-provençal. Le plus notable, et sans doute le plus marquant, fut le déni de l'aire franco-provençale d'accepter l'oxytonisme généralisé, présent en langue d'oïl[15]. La grande majorité des voyelles finales — principalement lea, marque du féminin — restèrent atones (exemple : le latinrosa donnerose en français, etreu/rouza en savoyard).

Carte des dialectes de l'arpitan.
Le savoyard fait partie du domaine linguistique arpitan.

Sur le principal substrat du savoyard qu'est lelatin, des traces celtiques et gauloises d'une latinisation tardive restèrent présentes dans la langue savoyarde. En effet, la principale différence entre l'occitan et le franco-provençal est la date de latinisation qui, pour le deuxième, fut plus tardive que le premier. Découlant de cela, le substrat celtique est bien plus important dans ledomaine franco-provençal que dans le domaine occitan, comme le montrent les nombreux mots issus dedialectes gaulois incorporés dans la langue. On peut citer comme exemple le motBLIGITICARE, signifiant « traire » en gaulois, qui en savoyard a donnébloshyi /blotsyé /blostyé[bləθi] ou[bləstje], signifiant « finir de traire », ou « traire une seconde fois » — on peut constater, comme pour beaucoup d'autres formes gauloises restées en savoyard, l'évolution péjorative de ce mot, "barbare" aux yeux du latin. Ce terme est, entre autres, à l'origine du nomreblochon, un fromage savoyard. Le mot savoyardnant (rivière), qui est aujourd'hui très présent dans la toponymie savoyarde, est lui aussi un bon exemple du substratceltique, que l'on retrouve dans les langues brittoniques sous des formes équivoques, comme lebretonnant (canal). Le haut Moyen Âge fut aussi le théâtre d'invasions barbares enSavoie, principalement burgondes, qui apportèrent un nombre plus ou moins important de mots au savoyard, commetasson (blaireau),fata (poche)… Seulement, au vu des faibles connaissances que les linguistes ont de lalangue burgonde, il est difficile de déterminer avec exactitude quelle est l'étendue du substrat burgonde. Il est donc l'objet de vives controverses.

Il faut donc noter des emprunts auxlangues celtiques (ex:nant ounan = ruisseau, torrent) et burgondes mais aussi aux langues voisines comme l'occitan, et quelques-uns à la langue d'oïl. Le principal substrat du savoyard, et des autres langues romanes, reste néanmoins le latin (voyelles finales latines inaccentuées, comme dans le nom de villageGiettaz se dit[ðjɛta], le « a » final n'étant presque pas entendu).

Du Moyen Âge auXIXe siècle

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Évolution du C+A latin en Savoyard.

L'entrée dans cette longue période historique se fait par une période d'évolution et d'éclatement linguistique forte (non endémique à l'aire franco-provençale) et floue dans le cas du savoyard[16]. En effet, les évolutions entre le domaine d'oïl et le domaine franco-provençal se font soit de manière plus ou moins similaire, soit totalement différente. AuXIIe siècle, une évolution notable est présente dans les deux domaines de manière similaire, il s'agit de l'amuïssement dus préconsonantique devant une consonne sourde (ex :tsasté > tsaté). D'autre part, la scission entamée entre les deux groupes linguistiques sous le règne deClovis s'est en partie accentuée auXIIIe siècle, notamment par la réduction desconsonnes affriquées enancien français [d͡ʒ] en [ʒ] (issus duJ,D + Y ; G +A latin) ; le [t͡s] en [s] ; et le [t͡š] en [š] (issus duC + I,E latin). Ainsi, les mots latincentus etvocem vont à partir duXIIIe siècle évoluer en français de la manière suivante :diŭrnus donnedjorn >jorn >jour etcentus donne >tsentus >cent ; alors qu'en franco-provençal, on observe un schéma différent, comme suit :cinque >tsin(q) >þẽ (θẽ)>thin, etdjor >dzor >zor , certains dialectes ayant poursuivi enz,ð (son dethe anglais), à l’exception de certains endroits de l'aire franco-provençale qui ont conservé plus ou moins longtemps les formes endz etts[17]. C'est en cela qu'un flou linguistique persiste, car les [dz] et [ts] n'ont pas subsisté sous cette forme identique dans toute la Savoie.

Effectivement, comme le montre la carte ci-contre, leC+A latin, qui dans sa forme originale [t͡s] a donné, selon les variantes savoyardes, [st], [θ], [h], [s], et plus récemment [f] à Lanslebourg (début1900). Le [d͡z] a quant à lui donné [zh], [z], et [zd]. La majorité de ces évolutions restent incertaines, cependant, la période d'évolution du [t͡s] en [θ], ainsi que du [d͡z] en [zh] est sûrement celle évoquée plus haut —XIIIe siècle —, car c'est à la même époque que l'espagnol voit de même son [t͡s] évoluer en l'inter-dentale [θ] identique au savoyardsh[18]. Les métathèses [st] et [zd] faites dans leVal d'Arly, et leBeaufortain restent quant à elles mystérieuses, et peu d'explications ont été fournies. Une des rares études réalisées sur ce sujet est celle de Jules Cornu, qui en 1877, publiait son étudeMétathèse de ts en st et de dz en zd dans Romania, tome 6no 23 une explication selon laquelle les sons [zd] et [st] n'étant pas des sons simples, ils résultent d'une évolution linguistique. Il expose donc qu'un cheminement du typets > sts > st etdz > zdz > zd est sûrement à l'origine de cette variation unique dans le domaine franco-provençal.

Outre les évolutions linguistiques, leMoyen Âge, ainsi que laRenaissance, sont aussi l'âge d'or de la littérature savoyarde. De nombreux écrits relatant les épisodes importants duduché de Savoie fleurissent[19]. Ainsi, les textes de Jean Menenc, qui en 1590 vantait les mérites deCharles-EmmanuelIer de Savoie et dont voici un extrait :

David dè petit corsajut
Ot tantost met de revay
Goliaz, cé gro ravnajut,
Que facey tant le mavay.

David de petite taille
Eut tôt fait de renverser
Goliath, ce géant ravageur,
Qui était si méchant.

Textes qui ne furent pas toujours en faveur duduché de Savoie, comme le montreLe plaisant discours d'un médecin savoyart emprisonné pour avoir donné advis au Duc de Savoye de ne croire son devin. (titre en ancien français) datant de l'été 1600, dont voici un extrait :

Creide me, ie vo en priou, Monsiou
On Ray é bin atrou qu'on Dou
Per m'arma, ie fechi bin coire ;
Y se fecha en gran colaire
E brammave com'on pati [...]
Lo ray en sa fransy n'a esta
Mai bin c'è trouva en savoay
Et é dou e ray, per ma fay! [...]

Croyez-moi, je vous en prie, monsieur,
Un roi est bien différent d'un Duc.
Par mon âme, je le fis bien bouillir (de colère)
Il se mit en grande colère
Et meuglait comme un chiffonnier. [...]
Le roi n'est pas resté dans sa France
Mais, s'est bien trouvé en Savoie,
Et il est duc et roi, par ma foi ! [...]

DuXIXe siècle à nos jours

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Le savoyard fut et reste un langage géographiquement variable car la formation d'une langue unitaire franco-provençale ne fut pas facilitée par les répartitions territoriales qu'a connues la RégionRhône-Alpes. Seuls laSavoie, le Val d’Aoste, le Vaud, le Genevois et le Valais connurent une indépendance linguistique plus grande (car n’étant pas rattachés à la France). Une autre cause à l'origine des variations du savoyard est la présence de montagnes. Effectivement, cet obstacle naturel ne facilite pas les déplacements (relief accidenté, enneigement important, ...) et est la cause de l'isolement de nombreux villages et hameaux. L’impact majeur de cette quasi-autarcie est que les variations se font sentir entre certaines vallées, parfois même entre certains villages[20]. Le franco-provençal a cependant continué à être utilisé dans la majeure partie des Alpes du Nord (Dauphiné, Lyonnais, Bresse inclus).

À partir duXIXe siècle, de très nombreuses études portant sur la langue savoyarde apparaissent ; effectivement, ces recherches sur la langue savoyarde, portées par des linguistes commeAimé Constantin,Jules Gilliéron, Joseph Desormaux, Jules Cornu, ou encoreGraziadio Isaia Ascoli (pour l'ensemble dufrancoprovençal), débouchent sur la publication de nombreux dictionnaires, comme leDictionnaire Savoyard d'Aimé Constantin et Joseph Desormaux. Cependant, il existait un certain nombre d'études, de recherches et de comptes-rendus linguistiques sur le savoyard avant cette période, comme le montre l'extrait suivant, tiré deLa precellence du langage Françoys, datant de 1579 :

« En Savoy, un laboureur s'en allant labourer la terre dit qu'il s'en va arar, syncopant le latin arare... Or ce mesme pays a retenu plusieurs belles paroles de la langue latine, qui ne se trouvent point ès aultres dialectes »

— Henry Estienne,La precellence du langage Françoys, 1579

Cependant, ces études n'étaient guère nombreuses avant leXIXe siècle, et pour la plupart assez succinctes. Mais à partir de la ''prise de conscience linguistique'' réalisée en cette fin deXIXe siècle, des spécialistes se mirent à arpenter les montagnes savoyardes, en quête de témoignages et d'informations concernant les différentes variantes de la langue. Toutes ces recherches menèrent à la publication de centaines[21] de comptes-rendus, de dictionnaires, d'articles dans des revues linguistiques, comme dans laRevue des patois Gallo-Romans. L’ensemble de ces études furent regroupées par M. Desormaux dansBibliographie méthodique des parlers de Savoie : langue et littérature.

Malgré une reconnaissance grandissante de cette langue dans les milieux universitaires, grâce aux études susdites, l'apprentissage obligatoire du français, laPremière Guerre mondiale et la modernisation n'ont fait qu’accélérer le mécanisme de déclin de la langue savoyarde déjà enclenché. Ainsi, dès la fin de laSeconde Guerre mondiale, et surtout au tournant des années 1960 avec l'exode des campagnes et l'évolution du monde rural[22], la langue savoyarde n'est guère plus usitée que par le milieu paysan (et les personnes âgées), pour décrire des outils ou travaux des champs. Cependant, depuis les années 1980, on assiste à un engouement de plus en plus présent pour le savoyard, cela étant principalement dû au tourisme et à la prise de conscience de la richesse patrimoniale que représente le savoyard, faite par la volonté de plusieurs groupes et notamment leGroupe de Conflans, dans sa volonté de mettre en place des concours, d'élaborer une graphie permettant l'écriture et la collecte de textes. De plus, comme toute langue, le savoyard possède la richesse inestimable d'un reflet de la culture locale,savoyarde pour cette langue, les façons de faire, de vivre, d'habiter dans les montagnes alpines. Faisant écho à cette dynamique, le savoyard est depuis plusieurs décennies dispensé dans des écoles bilingues par l'association des enseignants de Savoyard (AES)[23], malgré des difficultés législatives restreignant cet enseignement, notamment au niveau de l'option savoyard au bac, qui jusqu'à aujourd'hui n'est pas autorisée par le ministère de l'Education. L'apprentissage de cette langue ne s'arrête cependant pas là, de nombreuxGroupes patoisants à travers tous lesPays de Savoie organisent des cours, ou veillées d'apprentissage du savoyard dans différentes communes.

Particularités dialectales du savoyard

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Parmi les parlers de Savoie, il existe certaines spécificités, d'une part de traitementphonétique, d'autre part de corpus lexical[24].

  • On cite souvent, comme particularisme phonétique, lapalatalisation du groupe latinCA-, qui, selon les cas, évolue en[θ] (région d'Annecy),[st] dans leVal d'Arly, Beaufortain,[ts] en Haute-Maurienne. Ainsi, le motchamp (dulatinCAMPUS) donne [θã], [stã] ou [tsã] suivant les endroits.
  • Parmi le corpus lexical, outre les espèces végétales propres à l'étage montagnard :vèrna, vèrôche (aulne vert),foyârd (hêtre),darbé (sapin),vouargno (sapin blanc),shardosse (carline)… on trouve aussi, par exemple, beaucoup de termes liés à la météorologie : bacan, bôrt temps (mauvais temps),coussie (tempête),rosâ (averse),niola (nuage)… à l'environnement :cllapiér, pèrrié (éboulis),ègrâs (escalier),bâlma (grotte),tôva (tourbière),lanshe (champ en pente) à l'origine du mot savoyard devenu français avalanche, en savoyardavâ (descendre) etlanshe (champ, champ en pente), et des expressions originales comme « fâ la pota », faire la moue, « étre louen », s'en aller… Autant de créations linguistiques qui distinguent fortement le savoyard des dialectes d'oïl et d'oc.
  • Une autre caractéristique importante est la définition des jours de la semaine, bon nombre de langues romanes partagent le modèle de:LUNÆ DIES,MARTIS DIES,MERCURII DIES... Tandis que le savoyard l'a inversé (DIES LUNÆ,DIES MARTIS...), donnant:Delon, Demârs, Demécro, Dejô (ou dzou), Devendro, Dessando, Demenge.
1re personne du singulier en savoyard.

Variations dialectales

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Contrairement à l'idée répandue selon laquelle le savoyard varie de manière archaïque, et non déterminée, on peut remarquer de nombreuxisoglosses, qui délimitent des aires distinctes[25].

Variations notables

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Évolution de la première personne du singulier.

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En savoyard, ledje (venant du latinego), a évolué ende dans l'ouest, et le nord de laSavoie, mais enze, zou oudze, zde, dans les dialectes de l'est[26].

Évolution duC+A latin.

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La forme ancienne de l'aire franco-provençale pour leC+A latin étaitts. Comme dit précédemment, elle s'est conservée en moyenne Tarentaise, dans la vallée de Belleville, ainsi que sporadiquement dans différents endroits en Savoie, dont au Mont-Saxonnex, dans lesBauges... Dans la majeure partie des dialectes savoyards (de l'ouest, du nord, ainsi que ceux deMaurienne) cette précédente forme a laissé place à l’inter-dentalesh,θ. Cependant, trois autres aires ont suivi des évolutions différentes (Val d'Arly, Moyenne-Maurienne, Haute Tarentaise). La Haute Tarentaise a simplifié lets ens[27], tandis qu'en moyenne Maurienne, cette forme a muté enh, alors que le Val d'Arly, Beaufortain ont inversé le [t͡s] en [st], qui à la différence du premier n'est un son simple (pour le détail de cette évolution, voir la partieDu Moyen Âge auXIXe siècle).

3e personne du singulier (neutre) en savoyard.

Évolution de la troisième personne du singulier (neutre).

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La troisième personne du singulier, dans les cas où elle est neutre a évolué de deux manières différentes. Au nord de la Savoie, elle a donnéi (Ex :i plyu, il pleut) ; tandis qu'au sud, c'est uné (Ex:é plyu, il pleut)[28].

Évolution duC+ I,E latin.

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On peut remarquer qu'en savoyard, il existe deux grandes zones d'évolution distinctes ; l'isoglosse entre les deux est relativement similaire à celle dela troisième personne (neutre) du singulier[29]. Au nord, leC + I,E latin a donnéf, dont son foyer propagateur a sans doute étéGenève[30]. Au sud, si on excepte les évolutions en hiatus de Maurienne, leC + I,E a donnés dans la quasi totalité du département, à l’exception d'une évolution éparse ensh, dans quelques endroits isolés.

Évolution des verbes enIARE latin, et duE bref

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Les verbes terminant en latin par la formeIARE, ont comme en ancien français donnéIER (qui est aujourd'hui le premier groupe finissant ener). Puis, dans la majeure partie des dialectes savoyards cette terminaison a muté enI. Seuls deux exceptions majeures dérogent à la règle, ce sont l'Arly, et le Tarin. En effet, ces deux ensembles étant assez conservateurs[31], ils ont pour cette terminaison gardé la forme[32]. D'ailleurs, l'évolution duE bref latin est similaire et a donnéi dans la majeure partie des variantes savoyardes, à l’exception toujours de l'Arly et du Tarin ou il est resté la formeé, yé[33] (exemple :Shi, donnetsé, oustyé.).

Évolution duU bref latin

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LeU bref latin, qui en français a donnéOU, a évolué ena-ou en ancienfrancoprovençal ; s'ensuivent diverses évolutions selon les dialectes. Dans la majorité des dialectes du nord, à l’exception duChablais, qui a conservé una-o, ladiphtongue s'est simplifiée en la monophtongueeu, peut-être sous l'influence française, car elle est identique à la forme présente en ancien français[34]. Au sud, cette évolution eneu n'est que très sporadique ; mais la diphtongue d'origine ne s'est pas pour autant conservée partout. Effectivement, le sona-ou ne s'est conservé tel quel uniquement dans le Beaufortin, et la Haute-Tarentaise (o-ou)[35], et s'est transformé enô, â dans les zones limitrophes des endroits conservateurs. Ailleurs, lea-ou, a le plus souvent donnéeuy, à l’exception duVal d'Arly, ou, à l’exception de quelques mots, la diphtongue s'est inversée, donnantou-eu.

Évolution du groupe ST latin

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Le group ST du latin s'est simplifié en t dans la plupart des parlers savoyards comme en français, par exemple FESTA > fêta. En revanche, en Tarentaise à partir de Moûtiers ainsi qu'en Moyenne et Haute Maurienne, le groupe ST aboutit à [θ] puis à [s], [h], [x] ou peut disparaître complètement. La répartition est assez compliquée ; on trouve parfois plusieurs formes au sein d'un parler, par exemple à Bonneval-sur-Arc ST devient [s] normalement, mais [x] devant /r/[36]. Cette évolution est commune à d'autres régions franco-provençales : le haute vallée d'Aoste, le canton de Fribourg, ainsi que certaines parties des cantons de Vaud et du Valais[37].

Diversités du vocabulaire.

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Tableaux de comparaison avec d'autres langues.

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Le tableau suivant expose (pour le savoyard) à chaque fois la ou les principale(s) variante(s) de chaque mot. Ces variantes ne représentent aucunement l'intégralité des variations de la langue savoyarde.

LatinSavoyardFrançaisPiémontaisValdôtainOccitan (vivaro-alpin)Italien
ClavisKlyâClef / cléCiavCllouClau, PassaChiave
CantareStantâ, Tsantâ, ShantâChanterCantéTsantéChantar, CantarCantare
CapraShèvra, Styévra, TyèvraChèvreCravaTchiévraChabra, BicaCapra
LlinguaLangaLangueLengaLenvaLengaLingua
Nox, NoctisNé, nuëNuitNeuitNétNuechNotte
Sapo, SaponisSavonSavonSavonSavonSabonSapone
SudareChouâSuerSudé / strasuéSuéSuar, SusarSudare
VitaeVyaVieVitaViaVita, VidaVita
PacareBankâ, PayéPayerPaghéPayéPaiar, PagarPagare
PlateaPl(y)assePlacePiassaPlacePlaçaPiazza
EcclesiaÉglyézeÉgliseGesia / CesaÉlléséGleiaChiesa
Caseus (formaticus)Fromaze, TomâFromageFormagg / FormajFromadzoFromatge, FromatgiFormaggio

Tableau de comparaison par vallées et communes

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FrançaisAlbanaisThônes[38]LanslevilardLa Giettaz[39]ChambérySaint-Jean-de-

Maurienne

MoûtiersSamoënsAlbertville[40]
ChouTyuChuTchuStyeûShuSheûTsouShouStyeû
CielSyéChyélCheûSyèlChyéChîeSyèloChér
MangerBdjîMzhîMi'ndjérMzyéMedyéMzhéM'djêMzhîMezyé
ChèvreTyèvraShêvraTchévraStyévra/KàbraShèvraTyèvraTchévraShîvraStyévra
FatiguéFatiguâFatiguâKreuparMafyé(tâ)/LànyàFateguâLassoMafîMaf'itâMafyé
MettreMètreM'tâBetârBetâ/BtâB'tâB'tâBetâMètreBetâ

À travers ces exemples, une caractéristique déjà développée du savoyard — et dufrancoprovençal en général — ressort ; la variation et l'évolution des mots selon les différentes localités. Cette fluctuation de la langue, notamment dans les noms et adjectifs, comme dit précédemment, est principalement due à l'isolement des villages entre eux, causé la plupart du temps par le relief, l'environnement (neige...). De ce fait, certaines variantes savoyardes sont plus conservatrices que d'autres ; se traduisant par la conservation de formes anciennes dans certains "patois", comme l'exemple du mot fil de fer, se traduisantfi d'arsho /arsto dans les variantes les plus conservatrices, en opposition avec variantesfi de fér /fi dè fér présentes dans les variantes s'étant laissées influencer par lefrançais. Ces variations sont plus ou moins fortes entre les localités proches en fonction de leur région. La région la plus homogène linguistiquement étant la vallée de Thônes[41], car étant enfermée par de hautes montagnes, qui autrefois ne permettaient que des contacts restreints avec l’extérieur. Mais, même dans cette vallée assez homogène, des variations — quoique minimes — apparaissent.

Cependant, l'étude publiée sousl'Atlas linguistique et ethnographique du Jura et des Alpes du Nord, menée parGaston Tuaillon et Jean-Batiste Martin montre que sur plus de 1500 mots courants, le savoyard, en dépit de cette tendance de forte variation linguistique, en possédait 600 communs à toutes les variantes du dialecte. À l'instar des motsr'nolye (grenouille),r'masse (balai), ou encoremodâ (partir) ; qui le plus souvent ne varient que sur une syllabe, et/ou sur la prononciation. Mais, il n'empêche que certains de ces mots considérés comme communs à l'ensemble des variantes du savoyard varient dans certaines localités isolées, ou dans certaines régions (l'exemple précédemment utilisér'nolye fait partie de ces mots-ci, car présent sous des formes équivoques à celle donnée dans l'ensemble des variantes savoyardes, à l'exception de la Maurienne, où il mute enran-na)[42].

Principaux dialectes

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La précédente description des isoglosses et variations permet de distinguer plusieurs grands ensembles dialectaux savoyards.

Le tarin

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Le dialecte tarin se caractérise, comme dit précédemment, par son caractère assez conservateur[43], de par le maintien de plusieurs traits fondamentaux du francoprovençal comme lets et ledz. Le tarin, contrairement à la majeure partie des dialectes savoyards conjugue le verbe être selon la forme latineram, eras, erat, donnantdz'érou, t'érâ..., comme les dialectes valdotains et valaisans. Autre grande caractéristique du tarin, qui comme le mauriennais a conservé les consonnes finales (comme danstsatèl, château), qui s'articulent assez souvent selon les déclinaisons (le cas sujet donnetsatè, tandis que les cas régimes et sujets donnenttsatèl.).

Dialectes savoyards[44],[45],[34],[46],[47],[48],[49].

Au sein du dialecte tarin, on peut distinguer deux principaux cas à part, que sont la Haute-Tarentaise (Tignes), et le village d'Esserts-Blay. Le premier diffère du tarin en plusieurs points[50] ; tout d'abord, en Haute-Tarentaise, leC+A latin s'est simplifié ens (ex:al a oün sapèl tirolyin, il a un chapeau tyrolien), on peut aussi remarquer que la diphtonguea-ou n'a que peu évolué avec la formeo-ou. Ces différences restant néanmoins minimes quant à la totalité de la langue. Le blaycherain quant à lui déroge surtout au niveau des verbes, comme être qui le plus souvent se ditétre en savoyard, maisétökh àEsserts-Blay[51].

Le Mauriennais

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Les parlers mauriennais se caractérisent par leurs nombreux archaïsmes en dépit d'une très grande diversité des parlers. L'un de ces archaïsmes les plus frappants est le maintien fossilisé de restes de déclinaison : de Saint Rémy à Termignon, l'adjectif masculin singulier attribut du sujet prend une forme identique à celle du pluriel, héritée du nominatif latin. Ainsi à Saint-Martin-de-la-Porte, la poire mûre se dit "lo pezhuit mòy (< maturum)" mais la poire est mûre est "lo pezhuit é mour (< maturus)". De même au pluriel la phrase se dit "lo pezhui son mour (< maturos)". À Villarembert, Fontcouverte et Saint Pancrace, le système de déclinaison est encore mieux conservé et touche les noms masculins singuliers sujets et l'article défini. On dira "le fòr é hhô" (le four est chaud), mais "d'é éhheuyda lo fòrt" (j'ai chauffé le four). Cette alternance entre la forme du cas sujet le fòr et celle du cas oblique lo fòrt se retrouve pour une série de noms qui continuent à se décliner ainsi[52].

Un autre trait archaïsant de la Maurienne est le maintien du r de l'infinitif que l'on trouve dans plusieurs villages de la Moyenne et de la Haute Maurienne. En Moyenne Maurienne, ce r final se confond souvent à avec le l final et devient [r, l, ð, t, n] selon les villages. Ainsi, chanter et beau se diront shantèr et bèr, shantèl et bèl, shantèzh et bèzh etc.

Un certain nombre de villages, en Moyenne-Maurienne notamment, maintiennent le t final atone de la troisième personne du singulier : CANTAT > shantèt, "(il) chante"[53].

Les deux derniers villages de la vallée, Bonneval-sur-Arc et Bessans, maintiennent le -s final du pluriel : la vatsé, lé vatsés[54].

Effectivement, certaines prononciations sont endémiques à laMaurienne, et parmi ces dernières, trois sont particulièrement marquantes. La première est la prononciation deson latin, qui dans la plupart des dialectes savoyards se prononcent [ɔ̃] ou [ɔɳ], sauf en Mauriennais, ou l'on prononce [ũ] (oün). Le deuxième son typique en Mauriennais est le [ỹ] (ex:pün, poing). Le troisième est le [ĩ] (ex:pïn, pin), inconnu enfrançais et en savoyard, comme les autres sons. La deuxième particularité, moins visible au premier abord, est la différence devocabulaire présente avec certains mots ; l'exemple précédent der'nolye, qui donneran-na en Maurienne est un des plus parlants.

La prononciation des consonnes palatalisées C + A et C + I,E sont très diverses. C + I,E aboutit à sh, hh ou à un hiatus, notamment en Haute Maurienne. Pour l'évolution de CA, sh domine la majeure partie de la vallée, mais l'on trouve également ts notamment en Haute Maurienne et à Saint Sorlin d'Arves. Le sh a évolué vers hh autour de Saint Jean de Maurienne (ex:hhyèvra, chèvre)[55], vers f à Lanslebourg (ex:vafe, vache)[47] et s à Termignon (ex:sòl, chou)[56]. Les variantes sonores sont généralement les équivalents des formes sourdes (sh = zh, ts = dz etc.) mais zh devient d à Valmeinier[57] et tend à disparaitre dans la région de Saint Jean de Maurienne[55].

L'Arly

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Ce dialecte du savoyard, suivant le cours de l'Arly[49], peut tout d'abord être vu comme une variante savoyarde relativement homogène[58]. Cet ensemble se différencie des autres en plusieurs points majeurs, dont la métathèse (déjà évoquée) dests enst dans l'ensemble de l'Arly, et dans une moindre mesure desdz enzd. Outre cette caractéristique principale, plusieurs autres sont endémiques à ce dialecte. Tout d'abord, l'évolution des O brefs toniques enou-eu (porta → poueurta) (ex:le boueu, l'étable). On peut aussi noter que l'évolution duC+A latin enst, s'est parfois accompagnée de l'ajout d'uny après lest (ex:styé, chez). Ley s'est aussi maintenu tel quel (cfÉvolution des verbes enIARE latin, et duE bref) dans de nombreux cas, comme avec les verbes en descendant des verbes latins finissant enIARE ; ainsi qu'avec de nombreux mots ayant évolué eni dans le reste des dialectes savoyards.

Le Chambérien

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Le Chambérien peut être vu comme le dialecte de la Savoie propre (sans l'Arly), se caractérisant, principalement, par des variantes au niveau du vocabulaire qui lui sont propres. Le cas le plus marquant est l'évolution du pronom démonstratifcelui dans cette région. Effectivement, dans la plupart des autres dialectes, il donnes'li,s'lé, (voiresétye, Arly), cependant, dans le dialecte Chambérien, il donne, sans exceptions[59],chô (ex:y'è chô ki fô sin, c'est celui qui fait ça.). Autre évolution similaire, qu'est celle de la prépositionvoilà, qui a évolué sous des formes commevétyà, vatchà (tlé en Faucignerand), mais qui est présent dans le dialecte Chambérien sous la formevékà (présent sporadiquement dans quelques autres endroits.).

Le dialecte Chamberien, comme le Faucignerand, se caractérisent aussi par l'influence dufrançais, notamment dans une partie de leur vocabulaire. Ce faisant, plusieurs prépositions commetanke, tinke ou'four, d'feur (dehors) ont laissé place (sauf quelques exceptions) àjusk', jeusk' etd'yôr, d'jôr[60] formes influencées par la langue française. Cette influence est aussi présente au niveau du vocabulaire, comme avec le motsshalande, sont présents (surtout la partie ouest du dialecte chambérien) sous les formesnoyé (féminin),no-é[61]. La conjugaison est elle aussi, dans une moindre mesure, influencée par le français ; principalement avec le pronom elle ainsi que le participe passé du verbe avoir. De fait, le pronomelle qui, la plupart du temps est présent avec, en savoyard, donneèl dans la majeure partie du l'aire chambérienne. Pour le participe passé du verbe avoir, on trouve en effet une forme plus proche du français queavu,awu, aveczu, yeû (ex:No on-n-a yeû, Petit Bugey,No on-n-a zu, Arvillard).

Écriture

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Graphie de Conflans

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Lagraphie de Conflans est une convention d'écriture dufrancoprovençal (savoyard en particulier) réalisée à partir de 1981 au Centre de la Culture Savoyarde deConflans, à l’instigation de l'abbéMarius Hudry (historien de renom), et de Gaston Tuaillon, linguiste au Centre de dialectologie de l'Université de Grenoble[62], ainsi qu'un grand nombre de "patoisants" venus des quatre coins despays de Savoie. Ce groupe, appelé "Groupe de Conflans"[63] avait comme but principal de mettre au point une graphie pour écrire le savoyard permettant sa sauvegarde, car de plus en plus délaissé. Cette graphie semi-phonétique se base sur les conventions phonétiques de la langue française pour exprimer les variantes dialectales savoyardes locales.

Tableau détaillé des normes orthographiques de la Graphie de Conflans[64]

Graphie de Conflans

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Exemples français

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Exemples savoyards

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Voyelles non nasalisées(différemment orthographiées)
  • ô
  • ò (accent non obligatoire)
  • â
  • à (accent non obligatoire)
  • il veut
  • la peur
  • haut
  • le sol
  • pâte
  • Paris
  • la ryeûte(la pente)
  • tòteùra(plus tard)
  • sh/ts/stôtan(été)
  • mòsh/styu(mouchoir)
  • apréstâ(préparer)
  • pàta(chiffon, éponge)
Semi-voyelles(différemment orthographiées)
  • y
  • ou
  • bouteille, payer, iode
  • oui, louis
  • (haut), frozyé(se développer)
  • on nouire(un noyer)
Voyelles nasalisées(différemment orthographiées)
  • an
  • on
  • in
  • lent
  • long
  • Ain
  • l'àvan(l'osier)
  • nyonsan(nulle part)
  • on sh/ts/stin(un chien)
Consonnes(différemment orthographiées)
  • s (ss entre deux voyelles)
  • z
  • k
  • gué, gui, gueu
  • ny, ly, y
  • j
  • sh
  • zh
  • hh
  • h
  • face, casse
  • vase
  • casque, quête
  • gueuler, guillaume, gueux
  • montagne, paille, panier
  • gilet, jaune
  • anglais think, thought
  • anglais that, then
  • anglais high, ich-laut et ach-laut de l'allemand
  • cahier
  • mossâr(motte de terre avec son herbe)
  • klyôzatâ(cligner des yeux, clignoter)
  • koston(cou), lou kakatin(les toilettes)
  • r'guétâ(regarder), guilye(motte de beurre)
  • nyolè(nuage), pelyë(cheveux)
  • jarzë (tricot en laine), jambri(souffrir)
  • vashe (vache), shantâ (chanter)
  • zhor (jour), tsïnzhè (quinze)
  • hhat (chat), hhi (Sixt), danhhyé (danser)
  • tèha (tête), hizhi (cire)

Quelques explications :

  • le son[ã] s'écrit toujoursan.Exemple :ansteryé = renchérir
  • le son[o] s'écrira toujourso ouô.Exemple:destô = pieds-nu
  • le son[ ɲ] s'écritny,exemple:nyolé = nuage ounyon san = nulle part
  • le son[ʎ] s'écrira toujoursly ouye, comme danspelyë (cheveux)

Cette graphie permit aussi la publication d'un grand nombre de livres traitant du savoyard comme: découvrir l’Histoire de Savoie, 1989;Découvrir les Parlers de Savoie, 1994, financé en partie par le ministère de la culture, et la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Rhône-Alpes,DRAC.

Graphie de Constantin

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Lesystème graphique d'Aimé Constantin est l'un des premiers systèmes graphique adaptables à l'ensemble des variations de la langue savoyarde. Il fut créé en1902 par cet auteur dans le but de permettre à chaque locuteur d'écrire sa langue, en reproduisant le plus fidèlement la prononciation de la variante de ce dernier[65]. Ce système est très complet, sans être étymologique et sans se fonder totalement sur les systèmes des autres langues romanes.

caractéristiques principales

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  • La quasi-totalité des lettres sont prononcées.
  • Le même son est écrit de manière identique selon les mots. Les voyelles nasalesan, un, on, in ainsi que les consonnesgu etch conservent la prononciation française.
  • Quand l'accent tonique n'est pas marquée sur la dernière, mais sur l'avant dernière syllabe, cela est indiqué par un caron (ˇ) sur la dernière syllabe (ex:tomǎ,l'òmǒu).
    • Pour marquer l'accent tonique sur une certaine syllabe, l'accent grave est employé (ex:éstòmǎ).
  • Les voyellesî,û,eû,oû, surmontées d'un accent circonflexe sont longues, sans quoi elles sont courtes.
    • Les voyellesa ouo, quelles soient surmontées ou non d'un signe diacritique grave font un son bref et ouvert. Tandis que quand elles sont surmontées d'un accent circonflexe, le son est long et grave. Quand ces deux voyelles sont surmontées d'un accent aigu, le son est entre les deux précédents.
  • Lew se prononce comme le sonou bref en français. Ley quant à lui est l'équivalent d'unĭĭ (exbalyî).
  • La lettreq est présente sansu, et est employé seulement devant lee et lei, il est autrement remplacé par lec.
Écriture des sons inconnus en français
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  • Le sonth dur anglais est représenté parçh, et leth doux parjh (ex:çhtalë,sajhǒ).
  • Le sonc'h présent en breton et en allemand se retrouve aux alentours de Samoëns, d'Aime... est représenté parc'h (ex:c'hi, six).
signes diacritiques
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  • L'apostrophe est utilisée pour indiquer une liaison à la fin d'un mot ou une élision au début d'un mot (ex:sim'plǎ,n'òmoŭ).
  • Le trait d'union s'emploie comme en français, comme pour lier devant une voyelle avecr,pé-r on...

Graphie ORB

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L'orthographe de référence B (ORB), est un système graphique se voulant supra-dialectal — englobant de ce fait l'ensemble dufrancoprovençal — mis au point par le linguiste Dominique Stich en 2003. Cette graphie, est elle-même l'évolution d'un premier système orthographique (ORA)[66], qui sont tous deux pseudo-étymologiques, se ,fondent sur les modèles orthographique du français et de l'italien (principalement). Donnant, par exemple, pour le motavoé, (/awe/, avec) enGraphie de Conflans, avouèc en graphie ORB ; se rapprochant de l'étymologie française avec leouè ainsi que l'ajout duc final, qui peut ou non être prononcé (selon la variante franco-provençale.)[67]. Ce qui donne des formes s'approchant du cheminement étymologique que leurs équivalents français, italiens ou occitans ont connu. De ce fait, Dominique Stich explique pouvoir exprimer les homonymes, chose parfois difficile enGraphie de Conflans.

Ce système assez complexe, l'est d'autant plus qu'il fonctionne avec comme base deux types d'ORB que Dominique Stich définit comme suivant :

« La forme d'ORB dite large [...], c'est-à-dire celle qui ne tient compte pratiquement d'aucune particularité phonétique locale. [...] L'ORB dite serrée qui, sans défigurer le mot en ORB large, donne quelques précisions supplémentaires »

— Dominique Stichedans :Mini Dico Français / Savoyard.

Le mot ORB ''large'',mas (prononcé /me/ dans toutes les variantes savoyardes.), s'écriramàs en ORB ''serrée'', et c'est en cette complexité et ce flou que les critiques se dirigent[68]. Ainsi, certains critiques, comme le rédacteur du Glossaire du patois de suisse romande Eric Fluckiger, qualifient la méthode employée par Stich comme« Une formule micro-structurelle atypique et peu conforme aux règles de la lexicographie moderne.»[69]. Les critiques portent aussi atteinte à la méthodepseudo-étymologique employée par Stich, au niveau de l'identification des morphèmes par Dominique Stich, qui selon Eric Fluckiger« faute d'avoir justement identifié certains morphèmes, l'auteur envient à créer la confusion ». Cependant, l'ORB, est reconnue dans la facilitation de la différenciation des homonymes, principale critique faite à laGraphie de Conflans.

Grammaire

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Articles définis

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Le savoyard, comme la majorité des dialectes franco-provençaux, se caractérise par la présence de deux articles différents pour le masculins (le ou suivant les endroits.) et le féminin (la partout), qui à la différence du français donne une forme pour chaque genre au pluriel (masculinlou ou, féminin) . Au-delà de cette similarité avec l'italien, la déclinaison est aussi très similaire entre ces deux langues[70].

Variation des articles définis
SingulierPluriel
MasculinFémininMasculinFéminin
Nominatif oulel'lal' ouloulô-z oulou-zlé-z
Génitifde lô/le oudude l'de lade l'de lou/de lô oude lou-z/de lô-z ou dé-zde léde lé-z
Datifa lô/le ouua l'a laa l'a lou/a lô ouéa lou-z/a lô-z oué-za léa lé-z oué-z
Accusatif oulel'lal' ouloulou-z oulô-zlé-z

On peut remarquer sur le tableau ci-dessus que le génitif et le datif peuvent s'exprimer sous deux formes,de lou oudu pour le premier ;a lou ouu pour le deuxième. La première forme de chaque était originellement présente dans l'ensemble des dialectes franco-provençaux, mais elle fut délaissée – sous influence du français – dans des parties importantes de l'aire franco-provençale, notamment à l'ouest, au profit de la seconde forme[71].

Articles indéfinis

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Variation des articles indéfinis
MasculinFéminin
Nominatifon(eùn)¹
Génitifd'ond'nà
Datifa (r)'on²a nà
Accusatifon

1 : La formeeùn est présente dans quelques endroits en Maurienne[72].

2 : Ler' est très souvent présent pour éviter le hiatusa-on, difficile à prononcer. On retrouve aussi très fréquemment cer euphonique danspè'r'on (pour un) pourpè on.

Cas particuliers

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  • Lorsque le substantif commence par une voyelle, len deon se lie avec (ex:on-n-ami).
  • Lorsque leon est un adjectif numéral, il prend la formeyon (ex :yon d'lou dou = un des deux)
Tableau récapitulatif de la variation des articles définis et indéfinis
Articles fémininsarticles masculins
la, la route = la ròta

une, une route = na ròta

des, des routes = de ròte

les, les routes = lé ròte

le, le banc = le ban

un, un banc = on ban

des, bancs = de ban

les, les bancs = lou ban

Le tableau précédent montre une caractéristique que le savoyard partage avec le reste des dialectes arpitans, la formation du pluriel féminin. lesa sourds (presque toujours marques de féminin pour les noms communs) à la fin des mots se transforment ene semi-muet au pluriel. On retrouve cette variation avec quelques mots masculins, comme dans le motbouébo (gamin), donnantlou bouébe au pluriel.

Exemples:
Lavielye guimbârda a Dôde étâ dû a émoutyé. = La vieille voiture de Claude était dure à démarrer.
vielye guimbârde a Dôde étyan dû a émoustyé. = Les vieilles voitures de Claude étaient dures à démarrer.

Verbes et conjugaison

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La conjugaison des verbes savoyards est très proche de la conjugaison espagnole, notamment pour le groupe finissant enâ (examâ = aimer). La totalité des variantes du savoyard possèdent trois groupes verbaux[73], à savoir : les verbes terminant enâ etyi / (amâ, starmèyé) — les deux formes n'ayant pas la même conjugaison — ; ceux terminant enì (krapì) ; et ceux terminant enre (krètre). Le savoyard possède un nombre assez important de temps, comme l'équivalent français duplus que parfait.

auxiliaires

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Le savoyard, comme l'intégralité deslangues romanes recourt à deux auxiliaire[74]s,avè etètre, issus du latinhabeo etsum pour articuler ses phrases à la voix passive, et former des temps composés.

  • Ètre :
    • Présent
    • (indicatif)D(e)'/Zh(é)'si ousé ; T'é ; Âl é, Ly'é ; On'é /Nô sin ; vô z'ète /vô z'èrsse ; Y san (son dans l'albanais.)
      • (subjonctif)ke d(e)'/zh(é)'sàiye ousèye ; k(e)'tè sàiye ousèye ; k'â, k'lyé sàiye ou sèye ; k(e)'nô sàiyèn ousèyan ; ke vô sàiyì ousèyé ; k'y sèyàn ousussan (La giettaz)
    • Passé
    • (passé composé)D'é/Zh'é étâ ; T'â étâ ; Âl'a,l' étâ ; On'a étâ/Nô z'avèn étâ ; Vô z'é étâ ; Y'an étâ
    • (imparfait)D'/Zh' étyou ; T'étâvâouT'étyâ ; Âl, Ly' étâveouétâ ; On été/Nô z'étàvan; Vô z'étavâ ; Y'étyan
      • (imparfait,deuxième forme¹)D(e)'/Zh(é)'ériô; T'érâ ; Âl, Ly'érê ; Nôz éran; Vô z'érâ ; Y'éronouérin
    • (plus que Parfait)D'/Zh' avyou étâ ; T'avyâ étâ ; Âl, L' avè étâ ; On avè étâ/Nô z'avyan étâ ; Y avyan étâ
      • (plus que Parfait,deuxième forme²)D'/Zh' avyou-z-étâ ; T'avyâ-z-étâ ; Âl, L' avè-z-étâ ; On avè-z-étâ/Nô z'avyan-z-étâ ; Y'avyan-z-étâ
    • Futur
    • (simple)D(e)'/Zh(é)'sarè ; Tè saré ; Â, Lyé sarâ ; On sarâ/Nô sarèn ; Vô sarìousaré ; Y saran
    • (antérieur)D'/Zh' arè étâ ; T'avré étâ ; Âl, L' arâ étâ ; On arâ étâ/Nô z'aran étâ ; Y'arèn étâ
      • (antérieur,forme plus familièreD'/Zh' arè-z-étâ ; T'aré-z-étâ ; Âl, L' arâ-z-étâ ; On arâ-z-étâ/Nô z'aran-z-étâ ; Y'arèn-z-étâ

1 : La deuxième forme est présente dans certaines régions en Savoie, mais reste moins fréquente.

2 : Les deux formes de l'imparfait sont équivalentes (et présentes partout), cependant, la seconde est plus familière.

  • Avè ou Avì :
    • Présent
    • (indicatif)D'é/Zh'é; T'a ; Âl, l' a ; On'a/No z'avèn ; Vô avì/avé ; Y'an
    • (subjonctif)ke d'/zh'àiye ouèye ; k(e)'t'àiye ouèye ; k'â, k'l' àiye ou èye ; k(e)'on èye / nô z'àiyèn ouèyan ; ke vô z'àiyì ouèyé ; k'y'àiyon ouèyan
    • Passé
    • (composé)/Zh'é avouü ; T'a Avouü ; Âl, L' avouü... (avouü à toutes les personnes)
    • (imparfait)D'/Zh' avyou ; T'avyâ ; Âl, L' avè ; On avè étâ/Nô z'avyan ; Y avyan
    • (antérieur) voir vèrbeêtre
    • Futur
    • (simple)D'/Zh' aré ; T'aré ; Âl, L' arâ ; On avrâ/Nô z'avran ; Vô z'avré ouavrì ; Y'avrèn
      • (simple,deuxième forme¹)D'/Zh' érè-z-étâ ; T'èré-z-étâ ; Âl, L' èrâ-z-étâ ; On èrâ-z-étâ/Nô z'èran-z-étâ ; Y'èrèn-z-étâ
    • Conditionnel
      • (présent)D'/Zh' ari ; T'ara / ère ; Âl, L'are / ère ; On ère/Nô z'aryan ; Vô ara / ère; Y éryan
        • (présent,deuxième forme¹)Zh' aryou ; T'aryâ ; Âl, L' arè ; On arè/Nô z'aryan ; Vô aryâ ; Y aryan
      • (passé)D'/Zh'avryou z'avouüouz'u ;T'avryâ z'avouüouz'u... (avouü à toutes les personnes)
        • (passé,deuxième forme²)Zh'aryou z'avouüouz'u ;T'aryâ z'avouüouz'u... (avouü à toutes les personnes)
    • Participe
    • (présent)Ayèn (parfoisèyèn)
    • (passé) mascAvouü femAvouüta³

1 et 2 : La première forme est plus récente que la deuxième, qui ne se trouve plus dans toutes les variantes de la langue savoyarde.

3 : La différenciation entre masculin et féminin au passé est devenue très rare.

Conjugaison

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La conjugaison dans les différentes variantes savoyardes dufrancoprovençal, est très proche de la conjugaison occitane, faite elle de 4 groupes distincts[75]. Le premier groupe regroupe les verbes finissants enâ, venant du groupe latin se terminant enare, qui a donné en français le premier groupe ener. Le deuxième groupe se termine en,, etchî, ché il correspond au second groupe en français (finissant eniller, cer). Le troisième groupe, quant à lui, voit ses verbes se terminer enî , équivalent du deuxième groupe français. Le quatrième groupe est l'équivalent du3e groupe français, et les terminaisons sont multiples :ire, è, ère, ètre, dre, tre, re, vre. Ce groupe, comme enfrançais, comporte plusieurs sous groupes de conjugaisons.

Les temps sont relativement similaires aux autres langues romanes, si on excepte l'absence d'un équivalent dupassé simple dans la quasi-totalité des variantes savoyardes[76]. Voici une série de tableaux exposant la conjugaison savoyarde et ses principales variantes.

Verbes du premier groupe(finissant en â) : exempleamâ (aimer)
IndicatifSubjonctifConditionnel
Pronoms personnelsPrésentImparfaitFuturPrésentImparfaitConditionnel
D'/ Zh'âmoouâmeâmaveouâmavoâmerèKe d'/zh'âmèssoKe d'/zh'âmissouâmeryou
T'âmaouâmeâmavââmeréKe t'âmissaKe t'âmissaâmeryâ
Âl, L(y)âmeâmaveK'âl, K'l'âmeK'âl, K'l'âmèsseK'âl, K'l'âmisseâmerè
On/NoOn âme/No z'amànâmave/ z'âmavànâmerà/z'âmerànK'on âmèsse/K'no z'amissànK'on âmisse/K'no z'amissyonâmerè/ z'âmeryàn
z'âmâz'âmavâz'âmeré/z'âmaréK'vô z'amèssaK'vô z'amissâz'âmeryâ
Y'y'amànamavànâmeryanK'y'amissànK'y'amissànâmeryàn
  • Participe présent :aman (féminin et masculin).
  • Participe passésingulier :âmâouâmâye¹ (féminin et masculin) ;pluriel (féminin) :âmé.

1 : La deuxième forme est plus rare.

Verbes du deuxième groupe(finissant en yé, yi) : exemplevanyé (cultiver)
IndicatifSubjonctifConditionnel
Pronoms personnelsPrésentImparfaitFuturPrésentImparfaitConditionnel
D'/ Zh'vânyoouvânyevânyévoouvânyévevânyerèKe d'/zh'vânyèssoKe d'/zh'vânyèsso
T'vânyevânyévàvânyeréKe tè vânyèssàKe tè vânyèssà
Âl, L(y)évânyevânyévevânyeraK'âl, K'l'vânyèsseK'âl, K'l'vânyèsse
On/NoOn vânye/No vânyànvanyéve/vanyévànvânyera/vânyerànK'onvânyèsse'/K'no vânyèssànK'onvânyèsse'/K'no vânyèssàn
vânyévanyévâvânyeréK'vô vânyèssàK'vô vânyèssà
Y'vânyànvanyévànvânyerànK'yvânyèssàn'K'yvânyèssàn'
  • Participe présent :vânyan (féminin et masculin).
  • Participe passé :singulier :vânya (féminin et masculin) ;pluriel (féminin) :vânyè.
Verbes du troisième groupe en(finissant en i) : exemplefourni (finir)
IndicatifSubjonctifConditionnel
Pronoms personnelsPrésentImparfaitFuturPrésentImparfaitConditionnel
D'/ Zh'fournèssooufournèssefournechoufournerèKe d'/zh'fourèchouKe d'/zh'fournechisse/oufourneryou
T'fournè (originellement fournessa)fournèchâfourneréKe t'fournechâKe tè fournechissâ'fourneryâ
Âl, L(y)fournèfournessè/chèK'âl, K'lé fourneràK'âl, K'lé fournessè/chèK'âl, K'léfournèchisse'fournerè
On/NoOn fournè/No fournessànfournessè/fournessàn/chànfournerà/z'fournerànK'on fournessè/K'no fournessàn/chànK'on fournèchisse/K'no fournèchissànfournerè/fourneryàn
fournifournechâoufournessâfourneréK'vô fournechâoufournessâK'vô fournèchissâfourneryâ
Y'fournèssànfournechànfourneranK'fournechànK'y fournèchissànfourneryàn
  • Participe présent :fournechan (féminin et masculin).
  • Participe passé :fournè (masculin),fournèta (féminin) ;pluriel (féminin) :fournète.
Verbes du troisième groupe en(finissant en vre) : exempledèvre (devoir)
IndicatifSubjonctifConditionnel
Pronoms personnelsPrésentImparfaitFuturPrésentImparfaitConditionnel
De/ Zhedèvooudèvedèvyoudevrèdevrè
devyâdevrédevryâ
Âl, L(y)devèK'âl, K'lé devràdevrè
On/No/No dèvàndevè/devyànou dèvôdevrà/z'devràndvrerè/devràn
dèdeoudèvi (Albanais)devyâdevrédevryâ
Ydèvàndevyàndevrandevràn
  • Participe présent :singulierdèvan (féminin et masculin).
  • Participe passé :singulier :dyu (masculin),dyuà (féminin) ;pluriel (féminin) :dyuè
Panneau bilingue français-savoyard, installé en Savoie en 2014.

État actuel de la langue savoyarde

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Usage par la population

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Le savoyard est encore utilisé dans certains milieux ruraux et parfois à usage touristique par le biais duparler savoyard, usage de certaines expressions[77]. Dans les années 1990, il y eut un engouement pour la traduction d’expressions en savoyard dans le milieu dessports d'hiver, commeTot drêt darré lo bochon signifiant « Seulement derrière les arbustes », ou encore les expressions techniques comme le "Ouedzet" qui signifie "Grabe" en snowboard, oupeuf (« neige poudreuse ») venant du savoyard puça qui signifie « poussière ».[réf. nécessaire].

Certaines communes installent des panneaux bilingues français/savoyard, et mettent parfois en place des cours de savoyard dispensés par des bénévoles, comme la commune d'Arvillard (Arvelâ), dans ledépartement de la Savoie[78] ou les villages de laCommunauté de communes Arve et Salève.

Sur RCF Annecy,la bèda a renée présente tous les dimanches à 12h30 une émission en Savoyard.

Néanmoins, une étude conduite en 2009 avec l’Institut Pierre Gardette (université catholique de Lyon)[79] montre que le nombre de locuteurs est faible et que la transmission familiale de la langue a cessé depuis plusieurs décennies.

Vie publique

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Radio

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Radiô Arpitania est la première radio entièrement en arpitan (chansons, reportages, émissions), diffusant toutes les variantes de la langue, savoyard inclus[80].

Le savoyard est présent à la radio, notamment avec l'émissionEt si l'on parlait patois présentée tous les dimanches à 12h45 parla bèda a renée sur la radio chrétienne d'Annecy RCF. On peut l'entendre également, aux côtés d'autres dialectes arpitans, surRadiô Arpitania[81].

Presse

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Le savoyard est présent occasionnellement dans des rubriquespatois de certains journaux et bulletins, comme la rubriquekâke fanfiourne (quelques histoires) dans chaque édition du bulletin duVal d'Arly. Le journal patoisantDàva-rossan-na était un quotidien publié dans les années1990 entièrement en savoyard, rédigé par divers patoisants deSavoie.La Voix des Allobroges, journal savoyard, tient aussi une rubrique savoyard intituléeLa Voué[82], avec des articles sur ou en savoyard. Ce journal a lancé un site spécialement consacré à une série de reportages nomméeA l'espéraz[83] sur la langue savoyarde, et ce dans toute la Savoie. Six vidéos furent réalisées en 2014 et 2015.

Enseignement du savoyard dans les écoles

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Le savoyard est enseigné dans certaines écoles savoyarde par l'Association des Enseignants de savoyard (AES). Cette association fut créée à la fin des années 1990 parMarc Bron, actuel président de l'association, en ayant pour but de conserver et surtout de transmettre cette langue aux générations futures.

Panneaux d'entrée d'agglomération. Le nom en savoyard a été ajouté en 2015.

Enquête d'opinion

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Selon une enquête qui avait été réalisée pour le compte d'un journal régionaliste enfévrier 2001[84] par les étudiants de l'IUT d'Annecy-le-Vieux sous la direction de Marc Bron, président de l'Association des Enseignants de savoyard et :

  • 71 % des personnes interrogées souhaitent conserver le savoyard ;
  • 37 %, l'apprentissage par l'école ;
  • 31 %, les cours du soir ;
  • 40 %, la mise en place de menusbilingues dans les restaurants, des panneaux à l'entrée des agglomérations écrits dans les deux langues et la possibilité de choisir la savoyard comme langue en option aubaccalauréat ;
  • 4 personnes sur 5 déclarent l'avoir déjà entendu utiliser dans une conversation ;
  • 7 % seulement disent le parler ;
  • une personne sur deux pense que le savoyard doit être transmis aux générations futures et qu'il faut mettre en place des écoles bilingues pour les familles qui le souhaitent.
Roger Viret, écrivain et collecteur savoyard arpitanophone, présente ses travaux lors de la37e fête internationale du francoprovençal en 2016.

Ouvrages en savoyard

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Ces dernières années, des bandes dessinées ont été traduites dans la variété savoyarde de l'arpitan[85]. C'est le cas, notamment, avecFanfoué des Pnottas, une productionchablaisienne, traduite par Marc Bron, président de l'Association des Enseignants de savoyard (AES). Ce dernier a également adapté un album deGaston Lagaffe, devenu Gust Leniolu[86].

On peut aussi noter la publication de plusieurs ouvrages de M. Viret, et notamment la traduction duPetit Prince,Lè ptyou prince, d'Antoine de Saint Exupéry en langue savoyarde.

En 2007, l'Aliance Culturèla Arpitana a lancé àCervens (Chablais) l'albumL'afére Pecârd, traduction deL'affaire Tournesol en franco-provençal. Dans cette aventure deTintin, le héros parle la variété savoyarde de l'arpitan, avec des tournures empruntés en particulier à la région deThônes. L'album utilise l'orthographe de référence B, écriture unifiée pour le franco-provençal.

Il existe de nombreux dictionnaires dont plusieurs relativement complets comme :La Giettaz: le patois du haut Val d'Arly, fait par les derniers patoisants de La Giettaz ainsi queGaston Tuaillon pour la préface, ou encoreLe patois de Tignes, Savoie, publié en 1998.

Associations de référence

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Logo de l'Institut de la Langue Savoyarde.

Afin de coordonner les travaux et initiatives concernant le savoyard, un certain nombre d'associations de référence existent :

  • Institut de la Langue Savoyarde (ILS)
    Institut de la Langue Savoyarde (ILS)
  • ACA - Fédération Internationale de l'Arpitan
    ACA - Fédération Internationale de l'Arpitan
  • Office Géographique Arpitan (GeoArp)
    Office Géographique Arpitan (GeoArp)
Panneau bilingue àPassy. « A r'vi pâ », qui se traduit littéralement par: « Au revoir, n'est-ce pas ».

Exemples langagier : quelques phrases en savoyard

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Expressions courantes

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Ces proverbes et expressions sont écrits dans les deux orthographes officielles. (Graphie de Conflans/ Graphie ORB.)

  • Na vilye de pelyë/Na vèlye de pêl = Une mèche de cheveux
  • Teryé de stavon/Tèrriér de chavon = Ronfler fortement
  • Kinta bourta frè/ Quinta bôrta frêd = Quel froid insupportable !
  • E't de klyar anrazi/Est de cllâr enragiér = C'est une éclaircie qui ne va pas durer
Tè pèrces los uséls qüi jargonnant?

Dictions, proverbes

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  • Le fouà é t'on solé/Lo fuè est un solèly = Le feu tient compagnie.
  • Kouï s'an ri s'an banke/paye/Qüi s'en rit s'en banque/paye = Qui rit paye
  • Pâ dè dessande san chouële/Pas de dessando sen solèly = Pas de samedi sans soleil
  • A stalande su le solerë, a pâke é/u tizon/A Chalendes sus los solères, a Pâques ux tisons = Noël au balcon, Pâques aux tisons
  • É fô pa tarstyé myézeur a katôrze yeura/El fôt pas chèrchiér mi-jorn a quatôrze hores = Il ne faut pas chercher midi à 14 heures
  • É no balye ran, é no voute ran/Él nos balye ren, et nos voute ren = Cela ne nous donne rien, et ne nous enlève rien
  • Te vera poé kan te saré vyu toke/man mé/Te vêra-pués quand te sarés viely ment mè = Tu verras bien quand tu seras vieux comme moi
  • L'bon vin a tozho/adé égayà l'koueur d'l'omo, é n'a zhamè gatà cho d'la fèna/Lo bon vin at tojorn/adés èguèyér lo cœr de l'homo et at jamés gâtâ ço de la fèna = Le bon vin a toujours égayé le cœur de l'homme et n'a jamais gâté celui de la femme.
  • Brâva/Bèla reuza devin grata-ku/Brâva/Bèla rousa devint grata-cul = belle rose devient gratte-cul (= le fruit de l'églantier qui sert à faire du poil à gratter).
  • Mé on brasse la mèrda, mé l'chê (ou tan mé on brafe la mèrda pe mouindre lè chouan)/Més braçont la mèrda, més ele sent = plus on brasse la merde, plus elle sent.
  • Sé on povè fère on pèr d'solié, avoué na linga d'féna é na rankuna d'inkrouà/ankroua, y ên aré pe tota la vyà/Sé povont fâre un par de solârs avouéc na lengoua de fèna et na rancuna d'encurâ, y en arét por tota la via = Si on pouvait faire une paire de souliers avec une langue de femme et une rancune de curé, il y en aurait pour toute la vie.

Mots français empruntés à la langue savoyarde

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  • Avalanche, vient delavenche ouavalanche.Ava- veut dire « descendre » etlanche est un « terrain en pente ».
  • Chalet, vient du motchalèt signifiant « abri de montagne », venant du pré-indo-européen (Kalittu)[89].
  • Crétin, vient du savoyardCrèhtin. « Chrétien » en savoyard, ce terme devint péjoratif pour désigner les Savoyards sous le terme "crétin des Alpes".
  • Diot, vient dediôla, saucisse en savoyard
  • Fayard, vient du mot savoyardfoyârd oufo, venant du latinFagus et désigne populairement le Hêtre commun.
  • Génépi, vient degénépél, plante de montagne utilisée pour desmacérations[90].
  • Gnôle, vient du savoyardniola (signifiant « nuage »), désignant l'eau-de-vie (dans certaines vallées issue de sureau). Popularisée durant le premier conflit mondial. Ce mot tient aussi son origine dans d'autres dialectes francoprovençaux[91].
  • Givre, vient du savoyard zhivro, zevra désignant un liquide gelé.
  • Piolet, venant du savoyard chamoniardpiolèt, signifiant « pioche »[92].
  • Reblochon, vient du savoyardreblyoshon (fromage savoyard), venant lui-même du verbereblochiér voulant dire « traire une seconde fois ».
  • Sérac, vient du savoyard seré, sera[93] (fromage issu dulactosérum), qui définit à la fois le fromage ainsi que l’amas de neige devenue glace (rassemblant au fromage).
  • Moraine, vient du savoyardmorêna, « renflement de terre », qui désigne un amas de pierre déposé par un glacier.
  • Traviôle (de), venant duparler savoyardtraviôla, de travers.
  • Grèbe, vient du savoyardgrèbo, désignant comme en français les oiseaux aquatiques de la famille desPodicipedidae[94].

Littérature

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Ouvrages et auteurs

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On considère souvent le savoyard comme dépourvu de littérature, alors qu'il possède nombre d'écrits et de poèmes[95]. En voici quelques-uns.

extraits

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Per le kobri! Le chesi ba

Par le corbeau! Elletomba

Le ne fou pa a mi tonba

Sa roba etya ja ronpua

Que sa robe était déjà déchirée

Et le se trovi touta nua

Et elle se trouva toute nue

Un chakon vi adon ke ly ere

Chacun vit alors sequ'elle était

Petit ê gran l'alave veire

Petits et grands allaient la voir

En tonban se fôr le kieri

En tombant, elle cria si fort

Ke vouz y oussia vu couri

Que vous aurez vu accourir

touta le bety' a l'environ

Toutes les bêtes autour d'elle

Me dessu touta, lo lion

Mais les dépassant toutes, le lion

(Prologue faict par un messager savoyard, 1596, v. 60-69)

Chéra Monchu, n'ên vô la pêina

Sûrement Monsieur, il en vaut la peine

De konserva noutron patoué.

De conserver notre patois.

Pêndên k'on sêntra diên sa veîna

Pendant qu’on sentira dans sa veine,

Le san de la vilye Savoué...

Le sang de la vieille Savoie…

Pêdên ke, yeu k'on save ên France

Pendant que, où qu’on soit en France

Diên noutro koueur on gârdera

Dans nos cœurs on gardera

La ple petiouta sovenance

Le plus petit souvenir

De le bognète et du tara,

Des bougnettes et du pichet

Monchu, mâgré voutron mémouére,

Monsieur, malgré votre mémoire

Lo savoyâr se faron gloere

Les savoyards se feront gloire

De parlâ man du devan

De parler comme ci-devant.

Texte adressé à Mr Dumaz, Maire de Chambéry, pour protester contre ses positions sur le savoyard, Amelie Gex, 1878.

Notes et références

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  1. (fr) L. Boutillier (2022).Le terme savoyard « monchu » intègre le dictionnaire sur le site du journalLa Savoie, 13 août.
  2. http://icar.univ-lyon2.fr/projets/ledra/documents/Etude_FORA_rapport_d%C3%A9finitif.pdf
  3. « Ses statuts et ses objectifs », surInstitut de la Langue Savoyarde / - le…,(consulté le).
  4. code générique
  5. Le Portable,No 6, février 2001.
  6. « Etude_FORA_rapport »(consulté le)
  7. (fr + frp) Andrée Blanc,Le Parler savoyard,De Borée,, 179 p., Pages 14~19
  8. Fêtes internationales de l'arpitan: chronologie
  9. « Les dernières infos de Haute Tarentaise par Pierre VILLENEUVE. »(consulté le)
  10. Le francoprovençal entre la France, la Suisse et l’Italie : langue diffuse, langue focalisée et enjeux de normalisation ; Natalia Bichurina
  11. Romain Colonna (et autres chercheurs),LES LOCUTEURS ET LES LANGUES : POUVOIRS, NON-POUVOIRS ET CONTRE-POUVOIRS, Lambert-Lucas,, 374 p.
  12. Orthographe sur le site de l'ACA, Fédération internationale de l'arpitan / francoprovençal
  13. « 1 .Le Franco-Provençal par Gaston Tuaillon.1re partie »(consulté le)
  14. « 2. Le Franco-Provençal par Gaston Tuaillon. Seconde partie »
  15. Gaston Tuaillon,Le francoprovençal, progrès d'une définition, Centre de Philologie et de Littérature romanes de l'Université de Strasbourg.
  16. « résumé des principaux changements consonantiques du latin au français »
  17. « palatalisation du C et G devenant E et I »
  18. Paul Teyssier,COMPRENDRE LES LANGUES ROMANES. Du français à l'espagnol, au portugais, à l'italien & au roumain. Méthode d’intercompréhension,Chandeigne
  19. StéphaneGal,Charles-Emmanuel De Savoie, La politique du précipice, Paris,Payot,coll. « Biographie Payot »,, 560 p.(ISBN 978-2-228-90721-7 et2-228-90721-9)
  20. (fr + frp) Christian Abry, Collectif, Marius Hudry, Dominique Abry, Aristide Beruard,DECOUVRIR LES PARLERS DE SAVOIE, Centre de la culture savoyarde,1er octobre 1994
  21. Joseph Desormaux,Bibliographie méthodique des parlers de Savoie : langue et littérature,
  22. Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay,La Savoie des origines à nos jours, Ouest-France
  23. « Les savoyards attaches à leur patois »
  24. Interview de Gaston Tuaillon.Le francoprovençal, langue oubliée, Gaston Tuaillon
  25. Félix Fenouillet,Monographie Du Patois Savoyard,, 278 p.,p. 22-23
  26. « Dictionnaire Savoyard »(consulté le)
  27. Groupe de Conflans,Découvrir les parlers de Savoie,p. 42
  28. Félix Fenouillet,Monographie du patois savoyard,p. 26
  29. Roger Viret,Dictionnaire Français : Savoyard.
  30. Groupe de Conflans,Découvrir les parlers de Savoie,p. 44-45
  31. Groupe de Conflans,Découvrir les parlers de Savoie,p. 50
  32. (fr + frp) « Monographie Du Patois Savoyard »
  33. « origines du patois de Tarentaise »
  34. a etbgroupe de conflans,Découvrir les parlers de Savoie
  35. Dominique Stich,Dictionnaire français savoyard de poche.
  36. AntoninDuraffour et LMalapert,Glossaire des patois francoprovençaux,(OCLC 3930737,lire en ligne)
  37. FÊTE 1 (réd. Ga.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome VII, p. 340.
  38. « http://www.arpitania.eu/aca/documents/Dictionnaire_Viret_Francais_Savoyard.pdf »
  39. (fr + frp) Groupe patoisant,La Giettaz, le Patois du haut Val d'Arly., Évian, Cleopas,, 405 p.(ISBN 978-2-917283-06-6)
  40. (frp + fr) « Dictionnaire du patois savoyard, tel qu'il est parlé dans le canton d'Albertville. »
  41. (fr + frp) Aimé Constantin, J.Désormaux,Dictionnaire savoyard,, 522 p., p. 35
  42. (fr + frp) Roger Viret,Dictionnaire Français : Savoyard,, 2269 p.
  43. (fr + frp) « Origines Du Patois de Tarentaise. »
  44. « Origines du patois de Tarentaise »
  45. Fenouillet,Morphologie Du Patois savoyard
  46. F.Brachet,Dictionnaire du patois savoyard, tel qu'il est parlé dans le canton d'Albertville
  47. a etbAtlas linguistique de France, J.Gilliéron, 1905.
  48. M.L.Vignon,Revue de philologie française et de littérature
  49. a etbMétathèse deTS enST et deDZ enZD, J. Cornu,In: Romania, tome 6no 23, 1877.p. 447-449.
  50. (fr + frp) Célestin Duch et Henri Béjean,Le patois de Tignes (Savoie),, 311 p.
  51. (fr + frp) Roger Viret,DIKCHONÉRO FRANSÉ - SAVOYÂ - DICTIONNAIRE FRANÇAIS : SAVOYARD (Quatrième Quatrième édition revue et augmentée.), 2831 p.
  52. Gaston Tuaillon et Victorin Ratel, « Survivance de la déclinaison en Maurienne »,Revue de linguistique romane,‎
  53. Victorin Ratel,Morphologie du patois de Saint-Martin-la-Porte, Paris, Les Belles Lettres,
  54. Victorin Ratel et Gaston Tuaillon, « Deux légendes de haute-maurienne »,Revue de linguistique romane,‎
  55. a etbGaston Tuaillon et Jean-Baptiste Martin,Atlas linguistique et ethnographique du Jura et des Alpes du Nord, Paris, CNRS, 1971-1978
  56. Brien Meilleur, « Gens de montagne plantes & saisons. Savoirs écologiques de tradition à Termignon (Savoie ) »,Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie,‎(lire en ligne)
  57. Germaine Mulet,Valmeinier d'hier et d'aujourd'hui, Saint Jean de Maurienne, Dérier,
  58. (fr + frp) F. Brachet,Dictionnaire du patois savoyard, tel qu'il est parlé dans le canton d'Albertville,
  59. « Monographie Du Patois Savoyard »
  60. (fr + frp) Roger Viret,DIKCHONÉRO FRANSÉ - SAVOYÂ - DICTIONNAIRE FRANÇAIS : SAVOYARD,p. 292-293
  61. (fr + frp) « Dictionnaire_Viret_Francais_Savoyard.pdf »
  62. http://projetbabel.org/document/savoyard_graphie_conflans.pdf
  63. « Centre de la culture savoyarde | Institut de la Langue Savoyarde », surwww.langue-savoyarde.com(consulté le)
  64. (fr + frp) Groupe de Conflans,Découvrir les parlers de Savoie, Centre de la Culture Savoyarde,, 163 p., Pages 17-26
  65. (fr + frp) « dictionnaire savoyard »
  66. (fr + frp) Alain Favre et Dominique Stich,Mini Dico Savoyard : Français., Yoran Embanner,, 478 p., Page 4.
  67. « These_Stich_2001 », surarpitania.eu(consulté le)
  68. s
  69. Pour une analyse scientifique critique de la graphie de Stich, voir le compte rendu d’Éric Fluckiger (2004), dansVox Romanica 63,p.  312-319.
  70. (fr + frp) Victor Duret,Grammaire savoyarde, Eduard Koschwitz,
  71. (fr + frp) Jean-Baptiste Martin et Gaston Tuaillon,Atlas linguistique et ethnographique du Jura et des Alpes du Nord,
  72. (fr + frp) Groupe de Conflans,Découvrir les parlers de Savoie, Centre de la culture savoyarde
  73. (fr + frp) « archive.org »
  74. (fr + frp) Victor Duret,Grammaire savoyarde,
  75. (frp + fr) Roger Viret,LÔ VÈRBO SAVOYÂ - Konjuguézon / LES VERBES SAVOYARDS : Conjugaison, Arbané - Albanais
  76. (frp + fr) F. Brachet,Dictionnaire du patois savoyard, tel qu'il est parlé dans le canton d'Albertville,
  77. « Le patois d'la Yaute : les expressions populaires à connaître en Haute-Savoie », surledauphine.com
  78. « Charte des langues régionales: Pierre Grasset, le défenseur du francoprovençal »,France 3 Alpes,‎(lire en ligne).
  79. Patois, gaga, savoyard, francoprovençal, arpitan. Quel nom pour une langue ?[1], par James Costa, article de vulgarisation de Jean-Baptiste Martin paru dansLangues et Cite, 18,p. 6. 2011.
  80. Site officiel de Radiô Arpitania
  81. http://francoprovencal.org/radio-arpitania
  82. La Vouè sur le site du journal La Voix des Allobroges
  83. A l'espéraz: l'arpitan - patué - francoprovènsal
  84. Le Portable, Annecy,No 6, février 2001.
  85. « L'affaire Tournesol vient d'être traduite en arpitan, terme qui désigne les patois alpins parlés de Lyon à Aoste en passant par Savièse » inLe Nouvelliste, Sion, 31 mars 2007.
  86. Gaston Lagaffe parle l’arpitan savoyard et s’appelle Gust Leniolu, ACA - Fédération internationale de l'arpitan
  87. SiteFédération internationale de l'arpitan / francoprovençal.
  88. Sitegeoarp.org.
  89. « Survivances du patois savoyard »
  90. « Génépi »
  91. « GNOLE: Etymologie de GNOLE », surwww.cnrtl.fr
  92. (fr + frp) Gaston tuaillon,Survivances du patois savoyard, 65 p.
  93. Hachette, Le dictionnaire du français,Hachette,, 1816 p., p.1526, "- Du savoyard serai, sera, du lat serum".
  94. « grebe »
  95. Gaston Tuaillon,La littérature en francoprovençal avant 1700, Ellug,

Voir aussi

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Bibliographie

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Dictionnaires

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Approches locales

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Autres ouvrages

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Articles connexes

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Wikipédia en francoprovençal

Liens externes

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