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| SEPECAT Jaguar A | ||
Un Jaguar A de l'Escadron de chasse 1/7 Provence, portant l'insigne de l'escadrille SPA 77 « Croix de Jérusalem », au-dessus de lamer Adriatique en support de laforce de stabilisation le 8 avril 2003. | ||
| Constructeur | ||
|---|---|---|
| Rôle | Avion d'attaque au sol | |
| Statut | Encore en service enInde | |
| Premier vol | ||
| Mise en service | ||
| Date de retrait | enFrance auRoyaume-Uni | |
| Coût unitaire | 8 millions de dollars US[1] (en 2008) | |
| Nombre construits | 612 | |
| Équipage | ||
| 1 pilote ou 1 instructeur et 1 élève en version biplace (entraînement) | ||
| Motorisation | ||
| Moteur | Rolls-Royce Turbomeca Adour Mk.102 | |
| Nombre | 2 | |
| Type | Turboréacteurs àdouble flux etpostcombustion | |
| Poussée unitaire | 32,5 kN avecPC | |
| Dimensions | ||
| Envergure | 8,69[2] m | |
| Longueur | 16,83[2] m | |
| Hauteur | 4,81 m | |
| Surface alaire | 24,18[2] m2 | |
| Masses | ||
| À vide | 7 000 kg | |
| Carburant | 5 225 kg | |
| Avec armement | 10 910 kg | |
| Maximale | 15 700[2] kg | |
| Performances | ||
| Vitesse maximale | 1 700 km/h (Mach 1,6[2]) | |
| Plafond | 12 927 m | |
| Vitesse ascensionnelle | 6 000 m/min | |
| Rayon d'action | 535 km | |
| Autonomie | 10h20 avec ravitaillements en vol | |
| Rapport poussée/poids | 0,60 | |
| Armement | ||
| Interne | 2canonsDEFA de calibre 30 mm(150 obus chacun) | |
| Externe | 4 500 kg de charges sur 5 pylônes d'emport externes :bombes,roquettes, missiles, réservoirs externes, nacelles (pods en anglais) de désignation laser,ECM, etc. | |
| Avionique | ||
| HUD,radar Doppler de navigation, système de contrôle de tir, détecteur d'alerte radar, caméra panoramique OMERA 40, télémètre laser,GPS, compatibilité désignateurs laser TIALD,TERPROM, jumelles de vision nocturne… | ||
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LeSEPECAT Jaguar est unavion militaire de conceptionfranco-britannique dont la version monoplace est destinée à l'attaque au sol et la version biplace à l'entraînement avancé. Mis en service en1973, il a été construit à un peu plus de600 exemplaires utilisés par six pays, dont l'Inde qui l'aconstruit sous licence.
Au début desannées 1960, laFrance et leRoyaume-Uni sont tous les deux à la recherche d'unavion d'entraînement avec des capacités d'attaque au sol. Bien que lescahiers des charges respectifs soient différents, les besoins sont cependant rapprochés et un premier protocole d'accord entre les deux pays est signé en mars 1964. Le projet 121A proposé parBreguet Aviation est retenu en 1965 et, l'année d'après, Breguet fonde avecBritish Aircraft Corporation (BAC) la coentrepriseSEPECAT chargée de concevoir puis de fabriquer en série le futur avion.
Le, à la demande dugouvernement français, laSociété des avions Marcel Dassault rachète Breguet Aviation et doit prendre en charge le programme Jaguar[3] bien que la société eut proposé en concurrence unDassault Mirage 5 biplace[4].
Deuxprototypes de chaque version sont construits, dans l'ordre :
Lorsque le premier appareil de série sort des chaînes de montage, fin 1971, les deux pays ont finalement changé d'avis et la mission d'attaque est devenue prioritaire : tant la France que le Royaume-Uni ont commandé chacun200 avions, répartis en160 monoplaces et40 biplaces. La production en série est partagée à parts égales, chaque pays fournissant une moitié des pièces et assurant l'assemblage final des appareils qui lui sont destinés. Les réacteursRolls-Royce Turbomeca Adour étaient construits parRolls-Royce pour les avions anglais, et parTurboméca pour les avions français.
Les premiers Jaguar A sont livrés avec des réacteurs Adour 101 d'une poussée maximale de 24,7 kN, rapidement remplacé par l'Adour 102 plus puissant et doté d'unepostcombustion "modulée" qui peut s'enclencher progressivement dès 80 % de la poussée maximale à sec. Ce système avait initialement été développé pour le Jaguar M. Les autres versions reçoivent directement l'Adour 102.
Malgré leurcellule commune, les versions utilisées par les deux pays n'ont ni les mêmes canons (DEFA pour les Français,Aden pour les Anglais) ni la mêmeavionique. Les avions français étaient équipés d'unradar Doppler de navigation, d'un système de contrôle de tir, d'un système d'alerte radar, et d'unecaméra panoramique OMERA 40 sous le nez, complétée plus tard par untélémètre laser. Les30 derniers monoplaces français peuvent également emporter unenacelle de désignationlaser. De leur côté, les avions anglais disposaient d'un système de navigation et d'attaque plus performant, d'un afficheur de défilement de carte, d'un détecteur d'alerte radar formant une barre au sommet de la dérive, et d'un système laser dans le nez assurant la télémétrie et la détection d'illumination.
En supplément, la France réalise un prototype désignéJaguar M, destiné à sonaéronautique navale et modifié pour opérer depuis unporte-avions. Il fait son premier vol le 14 novembre 1969 et effectue plusieurs campagnes d'essais : appontages simulés sur piste àNîmes-Garons, tests sur unecatapulte au sol auRoyaume-Uni, puis essais en mer à partir duporte-avionsClemenceau. Cette version est cependant abandonnée début1973 car le Jaguar s'avérait sous-motorisé. Ce prototype est visible aumusée de l'aéronautique navale de Rochefort[5].
Dans l'Armée de l'Air, le Jaguar se voit confier les missions suivantes :
En rôle secondaire, il peut également effectuer des missions dereconnaissance (avec un pod ventral RP 36P contenant 3 caméras) et de chasse à moyenne/basse altitude.
| Escadron | Période | Localisation | Mission principale |
|---|---|---|---|
| 1/7 Provence | 1973-2005 | Saint-Dizier | Frappe nucléaire jusqu'en 1993 puis assaut conventionnel |
| 2/7 Argonne | 1974-2001 | Saint-Dizier | Entraînement |
| 3/7 Languedoc | 1973-2001 | Saint-Dizier | Frappe nucléaire jusqu'en 1993 puis assaut conventionnel |
| 4/7 Limousin | 1980-1989 | Istres | Frappe nucléaire |
| 1/11 Roussillon | 1976-1994 | Toul | Assaut conventionnel |
| 2/11 Vosges | 1976-1996 | Toul | Guerre électronique |
| 3/11 Corse | 1975-1997 | Toul | Assaut conventionnel |
| 4/11 Jura | 1978-1992 | Bordeaux | Assaut conventionnel |
| 3/3 Ardennes | 1977-1987 | Nancy | Attaque anti-radar |
À la fin des années 1990[7], les Jaguar français seront équipés d'unGPS, non connecté au système de navigation mais qui permet cependant de le recaler manuellement. L'Armée de l'Air a retiré du service ses derniers Jaguar le, le dernier escadron encore opérationnel (le1/7 Provence) recevant alors les premiersRafale l'année suivante.

Durant leur carrière, les Jaguars anglais ont subi plusieurs programmes de mise à jour. En 1983, certains avions (75 Jaguar GR.1A et 14 T.2A) furent équipés d'un nouveau système de navigation plus précis incluant unecentrale à inertie et un nouvel ordinateur de bord, dans lequel les missions pouvaient être programmées à l'aide de cartouches mémoires. Ils reçurent ensuite des réacteurs Adour 104 offrant 10 % de puissance supplémentaire que les Adour 102 d'origine. Au début des années 1990, le détecteur d'alerte radar fut remplacé par un système plus performant et des rails d'emport pour missiles air-air furent montés au-dessus des ailes (héritage du Jaguar International).
Après laguerre du Golfe, quelques Jaguar (10 monoplaces GR.1B et 2 biplaces T.2B) furent modifiés pour emporter une nacelle TIALD (système combiné d'imagerieinfrarouge et d'illumination laser), ce qui entraîna l'installation d'un bus de données interne, la modification duviseur tête haute et du poste de pilotage. Après laguerre de Bosnie, un programme désignéJaguar 96 aboutit à la version GR.3 comprenant les modifications du GR.1B complétées par un systèmeMains sur manche et manette (acronyme HOTAS en anglais) et un système de navigation amélioré incluant unGPS.
En 2000 furent livrés les premiers Jaguar GR.3A avec un poste de pilotage compatible avec les lunettes de vision nocturne, le support d'un afficheur sur la visière du casque, et un nouveau système de planification des missions. Parallèlement, les biplaces T.2 furent portés au standard T.4 incluant certaines des modifications des GR.3 et GR.3A. Enfin, le réacteur Adour 104 fut remplacé par un Adour 106 plus fiable et offrant 6 % de puissance supplémentaire.
Alors que les modernisations effectuées devaient initialement permettre à laRoyal Air Force de conserver ses Jaguar jusqu'en 2008, le dernier escadron équipé de cet appareil a été dissous le 31 mai 2007[8].
De mi-2010 à début 2011, le Jaguar GR3 immatriculé XZ118 a été utilisé par l'artisteFiona Banner pour une exposition au muséeTate Britain. L'avion avait été débarrassé de sa peinture puis poli comme un miroir, avant d'être exposé sur le dos au milieu d'une galerie[9].
Les ventes à l'export ont été négociées et réalisées principalement par les Britanniques car, entre-temps,Breguet avait été racheté parDassault Aviation qui préférait vendre sonMirage F1. Ainsi,British Aerospace obtiendra en 1980 unelicence exclusive pour le marché international.
Une version spécifique a été développée pour l'export : leJaguar International, qui fit son premier vol le 2 septembre 1975. Basée sur les Jaguar GR.1/T.2 anglais, elle dispose de réacteurs Adour 804 offrant 32 % de poussée supplémentaire (soit 47,4 kN) et d'une avionique différente suivant les pays. Cette version peut également emporter deux missiles air-air montés sur des rails posés sur les ailes enextrados, possibilité qui sera par la suite ajoutée aux Jaguar anglais.SEPECAT proposait enfin une sous-version destinée à l'attaque antinavire, équipée d'un radar Agave dans le nez et pouvant tirer lemissile antinavireSea Eagle.

Des dizaines d'avions furent exportées vers l'Équateur (12), ausultanat d'Oman (24), enInde (40) et auNigéria (18)[10] : Oman a mis à jour ses Jaguar à deux reprises (au standard GR.1A à la fin des années 1980, puis au standard GR.3A à la fin des années 1990[11]) tandis que, pour des raisons budgétaires, le Nigéria a non seulement renoncé à acquérir 18 Jaguar supplémentaires, mais a également retiré les exemplaires en service au début des années 1990.
Le plus gros client à l'export pour le Jaguar est l'Inde. À la recherche d'un avion d'attaque au sol depuis la fin des années 1950, ce pays avait d'abord développé leHAL HF-24 Marut qui ne put jamais recevoir de moteurs assez puissants et était dépourvu d'avionique digne de ce nom. Démarchée dès 1968, l'Inde signa finalement en avril 1979 une commande pour 130 Jaguar, incluant un contrat de fabrication sous licence pour95 exemplaires et un transfert de technologie. LaRoyal Air Force devait former les premiers pilotes de laForce aérienne indienne et louer à l'Inde 20 appareils, en attendant qu'elle reçoive ses Jaguar (nommés localementShamsher, soit « épée de justice »). En attendant son remplaçant, l’Inde a décidé de moderniser ses 120 avions de combat Jaguar datant des années 1980 aux standards duXXIe siècle. En modernisant ses Jaguar, l’Inde prolonge leur durée de vie jusqu’en 2030[12].
Un premier escadron indien fut déclaré opérationnel en septembre 1980, suivi d'un second un an plus tard, après l'arrivée des38 exemplaires fabriqués par laSEPECAT. La production locale, confiée àHindustan Aeronautics Ltd., commença par l'assemblage à partir de pièces fournies avant de se poursuivre par une fabrication entièrement indienne à l'exception des réacteurs. Au total, cinq escadrons furent équipés progressivement de 1980 à 1991. L'un d'eux reçut 12 Jaguar IM équipés de radarsAgave et destinés à l'attaque maritime ; l'Inde est le seul pays à avoir mis en service cette version.
Équipés de réacteurs Adour Mk 811, les Jaguar indiens ont subi trois programmes de remise à niveau, désignés DARIN (centrale à inertie, afficheur de défilement de carte, système de navigation et d'attaque intégrés autour d'un bus de données), DARIN II (intégration d'unGPS, remplacement du système d'alerte radar, ajout d'un lance-leurres) et dans les années 2010 DARIN III avec une suite avionique de navigation et d'attaque avancée. En 2004, l'Inde avait produit environ 100 Jaguar localement et devait en fabriquer encore une vingtaine, pour un total de158 exemplaires (avec ceux fabriqués par SEPECAT) dont les derniers sortent en 2007 dont une partie destinée à compenser les avions perdus depuis le début des années 1980, qui représentent un tiers du total[13].
Au début des années 2020, l’Inde acheta 31 cellules Jaguar hors service à la France, deux au Royaume-Uni et deux à Oman, ainsi que plusieurs milliers de pièces détachées aéronautiques, pour assurer le maintien d'une flotte, en 2025, de 120 Jaguar équipant six escadrons (n° 5, 6, 14, 16, 27 et 224), basés à Ambala, Jamnagar et Gorakhpur[14]. Fin 2025, un nouvel accord a été signé pour le transfert à l'Inde d'une vingtaine de Jaguar depuis Oman, afin de servir de réserve de pièces de rechange[15].

Les Jaguar français furent engagés dans de nombreuses opérations :
Les Jaguar britanniques ont été engagés :
Les Jaguar indiens ont été engagés :

En 2025, la force aérienne indienne opère six escadrons de Jaguar, chacun avec 18 à 20 avions, et a récupéré des stocks de cellules et de pièces détachés français et omanais[24].

Le Jaguar est un avion robuste capable d'utiliser des terrains sommairement aménagés, notamment grâce à des pneus basse pression. Sa maintenance est facile (changement d'un réacteur en 3 heures environ) et peu coûteuse. L'avion est équipé d'une crosse d'arrêt et d'un parachute pour l'assistance aufreinage. Le parachute peut être remplacé par un lance-leurres mais, pendant laguerre du Golfe, les Jaguar tant anglais que français recevront plutôt des lance-leurres externes plaqués le long du fuselage, sous les ailes.
Les Jaguar monoplaces sontravitaillables en vol à l'aide d'une perche escamotable à l'avant droit du poste de pilotage. Les Jaguar E français disposent d'une perche fixe dans le prolongement du nez.
Un vol record de 10h20 aller-retour deToul vers un point proche deNouadhibou a été réalisé par deux Jaguar E de l'EC 3/11 Corse de la11e escadre de chasse ravitaillés cinq fois par deuxC-135F l'un partant de France, le second basé àDakar[25].
Grâce à sa stabilité, le Jaguar est une excellente plateforme d'attaque au sol.
Afin de réduire la distance de décollage et d'atterrissage, l'aile est dotée de becs de bord d'attaque et de voletshypersustentateurs sur tout le bord de fuite de l'aile. Ceci a de fait interdit d'utiliser desailerons pour le contrôle en roulis, aussi les ingénieurs ont installé un système despoilers qui, en détruisant la portance sur une aile, permet de mettre cet avion en virage. De plus, à basse vitesse, la gouverne de profondeur est mue de façon dissymétrique pour renforcer le contrôle en roulis. La structure du fuselage est ennid d'abeille, ce qui explique sa masse relativement peu élevée. En contrepartie, certains avions (surtout des biplaces, plus longs) finiront leur carrière avec un fuselage déformé à la suite d'une résistance mécanique insuffisante.
Il peut et a été équipé demissile air-air à courte portée enextrados.
Des bandes dessinées deDan Cooper font apparaitre cet avion.
Le livreMission Oxygène qui romance les opérations d'un nageur de combat du Service Action français évoque une mission d'appui-feu réalisée par des avions Jaguar au Tchad fin 1986. Une équipe de nageurs de combat accompagnés d'un guide local nomadise en 4x4 Toyota Land Cruiser afin de renseigner l'état-major sur les mouvements ennemis. Au cours d'une reconnaissance, l'équipe repère un convoi ennemi d'une dizaine de véhicules composé de camions chargés de combattants et d'armes escortés par deux véhicules blindésPanhard AML. Joignant par radio l'état-major, les agents transmettent les coordonnées de la colonne motorisée au moyen d'un système de navigation par GPS. Une patrouille aérienne composée d'unMirage F1 et deux Jaguar est engagée pour attaquer le convoi. Le Mirage F1 se charge de la couverture aérienne pendant que les deux Jaguar effectuent l'attaque au sol. Les véhicules sont attaqués à coups de canons, puis par des tirs de roquettes : la colonne est totalement anéantie[26].
Ce roman décrit une mission de guidage de frappe aérienne par une équipe des forces spéciales de manière très détaillée pour l'époque. Des missions similaires seront réalisées plus tard en Afghanistan, en Libye et en Irak.
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