1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés. 2 Matchs officiels.
Ballon d'or etMeilleur footballeur de l'année FIFA en 1993, il est considéré comme l'un des meilleurs attaquants de l'histoire. Il est listé parmi lesFIFA 100, inséré parPelé dans une liste des 125 meilleurs joueurs mondiaux encore vivants en 2004.
Il est surnomméRaffaello[2] ouIl Divin Codino (« le divin à la queue de cheval ») en raison de l'éternelle coiffure qu'il a portée durant sa carrière[3]. En, il a été nommé à la tête de la direction technique de laFédération italienne de football.
Roberto Baggio tentant unereprise de volée avec l'équipe duLanerossi Vicenza lors de la saison 1982-1983.Roberto Baggio alors âgé de 17 ans avec l'équipe duLanerossi Vicenza lors de la saison 1984-1985.
Roberto Baggio est sixième des huit fils deMatilde Rizzotto etFiorindo Baggio entre lesquels il y a Eddy, lui aussi ancien footballeur. La famille vit àCaldogno, petit village de laprovince de Vicence, enVénétie. D'éducationcatholique, dès son plus jeune âge, Robby est passionné par le football qu'il pratique tous les jours du couloir de sa maison jusqu'à la cour dans le jardin alors que son père s'adonne au cyclisme. Il se dit rapidement plus concerné par le ballon que par l'école. Durant son enfance, son idole étaitZico dont il ne rate pas un seul exploit à la télévision, au-delà de son intérêt pour le club de l'Inter de Milan qu'il supporte. Rapidement, Roberto se fait remarquer dans toute la province par ses qualités techniques et une agilité particulière balle au pieds. Sa maman comme ses sœurs se souviennent avoir eu du mal à détacher Roberto du petit terrain de foot en terre du village, même lorsqu'il fallait passer à table. Le terrain de football était devenu son endroit à lui. À deux mois de la fin des études, il décide de se retirer pour rejoindre leLR Vicence, et il n'obtient pas le diplôme. En 1989, il épouseAndreina Fabbi avec qui il a trois enfants. Roberto Baggio débute enSerie C1, la3e division italienne, à l'âge de 15 ans dans l'équipe deLanerossi Vicenza. Durant la saison 1984-1985, il marque 12 buts en 29 matchs, et permet ainsi à son équipe d'obtenir la promotion enSerie B. Il est propriétaire d'une exploitation agricole enArgentine, pays où il séjourne régulièrement pour ses pampas et sa passion inoxydable pour la chasse et la nature. Le, il a 18 ans quand il se blesse terriblement au cours d’un match avec leVicenza : son ménisque et les ligaments croisés de sa jambe droite cèdent. Un chirurgien français, le professeur Bousquet se charge de l'opérer : il faudra 220 points de suture pour refermer la blessure de cette jambe soudainement devenue plus courte que l’autre. Cette caractéristique physique marquera son jeu. C'est aussi à ce moment de sa vie qu'il découvre lebouddhisme, il se convertira en 1988[4],[5].
Il fait ses débuts professionnels enSerie A, la1re division italienne, le sous les couleurs de laFiorentina (victoire 2-0 contre laSampdoria de Gênes). Il marque son premier but àNaples contre l'équipe deDiego Maradona, sur un magnifique coup franc. Le, évoluant alors au poste de milieu offensif, il est sélectionné pour la première fois enéquipe d'Italie, à l'occasion du match contre lesPays-Bas. Il marquera au total 27 buts en 56 sélections en équipe nationale. Roberto Baggio ne reste à laACF Fiorentina que jusqu'à la saison 1989-1990, au terme de laquelle, il est transféré à laJuventus. Ce transfert entre les deux clubs rivaux entraînera de nombreux mécontentements parmi les tifosi florentins. Des émeutes éclateront même àFlorence, et la police sera obligée d'intervenir pour tenter de calmer la situation extrêmement tendue. Lors de cette même saison, Roberto Baggio sera confronté à son futur club en finale de lacoupe UEFA mais il ne pourra rien faire pour empêcher la victoire du club duPiémont.
En 1990, Roberto Baggio débute à laJuventus de Turin, où il retrouveSalvatore « Toto » Schillaci, qui a brillé lors de laCoupe du monde 1990. Ses débuts sont relativement difficiles, mais il s'affirme néanmoins et progressivement comme le véritable leader de l'équipe. Sa première saison à laJuventus de Turin est marquée par le match qui l'oppose à son ancien club, laACF Fiorentina au cours duquel il refuse de tirer un pénalty décisif. Il sera remplacé et en sortant il ramassera une écharpe (viola) tout en saluant de la main un ancien coéquipier sur le banc de laACF Fiorentina. LaJuventus de Turin perdra le match 1-0. De nombreux supporters l'accuseront de trahison.
EnSerie A, la réussite n'est pas la même, et leScudetto revient une fois de plus auMilan AC. LaJuventus de Turin en fin de saison réussit tout de même l'exploit de battre le futur champion d'Italie dans son stade àSan Siro, après une nouvelle superbe prestation de Roberto Baggio.
Roberto Baggio remporte son premier championnat d'Italie en 1995 avec laJuventus de Turin. Cette même année, il remporte également laCoupe d'Italie. Malgré ses deux succès, Roberto Baggio quitte laJuventus de Turin pour leMilan AC en fin de saison. Des blessures et surtout l'avènement d'un certainAlessandro Del Piero, ayant terni sa fin de parcours avec laJuventus de Turin.
Dès sa première année auMilan AC, Roberto Baggio remporte le championnat et donc son deuxièmeScudetto consécutif. Après une saison 1996-1997 ou, en plus de résultats décevants, il finit par perdre sa place de titulaire, Roberto Baggio quitte le club lombard pour l'équipe deBologne. Il veut jouer avec continuité pour espérer faire partie de l'équipe d'Italie lors duMondial 1998 pour devenir enfin champion du monde après être passé si près en 1990 à domicile et surtout 4 ans plus tard auxÉtats-Unis.
C'est une nouvelle aventure qui commence pour Roberto Baggio, dans une équipe sans grande ambition son objectif personnel est de jouer titulaire afin d'être convoqué pour la prochaineCoupe du monde 1998 enFrance. Bien que sa saison soit également sa meilleure performance, il inscrira 22 buts en 30 matchs, il connaîtra des problèmes avec son entraîneurRenzo Ulivieri. Avant un match de championnat contre laJuventus de Turin, il décide de ne pas convoquer Roberto Baggio, qui décida à son tour de ne pas assister au match sur le banc des remplaçants. Poussé par la presse et les tifosi,Renzo Ulivieri titularisa Roberto Baggio pour le reste de la saison.
Après leMondial 1998,Massimo Moratti, le président de l'Inter Milan, décide d'engager Roberto Baggio pour l'associer àRonaldo. L'équipe milanaise présente ainsi un formidable duo d'attaquants, et c'est avec beaucoup d'espoirs que la saison commence. Toutefois, cette saison 1998-1999, n'apporte que peu de satisfactions aux tifosi « nerazzurri ». L'Inter Milan finit très loin duMilan AC qui remporte leScudetto et est éliminé parManchester United en quart de finale de laLigue des champions. Par ailleurs, quatre entraîneurs se succèdent à la tête de l'équipe, mais aucun d'eux n'arrive à trouver la solution.
Pour la saison 1999-2000, c'estMarcello Lippi, l'ancien entraîneur de Roberto Baggio à laJuventus de Turin, qui est nommé pour ramener l'Inter Milan au sommet. L'équipe est également renforcée par l'arrivée de plusieurs joueurs, dont celle deChristian Vieri, l'avant-centre de l'équipe d'Italie. Pour de nombreux observateurs, le duo d'attaquants sera composé deRonaldo et deChristian Vieri, et donc la saison s'annonce difficile pour Roberto Baggio.
En effet, cette saison est l'une des plus noires de la carrière de Roberto Baggio.Marcello Lippi, avec lequel il s'est brouillé dès le début de la saison, ne lui facilite pas la tâche en l'envoyant à de très nombreuses reprises sur le banc des remplaçants (lorsqu'il n'était pas obligé de suivre le match des tribunes). Roberto Baggio expliquera dans son autobiographie,Una porta nel cielo, les raisons de ses problèmes avecMarcello Lippi. Lors du match de barrage entre l'Inter Milan etParme, permettant de départager les deux équipes pour la quatrième place du championnat, qualificative pour laLigue des champions, c'est encore Roberto Baggio qui, grâce à un doublé sauve la saison de l'Inter Milan, et par la même occasion celle deMarcello Lippi.
Roberto Baggio signe auBrescia Calcio durant l'été 2000 grâce notamment àCarlo Mazzone l'entraîneur de l'équipe lombarde qui s'est investi personnellement pour le faire venir.
Roberto Baggio joue dans cette équipe jusqu'à la fin de sa carrière, et espère être appelé pour disputer leMondial 2002 enCorée du Sud et auJapon. Malgré tous ses efforts, la convocation n'arrive pas, et Roberto Baggio ne peut donc pas disputer son4e Mondial consécutif.
Roberto Baggio dispute son dernier match le contre leMilan AC : 4-2, peu après avoir été convoqué une dernière fois, en, enéquipe d'Italie pour disputer un match amical contre l'Espagne. L'affection des tifosi italiens pour leur champion se fait sentir tout au long de la partie par des ovations à chaque fois que Roberto Baggio touche le ballon et par une ovation debout lorsqu'il est remplacé à quelques minutes du coup de sifflet final.
Il est également intéressant de remarquer que l'équipe duBrescia Calcio, avant l'arrivée de Roberto Baggio, n'avait jamais réussi à se maintenir enSerie A. Durant les quatre saisons où Roberto Baggio a évolué sous les couleurs deBrescia, l'équipe s'est à chaque fois sauvée sans trop de difficultés (se qualifiant même une fois pour l'Europe). Lors de la saison 2004-2005, leBrescia Calcio, privé de son « numéro 10 » (numéro retiré en hommage à Roberto Baggio), s'est classé19e sur 20, et a été donc relégué enSerie B.
Sélectionné pour leMondial 1990 organisé enItalie, il se révèle au monde entier en marquant un superbe but contre laTchécoslovaquie. Il évolue en pointe de l'attaque, et forme un formidable duo avecSalvatore Schillaci. Cependant pour affronter l'Argentine deDiego Maradona en demi-finale, le sélectionneur italien,Azeglio Vicini, décide de faire confiance àGianluca Vialli. Roberto Baggio se retrouve sur le banc des remplaçants, et son entrée trop tardive dans le match, ne lui permet pas de changer le cours du jeu. L'Italie est éliminée aux tirs au but.
Pour le match de la troisième place contre l'Angleterre, le duoSalvatore Schillaci-Roberto Baggio est de nouveau sur le terrain, et c'est assez logiquement que l'Italie l'emporte 2-1. Roberto Baggio marque le premier but après une belle action dans la surface de réparation anglaise. Il aurait également pu marquer le deuxième but, mais préfère laisser tirer le penalty àSalvatore Schillaci, pour que ce dernier remporte le titre de meilleur buteur de la compétition.
Ainsi, l'Italie joue son premier match contre l'Irlande en 4-4-2, alors que durant tous les matchs préparatoires, l'Italie avait évolué en 4-3-3. Roberto Baggio ne brille pas pour son début dans la compétition, et l'Italie dispute son plus mauvais match duMondial. L'Irlande s'impose 1-0, et plus que le manque de jeu de l'Italie, c'est la prestation de Roberto Baggio qui inquiète les tifosi.
Pour son deuxième match, l'Italie n'a pas droit à l'erreur. Elle doit battre laNorvège s'il elle veut continuer dans leMondial. Cette fois-ci, tout semble se passer pour le mieux. L'Italie commence bien la rencontre, et Roberto Baggio semble bien inspiré. Mais c'est un coup de théâtre qui se produit. Lors de la première action norvégienne,Gianluca Pagliuca, le gardien italien, est expulsé après avoir touché le ballon avec les mains en dehors de sa surface de réparation. L'Italie se retrouve à 10, et un joueur doit sortir pour queLuca Marchegiani, le gardien remplaçant, puisse entrer sur le terrain.Arrigo Sacchi décide à la surprise générale de faire sortir Roberto Baggio. Roberto Baggio, n'en revient pas, et se demande si son entraîneur n'est pas devenu fou. Ces images où l'on voit très nettement les gestes et l'expression de Roberto Baggio, seront à l'origine des incompréhensions entreArrigo Sacchi et Roberto Baggio jusqu'à la fin de sa carrière. L'Italie parvient au bout d'un match incroyable à remporter la victoire 1-0. C'estDino Baggio, « l'autre Baggio » qui offre la victoire à l'Italie. CependantFranco Baresi se blesse gravement, et pour de nombreux observateurs sonMondial est déjà terminé.
ÀBoston, tout débute très mal pour l'Italie. Les Italiens souffrent terriblement contre leNigeria, et les joueurs champions d'Afrique ouvrent très rapidement le score. Cette fois-ci pour l'Italie, il n'y aura pas de seconde chance, il faut gagner ou « rentrer à la maison ». Roberto Baggio, très critiqué, a également beaucoup à prouver sur ce match. L'arbitre mexicain expulseGianfranco Zola, rentré à peine 10 minutes. Mais une nouvelle fois, c'est dans l'adversité que l'Italie donne le meilleur d'elle-même et à 10 contre 11, elle commence à mettre en difficulté son adversaire. Cependant le temps passe et l'Italie est toujours mené 1-0. Mais à la88e minute, alors que tout semble perdu, Roberto Baggio au même titre quePaolo Rossi lors duMondial 1982, décide de prendre les choses en main.Roberto Mussi qui vient de remonter le ballon voit Roberto Baggio à la limite de la surface de réparation. L'arrière droit de laNazionale donne ainsi le ballon à Roberto Baggio qui, d'une frappe à ras de terre, bat le gardien Nigérian. Plus personne n'y croyait, mais l'Italie arrache la prolongation. Celle-ci sera à sens unique, jusqu'à un penalty sifflé en faveur de l'équipe italienne. Roberto Baggio le transforme et l'Italie l'emporte 2-1.
Quatre jours plus tard, toujours dans ce même stade deBoston, l'Italie doit affronter dans le derby latin l'Espagne deJavier Clemente. Naturellement Roberto Baggio est le joueur sur lequel repose tous les espoirs des tifosi. Durant l'hymne national italien son visage semble dessiner toute sa volonté de bien faire. Nous voilà à la26e minute, une deux entreRoberto Donadoni etDino Baggio, celui-ci décroche un tir qui surprendAndoni Zubizarreta. 1-0 pour laNazionale. Avantage qui perdura jusqu'à la59e min., lorsqueJosé Luis Caminero frappe de près, le ballon est dévié parAntonio Benarrivo dans les filets du pauvreGianluca Pagliuca 1-1, balle au centre. L'Italie et Roberto Baggio semblent accuser le coup et c'est dans la logique que les Ibériques dominent et se créent une belle occasion de prendre l'avantage parJulio Salinas qui seul devantGianluca Pagliuca rate sa chance à cinq minutes de la fin. C'est au point mort que Roberto Baggio allait briller de mille feux ; avec la superbe complicité deGiuseppe Signori dans une rapide contre attaque, il marqua le but de la délivrance tout en dribblant le portierAndoni Zubizarreta, 2-1, alors qu'il ne restait plus que deux minutes à jouer.
La finale de cetteXVeCoupe du monde, oppose deux colosses l'ayant chacune remporté trois fois. Les éditions 1958, 1962 et 1970 pour lesauriverde. 1934, 1938 et 1982 pour laSquadra Azzurra. Dimanche,Rose Bowl dePasadena. Qui des deux allait remporter cette coupe si convoitéeRomário ou Roberto Baggio, mis à part l'enjeu l'attente était très grande même pour le public neutre. Les Italiens pouvaient se rassurer car en défenseFranco Baresi est miraculeusement de retour, à ses côtésPaolo Maldini assurera le dernier périmètre, ils colmateront les brèches, poussant l'Italie jusqu'à la fatidique séance des tirs au but. Dans ce match, pauvre en but 0-0 à l'issue de la prolongation, le malheureux Roberto Baggio ne rayonne pas, blessé, il se verra repousser une tentative lointaine parCláudio Taffarel, et juste avant la fin de la prolongation son tir passe au-dessus. Tirs au but, après queFranco Baresi etDaniele Massaro eurent échoué, c'est au tour de Roberto Baggio qui s'avance pour le tir de la dernière chance, il frappe fort, le ballon s'envole dans le ciel dePasadena. LeBrésil bat donc l'Italie 3-2 aux tirs au but. Roberto Baggio ne pourra pas soulever le trophée qui danse la samba dans les mains deRomário et son équipe. La réaction d'échec de Roberto Baggio et la joie du gardien Cláudio Taffarel après ce tir au but manqué, apparaît brièvement dans leclipWaka Waka (This Time for Africa), musique officielle de laCoupe du monde de football de 2010, interprétée parShakira et le groupe sud-africainFreshlyground. Il s'agit de la dernière image d'archive du clip, juste après les joies de footballeurs de légendes :Diego Maradona lors de lafinale de la Coupe du monde de football 1986,Zinédine Zidane lors de lafinale de la Coupe du monde de football 1998 etPelé lors de lafinale de la Coupe du monde de football 1970, où l'Italie a aussi perdu contre le Brésil.
Roberto Baggio réalise un très bonMondial 1998 enFrance. Il marque deux buts (contre leChili et l'Autriche), offre deux passes décisives et orchestre de somptueuses actions, collectives ou individuelles. L'Italie est éliminée en quart de finale par laFrance durant la séance des tirs au but. Bien que laFrance ait dominé globalement le match, Roberto Baggio rate de très peu le but en or durant la prolongation, sur une superbe reprise de volée directe d'un ballon aérien venant dans le dos. Il marque son tir au but mais l'Italie se fait une nouvelle fois éliminer lors de cet exercice pour la troisième fois consécutive.
C'est le troisième et dernier mondial disputé par Roberto Baggio, et à trois reprises, l'Italie aura été éliminée aux tirs au but. Ainsi pour Roberto Baggio, mais également pour d'autres grands champions commePaolo Maldini, « la roulette » des tirs au but se sera révélée fatale. Il est le seul joueur italien à avoir marqué dans trois Coupes du monde différentes.
Doté d’une technique exceptionnelle, associée à une élégance qui lui était propre, Roberto Baggio a régulièrement suscité des débats chez les observateurs et techniciens du monde footballistique.Meneur de jeu ou plutôt "neuf et demi" (le même genre de joueur qu'unRivaldo,Youri Djorkaeff,Francesco Totti ouAlessandro Del Piero) comme avait analyséMichel Platini à son sujet, les prestations de Roberto Baggio ne laissaient personne insensible. Il avait la particularité plutôt rare d'éclairer le jeu à chaque fois qu’il touchait le ballon, résultat de ses choix d’action toujours très judicieux. Au-delà du registre de jeu, celui d’un meneur porté vers le but, l’international italien a su, tout au long de son incroyable carrière, faire l’unanimité grâce à ses qualités techniques souvent inégalées parmi les meneurs. Son intelligence de jeu, sa vision claire, absolue et pointue des phases offensives lui permettaient de distiller des passes millimétrées gardant une incroyable capacité à éliminer les joueurs adverses. Dans ce registre, Roberto Baggio comptait parmi les meneurs de jeu les plus prolifiques et redoutables, très habile dans l’art d’utiliser le moindre espace, alliant une vive capacité à se démarquer à l’approche de la surface de but adverse. Excellent passeur, les ballons, courts ou longs, trouvaient avec Roberto Baggio des cibles très souvent vouées à être transformées en but. Sobriété, tout un symbole pour celui qui était aussi adroit à jouer ou à faire jouer les autres, pour qui les caviars de Roberto Baggio changeaient le jeu à eux-seuls. C’est toujours à l’approche de cette zone de prédilection que l’international italien était redoutable par son adresse, finisseur dans toutes les positions et avec les deux pieds. Si le jeu de tête pouvait être considéré comme son talon d’Achille, Roberto Baggio était un buteur hors norme, offrant régulièrement une multitude de reprises de volée, slaloms et dribbles déconcertants, contrôles de balles miraculeux, duels décisifs face aux gardiens adverses. Avec Roberto Baggio, tout semblait facile. Le moindre geste était réalisé avec une classe hors-norme, une délicatesse et un art abouti. Il restera l’un des plus grands spécialistes des coups de pied arrêtés, ayant même marqué un but sur corner. Ses éternels coups francssont considérésà ce jour[Quand ?] comme de véritables chefs-d’œuvre[Par qui ?]. À l’appui de statistiques déconcertantes, il était assez rare de voir un match sans but ou sans passe décisive de Roberto Baggio, illustration de l’efficacité et de la régularité de ses performances.
C'est certainement Roberto Baggio, comme le souligne lucidementArrigo Sacchi,« qui a souvent montré les plus belles choses sur un terrain de football » et qui a,« loin devant les autres, manifesté de la constance dans l'expression footballistique au plus haut niveau. » Aux origines du jeu, et encore dans certains pays comme leBrésil et l'Angleterre, c'est d'abord le joueur que l'on distingue dans le recrutement, pour son aptitude à être lui-même avec la balle et à créer par ses pieds. L'influence sur le jeu coule de soi, si l'on peut dire, comme la qualité athlétique. Le joueur, avant tout, est jeu. Dans cette définition, Roberto Baggio, commeDiego Maradona hier, est premier de cordée. Il est footballeur de la tête aux pieds, par sa taille moyenne, par sa très grande qualité technique, par son astuce et sa malice instinctives, de buteur notamment, par son art décisif du contre-pied, par la possession de l'arme absolue, vitesse, détente, donc par son pouvoir d'accélération. A cela il ajoute, sans jamais renier sa vocation de virtuose, mais dans le droit-fil de l'évolution d'un champion intelligent, une claire vision collective du jeu, l'aptitude encore peu montrée de la passe décisive et renversante, l'efficience sur les coups de pied arrêtés. Que manquerait-il donc à ce premier violon, inventeur solitaire souvent et parfait chef d'orchestre quand il le veut. Roberto Baggio est un décideur, un homme qui imprime directement les victoires. Non seulement il frappe l'imagination populaire, mais il représente aussi une solide réalité sur les gestionnaires, corporation en vogue dans le monde moderne. Il vaut donc plus queFranco Baresi, dont l'influence sur le jeu duMilan AC est énorme, mais celle-ci dans la règle et le classicisme, et sans dépasser le cadre de la création contrôlée.
Le, en présence du président duComité national olympique italien (CONI),Giovanni Malagò, a été inauguré leWalk of Fame du sport italien dans le parc olympique duForo Italico deRome, le long de Viale delle Olimpiadi. 100 tuiles rapportent chronologiquement les noms des athlètes les plus représentatifs de l'histoire du sport italien. Sur chaque tuile figure le nom du sportif, le sport dans lequel il s'est distingué et le symbole du CONI. L'une de ces tuiles lui est dédiée[12].
Roberto Baggio participe à la première édition du match interreligieux pour la paix organisé à l'initiative dupape François le. Une initiative dont il a été un des premiers à soutenir le projet. Durant ce match symbolique, Roberto Baggio marque un but sur une passe deDiego Maradona. Une réception auVatican réunit une prestigieuse pléiade de joueurs et de légendes.
Roberto Baggio participe le au stade Artemio Franqui deFlorence à l'évènement "La partita del cuore".
En, alors que la population italienne est nombreuse à lui fêter son anniversaire à travers tout le pays, Roberto Baggio rend visite aux sinistrés du tremblement de terre d'Amatrice du, accompagné de sa femme et ses enfants, pour fêter son cinquantième anniversaire, avec une étape àNorcia. Une visite organisée en sourdine. Sa famille déjeune entre les gens évacués et puis séances de dédicaces l'après-midi auprès des enfants. Ce jour-là, toute l'Italie a fêté l'anniversaire de son ballon d'or. Roberto Baggio a profité de ses cinquante ans entre les sinistrés :« Être ici, c'est très émouvant, je voulais me rendre compte de près de ce que cette catastrophe voulait dire ». Particulièrement ému, Roberto Baggio déclare :« La télévision ne rend pas réelle la situation, donc je suis venu pour me rendre compte personnellement ». Et de rajouter :« Mon avenir ? Des choses simples, car elles sont les plus belles » déclare le champion aux microphones de laRai. Ce jour-là, Roberto Baggio a partagé symboliquement l'anniversaire de son cinquantenaire avec les gens en difficulté, visitant notamment les institutions locales, le siège d'une radio, une cantine ou encore le siège de la protection civile avant de déjeuner avec la population.