Sarajevo est le centre politique, financier, social et culturel de la Bosnie-Herzégovine avec une influence régionale dans le divertissement, les médias, la mode et les arts[2].
En raison de sa longue histoire de diversité religieuse et culturelle, Sarajevo est parfois appelée la « Jérusalem de l'Europe ». Elle figure parmi les rares grandes villes européennes où une église catholique, une église orthodoxe, une synagogue et une mosquée se situent à proximité les unes des autres[3].
Plus récemment, elle accueillit lesJeux olympiques d'hiver de 1984 et futassiégée durant laguerre de Bosnie-Herzégovine dans les années 1990 : entre 1992 et 1996, elle a subi un siège de plus de mille jours qui a fait plus de 11 000 morts. Les traces de ce conflit restent visibles dans l’espace urbain et dans la mémoire collective de ses habitants.
Selon le dernier recensement de2013, la population totale de la ville de Sarajevo est de 275 524 habitants, tandis que la population ducanton de Sarajevo est estimée à 413 593 habitants[4].
Sarajevo a subi une reconstruction après la guerre et est la ville à la croissance la plus rapide de Bosnie-Herzégovine.
En 2006, la série de guides de voyageLonely Planet considérait Sarajevo comme la43e meilleure ville du monde[5] et, en décembre 2009, Sarajevo figurait parmi les dix premières villes à visiter en 2010[6].
En octobre 2019, Sarajevo a été désignée ville créative de l'UNESCO pour sa capacité à placer la culture au centre de ses stratégies de développement[7] et est l'une des dix-huit villes du cinéma au monde.
Larivière Miljacka traverse la ville d'est en ouest, avant de se jeter dans larivière Bosna. La Miljacka, parfois appelée la « rivière de Sarajevo », prend sa source près de la ville dePale, à quelques kilomètres à l'est de la ville. La source de la Bosna (enbosnien :Vrelo Bosne), près d'Ilidža, à l'ouest de Sarajevo, constitue un des principaux pôles d'attraction pour les Sarajéviens et les touristes. Plusieurs autres rivières ou ruisseaux traversent la ville et ses environs.
Sarajevo est située à la transition entre les influences climatiques de l’Europe centrale et celles de lamer Méditerranée. La ville connaît un climatcontinental modéré, caractérisé par des étés chauds et des hivers froids, avec des précipitations relativement bien réparties sur l’année.
Le tableau ci-dessous présente les moyennes mensuelles des températures minimales et maximales ainsi que des précipitations pour la période de référence 1991-2020.
Relevés météorologique de Sarajevo pour la période 1991-2020[9]
Mois
Janv
Fév
Mars
Avr
Mai
Juin
Juil
Août
Sept
Oct
Nov
Déc
Températures moyennes maximales (°C)
4,1
6,6
11,5
16,5
21,4
25,4
27,8
28,3
22,5
17,3
10,6
4,3
Températures moyennes minimales (°C)
-2,9
-1,9
1,4
5,1
9,0
12,6
14,2
14,3
10,4
6,5
2,8
-1,7
Précipitations moyennes (mm)
68,3
67,3
66,7
78,1
88,7
87,8
75,1
62,9
89,3
91,4
84,9
89,0
La configuration géographique de la ville favorise les inversions thermiques, particulièrement en hiver, entraînant des épisodes de brouillard persistant et une concentration accrue de pollution atmosphérique[10].
La région de Sarajevo est occupée de manière continue depuis leNéolithique, comme l’atteste la richesse locale ensilex. En1893, lors de la construction de la faculté d’agriculture de l’université de Sarajevo, des vestiges d’un village néolithique sont découverts à Butmir, dans l’actuel faubourg d’Ilidža. Lescéramiques mises au jour, caractérisées par des motifs en spirale ainsi que des représentations humaines et animales, présentent une originalité telle que les archéologues ont défini une entité culturelle spécifique, connue sous le nom deculture de Butmir[11],[12].Des traces d’occupation datant de l’âge du bronze ont également été identifiées à Zlatište etDebelo Brdo[13]. Ces sites, complétés par d’autres découvertes effectuées le long de larivière Miljacka et dans la vallée de Sarajevo, témoignent de la présenceIllyrienne dans la région au cours de cette période.Les populations illyriennes locales appartenaient principalement à la tribu desDaesitiates, qui opposa une résistance durable à laconquête romaine avant d’être définitivement vaincue en 9 av. J.-C. par le futur empereurTibère[14]. À l’époque romaine, une colonie nomméeAquae Sulphurae, ainsi désignée en raison de ses sources sulfureuses, est établie à l’emplacement de l’actuelle Ilidža. Elle constitue alors le principal centre urbain de la région ; ses vestiges archéologiques font aujourd’hui l’objet d’une protection officielle[15].
LesSlaves s'installèrent enBosnie auVIIe siècle. Une localité du nom deKratera, située dans la région de Sarajevo et de Kotorac, est citée dans leDe administrando Imperio, un ouvrage de l'historien etempereur byzantinConstantin VII, mais son emplacement n'est pas établi avec certitude[16].Selon un document signé par le roiBéla IV de Hongrie le, la région de Sarajevo faisait partie de lažupa de Vrhbosna, district dans lequel se trouvait la cathédrale Saint-Pierre, construite en1239 et qui constituait le siège d'un diocèse catholique ; cette église se trouvait probablement près de l'emplacement de l'actuelle mosquée deBrdo. Une localité du nom de Vrhbosna fut fondée vers1270 mais elle n'est attestée dans des documents qu'en1379 ; elle se trouvait sans doute à l'emplacement de l'actuelleBijela tabija, la « Forteresse blanche ». De ce passé médiéval témoignent encore de nombreuses tombes monumentales appeléesstećci (au singulier :stećak), dont ceux de la nécropole de Crkvina à Donja Zgošća près deKakanj, aujourd'hui conservées aumusée national de Bosnie-Herzégovine[17].
La fondation de Sarajevo est généralement datée de1461, lorsque le premier gouverneurottoman de Bosnie, Isa-beg Isaković, choisit un site dans la région de Vrhbosna afin d’y établir une nouvelle ville[18]. Il y fit édifier lamosquée impériale de Sarajevo (Careva džamija)[19],[20], unbain public (hammam), un pont, plusieurs moulins à eau, une auberge, ainsi que le palais du gouverneur (saray), qui donna son nom à la ville[18].La ville se développa rapidement sous le nom de Bosna-Saraj et accueillit progressivement des communautés musulmane, orthodoxe, catholique et juive. Au début duXVIe siècle, desJuifs séfarades expulsés de la péninsule Ibérique s’y installèrent, apportant notamment uneHaggadah duXIVe siècle, aujourd’hui connue sous le nom deHaggadah de Sarajevo[21],[22].
La ville se structura alors en quartiers confessionnels distincts, comprenant un quartier latin habité par des artisans et des marchands catholiques originaires deDubrovnik, doté d’une église catholique, ainsi qu’un quartier orthodoxe organisé autour de l’église orthodoxe serbe, construite entre 1520 et 1539, toujours existante et classée monument national de Bosnie-Herzégovine[23]. Lavieille synagogue de Sarajevo fut édifiée en 1581. Cette coexistence de quatre confessions majeures valut à la ville le surnom de « Jérusalem européenne »[24].
AuXVIe siècle, Sarajevo connut une phase de développement majeur, notamment sous l’impulsion deGazi Husrev-beg, qui dota la ville d’un vaste ensemble architectural dans la vieille ville actuelle, laBaščaršija, organisée autour d’ateliers et de commerces. Cet ensemble comprenait notamment lamosquée de Gazi Husrev-bey (Gazi Husrev-begova džamija)[25], unemédersa, un marché couvert (bezistan), plusieurs caravansérails destinés à l’hébergement des marchands, une bibliothèque, unetekke (couvent dederviches), unimaret (institution de distribution gratuite de nourriture), ainsi qu’unetour de l’horloge (Sahat-kula)[26],[27].La ville disposait également d’un réseau d’alimentation en eau élaboré ; plusieurs voyageurs de l’époque mentionnent l’existence de plus de 160 fontaines, témoignant du niveau avancé de ses infrastructures urbaines[28].Tout au long duXVIIe siècle, Sarajevo demeura prospère. Vers1600, sa population est estimée à environ 23 500 habitants, ce qui en faisait l’un des centres urbains les plus importants de la partie européenne de l’Empire ottoman[29].
La fin duXVIIe siècle marqua toutefois un tournant défavorable. Après les défaites ottomanes deVienne (1683) et deZenta (1697), Sarajevo fut pillée et incendiée lors d’une expédition menée par le princeEugène de Savoie[30]. La ville fut partiellement reconstruite, mais le transfert de la capitale de la Bosnie àTravnik entraîna un affaiblissement durable de son rôle politique et administratif.Bien que la ville ne retrouvât pas son importance antérieure, leXVIIIe siècle demeura marqué par une vie intellectuelle active, illustrée notamment par Mehmed Mejlija Guranij et Mula Mustafa Bašeskija. Des bibliothèques, des écoles, des mosquées et de nouvelles fortifications furent édifiées. Sarajevo fut néanmoins touchée par plusieurs crises, dont une épidémie de peste en1785 et un incendie majeur en1788.Selon certaines estimations, la population de la ville, qui aurait atteint environ 80 000 habitants à la fin duXVIIe siècle, diminua pour se situer autour de 60 000 habitants en1807[31].
Dans les années1830, plusieurs affrontements liés au soulèvement bosniaque eurent lieu aux abords de Sarajevo, sous la direction deHusein Gradaščević, figure majeure de la résistance locale. Une artère de la ville porte aujourd’hui son surnom, Zmaj od Bosne (« Dragon de Bosnie »), en hommage à son rôle historique. La rébellion échoua toutefois, et l’Empire ottoman conserva le contrôle de la Bosnie pour plusieurs décennies[32].
L'assassinat des Autrichiens par un militant serbe vu par la presse françaiseLe bâtiment de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo
À la suite de la défaite de l’Empire ottoman lors de laguerre russo-turque de 1877-1878 et des décisions ducongrès de Berlin, laBosnie et l’Herzégovine sont placées, en 1878, sous le contrôle de lamonarchie austro-hongroise, tout en demeurant officiellement intégrées à l’Empire ottoman. Cette situation provoque la formation d’un gouvernement provisoire à Sarajevo ainsi que l’émergence de plusieurs mouvements de résistance[33]. Toutefois, dès la fin du mois d’octobre 1878, les autorités austro-hongroises prennent le contrôle effectif du territoire et engagent une vaste réorganisation administrative.
Cette période est marquée par de profondes transformations de la ville, qui connaît un processus accéléré d’industrialisation et d’occidentalisation[34].Uneligne de tramway est mise en service en1885, puis électrifiée en1895. Un bureau de poste militaire doté d’une station télégraphique est également ouvert, identifié par les chiffres romains XXXII[35].Sarajevo se dote d’usines modernes, tandis que de nombreuses écoles et institutions culturelles de style occidental sont fondées. Des voies ferrées sont construites vers le nord, le sud et l’est, facilitant l’intégration économique de la région. Sous couvert d’européanisation, les ressources économiques et naturelles de la Bosnie, jusque-là peu exploitées, font l’objet d’une mise en valeur intensive.
Sur le plan architectural, de nombreux édifices publics transforment durablement le visage de la ville. Parmi eux figurent le bâtiment du gouvernement de Bosnie, construit entre1884 et1885 sur des plans de l’architecte Josip Vancaš ; l’hôtel de ville, édifié à partir de 1892 parAlexander Wittek[36],[37]; leThéâtre national, conçu parKarel Pařík entre 1897 et 1899 ; la poste centrale, réalisée par Josip Vancaš entre1907 et1909; ainsi que les bâtiments actuels duMusée national, également dessinés par Karel Pařík et inaugurés en1912[38],[39]. Parmi les édifices religieux, lacathédrale du Cœur-de-Jésus, siège de l’archidiocèse de Vrhbosna, est construite entre1884 et1889 selon les plans de Josip Vancaš[40].En1910, Sarajevo compte un peu moins de 52 000 habitants[41].
Après laSeconde Guerre mondiale, Sarajevo devient la capitale d'uneRépublique populaire puis, en 1963,socialiste de Bosnie-Herzégovine, au sein de la République fédérale populaire, puis, en 1963,socialiste de Yougoslavie. Elle retrouve rapidement de l'importance et devient un important centre industriel. Des quartiers modernes sont construits à l'est de la vieille ville. Sarajevo atteint sa taille maximale au début desannées 1980, notamment lors desJeux olympiques d'hiver de 1984.
La mort deJosip Broz Tito, la crise économique, l’effondrement du système communiste et la montée des nationalismes contribuent ensuite à l’éclatement de la Yougoslavie. LaSlovénie et laCroatie proclament leur indépendance en 1991, suivies par laBosnie-Herzégovine. Dans ce contexte, des dirigeants nationalistes serbes et croates voient l’occasion de redéfinir les frontières selon des critères ethno-territoriaux.
L’Armée populaire yougoslave (JNA), initialement force fédérale, passe progressivement sous le contrôle des autorités serbes. Sous l’influence du régime deSlobodan Milošević, elle est utilisée pour soutenir le projet de regroupement des populations serbes vivant en Croatie et en Bosnie-Herzégovine avec les territoires sur lesquels elles résident, au sein d’un même État[46]. Les Serbes de Croatie et de Bosnie autoproclament leurs propres républiques. La guerre éclate d’abord en Croatie, puis s’étend à la Bosnie-Herzégovine, reconnue internationalement le.
À l’issue de plusieurs mois de préparation engagés dès la fin de 1991, l’Armée populaire yougoslave (JNA) encercle Sarajevo et entame le siège le. Considérée comme une force étrangère sur le territoire d’un État internationalement reconnu, la JNA se retire officiellement de Bosnie-Herzégovine le ; elle constitue toutefois l’ossature organisationnelle, matérielle et humaine des forces armées serbes de Bosnie, tandis qu’une partie de ses unités se replie enSerbie[46].
Lesiège de Sarajevo devient le plus long siège d’une capitale dans l’histoire moderne, durant 1 425 jours, jusqu’en octobre 1995. La ville subit environ 64 490 obus d’artillerie tirés par les forces serbes depuis les collines environnantes, tandis que des tireurs embusqués rendent certaines artères principales extrêmement dangereuses pour la population civile[47]. Aux côtés desBosniaques, des Serbes et des Croates de Bosnie participent également à la défense de la ville, illustrant le caractère multiethnique de cette résistance ; parmi les figures les plus connues figurentJovan Divjak,Dragan Vikić et Stjepan Šiber.
Le siège provoque la mort de plus de 10 000 personnes, en majorité des civils, parmi lesquels de nombreux enfants, ainsi que des dizaines de milliers de blessés. Il entraîne des destructions considérables du tissu urbain, affectant logements, infrastructures, bâtiments culturels et institutionnels, et provoque une forte diminution de la population en raison des morts, des blessures et des déplacements forcés. L’accès à l’eau potable, à l’électricité et au gaz est gravement perturbé, tandis que la vie quotidienne est marquée par des pénuries chroniques de nourriture et de soins médicaux[47].La signature desaccords de Dayton en décembre 1995 met fin au conflit et au siège de Sarajevo, ouvrant une phase de reconstruction progressive des infrastructures essentielles et permettant le retour d’une partie des habitants. Le siège constitue l’un des événements majeurs de laguerre de Bosnie-Herzégovine, révélant l’ampleur des violences infligées à la population civile ainsi que les enjeux politiques et territoriaux du conflit.
La ville de Sarajevo (Grad Sarajevo) est composée de quatre municipalités :Novi Grad,Novo Sarajevo,Centar etStari Grad. Toutes relèvent ducanton de Sarajevo et sont situées sur le territoire de la Fédération de Bosnie-Herzégovine. Chaque municipalité est subdivisée en communautés locales (en bosnien :mjesna zajednica), qui constituent l’échelon administratif de proximité.Lecanton de Sarajevo comprend également les municipalités deHadžići,Ilidža,Ilijaš,Trnovo etVogošća, qui ne font pas partie de la ville de Sarajevo au sens administratif.
Le pouvoir exécutif de la ville est exercé par le maire (gradonačelnik), assisté d’adjoints et de services administratifs municipaux[52]. Depuis juillet 2025, le maire de Sarajevo est Samir Avdić.L’organe délibérant est le conseil municipal (gradsko vijeće), composé de 28 membres élus indirectement par les conseils municipaux, selon une répartition proportionnelle à la population de chaque municipalité[53].
Fontaine Sebilj, dans le quartier Baščaršija, la vieille ville de Sarajevo
La ville se compose d'un ancien quartier turc, la vieille ville appeléeBaščaršija, datant duXVe siècle ; d'une ville nouvelle duXIXe siècle, regroupant les administrations ; et de quartiers contemporains industriels.
Le recensement yougoslave de 1991, dernier réalisé avant la guerre, dénombrait 527 049 habitants dans l’agglomération de Sarajevo, alors composée de dix municipalités, correspondant en grande partie à l’actuelcanton de Sarajevo. Selon ce recensement, la population se répartissait entre 49,2 % deBosniaques, 29,8 % deSerbes de Bosnie, 10,7 % deYougoslaves, 6,6 % deCroates de Bosnie et 3,6 % appartenant à d’autres groupes ethniques (notamment Juifs et Roms). La ville de Sarajevo proprement dite — regroupant les municipalités deStari Grad,Centar,Novo Sarajevo, etNovi Grad— comptait alors 361 735 habitants[54].
En juin 2016, les résultats définitifs du recensement de2013 ont été publiés. Selon ce recensement, le canton de Sarajevo comptait 413 593 habitants, et la ville de Sarajevo 275 524 habitants[55].
Composition ethnique de Sarajevo, par municipalité, recensement de 2013
La composition démographique de Sarajevo a été profondément transformée au cours duXXe siècle, notamment à la suite de laguerre de Bosnie-Herzégovine. Ville longtemps marquée par une forte diversité ethnique et religieuse, elle a subi un exode massif de population, dont une grande partie ne s’est jamais reconstituée[57],[58].
Durant lesiège de Sarajevo, la ville fut encerclée pendant près de quatre ans par les forces serbes de Bosnie, entraînant d’importantes pertes civiles et de vastes déplacements de population. Selon leTribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, ces évolutions s’inscrivent dans le cadre de stratégies des dirigeants serbes de Bosnie visant à une séparation ethnique de la population[59].
Pendant le siège, certains Serbes quittèrent déjà la ville, tandis qu’un nombre important resta jusqu’à la fin du conflit. Après les accords de paix, de nombreux Serbes de Sarajevo quittèrent la capitale sous la pression des autorités politiques et militaires serbes de Bosnie[60],[61],[62]. Ils s’installèrent principalement dans l’entité serbe, dans des villes et régions où les populations non serbes avaient été expulsées lors d’opérations de nettoyage ethnique[63].
À la suite de ces départs, la ville devint majoritairement bosniaque. La géographe Amaël Cattaruzza souligne que« la guerre a profondément affecté la structure de sa population, une population à près de 85 % bosniaque aujourd’hui (49 % en 1991), du fait des déplacements forcés qui ont été le but avoué du conflit »[64].Ce constat est confirmé par de nombreux observateurs internationaux et responsables des Nations unies, qui décrivent le nettoyage ethnique non comme une conséquence indirecte des combats, mais comme l’un des objectifs centraux de la guerre en Bosnie-Herzégovine[65],[66].
Bien que lesaccords de Dayton (1995) aient reconnu Sarajevo comme ville unifiée et capitale de laBosnie-Herzégovine, les autorités de l’entitérépublique serbe de Bosnie créèrentIstočno Sarajevo (« Sarajevo-Est »), regroupant plusieurs communes périphériques issues du découpage territorial de la guerre, avec environ 60 000 habitants.Si la diversité ethnique et religieuse historique de Sarajevo a été fortement réduite après le conflit, elle reste perceptible dans la vie culturelle et sociale de la ville. Les rapports des Nations unies et les travaux d’historiens tels que Robert J. Donia[67] et Renéo Lukic[68] montrent cependant que la consolidation d’un cadre politique pleinement multiethnique en Bosnie-Herzégovine demeure freinée par la persistance de logiques nationalistes héritées de la guerre[69].
Sarajevo est historiquement marquée par une forte diversité religieuse, héritée de son passé ottoman et austro-hongrois. La coexistence de communautés musulmanes, chrétiennes et juives a durablement façonné l’identité culturelle et urbaine de la ville.Pendant laguerre de Bosnie-Herzégovine, Sarajevo a conservé un caractère multi-confessionnel, avec une présence continue de communautés musulmanes, orthodoxes et catholiques. Les forces défendant la ville comprenaient des membres des trois principaux groupes ethniques (Bosniaques, Serbes et Croates). Contrairement à ce qui s’est produit dans plusieurs autres villes de Bosnie occupées par les forces serbes, où de nombreux édifices religieux et culturels non serbes ont été détruits, la majorité des lieux de culte et des monuments des différentes confessions à Sarajevo ont été préservés. Cette coexistence religieuse a contribué à maintenir le pluralisme et la tolérance confessionnelle, éléments importants du patrimoine culturel et historique de la ville, même après les profondes transformations démographiques liées au conflit.La ville foisonne demosquées, d'églises catholiques, orthodoxes et quelquessynagogues.
Carrefour historique entre l’Orient et l’Occident, Sarajevo abrite depuis des siècles des communautés de traditions culturelles et religieuses diverses, dont la coexistence a profondément façonné la vie culturelle de la ville et contribué à sa richesse artistique et intellectuelle.
Sarajevo accueille chaque année de nombreux événements culturels d’envergure nationale et internationale. Parmi les plus emblématiques figurent lesNuits de Baščaršija (Baščaršijske noći), un festival organisé tout au long du mois de juillet dans le quartier historique deBaščaršija, proposant concerts, spectacles et animations culturelles variées[70]̪,[71].
LeThéâtre national de Sarajevo(Narodno pozorište Sarajevo), fondé en 1919, est le plus ancien théâtre professionnel de Bosnie-Herzégovine et constitue l’une des institutions culturelles majeures du pays, accueillant des productions de théâtre, d’opéra et de ballet.
La capitale bosnienne est également le cadre de plusieurs festivals majeurs, dont leFestival d’hiver de Sarajevo (Sarajevo Winter), consacré aux arts visuels, à la musique, au théâtre et à la performance[72], leFestival du film de Sarajevo, l’un des plus importants d’Europe du Sud-Est[73], ainsi que leFestival de jazz de Sarajevo, rendez-vous international consacré au jazz et aux musiques contemporaines[74]. En raison de son rôle majeur dans la création cinématographique et de son engagement en faveur de la culture audiovisuelle, Sarajevo a été désignée Ville du cinéma par l’UNESCO[75].
UnFestival international de folklore de Sarajevo (Međunarodni festival folklora) est également organisé chaque année en juillet, mettant en valeur les traditions musicales et chorégraphiques de Bosnie-Herzégovine et d’autres pays[76].
Le complexe « Skenderija », vaste centre culturel, sportif et commercial d’environ 70 000 m², joue un rôle central dans la vie culturelle de la ville. Il abrite plusieurs espaces polyvalents, dont le « Dom Mladih », lieu emblématique de concerts, festivals, représentations théâtrales et rencontres littéraires, le « Privredni grad », centre commercial moderne, ainsi que la « Dvorana Mirza Delibašić », utilisée comme salle omnisports, espace d’expositions et de foires, salle de concert et centre de conférences[77].
Sarajevo, centre littéraire et intellectuel des Balkans, a favorisé l’émergence d’écrivains et de poètes issus de diverses communautés culturelles et inspiré de nombreux auteurs par son histoire, sa diversité religieuse et son rôle dans les événements politiques et sociaux de la Bosnie-Herzégovine. Au XXᵉ siècle, cercles littéraires, revues et maisons d’édition ont contribué à la diffusion de la littérature locale, tandis que la guerre de Bosnie-Herzégovine a produit des témoignages, récits et œuvres de mémoire explorant coexistence, conflit et reconstruction sociale.
Parmi les écrivains originaires de Sarajevo au XXᵉ siècle figurentAbdulah Sidran, connu pour ses scénarios de cinéma et sa poésie ;Aleksandar Hemon, qui écrit principalement en anglais sur l’exil et l’identité ;Miljenko Jergović, auteur de romans et nouvelles sur l’histoire et la mémoire collective et Hamza Humo, poète et romancier majeur de la littérature bosnienne moderne. Aujourd’hui, la ville conserve une scène littéraire active, avec des bibliothèques et des institutions culturelles qui soutiennent la création d’auteurs contemporains tout en valorisant le patrimoine littéraire historique de Sarajevo.
Le musée de Littérature et de théâtre présente de nombreuses affiches de théâtre à Sarajevo, dont la première représentation moderne aurait eu lieu en 1870. Il conserve également des éléments retraçant l’histoire de l’art des marionnettes en Bosnie-Herzégovine.
L’Académie des Arts de Performance de Sarajevo (bosnien :Akademija scenskih umjetnosti Sarajevo / Академија сценских умјетности Сарајево), rattachée à l'université de Sarajevo, est le principal organisme public de formation dans les domaines du théâtre, de la danse et du cinéma.
Le Festival international de théâtre « MESS », fondé en 1960, est l’un des plus anciens festivals d’Europe de l’Est et du Sud-Est. Conçu à l’origine comme un festival consacré au théâtre yougoslave, il se tient chaque année à Sarajevo et accueille des artistes de théâtre expérimental de renommée internationale[79].
Parmi les compagnies de théâtre importantes de Sarajevo figurent :
En musique, Sarajevo possède son Orchestre philharmonique de Sarajevo (Sarajevska filharmonija), officiellement créé en juillet1923[84].
La ville accueille également le Festival International de Guitare de Sarajevo[85].
L'Académie de Musique de Sarajevo est particulièrement active : Majske Muzičke Svečanosti (Cérémonies musicales de Mai),Sonemus Fest[86] ,Samostalna Organizacija NovE MUzike Sarajevo (Société de Musique Nouvelle de Sarajevo),Gudački orkestar (Orchestre à cordes),Simfonijski orkestar (Orchestre symphonique),Mješoviti i Ženski hor (Chœur mixte et féminin),Ansambl Etnoakademik (Ensemble ethno-académique).
L'Institut de Musique Contemporaine et des Arts Associés (INSAM Sarajevo)[87], fondé en janvier 2015, bosnien et international, développe une approche de recherche interdisciplinaire et transdisciplinaire, dans et pour la musique, en association avec les nouveaux paradigmes artistiques.
Dans la seconde moitié duXXe siècle, la ville a été un des centres des musiques pop et rock enYougoslavie, avec des groupes issus de l'école de pop rock de Sarajevo. Parmi ces groupes, on peut signalerBijelo dugme qui, créé parGoran Bregović, avait comme chanteur fétiche Željko Bebek, ces deux musiciens étant nés à Sarajevo ou encore le groupeIndeksi. Dans leur continuité, on peut citer des groupes commeCrvena Jabuka, Plavi Orkestar ouZabranjeno pušenje et des chanteurs commeKemal Monteno etDino Merlin ; l'un des titres de Monteno,Sarajevo Ljubavi Moja (« Sarajevo, mon amour », a remporté un vif succès. D'autres chanteurs ou musiciens comme Đorđe Novković et son fils Boris,Davorin Popović,Zdravko Čolić ouJadranka Stojaković sont originaires de la capitale bosnienne.
La ville abrite de nombreux clubs et bars à jazz (et blues) de qualité.
Depuis 2015, la ville accueille le Festival International de la Danse[88].
Sarajevo est un centre majeur de la création cinématographique en Bosnie-Herzégovine, ayant vu émerger de nombreux réalisateurs de renom tels queAdemir Kenović,Danis Tanović,Jasmila Žbanić, Benjamin Filipović,Hajrudin Krvavac et Pjer Žalica, ainsi queAida Begić etEmir Kusturica. La ville accueille également leFestival du film de Sarajevo, qui contribue à la promotion du cinéma local et international et a renforcé son statut de ville du cinéma selon l’UNESCO.
La capitale, qui possède plusieurs salles de cinéma[89], est également le siège de sociétés de production comme « Bosna Film », « Sutjeska Film » et « Studio Film ». En 2009, le « Filmski centar Sarajevo » a succédé à ces studios, centralisant la production cinématographique de la ville[90].
Sarajevo possède de nombreuses institutions culturelles importantes comme les Archives historiques de la ville (Historijski arhiv Sarajevo), qui abritent environ 14 000 documents remontant à lapériode ottomane,defters (registres),sidžils (comptes rendus judiciaires),salnamas (almanachs),takvims (calendriers), ainsi que des manuscrits, des livres imprimés etc. ; elles conservent également des documents plus tardifs et, notamment, une collection de photographies[91].
À l'époque ottomane, la Bibliothèque Gazi Husrev-beg (Gazi Husrev-begova biblioteka), fondée en1537, fut, à l'époque de sa création, une des plus importantes desBalkans ; elle consiste en un fonds originel de 10 000 manuscrits enarabe,turc etpersan, auxquels sont venus s'ajouter de nombreux livres, soit en tout environ 60 000 volumes ; un nouveau bâtiment est en cours de construction pour accueillir toute cette collection[92].
Le principal musée de la ville est leMusée national de Bosnie-Herzégovine (Zemaljski muzej Bosne i Hercegovine), fondé en1888 et installé dans ses bâtiments actuels depuis1913[38],[94]. Il comprend des départements d’archéologie, d’ethnologie, de sciences naturelles et de conservation, ainsi qu’une bibliothèque et une salle de lecture (Čitaonica). Ses collections, issues notamment de fouilles menées en Bosnie-Herzégovine, couvrent la Préhistoire, l’Antiquité et le Moyen Âge, tandis que les sections de géologie, de zoologie et de botanique conservent près de deux millions de spécimens. Les travaux scientifiques de l’institution sont publiés dans la revueGlasnik Zemaljskog muzeja, éditée depuis sa fondation[95]. Le musée conserve notamment laHaggadah de Sarajevo, manuscrit enluminé réalisé à Barcelone vers1350[21].
Le musée « Ars Aevi », créé durant le siège de Sarajevo, abrite des œuvres d’art contemporain locales et internationales[99]. La ville compte en outre le « Muzej optičkih iluzija » (ouvert en 2020), le « Muzej Valter brani Sarajevo », dédié au filmWalter défend Sarajevo (1972), leWar Childhood Museum, leMusée Alija Izetbegović, le « Tunel spasa », le « Muzej Sarajevske pivare » et l’« Olimpijski muzej BiH ».
Sarajevo dispose d’un réseau diversifié de galeries d’art, publiques et privées, principalement tournées vers l’art contemporain, la photographie et les arts visuels. Ces espaces jouent un rôle important dans la diffusion de la création artistique locale et internationale, tout en participant au travail de mémoire lié à l’histoire récente de la Bosnie-Herzégovine.
L’« Umjetnička galerija Bosne i Hercegovine » (« Galerie nationale de Bosnie-Herzégovine »), fondée en1946, conserve plus de 6 000 œuvres. Elle constitue l’institution centrale pour la protection et la promotion des beaux-arts dans le pays. Organisée en plusieurs départements, elle mène des activités de recherche, acquiert des œuvres d’artistes nationaux et internationaux, publie catalogues et monographies, et organise des expositions en coopération avec des partenaires en Bosnie-Herzégovine et à l’étranger. Son service éducatif propose également des visites guidées et des ateliers pédagogiques[100].
Parmi les institutions majeures figure le « Collegium Artisticum », l’un des principaux centres d’exposition d’art contemporain du pays[101]. La « Galerija Roman Petrović », historiquement liée à l’« Udruženje likovnih umjetnika primijenjenih umjetnosti i dizajnera u Bosni i Hercegovini » (ULUPUBiH, « Association des artistes plasticiens et des designers de Bosnie-Herzégovine »), occupe également une place importante dans la scène artistique sarajévienne, aux côtés de la galerie de cette même association[102].
Le « Bošnjački institut – Fondacija Adila Zulfikarpašića » (« Institut bosniaque – Fondation Adil Zulfikarpašić ») est une institution culturelle et scientifique qui abrite un musée, une galerie, des archives et une bibliothèque, ainsi qu’une maison d’édition et un centre culturel. Fondé parAdil Zulfikarpašić, mécène et homme politique bosnien, il contribue à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel et historique de la Bosnie-Herzégovine[103].
Le secteur privé est également actif : des galeries indépendantes telles que la « Galerija savremene umjetnosti Brodac »[104] ou la « Galerija Java »[105] participent au dynamisme artistique de la ville à travers des expositions temporaires et des projets pluridisciplinaires.
Certaines galeries remplissent par ailleurs une fonction mémorielle, à l’image de la « Galerija 11/07/95 », consacrée à la mémoire du génocide de Srebrenica à travers la photographie et les arts visuels[106]. Enfin, des bâtiments patrimoniaux emblématiques comme la « Vijećnica » accueillent ponctuellement des expositions, renforçant le lien entre création contemporaine et héritage historique[107].
Sarajevo compte de nombreux centres culturels, tels que le « Bošnjački institut u Sarajevu - fondacija Adila Zulfikarpašića » (« Institut bosniaque de Sarajevo » – Fondation Adil Zulfikarpašić »)[108], le « Bosanski kulturni centar »[109], « Sarajevo Art », qui organise des manifestations comme les « Nuits de Bašćaršija » et le « Festival international de folklore de Sarajevo »[110], ainsi que l'« Obala Art Centar ».
Les communautés juives séfarades ont laissé des traces anciennes avec laVieille synagogue de Sarajevo (1581), leCimetière juif de Sarajevo et laSynagogue de Sarajevo construite en 1902, ainsi que le centre communautaire « Il Kal Grande ».Cette diversité d’édifices reflète l’histoire multiethnique et religieuse de Sarajevo, où chaque période historique et chaque communauté a contribué à façonner le paysage urbain de la ville.
Sarajevo conserve un important patrimoine architectural datant de lapériode ottomane de son histoire, notamment au centre-ville dans le quartier deBaščaršija, unečaršija caractéristique de l'urbanisme turc, regroupant autour d'une fontaine des édifices religieux et de petits commerces.
Construit pour l'essentiel auXVIe siècle, ce quartier abrite aussi deskonaks (vastes résidences), deshans (caravansérails) et des bezistans (marchés couverts).
La seconde moitié duXVIe siècle est également riche en monuments. LaBijela tabija, la « Forteresse blanche », dans l'actuelle municipalité deStari Grad, a été construite vers1550 sur un site défensif plus ancien et plusieurs fois remaniée depuis cette époque. Dans le quartier de Baščaršija, lebezistan de Brusa (Brusa bezistan), ainsi nommé en référence à la ville turque deBursa (Brouse), a été construit en1551 sur l'ordre de Rustem-paša Opuković (1500-1561), originaire de Sarajevo etgrand vizir deSoliman le Magnifique ; il était notamment consacré au commerce de lasoie[121]. De cette époque date également le han de Morića, uncaravansérail construit en1551[122].
De cette période date également laVieille synagogue, construite en1580-1581[126], qui accueille aujourd'hui les collections du musée juif de Bosnie-Herzégovine.
De riches demeures particulières attestent encore de la vitalité architecturale de cette période, comme laSvrzina kuća, dans le quartier de Ćurčića Brijeg, construite auxXVIIIe et XIXe siècles et aujourd'hui transformée en musée[128], ou le konak de Bistrik, souvent familièrement appelé leKonak, construit entre1867 et1869, qui accueille aujourd'hui des réceptions et sert de résidence aux invités de laPrésidence de la Bosnie-Herzégovine[129]
La période austro-hongroise se caractérise également par la construction de riches demeures privées. L'architecte Josef Gramer[146] a construit la maison du docteur Paul Orešković en1914, dans un style typique de l'Art nouveau[147]. Lamaison Despić, dont l'origine remonte auXVIIIe siècle, construite dans un style traditionnelottoman, a pris son aspect actuel en1881 ; elle abrite aujourd'hui un département dumusée de Sarajevo[148].
Parmi les réalisations emblématiques de cette période figurent le complexe de Skenderija, conçu comme un centre polyvalent culturel, sportif et commercial, la salle olympique Zetra, édifiée pour les Jeux olympiques d’hiver de 1984, ainsi que les tours jumelles UNITIC, symboles de l’architecture moderniste tardive. La ville se dote également de bâtiments institutionnels et culturels majeurs, tels que le Centre culturel bosnien et plusieurs équipements liés à l’enseignement artistique et à la jeunesse.
La guerre de Bosnie-Herzégovine a entraîné la destruction ou la dégradation de nombreux édifices, dont plusieurs ont été reconstruits ou restaurés à partir de la fin des années 1990. Depuis lors, l’architecture contemporaine de Sarajevo se caractérise par une combinaison de réhabilitation du patrimoine existant et de nouveaux projets urbains à vocation administrative, commerciale et religieuse. Des constructions récentes, telles que la tourAvaz Twist Tower ou les grands complexes urbains comme le Sarajevo City Center et leBosmal City Center, témoignent de l’essor de l’investissement privé et de l’intégration progressive de la ville dans une économie de marché.
Sarajevo a accueilli lesJeux olympiques d'hiver en1984. Cependant le sport a toujours joué un rôle important dans la vie de la cité. Un des sports préférés des Sarajeviens est lefootball. La ville compte deux clubs de football rivaux, leFK Sarajevo et leFK Željezničar Sarajevo, tous les deux ayant une longue tradition des rencontres européennes et internationales. Le stade de l'équipe nationale est leKosevo stadium.
Le deuxième sport préféré est lebasket-ball, dont le club de la ville,Bosna Sarajevo, remporta l'Euroligue en1979. Le club d'échecs Bosna est aussi particulièrement réputé.
Sarajevo constitue l’un des principaux pôles économiques de la Bosnie-Herzégovine. Son économie repose principalement sur les secteursindustriel, administratif ettouristique, la ville concentrant de nombreux emplois liés aux différents niveaux de gouvernement. Lecanton de Sarajevo représente ainsi près de 25 % du produit intérieur brut national.
Sous la période socialiste, Sarajevo disposait d’une base industrielle importante. Après la transition vers l’économie de marché, seule une partie de ce tissu industriel a réussi à s’adapter durablement. Les activités actuelles comprennent notamment la production de tabac, le mobilier, les matériaux de construction, l’automobile et les équipements de communication. Parmi les principales entreprises implantées dans la ville figurentAir Bosna, BH Telecom,Bosmal City Center, Bosnalijek, CBS Bank, Dnevni Avaz, Energopetrol,Oslobođenje, Fabrika Duhana Sarajevo, Sarajevska Pivara, et Unioninvest.
Dans le secteur automobile, le groupeVolkswagen a rouvert en1998 son usine, active depuis 1972, pour l’assemblage en SKD de modèles Volkswagen, Škoda et Audi, ainsi que de composants automobiles, avec des projets de véhicules utilitaires électriques[149].
Sarajevo abrite le siège de laBanque centrale de Bosnie-Herzégovine, la Bourse de Sarajevo (Sarajevo Stock Exchange) et celui de nombreuses banques privées ; 19 établissements bancaires ont leur siège dans la ville. Elle accueille également l’Institut de comptabilité et d’audit de laFédération de Bosnie-et-Herzégovine.
En2019, les exportations du canton de Sarajevo s’élevaient à environ 1,43 milliard de marks convertibles (KM), principalement à destination de l’Allemagne, de la Serbie et de la Croatie, tandis que les importations, d’une valeur d’environ 4,87 milliards de KM, provenaient majoritairement de Croatie[150].
En tant que capitale et plus grande ville deBosnie-Herzégovine, Sarajevo concentre les principauxmédias du pays. La plupart des chaînes de télévisions ont leur siège dans la ville, comme les journaux et magazines les plus populaires.
Lapresse écrite est la forme la plus populaire de média. Les deux journaux de «références» sontOslobođenje etDnevni Avaz. Le siège de ces deux journaux est situé dans la municipalité de Novi Grad, côte-à-côte.
Latélévision est très populaire à Sarajevo, même si le nombre de chaînes dont dispose la plupart des Sarajeviens est limité, entre autres Pink, TVSA… Federalna televizija est la chaîne de télévision de lafédération de Bosnie-et-Herzégovine. Il existe aussi une chaîne de télévision et de radio publique au niveau national,BHT 1.
De nombreusesradios indépendantes existent, bien que l'audience soit concentrée sur quelques radios, Radio M, Radio Grad, eFM Student Radio et Radio Stari Grad. Radio Stari Grad est la radio la plus écoutée. Radio Liberté peut toujours être écoutée, et de nombreuses stations américaines et européennes sont disponibles dans la ville.
La première institution d’enseignement supérieur à Sarajevo est une école soufie fondée en1531 parGazi Husrev-beg. Au fil des siècles, de nombreuses écoles religieuses sont créées. La bibliothèque de Sarajevo est alors réputée, tout comme la madrassa deBayézidII.
L’annexion de la Bosnie par l’Empire austro-hongrois introduit le modèle éducatif occidental dans la ville. Le premier lycée est établi en1887.
En 2020, Sarajevo compte 46 écoles élémentaires et 33 lycées (classes 10 à 13).
L’université de Sarajevo comprend notamment des facultés de médecine, de droit, d’agriculture, de philosophie et d’économie. L’enseignement supérieur public inclut également la « Fakultet političkih nauka Sarajevo » (« Faculté des sciences politiques de Sarajevo »), l’« Muzička akademija Univerziteta u Sarajevu » (« Académie de musique de Sarajevo ») et l’« Akademija scenskih umjetnosti Sarajevo » (« Académie des arts de la performance de Sarajevo »).
L’enseignement supérieur privé comprend notamment la « Sarajevo School of Science and Technology » (SSST), l’« International University of Sarajevo » (IUS), l’« American University in Bosnia and Herzegovina » (AUiBH), la « Sarajevo Graduate School of Business » (SGSB) et l’« International Burch University » (IBU). La « ELSA Sarajevo Summer Law School » (« École d’été de droit de Sarajevo ») propose également des formations spécialisées.
La ville accueille par ailleurs plusieurs établissements internationaux, dont la « Sarajevo International School »[152] et l’École française de Sarajevo, fondée en 1998 et devenue le « Collège international français de Sarajevo »[153].
Les facteurs géographiques et historiques ont contribué à la faible extension de la ville au regard de sa population. Il est ainsi difficile de trouver des places de parking, notamment durant la période estivale quand la population de la ville s'accroît avec l'arrivée des touristes. Les Sarajeviens utilisent largement lestransports en commun. Les principaux modes de transport sont letramway, letrolleybus et lesautobus. Sarajevo compte sept lignes de tramway qui traversent la ville d'est en ouest, quatre lignes de trolleybus et neuf lignes de bus. La plupart vont d'est en ouest, et sont situées sur la rive nord de Miljacka. Un projet demétro a été finalement abandonné. Une carte en ligne, à jour, est accessible[154].
La bicyclette et la bicyclette électrique, tout comme la trottinette et la trottinette électrique, sont encore rares, même en terrain plat, en raison en particulier des fortes pentes.
Les premières lignes de tramway européennes furent construites à Sarajevo à la fin duXIXe siècle (1885) par le gouvernement d'Autriche-Hongrie. De nos jours, le réseau de tramway s'étend sur 16 kilomètres de long, rive droite.
Letrolleybus de Sarajevo(de) est l'unique système de trolleybus du pays, sur le modèle de celui de Belgrade (1947). Il est géré par l'entreprise communale Javno Komunalno Preduzeće - Gradski Saobraćaj Sarajevo (JKP GRAS Sarajevo), et date de 1984, juste à temps pour les Jeux Olympiques d'Hiver de Sarajevo. Il consiste en cinq lignes, rive gauche (101, 102, 103, 107, 108) desservant une trentaine d'arrêts, dont un terminus en république serbe de Bosnie.
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Lechemin de fer a toujours été très développé à Sarajevo.Lagare principale de Sarajevo(en) ou Glavna željeznička stanica u Sarajevu, située un peu au nord du centre-ville, date de 1882, mais a été reconstruite en 1949, puis après 1995.
L'aéroport international de Sarajevo (Code AITA SJJ) est situé à quelques kilomètres au sud-ouest de la ville. Durant la guerre, l'aéroport fut utilisé par les avions desNations unies et des organisations humanitaires. Depuis lesaccords de Dayton signés en1996, l'aéroport a connu un essor grandissant.
Pont de Šeher-Ćehaja (1585-1586). LePont du Maire a été plusieurs fois détruit ou sérieusement endommagé, particulièrement en 1619, 1629, 1843, 1880, 1992-1995. La dernière reconstruction est de 1999-2001. Un récit légendaire affirme qu'un diamant a été inséré dans un pilier à la fin de sa construction : il a été volé, le jeune voleur (par amour) arrêté a été acquitté par le cadi, à condition que…
pont latin (1798-1799). Un pont en bois est attesté à cet emplacement en 1541, financé par Sarac Hussein, fils de Shirmerd. Un premier pont en pierre aurait été financé par un éminent citoyen de la ville, Ali Ajni-Beg, en 1565. L'inondation de 1791 le détruit. La reconstruction est financée par le marchand Abdulah-aga Briga. Pendant la période yougoslave, il est renomméPont Princip.
Pont Ćumurija(en) (Charbon, 1886). L'original ottoman de 1585 reliait les mosquées des deux rives.
Pont Skenderija(en) (1893), également nomméAjfelov most ouAjfel ouPont de fer, dessiné parGustave Eiffel (mais sans documentation sérieuse), a été reconstruit en 2004. Il remplace un pont original de l'époque deSkender Pasha(en) (vers 1500), dont l'histoire est mal renseignée. Il estorné de nombreux cadenas de supposés amoureux.
Pont Drvenija(en) (1898). L'original, mi-béton mi-bois, a été remplacé par du bois, à la suite des fréquentes inondations. La proximité des différents établissements scolaires et universitaires en a fait un lieu de rencontre, d'où le surnom dePont des amoureux. C'est aussi devenu le point de rencontre des bouquinistes, des fripiers et des pickpockets. Le nomDrveni désigne régulièrement les ponts à l'époque ottomane.
Pont de Suada et Olga. Il porte le nom de Suada Dilberović et Olga Sučić, les premières victimes abattues en 1993 par les milices du Parti démocratique des Serbes de Bosnie au début du siège de Sarajevo, intervenues à nouveau lors ducombat du pont de Vrbanja (1995-1996) :Roméo et Juliette à Sarajevo, d'après la pièce de théâtre deJohn Zaritsky(en),Romeo and Juliet in Sarajevo (1994). Le nom d'avant étaitVrbanja bridge,Vrbanja most). Le plus ancien nom de pont à cet emplacement estPont Ćirišhana, ouPont de la fabrique de colle (située alors rive droite).
« Gérard, qui avait été transporté par notre reportage, me contacta dès mon retour à Paris : « Ma prochaine histoire se passera à Sarajevo ! ». Et il m'emprunta toutes mes cartes d'état-major de la ville et de la région. Son ouvrage,Mission Sarajevo, le numéro 109 de la collection des SAS, demeure un livre de référence sur l'ambiance de la capitale bosniaque au début de son siège. »
Velibor Čolić,Sarajevo omibus (2012), roman bosniaque en français, principalement sur certains aspects de la période 1890-1945
Les Ponts de Sarajevo (2014) est un film de fictionomnibus réalisé en 2014 par treize réalisateurs, évoquant la place de Sarajevo dans l'histoire européenne.
↑a etbJuristes Sans Frontières,Le Tribunal pénal international de La Haye : le droit à l’épreuve de la purification ethnique, Éditions L’Harmattan,(ISBN978-2738495259,lire en ligne),p. 17-35
↑La catégorie « Autres » regroupe les personnes ne se déclarant dans aucun des principaux groupes ethniques, ainsi que celles se déclarant indécises ou appartenant à d’autres groupes, notamment les Yougoslaves, les Juifs, les Roms et les indéterminés .