LeSénégal, en forme longue larépublique du Sénégal[7], est un État d'Afrique de l'Ouest bordé à l'ouest par l'Océan Atlantique. Les pays qui lui sont frontaliers sont laMauritanie au nord, leMali à l'est, laGuinée au sud-est, laGuinée-Bissau au sud-ouest, et enfin laGambie, qui est presque entièrement enclavée au sein du territoire sénégalais dans l'embouchure du fleuveGambie.
L'explication de l'origine du nom Sénégal reste sujette à débats.
Dès 1850, l'abbéDavid Boilat,quarteron et fils designare, y voyait dans sesEsquisses sénégalaises[9] une déformation de l'expressionwolofsuñu gaal, c'est-à-dire « notrepirogue ». Très populaire, cette version est en général relayée par les médias et favorisée par les autorités dans la mesure où elle met en avant la solidarité nationale.
Elle est pourtant contestée depuis les années 1960 et plusieurs autres étymologies ont été avancées, celle considéréeactuellement[C'est-à-dire ?] comme la plus plausible rattachant letoponyme à une tribuberbère duSahara, lesSanhadja (« Zenaga » enberbère)[10].
Le Sénégal est positionné par 14° de latitude Nord et 14° de longitude Ouest. Son territoire, plus précisément, est compris entre 12°8 et 16°41 de latitude Nord et 11°21 et 17°32 de longitude Ouest[11].
Appuyé sur lecraton ouest-africain, le bassin côtier accumule une puissantesérie sédimentaire, d'origine principalement marine, qui débute auTrias-Lias et se termine auMiocène. Depuis la limite orientale du bassin, proche deBakel, les dépôts s'épaississent vers l'ouest, d'abord progressivement, puis, passant une flexure localisée entre 15°30'W et 16°30'W[15],[16], leur épaisseur augmente rapidement, pour atteindre, à Dakar, des épaisseurs de plus de 6 000 m à 7 000 m[15],[17]. En Casamance, les profondeurs estimées dépasseraient huit mille mètres.
Malgré le caractère apparemment subhorizontal des couches, les données de l'exploration pétrolière indiquent une forte structuration et une importante compartimentation des dépôts, dont lehorst deDiass donne un aperçu. Au Sénégal, la série duMésozoïque-Cénozoïque affleurante se limite aux niveauxstratigraphiques les plus supérieurs, n'interceptant les roches d'âgeCampanien que très marginalement, alors que leMaastrichtien est mieux exposé dans le horst de Diass, malgré la présence d'une puissantecuirasse latéritique.
Les séries cénozoïques sont plus largement représentées à l'affleurement, exposées dans les falaises de lapresqu'île du Cap-Vert et aussi dans la falaise à l'ouest et au sud deThiès et marginalement dans leSine Saloum, où elles sont surtout connues en puits. Les plus beauxaffleurements se localisent à la marge passiveatlantique. Au cœur du bassin, la série sédimentaire est masquée par la cuirasse latéritique fini-Tertiaire et, vers le nord-ouest, par les dépôts desédiments éoliensquaternaires. Dans cette région centrale et orientale, les seuls affleurements tertiaires connus sont limités aux rives dulac de Guiers et à la haute vallée dufleuve Sénégal, dans la région deMatam, lesgrès du « Continental terminal » (renomméFormation du Saloum en 2009) venant largement sceller et masquer la série marine duPaléogène. EnCasamance, il est connu, en forage, que la série marine monte jusque dans le Miocène.
Duvolcanisme du Miocène apparaît régionalement dispersé dans la presqu'île du Cap-Vert et la région de Thiès ; il est représenté par des laves et destufs coiffés par la cuirasse ferrugineuselatéritique d'âge fini-Pliocène[18]. Le volcanisme quaternaire, polyphasé, est restreint à la pointe de la presqu'île du Cap-Vert.
De récentescartes géologiques du Sénégal (2009) ont été élaborées dans le cadre de la coopération Sénégal – Union européenne, suivant les procédures du neuvièmeFonds européen de développement (FED) pour le compte de la Direction des Mines et de la Géologie (DMG), et existent aux échelles de 1/500 000 pour les trois quarts du territoire et de 1/200 000 le long du fleuve Sénégal.
Topographie
Topographie du Sénégal.
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unesaison des pluies de juin à octobre avec un pic en août, septembre est variable selon la latitude (moins deprécipitations dans le Nord que dans le Sud). C'est la période desmoussons. On ne peut parler de vraie saison des pluies que dans laCasamance, seule région où il y a aussi des forêts dignes de ce nom ;
en été, période de pluie, souvent appelée abusivement « hivernage » depuis la période coloniale, les températures sont à leur maximum ;
mais elles sont au minimum en cette période dite aussi, abusivement, « hiver » aux mois de janvier-février. Par contre, on remarque des précipitations plus marquées du sud au nord[19].
De manière générale, l'Ouest du pays, représenté par le littoral, connaît des températures plus fraîches que l'Est grâce à l'océan. Le centre et l'Est du pays connaissent des températures continentales très chaudes pendant la journée et fraîches la nuit.
Du nord au sud, il existe cinq types de domaines climatiques appartenant auclimat tropical :
dans la zone sahélienne, au nord dans la région de Saint-Louis, une végétation typique duSahel représente le domaine de lasteppe arborée ou arbustive. De nos jours, ladésertification touche cette zone. L'acacia du Sénégal est l'arbre le plus présent avec quelquesbaobabs ;
dans lazone soudanienne, vers les régions deFatick,Kaolack, tout le nord et le centre de la région deTambacounda, la végétation de type savane est beaucoup plus dense que dans la précédente zone : les arbres y sont beaucoup plus présents, et des forêts clairsemées apparaissent. Baobabs, acacias, fromagers etpalmiers sont les arbres dominants dans cette zone ;
dans la zone soudano-guinéenne, au nord des régions deZiguinchor,Kolda, et au sud de la région de Tambacounda, les forêts sont très présentes ainsi que de grandes savanes très denses. Les arbres sont variés : baobabs, fromagers, palmiers,filaos etrôniers ;
la zone guinéenne, à cheval sur le Sud des régions de Ziguinchor et Kolda. Étant la zone la plus humide, les forêts y sont denses. Tous les arbres du Sénégal y sont présents.
En 2006, le Sénégal comptait encore 45,1 % — soit environ8 673 000 hectares — de forêt, dont 18,4 % — ou environ1 598 000 hectares — classés commeforêt primaire. Déjà en 2007, on remarquait que le Sénégal perdait350 000 hectares de forêt par an en raison decultures sur brûlis dues à la croissance rapide de sa population. Une des conséquences est qu'environ 13 % des terres, hébergeant environ 22 % de la population, sont désormais considérées comme dégradées. En 2016, on estimait que le couvert forestier de laCasamance aurait disparu en 2018 si l'exploitation forestière illégale se poursuivait.
Dans l'objectif d'améliorer letraitement des déchets, le présidentMacky Sall a lancé en 2020 les « Cleaning Days », des journées mensuelles de nettoyage de la ville de Dakar[24].
Mangroves guinéennes : au Sénégal, on estime qu'entre 1980 et 2005, la mangrove a perdu 14 % de sa superficie, en passant de169 000 à115 000 hectares[25].
Parcs et réserves naturels représentent 8 % du territoire national[26]. Ils jouent un rôle majeur dans la préservation de l'environnement et contribuent de manière significative à l'essor touristique.
Dans ces aires protégées on dénombre au total 169 espèces demammifères et 540 espèces d'oiseaux.
Les réseaux sont plus denses à l'Ouest du pays le long du littoral mais la circulation des marchandises et des personnes est particulièrement difficile vers Dakar et la presqu'île du Cap-Vert. Les infrastructures sont plus rares dans le Sénégal oriental et le désenclavement de ces régions constitue également un défi car les moyens de transport restent souvent traditionnels à l'intérieur du pays.
De gros efforts sont effectués au niveau des équipements. Ainsi, de nombreux projets sont en cours dont un tronçon autoroutier de M'Bour vers Kaolack qui est en chantier depuis novembre 2021 (ouverture prévisionnelle : 2024 / 2025). À terme, la constitution d'un réseau autoroutier de plusieurs centaines de kilomètres sera effective. Une section autoroutière partant du Nord du nouvel aéroport international de Dakar est ouverte à la circulation depuis le 18 décembre 2018 jusqu'àTouba diteilaa Touba.
Par ailleurs, la construction d'une autoroute à péage entre Dakar etDiamniadio (35 km), terminée le 10 août 2013, permet aussi de relier Dakar àRufisque en moins de vingt minutes. À moyen terme, elle permettra de créer de nouvelles zones d'habitations grâce à ses nombreuses bretelles de sortie, ceci afin de désengorger Dakar.
Dans la continuité, deux autres tronçons autoroutiers sont terminés de Diamniadio à l'aéroport international Blaise-Diagne (aéroport inauguré le) et dudit aéroport àM'Bour vers le sud du pays. D'autres projets sont à l'étude ou en travaux dont l'aménagement de Saint-Louis afin d'en faire un port de cabotage[27] et l'aménagement du port deZiguinchor pour recevoir desconteneurs[28].
Structures et infrastructures
Données
Valeurs
Aéroports (2017)
avec piste goudronnée : 10 avec piste en terre : 11 Total = 21
Gares ferroviaires :
Réseau ferré (2022) :
20 (une en chantier ; projets de réhabilitations ou de constructions à venir)
L'aéroport international Léopold-Sédar-Senghor était le principal point d'entrée aérien vers le Sénégal jusqu'à son remplacement le 8 décembre 2017 par l'aéroport Blaise Diagne. Le 25 mai 1971, l'avion supersoniqueConcorde fait un premier vol de démonstration Paris-Dakar en2 h 52 (dont2 h 7 en vol supersonique) et le 21 janvier 1976 ouvre pour la première fois sa ligne commerciale Paris-Dakar-Rio.
Le président Senghor assiste à son arrivée à l'aéroport de Dakar ainsi que les premiers passagers supersoniques de l'histoire de l'aviation. Le, c'est la fin de la liaison Paris-Rio.
Aéroport Léopold-Sédar Senghor (Dakar).
Créée en 2000, la compagnie aérienneAir Sénégal International, filiale du groupeRoyal Air Maroc, proposait depuis le des destinations vers l'Europe et l'Afrique. Membre de l'IATA depuis le 28 mai 2002[29], elle fut sacrée meilleure compagnie aérienne africaine en 2003. À la suite de difficultés financières et de différends entre ses principaux actionnaires, Royal Air Maroc et l'État sénégalais, elle a cependant arrêté tous ses vols le[30].
Une nouvelle compagnie baptiséeSénégal Airlines, dont l'État sénégalais est actionnaire minoritaire, a été créée en octobre 2009. Cette nouvelle compagnie dessert à partir de Dakar, et à compter du début 2010, une vingtaine de destinations africaines. Sénégal Airlines a annoncé en novembre 2009 à l'occasion du salon de Dubaï avoir commandé deux Airbus A330 et quatre Airbus A320. Mais en 2016, l'État retire la concession de commerce de la compagnie à cause du déficit budgétaire de l'entreprise.
Transport en commun appelé « car rapide ».Transport de marchandises.
Le réseau routier est bon dans l'ouest, mais se dégrade en allant de plus en plus à l'intérieur du pays. Le réseau de transport est bien développé dans les grandes villes avec des taxis, des bus[32] et/ou des « cars rapides » en plus ou moins bon état. Dans les banlieues et les villes secondaires ce sont des taxis collectifs, des « cars rapides » et des calèches qui servent de transport. À l'intérieur du pays, lestaxis-brousse sont utilisés pour se déplacer entre petites villes et villages. Le transport interurbain est assuré par des berlines à sept places, des bus interurbains et des cars blancs appelésNdiaga Ndiaye qui peuvent être pris en allant dans les gares routières.
Lagare de Dakar (gare de train) est la plus ancienne du Sénégal. Elle est gérée par lesChemins de fer du Sénégal (CFS). Après une rénovation très importante, cette gare est utilisée pour la nouvelle ligne duTER de Dakar, similaire à unRER, inaugurée et mise en service le 27 décembre 2021. Ensuite, le service commercial voyageurs débuta dès le 28 décembre 2021 par une période de gratuité s'étalant jusqu'au 17 janvier 2022. Précisons que les 2 voies du TER sont aux normes internationales (électrification 25KV, écartement des rails 1 435 mm, rames TER de dernière génération). Le TER reliera d'ici 2024 / 2025 le nouvel aéroport international de Dakar, le terminus actuel (2022) s'effectuant àDiamniadio, une ville nouvelle et sa gare emblématique. La liaison avecBamako (au Mali) n'est plus activeactuellement[C'est-à-dire ?] mais une voie métrique réservée au transport de marchandises de la gare de Dakar en lien avec le port est rénovée et peut être étendue vers l'Est à l'avenir si nécessaire.
Le transport maritime est constitué de chaloupes pour rejoindre l'île de Gorée à partir de Dakar, de la liaison maritime Dakar-Ziguinchor assurée par leConsortium sénégalais d'activités maritimes, de bateaux pour des croisières sur le fleuve Sénégal (comme leBou El Mogdad). Il est constitué aussi de gros bateaux de transport de marchandises qui bénéficient duPort autonome de Dakar, qui est l'un des trois ports en eau profonde d'Afrique de l'Ouest, et de son terminal pour lesconteneurs.
Carte des subdivisions administratives du Sénégal (régions et départements).
En1960, le premier découpage administratif issu de l'indépendance avait créé une certaine disparité entre les sept régions d'origine – celle du Sénégal oriental étant alors onze fois plus étendue que celle du Cap-Vert[33]. Ce déséquilibre a été corrigé par plusieurs réformes successives et notamment par un décret de1996, dans le cadre de la politique dedécentralisation qui a transféré aux collectivités locales certaines compétences d'abord détenues par le pouvoir central.
L'organisation territoriale mise en place en 1996 a subi plusieurs retouches dans l'intervalle, avec la création de larégion de Matam en 2001, celle dudépartement de Koungheul en 2006 ou encore, en 2008, l'élection des départements deKaffrine,Kédougou etSédhiou en régions à part entière, celle de 10 localités en départements, ainsi que la création de nouvelles communautés rurales et de nombreuses communes.
Des bifaces en amande dupaléolithique inférieur ont été découverts dans lapresqu'île du Cap-Vert, ainsi que d'autres objets en pierre plus élaborés (hachereaux, racloirs) dans la région deRufisque et au bord des rivières du Sénégal oriental.
Au Néolithique, l'outillage se diversifie et la céramique fait son apparition. Les fouilles menées dans les régions côtières ont mis au jour des restes de cuisine qui témoignent d'une importante population de pêcheurs et commerçants (marigot de Khant dans le delta, embouchure duSaloum).
Le navigateurAlvise Cadamosto explore ces terres pour le compte du Portugal entre 1442 et 1456. En1444Dinis Dias passe au large de l'embouchure dufleuve Sénégal pour atteindre le point le plus occidental du continent africain, qu'il nommeCabo Verde, le Cap-Vert[36], en raison de la luxuriante végétation qu'il y observe. Il atteint également l'île deGorée que ses habitants désignent sous le nom de Berzeguiche et qu'il baptiseIlha de Palma, l'île des Palmes. Les Portugais ne s'y installent pas de manière permanente, mais utilisent le site pour y faire escale et pratiquer le commerce dans la région[37], dont latraite des Noirs. Ils y construisent néanmoins une chapelle en1481[38]. Les Portugais doivent par la suite faire face à la concurrence des négociants et négriers britanniques, français et hollandais à travers leCommerce triangulaire.
Les Hollandais fondent un comptoir sur l'île de Gorée en1588, la France établit en 1659 celui deSaint-Louis qui deviendra la première capitale du Sénégal. En 1677, les Français occupent à leur tour l'île de Gorée (un des principaux centres du commerce desesclaves au Sénégal avecSaint-Louis et le fort de l'île James enGambie).
La traite des Noirs est interdite par la France au moment de laRévolution française, le4 février 1794. Elle est suivie par le Royaume-Uni en 1802. La colonisation proprement dite se fait à la faveur de la mise en œuvre de cette interdiction par ces deux pays, en Gambie et au Sénégal respectivement.
Deux statuts vont alors cohabiter au sein de la population, les habitants des quatre communes sont citoyens Français de plein droit tandis que les populations des territoires nouvellement colonisés seront soumis à l'indigénat. Sous l'influence du député noirBlaise Diagne, un statut particulier peut être choisi par les habitants des quatre communes à partir de 1916. Ces dernières envoient des conscrits pendant les deux conflits mondiaux. En 1919, certains troubles agitent Dakar. Le tirailleurCheikou Cissé, né auSoudan français et blessé pendant la guerre, est condamné à lapeine de déportation perpétuelle et envoyé aubagne de Nouvelle-Calédonie. Mort en 1933, il a fait l'objet d'une lutte de la part des milieux anticolonialistes français (dont leSecours rouge international et laSFIC communiste).
Le, laRépublique soudanaise (actuelMali) et Sénégal fusionnent pour former lafédération du Mali. Un an jour pour jour plus tard, le, est signé l’accord en vue de l’indépendance de la fédération qui devient effective le. Bien que cela soit de la fédération que le Sénégal obtient son indépendance deux mois plus tard, le 20 août, et que l’indépendance de la fédération par rapport à la France ait été réelle le 20 juin, ce n’est aucune de ces deux dates mais le 4 avril, jour de l’accord signé en 1960 en vue de l’indépendance de la fédération, qu’est commémorée chaque année l'indépendance sénégalaise.
Le, le Sénégal se retire de la fédération du Mali et proclame son indépendance.
Alors que leprésident du Conseil,Mamadou Dia, incarne le sommet de l'État dans un système parlementairebicéphale du type de laQuatrième République en France (la politique économique et intérieure pour le gouvernement et la politique extérieure pour la présidence), ses relations avecSenghor s'enveniment peu à peu. En 1962, il est arrêté et accusé de « tentative de coup d'État » avec quatre autres ministres,Valdiodio N'diaye,Ibrahima Sar,Joseph Mbaye etAlioune Tall. Alors que le procureur général ne requiert aucune peine, ils sont condamnés à20 ans d'emprisonnement au centre spécial de détention deKédougou.
Leprocureur général de l'époque, Ousmane Camara, revient sur le déroulement du procès dans uneautobiographie publiée en 2010 :« Je sais que cette haute cour de justice, par essence et par sa composition, (ndlr : on y retrouve des députés ayant voté la motion de censure), a déjà prononcé sa sentence, avant même l’ouverture du procès (...) La participation de magistrats que sont le Président (Ousmane Goundiam), le juge d’instruction (Abdoulaye Diop) et le procureur général ne sert qu’à couvrir du manteau de la légalité une exécution sommaire déjà programmée. »[39].
De nombreuses personnalités commeJean-Paul Sartre, le papeJean XXIII ou encoreFrançois Mitterrand demandent leur libération maisSenghor ne décide de les gracier et de les libérer qu'en ; ils sont amnistiés en, un mois avant le rétablissement dumultipartisme au Sénégal. Malgré l'annonce de la révision du procès de Mamadou Dia et de ses acolytes parAbdoulaye Wade au début de son premier mandat présidentiel, cet épisode dramatique de l'histoire du Sénégal reste un sujet délicat car de nombreux politologues et historiens considèrent cet événement comme la première véritable dérive politicienne de la part de Senghor[40],[41],[42],[43].
À la suite de cet événement, Léopold Sédar Senghor met en place le unrégime présidentiel fort. En 1966, l'UPS devient le seul parti autorisé. Il faut attendre une dizaine d'années avant le rétablissement dumultipartisme au Sénégal en mai 1976. Un mouvement social se déclenche enmai 1968 en faveur de réformes politiques et économiques dans le pays.
En effet, la Constitution sénégalaise prévoyait que le Premier ministre termine le mandat présidentiel jusqu'à la prochaine élection en cas de vacance du pouvoir. Abdou Diouf poursuit la démocratisation déjà engagée par son prédécesseur, en élargissant lemultipartisme, jusque-là limité à quatre formations politiques, mettant ainsi fin aunumerus clausus.
Le Sénégal et laGambie s'unissent en 1982 pour former laConfédération de Sénégambie, mais celle-ci ne fut que théorique et n'a jamais été mise en application. Elle est finalement dissoute en 1989.
Un autre foyer de conflit entre des Casamançais et laGuinée-Bissau s'est développé en avril 2007[45].
En 1989, la Mauritanie et le Sénégal ontrejeté violemment et respectivement les communautés du pays voisin alors que la plupart étaient nés depuis longtemps dans leur nouveau pays d'adoption et s'étaient bien implantées dans le tissu social et économique. Selon leHCR, des réfugiés mauritaniens sont établis au Sénégal avant d'être peu à peu rapatriés[46].
Le Sénégal est l'un des pays les plus stables d'Afrique car il n'y a jamais eu decoup d'État, et le « modèle sénégalais »[49] était souvent mis en avant dans le passé, même siAmnesty International dénonce encore quelques arrestations à caractère politique[50],[51].
Le Sénégal est une république démocratique (présence de plusieurs partis politiques). Le régime est semi-présidentiel car à l'indépendance, le Sénégal a adapté le modèle politique français de 1958 comme d'autres pays africains qui étaient membres de l'AOF. Laconstitution du Sénégal date de 1959, elle a été révisée dès 1960 par Léopold Sédar Senghor à la suite d'un référendum. Plusieurs révisions vont se succéder notamment celle de 1963 qui instaure le régime présidentiel (à cette époque : suppression du Premier ministre) puis celle de 2001 qui ramène le mandat présidentiel de sept ans à cinq ans (le Sénat sera supprimé puis rétabli en 2007).
Leprésident de la République est le chef de l'État, élu ausuffrage universel direct pour une durée de cinq ans renouvelable une fois. Il nomme le Premier ministre qui choisit à son tour les ministres de son cabinet et propose leur nomination au président de la République.
Instituée le 20 août 1960, l'Assemblée nationale accueille150 députés, élus au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans. Le scrutin est majoritaire à un tour au niveau des départements à concurrence de90 députés et proportionnel sur une liste nationale à concurrence de60 députés. L'Assemblée est aujourd'hui présidée par Moustapha Niasse, installé le 31 juillet 2012 à la suite des législatives du1er, marquées par une très large victoire de la coalition présidentielle Bennoo Bokk Yakar. Lesélections législatives sénégalaises de 2007 se sont soldées par une très large victoire de la coalition présidentielle, alors le PDS, mais près des deux tiers des électeurs ne s'étaient pas rendus aux urnes, notamment en raison d'un mot d'ordre deboycott de la part des partis d'opposition.
LeSénat, supprimé en 2001 à la suite d'unréférendum constitutionnel, a été rétabli en mai 2007 puis supprimé à nouveau en 2012 après l'élection présidentielle. Les sénateurs étaient au nombre de 100, 35 étaient élus au suffrage indirect dans les départements et les 65 autres étaient désignés par le chef de l'État. Le Sénat a eu comme dernier présidentPape Diop, ancien maire de la ville de Dakar.
En août 2008 une loi organique recrée une Cour suprême par la fusion entre la Cour de cassation et le Conseil d'État[52].
Le Conseil Constitutionnel comprend cinq membres qui sont nommés par décret pour six ans non renouvelables, dont un président et un vice-président. Il est partiellement renouvelé tous les deux ans, à raison de deux membres au maximum. Son rôle est de contrôler les élections législatives et de vérifier la constitutionnalité des lois et les engagements internationaux[53].
Le Sénégal a aboli lapeine de mort le[54]. L'homosexualité est illégale au Sénégal et les rapports homosexuels sont passibles de peines de prison. Selon une enquête de 2013 du Pew Research Center, 96 % des Sénégalais pensent que l'homosexualité ne devrait pas être acceptée par la société[55]. Les membres de la communauté LGBTQ au Sénégal rapportent un fort sentiment d'insécurité[56].
Le, quelques heures avant l'ouverture de la campagne électorale, le président Macky Sall soutenu par sa majorité à l'Assemblée, signe un décret ajournant l'élection présidentielle en décembre[57],[58] avant d'être débouté, le 15 février 2024, par le conseil constitutionnel sur fond de protestation. La présidentielle s'est finalement tenue le 24 mars 2024[59] et Bassirou Diomaye Faye, le poulain de l'opposantOusmane Sonko, déclaré inéligible[60], est élu président avec 54,28 % des suffrages, devançant le candidat du pouvoir,Amadou Ba arrivé deuxième.
Politique environnementale
Depuis 2020, le gouvernement sénégalais interdit les importations dedéchets plastiques sur son territoire[61]
La population du Sénégal – qui comptait environ1 million d'habitants en 1900 et 2,8 millions au moment de l'indépendance en 1960 – s'élevait à 13 508 715 personnes selon le recensement réalisé en 2013[62].
Des projections démographiques établissent la population du Sénégal à 16 209 125 personnes, parmi lesquelles 8 140 343 femmes et 8 068 782 hommes[63].
La population croît rapidement, avec untaux de fécondité supérieur à quatre enfants par femme.
Également, situées principalement en milieu urbain, se trouvent de petites communautés vietnamiennes[67] ainsi qu'un nombre croissant de commerçants immigrés chinois.
Depuis longtemps, la population est concentrée sur la façade atlantique, mais l'exode rural a accru l'inégalité de cette répartition. Désormais, un Sénégalais sur quatre vit dans lapresqu'île du Cap-Vert et la capitaleDakar est au bord de l'asphyxie.
Selon les estimations pour 2017, les centres urbains régionaux de plus de 100 000 habitants sontTouba (529 176) – qui a connu une croissance spectaculaire –,Thiès (2 049 764),Kaolack (1 120 404),M'bour (181 825),Saint-Louis (1 036 009),Ziguinchor (158 370) etDiourbel (1 746 496)[68]
Émigration et immigration
Si le Sénégal accueille aussi des migrants, nombreux, saisonniers ou non, des pays limitrophes ou lointains[69], une forte communauté sénégalaise vit à l'extérieur du pays.
En 2018, plus de 530 000 Sénégalais vivaient à l'extérieur du pays[70]. Cettediaspora représente une ressource essentielle pour le pays, à la fois économique et identitaire. Au début des années 2000, les transferts financiers représentaient entre 5 et 10 % du PIB, soit entre 300 et 500 millions d'euros annuels[71]. En 2017, ces Sénégalais de l'étranger injectaient annuellement dans le pays plus de 2 050 millions d'euros (1 169 milliards de FCFA soit 12,5 % du PIB sénégalais), d'après des chiffres extraits du document de Politique nationale de migration du Sénégal (PMNS)[70].
Ce sont principalement des hommes jeunes qui s'installent en Europe, surtout enFrance, ou enAmérique du Nord, notamment auQuébec, avec un projet de retour vers le pays au bout de quelques années.
En 2017, 75 % des jeunes sénégalais (originaires principalement du Sud, du Sud-Est et du Nord du pays) souhaitaient quitter le pays[72]. L'accroissement de l'immigration clandestine dans les pires conditions, notamment vers lesîles Canaries, est une préoccupation majeure pour le Sénégal et les pays d'accueil. Les plus désespérés veulent ignorer les risques, sensibles à la réussite de quelques-uns, et notamment de personnalités de la diaspora — nées au Sénégal ou de parents sénégalais — particulièrement dans les milieux artistiques ou sportifs.
D'abord pays d'émigration ruralesoninké etPeuls de la vallée du fleuve Sénégal à destination de la France à partir de l'époque coloniale[73], puis des pays de la sous-région, le Sénégal a connu une émigration plus diverse, originaire à la fois du centre-ouest du pays et des grandes villes, lesquelles ont fait figure de lieux de passage et de transit vers l'international à partir des indépendances[74].
L'instabilité politique et économique des pays voisins et la fermeture des frontières européennes ont eu pour effet de modifier le système de migration tournante (ounoria) en une installation plus durable. Le contrôle de plus en plus strict des frontières françaises, à l'origine destination privilégiée, a conduit les flux migratoires à se redéployer vers de nouvelles destinations : en priorité l'Italie, l'Espagne mais aussi lesÉtats-Unis[75], leCanada, et plus récemment laChine[76].
Le 15 avril 2010,Human Rights Watch a publié un rapport exhortant les autorités sénégalaises à réglementer toutes les écoles coraniques fréquentées par des dizaines de milliers d'enfants. Cesenfants talibés, estimés à 50 000 garçons, subissent parfois des abus qui les incitent à l'exil[77].
En août 2025, le Sénégal annonce des changements majeurs dans sa politique migratoire, notamment l’introduction d’un système de visa électronique. Désormais, les ressortissants de pays non africains souhaitant se rendre au Sénégal devront effectuer un paiement préalable pour obtenir leur visa électronique[78].
Cette initiative s’inscrit dans une logique de réciprocité : les citoyens des pays qui imposent des visas aux ressortissants sénégalais seront désormais soumis aux mêmes exigences pour entrer au Sénégal. Les détails concernant cette mesure, tels que les coûts et les délais de traitement, restent à finaliser[78].
Dakar, la capitale, est la plus grande ville du Sénégal, avec une agglomération de plus de trois millions d'habitants. La deuxième ville la plus peuplée estTouba, une communauté rurale avec plus d'un demi-million de personnes.
Supporters de l'équipe du Sénégal lors de la Coupe du monde de football 2018 en Russie.
Le football est un sport très apprécié des Sénégalais. L'équipe du Sénégal de football, dont les joueurs sont surnommés « les Lions de la Téranga », est affiliée à laFédération sénégalaise de football et à laFIFA depuis 1962. Elle se qualifie en 2002 pour la phase finale de la coupe du monde de la FIFA, organisée en Corée et au Japon. L'équipe du Sénégal bat la France (championne du Monde et d'Europe en titre) en match d'ouverture de la coupe du monde et se qualifie pour la première fois de son histoire en quart de finale de la coupe du monde en battant la Suède2 buts à 1 et devient par la suite la deuxième équipe d'Afrique à atteindre les quarts de finale après le Cameroun en 1990[81]. Elle participe aussi à la Coupe du monde 2018, mais ne passe par le premier tour. Au niveau continental, elle remporte laCoupe d'Afrique des nations en 2022[82] en battant l'Égypte en finale, après avoir atteint la finale en 2002 au Mali face au Cameroun et en 2019 en Égypte face à l'Algérie. Parmi les grands footballeurs sénégalais, on peut citerSadio Mané,El-Hadji Diouf,Édouard Mendy,Henri Camara,Kalidou Koulibaly,Khalilou Fadiga,Idrissa Gueye,Habib Beye,Tony Sylva,Mamadou Niang,Omar Daf,Ferdinand Coly ou, dans le passé,Jules Bocandé, mais aussi le managerPape Diouf, ex-président de l'OM. Le Sénégal estchampion d'Afrique (2022) pour la première fois de son histoire au terme d'une finale qui a tenu toutes ses promesses[83]. LesLions de la Teranga ont gagné face auxPharaons dans le tout nouveauStade Abdoulaye-Wade, se qualifiant ainsi pour leMondial au Qatar[84].
Lutte sénégalaise.
Lalutte sénégalaise est une pratique ancrée dans la tradition[85]. La lutte sénégalaise n'a rien perdu de sa popularité, à travers des combats aussi brefs que spectaculaires. Ce sport est incarné par d'impressionnants champions tels queYékini, qui, en 2005, l'a emporté surTyson, un redoutable adversaire qui avait su conserver le titre pendant près de cinq ans, mais sera battu à deux reprises par un autre poids lourd sénégalais, Sérigne Dia, ditBombardier. D'importants enjeux économiques sont désormais liés à ce sport. Les cachets mis en jeu peuvent atteindre de nos jours près de 350 000 000 FCFA, soit 750 000 dollars. Tradition destinée à célébrer la fin des récoltes, la lutte est devenue le sport national, détrônant même le football. Il se pratique partout : clandestinement, sur les terrains vagues, dans des tournois amateurs et dans des championnats professionnels médiatisés. La version sénégalaise, « avec frappe », autorise les coups de poing pour surprendre l'adversaire. Les combattants sont les héritiers d'une culture : ils se préparent en s'aspergeant de potions concoctées selon les recommandations des marabouts.
Battling Siki, figure légendaire de la boxe sénégalaise.
La boxe a connu ses lettres de gloire avecBattling Siki (1897-1925), champion du monde à25 ans et premier Africain à remporter un titre mondial deboxe[86].Leonard Tavarez (Français mais né à Dakar) fut aussi champion de France des poids légers en 1969. Plus près de nous,Souleymane M'Baye (Français d'origine sénégalaise) est devenu champion de FranceWBC des lourds-légers.Mouhamed Ali Ndiaye(en) (Italien mais né au Sénégal) a été détenteur de plusieurs titres internationaux en petite catégorie.
Les autres sports sont également bien représentés : l'équipe sénégalaise depêche sportive (Moussa Mbengue, Abdoulaye Kébé, Cyril Calendini, Dominique Dussaut) est devenue championne du monde en 2002 et 2003[89]. Séduits par des conditions météorologiques souvent clémentes et les ressources côtières, les visiteurs viennent nombreux pour pratiquer lessports nautiques tels que laplongée sous-marine ou lesurf, et la réputation desAlmadies ou de la vague deOuakam n'est plus à faire. De son côté, l'aviation de loisir – notamment l'ULM – permet une approche inédite des paysages, dans une contrée dépourvue de vraies montagnes.Cap Skirring et leSine Saloum constituent alors des destinations de choix. Le skate commence peu à peu à prendre de l'importance avec des associations et tournois et aussi avec la création d'un skate park à Dakar.
Médias
Même si lesmédias au Sénégal bénéficient d'une situation relativement favorable par rapport à d'autres pays africains, leur dépendance à l'égard du pouvoir reste forte[90] et des incidents surviennent occasionnellement, comme ce fut le cas lors de la répression d'une manifestation contre la vie chère en mars 2008[91].
après laPremière Guerre mondiale, les Sénégalais se dotent de leurs propres périodiques, notamment syndicaux, tels queLa Voix des travailleurs sénégalais, fondée en 1938. Mais c'est seulement au lendemain de laSeconde Guerre mondiale que le continent accède véritablement à l'information. Dans les années 1950, les idées panafricaines commencent à se diffuser à traversPrésence africaine, une revue créée en 1947 parAlioune Diop. Les journaux se multiplient à l'approche des indépendances, mais de manière un peu moins prolifique que dans les pays anglophones[94],[95].
pour la presse quotidienne :Le Soleil créé dès 1970 et assez proche du gouvernement,Sud Quotidien, plus indépendant,Wal Fadjri, plus proche des partis d'opposition ouLe Quotidien, neutre.L'Observateur,Le Populaire et aussi d'autres journaux comme24 heures chrono, etc. ;
l'une des particularités de la presse sénégalaise est l'existence de journauxsatiriques, tel queLe Cafard libéré, clin d'œil explicite à son confrère français,Le Canard enchaîné ouLe Politicien ;
à ces titres s'ajoutent ceux de lapresse sportiveStades etwiwSport (no 1 du sport au Sénégal)[97], les magazines fémininsAmina (le magazine des femmes africaines et antillaises) et de détente, de plus en plus populaires, ainsi que quelques publications destinées aux plus jeunesPlanète Enfants ouPlanète Jeunes ;
cependant, comme ailleurs, les journaux doivent faire face à la concurrence des autres médias et notamment des sites d'information en ligne, tels queRewmi,Nettali ouPoliticos etLeral.
Économique et maniable, laradio constitue aujourd'hui le seul véritable média de masse et le moyen de communication le plus égalitaire au Sénégal[98] :
il existe des émissions en langues vernaculaires particulièrement appréciées ;
La télévision fait ses débuts au Sénégal en 1963 avec l'aide de l'UNESCO mais les émissions régulières ne débutent véritablement qu'en 1965. Grâce aux satellites, les plus fortunés peuvent capter les chaînes privées internationales, mais l'usage de la télévision reste souvent populaire et collectif :
elle doit compter aujourd'hui avec des chaînes telles que2sTV, TFM, Canal Info News, LCS, RDV,Walf TV, Touba TV,iTV, DTV, Lampfall TV et Mourchide TV - ces trois dernières étant à caractère religieux et confrérique.
Selon l'Observatoire sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal (OSIRIS)[99], le nombre d'utilisateurs d'Internet était de 650 000 en septembre2007. Au 30 septembre 2007, il y avait 34 907 abonnés, dont 33 584 avec une connexionADSL. On estimeactuellement[C'est-à-dire ?] à plus de 800 le nombre de points d'accès à Internet dans le pays. En avril 2007, 1 921 domaines « .sn » étaient déclarés et 540 sites étaient effectivement en ligne.
Dans un pays où la convivialité et la palabre sont au cœur de la vie familiale et sociale, latéléphonie mobile s'est développée très rapidement. Les deux opérateurs qui se partagent le marché sont laSonatel (dont les services sont commercialisés depuis 2006 sous la marqueOrange) etTigo. À eux deux, ils comptaient 4 122 867 abonnés le[100]. On n'en dénombrait que 269 088 pour la téléphonie fixe à la même date, mais il faut prendre en compte les 17 000 télécentres disséminés sur tout le territoire[101]. Un troisième opérateur, Expresso, appartenant au soudanais Sudatel a été admis dans le marché et en 2010 un rapport de l'Union internationale des télécommunications et de l'Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp) a fait état de 7,5 millions d'abonnés.
Maîtresse d'un homme marié, un feuilleton télévisé sénégalais enwolof, est diffusé depuis le 25 janvier 2019. Il devient un phénomène de société au Sénégal et dans la diaspora sénégalaise en dénonçant les blocages sociétaux liés à la sexualité, la polygamie ou le féminisme, ou en étant dénoncé pour cela par lesconservateurs et religieux[102].
L'apparition duchristianisme est beaucoup plus récente. Aujourd'hui, leschrétiens (catholiques, évangéliques, protestants) représentent environ 2,7 % de la population du Sénégal[103]. Enfin, malgré la dominance du christianisme et de l'islam, l'animisme est toujours présent. Il est pratiqué principalement dans le Sud-Est du pays, et cohabite souvent avec les autres religions[104].
Le Sénégal est un modèle en matière de cohabitation pacifique religieuse. Lors des différentes fêtes religieuses, les Sénégalais ont pour habitude d'offrir des repas à leurs voisins pratiquant d'autres religions. ÀPopenguine-Ndayane, les musulmans sont plus nombreux que les catholiques, mais au pèlerinage de laBasilique Notre-Dame-de-la-Délivrande de Popenguine (de tout le Sénégal), ils participent et aident à son organisation[105].
L'accès aux soins desanté au Sénégal reste inégal car le patient doit financer ses propres soins et il y a moins de dispensaires à la campagne. En 2015, l'espérance de vie à la naissance est de 68,6 pour les femmes et de 64,6 ans pour les hommes, soit de 66,7 ans pour la population globale[106] et le taux deprévalence duSIDA est l'un des plus faibles d'Afrique avec 0,9 % de la population séropositive. Selon un rapport de l'OMS le Sénégal est le pays le plus avancé dans l'organisation des soins de santé publique et privée de la sous-région, plus en avance même que certains pays du Maghreb. La faculté de médecine de l'Université Cheikh-Anta-Diop et ses annexes sont dotées d'équipements à la fine pointe de la technologie à l'image des pays européens, permettant ainsi des recherches telles que celles du professeurSouleymane Mboup sur le VIH[107].
Cependant quelquesendémies restent préoccupantes, comme lepaludisme ou lesbilharzioses, et de grandes disparités subsistent dans le pays, si l'on songe par exemple que 70 % des médecins et 80 % des pharmaciens et des dentistes sont installés[108] dans la capitale.
La médecine traditionnelle avec destradipraticiens reste souvent la solution la moins onéreuse pour les plus démunis.
Jusqu'en 1814, lescomptoirs coloniaux ne devaient avoir qu'une fonction commerciale et avaient pour interdiction de développer une activité de production. « Pas même un clou » selonColbert[111],[112]. À partir de 1814, au contraire les colonies ont une obligation d'autosuffisance, cette obligation est confirmée en 1866[112].
Le Sénégal possède la quatrième économie de la sous-région ouest-africaine après leNigeria, laCôte d'Ivoire et leGhana. Compte tenu de sa situation géographique et de sa stabilité politique, le Sénégal fait partie des pays africains les plus industrialisés avec la présence de multinationales qui sont majoritairement d'origine française et dans une moindre mesure américaine[113].
La main d'œuvre du pays se divise comme ceci : 55 % sont consacrés aux services, 14 % aux industries et 32 % est consacré à l'agriculture[114].
L'économie sénégalaise est principalement tournée vers la Chine[115], l'Europe, l'Inde... La France est le deuxième partenaire commercial après la Chine[116]. Avec quelque 270 entreprises qui opèrent dans tous les secteurs au Sénégal et fournissent 31 000 emplois[117].
la pêche constitue la principale source de devises au Sénégal. Depuis la réduction de la taxe de douane, cela a dopé l'exportation au détriment de l'écosystème des fonds marins[118] ;
le tourisme est développé essentiellement sur le littoral avec de grands complexes hôteliers internationaux et des hôtels locaux de grande qualité.
En 1994, la monnaie est dévaluée et une politique de libéralisation est activement menée. Le Sénégal essaye de rentrer dans les conditions requises par leFonds monétaire international (FMI) afin de bénéficier d'un allègement de la dette pour le développement du pays. Depuis 2006, le Sénégal est dans la liste des pays éligibles[119].
Les difficultés économiques dues au poids de la dette ont entraîné un renforcement du syndicalisme :
lesyndicalisme au Sénégal a été dans ses débuts une force d'opposition au colonialisme[réf. nécessaire], mais à présent ce sont diverses factions politiques qui soutiennent les organismes syndicaux. Ces syndicats ont la capacité d'organiser une grève dans deux États voisins[120] ou de participer à des réunions sur leNEPAD ;
le poids de la dette extérieure de ce pays pauvre très endetté (PPTE) et le secteur agricole qui emploie à peu près 70 % de la population sénégalaise laissent peu de marge pour un décollage économique. De plus, l'agriculture sénégalaise est très sensible aux aléas climatiques et aux invasionsacridiennes ;
en 2015, le président Sall a annoncé son projet de faire deDiamniadio une ville moderne afin de désengorger la capitale Dakar. Ainsi, de nombreux projets ont vu le jour dans cette ville future. On peut prendre l'exemple de l'aéroport Blaise Diagne (ouvert au public depuis 2018), letrain express régional qui a été mis en service en décembre 2021, l'hôtel 5 étoiles, la gare des gros porteurs, le stade, des logements sociaux et d'autres projets à venir. Le Sénégal reçoit un soutien technique du FMI au cours de l'exercice 2015-2017 au titre d'un instrument d'appui aux politiques (ISP) pour aider à la mise en œuvre du PSE. La mise en œuvre de l'ISP continue d'être satisfaisante, comme l'a conclu la deuxième mission d'examen du FMI en mars 2016. Les investisseurs ont manifesté leur confiance dans le pays grâce aux émissions d'Eurobonds réussies du Sénégal ces dernières années, y compris en 2014 ;
le gouvernement se concentrera sur 19 projets dans le cadre du PSE pour le budget 2016 afin de poursuivre la transformation structurelle de l'économie. Ces 19 projets incluent l'autoroute Thiès-Touba, dont le nouvel aéroport Mbour-Thiès. Le Sénégal augmentera le programme national d'allocations familiales et le programme d'urgence de développement communautaire en 2016. L'approvisionnement en électricité est une contrainte majeure pour le développement du Sénégal. Les prix de l'électricité au Sénégal sont parmi les plus élevés au monde. Power Africa, un programme dirigé par l'USAID et l'OPIC, prévoit d'augmenter la capacité de production actuelle de 500 MW à plus de 1 000 mW dans les trois à cinq prochaines années. Les récentes découvertes de gaz à la frontière sénégalo-mauritanienne et au sud de Dakar contribueront à pallier certaines des pénuries d'énergie.
Office national de lutte contre la fraude et la corruption
L'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), créé en décembre 2012 pour lutter contre d'éventuelles tentatives de corruption, est composé de onze personnes nommées par le président de la République.
Plans stratégiques de développement économique
Après la mise en place du DSRP (Documents de Stratégie de Réduction de la Pauvreté) sur la période de 2003 à 2010[124] et un plan de Stratégie nationale de Développement économique et social (SNDES) pour la période 2013-2017, le PSE, Plan Sénégal Emergent, a été adopté par le gouvernement sous la présidence de Macky Sall. Il s'agit d'un plan dont l'objectif est de rendre le Sénégal plus compétitif[125] et indépendant[126] sur le plan économique. Il se fixe comme horizon 2035 et les deux premières phases ont été lancées (2014 à 2018 et 2019 à 2023). Sa mise en application est critiquée en 2021, notamment en raison du fait qu'il est subventionné en partie par des pays étrangers[127] et que les résultats se feraient attendre dans certains secteurs, avec une augmentation du nombre de pauvres[128].
Lalittérature sénégalaise a longtemps été connue dans le monde surtout à traversLéopold Sédar Senghor, à la fois poète et homme d'État, chantre de lanégritude et figure emblématique de lafrancophonie. Parmi les autres auteurs désormais classiques[130] figurent notamment les romanciersCheikh Hamidou Kane,Birago Diop,Boubacar Boris Diop, mais aussiOusmane Sembène qui portera à l'écran quelques-uns de ses propres romans. De leur côté les femmes sont particulièrement actives, voire incisives. En 1979Aminata Sow Fall, dansLa Grève des bàttu, dépeint dans sa satire politique un petit peuple de mendiants se mobilisant contre le sort qui lui est fait. En 1980,Mariama Bâ décrit avec une grande sensibilité la société polygame dansUne si longue lettre. En 1978,Awa Thiam écrit lebest-sellerLa Parole aux négresses. En 1996, le poèteAlioune Badara Coulibaly, proche du poète Léopold Sédar Senghor, publieBon anniversaire, Sédar, rendant hommage au chantre de la négritude pour ses90 ans. Ce poète est à son cinquième livre de poésie avec le dernier intituléRayons de soleil sur Saint-Louis (2009). En 1997, la romancièreFama Diagne Sène a obtenu le Grand Prix des Lettres du Sénégal avec son romanLe chant des ténèbres. Plus récemment,Fatou Diome rencontre le succès[131] avecLe Ventre de l'Atlantique (2004), un roman qui met en scène, souvent avec humour, les rêves d'évasion des jeunes Sénégalais.
Tradition et modernisme marquent l'architecture du Sénégal. L'habitat traditionnel, sobre et fonctionnel mais plus éphémère, utilise les matériaux locaux (pierre, terre, bois, paille), comme pour les casespeules ou les cases àimpluvium casamançaises[132]. La période coloniale a laissé des traces comme à Gorée ou à Saint-Louis, et ces sites figurent aujourd'hui sur la liste dupatrimoine mondial de l'UNESCO. Aujourd'hui, l'architectePierre Goudiaby Atepa a conçu plusieurs réalisations contemporaines, telle laPorte du Troisième millénaire à Dakar. À noter aussi de nouvelles constructions telles que le tunnel de la corniche ouest et le monument de la Renaissance Africaine, inauguré en 2010. L'autoroute à péage est en cours d'exécution.
La stylisteOumou Sy lors d'un défilé sur le thème de lasignare.
Les arts plastiques ont été soutenus pendant la période où le président poète L.S. Senghor était au pouvoir à travers le mécénat d'État. Par la suite, ses successeurs ont eu des difficultés à poursuivre cette politique à cause de la crise économique. Diverses initiatives privées se sont développées afin de soutenir les artistes[133]. Ces arts sont à l'honneur à travers le sculpteurOusmane Sow de renommée internationale et deKalidou Kassé, artiste peintre.
La série detimbres émise sous l'intituléÉlégance sénégalaise célèbre ces femmes belles et séduisantes qui impressionnaient déjà les observateurs d'autrefois et inspiraient les poètes : femmespeules au port altier[134],linguères de sang royal,signares fortunées deSaint-Louis ou deGorée[135]. Même avec de modestes budgets, le souci de l'apparence perd rarement ses droits au Sénégal : boubous, coiffures et bijoux sont choisis avec soin et fréquemment renouvelés. Qu'ils portent l'habit traditionnel ou le costume, les hommes aussi sont attentifs à leurs tenues. En contrepoint, les tenues décontractées de certainstouristes déconcertent parfois.
Créateur de mode à Saint-Louis, Sénégal.
Dans le prolongement des activités anciennes detissage et deteinture, l'industrie de lamode s'est tout naturellement épanouie dans le pays, avec quelques personnalités de premier plan telles queCollé Ardo Sow, Claire Kane et surtoutOumou Sy, à la foiscostumière,styliste,décoratrice et femme d'affaires au rayonnement international[136].
Lecinéma sénégalais[137] est l'un des plus anciens d'Afrique. Ses représentants les plus connus sont les cinéastesOusmane Sembène — également romancier — etDjibril Diop Mambety, auxquels il faut ajouterTidiane Aw, ouSafi Faye, réalisatrice de films documentaires. Ces productions sont souvent mieux appréciées à l'étranger qu'au Sénégal où beaucoup de salles ont fermé, concurrencées par le marché plus florissant de la vidéo. On remarque également quenombre de films d'origines diverses ont été tournés dans ce pays au climat propice et aux paysages des plus photogéniques. Il y existe leFonds de promotion de l'industrie cinématographique et audiovisuelle (FOPICA) dont le secrétariat permanent est assuré parAbdoul Aziz Cissé depuis sa création[138].
Les grands noms de lamusique sénégalaise contemporaine sont :Youssou N'Dour, auteur-compositeur, musicien et interprète de renommée internationale.Baaba Maal est un auteur-compositeur, interprète qui se produit internationalement ainsi queIsmaël Lô, auteur-compositeur et interprète.Omar Pène, auteur-compositeur et interprète et Coumba Gawlo Seck, auteur-compositeur.
Djembé,sabar,kora,xalam, tambour d'aisselle etbalafon font partie des instruments traditionnels[139] toujours très populaires. Parmi les instruments de percussion, le sabar et le mbalax désignent à la fois l'instrument de musique, un style de musique et une danse. Ce sont des sons typiques de la culture sénégalaise.Thione Seck qui est un auteur-compositeur-interprète dembalax a su adapter la tradition et la modernité : il est apprécié par des fans de tous âges au Sénégal. Pape Diouf et Ndongo Lô (décédé le 16 janvier 2005), Ismael Lô (appelé Bob Dylan sénégalais) sont également des artistes de l'univers du mbalax.Cheikh Lô, auteur-compositeur, musicien et interprète a su allier le mbalax et des influences reggaes. À noter,Viviane Chidid, meilleure artiste sénégalaise 2006 et reine du mbalax, une des rares artistes féminines à avoir su se faire une place. Les instruments à corde telle que la kora connue dans toute l'Afrique de l'ouest sont à présent connus en dehors du continent à travers des groupes de jazz ou de world music.
Yassa de poulet.
DansUn grain de vie et d'espérance[140], la romancièreAminata Sow Fall met en scène la place essentielle occupée par lacuisine sénégalaise dans la culture et la vie quotidienne du pays. La « teranga », ce sens de l'hospitalité cher au cœur des Sénégalais, s'exprime souvent autour d'un plat unique réunissant la famille et les amis. Relativement peu connue à l'étranger en dehors des communautés issues de l'immigration et de quelques restaurants de grandes villes, la cuisine sénégalaise a attiré l'attention des médias avec la publication du livre deYoussou N'Dour,La cuisine de ma mère[141], vibrant hommage aux valeurs familiales comme aux plats relevés et longuement mijotés.
Cette cuisine présente quelques similitudes avec celles des pays d'Afrique de l'Ouest, mais elle accueille d'autres influences, venues d'Afrique du Nord, du Liban, de France ou du Portugal. Elle fait un large usage dupoisson et des céréales (riz etmil) dans les plats nationaux, comme lathiéboudiène, le yassa de poulet, le thiéré, le maffé, la soupe kandia ou cette préparation plus sophistiquée qu'est le mulet farci à la saint-louisienne. Dans un pays majoritairementmusulman, lethé, la tisane dekinkeliba et lebissap l'emportent sur les alcools, mais les bières locales –Flag ouGazelle – et levin de palme enCasamance ont aussi leurs adeptes.
Société
Le Sénégal est communément appelé « le pays de la téranga ». Le terme « téranga » désigne des valeurs d'hospitalité, de solidarité et de partage. Nous pouvons affirmer que le peuple sénégalais évolue globalement en société, il est très collectiviste.
De plus il existe de nombreux groupes ethniques au Sénégal tels que les Soninkés, les Mandingues, les Lébous, les Peuhls, les Diolas, les Toucouleurs, etc.
En parallèle aux ethnies, on y retrouve les castes. Les ethnies et lescastes ne sont pas liées. Lesethnies représentent les regroupements culturels, le système des castes lui représente la hiérarchisation sociale. Cette hiérarchisation sociale prend ses bases sur le métier exercé par les ancêtres des années en arrière[142].
Dans le système des castes, on retrouve les nobles (« geer ») qui englobent les agriculteurs et les éleveurs, les griots (« gewel ») dont le rôle est de chanter les louanges des nobles, les artisans (« jef lekk ») qui présentent différentes catégories dont les « teug » qui sont les forgerons, les « ude » qui désignent les cordonniers, les « laobé » qui sont les ébénistes et enfin les « maabo » qui sont les tisserands.
Auparavant, c'est le nom de famille qui permettait d'identifier l'appartenance[143] à une caste[144]. De plus le système de caste était très visible. Ce n'est le cas que dans certaines parties du Sénégal de nos jours, à cause du brassage culturel[145].
Cependant, il n'en demeure pas moins présent dans la société sénégalaise. Ce système crée des divergences sur plusieurs plans, comme pour les mariages : il est très difficile, voire impossible pour deux personnes de castes différentes de se marier. De plus, le Sénégal n'a jamais eu de président étant d'une autre caste que la caste des nobles[146].
Langues
Il existe une grande diversité linguistique à travers leslangues au Sénégal. La Constitution de 2001[147] a reconnu au français le statut de langue officielle et à six langues celui de langues nationales, lewolof — langue parlée par le plus grand nombre de personnes même appartenant à d'autres ethnies — lesérère, lepeul (aussi appelé fulfulde ou pular), lemandingue, lesoninké et lediola. Cinq autres langues vernaculaires ont été promues peu après : lehassanya, lebalante, lemancagne, lenoon et lemanjaque ; suivies de trois autres langues : leménik, l'oniyan et lesaafi-saafi[148].
Au total,22 langues bénéficient du statut de langue nationale au Sénégal[149].
Le Sénégal est membre de l'assemblée parlementaire de la francophonie depuis 1967[150] ainsi que de l'organisation internationale de la francophonie depuis 1970[151]. Le français est la langue officielle et de l'administration, parlée par 29 % des Sénégalais en 2014[152]. L'enseignement de l'école publique se fait en français. L'introduction des langues nationales est toutefois envisagée afin d'améliorer l'enseignement[153]. Le wolof, parlé par 93,5 % de la population[154],[148], est la langue qui compte le plus de locuteurs, principalement dans les grands centres urbains. Elle est très utilisée dans le commerce et sert de langue de communication entre personnes parlant des langues différentes[148]. La forte progression du français (notamment parmi la nouvelle génération) menace les langues locales de disparition, sauf le wolof.
Éducation
Salle de classe dans un village.
Lesystème éducatif du Sénégal est l'un des plus avancés sur le continent[155]. Le Sénégal peut se targuer d'avoir un enseignement de qualité[156] avec des équivalences de diplômes des universités étrangères les plus prestigieuses tant en France qu'aux États-Unis[157].
Ceci permet également des échanges avec des étudiants qui viennent étudier au Sénégal dans le cadre d'études spécifiques sur le pays ou des étudiants sénégalais qui partent à l'étranger afin de diversifier leurs connaissances dans le cadre de recherche.
La population étant très jeune, la demande en formation est très forte sans compter la jeunesse des autres pays africains plus pauvres qui tente de terminer ses études à Dakar.
Malgré un taux de réussite aubaccalauréat similaire en 2000 (37,67 %) et en 2011 (38,4 %), le nombre de bacheliers est passé dans l'intervalle de 9 000 à 30 000. Et naturellement, 80 % de ces bacheliers ont cherché à s'inscrire à lafaculté, « objet de promotion sociale et de fierté, pour lequel les familles et les étudiants sont prêts à réaliser d'énormes sacrifices », explique le chercheur Olivier Provini, qui travaille sur les réformes universitaires africaines[158]. Le problème majeur auquel font face ces nombreux bacheliers est la maîtrise du français : durant tout leur cheminement scolaire, ils doivent jongler entre le français et la langue nationale, le wolof.
De nouvelles universités publiques ont été créées àBambey,Thiès etZiguinchor et les salaires des professeurs ont été revus à la hausse sous la présidence deAbdoulaye Wade, ce qui a permis de freiner lafuite des cerveaux universitaires et à encourager le retour de certains qui étaient en Europe, aux États-Unis et ailleurs en Afrique[159]. L'université de Kaolack va bientôt ouvrir ses portes également sous la présidence du nouveau président de la république Macky Sall. Cette nouvelle université va permettre le désengorgement des autres universités du pays mais aussi l'orientation d'un grand nombre d'étudiants. Ceci va aussi permettre le développement des autres régions du pays.
Le Sénégal est membre de l'organisation de laFrancophonie (qui fut un temps dirigée par son ancien Président Abdou Diouf) et est devenu un pays observateur au sein de lacommunauté des pays de langue portugaise (CPLP).Le Sénégal envisage de devenir membre à part entière de la CPLP[réf. nécessaire] alors que leportugais n'est parlé que par une très faible part de la population. L'inauguration de la deuxième université de Dakar et de celle duSine Saloum est prévue début 2017.
De nombreuses personnalités de renommée internationale ou ayant eu une influence historique ou culturelle sont d'origine sénégalaise ou tout simplement nées au Sénégal. Parmi les plus connues :
Les ordres nationaux du Sénégal répondent à un souci de vouloir distinguer par des signes particuliers les individus ayant accompli des actions d’éclat[160].
↑YvesModéran, « Les Maures et l’Afrique romaine (IVe-VIIe siècle) [Texte] »,Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome,vol. 314,no 1,,p. 0–0(lire en ligne, consulté le)
↑a etbA. de Spengler, J. Castelain, J. Cauvin et M. Leroy, « Le bassin secondaire et tertiaire du Sénégal »,Symposium New Delhi (1964), coordination D. Reyre (éd.), 1966,p. 80-94.
↑M. V. Latil-Brun et R. Flicoteaux, « Subsidence de la marge sénégalaise, ses relations avec la structure de la croûte. Comparaison avec la marge conjuguée américaine au niveau du Blake Plateau »,Bulletin des Centres de Recherche Exploration - Production Elf Aquitaine,vol. 10,no 1, 1986,p. 69-82.
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↑Gilbert Crevola, Jean-Marie Cantagrel et Christian Moreau, « Le volcanisme cénozoïque de la presqu'ile du Cap-Vert (Sénégal) : cadre chronologique et géodynamique »,Bulletin de la Société géologique de France,vol. 165,no 5,,p. 437–446(lire en ligne[PDF]).
↑Le premier contact avec les populations n'est pas très amical :« Gomez Piriz, capitaine d'une caravelle (…) posa un gâteau, un miroir et une feuille de papier sur laquelle il dessina une croix, et les Noirs (…) brisèrent le gâteau et le jetèrent au loin et avec des javelots ils tirèrent sur le miroir jusqu'à ce qu'il fût mis en pièces et déchirèrent le papier. Gomez Piriz ordonna de tirer sur eux avec des arbalètes et les Noirs ripostèrent avec des flèches empoisonnées et des javelotsCamara, Histoire de Gorée, 2003, p.15 »
↑Joseph Roger de Benoist et Abdoulaye Camara,op. cit., p. 15 et 139
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↑a etbCR Assemblée nationale fr : « Ainsi la charte de l'exclusive coloniale issue de l'Edit de Fontainebleau de 1727 renforçait le principe d'interdit industriel édicté par Colbert et selon lequel pas un clou ne devait sortir des colonies... Elle fut assouplie en 1763 pour permettre aux colonies d'exporter dutafia, alors interdit d'importation en France pour ne pas concurrencer les eaux-de-vie du royaume. En 1866, le Second Empire confirma une disposition de la Restauration de 1814, selon laquelle les colonies doivent satisfaire à leurs dépenses.».
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↑« C’était hier à Saint-Louis parmi la Fête, parmi les Linguères et les Signares Les jeunes femmes dromadaires, la robe ouverte sur leurs jambes longues Parmi les coiffures altières, parmi l’éclat des dents le panache des rires des boissons », Léopold Sédar Senghor, « Élégie pour Martin Luther King », dans « Élégies majeures, poèmes », Le Seuil, 1979, 123 p.(ISBN978-2-02-005231-3).
↑Abou Bakry Kébé et Mamadou Diop, « École et langues nationales au Sénégal. À la recherche d’une terminologie opérationnelle : regard sur le modèle bilingue pulaar-français d’A.R.E.D. »,Éla. Études de linguistique appliquée,no 2023,(lire en ligne).
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