À l'origine chemin établi sur la partie du fossé de la ville aboutissant à la Seine, cette rue est baptisée « rue de Seine » en 1489. Elle porte un temps le nom de « rue du Sénat » à partir de 1867. Elle n'a été bâtie qu'à partir de 1535 environ.Elle est citée sous le nom de « Grand rue de Seine » dans unmanuscrit de 1636.
La partie comprise entre lequai Malaquais et larue de Buci est la seule qui soit ancienne, elle remonte au milieu duXIIIe siècle et portera les noms de « chemin du Pré aux Clercs », « chemin tendant de la Porte de Buci au Pré aux Clercs », « chemin de la Porte de Buci à la Seine », « chemin du Pilori au Pré aux Clercs[1] ». SelonSauval, la rue s’appela « rue Dauphine » en raison de l’« hôtel Dauphin », situé auno 18. Sous lePremier Empire et à l'époque de laRestauration, elle est appelée « rue de Seine-Saint-Germain[2],[3] ».
— Le peintreJean Jouvenet ditle Grand y meurt le, dans son logement[6].
— L'écrivainJules Sandeau (1811-1883) y vécut à partir de la fin des années 1850 ou du début des années 1860 et jusqu'à sa mort, dans un logement de fonction[7] , à moins de 200 mètres de distance de l'appartement où, dans sa jeunesse, il allait retrouverGeorge Sand (voirno 31).
Face à ce palais, dans une des premières maisons (disparue) du côté impair, logea de 1610 à 1612Vincent de Paul (1581-1660), alors aumônier de la reine Marguerite de France.
Nos 2 et 4 (et 1,quai Malaquais) :square Honoré-Champion, aménagé en 1947. Son emplacement est celui qui fut occupé en 1628 par un des trois lots issus de l'ancien palais de la Reine Margot[1]. Ce petit square — entretenu par les services des parcs et jardins de la Ville de Paris, clôturé par une grille et fermé au public — abritait depuis 1962 une statue en pied deVoltaire (réalisée en 1945-1947), en pierre, sculptée parLéon-Ernest Drivier[8] (1878-1951). Cette œuvre contemporaine qui appartient auCentre national des arts plastiques (CNAP) dépendant duministère de la Culture a été enlevée par les services de laMairie de Paris en[9]. Une copie en résine de marbre est cependant réinstallée dans le square au printemps 2024[10].
— Tannegui Séguier († 1642), président auparlement de Paris, locataire ;
— deux ambassadeurs extraordinaires de la Hollande, en 1697 et 1698 ainsi que le cardinalcardinal Gualterio († 1728), en 1713 à titre privé, logés à l'hôtel meublé de luxe dénommé hôtel de la Reine-Marguérite qui y était implanté de 1680 à 1717 ;
— À partir de 1807,Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), peintre favori de l'impératriceJosephine et spécialiste de l'art délicat de la reproduction des roses, loua un appartement de neuf pièces dans cette demeure dite « hôtel Mirabeau ». Il y établit un grand atelier où il employa toute une équipe de graveurs et devint son propre éditeur[14]. Il y demeura encore lorsqu'il fut frappé d'une congestion cérébrale durant un cours de dessin donné au jardin des plantes du Muséum d'histoire naturelle. Ramené à son domicile parisien, il y mourut auprès de sa femme et de sa fille, le, et fut inhumé le au cimetière du Père-Lachaise[15].
— Le pharmacienJean-Nicolas Gannal (1791-1852), inventeur d'un procédé d'embaumement y mourut en son domicile en 1852. Son fils, le médecin Adolphe Antoine Gannal (1826-1895) y habita encore en 1895[16].
No 14 (et 2,rue des Beaux-Arts) : emplacement de l'anciennegalerie d'art connue sous le nom de galerie Pierre, ouverte en au 13,rue Bonaparte (6e arrondissement) parPierre Loeb (1897-1964), en collaboration avecHenriette Gomès, modèle du peintreJules Pascin, puis transférée ici en 1926 où elle resta en activité jusqu'en 1963. Pierre Loeb mourut l'année suivante[18]. Les annonces et cartons d'invitation aux vernissages portent les deux adresses« 2, rue des Beaux-Arts (14, rue de Seine) ».
Le peintre et dessinateurJacques Augustin de Silvestre (1719-1809), maître à dessiner des Enfants de France y avait un appartement après la Révolution, où il mourut le[22].
Dans les premières années de son mariage, conclu en 1818,madame Ancelot (1792-1875) y établit son atelier de peinture et son salon littéraire[23].
Nos 35 et 37 : immeuble (première moitié duXIXe siècle[34]) à usage mixte de logements et commerces, de 5 étages à 5 travées sur rez-de-chaussé, qui communique par un passage avec le 36 bis,rue Mazarine ; — emplacement de l'ancienne galerie Visconti[35] fondée en 1946 auno 35 par le marchand d'artMaurice Garnier (1920-2014), avec lequel son confrère et protecteur Emmanuel David partagea, à partir de 1957, un contrat d'exclusivité signé en 1948 avec le peintre expressionnisteBernard Buffet[36]. Ultérieurement, Garnier transféra le siège de ses activités vers l'avenue Montaigne où la nouvelle galerie Maurice Garnier, inaugurée en 1956, est exclusivement dédiée à l'œuvre de Buffet depuis 1977[37].
Le poèteCharles Baudelaire (1821-1867) habita à l’hôtel du Maroc de à. À partir du mois de juillet de cette même année, il revint loger rue de Seine, auno 27[31].
À cet endroit se trouvait un ancien jeu de paume, transformé à partir de 1831 en atelier d'imprimerie-lithographie parJoseph-Rose Lemercier[44] (1803-1887). Son neveu Alfred lui succéda en 1887[45] à la tête de l'Imprimerie Lemercier[46].
On remarque au-dessus de l’entrée uncartouche portant les mots « Henri Diéval Maître Imprimeur », propriétaire de l’immeuble et y demeurant dans les années 1920[47], imprimeur[48].
Le peintreMartin Drolling (ou Drölling, 1752-1817) habitait rue de Seine lorsqu'il se maria en 1785 en secondes noces avec Louise-Elisabeth Belot, fille du peintre Michel Belot qui était installérue de l'Arbre-Sec, au chevet de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois[56] comme marchand de couleurs et de tableaux, restaurateur et fournisseur de matériel pour artistes peintres. Par la suite Drölling vécut dans son logement de la rue de Seine en compagnie de son épouse[57].
Dans le romanLa Duchesse de Langeais achevé en 1834,Honoré de Balzac place le domicile dugénéral de Montriveau dans la partie méridionale de la rue de Seine, à proximité de lachambre des pairs, qui siège aupalais du Luxembourg.« Armand demeurait rue de Seine, à quelques pas de la chambre des pairs, où il devait y avoir une séance ce jour-là. Mais longtemps avant que les pairs ne se rendissent à leur palais, quelques personnes aperçurent la voiture et la livrée de la duchesse. »
C'est rue de Seine qu'en 1953Guy Debord écrivit à la craie blanche sur un mur le slogan :« Ne travaillez jamais[61]. »
Rue de Seine est le thème et le titre d’un poème deJacques Prévert.
↑L'Impératrice Joséphine et les sciences naturelles, catalogue de l'exposition tenue au musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, du 29 mai au 6 octobre 1997, Réunion des musées nationaux, 1997,p. 74
↑Billet d'enterrement, dans Charles Léger,Redouté et son temps, Éditions de la Galerie Charpentier, 1945,p. 112.
↑Gannal, Antoine, fiche du comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), institut rattaché à l'École nationale des chartes (en ligne).
↑Zoé Blumenfeld, « Jeanne Hébuterne, avec et sans Modigliani »,Le Quotidien des Arts, 11 février 2003.
↑Théodore Lévi Alvarès,D. Lévi Alvarès, chevalier de la Légion d'honneur, fondateur des cours de l'éducation maternelle : éducation des femmes, L. Cerf, Paris, 1909p. 13 (en ligne) sur le site Gallica de laBnFgallica.bnf.fr.
↑Nicolas Petit,Éditeur exemplaire, modèle de père, héros de roman. Figures d'Hetzel, Bibliothèque de l'école des chartes, 2000,vol. 158,no 1,p. 197-221 (en ligne).
↑Philippe Béchu,De la paume à la presse : étude de topographie et d'histoire parisiennes. Recherches sur les immeubles des 57 rue de Seine et 62 rue Mazarine, leurs occupants et leurs familles, Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Île-de-France, 1998, 490 p.