
Les États que l’on appellenéo-hittites,syro-hittites,syro-anatoliens[1] ou plutôtlouvito-araméens[1], sont des entités politiques de languelouvite,araméenne ouphénicienne qui se sont créées au début de l’Âge du fer dans le nord de laSyrie et le sud de l’Anatolie, après l'effondrement de l'Empire hittite vers Elles ont perduré jusqu'à leur incorporation successive dans l'Empire néo-assyrien au cours duVIIIe siècle av. J.-C.
Le qualificatif « néo-hittite » est parfois réservé aux seules principautés qui parlaient louvite, commeArslantepe etKarkemish. Dans un sens plus large, l'expression « syro-hittite » est appliquée à toutes les entités qui se sont développées au sud de la partie centrale de l'Anatolie après la chute de l’empire hittite — telles queTabal etQuwê — ainsi qu'à celles du nord de la Syrie et de ses zones côtières[2],[3].
Selon Mirko Novák,
« On utilise généralement les termes « néo-hittite, », « syro-hittite » ou « syro-anatolien », que l'on peut toutefois contester par des arguments pertinents : le premier terme souligne apparemment une attribution ethnico-linguistique, bien que la langue hittite ne soit nullement attestée dans ces principautés ; le deuxième insiste également sur la composante hittite et néglige par ailleurs, en se focalisant sur l'espace géographique syrien, les régions anatoliennes ; le troisième, quant à lui, reste tout à fait neutre quant aux aspects culturels et chronologiques et se borne à désigner un vaste horizon géographique. Bien que les groupes linguistiques dominants de cette aire culturelle aient été non pas les Hittites, mais en premier lieu lesLouvites et lesAraméens, le qualificatif « néo-hittite », connoté culturellement, semble ici toutefois le plus adapté, à côté du terme « louvito-araméen », plus approprié d'un point de vue linguistique, dans la mesure où les souverains de ces principautés expriment dans leur titulature et dans l'iconographie un sentiment d'identité qui se rattache délibérément à la tradition de l'Empire hittite[1]. »
L'effondrement de l'âge du bronze récent est l'effondrement de l'empire hittite et des cités et royaumes de l'Âge du bronze récent auLevant et enmer Égée entre 1200 et Il a culminé avec l'abandon définitif d’Hattusa, la capitalehittite, vers Il s'est accompagné d'un affaissement des réseaux commerciaux en Méditerranée orientale[4]. Les centres urbains ont alors été désertés et les populations se sont dispersées dans un grand nombre de villages, hameaux et fermes dans toute la région[5].





Les États syro-hittites sont apparus sur l'ancien territoire de l'Empire hittite, sous la forme d'États régionaux avec de nouvelles structures politiques. David Hawkins est en mesure de retracer un lien dynastique entre la lignée impériale hittite et les « Grands Rois » et « seigneurs locaux » d’Arslantepe et Karkamish au début de l'Âge du fer, montrant une forme de continuité entre l'Âge du bronze et l'Âge du fer sur ces sites[6],[7].
Des fouilles archéologiques montrent aussi une continuité relative àAlep, en Syrie (temple du dieu des tempêtes, sur la Citadelle)[8] et àAyn Dara (temple d’Ishtar-Shawushka)[9], où des temples construits à l'Âge du bronze ont été réutilisés à l'Âge du fer, avec des reconstructions ou restaurations à l'Âge du fer ancien.
Les États syro-hittites peuvent être divisés en deux groupes : un groupe du nord, où les dirigeantshittites sont restés au pouvoir, et un groupe du sud, où lesAraméens sont arrivés au pouvoir aux environs de[10],[11].
Le groupe du nord comprend :
Le groupe du sud, ou groupe araméen, comprend :
Les inscriptions en languelouvite sur les monuments continuent à l'Âge du fer à être gravées enhiéroglyphes hittites àKarkemish,Arslantepe,Alep et ailleurs[13]. Les hiéroglyphes louvites ont été choisis par de nombreux royaumes régionaux syro-hittites pour leurs inscriptions sur les monuments, qui apparaissent souvent en version bi- ou trilingue avec l’araméen, lephénicien ou l’akkadien.
L'âge du fer ancien en Syrie a également vu une expansion progressive de l'écriture alphabétique enaraméen etalphabet phénicien. Les contacts commerciaux avec le Levant duXe au VIIIe siècle av. J.-C. ont incité les Grecs et lesPhrygiens à adopter l'écriture alphabétique des Phéniciens[14].
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