| Origines stylistiques | Rock 'n' roll,blues,jazz,folk |
|---|---|
| Origines culturelles | États-Unis |
| Instruments typiques | Guitare,basse,batterie, parfoisclavier |
| Popularité | Mondiale dans lesannées 1960, puis au début desannées 1980 |
| Scènes régionales | Royaume-Uni |
Sous-genres
Lerock britannique désigne différents genres musicaux ayant émergé auRoyaume-Uni. À la fin des années 1950, lerock 'n' roll, après avoir conquis lesÉtats-Unis, commence à gagner leRoyaume-Uni, donnant naissance au rock britannique, parfois appelé rock anglais, même si le terme est impropre, puisqu'on rassemble communément sous ce vocable l'ensemble durock des nations constitutives duRoyaume-Uni. Des chanteurs commeCliff Richard,Tommy Steele,Billy Fury,Marty Wilde ouAdam Faith, et des groupes aussi, commeThe Shadows imposent un style très proche de celui défendu par leurs idoles américaines, non sans talent souvent.
Un phénomène musical est né, qui ne tarde pas à connaître un succès de plus en plus large. Des concerts sont organisés àLondres, puis dans les coins les plus reculés du Royaume-Uni. La radio contribue à populariser ces jeunes vedettes, puis la télévision (Ready Steady Go !). Des journaux prennent le relais, commeSounds,Melody Maker,New Musical Express… Des festivals sont mis sur pied, notamment les fameux festivals de l'île de Wight, mais aussiGlastonbury et le précurseur, leNational Jazz & Blues Festival, à partir de 1961.
Les jeunes britanniques approfondissent leur culture musicale, du côté dublues, notamment, mais aussi dujazz et dufolk. Au début des années 1960, le Royaume-Uni voit naître une multitude de groupes de rock :The Beatles,The Rolling Stones,The Who,The Kinks,John Mayall & the Bluesbreakers,The Animals,The Dave Clark Five, puisPink Floyd,Genesis,Led Zeppelin,Deep Purple,Black Sabbath,Queen, lesSex Pistols,The Clash,Motörhead,Iron Maiden,Fleetwood Mac,The Police, et plus récemmentOasis,Radiohead,Muse,Coldplay,Arctic Monkeys etc. Très vite, ces groupes s'affranchissent de leurs influences d'origine pour créer leur style propre.

Dans lesannées 1950, leRoyaume-Uni est bien placé pour recevoir lerock 'n' roll et la culture américaine. Ils partagent la même langue, ont été exposés à la culture américaine à travers le stationnement de troupes dans le pays pendant laSeconde Guerre mondiale et ont partagé de nombreux développements sociaux, y compris l'émergence de cultures distinctes telles que lesTeddy Boys[o 1]. Letrad jazz devient populaire et les musiciens qui le pratiquent s'inspirent des styles musicaux américains comme leboogie-woogie et leblues[c 1]. Au même moment, le public britannique découvre lerock 'n' roll américain à travers les filmsGraine de violence (1955) etRock Around the Clock (1956). La chansonRock Around the Clock deBill Haley & His Comets, présente sur les deux films, arrive en tête des classements de ventes en 1955 et 1956, mettant en lien rock 'n' roll etdélinquance juvénile[o 2]. Les artistes américains suivants (Elvis Presley,Little Richard etBuddy Holly) deviennent les places fortes de ces classements. Les tournées de Bill Haley,Gene Vincent etEddie Cochran dans le pays accentuent cet engouement et suscitent des vocations.
Dans un premier temps, de jeunes idoles les copient, puis des artistes plus populaires, tels que Wee Willie Harris etTommy Steele, font leur apparition. Mais c'est en 1958 que le premier« vrai » morceau de rock 'n' roll est produit avecMove It deCliff Richard. Atteignant la deuxième place du classement des ventes[o 3], il devient une star, entraînant avec lui d'autres artistes dans la lumière. L'émissionOh Boy révèle ainsiMarty Wilde etAdam Faith tandis queBilly Fury,Joe Brown etJohnny Kidd & The Pirates, avecShakin' All Over notamment, deviennent des standards du rock 'n' roll[1].

À la fin desannées 1950, leRoyaume-Uni voit émerger de nombreux groupes dans plusieurs grandes villes commeLiverpool,Manchester,Birmingham etLondres, provoquant au passage le déclin de la scèneskiffle[2]. Ces groupes sont encore fortement influencés par leurs homologues américains (lesBeatles s'inspirent deBuddy Holly and the Crickets pour leur nom), mais aussi par d'anciens du Royaume commeThe Shadows[o 4]. En 1962, les Beatles remportent un succès national et d'autres artistes de Liverpool parviennent à suivre leurs pas dans les classements.Gerry & The Pacemakers,The Searchers etCilla Black font partie de ceux-là. Cependant, des groupes de tout le pays apparaissent avecThe Spencer Davis Group etThe Moody Blues de Birmingham,The Animals deNewcastle,Van Morrison deBelfast,Freddie and the Dreamers[3],Herman's Hermits etThe Hollies de Manchester[a 1], et la scène londonienne avecThe Dave Clark Five, surnommésTottenham Sound du nom du quartier, lesRolling Stones,The Kinks etThe Yardbirds. Une grande majorité de ces groupes, dont le format standard est uneguitare solo, uneguitare rythmique, unebasse, unebatterie et parfois unclavier, feront partie de laBritish Invasion après1964.
En parallèle de lamusique beat desannées 1950 et début desannées 1960, une scène « blues britannique » se développe qui recrée les sons durhythm and blues américain et des bluesmenRobert Johnson,Howlin' Wolf etMuddy Waters[a 2]. Initialement mené parAlexis Korner etCyril Davies, le mouvement atteint son apogée dans les années 1960, avec un style distinctif, dominé par laguitare électrique, grâce aux stars internationales que sont les Rolling Stones, The Yardbirds,Eric Clapton,Fleetwood Mac etLed Zeppelin. Ils passent dublues rock à d'autres formes de musique rock, améliorant sans cesse leur virtuosité technique et leurs capacités d'improvisation. En conséquence, de nombreux sous-genres du rock tels que lerock psychédélique et leheavy metal voient le jour[a 2].

Les Beatles sont plus influencés par lasoul et le sonMotown. Leur succès populaire en Grande-Bretagne au début des années 1960, notamment grâce à leur influence stylistique et à leurs techniques de production, les envoie le 7 février 1964 auxÉtats-Unis, où leur arrivée est très suivie et décrite comme« non plus la British Invasion mais laBeatlemania »[4]. Quelques jours plus tard, ils participent à l'émissionThe Ed Sullivan Show devant plus de soixante-quinze pour cent des Américains[5], ce qui marque le début du succès pour le groupe dans les « charts » jusqu'à leur séparation. Le 4 avril 1964, ils détiennent même les cinq premières places duBillboard Hot 100, la seule fois à ce jour que cet acte est accompli[5],[6]. Au cours des deux années suivantes, les groupesPeter and Gordon,The Animals,Manfred Mann,Petula Clark, Freddie and the Dreamers, Wayne Fontana and the Mindbenders, Herman's Hermits, The Rolling Stones,The Troggs etDonovan ont au moins un single numéro un outre-Atlantique[7].The Who, The Kinks et The Dave Clark Five font également partie de cette« invasion »[5]. Tous ces artistes, qui ont connu le succès au Royaume-Uni, influencent la mode, les coupes de cheveux et les mœurs des années 1960 de ce qui devient lacontre-culture. Les médias américains proclament alors l'Angleterre comme le centre de la musique et de la mode[7]. Ce succès, celui des Beatles en particulier, oblige de nombreux groupes américains à développer leur son et leur style pour revitaliser la musique américaine[a 3]. La croissance de l'industrie de la musique britannique et son rôle toujours plus important dans la culture populaire avant-gardiste mondiale lui permettent de découvrir et d'établir de nouveaux artistes rock venus d'autres pays commeJimi Hendrix etBob Marley dans les années 1970[o 5].
La musique psychédélique, un style inspiré ou influencé par la culture psychédélique qui tente de reproduire et d'améliorer l'expérience psychotrope de drogueshallucinogènes[8], prend ses racines dans le blues rock et lefolk progressif. Elle y ajoute des musiques non-occidentales telles que lerâga, de nouveaux instruments comme lasitar, des effets de studio, de longs passages instrumentaux et des paroles surréalistes. Apparu au cours des années 1960 avecThe Incredible String Band, Donovan,The Moody Blues,Small Faces,The Move,Traffic,Cream etPink Floyd, le rock psychédélique assure la transition entre le blues rock et lerock progressif, l'art rock, lerock expérimental, lehard rock et l'heavy metal qui sont les courants majeurs des années 1970[m 1].

Le folk électrique est le nom donné aufolk rock pionnier enAngleterre à la fin desannées 1960, en particulier avec le groupeFairport Convention[o 6]. Ce style, mélangeant musique traditionnelle anglaise et musique électrique[o 7], devient proéminent dans lesannées 1970 quand il est repris par des groupes tels quePentangle,Steeleye Span et Albion Band[o 7]. Développé autour des cultures celtiques de laBretagne, puis amélioré par des artistes commeAlan Stivell,Malicorne ou Horslips, il donne naissance à de nouveaux sous-genres tels que lerock celtique[o 8], lemedieval rock, lepunk folk et lefolk metal[o 7].
En parallèle, le progressif ou prog rock se développe aussi à partir de la fin des années 1960 s'appuyant sur leblues rock et lerock psychédélique. Dominé par les groupes britanniques, il fait partie des tentatives pour élever la crédibilité artistique du rock[9], en repoussant les limites techniques et de composition du rock en allant au-delà des structures standards de la chanson de base« couplet-refrain ». Les arrangements incorporent souvent des éléments tirés duclassique, dujazz et desmusiques du monde. Les parties instrumentales sont courantes, tandis que les chansons ont des paroles parfois conceptuelles, abstraites, ou basées sur le fantasme. Les groupes derock progressif utilisent desalbum-concepts généralement pour raconter une épopée ou s'attaquer à un thème global[9]. L'albumIn the Court of the Crimson King deKing Crimson en 1969 est souvent considéré comme le début du rock progressif, aidant son adoption généralisée dans les années 1970 avec des groupes commeYes,Genesis,Pink Floyd,Jethro Tull,Soft Machine,Electric Light Orchestra,Procol Harum,Hawkwind, etEmerson, Lake and Palmer[9]. Le genre est à son apogée au milieu des années 1970 malgré les critiques mitigées reçues et le début du mouvement punk[c 2].
Un peu après, le glam ou rock à paillettes se développe auRoyaume-Uni au début des années 1970 et se caractérise par des tenues, du maquillage, des coiffures, des bottes à semelles« scandaleux »[10]. Les pionniers du genre sontQueen,David Bowie,Roxy Music,Mott the Hoople,Marc Bolan etT.Rex[11]. D'autres groupes dominent le marché de la musique populaire de l'époque, tels queSlade,Wizzard,Mud etSweet[11]. L'image du brillant est poussé à ses extrêmes limites parGary Glitter et The Glitter Band. Leglam rock se confine au Royaume-Uni avec un pic au milieu des années 1970 avant de disparaître avec le punk rock et les tendances new wave[11]. Lepub rock est une tendance de courte durée qui a laissé une influence durable sur la scène musicale britannique, en particulier dans le punk rock. Ce mouvement réagit contre le glam rock pailleté de David Bowie et Gary Glitter et culmine dans les années 1970. Il se développe dans les grands pubs du nord deLondres[12]. Le précurseur serait le groupe américain Eggs over Easy qui joue au Tally Ho! dansKentish Town. Les groupes affluent par vague avecBrinsley Schwarz, Ducks Deluxe et Bees Make Honey en premier[o 9], puis Kilburn and the High Roads,Ace et Chilli Willi and the Red Hot Peppers et enfinDr. Feelgood, The Winkies etSniff 'n' the Tears.

Mais le genre prépondérant des années 1970 qui a ses racines dans le blues rock, le rock psychédélique et legarage rock est leheavy metal, que les groupes développent autour d'un son épais et puissant, caractérisé par des basses rythmiques, unedistorsion très amplifiée, de longs solos de guitare, des beats énergiques et un bruit plus fort que tout. Les paroles et les interprétations sont souvent inspirées defantasy et descience-fiction et sont généralement associées à lamasculinité et aumachisme[o 10],[o 11]. Les trois pionniers du heavy metal sontLed Zeppelin,Black Sabbath etDeep Purple attirent un public conséquent et obtiennent des ventes records[o 12]. Les groupes suivants, que sontJudas Priest,Motörhead etRainbow, apportent plus de punk rock et mettent l'accent sur la vitesse ouvrant la porte à une déferlante mondiale d'artistes du genre à la fin des années 1970 et au début des années 1980, surnommée laNew wave of British heavy metal, avec entre autresIron Maiden,Vardis,Saxon etDef Leppard[o 12]. Cette vague donne naissance à plusieurs nouveaux sous-genres du métal à travers le monde, tels que lethrash metal et ledeath metal auxÉtats-Unis, leblack metal et lepower metal enEurope continentale[o 11]. LeRoyaume-Uni participe encore à cette émergence à travers ledoom metal et lemetal gothique avecParadise Lost,My Dying Bride etAnathema, legrindcore ou grind, hybride de death metal etpunk hardcore, avecNapalm Death,Extreme Noise Terror,Carcass et Sore Throat[13].
Au même moment, lepunk rock débarque entre 1974 et 1976, en provenance de États-Unis au départ, avec ses racines provenant du garage rock et duprotopunk[14],[15]. LesRamones sont ainsi généralement considérés comme le premier groupe punk à partir de 1976, puis repris en Grande-Bretagne par d'autres artistes comme lesSex Pistols etThe Clash, en particulier à Londres. Ils deviennent l'avant-garde d'un nouveau mouvement musical et culturel, mêlant paroles, sons et styles vestimentaires agressifs associés à desidéologies anti-autoritaristes[16]. Avec sa culture duDIY (Do It Yourself), le punk rock est omniprésent dans le monde en 1977 et est devenu un important phénomène culturel international. Cependant, dès 1978, le punk se transforme ennew wave et autres mouvementspost-punk[16]. Cette nouvelle influence apporte des groupes commeXTC,Squeeze etNick Lowe,Gary Numan, ou encoreElvis Costello,Pretenders,The Police,The Specials etMadness[17]. En parallèle de la new wave qui touche le grand public, d'autres artistes moins commerciaux et plus sombres participent au mouvement post-punk. Comme la new wave, ils intègrent des influences comprenant tout autant lamusique électronique, ledub jamaïcain et lefunk américain. Les groupesThe Smiths,Orange Juice,The Psychedelic Furs,The Fall,Siouxsie and the Banshees,The Lords of the New Church,Joy Division,Killing Joke,Echo & the Bunnymen,The Cure,Bauhaus,Magazine,Wire,The Jesus and Mary Chain etTubeway Army sont un élément majeur dans la création durock alternatif et durock gothique[18].
À la fin des années 1970, lepunk folk ou rogue folk, mélange demusique folk et de punk rock, est mis au point parThe Pogues, obtenant un certain succès auprès du grand public dans les années 1980. Largement adopté par ladiaspora celtique enAmérique du Nord et enAustralie, ils incluent relativement peu demusique traditionnelle mais effectuent leurs propres compositions en utilisant des instruments folkloriques supplémentaires, y compris de lamandoline, de l'accordéon, duviolon et dubanjo[o 7], tandis que d'autres ajoutent deschants de marins et de la musique gitane. The Men They Couldn't Hang,New Model Army, Oysterband,The Levellers[o 7],Billy Bragg sont parmi les artistes les plus connus du genre[o 13].

De nombreux groupes derock progressif incorporent dessynthétiseurs dans leur son, y compris lesPink Floyd,Yes etGenesis[m 2]. Les arrangements de ballade, la percussion métronome et l'usage intensif du synthétiseurARP Odyssey dans le singleHiroshima Mon Amour[19], publié en octobre 1977 parUltravox, en fait un prototype de laSynthpop. D'autres groupes suivent peu après, y comprisTubeway Army qui abandonne son imagepunk rock pour attraper le train en marche. Ils atteignent ainsi le sommet des charts auRoyaume-Uni à l'été 1979 avec le singleAre 'Friends' Electric?. Cela incite le chanteurGary Numan à suivre la même voie en sortant son album soloThe Pleasure Principle, inspiré parKraftwerk[o 14]. Adoptés par la suite par lesNouveaux Romantiques, les synthétiseurs dominent lapop et lerock du début desannées 1980. Les albumsVisage deVisage (1980),Metamatic deJohn Foxx (1980),Telekon de Gary Numan (1980),Vienna d'Ultravox (1980),Dare deThe Human League (1981) etSpeak and Spell deDepeche Mode (1981) sont des références du genre[20]. Le Nouveau Romantisme émerge dans les boîtes de nuitnew wave àLondres. Influencé parDavid Bowie etRoxy Music, il développe des modesglam rock, gagnant son nom de la chemise à froufrous du premierromantisme. Basée sur une large utilisation de synthétiseurs, les pionniers Visage,Japan et Ultravox sont parmi les groupes ayant le plus de succès, suivis parAdam and the Ants,Culture Club, The Human League,Spandau Ballet etDuran Duran[o 15]. Vers 1983, le mouvement est dissous et les artistes abandonnent la plupart des éléments vestimentaires pour le reste de leur carrière.
Depuis sa création en 1981 auxÉtats-Unis, la chaîne câblée de musiqueMTV met en vedette une quantité impressionnante de vidéoclips et d'images sur les artistes britanniques[o 16]. À l'automne de 1982,I Ran (So Far Away) du groupeA Flock of Seagulls entre dans le top 10 duBillboard Hot 100, son succès étant dû presque intégralement à la vidéo[o 16]. La chansonMoney for Nothing deDire Straits se moque d'ailleurs de MTV qui a largement contribué à fabriquer ces stars internationales du rock[o 17]. En 1983, cela atteint une telle proportion qu'un tiers des ventes de disques aux États-Unis proviennent d'artistes britanniques[21]. Le magazineNewsweek affiche à la uneAnnie Lennox deEurythmics etBoy George de Culture Club, tandis queRolling Stone sort un numéroEngland Swings[o 16]. En avril 1984, 40 des 100 meilleurs singles sont britanniques, tout comme 8 singles du top 10 en mai 1985[22]. Le journaliste vétéranSimon Reynolds estime que similairement à laBritish Invasion, la présence de noirs américains contribue à stimuler le succès[o 16]. De plus, ils amènent de la couleur et de l'énergie à la musique pop tandis que les journalistes de rock y étaient généralement hostiles de peur que cela joue plus sur l'image que sur le contenu[o 16].

En parallèle, les États-Unis voient émerger lerock indépendant ourock alternatif outre-Atlantique, puisant ses racines dupost-punk et de la new wave. Évitant les grandes maisons de disques pour garder le contrôle de leur propre musique et en s'appuyant sur des scènes locales ou nationales, un certain nombre d'artistes indépendants se fondent dans la masse, tels queAztec Camera,Orange Juice,The Smiths,The Housemartins etJames[23]. D'autres formes de rock alternatif développées au Royaume-Uni au cours des années 1980,Jesus and Mary Chain qui noie ses mélodies pop dans des murs de guitare etNew Order qui naît de la disparition deJoy Division en expérimentant des musiquestechno ethouse, menant à l'indie dance. Jesus and Mary Chain,Dinosaur Jr et le groupe dedream popCocteau Twins conduisent au mouvementshoegazing des années 1980[24]. Celui-ci voit le jour quand Cocteau Twins,The Chameleons,The Passions,Dif Juz, Lowlife et A.R. Kane fusionnent post-punk etheavenly voices[25]. Le label4AD est souvent associé à cette mouvance musicale mais d'autres y participent (Creation Records, Projekt Records, Fontana, Bedazzled Records, Vernon Yard etSlumberland Records). Une souche plus agressive et bruyante de la dream pop arrive sous le nom deshoegazing avec l'intensité de post-punk tout en gardant les qualités atmosphériques de leur style musical originel.Lush,Slowdive,My Bloody Valentine, Halo Alison, Chapterhouse,Curve, Levitation etSonic Youth sont les plus influents[26].
La scène rock indépendante qui s'est développée àManchester dans la seconde moitié desannées 1980, située au club deThe Haçienda et produite parFactory Records, est surnomméemadchester. À la fin des années 1980, des groupes commeHappy Mondays,Inspiral Carpets et The Stone Roses deviennent le centre d'attention des médias, avant que World of Twist, New Fast Automatic Daffodils, The High, Northside et Paris Angels ne gagnent l'attention nationale dans lesannées 1990[a 4]. Leur période est relativement courte car les Stone Roses se retirent pour des différends contractuels, tandis que Happy Mondays a des difficultés à produire un deuxième album et Factory Records fait faillite en 1992[a 4]. La presse musicale au Royaume-Uni commence alors à mettre davantage l'accent sur le shoegazing du sud de l'Angleterre et les groupesgrunge qui émergent aux États-Unis[a 4].
Développé à partir de la scène post-punk à la fin desannées 1970, lerock gothique, combine musique sombre etclaviers atmosphériques avec des paroles introspectives et mélancoliques. Les groupes notables de ce genre sontBauhaus,The Sisters of Mercy etFields of the Nephilim[o 18],[27]. Le rock gothique donne lieu à une large culture goth dans les clubs, la mode et de nombreuses publications populaires des années 1980[27].

Lepost-rock est originaire des albumsLaughing Stock deTalk Talk etSpiderland deSlint en 1991 avec un travail expérimental influencé par l'electronica, lejazz et unemusique classique minimaliste, abandonnant au passage le format de la chanson traditionnelle en faveur de lamusique instrumentale et ambiante[28]. Le terme est utilisé en premier pour décrire l'albumHex deBark Psychosis (1994), mais est rapidement utilisé pour des groupes tels queStereolab,Laika, Disco Inferno etPram[28]. Le groupe écossaisMogwai est également l'un des groupes post-rock les plus influents de la fin duXXe siècle[o 19].
Initialement surnommé« C86 » après la sortie de la cassette duNME en 1986, lapop indépendante est caractérisée par des guitares stridentes, un amour de lapop féérique desannées 1960 et des paroles innocentes[29]. Il est également inspiré par la scènepunk rockDIY, les groupes commeThe Pastels, The Shop Assistants etPrimal Scream s'installent plus tard auxÉtats-Unis par l'intermédiaire du labelK Records. Plusieurs groupes d'origines et de styles différents tels que Riot Grrrl,Nirvana,Manic Street Preachers etBelle and Sebastian ont reconnu son influence.
Labritpop émerge de la scène musicale indépendante britannique desannées 1990 et se caractérise par l'influence de la pop britannique des années 1960 et 1970[a 4]. Le mouvement se développe en réaction au phénomènegrunge américain du début des années 1990[a 4]. De nouveaux groupes britanniques tels queSuede etBlur lancent le mouvement en se positionnant et en se basant sur la guitare, référence du passé britannique, et écrit sur des sujets et préoccupations typiquement britanniques. Ils sont bientôt rejoints parOasis,Pulp,Supergrass etElastica[a 4]. Ils forment alors l'épine dorsale d'un vaste mouvement culturel britannique du nom deCool Britannia[o 20]. Bien qu'ils soient en mesure d'étendre leur succès commercial à l'étranger, surtout aux États-Unis, le mouvement s'effondre à la fin de la décennie[a 4].
Depuis 1997, l'insatisfaction grandit avec le concept de Cool Britannia et comme le mouvement britpop commence à se dissoudre, les groupes émergents commencent à éviter l'étiquette britpop tout en produisant une musique qui en découle[o 21],[o 22]. Beaucoup de ces groupes mélangent du rock britannique traditionnel[30], en particulier lesBeatles, lesRolling Stones etSmall Faces[31], avec des influences américaines, y comprispost-grunge[32],[33]. Les artistes post-britpop commeThe Verve,Radiohead,Travis,Stereophonics,Feeder, et notammentColdplay, ont beaucoup plus de succès international que la plupart des groupes de britpop qui les avaient précédés, étant pour certains les plus grands succès commerciaux de la fin des années 1990 et du début desannées 2000[33],[o 23],[34],[35].

Dans les années 2000, lerock indépendant britannique connaît une renaissance, qui comme lerock alternatif américain moderne, voit de nombreux groupes tels queFranz Ferdinand,The Libertines etBloc Party être attirés par les influencespost-punk de groupes commeJoy Division,Wire etGang of Four. Parmi les autres éminents groupes de rock indépendants des années 2000, on trouveEditors,The Fratellis,Placebo,Lostprophets,Razorlight,Keane,Kaiser Chiefs,Muse,Kasabian,The Kooks etArctic Monkeys, ce dernier se faisant un nom grâce à internet[36].
Avec l'évolution de la technologie informatique et des logiciels de musique de pointe, il est devenu possible de créer de la musique de haute qualité en utilisant presque uniquement un ordinateur portable[o 24]. Il en résulte une augmentation massive de productions maison mises à la disposition du grand public via internet[o 24]. En Grande-Bretagne, la combinaison de l'indie avec ledance-punk est surnommée lanew rave dont la publicité est faite parKlaxons, puis reprise et appliquée par leNME à un certain nombre d'autres groupes[37], comme Trash Fashion[38],New Young Pony Club[39],Hadouken!, Late of the Pier, Test Icicles[40] et Shitdisco[37] qui forment une scène avec une esthétique visuelle similaire à larave music[37],[41].