Sainte-Colombe est traversée par la Seine dont le lit principal est coupé par la retenue d'un bief important dont la chute artificielle dégageait une puissance hydraulique de 300 CV pour l'ancienne forge.
Au, Sainte-Colombe-sur-Seine est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12].Elle est située hors unité urbaine[13]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Châtillon-sur-Seine, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[13]. Cette aire, qui regroupe 60 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[14],[15].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (71,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :terres arables (61,7 %), forêts (24,2 %), prairies (6,2 %), zones urbanisées (6 %), zones agricoles hétérogènes (1,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,2 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Située à trois kilomètres du centre de Châtillon, Sainte-Colombe est indirectement desservie par les routes départementales971 (Troyes-Dijon via Châtillon),965 (Auxerre-Châtillon),65 (Chaumont-Châtillon),428 (Langres-Châtillon) et980 (Montbard-Châtillon).
Les vestiges de plusieurs villas gallo-romaines ont été repérées dès 1851 sur le territoire communal[22] particulièrement aux environs de l'actuel cimetière. Un élément de colonne mortuaire représentant Vénus et une femme drapée découvert en 1867 est conservé aumusée du pays châtillonnais[21].
Vers 1840 : en bas les forges et le cours Marmont ; à gauche l'ancien village.La forge Marmont se mirant dans le bief à la fin duXIXe.Ancienne maison ouvrière.Le cours Marmont.
La seigneurie passe ensuite entre diverses mains dont celle des Reigner, seigneurs deRomprey[26] qui la cèdent en 1701 à Simon Viesse dont la descendance prend le nom de Marmont[27]. Le village est alors fortifié depuis vingt ans. Deux tours d'angle au nord de l'ancien bourg et une autre (ou important pigeonnier ?) attachée à l'ancien presbytère à l'angle sud-ouest dateraient de cette époque[28]. Dès le début duXVIIe siècle, une forge existe déjà à Sainte-Colombe où unhaut fourneau est édifié en 1776 par Nicolas Vieisse sur le site du hameau de Chavonnier. Sous laRévolution française la commune porte successivement les noms deBelle-Roche en 1789[29], deSainte-Colombe en 1793 etColombe-sur-Seine en 1801[30]. En 1822 lemaréchal Marmont, châtelain de Châtillon-sur-Seine, modernise la fonderie "à l'anglaise" et remplace le bois par la houille dans les fourneaux, avant de la revendre deux ans plus tard. Lacour Marmont qui regroupe des logements ouvriers autour de la maison du directeur date de cette époque ainsi que de nombreusesmaisons ouvrières avec leur jardin potager, leurcoopérative et undispensaire longtemps confié auxsœurs de la Providence deLangres qui y possèdent leur propre chapelle Saint-Louis, détruite en 1972[31].
Vers 1847, la fonderie dépend de la société Bouguéret, Martenot et Cie, résultant d'un regroupement de maîtres de forges du Châtillonnais et de l'Allier[32]. Grâce à la force hydraulique fournie par une turbine utilisant la chute artificielle d'un bief de retenue creusé sur la Seine dégageant une puissance hydraulique de 300 CV la production annuelle de fer avoisine 16 000 tonnes en 1852. L'usine emploie alors 700 permanents et 500 intérimaires au service des hauts fourneaux.
Avec l'épuisement du minerai de fer local, ceux-ci s'éteignent en 1869. À cette date, l'usine qui dépend depuis sept ans de lacompagnie des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons[Note 4] réussit sa reconversion grâce à l'adoption de nouvelles technologies et le bourg atteint son pic de population dans les années 1880. LaGuerre de 1914-1918 éprouve fortement la région mais après l'abandon de laforge Marmont une nouvelle usine voit le jour en 1920 près de la nouvelle voie de chemin de fer. Pointerie-grillagerie jusqu'en 1950, elle se spécialise ensuite dans les câbles précontraints pour le bâtiment[33]. Dans les années 1970 l’usine emploie encore 600 personnes jusqu'à la fusion des Forges avec le groupeUsinor en 1979. Repris depuis par le groupeArcelorMittal en juin 2006 lors de la fusion des deux groupes, le site ne compte plus qu’une cinquantaine de salariés et une quinzaine d’intérimaires[34]. En 2019, le site est repris par le groupe allemandMutares[35].
La gare, dont les bâtiments sont désormais privatisés, est située au nord-ouest du village dans la rue éponyme. L'horaire ci-dessus montre qu'en 1914, 4 trains s'y arrêtaient chaque jour dans le sens Troyes-Gray et 4 autres dans l'autre sens.
A une époque où le chemin de fer était le moyen de déplacement le plus pratique, cette ligne connaissait un important trafic de passagers et de marchandises. À partir de 1950, avec l'amélioration des routes et le développement du transport automobile, le trafic ferroviaire a périclité et la ligne a été fermée le 2 mars 1969 au trafic voyageurs puis désaffectée.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[39]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[40].
En 2023, la commune comptait 918 habitants[Note 5], en évolution de −2,65 % par rapport à 2017 (Côte-d'Or : +1,18 %,France horsMayotte : +2,36 %).
La pêche est très pratiquée sur lecours de la Seine ainsi que la chasse en saison. L'agglomération dispose par ailleurs d'un boulodrome, un court de tennis, un terrain de football, un équipement d'athlétisme, un plateau d'éducation physique et sportive, une salle non spécialisée et cinq terrains de grands jeux.
On recense sur le territoire communal diverses associations sportives et/ou culturelles dont certaines attestent d'un souci ancien d'animation de la vie collective :
Un imposant viaduc sur la Seine témoigne de l'ancienne activité ferroviaire liée à l'industrie du fer et aujourd'hui du bois.
Afin de valoriser ce patrimoine un parcours pédestre a été aménagé autour du bief avec des panneaux explicatifs sur les forges anciennes, l'usine actuelle, la faune et la flore ainsi que des postes d'observation.
Joseph Bougueret, né le àGurgy-la-Ville, décédé le à Sainte-Colombe-sur-Seine[51]. Maître des Forges àBoudreville est un des fondateurs, en 1845, de la SCA Bouguéret, Martenot & Cie, raison sociale initiale deChâtillon-Commentry. Maire de Sainte-Colombe-sur-Seine, conseiller général deRecey-sur-Ource d' à. Le château deVoulaines-les-Templiers appartient toujours à sa descendance ;
Robert Delavignette, né à Sainte-Colombe-sur-Seine le[51] et mort à Paris le est un haut fonctionnaire, directeur de l'École nationale de la France d'outre-mer et spécialiste des questions coloniales[50].
René Joffroy,Les sépultures à char du premier âge du fer en France, in : Revue Archéologique de l'est et du centre..., Tome VIII, fasc. 1-2, Dijon, 1957, pp. 51–73.
René Paris,A la rencontre du Châtillonnais : Montigny-sur-Aube, Recey-sur-Ource, Châtillon-sur-Seine, La Bourgogne,
Marie-France Saichet-Perbet,Sainte-Colombe-sur-Seine : Regards sur mon village, Châtillon-sur-Seine, Images du Châtillonnais,, 120 p.(ISBN2-9521591-0-6)
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155,lire en ligne, consulté le)
↑M.J avec AFP, « Sainte-Colombe-sur-Seine : la CGT "rassurée" après le rachat de la tréfilerie d'ArcelorMittal par Mutares »,France 3 Bourgogne-Franche-Comté,(lire en ligne)