Pour les articles homonymes, voirSac de Rome.
| Date | 24- |
|---|---|
| Lieu | Rome |
| Issue | Victoire des Wisigoths |
| Wisigoths |
| AlaricIer |
Déclin de l'Empire romain d'Occident
Batailles
| Coordonnées | 41° 53′ nord, 12° 29′ est | |
|---|---|---|
Lesac de Rome a lieu du au. LesWisigoths conduits parAlaricIer prennent et pillentRome, qui n’avait pas été prise depuis390av. J.-C. Cet événement marquant est, selon certaines acceptions, lafin de l’Antiquité et le passage auHaut Moyen Âge.
Les tribus barbares deviennent plus fortes et unies face à la puissance romaine. À la fin duIVe siècle cependant, lesHuns envahissent les territoires barbares, forçant lesWisigoths menés parFritigern à chercher exil dans l’Empire romain en 376. Les taxes, la corruption et les vexations du pouvoir romain finissent par les retourner contre Rome, et les Wisigoths commencent àpiller lesBalkans. À labataille d’Andrinople en 378, Fritigern bat l’empereurValens qui est tué. Son successeur, l'empereurThéodose, change alors de stratégie. Il signe avec les Wisigoths untraité de paix en 382. Contre la fourniture d'un contingent de soldats à l'armée impériale[1], les Wisigoths deviennent des sujets autonomes de l’empire. Ils obtiennent le nord desdiocèses deDacie et deThrace[2].
Le successeur de Fritigern,Alaric, participe à l'invasion de l’ouest par les armées d’Orient de l’empereurThéodose. À labataille de Frigidus, près de la moitié des Wisigoths meurent face à l’armée d’Eugène et son généralArbogast[3],[4].Théodose est vainqueur, mais Alaric est convaincu que le Romain l’a mis en première ligne pour l’affaiblir[5].
Après la mort deThéodose, Alaric reprend les hostilités contre l’empire d’Orient maisStilicon, le général de l’armée d’Occident, le repousse vers l’Italie.En 402, devant la menace wisigothe, la capitale de l’empire d’Occident est transférée deMediolanum àRavenne, plus facile à défendre. Alaric tente alors à plusieurs reprises d’envahir l’Italie mais est arrêté par Stilicon et défait lors desbatailles de Pollentia et deVérone. Alaric accepte alors d’aider Stilicon à reprendre lapréfecture d’Illyricum pour l’empire d’Occident. Cependant, l’invasion desSuèves et desVandales met fin au projet. Alaric ayant engagé les dépenses pour la campagne envisagée, Stilicon tente d’en obtenir le remboursement auprès dusénat, en vain, ce qui alimente le ressentiment des Wisigoths contre les Romains.
En 408,Arcadius meurt etHonorius veut partir pour l’Orient afin de réclamer le trône. Stilicon l’en dissuade, lui proposant d’y aller à sa place. Des rumeurs prétendent que Stilicon veut placer son fils à la tête de l’empire d’Orient. Unemutinerie éclate alors, menée parOlympius, où une grande partie des alliés de Stilicon meurent. Olympius persuade Honorius de déclarer Stilicon ennemi du peuple et est nommémagister officium. Stilicon, qui a trouvé refuge dans une église, est arrêté et tué. Ces événements sont suivis d’une vague de violence au cours de laquelle un grand nombre d’esclaves et de guerriers barbares, capturés par Stilicon, s’échappent et viennent trouver refuge chez Alaric. Celui-ci se retrouve alors avec une forte armée pour négocier avec les Romains.
L'historienAndré Piganiol parle de trahison et accuse les fanatiques chrétiensSerena etOlympius d'être directement responsables de la chute de Rome[6]. En effet, le motif invoqué parOlympius devant l'empereurHonorius pour tuerStilicon est la conversion de son filsEucher au paganisme[7]. La mort deStilicon désorganise ensuite complètement l'armée romaine avec l'exclusion des païens et des défections pour motif religieux, comme celle du général Généride[8]. Enfin, après qu'Alaric a formé le siège de Rome, le sénat soupçonneSéréna, la nièce de l'empereur romain d'OrientThéodose Ier, d’avoir fait venir les barbares, et fut d’avis, avecPlacidie, sœur utérine de l’empereur, de la faire mettre à mort, dans la croyance qu’Alaric lèverait le siège lorsqu’il ne pourrait plus espérer de prendre la ville par sa complicité[8]. L'historienProcope de Césarée rapporte également des accusations similaires portées contre la chrétienne Anicia Faltonia Proba et contre l'empereurHonorius lui-même[9].
Face à l'intransigeance de l'empereur Honorius qui refuse de lui accorder des terres, Alaric menace de prendre Rome en 408 puis une deuxième fois en 410. Afin d'obtenir gain de cause, il décide alors de mettre ses menaces à exécution par une démonstration de force en prenant la ville[1].

Malgré lapuissante muraille construite par l'empereurAurélien, la ville de Rome est alors vulnérable. Les troupes romaines chargées de protéger l'Italie ont été dispersées dans d'autres villes, si bien qu'il n'y a aucunegarnison permanente pour la défendre. Quant à lagarde prétorienne, elle n'existe plus depuis sa dissolution parConstantin en 312. De Ravenne, Honorius ne tente rien pour la secourir[1].
C'est donc une ville laissée à l'abandon que les Wisigoths d’AlaricIer, maîtres de la côte, réduisent à lafamine à l'été 410. Le, peut-être grâce à unetrahison, ils entrent dans la ville par laporte Salaria[10]. Rome estpillée pendant trois jours, à commencer par les demeures sénatoriales de l'Aventin et duCælius et les édifices publics desforums. Alaric ordonne néanmoins d’épargner la vie des hommes et l’honneur des femmes. Défense est faite debrûler les édifices religieux, les basiliques deSaint-Paul et deSaint-Pierre étant érigées en asile inviolable. Les guerriers épargnent tous ceux qui trouvent refuge dans les églises et rendent ensuite aux basiliques tout ce qui leur a été pris[11].
Cependant, une partie de la ville est brûlée. Les archives impériales, qui couvraient quatre siècles, d’Auguste jusqu’àThéodoseIer, sont détruites en plusieurs lieux de la ville. Cette destruction constitue une perte inestimable pour l’histoire, surtout en ce qui concerne les documents qui traitaient de la vie sociale et de la vie de tous les jours sous l’Empire romain. Les rares documents sauvés,parchemins oupapyrus, rejoignent lesarchives vaticanes ou celles de l’Empire byzantin àConstantinople. De nombreuses œuvres d’art (des statues, par exemple) sont détruites, car considérés de peu d’importance ou sans valeur. Ce qui restait de la vieuniversitaire est détruit, desbibliothèques sont incendiées et des enseignants sont assassinés. Malgré les demandes et promesses d’Alaric, de nombreux meurtres sont commis[12]. Beaucoup de Romains s’enfuient enAfrique romaine, enÉgypte et jusqu’enPalestine.
Alaric quitte la ville en emmenant avec luiGalla Placidia, sœur de l’empereur. Il avance vers le sud de l’Italie, qui reste à piller, comptant passer dans laprovince d’Afrique. Il prendNaples, mais meurt au début de l’année 411, en tentant de passer enSicile. Son beau-frèreAthaulf lui succède et repart vers le nord.
La nouvelle de la prise et du sac de Rome a un énorme retentissement dans l’Empire romain et provoque un traumatisme dans la population. L’arrivée de réfugiés nobles et les récits qu’ils propagent sur leurs malheurs et l’exode qui les frappe causent une émotion considérable[13].Saint Jérôme parle de Rome comme du « tombeau du peuple romain »[14]. Les païens considèrent alors que l’avènement duchristianisme est à l’origine de sa chute, et c’est pour combattre cette idée quesaint Augustin entreprend l’écriture de laLa Cité de Dieu et quePaul Orose compose sonHistoire contre les païens[15].
Certains historiens désignent cette date plutôt que476 comme étant celle de la fin de l’Empire romain d’Occident : après 410 les « empereurs » ne sont plus en effet que des marionnettes, des êtres faibles, sans relief, souvent des enfants, encadrés par un clan ou un groupe d’intérêts[16].
Cependant, les historiens de l’Antiquité tardive contestent l’idée d’une chute brutale de l’Empire romain. Ils y voient une « transformation » progressive, constatant une continuité entre le monde classique et le monde médiéval, notamment sur le plan de la culture. Ainsi, il y aurait eu une modification graduelle sans rupture claire en dépit de l’épisode du sac de 410 ou plus tard de la fin deRomulus Augustule[17],[18].
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