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Situation des royaumes wisigoth et ostrogoth en Europe en 500.
Extension du royaume wisigoth de Toulouse vers 500. La partie de la péninsule Ibérique qui n'est pas sous leur contrôle, à savoir leroyaume suève, tombe en584.
Lefœdus de 418 officialise ce nouveau royaume, sous le statut depeuple fédéré à Rome, en charge des territoires deNovempopulanie et d'Aquitaine seconde. Les wisigoths font deToulouse leurcapitale. Leur territoire englobe alors la partie de laFrance actuelle située entre laLoire et lesPyrénées et une bonne partie de la péninsule Ibérique.
Euric rompt le fœdus quand la famille impériale disparaît, constituant un royaumede facto autonome. Les conquêtes continuent alors en Ibérie, en Auvergne et en Provence, consolidant le royaume.
Les conflits religieux restent vifs jusqu'auconcile de Tolède (en 589), qui amène à la conversion des Wisigoths auchalcédonisme, majoritaire en Europe occidentale.
Après l'annexion duroyaume des Suèves en 585, les Wisigoths contrôlent militairement — plus que politiquement — toute la péninsule Ibérique, sauf les zones montagneuses du nord occupées notamment par lesBasques. On parle alors del'Hispanie wisigothique, qui culmine avec le choix deTolède comme capitale centralisatrice vers 560. LesRomains d'Orient hispaniques sont absorbés dans les années 620.
Le soulèvement de laSeptimanie et desVascons en 673, suivis de raids musulmans venus d'Afrique du nord, ainsi que des épidémies et des rébellions des vassaux, fragilisent les successions à la tête du royaume. Profitant de la situation, les Omeyyades débarquent à nouveau en avril 711, et, le 19 juillet 711, remportentune victoire facile face à une armée wisigothe qui y perd son roi,Rodéric, trahi par certains des siens, ainsi qu'une bonne partie de sa noblesse. Du fait du morcellement des forces wisigothes, le royaume est conquis par les Omeyyades (Tolède est prise fin 711). Lawilaya d'al-Andalus est fondée.
Les Wisigoths se disputent autour la succession royale, subissant la conquête en 711-712, et finissent par se réfugier enSeptimanie. Leur royaume disparaît définitivement par la conquête de ce territoire par lesOmeyyades en 719, et la mort d'Ardo en 720.
Après avoir occupé l'Italie,mis à sac Rome, en 410, lesGoths dirigés parAlaric Ier partent vers leSud de l'Italie et notamment laSicile, mais soudain Alaric meurt, etAthaulf est élu roi. Il décide alors de se mettre au service de l'empereur d'OccidentFlavius Honorius. Ce dernier les incite à repartir enGaule pour mater les barbares et les rébellions des militaires romains et en particulier mettre fin à l'usurpation deJovin. En échange il leur donne l'Aquitaine. Toulouse,Bordeaux etNarbonne accueillent les Wisigoths en pacificateurs. Athaulf s'installe à Narbonne, où il épouse en 414 sa jeune captive,Galla Placidia, fille deThéodose et sœur d'Honorius. Il devient ainsi le beau-frère de l'empereur, ce qui déplaît à ce dernier, qui doit s'en accommoder. Il incite alors les Wisigoths à reconquérir l'Espagne, envahie par lesSuèves, lesAlains et lesVandales. Ils traversent lesPyrénées et s'installent àBarcelone, mais Athaulf est assassiné en 415.Wallia lui succède. Il continue la conquête de l'Espagne jusqu'àGibraltar. Après une longue guerre de 415 à 418, il chasse tous les barbares ennemis de l'Empire romain.
La réussite de cette entreprise conduit l'assemblée générale desSept-provinces méridionales, réunie enArles le, à faire la demande à l'empereur Honorius de rappeler les Wisigoths pour y restaurer la sécurité et repousser lesSaxons[8].
Des relations entre le régime impérial romain et l'épiscopat, les Wisigoths ont hérité de la notion de statut divin du monarque qui, sous l'influence de l'arianisme, établit une analogie entre la subordination du Fils au Père et celle due à un roi qui reçoit « directement de Dieu sa sacralisation et sa mission de conduire les hommes au salut ». Tête de l'Église chrétienne de son peuple, le roi l'est également de l'Église à laquelle appartiennent ses sujets romains. La politique desrois wisigoths envers les évêques dépendant dupape est en général placée sous le signe de la tolérance.Alaric II convoque même leconcile d'Agde en septembre 506 pour tenter de parvenir à la réconciliation entreariens ettrinitaires.
Bien que les Wisigoths aient commencé à s'établir en Espagne depuis la fin duVe siècle, leur installation ne se fait pas sans difficultés. Trop peu nombreux pour occuper toute la péninsule, le peuple wisigoth est surtout établi au nord de laMeseta, entre leTage et l'Èbre, s'implantant dans ces régions montagneuses et boisées au rude climat plutôt qu'enBétique et sur la côteméditerranéenne. Peut-être qu'en groupant les Goths dans ces terres peu peuplées et moins romanisées du Nord, leurs rois ont voulu ainsi préserver la cohésion nationale, évitant ainsi une romanisation rapide et une absorption parmi la masse hispano-romaine de la moitié sud du Royaume. On estime la population wisigothe, et plus largement « barbare » (car les Wisigoths étaient constitués, en plus de Goths, d'autres peuplades) à 200 000 individus au maximum pour une population ibérique estimée à 3 ou 4 millions d'individus. De plus, ils se heurtent à la résistance des élites urbaines dans lesprovinces profondément romanisées de laBétique (Andalousie actuelle) et de laLusitanie (Estrémadure etPortugal) ; ils occupent donc majoritairement le centre de la péninsule. Lesnécropoles wisigothiques se concentrent surtout au centre de la péninsule, enVieille-Castille, notamment dans l'actuelleprovince de Ségovie, et dans une moindre mesure enNouvelle-Castille (cf. nécropoles deCacera de las Ranas, deCastiltierra, deDuratón, d'El Carpio de Tajo, deHerrera de Pisuerga, deVicálvaro, etc.).
La domination wisigothe est donc surtout militaire. Ils cantonnent des troupes dans les principales cités d'Espagne. En effet, depuis l'arrivée des Wisigoths enGaule en 412 puis, après leurs premières expéditions en Espagne quelques mois plus tard pour combattreVandales,Suèves etAlains à la solde deRome, les Wisigoths ont régulièrement lancé des raids militaires pour affirmer leur puissance face aux autochtones mais surtout face aux Suèves, organisés en un petit royaume dans le nord-ouest du pays. En 476,Euric, l'un des plus grands rois goths, annexe toute l'Espagne ; son fils et successeurAlaric II amorce la colonisation wisigothe dans le nord du pays. Ne disposant pas de l'intégralité de ses troupes et de la célèbre cavalerie wisigothe, il enrôle dans son armée de nombreuxGallo-romains pro-wisigoths mais peu aguerris et motivés, ce qui aurait contribué à sa défaite face au roifrancClovis (bataille de Vouillé en 507, au cours de laquelle Alaric II est tué). Ce dernier doit aussi affronter des désordres civils, ses sujetsnicéens lui reprochant d'adhérer à l'arianisme[9].
Les suites de la défaite contre les Francs (507–531)
Lors de sa plus grande extension, avant l'année 507, le royaume wisigoth comprend l'Aquitaine, laSeptimanie, laProvence ainsi que la majorité de lapéninsule Ibérique, à l'exception du nord et du nord-ouest, respectivement occupés par les Vascons et leroyaume suève.
En 508, moins d'un an après la bataille de Vouillé, les Francs de Clovis prennent avecToulouse le contrôle de l'Aquitaine et obligent les Wisigoths à se replier dans un premier temps àNarbonne, oùGeisalic est proclamé nouveau roi wisigoth. L'Auvergne tombe progressivement à partir du décès d'Apollinaire de Clermont malgré les résistances de sa famille qui se poursuivent jusqu'àArcade de Bourges.
La pression franque pousse ensuite les Wisigoths, qui ne conservent au nord des Pyrénées que la Septimanie, à se replier en masse sur l'Hispanie où ils établissent leur capitale àBarcino (Barcelone) de 531 à 542, avant de se replier définitivement plus au sud, àTolède. Une nouvelle période commence, qui va durer un peu plus de deux siècles et unir indissolublement les Wisigoths à la péninsule Ibérique.
Après531, le principe dynastique est par ailleurs abandonné au profit d'une élection, bien que des tentatives d'hérédité agnatique aient eu lieu sporadiquement. Les rois étaient alors issus de diverses familles nobles wisigothiques, sans dynastie dominante. Le IVe Concile deTolède (633) institutionnalisa l'élection, interdisant les successions héréditaires pures et exigeant que les rois meurent "en paix" (sans violence). L'onction religieuse par les évêques est apparue au VIIe siècle, marquant l'influence croissante de l'Église après la conversion aucatholicisme en 589. Le système électif favorisait une élite restreinte de familles aristocratiques (duces, comtes et sénateurs gothiques), d'où l'instabilité et les usurpations fréquentes. Ce système collégial était souvent manipulé par des factions militaires ou ecclésiastiques, il conduisit à de nombreux régicides[Note 1].
Inquiet de la situation, le roiTheudis s'empare deSeptem au sud dudétroit de Gibraltar, mais finit par la céder rapidement aux romains et ne parviendra jamais à remettre les pieds enAfrique, en dépit d'un siège de la ville en 547. Son successeurAgilaIer doit essuyer une révolte des citoyens romains du royaume qui lui sont opposés, principalement en raison de sonarianisme. Cette dernière est conduite parAthanagilde, unchalcédonien revendiqué qui a donc la sympathie de Justinien. Pour soutenir Athanagilde, Justinien lui envoie donc une troupe dirigée par le vieuxLibérius. Débarquée en 552 sur un territoire à cheval entre les actuellesprovinces espagnoles deMalaga et deGrenade, elle réussit à prendre plusieurs villes clés commeAsidona,Cordoue,Malaga,Basti etCarthagène. Après l'accession au trône d'Athanagilde, les relations se corsent entre lui et les Romains. La reconquête justinienne de l'Hispanie se limite donc au sud de lapéninsule Ibérique.
L'unification territoriale et politique de l'Hispanie (Occitanie, Espagne et Portugal actuels) est accomplie sous le règne deLéovigild (569–586), établi dans sa capitale deTolède, et celui de son filsRécarèdeIer (586–601). Le royaume des Wisigoths devient ainsi tel un « empire hispanique », égal à l'Empire romain[Note 2]. Léovigild prend le nom de Flavius, frappemonnaie à son effigie et adopte comme symboles du pouvoir la couronne, le sceptre et le manteau royal couleur pourpre. Il promulgue des lois qui complètent leBréviaire d'Alaric et, à l'instar desempereurs romains, fonde des villes commeVitoria et en 578,Recopolis en l'honneur de son fils Récarède , en amont de Tolède. Il tente aussi d'unifier l'Espagne sous la bannière de l'arianisme, lechristianisme nicéen faisant alors l'objet de nombreuses tracasseries.
En 586, en représailles de l'invasion de laSeptimanie parGontran l'année précédente, les Wisigoths lancent une campagne autour de la région d'Arles, inondant la ville en détournant les eaux duRhône[10].
Le concile de Tolède (589) et la conversion des Wisigoths au christianisme nicéen
Tant que lesrois wisigoths exercent le pouvoir sur les populations autochtones au nom du seul Empire romain et en vertu de titres tels que « maîtres de l'armée », l'unification doctrinale n'a pas lieu d'être. À partir du moment où leur pouvoir se substitue pleinement à celui de l'empire, ils ne peuvent plus tolérer l'existence de deux Églises avec leurs hiérarchies respectives et les possibilités de sédition que favorise une telle situation.Léovigild tente alors dans un premier temps d'unifier l'Hispania sous la bannièrearienne, en avantageant systématiquement les prélats et nobles de cetteforme du christianisme, considérée comme « hérétique » par lesorthodoxes.
Influencé parLéandre de Séville, Récarède pour sa part seconvertit auchalcédonisme (ouchristianisme nicéen, appelé « catholicisme » par les sources postérieurs auschisme de 1054) lors duIIIe concile de Tolède (589) et poursuit ensuite l'unification de l'Hispanie sous l'égide de l'Église romaine. La cérémonie de conversion a lieu en 587 et est solennellement ratifiée lors du concile que le roi convoque à Tolède deux ans plus tard. Cet événement, qui consiste surtout en l'abandon de certains points de la doctrine arienne, est magnifié par les historiens duXIXe siècle qui cherchent un acte de baptême de la« nation espagnole », de manière à assimiler l'identité espagnole au catholicisme militant des souverains de la réunion des couronnes d'Aragon et deCastille, après laReconquista. Les Wisigoths d'Hispanie amènent aussi une reine auxMérovingiens : la reineBrunehilde.
L'adhésion des souverains wisigoths au dogme trinitaire est marquée par des mesures discriminatoires prises à l'encontre desJuifs, telles que l'interdiction de posséder des esclaves chrétiens. Le roiSisebut (612–621) ordonne en 615, sous peine de mort, lebaptême de tous les Juifs et contraint les non-convertis à quitter le Royaume, qui plonge alors, pour un siècle, dans les troubles religieux[9].
En 624, le roiSwinthila reprend l'Algarve auxByzantins, qui sont définitivement chassés de lapéninsule ibérique, et unifie celle-ci[11]. Trente ans après la mort de Récarède, auIVe concile de Tolède (633),Isidore de Séville et le roiSisenand consacrent l'union des pouvoirs, civil et religieux, selon le modèle romain : élu par les nobles et le peuple, le roi prête serment de gouverner « droitement » avant de recevoir l'onction. Par cette dernière, l'Église légitime le nouveau monarque, indépendamment des circonstances de son accession au trône.
Le roiRéceswinthe (649–672) complète l'œuvre législative de ses prédécesseurs en promulguant en 654 leLiber Iudiciorum ouLivre des Juges (parfois appeléLivre des Jugements ou encoreLoi des Wisigoths), qui dote l'Espagne d'un corps de lois particulier. Ledroit romain, propre àByzance, n'a désormais plus cours dans la péninsule, où est aussi codifié, dans l'Hispania Collectio, le premierdroit canonique. En 694,Égica accuse les Juifs de son royaume de s'être concertés avec les Juifs d'Afrique du Nord pour agir ensemble contre les chrétiens[12] ; il les réduit enesclavage et en confie la garde aux grands propriétaires fonciers (lespossessores)[9]. Ces derniers, en effet, sont des relais importants de l'expansion duchristianisme, usant de la contrainte économique pour obtenir des conversions[9].
Les anciennes catégories sociales et juridiques (libres, affranchis et esclaves) perdent de leur pertinence au profit d'une division fondée sur la fortune : face auxpuissants qui possèdent de vastes domaines et exercent le pouvoir politique et militaire grâce à des armées privées de clients et d'esclaves, leshumbles sont progressivement réduits à un statut de semi-dépendance qui assure protection, terres ou offices en échange de la fidélité à un « patron ».
Des relations commerciales et culturelles unissent l'Espagne aux côtes méridionales de la Méditerranée, au sud et au centre des Gaules, aux côtesatlantiques et jusqu'à l'Irlande.
Les villes conservent leur rôle tout en évoluant pour s'adapter à leurs temps. Au sein des murailles, lescuriales, assemblées de magistrats et de citoyens, y prélèvent les impôts sur une population de commerçants et artisans organisés en « collèges » professionnels, parmi lesquels abondent les travailleurs du bâtiment, les orfèvres d'école et les médecins.
Des mesures sont prises en faveur des nombreux mendiants poussés par la famine, les pestes et la misère. À l'extérieur des murailles sont installés les monastères, les centres de culte aux martyrs et les cimetières où les chrétiens peuvent être inhumés près des saints.
Dans les centres urbains commeMérida,Tolède,Hispalis (Séville),Cordoue,Lisbonne,Carthagène,Barcelone, ou encoreSaragosse, des édifices religieux remplacent des bâtiments plus anciens. De grands évêques, érudits et cultivés, firent de leurs sièges épiscopaux des centres intellectuels en les dotant de bibliothèques et d'écoles. Le plus célèbre d'entre eux fut sans douteIsidore de Séville (vers 570–636), dont les œuvres furent lues et commentées pendant tout leMoyen Âge. Letrésor de Guarrazar constitue un des exemples les plus frappants de l'art wisigoth en Hispanie. Il est composé de couronnes et de croix que plusieurs rois de Tolède ont offert en dévotion à leur église. Le trésor a été découvert entre 1858 et 1861 dans le site archéologique de Huerta de Guarrazar, situé dans la ville deGuadamur, près de Tolède. Les pièces sont réparties entre leMusée de Cluny àParis, l'Armurerie duPalais royal de Madrid et leMusée archéologique national de Madrid. Les intellectuels d'Afrique du Nord chassés par lesVandales, lesByzantins, puis lesmusulmans, se réfugient en Espagne wisigothique. Le pays se spécialise dans les compilations et les florilèges, tout en produisant des œuvres originales en histoire, en droit et en théologie. Ses écoles, qui transmettent la culture classique, forment aussi bien des clercs que des laïcs et de nombreux actes de vente conservés sur ardoise témoignent de la diffusion de l'écriture dans les communautés rurales.
Les Espagnols duVIIe siècle continuent à vivre dans des villas de type romain, décorées de fresques, au centre de vastes domaines agricoles ou artisanaux. Ils construisent des églises de plan basilical oucruciforme, dont quelques-unes existent toujours. Les architectes utilisent l'arc outrepassé, tandis que les sculpteurs abandonnent la représentation humaine au profit de motifs géométriques, végétaux et animaux où se mêlent les influences romaine, byzantine et orientale. L'orfèvrerie connaît un grand essor, notamment avec l'atelier royal d'où sortent croix et couronnes votives qui, comme àByzance, sont suspendues au-dessus des autels. Parmi les couronnes, la couronne de Réceswinthe est la plus prestigieuse, avec des lettres suspendues formant la phrase "Reccesvinthvs Rex offeret" ("Le roi Réceswinthe l'a offert").
Le roi wisigothWamba magnifié sur laplace de l'Orient près dupalais royal de Madrid. Wamba fut le dernier des grands rois avant la chute due à une zizanie successorale, autant que de graves troubles sociaux en Ibérie.
Le règne deWamba (672–680) marque le début d'une période de difficultés. LaSeptimanie et lesVascons se soulèvent en 673. Une attaque de musulmans venus d'Afrique du Nord peut être repoussée quelques années plus tard, mais les échanges commerciaux avec l'Afrique sont interrompus. Enfin, au sein du Royaume, des épidémies depeste et de nombreuses tentatives de rébellion affaiblissent les deux principaux clans wisigoths, qui rivalisent pour placer leurs prétendants sur le trône.
En 710, la succession du roiWittiza met pleinement en lumière ces luttes entre clans rivaux qui, au sein du palais, cherchent à prendre le pouvoir. Écartant le fils de Wittiza, l'aristocratie acclame un chef militaire,Rodéric, poussant ainsi le clan évincé à chercher un appui en Afrique où l'un de ses membres, Julien, est gouverneur deCeuta. Profitant d'une campagne de Rodéric contre lesVascons dans le Nord de la péninsule, les musulmans débarquent dans la nuit du 27 au sur le rocher auquel leur chef,Tariq ibn Ziyad, aurait donné son nom (djebel Tariq, futurGibraltar). Le roi se porte à leur rencontre et l'affrontement a lieu sur les rives duGuadalete, probablement le 23 juillet. Les fidèles de Wittiza désertent au milieu de la bataille et la disparition de Rodéric, dont on ne retrouva jamais le corps, est aussi celle du royaume wisigoth.
Dans la période troublée de l'établissement d'al-Andalus, les anciens représentants de l'Hispanie wisigothique portent deux noms : un de racinegotique et un de languearabe. Ce qui illustre, dans une péninsule en pleine transition, l'absence de frontière culturelle précise et explique par exemple que la figure de proue symbolique de laReconquista soit connue commele Cid (de l'arabe سيدي, sidi, « mon seigneur »), lequel se fait connaître sous le nom deRodrigo Díaz de Vivar sur les terres des royaumes chrétiens pendant lestaïfas.
Cette postérité concerne notamment les toponymes et les patronymes familiaux sur les terres où ils vécurent, doublées de transmissions linguistiques dugotique.
↑Les électeurs étaient l'aristocratie wisigothique et cléricale, organisés en conciles : nobles laïcs ("sénateurs" gothiques, duces i.e. chefs militaires, comtes palatins et grands propriétaires terriens) et clercs : Les évêques, surtout lors des Conciles de Tolède (VIIe Concile en 646 a confirmé leur rôle). Les évêques et comtes devaient jurer fidélité sous peine d'excommunication. Ainsi, 6 lignées agnatiques principales ont accédé à la royauté avec des successions multiples. En comptant les rois isolés (sans succession agnatique connue, comme Agila Ier, Suintila, Wamba ou Roderic), on arrive à environ une vingtaine de familles nobles wisigothiques distinctes qui ont fourni une trentaine de rois environ du royaume.
↑La volonté de résurgence d'une structure impériale était un symbole fort tout au long de l'Occident chrétien. L'empire d'Occident procède de cette perpétuation symbolique.
↑Grégoire de Tours dans sonHistoire des Francs (livre IX) donne quelques détails : « Les Goths, à cause des ravages que l'année précédente l'armée du roi Gontran avait exercés dans la Septimanie, firent une irruption dans la province d'Arles, enlevèrent beaucoup de butin, et emmenèrent captifs tous les habitants, jusqu'à dix mille de la ville. Ils prirent aussi un château nomméBeaucaire, désolèrent le pays et ses habitants, et s'en retournèrent sans avoir éprouvé aucune résistance. »
↑« Il y a 1400 ans... »,Guerres & Histoire,no 82,,p. 6.
(es)José Orlandis Rovira,El poder real y la sucesión al trono de la monarquía visigótica, Rome/Madrid, Consejo Superior de Investigaciones Científicas,.
(es)José Orlandis Rovira,Historia económica y social de la España visigoda, Madrid, Confederación Española de Cajas de Ahorros,.