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Rosine Crémieux

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Pour les articles homonymes, voirCrémieux.

Rosine Crémieux
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Rosine Anne-Marie BernheimVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Enfants
Anne-Claude Crémieux
Marie Crémieux(d)
Thérèse Crémieux(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinctions

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Rosine Crémieux, née Bernheim le àElbeuf et morte le àParis[1], est unepsychanalyste,résistante et déportée française.

Biographie

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Rosine Crémieux naît dans une famillejuive alsacienne[2], quiopte pour la France lors de laguerre franco-prussienne de 1870 et s'installe en Normandie[3]. Elle naît àElbeuf.

Jeunesse, résistance et déportation

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Sa famille se réfugie en région lyonnaise au début de l'occupation allemande de la zone nord[2]. Elle pratique le scoutisme au sein de laFédération française des éclaireuses, section neutre (laïque)[4]. Ses frères rejoignent lesForces françaises libres, tandis qu'elle s'engage dans la résistance intérieure[5],[4]. Elle suit à Lyon des cours de secourisme[6], ce qui lui permet de participer comme infirmière au service de santé duVercors[3].

Elle fait partie des sept infirmières de lagrotte de la Luire : le, des soldats de laWehrmacht attaquent une grotte dans laquelle s'était réfugiée l'équipe médicale et soignante de l'hôpital de campagne deSaint-Martin-en-Vercors, avec 35 blessés pour l'essentiel des résistants français, mais également quatre soldats allemands[3]. La majorité des blessés sont exécutés, et les sept infirmières sont arrêtées, emprisonnées d'abord à lacaserne de Bonne à Grenoble puis à laprison Montluc à Lyon, avant d'être déportées[6].

Rosine Crémieux, qui a alors 20 ans, est déportée à Ravensbrück par le convoi parti de Lyon le 11[4]. Parce qu'elle refuse de travailler, elle est envoyée aukommando d’Abterode en. Elle y est affectée comme tourneuse-fraiseuse à la fabrication de pièces de moteurs d'avion, qu'elle sabote. En représailles, elle est envoyée en 1945 àMarkkleeberg, un camp de travail forcé annexe ducamp de Buchenwald[7]. Au moment de l'évacuation des camps, elle parvient à s'échapper d'unemarche de la mort, et est secourue par un Allemand ancien membre desJeunesses communistes puis par des troupes américaines[3].

Figure de la psychanalyse infantile

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Après la guerre, elle bénéficie d'une bourse de l'American Field Service et part suivre des études de psychologie clinique aux États-Unis. Rentrée en France, elle travaille comme psychologue etsuperviseuse dans différents centres[6], dont lecentre médicopsychologique Alfred Binet à Paris[8] et l'hôpital Necker-Enfants malades dans l'équipe deGeorges Heuyer. Au début des années 1950, elle entame unepsychanalyse, au cours de laquelle elle ne parvient pas à évoquer sa déportation[5].

En 1952, elle épouse Claude Crémieux, avec qui elle a trois enfants : Thérèse, Marie etAnne-Claude.

En 1958, elle fonde avecRené Diatkine,Serge Lebovici, etJulian de Ajuriaguerra la revueLa Psychiatrie de l'enfant, dont elle est d'abord secrétaire de rédaction de 1958 à 1990, puis directrice de la rédaction jusqu'à son décès[2],[8]. À sa fondation, la revue plaide pour une refondation de psychiatrie infantile, l'importance du travail en équipe pluridisciplinaire et l'ouverture aux expériences étrangères[9]. LaSociété psychanalytique de Paris, dont elle est membre, souligne sa qualité de« pionnière de la psychanalyse de l’enfant et de l’adolescent avec René Diatkine et Serge Lebovici »[10].

Témoin de la déportation

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En 1994, elle participe à une émission télévisée avec les autres infirmières survivantes de la grotte de Luire. Ce moment la marque et déclenche chez elle la possibilité de revenir sur son expérience concentrationnaire[5]. Elle publie en 1999 l'ouvrageLa Traine-Sauvage dans lequel par le biais d'un dialogue avec le psychanalyste Pierre Sullivan, elle effectue une« mise au présent de la mémoire » cinquante ans après cette expérience[11],[5],[4].

Elle témoigne ensuite de son expérience dans la Résistance et dans les camps devant différents publics[5].

Hommages et distinctions

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Rosine Crémieux est récipiendaire des décorations suivantes :

Une résidence sociale porte son nom àSotteville-lès-Rouen[14].

Notes et références

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  1. Insee, « Extrait de l'acte de décès de Rosine Anne-Marie Bernheim », surMatchID.
  2. abcd ete« Rosine Crémieux, infirmière au maquis du Vercors, est décédée »,La Croix,‎(ISSN 0242-6056,lire en ligne, consulté le)
  3. abc etd« Infirmières s’affairant auprès des blessés dans la grotte de la Luire », surmuseedelaresistanceenligne.org(consulté le).
  4. abc etdMarie-DominiqueLelièvre, « Rosine Crémieux, 75 ans. Résistante dans le Vercors, rescapée de Ravensbrück, cette psychanalyste a attendu cinquante ans pour raconter. Du camp de la vie. », surLibération(consulté le).
  5. abcd eteMichèleBitton,110 femmes juives qui ont marqué la France : XIXe et XXe siècles : dictionnaire,(ISBN 978-2-915685-61-9 et2-915685-61-4,OCLC 884417882,lire en ligne), "Rosine Crémieux"
  6. ab etc« Décès de Rosine Crémieux, infirmière au maquis du Vercors », surFrance 3 Auvergne-Rhône-Alpes(consulté le).
  7. « Markkleeberg-Wolfswinkel, camp annexe de Buchenwald », surcercleshoah.org,(consulté le).
  8. a etbPierreSullivan, « Hommage à Rosine Crémieux »,La psychiatrie de l'enfant,vol. 55,no 2,‎,p. 345–346(ISSN 0079-726X,lire en ligne, consulté le).
  9. René Diatkine, PR DE L'UNIV DU QUEBEC,(ISBN 2-13-067703-7 et978-2-13-067703-1,OCLC 1327994403,lire en ligne).
  10. « Décès de Rosine Crémieux | Œdipe », suroedipe.org(consulté le).
  11. « Passages de témoins »,Le Monde.fr,‎(lire en ligne, consulté le)
  12. « Décret du 5 juillet 1999 », surlegifrance.gouv.fr(consulté le).
  13. « Mémoire des hommes », surmemoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr(consulté le).
  14. "ICF Habitat atlantique inaugure 39 nouveaux logements sociaux à Sotteville-les-Rouen", Communiqué de presse du 25 novembre 2014,lire en ligne

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Rosine Crémieux, Pierre Sullivan,La Traine-Sauvage, Flammarion,(ISBN 2080676997)

Liens externes

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