Rosa Chacel y Arimón, est née àValladolid le. Issue d'une famille libérale[2], petite-nièce du poèteromantiqueJosé Zorrilla, elle grandit dans un environnement qui lui permet de développer une personnalité d'une grande indépendance avec une large culture littéraire. En raison de sa mauvaise santé sa mère, Rosa Cruz Arimón, institutrice, fait l'école à la maison[3],[4],[5].
En 1908, alors qu'elle a10 ans, sa famille déménage à Madrid à côté de la maison de sa grand-mère maternelle, dans lequartier de Salamanca Maravillas[4]. En 1915, elle est inscrite à l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando, afin d'étudier la sculpture, filière qu'elle abandonne en 1918. C'est dans cette période qu'elle rencontre son futur mari, le peintre Timoteo Pérez Rubio, et l'une des grandes figures intellectuelles de l'époque,Ramón María del Valle-Inclán[3].
Elle fréquente la bohème littéraire madrilène et l'Athénée de Madrid (où elle donne sa première conférence :La femme et ses possibilités)[4],[5]. Ses relations lui permettent d'entrer en contact avec différents courants littéraires et philosophiques de son temps. À partir de 1918, elle commence à collaborer avec le magazine d'avant-gardeUltra et à se lier d'amitié avecJosé Ortega y Gasset,Miguel de Unamuno,Ramón Gómez de la Serna, ouJuan Ramón Jiménez, entre autres[3].
En 1922, elle se marie avec le peintre Timoteo Pérez Rubio. Son témoin de mariage est l'intellectuelleConcha de Albornoz[6]. Le couple a un fils unique, Carlos, et s'installe àRome jusqu'en 1927[4],[5]. Rosa y signe leManifeste des intellectuels antifascistes. Revenue en Espagne, elle participe à nouveau à la vie littéraire et fait partie de lagénération de 27, publiant des articles dans la revueRevista de Occidente (notammentChinina Migone en 1928,Juego de las dos esquinas en 1929, etEsquema de los problemas culturales y prácticos del amor en 1931), ouLa Gaceta Literaria,Ultra[4] . En 1930, elle publie son premier roman,Estación. Ida y vuelta, (Gare, aller et retour)[3],[5].
À partir de 1931, l'Espagne traverse une période de grands bouleversements politiques, avec la naissance de laSeconde République. En 1933, Rosa Chacel passe six mois, seule, àBerlin, essayant de sortir de la crise de créativité causée par la mort de sa mère[3]. Son mari est chargé par le gouvernement républicain d'assurer la protection des œuvres d'art duMusée du Prado. Sur les recommandations de laSociété des Nations, et pour éviter l'impact de possibles bombardements, il assure le transfert des collections àBarcelone, àValence, puis àGenève (elles furent rapatriées à Madrid dès le déclenchement de laSeconde Guerre mondiale)[3]. Rosa Chacel, un moment infirmière, et son fils quittent également Madrid pourBarcelone,Valence, et, en 1937,Paris. Elle s'installe quelques mois enGrèce, hébergée parNíkos Kazantzákis. Puis la famille s'exile àBuenos Aires et enfin auBrésil[3].
Elle écrit peu pendant cet exil mais publie toutefoisLa sinrazón (la « sinrazón », ladéraison) que certains considèrent comme sa meilleure œuvre littéraire[7]. Elle participe à des revues (dont la revueSur) et effectue des traductions d'auteurs français et anglais :Racine,Mallarmé,John Boynton Priestley,Albert Camus... La situation économique de sa famille est difficile. En 1959, elle obtient une bourse de laFondation Guggenheim, qui l'amène à rester deux ans àNew York. Elle s'y lie d'amitié avecVictoria Kent, et découvre leNouveau roman. À la fin de ce séjour, en 1961, elle revient temporairement en Espagne, jusqu'en, puis se réinstalle au Brésil[3],[4],[8],[5].
Elle retourne vivre en Espagne en 1973, une bourse de la Fondation Juan Mars lui permettant de s'atteler à achever une de ses œuvres :Barrio de Maravillas. Mais ce n'est qu'en 1977, lorsque son mari meurt, qu'elle cesse d'alterner ses séjours entreRio de Janeiro et Madrid pour s'installer définitivement en Espagne.
Avec l'avènement de changements de la démocratie, ce pays redécouvre son œuvre. Cette reconnaissance coïncide avec une période de grande production par l'auteur. Elle publie notammentLa Confesión en 1970,Saturnal l'année suivante, et en 1976,Barrio de Maravillas, qui constitue une consécration[4].
Le début desannées 1980 est plus difficile. Elle écrit les scripts d'une série basée sur son romanTeresa pour laRadio Televisión Española. En 1981 est publiéLos títulos, puisNovelas antes de tiempo. En 1984Acrópolis etCiencias Naturales, concluant un cycle romanesque ouvert parBarrio de Maravillas. En 1986, est éditéRebañaduras et en 1989 un livre de contes pour les enfants,Balaam[3]. En 1987, elle reçoit lePrix national des Lettres espagnoles[5].
Elle meurt àMadrid le[3]. Elle est devenue pour ses compatriotes l'une des plus grandes femmes de lettres espagnoles duXXe siècle[8]. Elle a laissé dans le deuil un fils, Carlos Pérez Chacel[9].
Icada, Nevda, Diada, 1971, Barcelone, Seix Barral. Comprend les récits des deux ouvrages précédents. 1982: Barcelone, Seix Barral.
Balaam y otros cuentos, 1989, Histoires pour enfants, Barcelone, Mondadori. 1993: Valladolid, Diputación de Valladolid, avec des illustrations de José P. Celinos.
Narrativa Breve, 2003, edition de Carlos Pérez Chacel et Antonio Piedra, Valladolid, Fundación Jorge Guillén (Œuvres complètes ; 7).
A la orilla de un pozo, 1936, Madrid, Héroe. Préface deJuan Ramón Jiménez. 1985: Valencia, Editorial Pre-textos.
Versos prohibidos, 1978, Madrid, Caballo Griego para la Poesía.
Poesía (1931-1991), 1992, Barcelone, Tusquets.
Jeanne Marie,Los caminos del alma / Les Chemins de l’âme -memoria viva de los poetas del 27’ mémoire vive des poètes de la Génération de 1927, éditions Paradigme Orléans
Desde el amanecer, 1972, Madrid,Revista de Occidente. Autobiographie. 1981: Barcelone, Bruguera. 1985, Barcelone, Seix Barral. 1991 y 1993, Madrid, Editorial Debate. 1997: Barcelone, Círculo de Lectores, préface de Ana Rodríguez Fischer.
Timoteo Pérez Rubio y sus retratos del jardín1980, Madrid, Cátedra.
Alcancía, estación Termini, 1998, Valladolid, Junta de Castilla y León. Consejería de Educación y Cultura (Barrio de Maravillas), œuvres posthumes, edition de Carlos Pérez Chacel et Antonio Piedra.
Rebañaduras, 1986, sélection d'articles, sélectionnés par Moisés Mori, Valladolid, Junta de Castilla y León. Consejería de Educación y Cultura (Barrio de Maravillas; 11).
La lectura es secreto, 1989, Gijón, Ediciones Júcar.
Jean Cocteau :Antígona; Reinaldo y Armida (Antigone etRenaud et Armide), traduction de Miguel Alfredo Olivera pour la première œuvre, de Miguel Alfredo Olivera et Rosa Chacel pour la seconde œuvre; préface de Rosa Chacel, Buenos Aires, Emecé (Teatro del mundo), 1952.