| Saga d'Erik le Rouge | |
Première page de la saga d'Erik le Rouge | |
| Auteur | Un clerc islandais |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Saga |
| Date de parution | XIIIe siècle |
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LaSaga d'Erik le Rouge (enislandais :Eiríks saga rauða) est unesaga concernant l'exploration scandinave duGroenland et de l'Amérique du Nord. La version originale de cette saga a probablement été écrite auXIIIe siècle par un clercislandais.
La saga est conservée dans deux manuscrits quelque peu différents : leHauksbók (XIVe siècle) et leSkálholtsbók (XVe siècle). Les philologues modernes pensent que c'est la deuxième version qui est la plus proche de l'originale.
La saga décrit le bannissement d'Erik le Rouge vers leGroenland, puis la découverte duVinland parLeif Erikson, après que son bateau a été détourné de sa route et, surtout, le voyage deThorfinn Karlsefni, qui est en fait le véritable personnage principal du texte. Les détails géographiques donnés dans cette saga ont permis de situer plus ou moins cette terre. Il s'agit probablement de la première découverte de l'Amérique par des Européens, cinq siècles avantChristophe Colomb.
Lorsqu’elle fut découverte durant la deuxième moitié duIXe siècle, l’Islande fut colonisée rapidement et principalement par des Norvégiens. En près de soixante ans — de 870 à 930 — toutes les terres aptes à la culture ou au pâturage furent occupées. Durant cette période la Norvège était encore païenne[1]. À la fin duXe siècle, les colons scandinaves allèrent plus loin en Atlantique du nord. Selon les sources islandaises, les premiers colons venus d’Islande ont mis pieds au Groenland vers les années 980[2].
La conversion de l’Islande au christianisme est remarquable dans sa forme. À l’an mil lors de l’Althing[3], les Islandais ont accepté volontairement, pacifiquement et formellement le Christianisme comme foi[4].
Le particularisme de l’Islande est la grande coopération entre l’Église et les chefs séculiers. Les familles de ces derniers dominaient les institutions cléricales, donc la production littéraire. Malgré le fait qu’ils fussent les dirigeants de l’Église, ces chefs se considéraient également les gardiens protecteurs de leurtradition orale pré-chrétienne[5]. C’est ainsi que la production de saga fut encouragée par la classe dirigeante islandaise[6]. L’Église étant plutôt faible en Islande et les fils de l’élite ayant pu apprendre à lire et à écrire leur propre langue permit à cette littérature vernaculaire de foisonner plutôt que de produire des écrivains latins comme le danoisSaxo Grammaticus[7].
L’Islande faisait partie du royaume norvégien à l’époque où la majorité dessagas des Islandais furent écrites[8].
LaSaga d’Erik le Rouge fait partie desSagas du Vinland — comprenant laSaga d’Erik le Rouge et laSaga des Groenlandais[9] — qui peuvent être inclus dans le corpus plus large des « sagas des Islandais » qui traite des individus illustres de la société islandaise ayant vécu entre 850 et 1050[10]. Les sagas sont écrites en prose et enlangue vernaculaire. Elles sont en partie basées sur latradition orale[10]. Ces textes captivèrent les lecteurs modernes par leur description de la société nordique païenne, mais aussi parce que ces portraits proviennent d’une culture enracinée dans les traditions scolastiques et chrétiennes[11].
La période de production des sagas est assez vaste, allant du début duXIIe siècle jusqu’au milieu duXIVe siècle[11]. Certains datent la rédaction de laSaga d’Erik le Rouge vers le milieu duXIIIe siècle[12]. Nous ne connaissons pas l’identité de son auteur. Cependant, par les détails sur lequel il s’attarde, on peut se douter que l’auteur de laSaga d’Erik le Rouge soit un clerc[13].
On a longtemps cru que laSaga d'Erik le Rouge était le texte le plus ancien concernant leVinland, mais ça n'est probablement pas le cas.
Régis Boyer considère que de nombreux documents antérieurs à cette saga relatent des évènements liés au Vinland et au Groenland, notamment les ouvrages suivants : lesGesta Hammaburgensis d'Adam de Brême, datant de 1070 environ, l'Historia Norwegiæ (auteur anonyme), qui date de la fin duXIIe siècle, leÍslendingabók, d'Ari Þorgilsson,vers 1120 et, enfin, leLivre de la colonisation de l'Islande, deSturla Thórðarson.
L'auteur de cette saga aurait donc fait un travail de seconde main et se serait « appliqué à fondre différentes sortes de textes en un tout acceptable, pour en tirer un récit d'une seule venue »[14]. Œuvre d'un clerc qui aurait désiré en faire une œuvre littéraire, ce ne serait pas forcément une source historique fiable.
En revanche, cette saga est le seul texte islandais à décrire en détail unevölva (prophétesse païenne) et à la montrer se livrer ausejdr.
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